21 février – Saison 2 – Jour 115

La voix de Lilie:

Voilà une belle journée de printemps. L’hiver est loin d’être terminé mais il nous offre une petite pause. J’en profite pour tailler ma vigne et faire un peu de jardinage. Nous nous payons le luxe d’un apéritif au soleil sur la terrasse. Après le repas nous partons chez ma fille passer un moment avec son chat.

3 télécommandes après, nous arrivons enfin à mettre un film. Avez vous remarqué que toutes les télévisions s’allument de façon différente, avec un jeu de box, télécommandes, av1, hdmi8 ! La chatte profite de notre venue pour prendre l’air. Vers 17h, chemin inverse. Le couvre feu s’approche.

La soirée se déroule tranquillement. Je m’occupe un peu de mon site et je passe mon appel hebdomadaire à ma mère. Blues du dimanche soir, heureusement la semaine sera courte. Je télétravaille 2 jours puis les petits viennent passer 3 jours à la maison. J’ai préparé quelques idées d’activités, et il devrait faire beau. Nous n’avons pas pris de vacances depuis fin décembre. Je commence à fatiguer. Mais où aller. La situation ne s’améliore pas, le confinement reste de mise. Que faire en dehors de la maison ? Du coup, je ne prends pas de congés et la fatigue, le stress du travail se fait sentir.

Le soleil et la température de printemps ont fait sortir les citadins dans les rues. Du monde partout. Les uns sur les autres. Comment et pourquoi interdire aux jeunes de vivre ? C’est plus facile pour nous qui sommes plus âgés de rester reclus. Les plus jeunes ont besoin du groupe, besoin de dépenser leur énergie, besoin de faire la fête. 1 an déjà, trop long pour cette jeunesse. Vivement que les personnes à risque soient toutes vaccinées. Peut-être avant l’été. On y croit…

La voix de Graine:

A la traîne, la graine campagnarde…A plusieurs, le temps redevient étroit, mais quel bien ça fait! C’était hier déjà!
Le matin, on envoie les garçons visiter les caves – une cave – car beaucoup sont fermées, c’est assez loin et notre temps est compté. Le temps est incertain. Il y a beaucoup de vent. Nous avons tout de même prévu pour l’après-midi une balade aux cascades d’Arifat. Nous allons manger à la maison. Le resto, ce serait sympa mais pas encore d’actualité! Les filles, nous préparons le filet mignon avec le reste de gratin de chou-fleur un peu complété. Juste le temps avant de faire trois courses au village, d’aller voir le ruisseau et le pigeonnier. Sur ce dernier point, je reste intraitable. Pour moi, c’est prioritaire.
Il fait frisquet, mais pas de vent pour descendre aux cascades. Elles sont magnifiques parce qu’il a beaucoup plu dans le Tarn ces dernières semaines, comme partout ailleurs en France. Il manque juste le soleil. Mais au moins, on n’a pas trop chaud. Il y a beaucoup de monde ici. Tous sont démasqués. Descente jusqu’à la rivière – le Dadou, puis remontée. Ce n’est pas la Réunion, mais, c’est une préparation! Ma graine en visite cueille des jonquilles. sur les flancs des rochers. Je m’arrête devant le presbytère d’Arifat, maison de campagne dans laquelle j’ai passé mes meilleurs moments de vacances entre 10 et 18 ans, avec ma copine d’enfance, d’autres copines, sa famille. Au retour, nous passons par Réalmont et sa place des couverts (arcades sous les maisons) – vide.


Ce soir, des crêpes au menu. De la bière au miel dans la pâte à crêpes. C’est ma co-équipère de graine qui s’y colle. Crêpes épaisses fourrées au jambon, champignons, gruyère, tomates, avec une salade d’endives et du cidre bien sûr. Après le repas, place au jeu. Ce soir, c’est « Labyrinthe ». Un jeu que j’ai récupéré de mon père. Je n’y avais jamais joué. Ensuite, une partie de boggle, un jeu que m’avait fait découvrir ma cousine. Pas de programme à préparer pour demain, car nos visiteurs partiront dans la matinée. Nous traînons à discuter. Cela fait tellement de bien de se retrouver entre amis comme avant!

