La voix de Graine

Comme un dimanche d’automne hors confinement…
J’ai fait le marché, puis la cuisine. Des lasagnes végétariennes pour ma fille, non végétariennes pour les autres.
Avant le repas, apéritif en ligne avec mes soeurs. Nous avons navigué sans grand succès de skype à Whereby en passant par Whatsapp: nous n’avons jamais réussi à nous parler et à nous voir toutes. Il y avait toujours un problème. Son, caméra, connection…
En cette fin d’après-midi, mon mari anime une réunion sur zoom pour son association de géologues amateurs. Le sujet: La Réunion et son volcan « La Fournaise ».
Comme un dimanche d’automne hors confinement, après un repas beaucoup trop riche, l’ennui et la flemme s’installent tout doucement. Discussions évasives. Jeux de sociétés. Un évident manque d’exercice. Il est urgent de s’y remettre sérieusement.

La voix de Lilie:

Un jour férié c’est un dimanche en pleine semaine. Même rituel. Levée tard et sans reveil, sport, douche, repas du dimanche. Raclette ce midi avec notre fille, beaufils et petits enfants. Je savoure chaque sourire, chaque mimique des petits. Le sourire de ma petite fille et son magnifique regard quand elle arrive à la maison me chavirent.La journée passe vite quand on est tous ensemble.

Puis tout le monde repart chez soi. Alors les informations font monter notre culpabilité. Cette fois ci les gens ne respectent pas le confinement. Les rues de Paris sont bondées, les magasins aussi, les gens se reçoivent chez eux, les familles se réunissent. On ne prend pas le virus au sérieux. Nos soignants sont submergés et nous, égoïstes, nous continuons à vivre, fabriquons de fausses attestations. Oui, nous aussi nous fraudons, nous ne sommes pas confinés comme en mars. Promis, ce week-end on ne voit personne. Jusqu’à mercredi prochain, où on garde notre petite merveille.

La j’ai honte. Un peu peur aussi.