Aujourd’hui, c’est vendredi

La voix de Graine

C’est la fin de la semaine, Lilie, tu tiens le bon bout…J’espère bien que tu vas profiter du week-end pour faire des choses agréables pour toi…

Moi, ce matin, je commence par le rappel du vaccin Covid, que j’ai failli oublier. J’ai pris rendez-vous pour 9 h. Le test préalable est négatif, c’est parti pour une 4ème injection.

Ensuite, je prends la direction du square pour mes exercices quotidiens et ma balade. J’ai rendez-vous avec une copine qui va venir avec sa petite fille d’un an. Elle retarde le rendez-vous, je remonte boire un café, étendre mon linge, lire ton article d’hier. Je n’aime pas ta tristesse, elle résonne en moi, je connais bien ces coups de calgon!

Je resdescends au square et nous papotons pendant plus d’une heure avec ma copine que je connais quasiment depuis que j’habite à Paris. Nous parlons de la vie, des enfants, des conjoints…La petite s’est endormie. Elle fait ses dents. Nous promettons de nous retrouver régulièrement au square. Elle garde sa petite quasiment tous les vendredi.

J’ai encore du travail pour mettre à jour le site jacquaire. J’en fais une partie. Je laisse le reste pour plus tard. Je prends le temps d’appeler mes handicapés. J’irais les voir vendredi prochain.

J’ai un examen d’ostéodensitométrie en fin d’après-midi. Je vais y aller à pied. Vu la vitesse à laquelle je marche, je dois prévoir un peu de temps. Comme hier, je prend une seule béquille, et aujourd’hui, c’est un peu plus facile. Comme quoi, c’est bien le fait de marcher qui répare. J’hésite à prendre le bus pour rentrer, et finalement, je rentre à pied, lentement, à mon rythme et je m’écroule sur le canapé une fois arrivée à la maison.

Mon mari prend un verre avec un copain. La petite va venir dormir ce soir, graine vanille aussi. Je n’ai rien préparé pour le repas. Le vendredi, c’est relâche. Nous allons improviser!

Balade à une béquille

La voix de Graine

Je n’ai pas eu mon compte de sommeil cette nuit , en conséquence, ce matin, je suis fatiguée.

Et en plus, j’ai des tâches administratives à effectuer, ce que je déteste. Je dois créer un compte Ameli pour mon frère qui est sous ma tutelle pour lui commander une nouvelle carte vitale. La sienne est égarée. Depuis hier, je m’y attelle, aujourd’hui, le compte est enfin créé. Pour le créer, j’ai dû mettre un email – donnée obligatoire -que je n’utilise pas parce que je devais mettre un email différent de celui que j’utilise pour mon compte. Je dois me remettre demain à la tâche car je ne pouvais effectuer qu’une seule opération aujourd’hui…et il me fallait créer l’adresse.

Mon frère a attrapé le covid. Il est asymptomatique. Il devait passer aujourd’hui un examen à l’hôpital qu’il n’a pas pu passer en raison de son test positif. Ce soir, j’ai un message m’indiquant que je suis positive au Covid. Ben voyons, sur les deux comptes, il y a le même numéro de téléphone. L’informatique est un outil formidable, normalement conçu pour simplifier la vie des gens. Ben, c’est raté. Ça ne fait que compliquer la vie des usagers. Et comment font ceux qui sont hermétiques à l’informatique?

Pas de copine pour marcher aujourd’hui, je décide de partir en balade avec une seule béquille. Je trouve ça dur. Je sens ma jambe qui est encore bien fragile. Et à 17 h, j’ai rendez-vous chez le kiné qui en rajoute une dose. C’est normal, on a rien sans rien. Il faut bien que je la fasse marcher cette jambe.

Une soirée tranquille se profile. Ce soir, je vais aller me coucher de bonne heure.

La voix de Lilie

Moi aussi je marche à une béquille….

À ta question de savoir comment font ceux qui ne connaissent rien à l’informatique, je peux te répondre de ceux que je connais, ils font faire par les autres ou l’autre, et en échange, ils ne font rien pour cet autre… Je suis amère, triste.

Côté idioties administratives, j’ai du demander à ma banque la création d’un compte internet à mon nom, en tout point identique à celui que je pensais être notre compte internet commun mais qui s’avèrent être uniquement au nom de mon mari. Pourtant tous nos comptes communs et personnels s’y trouvent…. Pourquoi ce besoin ? Parce qu’une nouvelle loi de sécurité des paiements internet impose un compte internet différent pour chaque carte bleue… Alors les deux comptes ont le même email, le même téléphone le même accès par mon empreinte et la même liste de comptes mais ils sont à deux noms différents et la banque est couverte…. Vraiment stupide, d’autant plus que M Lilie est bien incapable de gérer son compte et même de payer depuis internet.

J’ai aussi 3 adresses email pour les amelie et les retraites de monsieur, de mon père, de ma mère. C’est beau de faciliter la vie des aidants. Toutes ses lois qui devraient nous protéger et qui nous rajoutent des contraintes d’utilisation, ou qui sont détournées, comme celle qui nous impose d’accepter des cookies sur chaque site visité.

Quand je regarde mon chat étalé sur mes jambes, somnoler en ronronnant, je me dis que la vie pourrait être un peu plus simple….

Sur le front Covid, la moitié du service est positif, la responsable négative, les autres sans symptômes n’ont pas fait de test. Un repas de fin d’année sur une table ronde. J’étais entre un positif et un négatif. Ah.

Garder son âme d’enfant

La voix de Lilie

Les lendemains de fête sont toujours difficiles. Encore plus lorsque la nuit est entrecoupée par un joli petit diable de 2 ans. Couchée très (trop) tard, petite fille me réveille vers 4h du matin. Je me glisse dans le lit à côté de son lit à barreau pour la rendormir avec ma main dans la sienne. 7h30 elle est debout, précise qu’elle a fini de dormir et qu’elle veut son biberon. Le sommeil, le mien, ne veut pas s’en aller si vite. Je lutte contre lui, et contre elle, essaie de gratter quelques précieuses minutes. Las, pas question pour elle de somnoler avec moi. Ça me rappelle lorsque mes enfants étaient petits (étaient des enfants en fait !) et qu’ils me réveillaient trop tôt, combien ça m’était difficile de me lever. Heureusement avec les petits enfants ce n’est qu’un matin par ci par là.

Ce charmant petit personnage, adorable quoi qu’un peu despotique avec sa mamie, se transforme en monstre de caprice dès la porte de sa maison franchie. C’est la première fois que je vois ce changement aussi soudain que profond. Elle chouine, pleure pour avoir ceci ou cela de la part de sa mère qui pourtant ne cède pas à ses demandes d’avaler toutes les tranches de saucisson en même temps, manger une sucette avant le repas, et j’en passe. L’aîné profite de la situation pour l’aiguillonner un peu plus, et sauter partout au passage. Ma fille n’en peut plus. Deux enfants petits ce n’est pas rien. Je me revois à son âge, en burn out maternel. J’essaie de l’aider au mieux pour lui éviter ça mais le pourrais je ?

Comme à chaque fois l’histoire se termine par une bonne dispute entre M Et Mme Lilie qui n’ont pas la même optique sur le sujet.

La voix de Graine

Je prends plaisir à te lire, Lilie et je te vois très bien essayer de négocier avec ton petit tyran en couche…J’ai le même type de réflexion quand je vois ma fille et ma belle-fille qui n’ont qu’un enfant mais qui se retrouvent seules à assumer la charge quotidienne. Comment avons-nous fait, nous? Je ne sais pas, chez nous, il n’y avait pas de Papy, Mamie à disposition ! Enfin, si, je sais, nous les femmes, nous ne savons pas dire non, enfants et famille passent avant tout, avant nous, nous tirons sur la corde, sans même imaginer que la corde peut lâcher! Et mamies à présent, nous prenons sur nous de soulager filles et belle-filles, nous ne savons toujours pas dire non. Femmes et et hommes ne sont pas faits du même bois, c’est sûr.

Mais tout de même, il nous faut rectifier le tir et nous laisser une place. Nous avons aussi le droit de profiter de la vie. Notre place ne se limite pas à s’occuper des autres, des démarches admistratives, pour que notre environnement proche puisse profiter en toute sérénité des plaisirs de la vie. Nous nous oublions trop souvent et nous avons tort. Je m’en rends compte en voyant ma peur que tout recommence comme avant. Nous nous laissons avaler par trop de contraintes, trop de « to do list » qui mangent le plaisir et la joie de vivre.

Ce mercredi, pas de petite fille. Elle est fatiguée, elle veut rester chez sa Maman. Ça me fait du bien de pouvoir vaquer tranquillement à mes occupations sans avoir à me préocupper de préparer le repas par exemple. J’en profite pour faire une mise à jour un peu conséquente de mon site jacquaire pour mettre en avant les marches jacquaires préparatoires qui sont organisées tous les quinze jours. Cela fait pas mal de temps que je procrastinais sur le sujet sans réussir à m’y mettre.

Et ce matin, je me suis remise aussi sur la recherche de maisons en traçant un cercle autour de Paris.

Dans l’après-midi, j’ai un appel de l’assureur de la personne responsable de mon accident. Je vais toucher une provision de 2400 €. Le prix de la vie, de la douleur, de l’empêchement de faire…Cet appel me fait remonter en mémoire l’accident de voiture de ma mère qui au final a entraîné une récidive de son cancer et peu de temps après sa mort. Combien vaut une vie, combien vaut la douleur, combien vaut l’incapacité à faire? Je ne veux pas perdre du temps dans des calculs d’estimation, pour moi, la santé ne se négocie pas, mais je me dis que c’est une opportunité pour me faire aider et prendre du temps pour moi, enfin.

Ce soir, nous aussi, nous avons notre petit bonhomme et graine vanille. Comme le petit est sans sa cousine et avec une personne qu’il ne connaît pas, il est tout calme et gourmand, bien sûr, comme d’habitude. Nectarine, melon, ananas, 2 mini-glaces au chocolat, le dessert et le sucré ont la part belle ce soir, mais il a bien mangé sa part de quiche tout de même.

La journée se termine avec spritz au champagne et un petit verre de rhum arrangé, question de se lâcher un peu.

Ce soir, c’est la fête de la musique

La voix de Graine

Ce soir, c’est la fête de la musique, et j’ai la grande chance d’accueillir les Graines chez moi. C’est une chance oui. Cette pause fracture me maintient en confinement, certes, mais me permet de voir et de recevoir bien plus de monde que nous ne l’avions fait depuis longtemps. Je les laisse sortir et aller profiter de la soirée dehors, pour moi, ce serait trop. La dernière fête de la musique date de 2019. C’était il y a 3 ans! C’était il y a un siècle.

Graine vanille nous a ramené des ananas et des prunes de cythere de la Réunion. C’est un fruit que nous ne connaissons pas ici. Il se mange avec du piment et du sel.

Ce matin, je suis allée chercher mes nouvelles lunettes. Au retour, j’ai fait quelques courses pour ce soir, pas trop, juste ce que je suis capable de porter. L’ascenseur qui marchait ce matin est à nouveau en panne. Aujourd’hui, j’aurais fait ma gym!

Cet après-midi, je me repose en prévision de ce soir. Je bulle. Je lis. Et je ne prépare rien. Vers 17 h, je mets dans des petits ramequins et assiettes ce que j’ai acheté. Je n’ai pas fait de cuisine. Je suis dispo pour papoter et pour boire un coup. Ce n’est même pas moi qui dose le spritz! Je deviens réellement très flemmarde.

Le beau temps temps est revenu, la chaleur reste raisonnable et c’est agréable. C’est une belle soirée pour la fête de la musique.

La voix de Lilie

Enfin une double occasion pour réunir les Graines: la venue de Graine de vanille et la fête de la musique. Ce soir nous nous retrouvons (presque) toutes chez toi. C’est la première fois que je te vois remarcher sans béquille. Le voyage immobile s’ébranle. Bien sûr, tu ne nous suivras pas dans Paris ce soir, mais nous passons un très bon et très grand moment ensemble. Malgré ce que tu peux dire, tu as fait les courses et préparé les assiettes apéritives. Ok, tu as délégué la confection des aperols, mais il faut dire que c’est la spécialité de Graine de linotte, c’est important les professionnels, il faut s’appuyer dessus !

Tant de temps que l’on ne s’est pas vues toutes ensembles, vous arrivez à vous retrouver de temps à autre, moi je suis beaucoup partie ces derniers mois et entre le travail et les enfants, je manque de temps en journée pour vous rejoindre. Alors je me remplis de vous, de nous. De vos discussions joyeuses, de vos rires, de vos visages, d’être là, simplement avec vous.

Après un aperol et un peu plus, voilà 4 graines fin prêtes pour aller déambuler dans Paris au gré des notes de musiques. Il fait un temps parfait, ni trop chaud, ni trop frais. Nous démarrons par la bastille et les années 80. Je suis toujours étonnée que la jeunesse d’aujourd’hui aime encore danser sur ces musiques. C’est comme si nous en 1982 nous avions dansé sur des musiques des années 40. S’en suit un détour par la place des vosges autour de laquelle nous suivons un groupe de percussions peut-être Polynésien dans un rythme qui nous met presque en transe. Nous terminons vers le métro Saint Paul dans un bar où joue un groupe Latino. Les gens dansent jusque dans la rue. Le don est très très fort et nous empêche de parler aussi nous repartons assez vite. L’entrée du métro est bondée comme aux heures de pointe, c’est impressionnant. Nous revenons vers Nation, dans toutes rues que nous avons arpentées, de la musique sort de chaque terrasse de bar, chaque place. Nous terminons au niveau des colonnes du trône avec un groupe antillais et son stand de sorbet coco – un peu trop de cannelle à mon goût dans le sorbet !

Les meilleurs moments ont une fin, il est temps de se quitter et de rentrer dormir. Petite fille dort à la maison, la grasse mat, ce ne sera pas pour moi.

Feu vert du chirurgien pour …

La voix de Graine

Feu vert du chirurgien pour stopper net mon voyage immobile? Pas question, il y a un certain plaisir et confort à se laisser cocooner! Je ne suis pas si pressée que ça de retourner sur l’arène. Et après tout, qui m’y oblige?

Le chirurgien m’a dit que je pouvais marcher sans béquilles et faire ce que bon me semble. Le kiné, un peu rabat-joie, m’a dit que pour marcher avec une béquille, ou sans béquilles, il fallait marcher droit, sans boîter, qu’il ne faut pas laisser s’installer une claudication qui aura bien du mal à disparaître une fois installée. Donc, voilà, bilan, tout se passe bien, mais il faut mieux réapprendre à marcher correctement avant de lâcher les béquilles. Marcher, me re-muscler, acquérir de la force, j’ai encore du travail avant de retrouver une activité physique normale. Et pendant ce temps là, je peux bien me laisser cocooner encore un peu!

Le rendez-vous à l’hôpital m’a pris la matinée. Au retour à la maison, j’ai juste le temps de manger, même pas celui de me poser avant le passage de l’aide-ménagère. Je m’offre une après-midi de pause. Je ne fais rien. Je bulle. Et je téléphone.

A 17 h, j’ai rendez-vous chez le kiné. Je me sauve au moment de l’arrivée du chien. L’ascenseur est en panne. Pas question que je sorte le chien.

Aux informations, que ce soit la radio ou la télévision, les résultats aux élections législatives font l’actualité. Tous les autres sujets sont occultés. Que va faire notre président qui n’a pas la majorité à l’assemblée? Il va être obligé de composer sans aucun doute. Ça promet une belle pagaille au démarrage, mais au final, pourquoi pas un meilleur à venir, avenir?

La voix de Lilie

L’oiseau va pouvoir s’envoler. Et c’est important que ses deux pattes le portent et le portent également l’une que l’autre. Ne pas bruler les étapes.

Les Graines cherchent le titre de ton collage, aux pays des fées, le rouge étoilé, rêve d’envol, chacune y met son ressenti. Quel est le tien Graine, toi qui l’a imaginé, mis en forme, fait naître ? Quelle est son histoire ?

J’ai repris le chemin du bureau ce matin. Une collègue avec qui tout le service a déjeuné vendredi midi, a été testée positive au covid à l’aéroport. Tout le service est en pleine forme, on nous propose d’aller nous faire tester. Je me demande à quoi ça rime tout ça. Est-ce que son test est vraiment positif ou faux positif ? Pourquoi se faire tester alors que personne n’a le moindre symptôme. Du reste, la moitié d’entre nous ne l’a pas fait, l’autre moitié est négative. Peut-être même que notre collègue n’est pas réellement positive, en tout cas ses vacances tombent à l’eau. Il semble que cette maladie devienne bénigne au fil des mutations du virus. Sur le variant actuel, pas d’hospitalisation, j’espère que ça va continuer comme ça.

Côté élections, j’avoue que j’aime l’idée de cette assemblée qui n’a pas de majorité absolue. Cela va permettre un débat démocratique avant de passer les textes et obligera les majoritaires à nouer des alliances avec les uns ou les autres selon les thèmes des textes de loi et à trouver des compromis. 5 ans de pleins pouvoirs n’ont pu remonter ni la santé ni l’éducation alors cela ne peut qu’être mieux, ou pareil. J’ai confiance. D’un autre côté, notre président est dans son dernier mandat, est ce qu’il va s’investir pour la France ou pour sa future carrière ? L’avenir va nous le dire. Les grandes entreprises doivent être à l’affût, groupe accor étant déjà pris….

La température redescend

La voix de Lilie

Un bel orage cette nuit et hop, 12 degrés envolés. C’est le bon côté de la chose. Le soleil aussi, s’est envolé, c’est le point à améliorer comme disent nos managers pour rester positifs en toute circonstance! Ce matin le ciel est gris, quelques gouttes de pluies tombent encore de temps en temps. Le soleil revient dans l’après midi et malgré ces quelques gouttes, le sol est aussi sec qu’avant l’orage.

Je profite de cette journée sans personne à la maison pour m’avancer dans ma liste de choses à faire. Ce n’est pas courant d’avoir un dimanche complet. Depuis quelque temps, j’ai besoin de vide, de place. Je range des placards, je jette des vieux objets, des vieux vêtements. Pourtant ce n’est jamais vide comme je voudrais. Je voudrais éviter que mes enfants trouvent des choses inutiles chez moi. Je sais bien que ça vient de ce que je dois faire chez mon père, je sais bien que j’ai du temps devant moi, pourtant j’y pense. Je ne sais, pas quand je me sortirai de cet état d’esprit.

Heureusement Graine, tu nous a invité ce soir. Je passe un agréable moment à préparer une salade de fruits jolie jolie jolie avec de jolies couleurs, orange du melon, jaune et blanc des pêches, rouge des fraises, noir des myrtilles et quelques branches de menthe pour le vert. Quelques fruits de la passion et une grenade pour le jus, le tout quelques heures au frais.

Nous avions oublié que venir à Paris un dimanche soir prend bien plus de temps que le matin. Il a fait beau, tous les parisiens rentrent de week-end…. Il faut doubler le temps habituel.

Je suis heureuse de te retrouver Graine, de te voir debout, presque sans béquille. De te voir en forme. Tes tous petits ont égayé le repas jusqu’à ce que le marchand de sable passe au bord de la table, pile poil sur ton petit fils ! Ta petite fille est adorable, elle discute bien, elle est très joyeuse. C’est rafraîchissant.

Toi, tu vas, tu viens, avec une béquille ou 2, tu fais beaucoup de choses. Bien sûr que tu seras fatiguée demain, mais je sais ce que tu penses: demain tout le monde sera parti, alors je pourrai me reposer. Tu as raison, c’est impossible de ne pas bouger, surtout quand c’est dans son ADN !

Que dira le chirurgien demain ?

On rentre, sous l’orage du soir. Petit orage. Petite pluie rapide. Il fait 20 degrés dehors, 17 de moins qu’hier. C’est parfait pour dormir, pour autant c’est impressionnant ces différences de température, en haut, en bas, trop chaud, trop froid pour la saison. Climat déréglé…

La voix de Graine

Le blog, trop pour moi ce soir. Pas d’urgence, demain, il fera jour, Lilie aura commencé l’article. Je suis contente de cette journée bien remplie de bruits, d’odeurs, de goûts, de visages, d’émotions, mais je suis fatiguée.

Comble d’égoïsme, avant d’aider au rangement, je prépare tous mes papiers pour la consultation à l’hôpital demain matin et je mets le réveil à 7 h.

Mon mari est vanné, je peux comprendre. Au bout d’un moment, Il s’affale sur le canapé en me laissant quelques bricoles à faire, que je fais une fois que j’ai fait tout ce que j’ai à faire pour moi.

Une journée qui a commencé tôt. Aller voter, faire ma balade matinale en évitant la pluie. Mon mari est parti courir. Je traverse le square et pars à la recherche d’une pâtisserie pour acheter un dessert pour ce midi. C’est la fête des papas aujourd’hui. J’arrive à peine quelques minutes avant mon mari qui revient de son jogging. Je ne suis vraiment pas rapide! Et je n’ai pas encore terminé mes exercices.

Je prépare le houmous, découpe les poivrons en lanières, épluche des concombres et des carottes. C’est mon mari qui fait tout le reste tandis que je me repose. Je suis encore fatiguée de ma soirée de vendredi soir et de la chaleur des derniers jours. Et la journée ne fait que commencer.

Les enfants arrivent tôt, chacun avec un petit cadeau pour leur Papa. Les cousins sont contents de se retrouver. Le petit est surexcité. Il se met déjà à se délecter de dire « Caca/ Boudin » et sa cousine lui souffle le « Caca/ Prout ». C’est parfois très agaçant pour les parents mais ces escapades verbales scatologiques les réjouissent beaucoup et ça va durer longtemps…

Je bois du vin, trop sans doute, je mange, je profite. Une fois qu’ils sont tous sortis, je fais la sieste. Nous aurons les petits ce soir puisque les parents vont au concert.La sieste ne dure pas, le petit est à nouveau là, fatigué. Nous lisons. J’espère bien l’endormir, mais non, ce moment calme lui permet juste de se ressaisir et de repartir. Quand sa cousine revient, ils recommencent à jouer et à remettre le bazar dans leur chambre.

Il est temps de leur donner le bain. Nos invités du soir arrivent. Quel plaisir de te revoir Lilie. Je n’ai pas faim du tout, mais je prends plaisir à partager ce moment. Les enfants jouent, nous rejoignent pour manger un morceau. Je leur fais cuire les ravioles prévues pour eux. Sûr qu’ils préfèrent les ravioles au taboulé. Le petit s’endort dans mes bras.

en deux temps, trois mouvements, les deux petits sont couchés. Le moment s’étire. La salade de fruits est belle et divine. Quelle bonne idée pour terminer ce dimanche gris mais plein de vie.

Aujourd’hui, c’est la pause

La voix de Graine

Aujourd’hui, mon voyage redevient très immobile. Je suis fatiguée de ma sortie d’hier. Avec la chaleur qu’il fait, de toute manière, ne rien faire est la seule activité recommandée, avec la piscine. Pour moi, la piscine, ça me paraît périlleux. J’imagine en plus le monde qu’il doit y avoir dans les piscines parisiennes!

Ce matin, je fais mes exercices a minima et à l’intérieur. Après mon tour de square, je finis mon collage. En fait, ça me prend toute la matinée. Comme je veux rester au calme, c’était parfait. Après mon activité collage, il faut ranger, ça, c’est un peu plus physique, moins fun, mais indispensable.

Mon mari est aux petits soins. C’est lui qui prépare le repas.

Ecrire le blog d’hier, écouter les messages, appeler les copines, ce sont des activités qui supportent bien la chaleur, alors allons-y. De toute manière, pour moi, il n’est pas question de sortir aujourd’hui. La sortie de ce matin m’a largement suffi.

Je prépare le taboulé pour demain soir. Pour le houmous, il me manque des ingrédients. Les poivrons, je les ferais cuire ce soir, pas question d’allumer le four maintenant. Le thermomètre affiche 37 °. Je suis bien contente que vous veniez partager un moment avec nous demain soir, M. et Mme Lilie.

Hier, il y avait trop de choses, j’ai oublié d’appeler mes handicapés. Je m’en veux, je les laisse tomber.

Ce soir, pizza. Aïe, il va quand même falloir allumer le four. Mais j’en envie d’une pizza. Tiens donc, je me mets à avoir des caprices de femme enceinte, ça craint!

La voix de Lilie

Quelle chaleur aujourd’hui, on bat des records. Pourtant je croise un homme, d’un certain âge, en plein soleil, qui essaie plutôt mal que bien, d’aller au bout de son jogging. Il est en nage, le visage rouge, il avance moins vite que moi en marchant. A son âge, il ne sait pas qu’il faut éviter les gros efforts pendant la grosse chaleur ? Ou comme tu le penses, il ne veut pas modifier son programme du jour. Espérons qu’il arrive sain et sauf…

Moi si je marche ce matin, c’est pour aller me réinscrire pour les activités de septembre. Juin sent la fin de l’année, avec ses derniers cours de ceci ou de cela, ses sorties, pique nique de fin d’année, sent les vacances qui arrivent et les longues soirées, et sent aussi la rentrée avec ses reinscriptions, quelques feuilles d’arbres qui déjà tombent au sol. Paradoxe.

La chaleur est tellement forte aujourd’hui qu’il est même impossible de rester dehors. Heureusement j’ai de quoi faire à l’intérieur après mes 3 semaines d’absences. Après la marche de ce matin, ma seule sortie sera pour aller acheter des fruits pour demain soir. Et aussi pour passer un grand moment au téléphone avec toi.

J’ai enfin pris le temps de faire quelques évolutions sur le site. Je suis contente. Il reste un bon travail de relooking à faire, comme disent les pro, revoir les parcours ! On le reverra ensemble un de ces 4.

Enfinle ccollage est terminé. Il mérite bien de figurer en tête de ce voyage immobile.

Vendredi, 1ère grande sortie

Vendredi, 1ère grande sortie

La voix de Lilie

C’est ta grande sortie ce soir Graine, un concert à l’Olympia, en béquilles ! J’attends avec impatience que tu racontes. L’Olympia; très jeune j’ai vu le même chanteur sous un chapiteau porte de la chapelle si mes souvenirs sont bons. Il en a fait du chemin depuis, et nous aussi. De pouvoir aller jusque là et rester assise tout le temps du concert, voilà bien la preuve que tu vas mieux. Profite, la musique fait tellement de bien à l’âme.

Aujourd’hui la chaleur est montée d’un cran. Il en reste un pour demain. Déjà l’air chaud nous enveloppe et la torpeur nous gagne. Transports en commun pour la plupart climatisés maintenant et c’est heureux. Je me souviens il y a quelques années des chaleurs dans les wagons, le corps qui coule l’eau, certains faisaient des malaises. Il y a tout de même des choses qui s’améliorent avec le temps.

L’équipe dans laquelle je travaille est partie au restaurant ce midi. Notre chef (années 80), responsable (annees 2000), manager (années 2020) nous quitte à la fin du mois. Une occasion de passer un bon moment ne se refuse pas, quel que soit le motif !

Le week-end démarre, il sera chaud, sans rien de prévu. Ma liste de choses à faire s’allonge chaque jour, j’en profiterai pour cocher une ligne ou 2 !

La semaine prochaine, Graine de vanille arrive. L’occasion certainement de nous retrouver, peut-être de faire un détour par la fête de la musique.

Allez, Graine, raconte ce concert.

La voix de Graine

Graine de vanille, comme c’est joli, Lilie!

La Graine à béquilles est vannée. Entre la chaleur et le concert, dure journée, ce vendredi.

Une journée qui commence comme tous les jours, avec mon tour de square et mes exercices. Dernière piqûre d’anti-coagulant, ce matin. La piqûre d’hier m’a laissé un bel hématome sur le côté gauche du ventre. C’est le premier hématome sur le ventre, mais il signifiant: mon corps en a assez d’être maltraité. Ce n’est pas contre les infirmiers que j’en ai, ils sont adorables. Mais mon corps en a assez.

Ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner. La copine qui devait venir me voir lundi après-midi veut venir cet après-midi. Et un coup de fil suivant m’apprend qu’une autre copine est prête à venir me voir aussi cet après-midi. Je suis coupable, je n’ai pas écouté mes messages!

J’ai fait passer une prestataire de ménage à la campagne pour qu’elle me fasse un devis de grand nettoyage. C’est ma soeur qui m’a donné l’idée. Je ne vais être capable de faire grand-chose quand je vais descendre avec ma fille début juillet et comme la maison est vide depuis six mois…Si c’est sale et plein de toiles d’araignées, ça va me gonfler grave. Alors, je vais m’offrir …. des prestations de ménage.

Mon mari télétravaille à la maison aujourd’hui. Après le repas, froid, vu la chaleur qu’il fait, je fais quelques dernières modifications sur mon site jacquaire puis j’attends ma copine. Elle est en retard. Cela me permet de terminer ce que je fais. Le programme de cet après-midi, c’est collage.

C’est dur de m’y mettre, c’est dur de nous y mettre. Nous n’avons absolument pas la même technique pour construire nos collages. Elle prépare son collage avant de le fixer. Moi, je n’ai aucune technique; la plupart du temps, je laisse venir et ça donne n’importe quoi, ni fait ni à faire, tant et si bien que je n’arrive pas à les terminer. Pour me détendre, là, j’a décidé de faire un collage à la Gaudi, façon carrelage.