20 février – Saison 2 – Jour 114

La voix de Lilie:

Elle aurait eu 40 ans aujourd’hui. Comme c’est samedi, nous aurions fait une petite fête, covid oblige, en comité restreint. Nous aurions peut-être loué un gîte. Elle serait venue avec son, ses enfants, peut-être un compagnon. Celui qui repose à côté d’elle, ou un autre. La vie ne l’a pas permis. Aujourd’hui nous sommes là, auprès d’elle. Nous lui avons apporté des fleurs. Nous sommes là, pour un pique nique improvisé et une coupe de champagne. C’est ce dont nous avions envie. Passer un bon moment avec elle.

La voix de Graine:

C’est bien de lui garder une place avec vous. Un beau geste. Nous ne faisons que passer. Il y a parmi nous des étoiles filantes, qui filent avant qu’on ait pu passer assez de temps ensemble.
A la campagne, la légèreté. La balade, le jeu, les rires. Pas assez de temps, de concentration, d’internet pour écrire trois mots sur le blog. J’ai honte. Beaucoup de vent, de vent d’autan. Ce qui rafraîchit beaucoup la température. Du soleil toujours et une très belle luminosité. Ce matin, nous visitons Lautrec en partant de la porte de Caussade, après avoir salué le cavalier solitaire sur son rempart. J’ai oublié mon sac. Pas de portable, pas de photos. Nous montons au moulin. Nous faisons quelques courses pour le week-end.
Ce midi, nous mangeons à la maison. Les pique-niques, c’est bien, mais, pas tous les jours, surtout en hiver. L’après-midi, une virée à Castres et ses maisons sur l’eau. Nous montons sur le Sidobre voir les rochers en équilibre: Peyro clabado, le Roc de l’oie…Il faudrait y passer plus de temps, mais il nous faut rentrer – couvre-feu. Après une journée chargée hier, nous avons fait plus cool aujourd’hui. C’est important de prendre le temps.
Nous rentrons préparer le repas: des lentilles. Pour la soirée, une partie de Cluedo. Le temps passe très vite. Le programme du lendemain n’est même pas calé!

19 février – Saison 2 – Jour 113

La voix de Lilie:

Enfin la semaine se termine. Et arrive le beau temps. Quel plaisir. L’air s’adoucit, on sent comme un avant goût de printemps. Après le déjeuner, entre deux sessions de télétravail, j’en profite pour sortir tailler mes rosiers. Lorsque commence le travail du jardin, que le soleil pointe son nez, que les jours rallongent, alors on a l’impression de sortir d’un long sommeil, d’un long engourdissement.

Lorsque je partais travailler à l’autre bout de Paris, j’attendais fin février pour voir le jour en sortant du travail et presque fin mars pour rentrer de jour jusque chez moi. J’avais l’impression que l’hiver était un long tunnel de nuit. L’avantage de la situation est de vivre un hiver avec la lumière du jour. Presque une année de vie avec ce covid, nous allons repartir pour un second tour de piste. Au bout d’un an, la vie s’installe. On reconnaît des moments, on retrouve des repères, on répète des bouts de vie. Sortir avec un masque, se tenir éloignés les uns des autres, ne plus s’embrasser. Tout ça est rentré dans l’ordre des choses. On se souvient, l’an dernier, fin fevrier, ma sœur était venue avec ses enfants. Mon beau frère n’avait pas voulu, il avait peur d’un virus chinois qui était déjà bien implanté en Italie et qui arrivait chez nous. Il disait que les déplacements superflus devait être évités si on voulai éviter que ça se propage partout. Nous on le trouvait bien alarmiste ….

