La voix de Lilie

Vue l’heure où on s’est couché hier soir, tout le monde est debout à 6h45. Le petit déjeuner est prévu pour 9h. Oups. Le feu de camp couve encore, une branche de bois sec suffit à le rallumer. On s’installe autour. Il fait doux, un peu frais, le jour est déjà levé. Je fais une routine de yoga en guise de réveil musculaire. Vers 8h,  3 personnes arrivent du village Karen en contrebas pour s’occuper du repas. Une vieille bouilloire sur le brasero, un peu de café lyophilisé, du thé,  nous permettent de patienter. Pour nous ce sera oeuf dur, pain de mie grillés sur le brasero avec beurre local, confiture de fraise locales aussi les fraises, il y en a partout ici. Pour eux ce sera un poulet entier plongé dans l’eau boulllante puis coupé en morceau et grillé ensuite.  Chacun son petit déjeuner.
Après ce repas nous partons pour une magnifique randonnée de 3 heures dans la vallée et le lit du Mae Wang. Nous passons de champs de riz en forêt de bambous, puis sur le haut des rives du fleuve, un petit chemin qui serpente dans la jungle jusqu’à une cascade. On traverse sur un pont en bambou pour atteindre plus loin une petite plage de sable. Puis le chemin remonte, sort de la vallée, passe devant les rizières pour rejoindre un village Karen.  Le village a environ 500 habitants, 2 echoppes de souvenirs, 1 restaurant pour les touristes de passage. Sinon ils vivent de leurs cultures. Riz , bananes, légumes. Quelques vaches aussi que l’on a vu nettoyer les rizières après la coupe.
On termine la randonnée par un repas bien mérité à la sortie du village.
Puis le minibus nous emmène à un débarcadère pour faire une descente de quelques kilomètres sur le Mae Wang en radeau de bambou.
Il faut être en maillot de bain car le radeau n’est pas étanche. Pas de sac, pas de portable, pas de photo donc ! Le radeau est constitué de 9 enormes bambous de 10m de long attachés entre eux par des lanières faites d’anciens pneus.  Un jeune homme debout le conduit à l’aide d’une grande perche en bambou. C’est un peu une mini descente de l’Ardèche !  La rivière est peu profonde, la perche s’enfonce de 80cm 1m max,  on passe entre les rochers, les petits rapides. Le courant est assez fort, le radeau avance vite. Le paysage est très beau. Au dessus de nous, plusieurs ponts en bambous, en bois enjambent le fleuve. Sur les rives, souvent des abris pour boire un verre, se reposer, faire des massage, au dessus des bars, des restaurants. Tout ça en bois. La balade dure environ 30 minutes. C’est amusant, éclaboussant !
Puis le minibus nous ramène à la voiture et une fois séchés, rhabillés, les valises calées,  nous partons vers Paï.
La route très virageuse, étroite, passe d’une montagne à l’autre. Sur les flancs des collines, partout des champs de fraisiers. C’est très beau, impressionnant aussi d’imaginer le travail pour faire ça. Il y a des vues époustouflantes. Des villages en hauteur,  les champs en dessous. Au bout de 2 heures et 70km parcourus, on arrive dans un petit village où on trouve un hébergement pour la nuit. Très spartiate, un matelas par terre, un toilette et un tuyau pour la douche froide,  tenu par une famille qui ne s’attendait pas à recevoir 6 personnes ce soir ! La grand-mère s’occupe du bébé,  elle ne parle pas anglais et ne sais pas lire. On utilise le traducteur oral. Elle appelle sa fille qui va s’occuper de nous installer et de faire le repas.
Puis 2 campeurs arrivent, installent leur tente en dessous des nos bungalows (on a l’électricité ce soir,  c’est bien!).
Tout le monde se retrouve pour le repas. Les 2 campeurs sont des Thaï en vacances.