Ma copine se met aussi au collage, façon carrelage. A 18 h 30, je dois réserver le UBER, enfiler des pantalons et un chemiser propre – je ne peux tout de même pas y aller en short avec une jambe noire avec bas de contention et une jambe blanche et un tee-shirt qui a bu toute la chaleur corporelle de la journée , dire au revoir à ma copine, confirmer le Uber, vérifier son avancée…

Au pied de l’immeuble, la chaleur est étouffante. La voiture que attendons ne tarde pas à arriver.La circulation est dense, malgré un départ un peu avant 19 h, nous arrivons devant l’Olympia à 19 h 45. Mes béquilles me permettent de griller la longue file d’attente. Qui sait si certains ne font pas semblant? Ceci dit, je ne vois personne marcher avec des béquilles à part moi et une personne qui en a une, elle et qui a fait toute la queue. Avec les béquilles, même la fouille est superficielle. Le spectacle, prévu à 20 h, commence à 20 h 10, avec une première partie, un jeune chanteur belge dont la voix évoque Bernard Lavilliers, la salsa en moins, ou Léo Ferré. C’est sympa, mais aïe, la soirée risque d’être longue!

Après la première partie, nous avons droit à une pause de 20 mn. En fait, le concert avec Bernard Lavilliers ne commence que vers 21 h et nous sortons à 23 h 30. Sûr, c’est sympa un concert. A un moment, je me dis que je vais sortir parce que je ne peux plus rester assise. Je ne recommande pas l’Olympia pour le confort de ses sièges. Mon mari me dissuade de me lever, je risque de trébucher dans l’obscurité. Et alors, tout le monde se lève. C’est bien pour moi, c’est ce qu’il me fallait justement. Ce qui ne m’empêche pas de me rasseoir un peu plus tard même si tout le monde est encore debout. Que des jeunes dans les spectateurs, enfin de notre âge, parfois avec leurs enfants. Tout le monde danse, chante. Les chansons sont rythmées, des rythmes sud-américains. La seule chose que je regrette, c’est que les textes sont avalés par la musique et l’orchestration qui prennent le dessus. Je me promets de regarder les textes plus tard. Avec mon mari, nous nous attendions plus ou moins à un chanteur avec sa guitare et deux ou trois musiciens. Nous avons quelques décennies de retard.

J’opte pour un retour en métro. Ce sera plus rapide et j’ai besoin de marcher un peu avant de rentrer. Grâce à mes béquilles, dans le métro bondé, je profite d’une place assise. Et de retour à la maison, je me fais servir, sachant que j’avais prévu ce midi pour qu’il y ait ce qu’il faut pour manger ce soir. Pas question de dîner dehors, je suis épuisée.

Une journée dense, assurément, qui fait du bien, mais demain, le repos est programmé.

Et la pandémie redémarre…

La voix de Graine

Ce matin, Je passe beaucoup de temps à découper et à coller aujourd’hui. Je trace mon passé, je découpe mes envies, je dessine mes lents demains, enfin, dans l’idée. C’est vrai que les exigences administratives et notre vie surbookée ne nous aident pas beaucoup à ralentir.

Aujourd’hui, c’est ma journée balade avec la voisine. Nous marchons un peu, mais surtout, nous faisons une longue pause devant un bar à l’ombre des arbres, platanes? Il fait trop chaud pour faire une grande promenade. Nous discutons de tout et de rien comme deux femmes qui papotent. De la vie, de la famille, des enfants, du travail, de la santé…

J’ai rendez-vous à 17 h chez le kiné. Après ma séance, je vais chercher quelques tomates et un concombre avant de rentrer me reposer.Le programme de la soirée: Discuter avec une copine au téléphone, boire un coup, écouter la radio, attendre mon mon mari qui va rentrer tard aussi ce soir.

Mon mari est à nouveau cas contact. Demain, il va retourner se faire tester. Et moi, je ne sais pas?

La voix de Lilie

Cas contact, quelle idée ! M Lilie est malade depuis quelques jours, rhinopharyngite, pas de test. Il ne met pas de masque, tousse dans ses mains. Lorsque que je m’éloigne et que je met un masque pour éviter d’être malade à mon tour, c’est moi qui passe pour la chieuse de service. Même chose à la boulangerie l’autre jour. La serveuse malade, sans masque, sans gants. Quand je dis que l’on n’a rien appris. Cet automne, je pense qu’on va prendre très cher au retour du nouveau variant.

De mon côté, masque sur le nez et assez seule dans ce cas je l’avoue, je suis allée travailler sur site. En skipe tout le matin, d’où l’utilité d’être venue. Notre entreprise, si riche soit elle, a encore décidé de rogner sur nos primes. En ces temps de recherche de pouvoir d’achat, elle devrait avoir honte. Elle est à vomir. Je suis contente d’en partir bientôt. Comment ses dirigeants peuvent-ils oser pénaliser les salariés alors qu’ils sont assis sur un matelas en milliards.

Demain j’y retourne. Il y a bien longtemps que je n’ ai pas fait 2 jours consécutifs sur site.

La chaleur s’est installée et avec elle une langueur de vivre, et une envie de manger frais. Le soleil me donne un bon moral et l’air chaud caresse ma peau. Quel bonheur d’être en été.

Mercredi, le jour des enfants

La voix de Graine

Une grasse matinée, ce matin, je traîne au lit, je finis le bouquin que m’a prêté une Graine: « Changer l’eau des fleurs », de Valérie Perrin.

« Ne pas recommencer à courir comme avant », mon leivmotiv depuis ce matin. Un vœu pieux, reste à savoir si j’en suis vraiment capable.

J’ai à faire aujourd’hui. Ma fille va m’amener ma petite-fille après l’école, et elles vont rester manger. Je vais tout de même faire mon tour de square, et mes exercices. Il me faut aussi aller chercher le pain.

Ranger la maison, faire la cuisine me prennent du temps, je ne suis toujours pas bien rapide.

A 11 h 20, l’infirmier vient me faire ma piqûre d’anticoagulant, l’avant avant dernière, Au début, je les supportais très bien. Là, elles me font mal, j’en ai marre.

Après le repas, je réclame ma pause. La petite va jouer dans sa chambre. Puis nous jouons aux « Aventuriers du rail ». Je trouve les règles hyper compliquées. Je consulte la video sur youtube et je la réécoute 2 ou 3 fois de suite. Malgré ça, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Nous jouons tout de même un peu, à notre niveau de compréhension.

Ma fille vient chercher sa petite et peu de temps après, c’est petit fils qui arrive. Le bain, le repas, le jeu…et ton coup de fil Lilie. Le petit est reparti, la soirée s’étire, mon mari a mis un film à la télé, et moi j’écris mon blog. « Ne pas recommencer à courir comme avant »…

La voix de Lilie

Peut on encore changer à notre age ? Voilà bien une question que l’on évite de se poser à soi même. Peut on changer quelque soit notre age, individuellement ou collectivement ? On a beaucoup parlé pendant le confinement de ce que serait la vie d’après. Plus centrée sur le bien-être, fondée sur des valeurs humaines et de solidarité. Quelle est elle, la vie d’après ? La même que la vie d’avant. En pire.

Ne pas recommencer à courir comme avant, vaste programme. Est-ce que tu ne cours pas déjà beaucoup ? Que feras tu si tu ne cours pas autant ? Qui veux tu devenir ?

Bien sûr que l’on évolue, et heureusement, de là à modifier notre fonctionnement de fond, il y a une limite. Quoique finalement cet objectif peut être atteint tout simplement en raccourcissant tes futurs joggings ! Rester Terre à terre et se prendre au mot !

Mon objectif à moi serait d’arriver à me contenter de ce que j’ai. Je veux toujours plus, plus proche du parfait. J’y travaille. Comme toi, Graine. D’où ma première question. Peut-on encore changer à notre age ?

Aujourd’hui je n’ai presque pas eu de temps pour moi. Petite-fille m’a réveillée un peu avant 7h et est repartie ce soir vers 19h. Alors seulement, j’ai pu me lancer dans l’arrosage (il fait si chaud), dans la coupe des roses fanées, la cueillette des framboise, la cuisson des Framboises, la recherche de billets de train pour cet été, les échanges avec ma sœur sur le mobilier de mon père à donner ou garder, le traitement de mes mails perso. Ouf. Heureusement j’ai un bon bloc note, et il est loin d’être terminé. D’autant, je ne sais pas si vous avez remarqué, que les sociétés dont on est client passent leur temps à nous envoyer des actions administratives à faire pour continuer à profiter de services qu’on leur paye….

Finalement, je vais me coucher. J’ai trop couru aujourd’hui 😜

Mardi, la chaleur est générale

La voix de Lilie

Une fois n’est pas coutume; dans ce blog où tu commences toujours, je profite de mon retour en train pour devancer l’appel !

Il fait excessivement chaud dans le sud aujourd’hui et cela va durer au moins toute la semaine. Nous ne sommes pas encore en été que les températures frôlent les 40 à l’ombre. Un scientifique dit que la société doit s’adapter à ce que des millions de personnes aient besoin de climatiser leur logement en même temps. Effectivement, il est trop tard pour reculer. L’homme doit s’adapter. 50 degrés hier dans la vallée de la mort. S’adapter. Sans modifier ses comportements. Je ne sais pas dans quel monde vont vivre nos petits enfants. Sera-t-il respirable ? Auront-ils de l’eau ? De la nourriture naturelle ? L’homme s’adaptera, c’est certain, mais combien paieront la note de ceux qui ont provoqué ce chaos ?

Laissons là ces digressions, je rentre chez moi ce soir. Le train a du retard, intervention police pour personnes agressives, problèmes techniques. Oui, il fait chaud pour tout le monde. J’ai passé quelques jours avec ma mère, je rejoins M Lilie, petite fille et très vieille chatte qui m’attendent avec impatience, pour partager, pour jouer, pour avoir quelques caresses. Et je suis contente de les avoir tous autour de moi.

Le paysage défile, la France est belle en cette fin de journée gorgée de soleil. Les bottes de foin sèchent dans les champs, le sol est très sec, jauni. J’ai l’impression de voler au dessus du paysage; dans le paysage. Je cours, je cours, vite, vite, je rentre chez moi.

La voix de Graine

Je suis contente que tu changes les habitudes. L’homme est fait pour s’adapter, que dire de la femme!. Savoir changer ses habitudes, c’est essentiel. J’aime le changement, je déteste la routine et je sais bien que c’est pareil pour toi. Pour autant, nous avons nos repères, nos liens, nos attachements auxquels nous sommes fidèles.

J’aime le train qui roule, qui en quelques heures nous déporte d’un endroit à l’autre. C’est plus lent que l’avion, la transition se fait moins brutalement. Au TGV, je préfère ces trains qui lambinent dans la campagne et font des pauses dans des endroits improbables. Il m’est arrivé d’écire des nouvelles dans le train. 8 à 10 h de train, ça laisse du temps.

Ma journée à moi commence tôt aujourd’hui, comme tous les mardi. Le réveil sonne à 5 h45, je prends ma douche et j’attends l’infirmière qui passe vers 7 h 30. Ce matin, je serais bien restée au lit. Je dormais quand le réveil a sonné, j’ai trouvé la nuit courte. Après le petit-déjeuner, je suis à 2 doigts de me recoucher, mais non, je sors en même temps que mon mari qui part travailler, direction le square, pour ma promenade du matin et mes exercices.

Cet après-midi, j’ai pris rendez-vous à 15 h chez l’opticien. Une virée ambitieuse pour moi; comme souvent, je ne suis pas tout à fait à l’heure, mais j’arrive à bon port et je suis dans un créneau horaire plutôt creux. Choisir des lunettes, ça prend un temps fou, il faut ensuite contacter la mutuelle pour réaliser le devis, signer à plusieurs reprises, faire les réglages….Je passe plus d’une heure dans la boutique, mais au moins c’est fait, je devrais avoir mes nouvelles lunettes pour partir en vacances.

Il fait beau et chaud aujourd’hui, mais c’est agréable. Je n’ai pas envie de rentrer. Je pousse la balade jusqu’à la coulée verte, je me pose sur un banc pour lire un moment. En face de moi, une dame très élégante, tout habillée de jaune, elle lit. Je la regarde à la dérobée, je la prends en photo, J’envie son allure et sa tenue: chapeau avec un ruban jaune, jolie robe jaune à pois, chaussures beiges habillées.

Je rentre à la maison à 18 h 30. Ce n’est pas grave, mon mari est de sortie ce soir, il va rentrer plus tard.

Lundi, 1er jour de la semaine

La voix de Graine

Pour toi Lilie, ce 1er jour de la semaine, c’est un jour de travail. La poisse comme tu dis, parce que ça devient long. Prend ce qu’il y a du bon dans cette vie de salariée, et il y a du bon tout de même. Moi, perso, j’aimais bien le travail en équipe, les échanges d’idées, la stimulation intellectelle. Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas. Il y a des fois où ce n’est pas fun du tout!

Et que tu aies besoin de rentrer dans ta bulle, c’est tout à fait normal. Moi, ça fait plus d’un mois que je suis confinée à la maison ou dans un rayon d’1 km (tiens donc, cela ne te rappelle pas quelque chose?), alors la bulle, ça va bien, j’en ai fait le tour et le contour, j’ai besoin d’en sortir un peu, j’ai besoin de voir du monde. Toujours à osciller entre trop et pas assez, difficile de trouver l’équilibre, foutu équilibre qui ne tient jamais longtemps.

Pour ce qui est de la politique, je partage. Cependant, je n’arrive pas à me résoudre à ne pas voter même quand il n’y en a pas un seul qui me convienne. Comme tu dis, ils sont dans un autre monde. Ils jouent, se lancent des piques, jettent des idées, des promesses comme on jette des dés, pour essayer de gagner. Et nous spectateurs impuissants, nous les detestons de nous ignorer à ce point. Comment pouvons-nous les respecter et les croire. Pourtant ce sont eux qui nous dirigent et qui nous représentent.

Ce matin, je traîne au lit. Je tarde à me lever. Je bouquine.

L’aide-ménagère arrive à 9 h. Je suis bien contente d’avoir réclamé mes dix heures complémentaires. Je ne suis pas encore bien vaillante. Je la laisse travailler pendant que je vais faire mon tour de square et mes exercices.

Mon mari ne télétravaille plus. Je suis à présent capable de me débrouiller seule à la maison. Après le passage de l’infirmière, je prépare mon repas. J’ai faim, j’ai toujours faim.

Cet après-midi, j’ai la visite d’une graine avec son carnet de croquis. Le dessin est au programme: Bouquet de fleurs et bouddha sur fond d’éventail. le temps passe vite. J’ai rendez-vous chez le kiné à 17 h.

Chez le kiné, je retrouve ma collègue de rééducation, Bernadette et après quelques échanges je comprends que c’est elle l’infirmière qui s’est occupée de moi il y a 8 ans quand je me suis faite opérée du genou. Bernadette, 40 ans qu’elle est infirmière dans le quartier. Je croyais qu’elle n’exerçait plus, en fait depuis le Covid, elle ne reçoit plus que sur rendez-vous.

Ce soir, je suis seule. Mon mari est chez mon fils pour garder le petit. Ma fille m’a amené le chien pour aller à son cours de danse, puis elle est venue le rechercher. La nuit est en train de tomber. Quand je suis seule à la maison, j’allume rarement la télévision. J’écoute la radio, sans l’écouter vraiment. Parfois, je l’éteins. J’aime le silence.

La voix de Lilie

Finalement ce soir, je me rends compte que je suis plus que dans le mouvement. 52% des électeurs n’ont pas voté, mieux encore, je suis restée très jeune puisque 70% des moins de 35 ans ont préféré s’abstenir ou même carrément oublié qu’il y avait un vote.

Comme tu dis il y a toujours un peu de bon dans chaque situation, la tienne comme la mienne… Je fais contre bonne fortune bon cœur. J’aide ceux de mes collègues qui ont besoin de mes connaissances, je réfléchis avec eux à des solutions. C’est comme un jeu vidéo perpetuel, besoin exprimé, solution à trouver. Le jeu est un peu long avec beaucoup d’épisodes et des méchants armés qui contrecarrent ton avancée ! Mais j’arrive au bout du jeu. Le prochain sera plus facile. Quelques fois je me demande si ça ne va pas me manquer de faire travailler mes méninges pour etudier un problème et conduire un projet. Il faudra que je trouve comment continuer ce type d’activité, sans trop d’engagement tout de même.

Ma fin de carrière tient enfin sur une feuille excel, 9 mois, le temps d’une grossesse. J’ai initié la liste de mes envies et la liste des choses à faire. Elles se remplissent l’une comme l’autre.

Comme toi, lorsque je suis seule, j’éteins la télévision, et même la radio, et je savoure le silence. En général, je lis, quelques fois je sors jardiner un peu ou prendre un café tranquille. J’aime ces plages de solitude parce qu’elles ne durent pas. Je ne suis pas prête pour vivre entièrement seule, l’est on jamais ? Ma mère ne s’y habitue pas après 20 ans…

J’espère que tu vas poster ces croquis que vius avez fait aujourd’hui et pourquoi pas ce collage dont tu ne parles plus depuis quelques jours ! Tu es l’artiste de ce blog, on attend beaucoup de toi ! Et puis l’éventail, ça me parle avec cette chaleur !

Dimanche d’élections législatives

La voix de Graine

Soleil, chaleur et grande sortie pour aller manger dans un restaurant proche des quais avec mon association jacquaire. Qui va sortir gagnant des urnes?

Le papa de ma petite fille est parti de bonne heure. Nous ne l’avons pas entendu ni se lever ni partir. La petite n’est pas inquiète, elle a l’habitude de voir partir son papa. Dès son réveil, elle nous rejoint dans notre lit.

Ce matin, nous allons voter avec elle. Je ne mets aucun bulletin dans mon enveloppe. Je suis en panne. Je ne sais pas pour qui voter. Il y aura sans doute beaucoup d’abstention. Le bureau de vote est quasiment vide.

Tandis que mon mari part courir, j’emmène la petite au square. Pendant qu’elle joue, je fais mes exercices. Le papa de ma petite-fille envoie un message. Il est déjà à Munich. Ensuite, son avion est direct pour Tokyo.

Le repos d’hier m’a fait du bien. Je me sens moins fatiguée et prête à affronter une salle de restaurant pleine et bruyante. Nous partons en voiture. J’apprends que dans la majeure partie des rues de Paris, la vitesse est limitée à 30 à l’heure. Comme il y a peu de circulation, nous arrivons tout de même assez vite à destination. Trouver une place de stationnement n’est pas simple, mais nous y arrivons. C’est une place de livraison autorisée le dimanche.

Je suis contente de retrouver des têtes connues. Que des jeunes! Enfin, façon de parler. La salle est sombre, mais l’ambiance est bon enfant. A ma droite, j’ai un médecin, fille d’un ancien président de la FNSEA. Le repas est bon, le service assez rapide. Avant le dessert, je pars faire une petite balade sur les quais avec une copine avant de reprendre ma place. Le dessert a failli me passer sous le nez.

Une fois rentrés, nous nous affalons sur la canapé, sieste, lecture, film…Une sortie par jour, c’est bien suffisant.

En fin d’après-midi, j’appelle mon fils. Il réquisitionne son Papa pour demain soir et moi, je vais récupérer le chien. La vie reprend son cours, presque normal.

La voix de Lilie

Tu es bien dans la dynamique Graine. Elections, voter. Moi je m’éloigne de plus en plus de ce monde. Je n’écoute plus les informations, je ne vote pas parce que j’ai préféré partager mon dimanche avec ma mère et ma soeur mais aussi parce qu’aucun candidat ne me paraît pouvoir améliorer notre quotidien. Depuis longtemps je ne crois plus à leurs discours enjoleurs et maintenant je ne les écoute même plus. Plusieurs chaînes de télévision ont programmé une soirée élections. Or plus de la moitié des Français n’ont pas été voter. Est-ce que les médias pensent réellement qu’ils vont passer leur soirée à écouter des résultats dont ils n’ont absolument rien à faire ? Sont ils autant à côté des préoccupations des gens que les politiques ? Ou payés pour… Bref, moi je bouquine ce soir.

Tu restes dans le monde des actifs, tu sors, tu rencontres des gens, tu t’intéresses. Moi je rentre dans ma bulle, je lis des romans, je jardine, je n’ai plus envie de m’intéresser à de nouvelles choses ou de nouvelles personnes.

Il fait très très chaud ici, on pourrait se croire en été, mais non, nous sommes toujours au printemps. Presque 40 degrés à l’ombre aujourd’hui. Les premières cigales sont sorties de terre pour entamer leur chant. Beaucoup de soleil. Peut-être que mon cerveau se liquéfie à la chaleur !

Tiens, demain je travaille. La poisse.

Le soleil est à nouveau au rendez-vous

La voix de Graine

Le soleil revient. Ces prochains jours, il va taper. Dans le sud, c’est déjà le cas, et ça va continuer. C’est normal, c’est l’été.

Ma soeur, dans le sud, a attrapé le Covid, et ma copine aussi. Ma soeur est alité avec avec courbatures et gros mal de gorge. Ma copine est juste confinée pour une semaine avec peu de symptômes. Il y a une recrudescence de cas depuis une semaine. J’hésite à faire une 4ième injection, un 2ème rappel comme ils disent. J’aimerais bien attendre un peu.

Je me fatigue toujours très vite. Aussi, aujourd’hui, je me repose en prévision de la journée de demain. J’ai accepté de participer au repas d’anniversaire de mon association jacquaire qui fête ses 70 ans avec deux ans de retard. Les festivités au étaient prévues en 2020 mais le Covid est passé par là…

Depuis hier soir, la petite est à la maison avec son Papa. Hier soir et aujourd’hui, nous avons testé les nouveaux jeux de société. Une fois qu’on a a compris les règles, tout va bien, encore faut-il les comprendre. Merci Youtube, avec seulement les explications écrites, je n’y comprenais goutte.

Ce matin, avec mon mari, je suis retournée à ma coop faire quelques courses. Pas question de faire un créneau de travail, je n’en suis pas capable.

Ce soir, je fais la quiche pour la petite…Son Papa part demain matin de bonne heure pour le Japon.

Avant le repas, j’appelle ma copine qui vient de se faire opérer. Elle est rentrée chez elle aujourd’hui. Elle vit seule. Pendant un mois, elle devra en faire un minimum…Cela signifie un confinement volontaire d’un mois. Elle habite beaucoup trop loin, je ne peux même pas aller la voir.

C’est une journée qui finit, une journée qui s’en va. Même quand on ne fait rien, le temps s’échappe.

La voix de Lilie

Dans le sud, il fait très très chaud. Très très. Nous partons ma sœur et moi chez ma mère par les petites routes. Dès le mois de juin l’autoroute n’est plus qu’un bouchon le samedi. Ce n’est pas un problème pour nous, ça nous offre deux heures à papoter entre sœurs.

Notre mère nous a préparé un bon repas. Elle adore toujours cuisiner et ici il y a de bons produits. En entrée des tomates bien pleines avec un vrai goût de tomate, huile d’olive et basilic du balcon ! Elle le bichonne tout l’été et il prospère sur le balcon. Ensuite un gratin d’aubergines grillées sauce tomate avec une cuisse de poulet. Un picodon et des cerises pour finir.

L’après-midi est consacré à la maison de notre père, recenser les meubles que nous gardons, fouiller le garage pour retrouver les cartes grises des vielles voitures. Chaque retour dans cette maison est un crève coeur. L’herbe est bien haute, déjà séchée par le soleil. Les plantes non arrosées et non taillées font pales figure. L’intérieur se salit petit à petit, des mouches mortes un peu partout. La maison s’abime, se meurt d’être vide. Je sais au fond de moi qu’il faudra bientôt s’en séparer. En attendant, lorsque je reviendrai en juillet il me faudra faire un grand coup de ménage. L’objectif atteint, nous rentrons.

Un nouveau restaurant s’est ouvert en centre ville, nous l’essayons ce soir. La terrasse en hauteur nous offre une vue inédite sur la collégiale. Nous y mangeons très bien, il fait très doux ce soir.

Une journée entre filles, mère, filles, cousine. Bien agréable.

Graine, n’oublie pas de vraiment te reposer…

Après un jour de sortie, un jour de repos

La voix de Graine

Aujourd’hui, je suis fatiguée. La journée du hier était dense. Je dois alterner et faire un jour de temps calme. Pour moi, le temps calme n’est jamais très loin de l’ennui, surtout quand le ciel se met au gris.

Ce matin, je fais mon tour au square et mes exercices. Je regarde, comme tous les matins, un groupe de dames d’un certain âge qui fait sa gym. Je questionne, qui sont-elles? « Un groupe de copines » est la réponse que j’obtiens… Bien nombreuses pour des copines…

Ce matin, je m’attelle à remplir mon dossier d’accident pour l’assurance: l’assureur adverse, mon assureur. Qu’est ce que je dois indiquer dans les dommages? Je consulte Internet. Le mot « accident » comme le mot « maladie » résonnent douloureusement dans ma tête. Il y a trop de mauvais souvenirs d’enfance qui tournent autour. C’est sans doute pour cela que j’ai autant de difficulté à remplir ce foutu dossier qui n’est pas franchement compliqué.

C’est fait, c’est posté, c’est parti. Je vais pouvoir passer à autre chose.

A 15 h, j’ai rendez-vous chez le kiné. Il constate mon état de fatigue et m’exempte de ma séance de vélo. J’accepte sans discuter.

La petite vient dormir à la maison ce soir, avec son papa.

Je n’ai pas appelé mes copains de la maison d’handicapés comme je l’avais prévu. C’est une une journée sans, assurément!

Bon week-end Lilie

La voix de Lilie

Journée moit moit aujourd’hui. Moit mamie, moit télétravail; moit maison, moit chez ma sœur; moit semaine qui se termine, moit week-end qui commence. Double casquette en somme. Ça va bien avec une personnalité de balance ascendant gémeaux, doubles signes, double prénom pour être tout fait honnête. Tout mon problème résumé. Faire des choix, on dit que c’est renoncer, alors je dois être incapable de renoncer ! Choisir la paire noire ou la paire bleue, prendre les deux. Partir ou rester ? Aller à droite ou à gauche ? Et même pire, préfèrer le rouge ou le noir ? Aujourd’hui je serai tout: la mamie, la travailleuse, la femme d’intérieur, la voyageuse. Et voilà bien ce qui me va !

L’accident, la maladie, cela nous parle à tous, hélas. On met nos ressentis sous le tapis le plus longtemps possible. Lorsqu’ils en sortent à l’occasion fâcheuse d’un événement qui nous les rappelle, ils sont toujours aussi forts, méchants, dérangeants, déstabilisants. Vivement qu’ils repartent sous le tapis.

L’ennui. Nos écrans le masque. Regarder par la fenêtre du train et l’ennui guette. Pourtant la campagne est si belle. Comment faisions nous avant ?

Ce soir, c’est vernissage

La voix de Graine

Ce jeudi promettait d’être chargé et il tient ses promesses.

Ce soir, c’est le vernissage de l’exposition de notre Cercle d’Arts Plastiques. Depuis 2 ou 3 jours, j’y réfléchis. C’est décidé, Je vais faire un cake aux poivrons et au fromage de chèvre. Je ne peux tout de même pas arriver les mains vides. J’achète également des tomates cerise et des gâteaux secs.

Sortir faire quelques courses complémentaires, préparer le repas pour midi, faire mon cake, ça se traduit par beaucoup temps debout. Quand nous passons à table, je suis vannée. C’est mon mari qui met la table et qui débarrasse.

Après le repas et une pause bien méritée, je prends le café avec ma voisine qui habite dans l’appartement juste en dessous de chez nous. Elle aussi marche avec deux béquilles et depuis pas mal de temps. Fin juin, elle se fait opérer pour mettre des prothèses à ses deux genoux. J’ai mal pour elle, j’ai peur pour elle. Avant sa retraite, il y a 4 ans, elle était hôtesse de l’air. Depuis le début de sa retraite, elle va de galère en galère.

Après le café nous partons toutes les deux en balade jusqu’à la coulée verte avec nos quatre cannes et nos quatre jambes branlantes. Un vrai convoi d’handicapées. Au retour, nous traversons des groupes d’enfants qui sortent de l’école. Ce n’est pas vraiment la bonne heure pour rentrer de promenade.

Au retour à la maison, j’ai besoin d’une pause à nouveau. Mais je n’ai pas le temps de traîner. Je dois me préparer pour partir au vernissage.

M’habiller pour « sortir », réserver un UBER, tout ça me prend du temps.

C’est une grande sortie pour moi, de loin, la plus grande depuis mon accident. Je comptais bien te voir, Lilie, mais je ne t’ai pas vue. Ce n’est pas grave. Les graines sont représentées. Ma fille est venue avec un beau bouquet de fleurs. J’avoue que je suis fière de pouvoir faire acte de présence, en amenant un cake, qui plus est. Revoir les copines de l’atelier, découvir les oeuvres accrochées sous une belle lumière me font plaisir, c’est comme une sortie de confinement.