Je n’ai pas eu mon cours ce soir, le professeur m’a fait faut bon. On reporte à lundi. Du coup, j’ai fini plus tôt. Un petit apéro pour bien démarrer le week-end. Et une soirée tranquille.

La chatte ronronne à mes côtés. En vieillissant elle devient de plus en plus proche de moi. Elle me suit partout, passe ses journées sur le lit derrière mon bureau, ses soirées sur le canapé près de moi, ses nuits dans mon lit. J’adore mettre ma main dans ses longs poils et l’entendre ronronner. Les chats ont le don d’apaiser leur maître. Quoi que, qui est le maître ? Le chat ou plutôt l’humain ?

Les Graines, profitez de votre escapades ensemble et visitez bien. Vous avez beau temps, c’est parfait. Merci pour les photos.

La voix de Graine:

Hier soir, pas moyen d’écrire mon blog. L’internet ne voulait pas passer dans la chambre et je n’avais pas le courage de me relever. Alors, j’ai laissé faire. C’est les vacances. J’ai laissé le soleil m’emporter dans des rêves très vivants et dynamiques. Une bonne nuit complète de campagne.
Hier, nous avons fait le tour des bastides sous un soleil éclatant, le ciel d’un bleu pur. En commençant par Cordes la majestueuse. Mais Cordes, la majestueuse attend le mois de mai pour se découvrir. Il y a à Cordes des boutiques magnifiques: ferronnerie, terre cuite, bijoux, envahies par les touristes en été. En cette fin février, nous avons trouvé porte close, quasiment partout. Et une envie pressante nous a fait faire la montée et la redescente à pas de course sans pousser les quelques portes ouvertes. Nous n’avons pas trouvé les toilettes publiques! Pas doués les touristes. Une erreur quasi-fatale en ces temps de Covid.
Mais quel beau ciel, quelle belle lumière! En bas du village, une brasserie nous a ouvert ses portes pour nous proposer un pique nique conséquent, bien meilleur qu’un sandwich jambon beurre, et soulager nos vessies. Ouf, la belle nous a montré un côté plus accueillant.


Après Cordes, direction La commanderie des templiers de Vaour, puis le magnifique petit village de Penne aux rues jalonnées de poèmes, et sa forteresse, fermée, bien sûr. Nous faisons le tour du village, encouragés par un couple de maçons qui restaurent une façade. Du château de Bruniquel et du village de Puycelsi, nous nous contenterons d’une vue en contre-plongée. Nous faisons la pause à Castelnau de Montmirail. Les villages fortifiés sont déserts. Pas âme qui vive dans ces beaux villages de pierre. Quelle tristesse. Le ciel est d’un beau bleu. Nous apprécions la balade.

Il est temps de rentrer. L’heure du couvre-feu approche. Nous avons beaucoup de route aujourd’hui, suffisamment.
Ce soir, soupe et quiche. Et dodo.

18 février – Saison 2 – Jour 112

La voix de Lilie:

Une journée qui commence par un petit déjeuner au lit. Café, croissant. Hum. Voilà un beau début. Je m’attelle à ma matinée de télétravail et je sais que ce midi ma fille vient déjeuner avec moi. Je nous commande des suschis. Nous sommes tranquilles toutes les deux, les enfants sont chez la nourrice et au centre, nous pouvons parler tranquillement. Nous avons tellement de retard à rattraper et seulement 1h30 devant nous que nous parlons à batons rompus ! J’aime que l’on se retrouve toutes les deux comme avant les petits. Je les adore, seulement ils occupent toute la place quand ils sont là.

L’après-midi je télétravaille en bas car je garde la chienne de mon fils. Il pleut sans arrêt. À certains moments ce sont des trombes d’eau. Le reste de la journée a été grise. Heureusement que j’ai eu des occasions de me rejouir sinon le moral serait tombé bien bas.

Pour finir cette journée de télétravail , je discute avec une copine de travail. Là encore, plein de choses à se dire. Les mêmes problèmes, les mêmes doute, le même ennui, la même envie que ça s’arrête.