Au retour, nous rentrons en métro. Je suis épuisée mais contente de ma journée. J’en ai fait un peu plus qu’hier et j’ai revu des têtes que n’avais pas vues depuis plus d’un mois.

La voix de Lilie

C’est ta première grande sortie et je ne suis pas là… Pour moi, aujourd’hui c’est la vraie reprise du travail. Que c’est difficile de s’enfermer la journée pour effectuer des figures imposées. Il fait beau dehors, le jardin m’appelle, et je reste dans la maison. La vie est ainsi faite pour la grande majorité de l’humanité de passer sa vie à travailler. Quelle drôle d’organisation nous avons mis en place. Drôle n’est pas le terme d’ailleurs. Triste plutôt. Certains prennent plus de plaisir que d’autres et heureusement j’en fais partie.

Hier soir j’ai déposé des annonces sur 2 sites pour tenter de vendre les voitures de collection de mon père. Ça me fait un pincement au coeur. Démanteler ses affaires c’est le déposséder et laisser partir l’enfance et ses souvenirs. Je le revois arriver avec sa première voiture, tacot, me chercher au lycée. J’avais honte, je ne voulais pas que l’on me remarque en train de monter dans cet engin. Quelques années plus tard, j’ai demandé à mon père de me conduite dans la deuxième voiture pour mon mariage. Je le revois la remonter pièce par pièce, même si en tant que fille il m’a toujours exclue d’office de son garage. Il y a tellement d’objets et de collections dans cette maison que ça donne le vertige. Commençons doucement.

Je sors tard du travail et je commence ma valise pour partir demain chez ma mère. A peine rentrée, déjà repartie !

Je reçois ton message Graine en plein milieu du repas. Le temps de le lire, il est trop tard. Au début, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis je me souviens de ce message reçu pendant mes vacances. Je t’avais promis de venir au vernissage et j’ai oublié. Oublié de mettre un rappel, oublié parce que je n’enregistre plus rien. Mon cerveau est devenu passoire. Je m’en veux, je suis tellement triste d’avoir raté ce moment. Ton moment. Ta première vraie sortie. Allez comprendre. Lorsque les choses importantes vous échappent au profit de tas de futilités du quotidien qui encombrent votre cerveau et usent toute votre énergie. Comment arrêter ce cercle vicieux. Ne plus faire. Être.

Jour de pluie et des petits enfants

Ce matin, c’est la pluie qui m’empêche de sortir. Je voulais aller au marché. Avec 2 béquilles, une sortie sous la pluie est périlleuse, alors je m’abstiens et je reste à l’intérieur.

Je téléphone à ma sœur. Depuis 2017, année de canicule, elle a des fissures dans sa maison. Les fissures sont de plus en plus larges. Après des années de bataille avec l’aide d’une association, l’assurance a accepté de prendre en charge correctement le sinistre au titre des catastrophes naturelles . Les ouvriers débarquent la semaine prochaine. Ils vont enfoncer des pieux, remplacer la dalle et l’année prochaine, ils referont le crépi et la peinture à l’intérieur.

J’appelle aussi ma copine du sud. Je commence à penser aux vacances de cet été. Je ne serais pas bien mobile, aussi, je compte sur les copines pour venir me voir, comme à Paris.

Je sors un peu avant 11h. Je dois passer à la pharmacie, à la biocoop et à la boulangerie. Et bien sûr, je fais attendre l’infirmière qui passe comme tous les jours vers 11 h 30. Avec mes 2 béquilles, je ne suis pas bien rapide.

Ma petite fille vient manger ce midi avec son Papa. A l’arrache, je prépare mes pâtes à la bolognaise tandis que le téléphone sonne à nouveau, je suis obligée d’abréger la conversation. Mais je suis rassurée, je ne serais pas seule cet été.

Ce sera un plat de coquillettes à la bolognaise, décide ma petite fille. Comme d’habitude le mercredi midi, elle dévore, mais elle n’a plus faim pour le dessert.

Cet après-midi, elle est invitée à un anniversaire. Au dernier moment, elle ne veut plus y aller, mais elle y va quand même!

Après le repas, je fais la sieste. Je me suis dépêchée pour faire les courses et la cuisine, je suis vannée. Dès le départ de la petite, je reprends de l’activité. Je me lance dans une activité introspective, difficile pour moi, mais indispensable je pense. Et a priori, j’ai le temps. J’en suis aux préparatifs, à la pêche aux matériaux. J’en parlerais un peu plus tard, quand je serais sur les rails. Pour l’instant, je tourne autour avant de m’y mettre dedans.

Ma journée n’est pas finie. Nous gardons petit-fils ce soir pendant que sa Maman va à son rendez-vous. Vu mon état, les modalités sont différentes. C’est ma belle-fille qui nous l’amène et vient le rechercher. Une longue journée pour mon petit bout. Mais il est content de venir, tout fier d’avoir pris le bus avec sa Maman et de nous le raconter. Pour lui, j’ai acheté un jeu: Balanceo, il adore. Sur la chouette, il faut poser des formes selon la proposition du dé qu’on a jeté. Il ne met pas longtemps à comprendre les règles. Il les détourne, se réjouit de nommer et de trouver la forme que montre la face du dé. « C’est ok », « D’accord » dit-il en nous regardant. Une fois la forme posée, il s’applaudit et nous faisons de même. Quand le montage s’écroule, il éclate de rire…Sa Maman revient le chercher vers 21 h 30, il ne veut pas partir. Il veut lui montrer son jeu. Que c’est beau ces regards d’enfants qui s’émerveillent et nous avec! Comme toi, Lilie, je ne me souviens pas avoir passé autant de temps à regarder mes enfants jouer. Le temps est passé tellement vite. Ce temps que nous n’avions pas, après lequel nous avons couru toute notre vie.

La voix de Lilie

Le mercredi, c’est le jour des enfants dit on. Ou le jour des papy mamyzz ! Garder un petit enfant un jour de pluie, quel challenge. On peut presque regretter le temps du bureau !

J’ai sorti les tampons encreurs, petite fille ne les a jamais vus. C’est l’idée. Un jour de pluie, sortir de la nouveauté. Elle adore. Tamponne sa feuille, puis mes bras, puis les siens, puis plonge directement le doigt dans l’encre pour voir l’effet. Elle expérimente, la feuille de papier est bien trop petite pour son imagination.

Entre deux averses, on sort prendre l’air, regarder les oiseaux sur le lac, courir dans les allées encore humides, ramasser des bébés marrons tombés par le vent et la pluie, marcher sur les murets, courir après les pies.

Les petits enfants nous ramènent en enfance, je revois ma propre grand-mère qui riait à mes sottises et je fais pareil. Je la regarde jouer, s’émerveiller, se concentrer langue sortie, s’énerver, dire non non non, courir se cacher, rire aux éclats, mettre ses chaussures au mauvais pied, monter descendre l’escalier, chanter en phonétique, caliner, s’ensommeiller. Je ne m’en lasse pas. Comment ai-je pu passer à côté de tout ça avec mes enfants ? Je l’ai vu bien entendu, mais je ne m’arrêtais pas vraiment pour m’imprégner d’eux comme je peux le faire maintenant. Question de temps, d’âge. Les petits enfants ne font que passer, alors on a le temps de tout arrêter pour être totalement à eux. Ensuite on peut souffler….

La maison est redevenue calme, la chatte somnole à côté de moi, il est l’heure d’aller ce coucher après cette journée en enfance.

Une semaine courte

Le passage à la marche avec une seule béquille n’aura pas lieu. Le kiné a dit non. Les muscles – mollets, cuisses ont fondu, la consolidation osseuse n’est pas faite, il faut continuer à marcher avec les deux béquilles. Les poignets commencent à fatiguer, alors, il faut moins s’appuyer sur les bras et davantage s’appuyer sur les jambes.

Et marcher de plus en plus, pour renforcer la musculature. Il promet d’être long ce voyage.

Ce matin, réveil à 6 h -1/4 pour le passage de l’infirmière. C’est jour de la prise de sang. J’ai ouvert en grand les fenêtres. Dehors, il pleut. La pluie assourdit les bruits de la rue, quelques moteurs de voitures, motos, mobylettes. J’ai mis ma lessive en route. Le tambour donne le rythme tandis qu’à l’extérieur les pigeons roucoulent. J’aime les bruits du matin. Ils sont discrets. Comme je n’ai rien d’autre à faire vu que n’ai pas mes lunettes et que tout le monde dort, je suis attentive. J’écoute tout en rêvassant.

Se lever tôt, c’est bien, ça me permet de faire mon tour matinal au square et de faire mes exercices au calme. J’apprécie. Et comme je rentre tôt, la matinée m’appartient.

Aujourd’hui, mon mari est parti travailler au bureau, mais je ne suis pas seule. Mon gendre, l’ex, est revenu s’installer à la maison. Pour autant, nous sommes chacun dans une pièce à nous atteler à nos activités, moi mon site jacquaire, aujourd’hui, j’ai entrepris de vérifier tous les liens, mon gendre à son travail, de réunion en réunion avec l’autre bout du monde. Nous ne mangeons même pas ensemble car j’ai rendez-vous à midi chez le kiné.

En milieu de matinée, ma sœur m’appelle. Son appel fait office de pause. Nous discutons de choses et d’autres, de tout et de rien: jardinage, santé, météo, famille…

Mon activité de l’après-midi ressemble à mon activité du matin. Je n’arrive pas à me remettre à mon collage.

Mon gendre va chercher sa petite. Je fais une dernière sortie avant de me mettre à la cuisine. Le temps s’est mis au beau. C’est agréable d’être dehors. Je vais m’acheter un carnet pour faire des collages. Ne sachant pas me décider sur le format, j’en achète deux.

Une journée de plus, une étape sans grand intérêt, mais qu’il fallait bien faire, pour avancer.

La voix de Lilie

Ce matin réveil 7h, moi aussi c’est très tôt. Je dois être à Paris pour 9h. C’est la première fois depuis 2 ans que je vais prendre les transports en heure de pointe. Depuis la pandémie, j’ai décalé mes horaires et retrouvé mon véritable rythme biologique. Je suis bien plus reposée qu’au temps où je me levais trop tôt pour aller chaque jour au bureau. Comment ai-je pu tenir pendant toutes ces années ?

Alors ce matin, je plonge dans le grand bain du RER et du métro bondés. J’ai mis un masque, là encore pour me préserver des malades qui prennent les transports, toussent, éternuent. Pas un rhume depuis 2 ans, alors le masque, je continue. Dans les trains, peu de gens masqués, même pas un quart je dirais. Les gens retrouvent leur vie d’avant. Moi j’aime tirer bénéfice de l’experience.

Journée apprentissage du « travailler ensemble ». J’en ai vu tant et tant pendant ma carrière que tout ça n’est que du bis repetita pour moi. Mais je suis contente de participer à cette journée hors du quotidien et de retrouver du monde après tant de télétravail. Je me suis rendue compte à cette occasion de combien il m’est désormais difficile de rester assise à écouter une présentation sans faire autre chose sur un écran en parallèle. Je m’ennuie très vite, l’envie de traiter un email, de regarder mon téléphone me taraude. Me concentrer sur de la seule écoute n’est plus possible. Comme un cancre, je regarde par la fenêtre, mon esprit par ailleurs, sur le chemin, sur les actions à planifier pour le we. Moi qui était si attentive, si bonbe élève, si concentrée, si sage, je ne me reconnais plus.

Je rentre tard ce soir, et je retrouve petite fille et son papy qui m’attend pour diner.

Voilà une première journée de reprise. Agréable. Le train train ce sera pour demain.

Comme toi, une journée de plus. On aimerait qu’elles aient toutes un petit plus, un petit quelque chose qui nous fasse nous sentir vivantes. Et pourtant, dans chaque journée sans grand intérêt, il y a nos heures de vie passées, nos amours, nos amis, nos joies, nos peines. Ces jours sans intérêt particulier sont aussi précieux que les autres jours.

Lilie, mon voyage à moi continue

La voix de Graine

Ton voyage s’arrête, Lilie, mais le mien continue, alors j’ai décidé de continuer à écrire…

C’est lundi de Pentecôte aujourd’hui. Ma journée commence avec mon dernier cours d’espagnol à 9 h, dernier cours d’une série de 20 cours financée avec mon CPF. Déclinaison dans tous les temps possibles d’une phrase que j’ai choisie: « Il skie cette semaine et il se casse la jambe sur la piste ». Un peu de dépaysement, tout en restant dans l’actualité du moment.

Ma nuit a été bonne. Un seul réveil cette nuit et du coup, je me sens bien plus reposée. Ce matin, enfin, mon collage décolle. Rien d’extraordinaire. Promis, je le mettrais sur le blog quand j’en serais satisfaite, ce qui n’est pas encore le cas.

J’ai la visite de Graines cet après-midi. J’en profite pour me faire conseiller et acquérir des jeux de société au magasin d’à côté. C’est fait, je vais pouvoir inviter le graines et nous pourrons jouer. Et je pourrais aussi jouer avec ma petite fille et mon petit fils. Puis nous allons boire un coup. Et là, je me sens revenir à la vie!

Quand nous rentrons, l’aide-ménagère est en plein ménage. Il ne me reste plus que le linge à ranger et c’est bien assez pour moi.

Malgré le peu de kilomètres parcourus, ce soir, je suis épuisée. Je dois me ménager, car mon voyage n’est pas encore terminé. Je dois garder des forces pour les étapes à suivre!

La voix de Lilie

Les retours de vacances sont toujours compliqués pour moi. Retrouver les contraintes domestiques me pèse. Il n’y a plus rien dans le frigo, une tonne de linge à laver et repasser. Presque 3 semaines sans se préoccuper de ce qu’on va manger. A peine rentrée, se reposer cette question et partir faire les courses.

Ce midi ma fille vient déjeuner avec mari et enfants et chien. Enfants qui courent, sautent, crient, jouent, se barbouillent de peinture, tombent, font du vélo de la trottinette, de la balançoire, du trampoline, refusent de manger et se gavent de gâteaux d’apéro ou de pain ! Chien tout jeune, une bombe qui court dans tous les sens, dedans, dehors, saute sur tout ce qui bouge, attrape tout ce qui traîne. Elle est épuisée ma fille…je me souviens aussi de cette période de la petite enfance, épuisante. J’essaie de lui alléger la journée en m’occupant des petits pendant qu’elle se détend un peu. Demain soir, elle nous laissera mini Miss, déjà ce sera plus calme pour elle.

Après leur départ et le rangement qui s’en suit 😜, je me lance dans le repassage. Je n’ai pas eu le temps avant, forcément. Puis dans une séance de streching. J’en ai besoin, je sens que je commence à perdre en souplesse, il faut absolument que je m’oblige à une séance quotidienne pour la retrouver.

Dans la, soirée, je laisse M Lilie et notre fils devant un match de foot et je vais dépiler les 200 mails de boulot reçus pendant mon absence…..Façon de m’y remettre à mon rythme.

Demain, une journée de cohésion inter équipe est prévue dans un site de l’entreprise. Ce sera plus facile que de me remettre au travail tout de suite. Je n’arrive plus à me motiver, la fin est trop proche. Il me faut un temps fou, mobiliser toute mon énergie pour m’y remettre. Trop dur. De plus en plus difficile….

En te lisant, je me demande dans quelle situation on peut avoir à dire en espagnol « il skie cette semaine et il se casse la jambe sur la piste ». Où vas tu passer tes vacances en espagne ? Je verrais plutôt « elle danse un tango et elle se casse la jambe en glissant sur des castagnettes » ! 🤣🤣

Dimanche 5 juin – le retour

Dimanche 5 juin – le retour

La voix de Lilie

On a vu des collines, des montagnes, des vallées, des sapins, des chênes, des châtaigners, des pins, des chateaux, des ruines, des lacs, des rivières, des sources.
On a dormi dans des gîtes, des hôtels, des roulottes, une colonie. Pris nos repas, avec nos hôtes, avec les autres randonneurs, à la table familiale, dans une grande tablée, seuls.
On est parti pour la première fois avec le sac à dos, on a appris à le remplir, le vider même au départ, le porter, l’apprivoiser. Il nous a pesé sur les hanches, les genoux, les cuisses dans les montées.
Je pensais marcher dans des sentiers, j’ai cheminé sur un long chemin, large la plupart du temps.
On a marché, beaucoup.. Monté, descendu, beaucoup.. Le chemin c’est 8000 de dénivelé positif et 9000 de dénivelé négatif, monter et descendre l’everest !
J’ai écouté le vent dans les arbres et les champs de blé, le chant des oiseaux, l’appel du coucou, les lezards qui détalent dans les herbes sèches à notre passage.
On a croisé des gens, des couples, des groupes, des amis, des jeunes, des moins jeunes et toujours échangé un mot, une impression de marcheurs. On a vu des vaches, des veaux, des taureaux, des chevaux, des poulains et quelques moutons dans les prairies, on a vu des ânes sur le chemin.
On a croisé des villages plus petits les uns que les autres, sans même un café pour s’arrêter.
J’ai souvent angoissé à l’idée d’avoir embarqué M Lilie dans cette épreuve, angoissé pendant quelques étapes plus difficiles pour son genou. Je me suis rassurée ensuite, le genou n’aime pas descendre, mais il va bien dès le plat retrouvé.
J’ai rêvassé en marchant, refait mon monde, déconnecté.
J’ai adoré cette expérience d’être à l’écart du monde.
J’ai touché mes limites, je les ai éprouvées, je sais maintenant plus précisément ce que je peux et veux faire.

Il est temps de rentrer maintenant. A côté de nous, ta place est vide dans le TGV. Ton chemin continue, il est bien plus long. Tu as fait le plus difficile, tu bouges déjà beaucoup. Tu en fais presque autant qu’avant ! Sauf ce collage, qui ne vient pas. Pourquoi ne pas entremêler tes béquilles et mes batons de marche ? J’ai quitté les miens aujourd’hui, tu quitteras bientôt les tiens et on fêtera ça ensemble. Mes bâtons me manquent déjà, tu jêteras les tiens avec rage !

Je vais trouver un nouveau projet de chemin…

La voix de Graine

Je te sais sur le retour, Lilie. Tout à mon collage, hier, je n’ai même pas pensé à ouvrir le blog. Ce collage qui ne vient toujours pas. J’ai prévu trop grand et mon horizon est bien étroit, ça ne peut pas coller.

Pendant que tu explorais, parcourais des paysages nouveaux quasiment déserts, que tu crapahutais, grimpais, dévalais, découvrais, t’extasiais, t’aérais, respirais la nature et le vent à grandes goulées, flirtais avec tes limites et les limites du genou de M. Lilie, je continuais mon voyage immobile. J’ai arpenté des contrées insoupçonnées, la douleur dans les jambes, aïe, qu’est ça m’a fait souffrir.

La douleur est partie. Plus d’anti-douleurs, plus de bas de contention la nuit et le jour, je m’interroge encore. Mes douleurs sont à présent musculaires et articulaires, comme les tiennes. Ce sont enfin les muscles et les articulations qui prennent le relais. « Tu en fais trop », me dit mon mari. Oui, certes peut-être, mais c’est sans doute grâce à mes exercices répétés que les douleurs dues à une mauvaise circulation se sont atténuées puis ont disparu. Mes nuits sont bien meilleures, quasiment normales.

J’ai aussi, bien heureusement rencontré la chaleur et le réconfort de mes proches, de mes copines. Pas un seul jour sans un mot gentil, une visite, un repas partagé, une attention. Moi qui d’habitude est celle qui réconforte, ceux sont les autres qui ont pris soin de moi, qui m’ont nourrie, visitée, distraite. Ces attentions m’ont beaucoup touchées. Je n’ai pas eu le temps de sentir seule.

Ce week-end, nous avons gardé petit-fils, ma fille est venue dormir samedi soir, mon mari est revenu dormir avec moi,mon gendre revient chez nous ce soir pour une semaine. La vie reprend son cours. Dans ma tête, l’accident s’éloigne, mais gare si j’oublie mes béquilles, je suis bien incapable de marcher sans. Tous les jours, avant midi, la visite de l’infirmière pour la piqûre me rappelle aussi mon état.

Première sortie en voiture dimanche, pour aller voir le spectacle de théâtre de ma petite fille. Ce n’était pas loin, ce n’était pas long…Malgré tout, au retour, j’étais épuisée.

Ce matin, j’ai suivi mon dernier cours d’espagnol…

Comme toi, je dois faire le bilan de ce voyage et décider de quoi j’ai envie pour demain. Non je ne jetterais pas mes béquilles avec colère, elles m’ont soutenue et me soutiennent encore et je leur en sais gré. Cet arrêt brutal n’est pas anodin, il résonne en moi comme un impérieux besoin de me poser pour envisager sereinement l’avenir. Sûr, je préfère les bâtons de marche. Ce sera pour une autre fois et ce serait super que nous puissions être ensemble cette fois-ci!

Samedi 4 juin – de Saint Jean du Gard à Alès – 24km en bus

Samedi 4 juin – de Saint Jean du Gard à Alès – 24km en bus

La voix de Lilie

Le chemin est terminé. Je me sens un peu désœuvrée, bizarre. Quelque chose me manque. Une étape, de la verdure, marcher.

Les courbatures d’hier se font toujours sentir ce matin. Heureusement nous prendrons le bus en début d’après-midi. Il y a un arrêt juste derrière l’Auberge, même si l’aubergiste ne l’a pas remarqué et nous en indique un à 400m de là !
En attendant, nous allons faire un tour dans Saint Jean du Gard. La ville est animée ce matin, avec un petit marché. Nous passons devant la vieille tour de l’horloge et allons visiter le musée des cevennes dans la maison rouge.
Ce musée retrace l’histoire des cevennes depuis les guerres de religion et l’apothéose dans la violence entre les camisards et les catholiques sous Louis XIV, jusqu’aux 2 guerres mondiales. Et bien sûr, Stevenson et son voyage avec une reconstitution de son bagage surréaliste ! On y retrouve toute la vie, les activités et l’outillage des anciens. On découvre ou re-découvre la fabrication des murets en pierres sèches, la récolte des châtaignes, la fabrication des fromages, les ruches en tronc d’arbre, l’élevage des vers à soie. Et tous les produits dérivés réalisés à partir des rebuts, vannerie, rembourrage, tissus. Un musée très intéressant, installé dans une ancienne magnaneraie.
Je me souviens de mes premières années de primaire, où nous apportions des feuilles de mûrier pour nourrir quelques vers à soie que nous regardions grandir et faire leur cocon en fin d’année scolaire.
La châtaigne que j’adore, il faudra que je relise comment ils les épluchaient à coup de sabots cloutés.
Il fait très chaud aujourd’hui, c’est vraiment le sud, l’été d’ailleurs, Saint Jean du gard est la première ville dans laquelle on trouve des lauriers en fleurs.
Nous prenons le bus vers 13h. Il nous dépose à Alès une heure plus tard. Après 2h de repos, nous visitons la ville, à pied, bien sûr ! Il fait une chaleur terrible, on se croirait au mois d’août. Dans l’ensemble, cette ville est moche et particulièrement sale. Il y a pourtant des zones semi piétonnes, des allées de platanes avec des restaurants mais les rues sont sales, les bâtiments et les maisons sans entretien, noircis par la pollution. Les parcs ne sont pas entretenus non plus. Cette ville aurait du potentiel, proche de Nîmes avec son tgv, au bord du Gardon, mais visiblement quelque chose empêche son embellissement. Ça et là on trouve quelques essais de décor, là encore sans nettoyage et sans vision d’ensemble.
Les vacances se terminent ici, demain c’est le retour. Et si j’ai bien compris la météo, la pluie m’attend.

Et tu m’attends aussi pour jouer, Graine, j’arrive !

La voix de Graine

C’est samedi aujourd’hui. Tu t’apprêtes au retour, Lilie. Et la marche te manque déjà! C’est addictif, les marches au long cours. La marche, c’est un dopant, un anti-dépresseur naturel…et bien sûr, il y a la nature, les couleurs, le grand air, les grands espaces…Voir les montagnes en face de soi ou prendre le vent de face, en terme d’ouverture et de respiration, ce n’est pas la même chose que d’avoir pour horizon l’immeuble ou le square d’à côté.

Moi, je continue mon petit train train. L’infirmière m’a proposée d’appeler l’hôpital pour que le médecin réduise le nombre de piqûres d’anticoagulant. ma prescription en prévoit 45. J’en ai déjà fait 27. J’ai réussi à avoir le service de l’hôpital: c’est le protocole m’a dit la personne au bout du fil, on va regarder, on vous rappelle…Je doute fort qu’ils me rappellent. Je fais partie des personnes à qui on applique le protocole à 45 jours, j’aurais droit à mes 45 piqûres! Une chance, les piqûres dans le ventre ne me font pas mal.

Aujourd’hui, ma sortie du matin, je la fais pour me plaindre à la station de métro d’avoir été prélevée en juin pour mon pass Navigo alors que j’ai suspendu mon contrat. Une sortie comme une autre. Les exercices, je les fais dans la cour, c’est plus cosy.

Cet après-midi, nous avons le passage de l’aide-ménagère. Pendant qu’elle fait le ménage, j’ouvre un compte en ligne parrainé par mon fils. Ma première et dernière banque en ligne se sépare de ses comptes particuliers. Je suis obligée d’en changer.

Mon collage attend toujours, pas moyen de m’y mettre. Il a toujours quelque chose de plus prioritaire à faire.

A 16 h 30, mon fils arrive avec son petit. Nous le gardons cette nuit. Nous avons juste le temps de passer un petit moment au square que la gardienne siffle pour nous demander de sortir. Ce n’est pas l’heure de la fermeture habituelle, c’est l’annonce de l’orage qui vient qui provoque la fermeture anticipée.

Mon mari s’occupe du bain tandis que je prépare la quiche. Le petit est criblé de boutons de varicelle. Il n’a plus de fièvre et il n’en souffre plus. Mais tout de même, pauvre petit chou, malgré sa varicelle, il a fait sa semaine de crèche. Le repas, la lecture, le coucher… Je suis vannée.

Oui, je t’attends pour jouer, Lilie et pour tu me racontes de vive voix ton périple. Je pense que ce serait bien aussi de développer le point de vue du genou de M. Lilie par rapport au chemin.

Ne t’inquiète pas Lilie, nous avons eu l’orage aujourd’hui, mais il fait chaud et lourd.

Vendredi 3 juin – De Saint Germain de Calberte à Saint Jean du Gard – 25 km

Vendredi 3 juin – De Saint Germain de Calberte à Saint Jean du Gard – 25 km

La voix de Lilie

Hier soir, encore une nouvelle expérience. Nos hôtes préparent un panier repas que nous dégustons sur la terrasse construite en bois autour du tronc d’un châtaigner. Pâté maison, houmous de châtaigne, aperitif maison. Puis tortilla, salade de pâtes, pelardon, vin rouge et fromage blanc aux fraises.
Ce matin au petit déjeuner, nous évoquons nôtre venue il y a 24 ans dans ce village. Il se trouve que notre hôte faisait faire des tours de 4×4 aux vacanciers à l’époque et que M Lilie avait participé à une de ses sorties. Voilà comment il nous arrive de remonter le temps.
Devant la maison, un immense tilleul en fleurs bourdonne d’abeilles. L’âcne et le poney de la maison viennent saluer l’âne qui a passé la nuit avec eux et qui repart ce matin avec les marcheurs. C’est attendrissant de les voir.
Il est temps pour nous aussi de repartir, car aujourd’hui l’étape sera longue. Montée le matin, descente l’après-midi. J’espère que ça ira. C’est notre dernière étape. Je ne sais pas gérer les fins. Fin d’étape, fin de carrière. Lorsque l’échéance approche, je n’arrive plus à avancer. Les kilomètres me pèsent, comme les mois qu’il me reste à faire. Je suis déjà passée à autre chose, donc difficile de continuer.
Pourtant le chemin est beau encore ce matin. Nous montons à travers une forêt de châtaigners, certains en fleurs. La vue sur les montagnes en face et au loin à l’arrière le village que l’on vient de quitter.
La végétation change encore. Voici les chênes verts, les pins, le thym et même de la menthe sauvage. Le sentier sent la Provence, les aiguilles de pins sèches, le sol pierreux.
Puis le chemin descend en pente douce en serpentant jusqu’à Saint Etienne Vallée Française. Nous nous arrêtons pour déjeuner d’une belle salade composée. C’est notre dernière étape, pas de pique nique aujourd’hui.
A la sortie du village, la route est bordée d’une haie de tilleuls immenses et tous en fleurs. Ils sentent bons, j’adore l’odeur des fleurs de tilleul, et là encore un bourdonnement dans les feuilles. Des milliers d’abeilles doivent butiner au dessus de nos têtes et se régaler de ce nectar.
Le chemin traverse la rivière (le Gardon) et gravit une colline. Il fait très très chaud. C’est notre dernière montée (que l’on croit), mais quelle montée. Avec la chaleur, nous devons nous arrêter souvent pour boire et nos réserves ne sont pas bien grandes. Heureusement plus on monte, plus la vue est fantastique. Au bout de 2h, on arrive enfin au col.
On fait une grande pause. On sait que l’on va devoir descendre alors on se prépare. Il reste 7km, on en a déjà fait 14. On est monté de 400m, il faut les descendre.
Peu après le départ, le chemin qui devait descendre vers la droite, part en montant à gauche. Depuis le début du chemin nous suivons les marquages du GR, confirmés par la trace GPS que j’ai téléchargée. Là, les deux divergent. On décide de suivre le marquage du GR. Le chemin monte, puis part sur une crête en un sentier caillouteux, descend enfin pour remonter de plus belle et à pic. Il s’éloigne de notre destination finale. Le genou de M Lilie commence à souffrir de ces descentes escarpées, caillouteuses, très pentues. Chaque montée nous désespère, tout ce qui a été descendu n’a servi à rien. Au bout de 2 heures, il devient quasi impossible de continuer cette descente. Nous sommes encore très loin et très haut, il est plus de 16h30, je commence à m’inquiéter sérieusement. Je répère un sentier qui redescend vers la route en 2 ou 3 virages. Je veux aller sur la route, car si M Lilie ne peut plus avancer, on pourra toujours faire du stop. Enfin après encore beaucoup de douleurs, nous arrivons sur la route. Je suis rassurée. La route descend en pente douce, aussi la douleur au genou disparaît. Nous continuons cette route, qui n’en finit pas de tourner, virer, longues lignes droites. La fatigue se fait sentir. Nous manquons d’eau aussi. Quel dommage de finir ce beau chemin sur une route…Nous avançons maintenant au moral, notre corps n’en peut plus de cette route. Près de l’arrivée nous croisons d’autres randonneurs, certains ont pris la route dès le haut du col, d’autres ont fait le même chemin que nous et ont continué, ils sont tous épuisés. Stevenson était descendu du col et avait suivi le gardon pour arriver à Saint Jean du gard. Il n’est passé par aucun des chemins que nous avons pris les uns ou les autres. Sauf que l’an dernier le gardon est entré en cru et a emporté toutes les berges dans sa furie. Un nouveau tracé a été mis en place, on va dire un peu à l’arrache, avec encore plus de km, oubliant que l’étape est déjà longue et qu’elle en devient carrément penible.
Pendant ce temps, on continue de marcher. Encore 1km500 jusqu’à la ville, on n’en voit pas le bout. On a mal partout, on est épuisés. Enfin le panneau de la ville. On se prend en photo. Trop heureux de l’avoir fait. On y est arrivé.
Après ce petit moment d’euphorie, il reste à traverser toute la ville pour rejoindre notre auberge. Re 1km500, re douleurs, re fatigue, re j’en peux plus. C’est certain, cette fois ci nous avons dépassé notre limite.
Enfin, l’auberge est là. Une douche, un bon repas. Rien que descendre l’escalier et le remonter nous fait souffrir.
Repos. Une nuit là dessus et on verra demain.
Une chose certaine, demain on prend le bus !
Dommage de finir ce chemin comme ça, mais d’un autre côté, ce sera sans regret. La fatigue nous a gagné après ces 15 jours, il est temps de rentrer. Mon rêve du chemin est réalisé.
J’aurais aimé que tu sois avec nous Graine ce soir, et tu y étais par la pensée.

La voix de Graine

Ce matin, réveil à 6 h. Impossible de rester au lit. Je prends la douche, j’aère l’appartement, je mets mon linge à la machine et j’attends patiemment que mon mari se réveille. Tant que mes nuits restent trés aléatoires, nous faisons chambre à part pour qu’il y en ait au moins un qui dorme correctement. J’ai encore droit à mon déjeuner au lit tous les matins. J’en profite, ça ne durera pas.

Te voilà arrivée à bon port, Lilie, fatiguée, épuisée. Tu as réalisé ton rêve. Tu me fais partager ta fatigue et ta joie, de loin. Chapeau, vous avez su gérer votre chemin. Le genou de M. Lilie a crié, mais il a tenu bon. J’ai un pincement au coeur, j’aurais dû en être. Même si je suis contente pour vous, je suis un peu vénère de ne pas être avec vous. Ce chemin, nous aurions dû le faire ensemble. Que s’est-il passé? Pourquoi? Que faut’il comprendre de ces empêchements…

Tes dernières photos sont magnifiques, Lilie, ça fait envie.

Ce matin, ma sortie est pour aller à la pharmacie place de la Nation car j’ai des achats à effectuer. Au retour, je fais une pause dans la cour pour faire mes exercices.

Ce midi, je pars manger au restaurant avec une copine, qui n’est pas une graine cette fois-ci. C’est ma première sortie resto. Je prends plaisir à manger dehors. Mais quand on sort pour déjeuner, il faut rentrer. C’est une grosse balade pour moi. Avec la sortie de ce matin sur Nation, mon podomètre me dit que j’ai fait plus de 4 km, ce que je ne crois pas. Cependant, au retour, je suis fatiguée. A proximité de l’immeuble, nous cueillons quelques gouttes de pluie. Il était temps de rentrer.

Après café & dessert « at home », nous regardons des albums photos, puis nous jouons au boggle. L’après-midi passe vite. Je raccompagne ma copine à la porte de l’immeuble. Mon mari est rentré. Ce soir, au menu, c’est pizza.

Ces prochains jours, Je vais aller m’acheter des jeux et j’inviterais les graines à venir jouer…

Jeudi 2 juin – de Saint Julien d’Aspaon à Saint Germain de Calberte – 20 km

Jeudi 2 juin – de Saint Julien d’Aspaon à Saint Germain de Calberte – 20 km

La voix de Lilie

On a passé une très bonne soirée hier. Nous avions privatisé une heure de jaccuzzi. Ne le sachant pas, 3 jeunes femmes, en randonnée sans mari et sans enfants, viennent se joindre à nous. On discute, on rigole, on prend même tous ensemble un aperol spritz dans le jaccuzzi. Nous nous retrouvons ensuite au repas du soir qui est servi sur une grande table commune. Il y a plus de 20 personnes à table. Marcheurs, promeneurs à la journée, touristes et même un jeune en déplacement de travail qui préfère cette formule à l’hôtel pour voir du monde.
Ne seraient-ce les mouches inombrables qui se posent partout sur la table, tout serait parfait. Le gite « village » est tenu depuis l’an dernier par un couple de jeunes très sympathiques; lui vient de Paris 11 ème, elle est italienne. Le repas qu’il nous a préparé est un pur délice. Salade composée avec mache, quinoa, feta, herbes de provence, puis une pièce de boeuf de l’aubrac issu d’un élevage voisin avec une sauce bourguignon et enfin un fromage blanc coulis de myrtille et pistaches concassées.
Ensuite nous rejoignons notre roulotte pour dormir. Hie hay !
L’étape du jour va être longue, et elle finit par une descente à pic. Que nous connaissons bien pour l’avoir faite en 1998 pendant des vacances passées à Saint Germain de Calberte.
Le chemin démarre sur l’ancienne voie de chemin de fer, réhabilitée en chemin. Stevenson ne parle pas de cette voie ferrée, donc si elle n’existait pas en 1878 et n’existe plus maintenant depuis des années (le sol n’en garde aucune trace) elle n’a pas dû servir longtemps… La voie domine le cours de la Mimente, passe sur des ponts sans garde fou (pas besoin dans le train !) et trois tunnels pour traverser les collines. On arrive comme ça au village (hameau ?) de Cassagnas où l’ancienne gare est reconvertie en gite, bar, restaurant. Nous faisons une pause, sur ce chemin on n’attend pas le bar suivant sous peine de ne plus en trouver de la journée !
Puis le chemin commence à monter dans une forêt de sapins, puis de châtaigniers. Nous trouvons un bel endroit pour pique niquer avec vue sur les collines en face. Notre cuisinier nous a préparé une salade de pâtes divine avec thon, artichaut, feta, basilic. C’est délicieux.
Nous sommes vraiment maintenant au cœur des cevennes du sud. Celles que je connais depuis toujours. J’y retrouve les odeurs d’épines de pin sèches, les sols secs et caillouteux, les roches de schistes sur les bords.
Le chemin est long, très long. Je fatigue vite, on s’arrête souvent. Qui veut aller loin…. Le paysage est grandiose, les monts des cevennes rocheux et les forêts de châtaigners, je prends des photos un peu partout. Enfin, après plusieurs heures, on atteint le serre de la can.
En 1998, nous étions venus en famille dans ce village de vacances avec nos enfants. C’est ici que nous avions vu cette finale de coupe du monde gagnée pour la première fois par la France. Nous nous arrêtons boire un verre et remplir nos yeux de souvenirs. La piscine, les gites sont toujours là, en face des nouveaux bâtiments, le bar a été refait. On compare avec nos souvenirs.
L’hôte de notre gite va venir nous récupérer ici car ce soir nous dormons dans une nouvelle roulotte assez loin du chemin. Ça tombe bien, cela va nous éviter une grande descente et protéger les genoux de M Lilie avant la dernière étape demain.

La voix de Graine

Mon paysage ici est moins diversifié, moins dépaysant et moins poétique que le tien. Mais il fait soleil sans qu’il fasse trop chaud et ça fait du bien. Je n’ai jamais dormi dans une roulotte. Je crois que j’aimerais bien ça. Tout compte fait, ce gîte était bien sympa à ce que je vois!

Ce matin, je traîne, je finis mon livre en cours « Le jeu des si » d’Isabelle Carré. Pas irrésistible, mais intéressant. Qui n’a pas rêvé de s’échapper de sa vie pour en vivre une autre?

Ici, les jours se ressemblent. Il fait beau aujourd’hui. Aussi, pour ma sortie du matin, au lieu de faire mes deux tours de cour, je m’aventure jusqu’au square. J’en fais le tour. A l’entrée, une séance de gymnastique. Tic, tac, tac disent mes béquilles, ce n’est pas encore pour toi aujourd’hui. Plus loin, un merle se baigne dans une flaque d’eau toute neuve laissée par l’arrosage. Il s’ébroue et prend plaisir. Au fond, les jardiniers refont le parterre. Ils vont planter des fleurs. Le square est quasiment vide. Je fais mes exercices tranquillement et je me dirige vers la sortie. Le cours de gym n’est pas fini. Ils en sont aux abdos. à présent.

La matinée passe vite, à exécuter différentes tâches administratives déjà oubliées, à répondre aux mails. C’est déjà l’heure de l’infirmier, puis l’heure de préparer le repas. Je fonce à la boulangerie. J’ai une copine de mon association jacquaire qui passe me voir à 14 h.

L’après-midi passe aussi vite. Entre la visite de la copine, le repérage d’un petit bistrot pour la copine qui vient demain, les réponses au téléphone, la téléconsultation médicale, le kiné…je n’ai toujours pas commencé mon collage. La table du salon est tout encombrée de mes papiers.

Ce soir mon mari va rentrer plus tard. Il fait une présentation à son association de minéralogie. Vais-je avoir le courage de commencer mon collage?

Mercredi 1er juin – de Florac à Saint Julien d’Aspaon – 10km

Mercredi 1er juin – de Florac à Saint Julien d’Aspaon – 10km

La voix de Lilie

Nous prenons notre temps ce matin car nous avons une étape courte aujourd’hui. Cette semaine est particulièrement prisée par les vacanciers aussi, impossible de trouver un gite plus loin. De toute façon, c’est mieux pour tester la reprise.
Le chemin démarre par la route, traverse le tarnon et longe la mimente par le haut. Nous traversons une forêt de chênes blancs et de châtaigners. Enfin il devient sentier et serpente dans la forêt, croisant quelques ruisseaux qui descendent vers la mimente. Le profil de la marche d’aujourd’hui est essentiellement en montée, pour autant on ne peut éviter quelques descentes. En général assez courtes et légères, il n’empêche que je stresse chaque fois. Est-ce que le genou de M Lilie va tenir ? Je ne dis rien, et pour l’instant lui non plus. Le sol est jonché de feuilles de châtaigners et de bogues des châtaignes de l’automne dernier. On commence aussi à voir des fougères, il n’y en avait pas jusqu’ici. Des deux côtés du chemin, la pente est ardue. Descente à pic à gauche, montée à droite. Je comprends ce que veux dire Stevenson qui cherchait en vain un terrain plat pour dormir et éviter de tomber dans le ruisseau pendant la nuit. Même pour trouver un endroit pour s’arrêter déjeuner s’avère compliqué. Enfin on aperçoit un petit promontoire sur le bord du chemin qui nous servira de chaise et de table. L’endroit est très joli, très escarpé et bien ombragé. On y reste un grand moment pour se reposer de la marche du matin.
Après le repas, il reste seulement 2km à parcourir jusqu’au gite, le chemin descend bien maintenant. J’angoisse un peu, tout va bien. Pour accéder au gite, nous prenons un chemin qui grimpe très abrupt. J’imagine déjà la redescente demain…
Nous arrivons dans un magnifique endroit. Le rêve des Graines. Un quartier de village avec une maison qui fait office de salle à manger commune, cuisine, réception, une autre pour la buanderie, d’autres pour les chambres, un grand jardin ombragé par un tilleul centenaire avec un pied ressemblant à uns pate d’éléphant, des salons de jardins au soleil, et au bout une piscine.
Voilà notre village. Juste un peu loin de tout pour faire les courses !
Nous dormons dans une roulotte à l’entrée du domaine. Impression de la conquête du farwest ! Il ne me manque que les bottes et le Stetson, trop lourds dans le sac !
Je passe l’après-midi au bord de la piscine et dans un fauteuil autour d’un verre pour écrire cet article.

Tout s’est bien passé aujourd’hui, je croise les doigts pour demain et après demain, les 2 dernières étapes, longues et avec du dénivelé négatif.

Je vois que de ton côté la randonnée commence à s’allonger aussi, j’espère quand même que tu n’as fait 4km8 avec tes béquilles. Bientôt nous repartirons ensemble. Bientôt, pas tout de suite !

La voix de Graine

Je suis contente, Lilie, que ta journée se soit bien passée. Je te devine soulagée et M. Lilie soulagé aussi. Ceci dit, il va falloir rester prudent dans les étapes qui vous restent. De fait, ces deux jours de repos ont été bénéfiques.

Pour moi, aussi, la journée a plutôt été bonne. Ma première sortie dans la cour, je l’ai faite avec une seule béquille. Je m’en suis aperçue en bas de l’ascenseur. Même si le kiné ne me conseille pas de marcher avec une seule béquille, j’ai fait avec, je n’ai pas eu le courage de remonter.

Plus tard, dans la matinée, j’ai failli poser un lapin à l’infirmier. Je partais faire des courses complémentaires pour le déjeuner. Au dernier moment, je me suis resaisie. Et j’ai attendu le passage de l’infirmier.

C’est mercredi aujourd’hui, tu te souviens Lilie, le jour des enfants. Le pli est pris à nouveau. Ma petite fille vient manger à la maison. Je ne vais tout de même pas la chercher à l’école, c’est son papa qui me l’amène. Mais pour les courses et la cuisine, c’est moi, avec le support de mon mari qui télétravaille! Rassure-toi, Lilie, je fais simple: Steak avec de la purée de pommes de terres et de carottes, du pamplemousse – découpé en lamelles en entrée et une glace en dessert.

Après une bonne pause post déjeuner, je vais m’acheter des revues. J’ai l’intention de faire un collage. Je passe aussi chercher le pain et des surgelés.

Et de retour à la la maison, je feuillette, je choisis, je peins mon fond. Ce soir, je laisse mon mari faire la cuisine. Demain, je commencerais mon collage.

Mardi 31 mai- De Florac à Florac – 15km !

Mardi 31 mai- De Florac à Florac – 15km !

La voix de Lilie

Rien ne presse aujourd’hui, c’est repos. Pour autant, ne pas dépérir, un petit café croissant sera bienvenu ! C’est mardi les boutiques et cafés fermés hier sont ouverts. Je suis sidérée de voir que cette ville, 4 fois moins peuplée que la notre ait autant de boutiques, restaurants. Chez nous il n’y a rien… Bref.
Après le café et un petit tour dans la ville, retour à la chambre. En fin de matinée, aller acheter de quoi manger. Pourtant la matinée se passe. Le temps s’écoule, rien à faire pour l’arrêter. Nous déjeunons autour d’une table devant la piscine.
Cet après-midi, j’ai décidé de partir faire une petite randonnée de 10km au départ de Florac. Un GR qui monte en face rejoint le chemin de Stevenson sur la fin de l’étape de Florac. Je pars vers 13h30. Je n’ai pas l’habitude de marcher seule. Je suis un peu déboussolée, j’ai du mal à caler mon pas. Dès la sortie de la ville, le chemin monte face à la pente dans une forêt de chênes et de châtaigners. En haut, la vue sur Florac est magnifique. Le chemin continue légèrement à monter puis passe sur l’autre versant. En face des collines boisée à perte de vue. Je croise quelques randonneurs qui descendent directement à Florac. Le chemin continue un moment à plat et iI me faut plus d’ une heure trente pour arriver à l’intersection du chemin de Stevenson. Je commence à me dire que je vais mettre un peu plus de temps que prévu…
Le chemin redescend pendant plus d’une heure dans une forêt de sapins, sans vue particulière sur les côtés. A un croisement, un panneau indique Florac à 7km, j’en ai déjà fait 6, effectivement je risque de mettre plus de temps que prévu, et plus de km! C’est un peu monotone jusqu’à la fin de la descente où soudainement le chemin débouche en haut des gorges du Tarn. Au fond, le Tarn fait des cascades, des sauts. C’est magnifique. Je m’arrête un moment pour admirer et me reposer un peu les jambes.
Le chemin suit le Tarn jusqu’au village de Bedoues dominé par une magnifique église offerte par le pape Urbain V qui était natif d’un village voisin. Un très vieux quartier avec des ruelles très étroites se visite aussi, mais il fait un peu coupe gorge ! Au moment de m’y engager, j’aperçois une personne qui se îéculotte au milieu de la ruelle et y fait tranquillement pipi… Comme je suis seule, je vais éviter ! Je préfère monter vers la belle église du pape qui domine le village pour faire ma pause.
Il est presque 17h et il me reste pas mal de chemin à faire. Je m’inquiète un peu, même si je sais qu’il fait jour tard, je ne maîtrise pas vraiment le kilométrage qu’il me reste.
Je repars sur une petite route qui traverse le Tarn sur un pont de type Eiffel. La route est assez étroite, il y a quelques voitures qui passent. Je suis soulagée quand je reprends un chemin de terre qui remonte dans une forêt de châtaigners. En dessous le Tarn suit son cours, en face un château sur la colline. C’est un bel endroit pour terminer cette balade. Le chemin débouche sur un quartier en train de s’agrandir, beaucoup de maisons en construction. Un village de vacances est installé là, je le longe jusqu’à un pont de pierre où je refranchis le Tarn pour la dernière fois. Florac est traversée par le Tarnon, pas par le Tarn. Je longe la route pendant un km avant d’arriver enfin à Florac et rejoindre l’hôtel. Il est 18h, j’ai fait 15km. Une étape.

La voix de Graine

Je suis fière de toi Lilie. 15 km en 4 h 30, avec les dénivelés et les pauses! Tu marches bien.

En fin d’après-midi, j’ai moi aussi fait une randonnée ambitieuse, pour aller acheter de la viande dans mon magasin préféré. Mon podomètre m’a crédité de 4,80 km aujourd’hui . Le paramétrage est sans aucun doute à revoir, mais je crains qu’il n’y ait pas l’option handicapé avec béquilles. En tout cas, même si j’ai marché beaucoup moins, c’était beaucoup pour moi, ça c’est sûr. Et moi aussi, je me suis aventurée toute seule, comme une grande!

En dehors de cette ambitieuse escapade, ma journée a ressemblé aux précédentes. Ce matin, réveil à 5h 45 pour être réveillée et prête au passage de l’infirmière pour la prise de sang. L’infirmière passe vers 6 h 45. J’ai pris ma douche, pris mon petit-déjeuné, aéré la maison. Je n’ai pas assez dormi, mais je n’ai pas envie de retourner me coucher. Mon mari part travailler, je pars faire ma promenade dans la cour, puis je me dirige vers la Poste où je fais chou blanc, elle n’est pas encore ouverte. Pour mon recommandé, je vais devoir revenir.

Travailler sur le site de mon association, préparer le repas pour midi, accueillir l’infirmière pour la piqûre, manger, prendre la café…Une routine qui s’installe.

L’aide-ménagère arrive à 14h. Je m’étends sur le canapé. Je lis sans conviction. Je l’aide à nettoyer le frigo.

Quand elle s’en va un peu avant 16 h 30, je me décide à sortir. Dehors il fait soleil et chaud, j’enlève mon pull, et mets mes lunettes de soleil. Avec mon sac à dos et ma pochette, je suis parée, prête à l’aventure.

Ce soir, mon mari rentre tard. C’est moi qui prépare sommairement le repas. Et je range mes papiers.

Demain, promis, je me remets au dessin. Si je n’y arrive pas, je ferais un collage. Demain midi, la petite sera là avec son Papa. Et peut-être nous aurons le petit le soir.

Lundi 30 mai – de Pont de Montvert à Florac en taxi

Lundi 30 mai – de Pont de Montvert à Florac en taxi

La voix de Lilie

M Lilie va mieux ce matin, c’est rassurant.
Cette nuit, nous avons dormi dans une chambre, salle de bain, des années 60. Le mobilier est quasi identique à celui de la chambre de mes parents quand j’étais petite. Les couvre lits ressemblent aux rideaux que nous avions aux fenêtres chez nous il y a 20 ans. L’hôtel tout entier est resté figé dans les années 60. Carrelages chinés au sol, lambris au plafond. Un beau retour en arrière.
L’hôtelier, lui aussi certainement issu des années 60, nous propose d’appeler un taxi vers 10h. En attendant, nous faisons un tour dans Pont de Montvert, joli village avec 2 ponts qui enjambent le tarn (ses sources ne sont qu’à quelques kilomètres d’ici) et ses 2 affluents. Le village est joli, accroché sur les flancs d’un vallons, le tarn cascade en dessous et les causses le surplombent. Le tour est vite fait, un temple, une église, 2 ponts. Nous prenons un café au soleil en attendant l’heure.
A peine appelé, le taxi arrive car il a peu de temps, il doit être à Ales pour 13h. C’est son avant dernier jour de travail, il arrête mercredi. Il commence à en avoir marre d’être interrompu dans sa partie de pétanque pour faire une course. Il a 79 ans ! Une chance pour nous car après il n’y aura pas de repreneur. Il nous conduit à Florac en nous racontant des anecdotes. Il a du travail car il n’y a plus de bus depuis au moins 30 ans. Il amène des randonneurs fatigués ou blessés quasi tous les jours.
Arrivés à Florac, nous laissons nos sacs à l’hôtel car il est trop tôt pour prendre la chambre.
La ville est un peu plus grande que les villages que l’on a traversés jusqu’ici. Elle abrite dans son chateau le siège du parc national des cévennes, un petit musée dédié au parc est installé dans l’ancienne gare. Il n’y a plus de train depuis longtemps…
Nous partons acheter de quoi pique niquer aux sources du pêcher qui se trouvent juste au bord de la ville. L’endroit est très joli, équipé de quelques bancs et ombragé. La source cascade joliment au dessous du banc sur lequel nous déjeunons.
La ville de Florac est parcourue par le tarn et le pecher qui s’y croisent. Plusieurs ponts de pierre permettent de les traverser. Au centre, une esplanade ombragée offre quelques tables pour déjeuner ou prendre un café. Ce que nous faisons.
En début d’après-midi, nous allons nous reposer au bord de la piscine de l’hôtel. Elle n’est pas chauffée, l’eau est glaciale. Un homme s’y baigne, d’autres comme nous ne mettent que les jambes. M Lilie trempe ses jambes pour raffraichir son genou. Le froid lui fait du bien.
J’en profite pour vous rappeler les 2 Graines et passer un grand moment à discuter avec vous, à l’ombre des arbres dans le grand parc de l’hôtel. Le grand hôtel du parc, c’est son nom !
Vers 15h, nous nous installons pour un moment de repos dans notre chambre.

Sans même rien faire le temps passe. Entre la piscine, la chambre, la chambre, la piscine, il est déjà l’heure de sortir prendre un verre et enfin manger la pizza dont on rêve depuis 10 jours !

La voix de Graine

Je te retrouve Lilie. Ton ton est redevenu serein. Tu es rassurée. Je comprends que le blocage du M. Lilie t’aie fait peur. C’est normal. Ce serait trop bête de compromettre la mobilité à venir juste parce qu’on a voulu forcer un peu trop un jour.

Quand nous avons passé une semaine à Bagnols les bains en 2019, en dessous du Mont Lozère, nous avions randonné jusqu’au Mont Finiels, c’était fin octobre, il faisait un froid glacial. Nous aussi, nous nous étions mis à l’abri des murets de pierre. Ce même jour, nous étions descendus en voiture au Pont de Montvert. Un autre jour, nous avions également fait une randonnée bien agréable en suivant les sources du Tarn.

Aujourd’hui ma journée commence à 9 h avec un cours d’espagnol. En raison de mon accident, cela fait un mois que je n’ai pas eu cours d’espagnol. J’ai révisé mais très vite, je me rends compte que je n’ai pas révisé ce qu’il fallait. J’ai un cours de retard! Tant pis, on va faire comme si!

A 10 h 30, j’ai une téléconsultation avec mon médecin traitant qui me recommande de garder les bas de contention la nuit.

Puis c’est le passage de l’infirmière, et l’arrivée de Graine…

Ce midi, nous mangeons thaï, commandé au restaurant thaï d’à côté.

Après notre échange téléphonique, nous partons au square avec notre carnet de croquis. Notre temps de croquage est limité, j’ai rendez-vous chez le kiné à 17 h…

Le temps est passé vite aujourdhui…

Dimanche 29 mai – du Bleymard à Pont de Montvert via Finiels -15 km

Dimanche 29 mai – du Bleymard à Pont de Montvert via Finiels -15 km

La voix de Lilie

Après une bonne nuit (malgré la rave partie au dessous de nous !) et un bon petit déjeuner, nous voilà partis à l’assaut du Mont Lozère, l’étape la plus difficile du parcours avec beaucoup de dénivelé. 10km de montée, 10km de descente voilà le résumé que l’on partage entre marcheurs.
Le chemin démarre par la visite du village. On monte vers l’église puis on la dépasse et la grande montée démarre. Le chemin est large, il s’élève rapidement dans une forêt de sapins. Il faut franchir le col d’une première colline avant d’arriver sur le Mont Finiels lui même.
Je regarde 3 jeunes femmes qui font le chemin ensemble. Comme nous elles s’appellent « les filles », comme nous elles papotent sans cesse en marchant. Elles montent sans effort apparent, bien plus vite que moi. Ce pourrait être nous toutes dans notre jeunesse. Je nous imagine à 25 ans.
Je rêvasse sur ce temps qui a passé si vite. Sur mon corps qui montre sa fatigue et m’empêche de marcher aussi vite qu’elles.
Je pense trop, ça a toujours été mon problème, et j’anticipe, j’imagine au lieu de vivre le présent. Dans une heure on sera là, dans un an j’arrête de travailler. Je voudrais arrêter de réfléchir et vivre l’instant. Mais je suis tombée dans la marmite toute petite alors…
Avec tout ça, on grimpe, grimpe, grimpe. Je prends mon temps, je ne suis même pas fatiguée. On arrive en haut du col après 2h de montée. La vue alors se dégage sur le Mont Lozère devant nous.
Depuis 3 jours nous croisons les mêmes personnes au fil de nos arrêts, on se double, redouble, on se retrouve dans un restaurant un gîte ou un hôtel, un petit mot chaque fois.
Le chemin descend légèrement vers la station du Mont Lozère. Les cafés restaurants sont ouverts, c’est dimanche, on peut y monter aussi en voiture alors il y a de la clientèle possible. Nous nous arrêtons un moment au soleil devant un café. Puis nous reprenons la montée. Petit à petit la végétation se raréfie, on sent l’altitude. Plus que quelques sapins rabougris, quelques rares fleurs minuscules. On suit, comme Stevenson avant nous, les montjoies qui bornent le chemin. Derrière nous au loin, très loin, on aperçoit les éoliennes que nous avons longées il y a 3 jours. Elles sont si loin. C’est là que l’on voit combien on a avancé alors qu’on a l’impression à pied de faire si peu.
Il fait de plus en plus froid. Le vent s’engouffre dans les vêtements et nous glace les sangs. On se rhabille, coupe vent, foulard, bonnet. Je ne regrette pas d’avoir mis un pantalon ce matin.
Enfin après encore 2h de montée, on arrive près du sommet. Il n’y a plus aucune végétation à l’exception d’herbe rase et de quelques bruyères. Le vent est si fort et si froid que l’on a du mal à profiter de la vue. On s’abrite à l’intérieur d’un muret de pierres construit en cercle pour protéger du vent. On s’y arrête pour déjeuner au soleil et à l’abri, assis sur les pierres. On a une vue à 360 degrés depuis le sommet. Derrière nous le Gevaudan, Le Puy en Velay et les jours précédents, devant nous les Cevennes du sud, Montpellier, Sète et les jours suivants !
On ne reste pas très longtemps à admirer la vue à cause du froid et du vent. Il est temps de redescendre. Le chemin part directement dans la pente. Très vite le vent disparaît et la chaleur revient. Très vite la végétation réapparaît. La descente nous offre de magnifiques passages en balcon avec la vue sur les collines et toute la vallée en bas. Le chemin devient plus étroit, plus caillouteux, il faut se concentrer pour ne pas trébucher sur une pierre. Quelques passages à plat, et ça redescend. On fait quelques pauses pour reposer le genou de M Lilie au maximum, mais je vois bien qu’on a beaucoup descendu. On arrive en vue d’un village, je suis fatiguée, on va faire une pause. Nous n’avons fait que la moitié de la descente. Il reste 5km et 400m de dénivelé.
M Lilie ne va pas bien. Après la pause, impossible de repartir. L’étape s’arrête là, après 15km sur les 20 que nous voulions faire. Pas question d’aller plus loin.

Il n’y a rien ni personne dans ce village. On décide de monter vers la grande route que l’on a aperçue en haut du village. On va faire du stop. En cherchant un endroit propice, on tombe sur une voiture arrêtée dont on connaît les occupants. 2 femmes qui marchent et que l’on a croisées ce midi dans notre mur de pierre, et le mari de l’une d’elles qui les ramène en voiture après leur marche. Elles étaient fatiguées et lui ont demandé de venir les chercher pile-poil au moment et à l’endroit où on a besoin d’une voiture ! Ils acceptent bien sûr, solidarité de marcheurs, de nous ramener à notre destination. La chance est quand même avec nous sur ce coup là.

On arrive donc à destination à Pont de Montvert en voiture !
M Lilie a réussi également à trouver un hôtel pour ce soir au lieu du dortoir commun prévu. Chambre au 3ème étage sans ascenseur, une dernière montée !
On échafaude les plans pour la suite. Sans voiture ici c’est très très compliqué. Pas de bus avant l’été, pas de location de voiture, encore moins si on ne veut pas la ramener où on l’a prise. Bref.
M Lilie veut que je continue seule et qu’il me retrouve le soir. Nonobstant le fait que je ne sais pas avec quel moyen de locomotion il pourrait me suivre, je ne suis pas comme toi Graine, pas envie de cheminer seule. J’ai besoin de partager.
Je décide d’annuler les étapes de demain et après demain qui descendent beaucoup pour aller directement (reste à savoir comment…) à Florac et se reposer 2 jours. Ensuite on avisera.
Donc demain matin, on part à la recherche d’un moyen de transport !

La voix de Graine

C’est une journée de fête des Mères aujourd’hui, une journée famille. Ce sera famille réduite car ma fille et sa petite sont au Parc Astérix. Après avoir été refoulées vendredi pour cause de parc déjà plein, elles sont parties ce matin à 8 h 30 pour être sûres de rentrer. Elles font l’ouverture. Et une chance, il n’y a pas trop de monde.

Mon mari est à la cuisine. Moi, je me contente d’éplucher les radis.

A 13 h, mon fils est là avec sa femme, son petit garçon et un beau bouquet de pivoines. Un dimanche tranquille. Les anglais ont quitté le quartier. Nous entendons à la télévision les déboires des supporters anglais au stade de France. Un gigantesque fiasco. Il faudra serrer les boulons de manière plus efficace pour l’organisation des jeux olympiques. La répétition n’est peut-être pas inutile.

Les parents ont une course à faire au magasin d’à côté, nous emmenons le petit au square ou plutôt, c’est lui qui nous emmène. « Moi, je vais au square avec Mamie ». Et pas question d’enlever les lunettes de soleil parce que Papa a dit qu’il fallait les garder, même si le soleil joue les intermittents. Moi, en fait, je joue les spectateurs, je reste sur le banc à regarder les enfants jouer. Et c’est bien sûr mon mari qui s’occupe du petit.

En fin d’après-midi, j’emballe mes tableaux. C’est mon mari qui va les emmener demain pour l’accrochage de l’exposition.

A 21 h 30, toujours pas de nouvelles de toi, Lilie, toujours pas de blog. Je sais bien que tu redoutais l’étape d’aujourd’hui, Lilie. Je m’inquiète, je questionne. Et j’ai enfin des nouvelles.

Eh oui, le genou de M. Lilie a dit non. Assez. Que faire d’autre que de l’écouter! De toute manière, vous n’aviez pas le choix. Demain sera un autre jour. Vous trouverez des solutions, comme vous en avez trouvé aujourd’hui. Et ces deux jours de repos vont vous faire du bien.

Samedi 28 mai – de Chasserades au Bleymard -18 km

Samedi 28 mai – de Chasserades au Bleymard -18 km

La voix de Lilie

Une fois n’est pas coutume, commençons par le menu d’hier soir. Je sais que tu l’attends avec impatience Graine ! Dans ce petit hôtel qui ne paye pas de mine, avec douche sur le palier, nous avons très très bien mangé. La serveuse nous a d’abord apporté une soupière entière d’une soupe légumes champignons délicieuse. J’en reprends 2 fois tellement elle est bonne. Puis 2 belles tranches de pâté de campagne, puis 2 entrecôtes chacun ! Avec du riz et des légumes en ratatouille. Un morceau de fromage et un dessert à base de baies rouges, boule de glace et meringue. Comment dire ? Quel repas du soir !
Et pourtant je me sens légère pour dormir. Comme quoi, marcher absorbe toute l’énergie.
Ce matin, après un bon petit déjeuner et un arrêt à l’épicerie du coin, nous voilà repartis. L’étape va bien monter et surtout bien descendre, ce sera un test pour celle de demain qui est la plus difficile.
Au premier virage dans le village, un âne bloque. Il ne veut pas franchir la grille pour les eaux de pluie par terre. Je n’ose pas leur dire qu’il y en 3 coup sur coup dans le village ! La journée commence à peine pour eux, ça va être compliqué !
Il fait beau mais il y a encore beaucoup de vent avec des rafales glaciales. Je suis bien couverte, polaire et coupe vent pourtant quelques fois c’est juste.
Le chemin commence par descendre vers le village voisin où se trouve un très beau viaduc qui l’enjambe et enjambe en même temps le Chassezac. Cette petite rivière me rappelle des souvenirs de vacances avec mes enfants, pas si loin d’ici en Ardèche où nous nous baignions dans le chassezac. Ici il est naissant, là bas il concurrence l’Ardè-che elle même, et s’y jette il me semble bien.
Puis le chemin monte sur la colline. Il y a beaucoup de monde aujourd’hui sur le chemin. Devant, derrière, nous ne sommes pas seuls. L’âne est derrière nous maintenant. Finalement il a rattrapé le temps perdu !
En voulant trouver un petit coin isolé, on imagine pourquoi, je bute sur une pierre au milieu du chemin et emportée par le sac, je chute lourdement. Je n’ose plus bouger. Un instant j’imagine si quelque-chose m’empêche de continuer. Plus de peur que de mal, je me relève, un verre de mes lunettes est rayé, quelques égratignures. C’est le métier qui rentre ! Si on sort du chemin, on regarde où on met les pieds ! C’est pénible en tout cas pour nous les filles de trouver un coin lorsqu’il y a du monde autour. Tu devais bien avoir ce problème Graine sur Compostelle.
Le chemin continue de monter jusqu’au sommet de la colline, la pente est de plus en plus prononcée. Tout en haut, une grande portion de route avant de repartir dans la forêt. La redescente est difficile pour M Lilie, je me demande ce que ça va faire demain… Bah demain est un autre jour.
Aujourd’hui il y a beaucoup de sous-bois, le vent s’y engouffre et nous glace les sangs. Dans les parties ensoleillées, on arrive à ressentir la douceur de l’air lorsque le vent se calme un peu.
Au détour d’un virage, on passe devant les ruines d’un ancien château, enseveli dans la verdure.
On s’arrête peu, car chaque fois on se refroidit. Même la pause repas est raccourcie.
Tout proche du chemin on peut aller voir les sources du Lot. Nous faisons le détour en début d’après-midi pour s’y poser un grand moment. Les sources du lot, ce sont des résurgences dans un vallon ensoleillé et relativement à l’abri du vent. On y reste un bon moment assis au soleil. Beaucoup de randonneurs font le détour, certains s’arrêtent, d’autres repartent. Un homme est installé avec son âne. Il le brosse, le bichonne. Puis remet son bât et repart.
Nous repartons aussi, le chemin longe le Lot, minuscule lit dans son vallon. Le paysage est magnifique. Nous sommes maintenant dans les Cévennes, je reconnais les chemins pierreux, secs de chez moi. A la sortie du vallon le paysage devient même aride.
Nous arrivons dans un village, le premier depuis ce matin. Un habitant nous indique une fontaine pour remplir nos gourdes. Un petit garçon vient y laver quelques gobelets. Nous buvons l’eau de la fontaine, remplissons les gourdes et c’est reparti. 2 virages plus loin, un panneau buvette, on donne ce qu’on veut. Au virage suivant, installé sur un vieux mur de pierre, des enfants dont celui de la fontaine, offrent Sirop de menthe ou grenadine. C’est trop mignon. Ils font ça tout l’été. Beaucoup de randonneurs sont installés dans l’herbe derrière eux. Ils vont faire un bon argent de poche ! On prend menthe et grenadine, dans les gobelets qui viennent d’être rincés ! On donne ce qu’on veut et nous voilà répartis, il ne reste que 2km pour arriver au Bleymard.
C’est la fête au village ici, sur 3 jours. Sur une place en contrebas de notre hotel, un ensemble de chapiteaux de bric et de broc. Les gens sont maquillés, déguisés et tous sortis dans la rue. C’est la première fois en 10 jours que l’on voit du monde ! L’habillement général est très « zadiste », dread locks sur la tête, pantalon et tee-shirt passés. On se demande qui est habillé le plus salement et le plus mal coiffé ! Voilà les cevenols. Nous sommes ici à la frontière entre Margeride et Cévennes. Dans le village, un spectacle de rue, un marché artisanal, des buvettes.
Tous les habitants sont massés au bord de la route principale. Soudain un char improbable tiré par des habitants maquillés et déguisés à qui sera pire que l’autre arrive. Un « roi de la ville » s’agite dans le char. Une fanfare dépareillée et jouant délibérément faux le précède, tous les habitants les suivent jusqu’à l’église.
On ne voit plus des choses comme ça chez nous. Le spectacle des Graines c’est différent !

La voix de Graine

Ce matin, je me lève à 6 h. Ma nuit a été hachée, comme d’habitude, et ma jambe douloureuse, mais je me suis couchée tôt hier soir et j’ai assez dormi. J’en ai surtout marre d’être couchée. J’ai besoin de bouger.

J’écris, je révise mon espagnol, je réponds aux courriers de mon association jacquaire, je prends ma douche…en attendant que mon mari émerge. Il a peiné à s’endormir cette nuit. Et je retourne me coucher pour petit-déjeuner au lit!

Pendant que mon mari va faire les courses, je vais, toute seule, à la pharmacie, faire une petite recharge de médicaments et acheter de l’arnica. D’habitude, quand je me fais mal, je prends de l’arnica, et là, je n’y avais même pas pensé jusqu’à aujourdhui! Je n’en attends pas de miracle, mais je n’ai aucune raison de ne pas essayer. Mon échappée à la pharmacie remplace généreusement mes deux tours de cour du matin, mais pas la séance d’exercices à laquelle je m’attèle dès mon retour dans la cour.

Ma fille m’appelle sur le téléphone. Un voisin s’offusque « vous ne pouvez pas téléphoner ailleurs que dans la cour ». Sympas nos voisins, ils sont cools. Ma fille part visiter une maison cet après-midi. Le papa de la petite est cloué au lit par des coliques néphrétiques. Mais qui pourrait bien garder la petite? A 13 h 30, ma fille nous amène la petite et une heure après, nous récupérons le papa. Il sera mieux à la maison. Nous n’avons pas été longs à reprendre du service.

Entre deux phases actives, je ne peux pas tout de même laisser mon mari tout faire, je me repose sur le canapé avec mes deux poches de glace. Aujourd’hui, j’en mets une autour du mollet et une autour du genou.

Deux virées au square, le ménage dans ma messagerie, la journée est chargée et passe vite. J’ai moins mal qu’hier et j’apprécie.

Cours de Vincennes, une fan zone pour les supporters de Liverpool du match Liverpool/ Réal de Madrid de ce soir a été installée. Les supporters sont là depuis hier. Des anglais partout. Et aussi de la bière. Si je n’étais pas si handicapée, je serais allée voir. Il paraît que le cours de Vincennes est jalonné de pissotières et de tireuses à bière. On ne peut pas traverser le cours de Vincennes. Mon infirmier est un peu vénère, ça lui fait perdre un temps fou car il a des patients des 2 côtés de la rue.

En revenant du square en fin d’après-midi, je jouis du spectacle – dans le stade d’en face, jeunes supporters de Liverpool et petits français jouent au foot. Derrière les grilles, beaucoup de badauds comme moi. Ce n’est pas si souvent qu’on voit jouer les joueurs de Liverpool.

Merci Lilie, pour les menus. Généralement, quand on a marché toute la journée, on a bon appétit. Et ne t’inquiète pas, tu ne prendras pas un gramme.

Vous n’allez pas faire un tour à la fête ce soir? Soyez prudents demain… Gérez bien les pauses. Je vous fais confiance. Vous êtes aguerris à présent. Il ne fait jamais bien chaud sur ces causses, c’est plus réputé pour le froid et le vent que pour le soleil. Je vous souhaite tout de même quelques rayons de soleil bien chauds.

Demain, c’est la fête des mères…

Vendredi 27 mai – de la Bastide Puylaurent à Chasserades -13km

Vendredi 27 mai – de la Bastide Puylaurent à Chasserades -13km

La voix de Lilie

Nous prenons notre petit déjeuner avec le couple d’hier soir, les jeunes sont partis tôt. L’étape est courte aujourd’hui pour eux comme pour nous, pas la peine de se presser, d’ailleurs nous serons au même hôtel ce soir à Chasserades.
Après être allés chercher notre repas de midi à l’épicerie, bar, qui fait tout, nous partons sur le chemin.
Mon sac est plus léger car aujourd’hui nous ferons essentiellement de la montée, peu de descentes et peu de km.
Il fait beau mais il y a beaucoup de vent, polaire et coupe vent suffisent à peine à me tenir au chaud.
Le chemin grimpe sur la colline en pente raisonnable. Un peu partout, des branches et des sapins arrachés jonchent le sol. On imagine aisément le vent qui a dû souffler ici. En haut une belle vue sur les monts Lozère s’offre à nous. La végétation et le terrain sont maintenant ceux que je connais en Ardèche et en Provence. Sec, caillouteux, entouré de pins et de genêts. Il faut dire que nous sommes au même niveau que Montelimar. Arrivés en haut, nous longeons le plateau. A nos côtés un parc d’éoliennes. L’endroit n’est pas choisi au hasard. Elles font un bruit ressemblant à un avion au loin et rythmé par le vent qui souffle dans leurs pâles. C’est impressionnant.
La redescente est moins longue et peu pentue. Nous arrivons au bord de l’Allier où nous nous arrêtons pour déjeuner et nous reposer au soleil un grand moment.
Il ne reste plus beaucoup de km avant notre arrivée. Le chemin reste proche de la route, il est entouré de genêts, c’est magnifique mais comme toujours ici, sans odeurs…
Nous arrivons vers 15h dans un petit hôtel.
Le même rituel d’arrivée, une douche, un brin de lessive et aller boire un coup au soleil. Il y a moins de vent ici, la température est plus douce.
Après ce petit rituel, nous partons visiter le hameau. Curieusement il y a beaucoup de voitures garées, mais personne dans les rues et aucune boutique si ce n’est une petite épicerie. Le hameau est minuscule, avec une église du 12ème siècle, un lavoir plus ou moins en état, un gite qui fait bar. Nous croisons un randonneur avec son âne qui nous raconte ses déboires du jour. L’âne s’est bloqué devant une croix en pierre et rien à faire pour le faire avancer. Il a même mis ses vêtements sur la croix pour la cacher. Impossible. Il a dû faire un détour de 4 h. Peu après l’âne est allé brouter sous une croix identique….

Nous sommes à mi parcours du chemin, toi tu as franchi une étape importante sur ton chemin en enlevant tes agrafes. La douleur petit à petit s’atténue pour que tu oublies tes anti douleurs, c’est bon signe. Tu es bien entourée et tu fais beaucoup de choses dans ta journée, c’est important pour le moral. Le temps joue pour toi. Chaque jour une étape, comme nous.

La voix de Graine

Je me régale à te lire, Lilie. Ça me fait du bien de vous suivre dans votre aventure. Et si les genêts ne sentent rien, alors, où on va. Moi, quand je vois la photo, je les sens, c’est le pouvoir de l’imagination.

L’âne, ce devait être un âne protestant, un camisard, sans doute. Le randonneur aurait dû lui chanter des psaumes!

Ces étapes courtes vous font du bien et vont vous permettre d’aller jusqu’au bout. Je vois qu’il ne fait pas chaud! Le matin sur Paris, il ne fait pas chaud non plus, mais pas aussi froid que sur les contreforts du Mont-Lozère. C’est réputé pour être une région. Vous êtes en altitude, et il y a du vent, un vent qui a l’air d’être glacial.

Ici, l’après midi, vers 15 h, ça se réchauffe. Une graine est venue me voir. Nous nous sommes posées au square et nous avons dégusté les cerises de son jardin. De retour à l’appartement, nous avons pris le goûter: cidre, cannelés, abricots. Les graines sont toutes à leur spectacle de danse à venir. C’est du non stop, les répétitions s’enchaînent. Leur spectacle est dimanche et je n’y serais pas, ni toi non plus, nous sommes à donf dans notre cheminement, chacun le sien.

Je passe beaucoup de temps sur le canapé avec mes poches de glace, deux, une pour le genou et le mollet qui sont douloureux, un pour la cuisse. Le temps passe lentement.

Jeudi 26 mai – de Laveyrune à la Bastide Puylaurent -14 km

Jeudi 26 mai – de Laveyrune à la Bastide Puylaurent -14 km

La voix de Lilie

Hier soir quel retour en enfance. En colonie et à la cantine plus précisément ! Le repas en tables de huit avec la dame qui sert avec son chariot. On retrouve le réflexe de débarrasser en bout de table. La chambre avec ses 2 petits lits et ses armoires en ferraille, les douches communes. La veilleuse de nuit pour nous permettre d’aller jusqu’aux toilettes la nuit. Nuit sans chauffage, enroulés dans le drap de sac, un duvet et une petite couverture en laine ! Et ce matin, le petit déjeuner dans les bols en verre, servez vous sur le chariot, on n’est pas à l’hôtel ici, je ne sers pas ! De beaux moments hors de notre temps.
Évidemment, on peut se douter qu’on n’a pas fait grasse mat ! Petit déjeuner à 7h30, partis à 8h15 !
Il fait frais encore ce matin mais moins qu’hier. Il y a toujours autant de vent. Mon sac pèse lourd pour alléger le genou de M Lilie. Je suis le maitre du temps maintenant. Plus question de marcher 3 ou 4h le matin sans presque s’arrêter. Si on veut aller loin il va falloir ménager nos montures ! Toutes les heures, je sonne la pause. A peine 10mn, M Lilie voudrait repartir. Je pousse pour quelques minutes de plus. Le chemin grimpe, grimpe dans la forêt. L’endroit est très joli si on ne lève pas la tête; nous cheminons sous une ligne à haute tension…. Dans des contrées où Stevenson indiquait ne rien voir de la main de l’homme !
Depuis que l’on est parti, je ne comprends pas pourquoi Stevenson a fait un tel détour pour aller à l’abbaye Notre Dame des neiges. Il est parti en haut à gauche, quand elle se trouve en bas à droite. La solution arrive après 2h de marche. L’abbaye a changé de place après qu’un incendie l’a détruite en 1909 ! Nous passons devant les ruines et une statue qui marque l’ancien emplacement et nous redescendons vers la nouvelle abbaye. Son emplacement actuel n’est autre que l’emplacement originel, mais la construction moderne manque de charme vue de l’extérieur. Seule une des façades en pierre est jolie. Celle que l’on voit sur les dépliants !
Nous faisons notre pause repas, puis nous trouvons un petit coin au soleil pour nous reposer un moment. Il peut faire très chaud lorsque le vent s’arrête et très frais quand il souffle. On s’habille, se déshabille en fonction.
Nous repartons sur une petite route qui se transforme ensuite en chemin. Il règne un silence exceptionnel dans cette vallée. On n’entend que le bruit du vent dans nos oreilles, du vent dans les arbres. Et le bruit de nos pas lorsque la route redevient chemin. Très loin quelques oiseaux, ils ne doivent pas aimer l’ombre de la forêt de sapins que nous longeons. Le vent fait onduler les blés et je m’arrête pour les admirer, on les dirait vivants, ils le sont d’ailleurs !
Nous arrivons vers 15h30 à la Bastide Puylaurent. Ce village est coupé en deux administrativement. D’un côté du pont sur l’Allier c’est l’Ardèche et la région Rhône Alpes, de l’autre la Lozère en Occitanie.

Je suis contente d’avoir choisi 2 étapes courtes car elles arrivent à point nommé pour soulager le genou de M Lilie. Cette étape a monté raide, mais la redescente s’est faite en pente douce ce qui est parfait pour lui. Chaque jour est un jour de gagné….
Nous dormons dans un gîte ce soir avec un couple qui vient de Marseille et fait tout le chemin en 13 jours et deux jeunes hommes dont un parisien jamais sorti plus loin que la petite couronne. Un sketch ! Son copain, qui aime marcher, lui a concocté une randonnée de quelques jours sur le chemin. L’autre a dans son sac des canettes de coca, des boites de céréales et des bonbons… Imagine Graine, il est incapable de sortir de son monde. Marcher, il ne connaît pas, alors 24km par jour…il est très volubile et partage cette expérience traumatisante avec beaucoup d’humour sur lui même. Ils animent toute la soirée et le repas, voilà pourquoi ce soir mon article arrive si tard.

Pour la suite des recettes: en colonie, soupe petits légumes coupés genre minestrone, sauté de dinde à la basquaise, fromage, salade, abricots.

Ce soir: salade, côte de porc et risotto aux lardons champignons, pana cotta à la fraise.

Tu auras toutes les idées pour tes menus de la, semaine ! On n’a jamais mangé la même chose depuis qu’on est parti. Pas mal, non ?

Je suis contente de voir que tu te remets à la peinture Graine, la couleur c’est ce qu’il te faut.

La voix de Graine

Je vois que vous progressez bien! Vous voilà arrivés en Occitanie. Ce n’est pas trop lourd, avec les kilos en plus de M Lilie, comment vont tes épaules? Nous n’êtes pas restés dormir à notre Dame des Neiges comme Stevenson? Y-a-t’il toujours des religieux dans cette abbaye?
Votre nuit à la colonie va vous laisser des souvenirs. C’est vrai que ça doit faire drôle de se sentir revenir plus de 50 ans en arrière. Par contre, côté confort, c’est pareil qu’avant, mais quand on a 10 ans …
Tes photos de genêts sont magnifique, Lilie. A les regarder, j’ai l’impression de les sentir. Le menu de la cantine, ben, il me rappelle la pension.

Aujourd’hui, c’est l’ascension, fête religieuse, jour non travaillé! Mon mari est à la maison. Il bricole les branchements de notre nouvelle box tandis que je m’occupe de mes tableaux: système d’accrochage, raccord de peinture sur les bords de la toile. Nous sommes tranquilles. Nous n’avons personne pour manger ce midi. Le repas est vite prêt.
Comme tous les jours, vers 11 h 30, c’est le passage de l’infirmière. Elle me retire les agrafes, une quinzaine. Il y a plus agréable, mais c’est fait. Demain je pourrais enlever le pansement et prendre la douche à ma convenance. Finies les papillotes de cuisse.
L’aide ménagère arrive vers 14 h 30. Eh oui, un jour férié, je n’ai pas eu vraiment le choix. Pendant qu’elle travaille, nous regardons un film, ce qui me permet de reposer mes jambes qui ont pas mal travaillé ce matin.
Une heure plus tard, c’est fille et petite fille qui viennent pour passer un moment avec nous. Après le goûter, nous partons au square. Je fais mon tour avec ma fille et je rentre tandis mon mari me relaie.
Cet après-midi, j’ai oublié de prendre mon anti-douleur. Il ne m’a pas manqué. C’est plutôt bon signe.
L’après-midi se tire, les filles restent pour manger. Les bonnes habitudes reviennent vite! Quand le soir arrive, je fatigue vite. Heureusement, les filles doivent rentrer tôt. Elles partent au parc Astérix demain matin.

Mercredi 25 mai – De Chaudeyrac à Laveyrune – 14 km

Mercredi 25 mai – De Chaudeyrac à Laveyrune – 14 km

La voix de Lilie

Il fait très froid ce matin. 6 degrés au thermomètre, 3 ressentis sur météo France. Je passe un pantalon et toutes les couches de vêtements que j’ai avec moi. Je suis très contente parce j’ai utilisé absolument tout ce que j’ai emporté dans le sac à l’exception de ce que je veux éviter d’utiliser: pansements, médicaments !
Nous prenons les pique niques à l’hôtel car il n’y aura rien sur notre route.
Notre hôtel étant plus de 2km hors du GR, l’hôtelier fait la navette pour ses clients et nous dépose à l’entrée du Cheylard l’évêque.
Aujourd’hui nous avons une étape assez longue, pas besoin d’en rajouter.
De là nous partons sur une partie de route, puis un large chemin qui monte dans les sous bois. Le paysage est totalement différent maintenant. Plus de prairies ni de fleurs, plus de vaches ou presque, des forêts de sapins. On croise quelques marcheurs. Le chemin de Stevenson est la plupart du temps très large, ça me change des petits chemins de randonnée que nous faisons habituellement. Ici, c’est un chemin, pas un sentier. Il serpente en sous-bois, monte, descend. Le fait de marcher nous a réchauffé mais il fait encore bien frais avec par moments des rafales de vent. Le ciel est couvert et lorsque un rayon de soleil arrive à percer, il semble que le thermomètre monte de 10 degrés.
Après 2h de marche, nous arrivons au bord d’un petit lac entouré de sapins. On se croirait au Canada. Nous y faisons une grande pause, bienvenue après les efforts de ce matin. L’endroit est magnifique, quelques bancs accueillent les marcheurs.
Il reste 3km500 avant notre pause de midi. Le chemin est devenu sentier comme je les aime. Il descend raide vers le village de Luc. Hélas, le genou de M Lilie commence à montrer des signes de faiblesse. Son moral descend en flèche et je m’inquiète de ce qu’il pourrait advenir. On déleste son sac à dos au maximum ce qui par vase communiquant remplit le mien d’autant. Je préfère porter que de prendre des risques. Nous reprenons doucement la descente. Nous apercevons au bord du chemin quelques unes des bornes dont parle Stevenson et qui servaient de repères en temps de neige. Arrivés au village nous cherchons un endroit sur les bords de l’Allier pour déjeuner et nous reposer un long moment. Il y a encore beaucoup de vent, nous traversons une prairie en fleurs et nous installons à l’abri d’un arbre près de la rivière.
Après 2h de repos nous voilà repartis. L’ancien chemin a été abandonné au profit du chemin d’origine. Stevenson parle ce chemin au bord de l’Allier avec son chemin de fer parallèle à la rivière. Du coup au lieu de faire 7km dans les collines nous marchons 3km en bord de route…. Bah, au moins ça repose les genoux ! Finalement au lieu d’une longue étape de plus de 20km, il n’en est resté que 14. Tant mieux, c’est qu’il fallait aujourd’hui.
Du coup, nous arrivons tôt à la colonie de l’espoir à l’Aveyrune. La « monitrice » nous accueille en donnant les règles : chaussures dehors puis une fois bien aérées dans les casiers, visite des sanitaires. Elle a eu pitié de nous et nous a alloué une chambre à 2 lits. Trop gentille.
La colonie. Vestige des années 70, dans son état d’origine. Un long couloir qui dessert les dortoirs, sanitaires, cuisine, réfectoire et salle de spectacle tout dans la longueur. Les sanitaires me rappellent les campings de ma jeunesse. Si cette colonie accueille encore des enfants aujourd’hui, je me demande ce qu’ils peuvent bien faire ici tout un été…
C’est un endroit que je n’aurais jamais imaginer réserver, c’est extraordinaire de se trouver là. Un changement d’époque, de style.
L’Allier sépare ici les départements de la Lozère et de l’Ardèche. Ce soir nous dormons côté Ardèche.

Ah, j’oubliais : le menu d’hier soir c’était une assiette composée en entrée : jambon de pays, taboulé, salade, melon. Une côte de porc en sauce avec un aligot et pour finir un clafoutis aux pommes.

Je lis ton chemin en décalé Graine, ton infirmière qui te fait lever trop tôt pour arriver une heure plus tard que prévu, tes difficultés à dormir. Le mois de Mai s’écoule et tu vas aller vers le mieux. Repose ta jambe au maximum quand tu ne fais pas de tour de cour. Si tu as moins mal la nuit, le sommeil reviendra et sinon tu vivras la nuit ! Papillon de nuit.

La voix de Graine

Aiïe aïe, aïe, le genou de M Lilie qui se réveille, il vaut mieux être prudent, vous avez raison. Une étape courte, ça fait du bien, parfois. Et puisque vous dormez à la colonie ce soir…Côté confort, ce doit être rustique. Et il ne fait pas chaud à ce que j’entends!

Les bornes de granit, cela s’appelle des montjoies. Ce sont les moines qui les auraient posé, effectivement, pour éviter que les marcheurs ne se perdent dans la neige.

c’est demain que vous montez à Notre Dame des Neiges? Il y aura également du dénivelé. Mais heureusement, l’étape que vous avez prévue est courte

Moi, j’ai plutôt passé une bonne journée aujourd’hui. Sans parler de nuit complète, la nuit dernière a été bien meilleure. Et pas d’infirmière à attendre à 6h! Non hier, l’infirmière n’est pas passée en retard, c’est sa plage de passage qui est de 6 à 9 h! Au contraire, elle passe plutôt assez vite, ce qui me convient bien.

Aujourd’hui, mon mari est parti travailler au bureau. L’aide-ménagère est venue faire le ménage pendant que je peignais le cadre de mon tableau en vue de l’accrochage de l’exposition, Cela va arriver vite, c’est lundi.

A midi, ma petite fille et son Papa sont venus déjeuner. J’ai préparé un riz pilaf avec du poisson. Et en entrée, je leur ai proposé ma quiche aux poireaux d’hier soir. Ma petite-fille adore. Mon gendre a fait tout le reste du travail ,je me suis fait servir! J’en avait assez fait.

Je devais voir une Graine cet après-midi, mais au vu de nos contraintes réciproques, nous avons reporté!

Cet après-midi, après la pause, j’ai terminé le film commencé hier – 120 battements par mn – grand prix festival de Cannes en 2017, un film des activistes d’act-up regroupant des malades du sida dans les années 1990, très intéressant. Après une sortie aller/retour au square d’à côté, je me suis remise à ma peinture. Eh oui, tout me prend du temps. Ça m’a fait du bien de changer d’activité et de retrouver mes pinceaux. Je n’ai pas encore tout à fait fini, quelques erreurs grossières de perspective!

Dans ma rue

Mardi 24 mai – De Langogne à Chaudeyrac – 15 km

Mardi 24 mai – De Langogne à Chaudeyrac – 15 km

La voix de Lilie

D’avoir découpé une étape nous a finalement rapprochés de Stevenson. Il était arrivé à Langogne le lundi 23 septembre et nous le lundi 23 mai. Nous faisons, aujourd’hui mardi 24 mai, l’étape qu’il a faite le mardi 24 septembre. Pour autant elle sera très différente. Il s’est perdu car sa boussole ne fonctionnait pas à cause du magnétisme de l’endroit, nous suivons les indications du GR. Il a traversé des landes rases, nous traversons une forêt de sapins plantée peu après son passage.
Nous quittons Langogne et son pont de Peyre après avoir fait quelques courses pour midi. L’hôtelier nous a prévenu: il n’ y aura rien jusqu’à la fin de l’étape.
Le chemin passe au pied de l’hôtel et tourne dans la vieille ville pour nous permettre de la visiter. Il fait beau ce matin, un peu plus frais que ces jours derniers, pour marcher ce n’est pas plus mal. Nous quittons la ville sur une petite route qui monte pendant presque une heure. S’en suit un chemin de sable blanc qui serpente en montant. Nous traversons un hameau sans âme qui vive et reprenons une partie de route jusqu’au hameau suivant. Un nostalgique de l’époque des trains a recréé une gare tout de bric et de broc. Plus loin un théâtre certainement géré par des artistes annonce une représentation pour le 8 mars… Là encore, aucune âme qui vive. De là un chemin s’élève jusqu’au hameau de l’Herm. Nous faisons notre pause repas sur une table de pique nique installée à côté d’un arrêt de bus. Nous sommes mardi, le bus passe 1 fois le jeudi à 8h54 et une fois le samedi même heure !
La vue est splendide avec les montagnes au fond et les forêts de sapins qui donnent un vert profond aux collines.
Pendant notre repas nous voyons quelques habitants qui semblent rentrer chez eux, certainement du travail.
Après ce village, le chemin s’élève et le paysage change du tout au tout. Des gros rochers épars jonchent le sol, un peu comme à Fontainebleau. Ils sont éparpillés dans une forêt de sapins que nous traversons. L’un d’eux ressemble même à une Marianne avec son bonnet et sa cocarde ! Il n’y a plus de champs cultivés, mais quelques petites prairies ça et là où les vaches se reposent en ruminant.
Le temps s’est rafraichi d’un coup et nous accelérons le pas pour éviter d’avoir à sortir des vêtements de notre sac si près de l’arrivée !
Ce soir nous dormons en dehors du chemin, à 2km, car tous les hébergements étaient complets. Nous avons croisé pas mal de randonneurs aujourd’hui et certains se retrouvent comme nous dans cet hôtel.
Il y a eu pas mal de passages sur route aujourd’hui et essentiellement des montées, nous avons dit au revoir à nos deux jeunes hommes car c’était leur dernier jour de liberté.
Je pense que ce chemin de Stevenson m’a attiré à lui car il me correspond bien. Le savait-il ? L’ai-je senti ? Sans parler de la beauté des paysages, dormir comme j’en ai besoin, partir tard, traîner en chemin, pas trop de fréquentation, et rejoindre un hébergement où se reposer tranquillement sans personne dedans. Certainement pour la même raison Graine, tu as choisi Compostelle qui convient parfaitement à ton rythme et à tes besoins.

A te lire Graine, je vois que tu fais toujours beaucoup de choses pour t’occuper et que tu as de beaux projets. Pour répondre à ton invitation, bien sûr je viendrai. Fais bien attention à ta jambe quand même, elle doit bien se consolider pour que tu repartes vite à l’assaut des chemins. Je me souviens que le médecin t’avait dit un mois de souffrance et certainement avait il raison… Passe au CBD le soir ! Antidouleur et détente assurée !

Et parce que tu es toujours aussi gourmande le menu d’hier : assiette de charcuterie, salade aux lardons, truffade (pommes de terre sautées au fromage) très parfumée aux herbes de Provence, ile flottante. On s’est couché bien repus !

La voix de Graine

Je prends plaisir à te lire, Lilie. Je chemine avec toi, peste contre les routes goudronnées, admire les paysages, apprécie la solitude…Ce chemin là aussi m’aurait bien été, mais cette année, il n’était pas pour moi. Miam, la truffade, j’adore ça! J’en ai l’eau à la bouche. Tes photos sont magnifiques. Tu mets du soleil dans ma journée un peu terne de convalescente.

Oui, j’ai de beaux projets, mais je bute sur les nuits. La nuit dernière, je n’ai pas eu mal. Je n’en ai pas dormi plus pour autant, même moins. Ce matin, l’infirmière passait pour la prise de sang. Je devais être réveillée et prête à l’accueillir pour 6 h.

Elle est passée à 7 h. Après son passage et après une bonne douche – quel plaisir, la douche, je l’apprécie comme je ne l’ai jamais appréciée – je me suis re-couchée et j’ai enfin dormi. Grasse matinée jusqu’à 9 h 15.

Entre cette nuit agitée et ce réveil tardif, je n’ai pas été très vaillante aujourd’hui. En fin d’après-midi, avec mon mari, nous sommes allés faire quelques courses et j’ai préparé une tarte aux légumes poireaux/ feta.

Cet après-midi, j’ai oscillé de la chaise au canapé, regardé un bout de film, passé des coups de téléphone, appliqué des poches de glace, joué au solitaire, fait quelques exercices…J’ai zappé la sieste pour mieux dormir cette nuit. Pas sûr que ça marche pour autant.

Il fait frais sur Paris. Je m’astreins cependant à faire mes tours de cours 3 à 4 fois par jour, mais pas plus. S’il continue à faire froid, je vais devoir troquer mes shorts – moi aussi, je suis en short, na – contre des pantalons, reste à savoir comment je vais réussir à les enfiler et si je vais réussir à rentrer dedans.

Lundi 23 mai – De Landos à Langogne – 20km.

Lundi 23 mai – De Landos à Langogne – 20km.

La voix de Lilie

Lundi 23 mai. J’ai mieux dormi cette nuit, forcément une nuit sans, une nuit avec. Me voilà plus reposée. Ce matin, la propriétaire nous a apporté une excellente brioche et du bon pain frais pour le petit déjeuner. Avant de quitter le village, nous achetons de quoi pique niquer ce midi puis nous retrouvons le départ de notre étape.
Aujourd’hui le chemin est agréable, il tourne, il vire, il monte, il descend. Il change de forme: herbe, sable rouge, cailloux, sable blanc, toujours très large et bien entretenu. Il dévoile des paysages fantastiques au fil de notre avancée. Le soleil est revenu, nous cheminons entre les prairies, faisons le spectacle pour les vaches curieuses qui nous regardent passer. Ce matin c’est beaucoup de prairies fleuries et de vaches. C’est vraiment beau. Nous sommes seuls sur le chemin. Stevenson avait fait 2 étapes quand nous en avons fait 3. Du coup, la plupart des marcheurs partent du Bouchet et sont loin derrière nous. Je ne regrette pas ce choix parce qu’arrivée à Ussel j’aurais été incapable d’aller jusqu’au Bouchet à encore 3h de marche. La propriétaire du gite d’hier m’a même dit que beaucoup de marcheurs finissent l’étape en taxi, c’est quand même dommage. Et puis après toute cette fatigue, notre étape d’aujourd’hui aurait été encore de 26km et pour moi c’est beaucoup trop.
Donc nous voilà repartis. Nous passons devant un libre service boisson: un auvent avec dessous 2 tables, une glacière et un petit coffre pour y glisser le prix de ce que l’on prend. On peut écrire un petit mot aussi. C’est extraordinaire de voir ça ! Au bout de 2h de marche environ sur ce joli petit chemin nous attaquons ce que Stevenson a appelé « la longue montée vers Pradelles ». Plus de 7km de montée plus ou moins forte. Pour autant, c’est bien plus agréable qu’hier. Au loin on aperçoit tout au fond le lac de Naussac et Langogne notre destination de ce soir.
Les nuages arrivent peu à peu et deviennent de plus en plus menaçants. Un homme qui répare la clôture de son champ pense qu’il ne pleuvra pas, 6 mois qu’ils attendent la pluie ici. 10 mn plus tard, le nuage vexé, lui donne tort. Nous sortons les capes de pluie pour éviter de mouiller nos sacs à dos. On ressemble à deux grosses tortues ! Même les vaches semblent amusées de nous voir ainsi accoutrés.
Après un petit quart d’heure, la pluie s’atténue puis s’arrête. Il fait beaucoup plus frais maintenant et nous passons une veste.
2km avant Pradelles, nous nous arrêtons pour déjeuner sur l’herbe sèche à l’abri d’un arbre. Puis nous descendons vers Pradelles faire une grande pause café.
Le café est bondé de marcheurs, motards, touristes. Les marcheurs partis ce matin du Bouchet commencent à arriver. Nous retrouvons aussi les deux jeunes hommes d’hier en train de copieusement déjeuner et boire ! Ensuite ils repartiront avec la même énergie. Si je mangeais et buvais la moitié de ce qu’ils ont avalé je ne pourrais plus avancer ! Cette jeunesse !
Après notre pause et une petite visite de ce charmant village, nous descendons vers Langogne à 5km de là. Le chemin est en sable blanc, fini le sable rouge, et il descend tranquille tout le long. Nous sortons maintenant du Velay pour entrer en Lozère dans le Gevaudan.
Langogne est une petite ville très passante au bord de l’allier. Comme Stevenson, hier nous avons traversé la Loire, aujourd’hui l’Allier.
Ce soir nous dormons dans un petit hôtel très dans son jus et très proche de la nationale ! Plus de gîtes à Langogne, nous avons rejoint une étape officielle et réservé bien trop tard…

Les hôtes des gîtes nous ont expliqué que Stevenson n’est pas Compostelle. Le chemin n’est pas aussi fréquenté loin sans faut, il n’y a pas encore beaucoup de gites. La règle de Compostelle se lever tôt, arriver tôt et chercher son gîte en chemin ne s’applique pas pour le chemin de Stevenson. Bon, nous le saurons pour la prochaine fois….

J’espère Graine que comme moi, tu marches de mieux en mieux. Ne force pas, laisse la nature faire le travail, la consolidation des os, c’est un mois.

La voix de Graine

C’est super, Lilie, ton ton a changé, tu es vraiment dedans à présent. Tu t’échappes, tu m’échappes et c’est tant mieux.

J’ai fini le livre de Stevenson sur son chemin avec Modestine. En fait, si j’étais partie avec vous comme prévu, je serais partie marcher sans l’avoir lu! Une partie de moi savait sans doute que je ne serais pas du voyage, une partie inconsciente, bien sûr!

En à peine 4 jours, vous êtes devenus des randonneurs au long cours, je vous tire mon chapeau! Moi, généralement, il me faut quasiment une semaine pour être bien dedans. Vous n’avez pas d’ampoules?

Pour ma part, la nuit dernière ressemblait aux précédentes. Quelques plages de sommeil assez courtes et entre les 2, je déambule dans l’appartement, j’applique des poches de glace, je cherche une position plus confortable que je ne trouve pas. Je n’arrive toujours à dormir sur le côté. Je n’en peux plus d’être obligée de dormir sur le dos.

Ma grande sortie du jour, c’est la sortie « kiné ». C’est à 100 m de la maison, mais il faut sortir de la cour, prendre le trottoir.

Sur les conseils de l’infirmier, je vais changer de stratégie pour les médicaments. Je vais les prendre au moment où je me couche, en espérant qu’ainsi ils m’aideront mieux à gérer mes nuits. Du coup, je modifie aussi les heures de prise des anti-douleurs dans la journée, tout en veillant à baisser la dose journalière.

Voilà à quoi j’occupe mes journées!

Cet après midi, après une pause « poche de glace », j’ai travaillé sur l’ordinateur du salon, plus grand, plus confortable. Jusqu’à présent, j’avais du mal, je n’arrivais pas à poser ma jambe pour être bien.

A la fin du mois, nous avons le salon de notre cercle d’artistes. Le vernissage a lieu le 9 juin. Tu es invitée, Lilie, avec toutes les graines bien sûr. Donc, voilà, c’est fait, j’ai envoyé les invitations. Il me reste du travail à faire sur les tableaux que je vais exposer. J’ai mis ce soir mon mari à contribution pour fixer mon collage dans son cadre. Et ce n’est pas fini, il devra aussi m’aider pour mettre en place le système d’accrochage. Moi, j’ai encore à peindre le cadre. Je me suis engagée aussi à recenser l’ensemble des invités pour le vernissage. C’est plus facile pour moi que de faire un gâteau.

Je travaille beaucoup pour le site de mon association jacquaire. Les 11 et 12 juin, l’association fête ses 70 ans, avec deux ans de retard, pour cause de Covid. Pour mettre le site à jour, entre la difficulté à me concentrer, la difficulté à me mettre dans une position confortable pour travailler et mes compétences limitées, j’ai vraiment galéré. Pour donner un résultat un peu convenable, j’ai fait appel au développeur. Il est en déplacement au Canada, facile pour communiquer. Heureusement, il a accepté de m’aider.

Passe une bonne nuit Lilie. C’est ce que je me souhaite aussi. Et toutes mes félicitations à M Lilie.

Et le menu du soir, Lilie, cela fait deux jours que je ne l’ai plus…Est-ce que buvez une bière à l’arrivée de l’étape?

Notre menu de ce soir: des fonds d’artichaud à l’ail pour aider mon foie et parce que c’est bon et du gazpacho.

Dimanche 22 mai- De Masclaux à Landos – 18km

Dimanche 22 mai- De Masclaux à Landos – 18km

La voix de Lilie

Je n’ai presque pas dormi cette nuit. Impossible de m’endormir, de prendre mon sommeil comme dit ma mère. 2h, et toujours à tourner dans le lit. Comment est-ce possible ? J’ai marché toute la journée, je suis fatiguée et impossible de dormir. Comment je vais tenir demain ? Je me lève, m’installe dans la salle à manger pour lire. Le sommeil s’installe finalement vers 3h. À 5h30, je me reveille par la fraîcheur du matin. Je réintègre la chambre et me rendort vers 6h. A 8h, je me réveille, il est l’heure de se lever. M Lilie dort depuis 23h hier soir et dort toujours. Quelle chance.
Nous prenons le petit-déjeuner en compagnie d’un Américain, amoureux de la France qui vit dans le Périgord et qui adore visiter la France. Il n’aime pas les États-Unis, il dit que les gens sont incultes, qu’il n’y a pas d’histoire, qu’on ne peut pas parler comme nous le faisons en ce moment, d’un écrivain qui voyage, de lieux à visiter. Tout ce qui ne rapporte rien ne les intéresse pas.
Après ce moment d’échange, nous repartons sur le chemin. M Lilie a oublié son téléphone, moi mes bâtons. Heureusement nous n’avons fait que quelques dizaines de mètres ! L’etape d’aujourd’hui est quasiment à plat. Il fait très beau, déjà très chaud, avec peu d’ombre. Un petit chemin nous emmène jusqu’au 1er village où nous croisons un troupeau de vaches, sur la route. De là, nous arrivons sur un plateau, que nous traversons sur un large chemin de sable et de gravillons rouges. Il serpente au loin devant nous, nous nargant d’avancer si lentement ! Il monte légèrement nous empêchant de voir le paysage devant. La vue est derrière nous, au loin les prairies, les collines, aussi il faut s’arrêter pour la contempler. Nous sommes entre deux rangées de collines, au milieu de champs de blé, lentilles et autres, indéterminés ! Des fleurs au bord du chemin, les oiseaux qui chantent. Aujourd’hui nous allons cheminer souvent sur ce terrain gravilloneux, traversant plusieurs plateaux. L’étape est assez monotone. J’avance quelquefois difficilement car la lassitude est un mauvais moteur !
Au 2ème village, nous nous trompons de chemin. Plusieurs GR se croisent, il y a des bandes rouges et blanches dans tout le village ! Je m’aperçois très vite que la direction est mauvaise, nous rebroussons chemin sur quelques centaines de mètres. Quelques passages sont magnifiques, en particulier un endroit où plus aucun bruit de civilisation n’arrive. Pas un moteur de voiture ou de tracteur, pas un avion, juste le silence et quelques oiseaux et grillons. Enfin après un deuxième plateau, nous arrivons au Bouchet saint Nicolas où nous allons faire une grande pause.
Une petite épicerie tenue par une charmante dame nous permet d’acheter de quoi pique niquer. Devant nous, les deux jeunes hommes croisés ce matin achètent leurs provisions pour la journée. Ils campent. Salades, Charcuterie, fruits, pain, gâteaux, et surtout une bonne bouteille de vin ! Le poids a peu d’importance pour eux !
Pourtant ce matin dans le village scélérat, ils ont eu moins de chance que nous et fait un écart de plus d’une heure trente, ce qui veut dire beaucoup vu l’allure à laquelle ils marchent.
Nous pique niquons à côté d’une famille partie avec leur petite fille de 2 ans et un âne. Ils veulent faire 15km par jour sur une semaine. Ils commencent à comprendre au bout de 2 jours que les vacances ne vont pas être de tout repos entre la petite qui n’arrive pas à faire la sieste et l’ânesse qui refuse d’avancer !
Il est plus de 14h30 quand nous repartons. Il reste 6km500, tout plat, tout droit sur le chemin caillouteux. Je commence à fatiguer et avoir mal dans les hanches, aux îgenoux. C’est surtout ce morne chemin que me lasse. Je préférais hier quand on montait et descendait sur des chemins tout petits et ombragés. 3km avant d’arriver un gros nuage noir s’avance, menaçant. Le vent qui vient de face devrait le chasser mais il semble nous suivre. Le tonnerre gronde. Nous accélérons le pas pour arriver au gîte avant la pluie. Le dernier km est très joli, sur un petit chemin en herbe, entre les murets des champs et les haies de genêts. On entend les grillons partout dans les prairies. Finalement, il ne pleut pas.

Ce soir nous dormons dans une maison individuelle. La propriétaire habite la maison d’à côté. Elle nous a préparé un goûter et viendra faire rechauffer le repas du soir. Dans la maison un jeune couple croisé ce midi occupe la chambre du bas et nous celle du haut. Ils font le chemin en 11 jours avec des étapes de plus de 30km chaque jour et 15kg sur le dos… C’est beau d’être jeune, un beau souvenir.

C’est le dernier gîte que tu as réservé Graine, chaque soir nous étions un peu chez toi.

La voix de Graine

C’est dimanche aujourd’hui. En fin d’après-midi, je guette les nouvelles. Je ressens ta fatigue, Lilie.

Je dors très mal moi aussi, mais pour d’autres raisons…Tu pourrais acheter en pharmacie de l’euphytose nuit. C’est vendu sans ordonnance et a priori sans danger. La mélatonine facilite l’endormissement. C’est assez efficace.

Je pense que c’est le stress qui te maintient en éveil. Détend toi, tout va bien. Vous vous débrouillez très bien. Profite juste des paysages et de la marche.

C’est vrai que lorsque le paysage est monotone, la route est plus longue et plus difficile!

Aujourd’hui, j’ai parcouru 460 m, c’est mon podomètre qui me l’a dit. Une grande virée pour aller chercher de l’argent à la banque, accompagnée de mon mari bien sûr.

La dernière nuit a pour moi été une des pires. J’avais mal. Hier soir, nous avons fait un apéritif dînatoire avec ma copine d’écriture. Je me suis laissée allée à boire un peu de vin blanc. Bien mal m’en a pris. J’avais mal, très mal. C’était l’enfer.

Comme toi, j’ai dormi 2 h sur le matin, des poches de glace posées sur le genou et sur la cuisse.

Heureusement, j’avais droit à la douche ce matin. J’ai apprécié, et après, tout allait mieux. J’ai la chance d’avoir mon petit déjeuner au lit tous les matins.

Ce midi, mon mari nous a préparé un risotto aux champignons. Ma fille est venu manger avec sa petite. Le papa de la petite est passé aussi. Quel paradoxe, nous avons une vie sociale à la maison bien plus riche que ces derniers mois. A méditer, non?

J’ai même réussi à diminuer un peu aujourd’hui les anti-douleurs.

Courage, Lilie, ça va aller de mieux en mieux, mais il faut que tu dormes la nuit!

Samedi 21 mai – De Monastier sur Gazeille à Masclaux – 14 km

Samedi 21 mai – De Monastier sur Gazeille à Masclaux – 14 km

La voix de Lilie

L’appartement était un vrai frigo, heureusement avec le chauffage nous avons bien dormi et le linge a seché. Ce matin, mission minimum de poids. On prend un bon petit déjeuner et très peu de nourriture dans le sac pour midi. Puis direction la poste pour se délester de 4,5 kg. Cela fait, en route. Il est 10h40, heureusement l’étape est courte. Autre avantage, il n’y a plus personne sur le chemin. Le départ du chemin se trouve sous la terrasse de l’église, à l’endroit où la vue est la plus belle. Le temps est magnifique, les oiseaux chantent, la vallée se devoile devant nous. Le chemin commence par une descente, pour se remettre en marche, c’est plus facile qu’hier. Puis très vite, on remonte, on descend, on remonte. Cette region du Velay est faite de collines qui s’enchaînent les unes les autres. On croise 2 Allemandes qui voyagene avec un ane qui s’appelle papillotte. On baraguine un peu en Anglais. Papillote n’a pas fait le chemin depuis 2 ans, c’est sa première sortie, il lui faut se réhabituer et donc il faut de la patience à ses maitresses. On se recroise plusieurs fois au fil de nos arrêts. Elles font des étapes très courtes sur une semaine.Nous profitons vraiment du chemin maintenant que nous sommes plus légers !
Nous continuons notre chemin le long d’un grand plateau. Le soleil cogne fort, il est plus de midi, et il n’y a ni ombre, ni vent. Nous attendons le prochain village pour prendre un café et remplir nos gourdes. Hélas, rien d’ouvert si ce n’est les toilettes publiques ! C’est le principal finalement et nos gourdes sont reremplies d’eau fraiche. Encore un peu de plateau et nous attaquons la descente vertigineuse vers Goudet. Le chemin est si pentu que les ânes n’y passent pas. Je me demande en moi même ce qu’avait fait Stevenson avec Modestine… Sommes nous sur son chemin, auquel cas nous prenons plus soin de nos ânes ou est-ce que cette partie du chemin n’est pas la sienne ? Pour la première fois on sent les genêts, hier ils ne sentaient rien, à se demander si je n’avais pas le covid ! C’était frustrant de voir tout se jaune, sans odeur. Aujourd’hui ils embaument. Question de variété, de temps.. Après cette longue descente, très pentue, tres caillouteuse et même très glissante, nous arrivons à Goudet. Nous nous arrêtons déjeuner sur le bord du chemin à l’ombre. Puis miracle, nous trouvons un gite ouvert qui nous permet de faire une longue pause désaltérante. Nos 2 allemandes dormiront là. Elles arrivent et les hôtes s’occupent de delester Papillote de son bat, la libérer dans un grand enclos et lui donner à boire.
Après cette pause bien méritée, nous traversons la Loire pour la deuxième et peut-être la dernière fois car le GR qui part vers sa source se sépare du notre.

Qui dit grande descente, dit grande montée. Heureusement que nous sommes reposés. La montée qui suit est à la hauteur de la descente qui l’a précédée … Il fait très chaud, il est 16h. Des températures inédites pour la saison nous précise notre hôte du jour. Nous arrivons dans une immense maison, toute en pierre de la région. Notre gite est un appartement entier avec une cours ombragée et fleurie ouvrant sur une vue grandiose. La prairie au premier plan et les collines du Velay au fond.

Il y a 3 petits lits dans la chambre….

Une fois la douche prise et la lessive faite, il est temps de se détendre.

J’ai dans l’idée de relire le livre de Stevenson à chaque étape. Pour celle-ci, il a passé beaucoup de temps à essayer méchamment de domestiquer Modestine et il mentionne bien l’interminable montée jusqu’à Ussel, lui aussi sous un soleil de plomb. Mais autre temps, autre moeurs, chaque village grouillait de vie quand nous traversons des rues désertes, il s’arrêtait manger dans les auberges le dimanche quand tout est fermé le samedi…

Je lis aussi ton chemin Graine et tes conseils. Il est bien plus difficile que le mien… Quant à le faire avec un âne, pour l’instant je n’ai vu personne le faire intégralement avec. Papillote s’arrête à la Bastide puylaurent et fait des étapes de 10km. On est plus tendre aujourd’hui avec les animaux ! Alors pourquoi pas un bout avec et un bout sans ? Nous aurons tout notre temps.

La voix de Graine

Je lis ton article Lilie et je sens la joie qui te traverse. Chapeau, vous voici déjà sur de bons rails…Et tout aussitôt, je m’aperçois que j’ai intégré les photos sur le mauvais jour! Je suis nulle. Mais, je commence à m’y mettre! Aucun doute que ça ira de mieux en mieux.

Aujourd’hui, je me sentais bien, alors à midi, j’ai voulu zapper l’anti-douleur. Bien mal m’en a pris. J’ai dû me résoudre à avaler ce fameux cachet qui m’assèche la bouche, mais me soulage.

Outre mes deux tours de cours, aujourd’hui, j’ai fait deux sorties inédites: Une sortie à la Biocoop d’à côté, avec mon mari pour compléter les courses et une sortie au square d’à côté. Impressionnant, non!

Cet après-midi, sur l’heure de ma sieste, et au delà, j’ai suivi d’une oreille distraite l’AG de ma coop sur zoom. C’était très intéressant. J’ai laissé l’AG se poursuivre, ordinateur ouvert, et je suis sortie. Au bout d’une heure, une heure et demie, je dois changer de position, y compris la nuit. La nuit, je déambule dans l’appartement. Au début, mon mari se réveillait et s’inquiétait. Maintenant, il continue à dormir, c’est mieux et pour lui et pour moi.

Ma copine d’écriture va passer ce soir. Comme je ne peux pas me déplacer, ce sont les autres qui viennent me voir. C’est cool.

L’année prochaine, on fait Stevenson avec un âne, chiche!

Vendredi 20 mai – Du Puy en Velay au Monastier sur Gazeille – 18 km

Vendredi 20 mai – Du Puy en Velay au Monastier sur Gazeille – 18 km

La voix de Lilie

Cette nuit, impossible de dormir, 3h du mat… Réveillée 7h40. Pourtant on est très bien et il n’y a aucun bruit. Une angoisse sourde. Comme chaque fois que je pars de la maison. Il me faut un temps d’acclimatation.

Après un petit café et une bonne douche, on quitte l’appartement et notre première étape sera d’aller acheter le pain et prendre un vrai petit déjeuner.
A 9h30, nous voilà vraiment partis. Le chemin démarre par une longue montée. Il fait trés beau, très chaud. Heureusement un vent, quelques fois assez fort, nous raffraichit et sèche nos vêtements car on transpire pas mal. Le sac me coupe l’épaule. J’ai glissé mon polaire sous la sangle pour la proteger mais c’est qd même encore douloureux. Après la montée nous arrivons sur le plateau, au loin les montagnes et quelques villages. Le paysage est magnifique. Le chemin est souvent ombragé, quelques fois sur une petite route, sans difficulté. Ouf, parce qu’au départ je me suis dit que ça allait être chaud… Après 2h 15 de marche, nous dévalons la pente à Coubon pour traverser et faire une pause déjeuner sur une aire aménagée de tables de pique nique. Ça fait du bien de s’arrêter un peu et de poser le sac. J’en profite pour modifier l’agencement et alléger le côté gauche qui appuie trop sur mon épaule malade.
Pour la suite du chemin, le guide indique de gravir la route, rien que le terme nous effraie ! Effectivement 2km de grimpette sur route, au soleil à l’abri du vent. Toute l’eau sort de notre corps ! Arrivés au sommet, nous traversons la colline de part en part, avec une magnifique vue à 360 degrés. De là, aucun barrage pour le vent qui reprend en bourrasques traitresses pour notre équilibre. Nous franchissons comme ça plusieurs collines, monter, descendre. Les premiers panneaux indiquant le chemin apparaîssent, nous croisons aussi quelques randonneurs. La dernière partie du trajet se fait sur un chemin en balcon qui domine la petite ville du Monastier sur Gazeille où nous allons dormir.
M Lilie n’en peut plus de porter son sac. Trop lourd. Les transporteurs, comme les gites, sont complets. Alors à l’arrivée au gite nous défaisons nos bagages pour nous alléger. Comme Stevenson qui a jeté dehors son surplus, comme toi Graine sur ton premier chemin. Demain nous irons faire un colis de retour !
En attendant, nous allons dîner au bout du Monastier, tient donc, 600m de plus et retour ! Nous en profitons pour visiter un peu la vieille ville et ses 2 églises. La ville est construite sur le flan d’une colline, la vue sur la vallée en face du Monastier est magnifique depuis les balcons.
Nous partageons notre repas avec un autre couple, plus expérimenté dans le portage ! Ils viennent de Normandie et vont faire un demi chemin, difficile pour eux de dégager 2 semaines. Comme pour le portage il faut faire des choix.
Avant de partir, une dernière information importante: Au menu de ce soir: salade composée avec salaisons maison, Saucisses lentilles (normal ici !), fromage, gâteau de semoule. C’était promis, de mettre le menu !

Que dire de cette première journée, 19km, le chemin est une suite de passage de collines, les paysages sont magnifiques, le sac est lourd et notre corps courbaturé.

Nos chemins sont parallèles Graine, une première sortie pour chacune, nous marchons avec nos batons pour nous aider, nous parlons toutes deux d’aller à la poste ! Je suis heureuse de te savoir sortie de chez toi, ta force est toujours là, je te remercie pour tes encouragements. Tu aurais dû être près de nous, et tu l’es.

La voix de Graine

En te lisant, Lilie, à J+1- les convalescents sont des couche-tôt, et même si mes nuits sont hachées, je n’ai pas le courage d’écrire la nuit – mon sac est trop lourd et j’ai les épaules cisaillées. Je compatis à ce que tu ressens. C’est du vécu.

Quand j’ai fait mon premier chemin de Compostelle, en 2002, en partant de St Jean Pied de Port, avec mes 14 kg, la 1ère étape a été, comment dire, un vrai parcours initiatique. Bien sûr, pour commencer, une étape de montagne avec d’importants dénivelés. Je n’avais pas de bâtons. Normalement, l’étape s’arrêtait à Roncevaux, mais quand je suis arrivée à l’abbaye de Roncevaux, le gîte était fermé. Il fallait attendre 3 h. Avec quelques-uns, nous avons décidé d’aller 4 km en avant. J’ai fait les 4 derniers kms dans les pas d’un gigantesque hollandais avec lequel nous baragouinions en espagnol et en anglais. Je me laissais aspirer, j’avais mal partout. Pour ma part, je n’ai pas renvoyé de colis à la maison, mon mari avait suffisamment à faire avec les enfants. Trop fière peut-être aussi. Mon dos était en bon état et j’étais jeune! Au fur et à mesure des étapes, j’ai distribué: une serviette de toilette par ci, un savon par là, …

Aujourd’hui, mes ambitions sont de décoincer ma jambe blessée, avec l’aide du kiné bien sûr. Toute la jambe s’est raidie, impossible de plier le genou. Le kiné est passé deux jours de suite, jeudi et vendredi. Il a fait du bon boulot. Lundi, j’irais à son cabinet, il m’a promis du skate, c’est top, non?

Côté sortie, après mon expédition de jeudi à la Poste, je me suis calmée. Trois ou quatre fois par jour, je fais deux tours de ma cour avec montée et descente de quelques marches. Je dois aussi faire les exercices prescrits par le kiné: Elégant petit balancer de la jambe gauche, avec pliage du genou au passage.

Pour rythmer mes journées, outre les temps de promenade, le passage de l’infirmière tous les jours entre 11 h 30 et 12 h pour injection de la piqûre d’anticoagulant et refection du pansement, et après le repas, la sieste. Je ne dors pas toujours, mais je me repose. Deux jours par semaine, l’aide ménagère vient faire le travail que je ne peux pas faire. Le pliage du linge, ce n’est pas son truc, alors peu à peu, je reprends du service.

Tous les 2 jours, je prends la douche, un vrai plaisir. C’est quand les choses deviennent rares et difficiles qu’elles deviennent précieuses.

Pour la cuisine, c’est mon mari qui fait ou bien les invités. Cette semaine, j’ai préparé une quiche aux épinards et épluché mes radis. Ce que je fais, je le fais lentement ….

Mon paysage alentour n’est pas aussi grandiose et diversifié que le tien. Mais effectivement, comme toi, Lilie, et M Lilie, j’ai mes bâtons qui m’aident à marcher!

Promis, Lilie, je vais essayer de mettre les photos sur le blog, mais sois patiente. Tout me prend beaucoup de temps.

Jeudi 19 mai – Le départ

Jeudi 19 mai – Le départ

La voix de Lilie

C’est l’effervescence ce matin. Je veux tout laisser propre, défaire le lit, laver la salle de bain, arroser les fleurs, vérifier mon sac. Enfin, tout est prêt, il ne reste plus qu’à attendre le chauffeur qui nous emmène à la gare de RER. Bien sûr il est en retard. De très peu, mais le stress me gagne. Enfin le voilà et le trajet se passe sans encombre (ou presque). Le Tgv est à quai. Tout semble se dérouler normalement jusqu’à ce que les contrôleurs nous évacuent à cause d’un bagage oublié. Nous partons finalement avec un quart d’heure de retard. Hors nous n’avons que 8mn de correspondance à Saint Etienne. Je reste philosophe, il y a un train toutes les heures pour le Puy. C’est ça le chemin, s’adapter, ne pas se stresser pour si peu. D’autant plus que le TER a attendu l’arrivée du TGV pour partir. La plupart des passagers qui empruntent le TER sont équipés comme nous d’un gros sac à dos. Ils devaient bien être dans le TGV, mais un TGV c’est grand alors je ne les avaient pas repérés. A côté de nous, ça parle Stevenson, plus loin on évoque Compostelle. Un jeune homme sort un creancial tout neuf et son guide « Compostelle depuis le Puy ». Voilà une nouvelle idée pour toi Graine. Devant nous, quelqu’un confirme un gite. On se sent rentrer dans le chemin. Le TER avance lentement, il se traine le long de la rive de la Loire dans un bruit de moteur impressionnant, va-t-il arriver à destination ? En plus de ça, la porte des toilettes qui ne ferme pas claque sans arrêt. Dehors, le paysage est magnifique, les collines verdoyantes, la vallée de la loire. Et à cette vitesse on en profite bien !

Enfin le train s’arrête au Puy en Velay. Nous sommes venus déjà 2 fois sans aller jusqu’à la gare. Du coup je ne reconnais rien. J’ai l’impression d’être perdue dans une ville inconnue. Au bout de quelques centaines de mètres (quand même), je raccroche les wagons. Nous trouvons sans peine l’appartement loué pour ce soir.
Pour autant, le sac m’a scié les épaules. Ce n’est pas tant le poids qui me dérange mais cette impression que les sangles appuient trop sur les épaules. Et c’est mon point faible. J’espère que ça ira sur les longues distances…
Déjà, prendre les habitudes de vie: aller chercher le repas pour demain midi, laver tee-shirt et sous vêtements. Et quand même, se détendre et profiter du cadre. Nous montons à la cathédrale faire un coucou à la vierge noire, puis nous trouvons un restaurant en extérieur pour diner car il fait très très chaud aujourd’hui.
Après le repas, nous partons en repérage. Stevenson n’a pas commencé le chemin depuis le Puy, alors il faut effectuer la liaison jusqu’à Monastier par un autre GR. L’idée est de repérer le départ sans avoir nos sacs sur le dos pour éviter de tourner en rond demain matin lorsque nous les porterons.
Ceci étant fait, nous pouvons rentrer à l’appartement nous reposer.

La voix de Graine

je vous regarde partir et moi je reste là, allongée sur mon canapé, une poche de glace sur la cuisse. Un petit pincement au cœur. Je vous accompagne à J+1. Aujourd’hui, il pleut. Tandis que vous partiez à la rencontre de vos premières grimpettes, je remontais la rue de Buzenval. Mon objectif: La Poste. J’ai une lettre à poster. Je suis sortie car il ne pleuvait plus. Mais c’est un temps d’averse aujourd’hui. A peine dehors, Il se remet à pleuvoir. La pluie est douce et tiède. Il pleut par intermittences. Entre les gouttes, je progresse, sans prendre de risque. Il n’est pas question de glisser.

Merci pour les photos, Lilie. Je ne me sens pas encore d’attaque pour le dessin. Mais, aucun doute, ça va venir.

je connais le Puy. J’ai fait avec mon conjoint le début de la voie du Puy, du Puy à Conques.

Les marches à long cours, c’est une ambiance, une solidarité, une sorte de famille. Bienvenue au club.

Les premiers jours ne sont pas faciles, le sac est lourd. Mais, si on est persévérant et prudent, au bout de quelques jours, marcher dans la nature devient un pur plaisir!

Bon chemin à toi Lilie et à Monsieur Lilie

J’oubliais: Ce matin, j’ai pris la douche. Quel plaisir!

J-1, je vide mon sac

J-1, je vide mon sac

La voix de Lilie

Au sens propre. Un sac à dos qui n’est pas sorti depuis plus de 35 ans. Du temps lointain des semaines de randonnées en montagne avec un club de Lyon. Tellement d’années ont passé, certaines marquantes, certaines oubliées.

Pour cette veille de départ, j’ai partagé mon temps entre la garde de ma petite fille et le télétravail. A 18h, les vacances sonnent enfin. Une grande respiration, le bonheur de me sentir enfin libre pour quelques jours.

J’ai téléchargé les billets de train et la location de demain soir. Tout semble être sur les rails. Et puis soudain, l’angoisse de ne rien oublier. Une seule méthode, tout vider, tout cocher et tout remettre ! Je pense que c’est bon. Et puis il faut l’avouer, nous partons en France, nous croiserons des villages, quoi qu’il manque ne manquera pas longtemps. Je suis certaine qu’il y aura plutôt trop que pas assez.

Le poids ? 9kg, sans la gourde et le pique nique, mais avec les 2 batons et les chaussures de marche car demain je pars en basket. Comme une fin de grossesse, mais derrière ! 🥴

La pression monte, c’est la première fois que nous partons marcher sur plusieurs jours avec un sac sur le dos. C’était mon envie; j’y ai entraîné Graine, nos conjoints et finalement il ne reste plus que nous deux. C’est sûr, ce n’est pas le même chemin. L’expérience de Graine va nous manquer. On va découvrir par nous même. Sans papotage à l’arrière.

Je n’ai pas marché depuis 10 jours. Par choix. Pour me reposer avant de partir. Est-ce une bonne idée ? L’avenir proche me le dira. Bizarrement, je n’ai pas marché depuis que j’ai vu Graine à l’hôpital. Curieux non ?

Demain, nous prenons le train pour rejoindre le Puy en Velay.

La voix de Graine

9 kg, Lilie, cest beaucoup! Je dirais même trop, mais je comprends. Mon 1er sac pour Compostelle pesait 14 kg! Nous sommes tellement habitués à tout avoir sous la main que c’est difficile de lâcher, difficile de faire un sac avec presque rien.

J’ai grande confiance en vous. Vous êtes solides. Vous saurez lâcher ce qu’il faut si c’est nécessaire. Comme tu dis, Lilie, vous ne partez pas en plein désert.

Ceci dit, c’est normal que la pression monte. Mais l’adrénaline aussi. Tu es comme moi, Lilie, la nouveauté te fait peur, mais elle t’excite, te stimule, te motive…

Tout se passera bien. J’ai confiance.

Compostelle serait il jaloux ?

La voix de Lilie

Patatras. Si j’ose le dire. Ce matin au réveil, un message de Graine. Accident à vélo, fémur cassé. Opération. Convalescence. Le chemin a-t-il décidé de lui même ? Qui décide tout là haut d’envoyer ces épreuves ? Compostelle serait-il jaloux ? Graine qui a tant besoin d’air, de s’échapper en solitaire, et la voilà rivée chez elle tout l’été. Épreuve de patience. Je sais qu’elle fait contre bonne fortune bon cœur….Son chemin sera plus court mais bien plus difficile que le notre.

Nous ferons ce chemin, tous les 3 comme convenu. 2 en marchant, 1 en illustrant, commentant, racontant son chemin, couloir, cours, square, toujours plus loin. Dans 16 jours, nous reviendrons tous au point de départ. Et nous imaginerons, qui peut le dire, le chemin 2023 ?

La voix de Graine

Patatras. Le vendredi 6 mai, un peu avant 18 h, un accident de vélo, une fracture du fémur.

Ce chemin de Stevenson qui s’échappait depuis 2 ans, s’échappe à nouveau, pour moi en tout cas. Heureusement, Lilie, la préparation est lancée, plus de retour arrière possible! J’aurais eu cet accident il y a un mois, qu’aurions-nous fait? Nous aurions reporté, encore! Je suis contente que tu partes Lilie, avec ton conjoint. C’est une si belle expérience que j’aurais bien aimé partager avec vous. Mais, c’est promis, je vais vous accompagner, à distance.

Vous me parlerez de votre avancée. Je vous parlerais de mes progrès.

Un arrêt forcé comme celui-là, ce n’est pas anodin, ça invite à réfléchir. Je vais m’y atteler.

Ce midi, mon fils est venu me préparer des pâtes bolognaises pendant que j’étais allongée avec de la glace sur la cuisse. Changement de posture, chamboulement dans les habitudes…C’est bien ce que je souhaitais, non?

Bonne préparation, Lilie. Pour moi, cette fois-ci, mon sac restera vide.

C’est décidé, on y va cette année

C’est décidé, on y va cette année

La voix de Lilie

Quatre prêts à partir en 2020 stoppés net à quelques semaines par une pandémie inattendue. Stevenson exprime dans son livre de bord sur le chemin que le voyage décide sa trace de lui même et que le voyageur doit s’adapter. Le chemin se refuse pour 2020. Une année difficile en 2021 avec la fin de vie et la perte de mon père, le chemin ne se fera pas non plus. Pourtant, il est là, tout proche. Mon père me pousse à y aller à travers tous les livres de Stevenson que je trouve dans sa bibliothèque. Voulait-il le faire ? L’aurait-il fait ? La pandémie est toujours là, les gîtes fermés. Difficile de partir dans ces conditions sans emporter la tente et les victuailles pour 2 semaines. Les globe trotteurs que nous sommes ont vieillis… Puis la vie reprend peu à peu. La pandémie recule. On vit avec. C’est décidé, nous partons.

3 à partir en 2022. Le quatrième nous a laché. Graine, Lilie et monsieur Lilie sont de la partie. Manque monsieur Graine, dommage.

La préparation commence. Un chemin bien préparé est un chemin plus tranquille.

1ère étape, l’entrainement. Des randonnées autour des chez nous et chaque fois que c’est possible, en week-end, en vacances, tout est bon pour marcher. Un Paris-Versailles tous les quatre, sans pour autant arriver à décider M Graine…

2ème etape, les étapes ! Graine est plus expérimentée et plus entraînée par son expérience du chemin de compostelle. Ses étapes sont plus longues et moins nombreuses que les miennes. On adaptera au passage. Je prends les billets de train, Graine les 1ers gites d’étape. Nous ne serons pas seuls sur le chemin, la semaine choisie par notre bande de vacanciers éternels tombe entre 2 jours fériés….

Plus les jours passent, plus le projet prend forme.

La voix de Graine

J’ai mis du temps à y croire, à ce chemin. Deux ans ans qu’il s’échappe. Mais, ça y est, il prend forme. Nous partirons à 3, sans mon mari qui ne veut pas venir. Inutile d’épiloguer sur ses raisons, d’autant plus que les raisons affichées sont rarement les vraies raisons. J’ai besoin de partir, de retrouver le rythme de la marche, de vivre à nouveau dehors à regarder le ciel, les arbres, écouter la vie tout autour de moi. D’habitude, je pars seule. C’est une expérience, mais je suis partante. Je déteste les habitudes et la routine. Tout ce qui permet de rompre avec l’habitude est bon à prendre. Je ne suis pas bien préparée. Mon mari rechigne à faire des marches préparatoires. Il n’est pas bien ravi que je m’en aille pour un peu plus de deux semaines.

Notre couple traverse une crise, une énième. Mon mari doit prendre sa retraite en début d’année prochaine. Où nous installer pour la retraite? Nous voulons quitter Paris mais les enfants et petits-enfants vivent à Paris. Mon mari voudrait s’installer au bord de la mer. Je crains fort de m’y ennuyer ferme. Mon médecin m’a mis sous anti-dépresseur. Je ne sais plus de quoi j’ai envie. Je n’ai envie de rien.

Je suis sûre que partir et marcher me feront le plus grand bien. Sur moi, c’est une thérapie qui fonctionne. Je me recentre. Je me concentre sur l’essentiel: marcher, manger, dormir, échanger, regarder, écouter, sentir, ressentir.

J’apprécie mes compagnons de route. Je leur fais confiance. Notre périple sera joyeux et gai. J’ai envie d’en profiter à fond.

Je peine à réserver le 1er hébergement, puis je s’enhardis. La préparation du voyage, c’est déjà le voyage!

Vendredi 3 septembre, la pluie ?

Vendredi 3 septembre, la pluie ?

Vendredi 3. Le vol est à midi. Le temps est orageux et le vol est chaotique tout le long. La dernière demie heure est abominable. Nous sommes secoué, l’avion remonte, descend. Je me demande si on va arriver vivant cette fois ci. La Sardaigne nous accueille sous un deluge de pluie, nous rejoignons notre bus sous l’orage. Les vacances commencent bien ! La guide dans le bus nous rassure, il ne pleut pas là où nous allons. Effectivement après 1h de Bus nous arrivons au village de vacances et il ne pleut plus. Quelques nuages assombrissent et rafraîchissent l’air.

Descente à la plage, baignade. Un peu de vent. Chambres très grandes et confortables mais un peu defraichies. Repas en terrasse le soir. Petite myrte, limoncello au bar en écoutant de la musique. Trop forte. Dj trop fort. L’italie.

Samedi 4.
Pas un bruit la nuit. Petit dej restau bondé puis aux terrasses tranquille. Le temps s’est mis au beau, il fait déjà très chaud. Réunion d’info. L’accent des italiens qui parlent français chantant. Location de la voiture. Réservation de la balade aux îles. Puis café au bar de la piscine. baignade. Fraiche. Agréable. Apero. Repas aux terrasses. Buffets d’entrées, plats servis buffet de desserts. Pas de la grande cuisine, mais on trouve de quoi manger. On regrette les grillades et les pizza de l’an dernier, et l’ambiance des aperos. Navette pour aller a ste teresa di Gallura. Puis rando jusqu’à capo testa. Belvédère qui domine le capi testa. Bloc de granit, ancienne carrière en bord de mer. Paysages magnifiques. Sauter sur les blocs de granit. Sentier au bord de la mer. Montée au phare à temps (course, challenge) pour attraper un bus de retour. Pot en centre ville de st teresa. Place entourée de colonnes de granit. Eglise avec une magnifique crèche tout en liège, une des spécialités de l’ile. Retour à l’hôtel en navette. Repas. Douche. Dodo.

Dimanche 5.
Les iles de la madeleines. Archipel de 30 dont 7 majeures. En bateau. 14km des falaises calcaires de bonifacio.
Santa maria. Vent dans les cheveux. Beau temps. Baignade.
Spargi. Asperge.
Madalena. 12000 habitants. Centre historique.
Parc national.
Iles de devant: Razzoli, Avec son phare. Budeli, Sable rose. Interdit au public. Couleur de la mer Vert emeraude de la poudre de granit.
Santa maria. Une 20aine de maison. Celle de roberto benini. Bergried trnsformees en Maisons de vacances.
Baignade, fraiche.
Repas à bord. Un peu tot, à peine 11h20…soupe de moule = moules ! Pates aux fruits de mer. Excellent. Vin blanc sec bien frais. Pecorino. Myrte rouge. Ile de spargi pour une baignade dans les eaux turquoises. Le bateau fait le tour pour nous montrer les couleurs magnifiques de bleus de l’eau. Débarqués en pleine chaleur 13h, plages sans ombre, On trouve une plage plus loin en avançant avec un coin d’ombre. Eaux topazes magnifiques. Baignade raffraichisante. Poissons gris et bleus. Décharge électriques des poissons sur ma cuisse. Nager jusqu’à un rocher, grimper. Retour sur le bateau.
Ile de la madeleine. 1h à terre seulement. Le temps de prendre une glace et de parcourir 2 ou 3 rues. On est frustré d’avoir si peu de temps car la ville est assez grande et aurait mérité 1h de plus. Retour au village vacances à 16h30.
Lundi 6. On récupère la Voiture.
Isola rossa. Village de pecheur. Pot. Tour. Calanques rouges. Concretion de Sel sèché sur les rochers. Vue de l’immense plage.
Castelsardo. Fort. Village perché, le long d’une colline, maisons colorées. Fort tout en haut. Depart chemin sans issu, retour sur nos pas. Escaliers peints, assiettes de céramique pleine de céramiques a thème, poissons, calamar, paniers.. Femmes qui tissent. Descente dans le village, petit snack 3 tables, on en prend 2 tranquille. Sandwich maison glace. Femme très sympa.
Longe la côte jusqu’à porto Torres. Paysage lunaire. Incrustation de calcaire peut être. On s’amuse à faire des photos sur la lune. Ville industrielle on continue. Vers la pointe. Plage de la pelosa. Eaux tuquoises magnifiques. Pas de baignade car il faut réserver. On prend un pot au bar qui domine la plage. A l’ombre. On fait de belles photos des couleurs de l’eau. On voit les iles en Face, tout près. L ile des anes. Parc protégé. Au retour on s’arrête plage des salines pour une baignade. Les hommes au bar de la plage les filles au bain. Ici l’eau est verte, algues, l’eau est bonne. On se croirait aux saintes marie.
Retour en faisant un arrêt pour admirer la roche de l’éléphant. Curiosité naturelle.
Le temps de la journée très beau. Très chaud entre midi et 2. Le ciel très bleu, sans nuage. Beau contraste avec les rochers rouges et les couleurs des maisons et des fleurs.
Sensation agréable. Temps qui defile.
Paysages changeants, Landes, normandie, sainte marie, pleines, collines, routes panoramiques vue mer.
Mardi 7.
L’intérieur. Cap sur les collines. Routes panoramiques dans les Chênes liege et les carrières de granit. Domine les collines. Luogosanto. Village perché dédié à marie. Domine la vallée, mais pas de vue. Fête du village à venir. Fanions bleus et blanc partout. Eglise avec vierge au fond. Petite rando pour monter dans la forêt de chêne voir une nuraghi refaire. On dirait une yourte. Village de nuraghi en ruine. Pot. Bar du village à l’ombre. Les italiens parlent. Langue dansante, tjrs trop fort.
Aggius. Village tout en granit. Maisons en granit, rues en granit. Œuvres d’art dans la ville. Sculptures sur fer, car les concretions de granit font office de sculpture. Arret sandwichs coin sympa. Source minuscule. Vallée della luna, pas trouvé. Mais route serpente au milieu des concretions, magnifique.
Remontée vers le lac d’ischia. Petite promenade autour mais pas grand chose à voir. Les murets des champs noyés toujours en place autour du lac.
Sant antonio di Gallura. Joli belvédère, intégré dans la roche. Vue à 360 degrés sur les montagnes, le village. On redescend par des marches faisant le tour du belvédère.
Les tombes des géants. Monuments funéraires de1800 av jc.
Retour par l’arrière pays.
Beaucoup de murets.
Beau temps. Chaud. Routes agréables, pas de monde.

Baignade. Repas. Marché nocturne a santa teresa. Gelati. Portion congrue.

Mercredi 8.
Depart pour alghero. 2h20 de route. Chercher une excursion pdt le trajet. Brumeux, un peu nuageux par endroit. Traversée de Sassari. 2ème ville de sardaigne. Sale, cassée. Dans son jus. Beaucoup de circulation.
Alghero. Ruelles. Rampart. Cathédrale à colonne. Ville du corail. Temps couvert. Repas. Tentative de randonner dans le parc pour descendre les marches jusqu’à une grotte. Impossible. Il faut payer la grotte ou rien. Pas de rando non plus car trop tard. Le parc naturel est payant sinon tout est barricadé. On se rabat sur une plage, baignade, pot et retour. C’est bien l’Italie, aguicheur, mais rien derrière si on sort des sentiers battus.. En l’occurrence prendre le bateau pour la grotte avec la foule.
Retour par une variante du trajet. Beaucoup de route pour pas grand chose… Déçues.

Jeudi 9.
Le temps est maussade. Léger vent, qes gouttes de pluie. Le ciel est gris et brumeux. Depart pour san pantaleo. Marché artisanal. Tissage, création en tout genre. Énormément de monde. Pb voiture. Jolie ville dominée par une barre de rochers. Repas à la pompe. Paninis. Randonnée en boucle autour d’un rocher qui domine. Chemin dans la garrigue, pierres, vues magnifiques sur les rochers, les collines. grimpe jusqu’à avoir une vue a 360, sur la côte smeralda. Le soleil s’est levé, il fait beau, on profite des couleurs de la mer en bas. Glace au retour.
Côte smeralda en voiture. Splendide. Route panoramique. Yachts. Voiliers. Fric. Baignade sur une plage. Vagues et eau assez bonne. Des panoramas à couper le soufle. Même si les photos ne rendent rien. Dernière soirée. Content de nous cette fois ci.
Vendredi 10. Depart. Il pleut. Foutu pour la balade ou la baignade. 2h a tuer entre le petit dej et le repas de midi !

Les copines à Trouville

Les copines à Trouville

La voix de Graine

Ce matin, nous bouclons les valises, vidons les poubelles, rangeons la vaisselle…Une fois nos bagages mis en dépôt à l’agence, à nous la plage de Trouville et ses planches. Ici, les bancs sont peints en bleu et portent le nom des artistes: peintres, écrivains qui ont fréquenté la côte fleurie et ses plages.
Je trouve le vent plus froid qu’hier? Est-ce réel ou juste moi? Gants, bonnet, écharpe, grosse polaire avec un coupe-vent par dessus, et masque bien sûr, je suis emmitouflée comme si j’étais aux sports d’hiver. Des photos, des photos et encore des photos. Aujourd’hui, je photographie les copines.
Le ciel est clair, moutonné de quelques nuages. D’un bleu plus pâle qu’hier. C’est marée haute ce matin. La 1ère fois que nous voyons la mer à marée haute.
Pique-nique dégusté sur un banc face à la mer. Pique-nique fait maison ce matin. Nous n’avons pas le temps de nous attarder. Après quelques rapides achats plaisir, nous nous dirigeons vers la gare.
L’escapade se termine. Au revoir la mer, au revoir les copines. Nous en avons bien profité. Nous avons pris l’air du large. Merci les copines.
Dès ce soir, nous reprenons, notre quotidien confiné!

La voix de Lilie

Le réveil sonne ce matin. Fini les reveils spontanés. Douche, petit dejeuner et bouclage des valises. Defaire les draps, rangement. Vider les poubelles. Aller chercher le pain pour ce midi et faire les sandwichs. A 10h il faut quitter notre jolie petite maison. Nous laissons les valises en garde et nous voilà reparties pour Trouville. Il y a un vent glacial ce matin, et un beau ciel bleu. La mer est haute et démontée. Le bruit des vagues. Le long de la promenade des photos d’il y a un siècle tout juste nous permettent de mesurer le changement de vie sur 100 ans. Nous déjeunons sur un banc près de la plage. Un café à emporter, quelques achats et nous revoilà à la gare. Déjà le retour.

Train. Rer. Et finie l’escapade. Retour au quotidien.

C’était une belle échappée. Des images plein la tête pour se tenir chaud. Jusqu’à la prochaine.


Les planches de Deauville

Les planches de Deauville

La voix de Lilie

Petit déjeuner, crêpes à la poêle. Course pieds nus sur la plage. Plat à emporter de restaurant mangé sur un banc en retrait du bord de mer à l’abri du vent. Grande promenade sur les planches, puis sur la plage. Il fait froid, le vent est plus léger qu’hier, le soleil est léger, pas de pluie aujourd’hui. Ramasser des fossiles, coquillages. Les mouettes qui se nourrissent à marée basse avec les coquillages que la mer a révélé. Bancs décorés par des peintres. On parle de nous, de sujets qui nous ont touché, construites ou deconstruites. Retour à l’appartement, fatiguées du plein air. Heureuses d’avoir marché ensemble. Apero. Repas, soirée. Déjà la fin du week-end, on commence à ranger.

Et si on allait voir la mer?

Et si on allait voir la mer?

La voix de Graine

Aujourd’hui, nous allons voir la mer. Il fait beau. Le ciel est clair.
Un premier départ pour un jogging à deux sur la plage. Pieds nus sur le sable mouillé. Nous ne sentons plus nos pieds. Une fois toute l’équipe prête, nous partons voir la mer. La mer, depuis la promenade, depuis la plage, avec le vent et l’air…Une pleine journée devant la mer à regarder le ciel, les oiseaux marins, les chevaux…Au bout de plage, près des falaises qui s’effritent, nous cherchons des ammanites, que nous ne trouvons pas. Qu’importe. La journée est belle. Nous profitons de tout. Nous jouons de nos ombres. Nous prenons des photos. Une graine tente un reportage. Nous marchons, nous parlons. Nous avalons la vie à grandes gaoulées iodées. Sur le retour, nous faisons la pause sur un banc dans un renfoncement décoré de petits carreaux émaillés façon hammam à côté des cabines de plages aux noms d’artistes américains. Nous prenons le temps de regarder une exposition photo abritée dans une petite cour intérieure. Nous rentrons saôulées. Il est presque 18 h.

A nous Trouville

A nous Trouville

La voix de Lilie

Levées. Petit dejeuner. Grand petit déjeuner. Ensemble, tranquilles. 3 graines. S’ecouter. Se soutenir. Deux heures plus tard.

Prêtes à partir pour le marché de Deauville. Tout petit. Alors ce sera Trouville et son marché aux poissons. Il fait froid, il y a du vent. Le ciel est tantôt bleu, tantôt gris, avec des giboulées. On se réchauffe en marchant. On commande un plateau de fruits de mer pour le soir. Puis on s’achète à manger sur le pouce pour le midi. Tous les restaurants sont fermés. Les dégustations dehors aussi. C’est triste. Du coup on s’abrite du vent pour déjeuner près de la plage. Un restaurant où nous avions mangé autrefois sert des crêpes et des cafés. Ce sera café pour nous. Puis une balade au bord de mer. La marée a charrié des monceaux de coquillages en tout genre. Il y a même des coquilles saint jacques vivantes. On passe d’averses en coup de vent et en soleil. Le temps passe. Nous sommes dehors depuis ce matin, sans s’assoir vraiment, à marcher et s’abriter de temps en temps. On se réchauffe dans les quelques magasins ouverts. On rentre en fin d’après-midi. Fatiguées par le grand air. Apéro, musique, repas. Tient, nous avons acheté un pont l’évêque au passage. Notre petit arrêt d’hier nous en a donné l’envie. Et toujours beaucoup de discussions animées. On regarde nos photos, notre photographe commente. On rit beaucoup.

La voix de Graines

Une journée copines où on parle, où on s’écoute, où on rit, où on vit côte à côte, chacune à notre rythme, mais en nous ajustant les unes aux autres. Une amitié qui fait chaud au coeur. Nous sommes des soeurs de coeur. Cette amitié est précieuse lorsque la houle des mauvais jours déferle sur l’une d’entre nous et la prive de ses repères.
Beaucoup de vent et de la pluie aussi. Il ne fait vraiment pas chaud. Les rues sont vides. Très peu de touristes.
Entre deux balades, je change l’écran de mon portable. J’en ai besoin. Je n’ai pas d’autre solution. Sur 4 graines, nous sommes 2 à avoir des problèmes de portable. Cet outil nous coûte cher mais il nous est devenu essentiel au quotidien: photos, itinéraires, mises en lien avec les autres, recherches et plein d’autres choses encore… Juste avant le couvre-feu, je sors avec toi Lilie faire quelques photos. Cela me manquait.

Le voyage et l’arrivée à…

Le voyage et l’arrivée à…

La voix de Lilie

Finir la valise tout en s’occupant des travaux de la sdb. Aller chercher le pain. Récupérer le chien, rentrer faire son sandwich. Depart pour la gare. Stress d’être à l’heure, on ne se refait pas.

Retrouver les filles une par une devant le quai et embarquer. Enfin nous y voilà. Le voyage commence. On a remonté tout le train pour trouver un carré à quatre. Repas et discussions endiablées. Bientôt l’arrivée. Le train s’arrête. On descend. On avance vers la sortie quand soudain l’une de nous se rend compte que l’on n’est pas du tout à la bonne gare. Pont l’évêque, comme dit la contrôleuse reunionnaise de sainte marie, il y a du bon fromage ! Elle nous tient la porte pour éviter que le train ne reparte sans nous. Ouf..

10mn plus tard, la gare de Deauville. Terminus du train. C’est la bonne cette fois ci

Nous trouvons sans problème la jolie maison louée. 4 chambres sur 2 étages. Quelques courses pour le soir plus un joli plateau de fruits de mer. Aller retour pour voir la mer et déjà le couvre feu.

Apéro champagne, repas. Et grandes discussions. Les jeux, la danse, le sport, ce sera pour demain.

La voix de Graine

Une échappée du confinement. Nous voici à la mer!
Ce matin, au réveil, mauvaise surprise, mon portable reste noir. Quel mauvais augure. Hier soir, il est tombé à plat sur l’écran…Une journée sans portable. Un avenir sans portable…
Pas le temps de s’attarder: Avertir les copines, finir de se préparer pour partir, acheter le pain, honorer mon RDV pédicure, et foncer à la gare. Pas de souci, nous sommes toutes bien à l’heure et le train aussi.
Dans le train, le papotage reprend ses droits. Un peu plus, nous passions le week-end à Pont l’évêque où nous sommes descendues sur le quai par erreur et distraction!
Ma copine me prête un portable. Mais, aïe, pas de mot de passe. Echec pour reconfigurer le portable à la boutique. Il est bloqué par l’entreprise. Un peu stressant une journée sans portable. Un test pour acter de ma dépendance.
Deauville, j’y suis venue plusieurs fois, avec mon mari, les enfants, ma copine. La mer, l’hippodrome, le festival du film américain…Deauville est bien vide aujourd’hui. Mais la mer est bien là, au loin au bout de cette immense plage, devant les cabines de bain aux noms d’acteur.
Des toasts avec des rillettes de la belle-îloise, du champagne, un plateau de fruits de mer magnifique et une longue soirée à parler de nous et des autres, de notre vie à venir, de nos projets….
Profiter de l’escapade, profiter du temps passé ensemble, qu’est ce qu’il y a de plus important?

10 septembre – Palerme

10 septembre – Palerme

Après avoir traversé des banlieues plus ou moins pauvres et tout aussi sales (c’est l’Italie du sud…) nous entrons par la porte principale qui arbore l’aigle, emblème de Palerme, symbole de liberté.
La ville est construite sur 4 fleuves, du coup il n’y a pas de metro.

Tout près de la porte s’élève le palais royal. Il abrite le 1er parlement du monde créé en 1130.

Plongeons dans le moyen âge de la sicile. Les plus grandes connaissances du monde se sont développées en Sicile et ont été conservées à Palerme par frederic 2, petit fils du fondateur normand. (nord man, l’homme du nord, le français).

Les monuments ont été construits par les arabes qui connaissaient l’architecture et adapté par les diverses conquérants suivants. Du coup on trouve des églises en forme de mosquées. La Sicile a été sous 13 dominations différentes. Il est plus rapide de dire qui n’est pas venu !

En prenant la rue principale qui part de la porte et descend jusqu’à la mer, nous arrivons devant la cathédrale qui abrite les reliques de Sainte Rosalie patronne de Palerme. Mosquée déguisée en église. Une maxime gravée sur cette église: opebus credite (si je me souviens bien) qui veut dire: ce que vous faites est plus important que ce que vous dites. Nos ancêtres avaient déjà tout compris, et notre époque l’oublie trop souvent… Dans ce style, les policiers sans masques, parlent entre eux où aux passants dans les voitures. Masque obligatoire ?

Poursuivons le corso principale avec un arrêt pour déguster un jus d’oranges et grenades pressées. On arrive à la place di quatro canti, quatre quartiers ou place du soleil. Croisement de routes avec des statues et une fontaine dans chaque coin. Elles représentent les 4 saisons, les 4 fleuves (par les 4 fontainesl, les 4 saints, dont sainte Rosalie.

Partant à droite, un peu plus loin, la fontaine du prestoria surtout appelée place de la honte. Parce qu’elle est entourée de statues nues alors qu’elle se trouve devant un couvent: que vergogna, quelle honte ! Ou aussi parce que tant d’argent dépensé alors que Palerme en avait besoin.

Derrière, plusieurs eglises, couvents avec des coupoles arabes.

Quittons les monuments pour découvrir la Palerme d’aujourd’hui. Des petites ruelles tortueuses qui débouchent sur des placettes où les habitants se parlent de balcon à balcon ou de balcon à la rue ou la place. Des échoppes dans les ruelles, des magasins de souvenir et des marchés. Beaucoup de mouvement, de vie, de voies. Les murs jaunâtres, les volets verts, la saleté par terre, partout.

Quittons ce quartier pour nous diriger vers le théâtre massimo. Comme son nom l’indique, le plus grand, le premier. En réalité le 3ème d’europe, mais le premier climatisé dans les années 1800 par un système de courants d’air. Magnique batiment, construit après avoir rasé tout le quartier !

Il est temps de repartir de Palerme et de rentrer à l’hôtel, profiter de la plage, de la mer et des terrasses pour y prendre un petit verre.



9 septembre – Les iles éoliennes.

9 septembre – Les iles éoliennes.

Lever de soleil ce matin depuis l’hôtel. Ces vacances me font lever plus tôt que le travail ! Mais quel beau spectacle. Rare pour moi qui suit une lève tard.

Après une journée route hier, se sera une journée bateau aujourd’hui.

Les iles sont des volcans soudés entre eux. Les
Iles eoliennes, ont été créée par des grecs. Ils produisaient des câpres. Chez nous, on mange le bouton. Ici ils mangent aussi le fruit (qui pousse après la fleur si on laisse eclore le bouton) et qui ressemble à un concombre avec une tige. En salade, ou au vinaigre. Plus délicat que le bouton.

L’homme des cavernes, lui, faisait des couteaux avec de la lave. Il faut 4 à 5 ans pour que la lave refroidisse. Si elle refroidit trop vite, les gaz sortent, la pierre devient blanche: c’est la pierre ponce. Sur l’ile, elle est protégée, on ne peut plus l’extraire. 1/4 de l’ile est en pierre ponce. Le reste en oxydiène, noire, coupante. On en fait des couteaux, des pointes de lances.

A Milazzo, nous embarquons dans une Navette vers Lipari, 1ère des îles eoliennes. 1h de traversée . Il fait très chaud déjà, 26 degrés. Pourtant il est à peine 9h. On se met à l’ombre à l’arrière du bateau. Je me suis mise le nez au vent pour regarder l’ile qui se dessine au loin. C’est reposant, le tangage du bateau, le bruit de l’eau et de l’écume et aussi celui du moteur… . Le ciel la mer la terre au loin. Je médite. Sur ma vie… Lipari la plus grande des iles éoliennes, la plus habitée et certainement la plus jolie.

On croise à notre droite l’île de Stromboli dans la brume. C’est une des plus petites iles, on ne peut pas y aller car le volcan est toujours actif. A gauche en avant, Vulcano, nous irons après. Tout au fond, la dernière des éoliennes, Saline.

A ce qu’il paraît, des policiers se déguisent en touristes à l’arrivée des bateaux pour prendre des photos témoins des personnes sans masque. Et sans masque 400e d’amende. Ça ne lésine pas en Italie… On n’a rien remarqué et vu beaucoup de personnes sans masque….

Depuis le bateau on aperçoit la coulée blanche de pierre ponce.
La navette nous débarque à Lipari, sur la plage où était arrivé Ulysse.

Lipari se visite en peu de temps, comme toutes les eoliennes elle est petite et se concentre autour du port. Il y a une belle citadelle en haut avec de grandes terrasses panoramiques.

On se faufile un peu dans les ruelles pour éviter la voie centrale et ses boutiques de souvenirs. Par erreur, je voulais un granité citron, j’essaie la spécialité du coin, sorte de jus de citron salé. Pouah, je n’y reviendrai pas !

Après une heure de visite et pas mal de photos, retour sur le bateau, direction Vulcano. 10mn entre les 2 îles.

Vulcano est formée par 3 volcan. Dont un qui s’appelle la forge. L’histoire raconte que lorsque le forgeron tape sa forge, on voit de loin les étincelles. L’histoire ne dit pas qu’elle pièce a été usinée ! Et ne dit pas non plus l’odeur nauséabonde de soufre qui se dégage des collines. Là, le masque est bienvenue, plus un gilet devant le nez ! À l’endroit où l’odeur est presque la plus forte, il y a une pizzeria….. Seuls les autochtones doivent avoir le cœur d’y manger !

De nôtre côté, nous mangeons plus loin de cette odeur. Un plat de pâtes typiques de l’île : câpres et olives. Je déteste les câpres et pourtant ici, je trouve délicieuses leurs toutes petites câpres, à peine plus grosses que des lentilles.

On vient à Vulcano essentiellement pour ses bains de boue sulfureuse (fermés en ce moment) et ses eaux bouillonnantes. Dans l’eau de mer s’échappent ça et là des chapelets de petites bulles. Cela crée des courants d’eaux chaudes. Au milieu de l’eau, il y a même un gros jet d’eau chaude qui remonte à la surface. Comme un jacuzzi naturel. L’eau est très soufrée, vert pâle à certains endroits.

Je décide de prendre un bain pour profiter de cette curiosité. Au moment de mettre mon maillot de bain, je m’aperçois que j’ai pris 2 bas de maillot, pas de haut !!! et pas de topless en Sicile (en tout cas, pas vu) qu’à cela ne tienne, je me baigne avec mon tee shirt. Juste qu’à la sortie de l’eau, je fais un peu miss tee shirt mouillé !!! Voilà donc une baignade mémorable en tout point de vue !

Avant de repartir vers Milazzo, le bateau effectue un tour de l’île pour nous montrer quelques beautés de la nature. La Grotte de pégase (j’ai eu beau regarder je n’ai pas vu le cheval, encore moins les ailes !), bassins, falaises, rocher du lion (là j’ai bien vu le lion !) , colonne.

On peut même voir les niveaux de roches soulevées par les poussées suivantes.

Encore une journée bien remplie…

8 septembre – L’Etna – Taormine

8 septembre – L’Etna – Taormine

L’excursion du jour nous conduit vers l’Etna. Le temps d’approche est assez long car nous sommes quasiment à l’opposé de l’île. Du temps pour notre guide, Mario, pour nous raconter des anecdotes sur la sicile. A savoir, quelques morceaux choisis: le nom de la déesse de la mer et de la terre, Desmeter, que les citronniers ici donnent 4 frutaisons, la dernière ne murissant pas fait ce que l’on appelle lime. Il y a de très nombreuses variétés de citron, l’une d’entre elle donne des citrons très gros, comme des melons allongés. D’autres sont sucrés ou acides ou amers, il y en a pour toutes les recettes. Dont les spaghetti aux citrons qui sont à tomber (les filles) aux dires de Mario !

On retraverse les champs de pistachiers, qui sont en réalité des orangers de petite taille !

Est-ce que vous saviez que l’on trouve les 3 volcans vesuve, stromboli et etna sur le même méridien ? Ce méridien, 25ème, grindwitch, je vérifierai ! Est aussi appelé faille volcanique, ou tunnel de lave.

L’etna ne fait pas partie de la Sicile. Non, non. La sicile faisait un golfe autrefois, et soudainement, du fond des mers a jailli le volcan. Et d’éruptions en éruptions, les coulées se sont agglutinées aux terres de la sicile. Il n’y a pas de terre, seulement de la lave. Maintenant, c’est la partie la plus habitée de l’île car la plus fertile.

Nous sommes partis très tôt ce matin car dès midi le volcan se couvre et adieu les photos. Pour notre venue, il est déjà couvert…. Pas d’image d’Épinal pour nous ! Heureusement il est très haut, 3300m, bien au dessus des nuages. Depuis le parking à 1900m, nous prenons le téléphérique puis une navette qui nous emmènent à 3000m. De là, on peut admirer une des 4 bouches de l’etna, toujours en activité. Des fumeroles blanches de vapeur d’eau 85% et jaunâtre de soufre. Légèrement plus bas, la petite bouche de l’éruption de cet été fume encore. Si le temps est beau (gloups) on peut voir la vallée en bas et la mer….😱.

Après cette première partie de journée, cap sur Taormine. En descendant la route de l’etna nous rencontrons la pluie. Les nuages s’accrochent à lui comme pour rivaliser avec son panache de fumeroles !

Bien heuresement il fait très beau à Taormine, et même très chaud. Son nom lui vient de sa situation géographique entre 2 collines qui forment comme 2 cornes de taureaux. La ville surplombe la mer de 200m. Depuis la place principale, il y a une vue magnifique. La rue principale est bordée de magasins de luxe. Et aussi d’un bon glacier ! De chaque côté partent des vicoli, petites ruelles ombragées. L’une d’elle conduit au jardin de la villa municipale. Un havre de fraîcheur, un panorama sur la mer et l’anse de Taormine. Ça me rappelle la vue sur la promenade des anglais à nice, vu du chateau. Sauf qu’en bas la promenade c’est la voie de chemin de fer ! Dans Taormine, le plus connu est le théâtre antique qui offre cette même vue depuis le haut de ses gradins. Mais, nous, pas envie de le faire ! Entrée payante, beaucoup de monde, peu de chose à voir… Et on a vu celui de Pollina, alors !

La journée est passée, la route est longue pour rentrer. Le retour se fera par le haut pour passer par Messine (sans pêcher la sardine) et le détroit, 3km de large, qui sépare la Sicile de la calabre – pied de la botte.

Une journée bien remplie, des souvenirs plein les yeux. Et de beaux rêves en perspective.

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

Ce matin nous partons pour les gorges de Tiberio. Présentées comme une promenade en barque sur des eaux limpides et baignade dans des baignoires naturelles. La réalité est moins paradisiaque… La chaleur de l’été a asséché la rivière.. Il ne reste qu’un fond d’eau assez saumâtre, noire dans les gorges et verte ailleurs. Les baignoires sont devenues lavabo ! Y aller, oui, au printemps, ce doit être magnifique. Personnellement, j’ai eu l’impression d’être au bord de l’Ardèche, en fin d’été. Heureusement, le trajet était sympatique à travers les collines et la balade en bateau gonflable avec charlotte, casque et masque, amusante. Chat échaudé craint l’eau froide, pour ceux qui ont fait le voyage à la Réunion avec moi, je me suis équipée d’une pochette téléphone étanche ! Ce fut tout de même une sortie agréable.

L’après-midi, c’est décidé : cap sur Pollina qui nous nargue du haut de la colline. Un petit travail d’étude des transports en commun du coin et nous voilà partis à pied pour Finale où devrait…. passer un bus pour Pollina. Internet prévoit 14h20, aucune indication sur l’arrêt de bus, les gens du coin nous disent 15h. Bah, attendons. Finalement le voilà à 14h20 ! Bravo Internet. Nous sommes fiers de la réussite de notre entreprise ! A nous Pollina.

Le chauffeur du bus prend soin de nous, il nois prévient quand descendre et nous donne l’heure de rendez-vous pour le retour.

Une vue à couper le souffle. Des ruelles pavées qui mènent tout en haut à un théâtre antique qui domine la vallée des collines. De l’autre côté de la ville, des escaliers qui surplombent la mer. C’est un village perché comme il y en a beaucoup en Sicile. Nous n’aurons peut-être pas l’occasion d’en voir d’autre alors ça valait le coup d’y monter.

Le bus nous redescend à l’heure convenue et nous dépose tout près de l’hôtel pour nous eviter le retour depuis finale. Trop sympa ce chauffeur.

Maintenant, quand je regarde Pollina depuis notre hôtel, je n’ai plus cette frustration de la voir si près sans pouvoir l’atteindre. Je revois la vue, les ruelles et je lui souris. La nuit elle scintille de mille lumières en haut de sa colline. Clin d’oeil, bonsoir.

6 septembre – journée farniente

6 septembre – journée farniente

Au départ il était question de louer une voiture pour aller visiter les villages alentour. Seulement voilà, il n’y a pas de voiture… A 7km au dessus de nous, le magnifique village perché de Pollina nous nargue. Impossible d’y aller. A pied, trop pentu et 7km aller, pas de bus, encore moins de train. Le staff de l’hotel, pourtant là depuis des années ne sait pas nous indiquer comment prendre un bus ou un train. Rien n’est prévu pour renseigner les personnes qui sortent de la norme « je reste à l’hôtel » ou « je fais les excursions de l’hôtel ».

Bien, ce sera donc une journée farniente. Mer, piscine, soleil, il y a pire comme punition ! Nous avons trouvé un petit restaurant au calme pour manger le midi. Pris nos marques dans ce complexe de vacances trop bruyant pour nous. La piscine, inabordable, trop de familles, de cris, pas de transat libre. Ce sera la mer, son sable noir volcanique, ses parasols tranquilles. Et une promenade dans les hauteurs pour se dégourdir les jambes.

L’Italie a cela de bien, que sans voiture on ne peut rien faire, avec, on ne sait jamais où la garer et elle est interdite dans la plupart des villes touristiques !

Une journée sans programme, pour nous qui ne savons pas nous arrêter. Une journée pour faire tomber la pression, pour s’ennuyer. Une journée pourtant qui a passé bien vite.

5 septembre – Cefalù

5 septembre – Cefalù

Le petit village à côté de l’hôtel s’appelle Finale. On peut y aller à pied en empruntant une ancienne route reconvertie en voie verte. Masque sur le nez, nous visitons. Finale domine la falaise et offre donc de jolis points de vue. En dehors de ça, c’est un village tout simple, avec son ancienne tour de guet et ses vieux sur un banc à l’ombre !

Bref, tout ça pour dire que Cefalù nous y allons l’après-midi. En plus des affaires habituelles, ne pas oublier de prendre son masque. Visiter une ville hyper touristique avec un masque par 30 degrés, n’est pas chose facile. On étouffe vite…. Cefalù est une très jolie ville du moyen âge, construite sous le rocher en forme de tête (céphale) qui servait de repère au marins. On ne s’y perd pas, ses ruelles sont tracées en perpendiculaire ; soit elles montent vers la cathédrale (nord sud) soit elles amènent vers la mer (est ouest). Il y a dans la ville un antique lavoir très particulier et bien entendu, une cathédrale. Construite par les byzantins comme une mosquée, puis adaptée par ces mêmes constructeurs pour faire plaisir à chaque religion. L’époque était plus tolérante que la notre… La grande rue qui descend vers la mer débouche sur une porte donnant sur la plage. Il y a une vie grouillante sur cette plage et dans l’eau. Les enfants et les jeunes, sautent, plongent, crient. C’est l’Italie. Tout le monde parle fort. On remonte par une autre rue en mangeant une glace (c’est l’Italie tout de même), le masque à la main.

4 septembre – Envol vers la Sicile

4 septembre – Envol vers la Sicile

Jusqu’au dernier jour ce voyage pouvait être annulé. Et ça y est, nous partons mon homme et moi. Il est très tôt ce matin, les valises sont bouclées, les masques dans le sac. C’est notre 1er voyage covid à l’étranger. Et la Sicile, c’est l’Italie. Et l’Italie a pris cher au printemps. Restons sereins, les vacances, le soleil vont nous faire du bien. Et on sera prudents… Alors, allons, y. Comme si de rien n’était, ou presque ! Il fait beau ce matin, on profite du lever 🌅 de soleil en roulant vers l’aéroport, les couleurs du ciel sont magnifiques. 1ère prise de température avant l’enregistrement. Très dérangeant qu’une personne vise votre front avec un pistolet … Il fait si clair aujourd’hui que l’on peut suivre le trajet de l’avion tout le long du voyage. Le plan de vol nous fait passer tout près de chez moi. Je distingue Bollène au loin, la vallée du Rhône et le mont ventoux qui se détache, majestueux. Puis il est temps d’obliquer vers nice, la corse, et enfin la Sicile qui se profile sous nos ailes. Le stromboli, l’etna. L’avion traverse la sicile nord sud. A l’arrivée à Catane, l’etna impose sa majesté dès le tarmack. 2ème prise de température. L’été est là aussi. Maintenant, nous allons refaire en bus la traversée sud nord ! L’occasion de regarder le paysage de l’intérieur de l’ile. D’abord les champs de pistachiers (enfin je suppose, j’ai lu que c’est la spécialité du coin et il y a des champs à perte de vue !), puis des terres vallonnées jaunies de la sécheresse de l’été. Pas un point de verdure, du jaune à perte de vue. Au loin les montagnes. La végétation change quand on les traverse.Elle devient plus fournie, les arbres plus hauts, plus verts. Enfin, la mer se découvre devant nous. D’un bleu profond, des terres rouges et noires de volcan. La côte est fantastique. Des falaises, une eau translucide avec un panaché de couleurs allant du vert au bleu sombre.

Enfin, nous sommes arrivés. 3ème prise de température. nous pouvons enlever nos masques, découvrir nôtre hôtel et prendre un bain de mer.

Aujourd’hui, une certitude, je n’ai pas de fièvre 🤒.

Il est des rêves d’évasion

Entre un projet et sa réalisation, il y a toujours un monde. Le vocabulaire employé dans les projets ressemble au suivi d’un chemin. Démarrer, conduire, avancer, suivre, semé d’embuches, droit devant, pas à pas, aventureux, voir la ligne d’arrivée. Encore mieux, lorsque le projet est de partir sur un chemin.

L’idée est venue il y a déjà quelques années lors d’un voyage au Puy en Velay. Cette ville est fantastique, animée, agréable, vivante, envoutante. Au détour d’un village, j’ai croisé le chemin. Tout de suite, l’envie de randonner dans ces paysages magnifiques s’est imposée à moi. Je le ferai un jour avec Graine.

Ce jour, on le prévoit, on le fait émerger, on le cale. Ça y est, ce jour ce sera le 8 mai 2020. Il reste 2 mois pour s’entrainer, rassembler les informations et le matériel. Graine a l’expérience de Saint Jacques, elle est de bon conseil.

On parle d’un nouveau virus aux informations.

J’ai acheté une carte topographique et le livre de Stevenson.

Une ville en chine est entièrement confinée.

Espérons que la météo sera avec nous.

Je suis au chapitre 2 du livre. Le confinement est décrété en France. Il reste 6 semaines avant le départ, ça devrait aller.

Stevenson avance avec son âne, ou plutôt l’ânesse décide du chemin pour Stevenson. J’avance avec eux dans les chapitres.

Des règles strictes de sortie avec autorisation sont édictées.

Je suis plongée dans une randonnée au siècle dernier. Plus j’avance dans le livre, plus je sens le chemin s’éloigner. C’est l’anesse Modestine qui décide.

Nous pourrons sortir le 11 mai, pas plus de 100km.

J’ai fini le livre, rangé la carte. On recalera une date. Décidément Modestine ne veut pas démarrer.

Aujourd’hui, premier jour de sortie, nous sommes à Monastier. Prêtes à partir.

Le 8 mai, 2021 ?

Du pays des sucs – Le retour à Paris

L’étrangeté du retour. Nous étions ailleurs. Nous rentrons pour réintégrer le quotidien: la famille – enfants, petits-enfants, les activités de loisirs: arts plastiques, jogging …, les activités sociales: créneau aux 400 coops permanence aux Amis de St Jacques, bénévolat à l’Aire mots, garde de ma petite fille, les tâches ménagères: cuisine, courses, repassage, ménage… Sas entre l’ailleurs et le quotidien: le voyage: voiture, train, avion. Un entre-deux. Nous ne sommes plus dans l’ailleurs , pas encore dans le quotidien. Peu à peu, se dessinent les contours du quotidien tandis que s’estompent les paysages de l’ailleurs Ranger dans la case souvenirs ce qui a été agréable. Oublier le reste. Mettre dans la to do list le tri des photos…

La montée vers Cilaos

Après la cérémonie des offrandes au temple tamoul de Bras Panon, nous montons vers Cilaos

Le temps est couvert…

Au dessus de l’église Notre dame des Neiges, nous nous dirigeons vers les thermes…

Malgré l’heure tardive, l’envie de marcher…

Randonnée vers la Roche Merveilleuse

 

 

Premier jour à la Réunion

A notre arrivée hier soir, les premières babouks…

Elles étaient venues nous accueillir. Nous: les copines – avec les conjoints. 7 personnes avec les conjoints. Et avec nos hôtes, nous sommes 9.

Le petit punch a permis de digérer cette première rencontre imprévue…

Aujourd’hui, nous restons à Ste Suzanne

 

La Cascade Niagara. Grandiose. Il a fait mauvais ces derniers jours. Nous ne pouvons pas nous baigner.