Méfions nous, en ce moment j’apprends beaucoup de séparations. Effet confinement ?

La voix de Graine

Hier, soleil, nous avons marché. Aujourd’hui, un ciel plus couvert, nous avons mangé.
Ce matin, les courses, puis la cuisine et le ménage pour mon mari.
Arrivée triomphale de la gazinière au moment de l’apéro, en avance sur l’horaire prévu. Nous installons Madame, enfin le livreur installe Madame, puis nous passons à table avec ma soeur et mon beau-frère. Il est au moins 14 h 30.
17 h 20. Arrivée, prévue, d’une Graine et départ de ma soeur. Couvre-feu oblige.
Apero dans la cour- le soleil est à présent de la partie, préparation du repas…et de nouveau à table.
Même si c’est toujours un peu compliqué pour moi, je suis contente de recevoir des amis à la maison, d’autant plus en ces temps de Covid qui nous isolent les uns des autres.
Une pensée pour toi Lilie, qui garde la maison, qui télétravaille, sous la pluie!
Préparer la sortie de demain. Demain il fera beau. C’est déjà l’heure d’aller se coucher.

15 février – Saison 2 – Jour 109

La voix de Lilie:

Ce soir, tu dois être fatiguée de ta journée Graine. Peut-être endormie, tombée comme une masse. Saine fatigue que le grand air et les grandes randonnées en montagne. Je te lirai demain. Fait de beaux rêves.

De mon côté c’est la reprise de la semaine. Les réunions s’enchaînent. Ce midi un bon repas, préparé par mon mari, m’attend en bas. Un rien peu éclairer une journée morose. Quelque chose qui sort de l’ordinaire. Un moment différent. Après mon travail nous sommes allés ramener le chien chez mon fils. Prétexte pour prendre l’air. Je suis loin des grands espaces ! Au retour, passage par un magasin pour acheter un cuiseur à riz. C’était une grande sortie !

Retour pour le couvre feu. La permission de sortie est terminée. Quand on travaille c’est difficile de ne pas pouvoir sortir le soir. Surtout que les jours rallonge. L’an dernier on pouvait marcher 1km autour de chez soi. Et c’est suffisant pour partir en forêt. J’espère que je pourrai voir arriver le printemps, voir les bourgeons éclorent, et les fleurs sortir de terre. Dès que le temps sera meilleur je me baladerai le midi. Bientôt.

Pour la deuxième fois, les informations parlent de recul de la pandémie. Et même les variants semblent moins méchants que prévu. Cela donne l’impression que l’étau se desserre. Un coin du voile noir au dessus de nos têtes se soulève doucement. Deux jours de file. On se prend à rêver.

L’apprentissage de la lecture

3 ans. Première année de maternelle. Tout à apprendre. A commencer par reconnaître son prénom. Ça y est, petit fils le reconnait. Dans sa chambre, au pied de son lit est accroché son prénom écrit en lettres de bois. Sa maison, ce n’est pas l’école. Pour la première fois, il s’aperçoit que ce qu’il a appris est écrit là, dans sa chambre. Il appelle sa maman, lui montre le tableau et lui dit: « regarde Maman, il y a écrit moi »!

28 décembre – Saison 2 – jour 60

La voix de Lilie:

Il fait 2 degrés ce matin au levé. Trop pour Lans. Il a perdu un oeil, sa bouche, les boutons de sa veste et il a diminué de moitié. Il vit une vie en accéléré. Naissance, décrépitude, mort. En 3 jours. Notre temps de vie est-il réellement plus long ? Pas sûr. Hier petite fille, aujourd’hui sur le tard… Que c’est il passé entre les deux ? Encore une année qui s’achève sans que je l’ai vue passer. Où sont 2019 18 17 16 ? Qu’ai-je fait en 2015 ? Tout se mélange. La seule différence avec 2020, c’est qu’on n’oubliera aucun détail de chacun de ses mois. Une année particulière. Longue à vivre, difficile et pourtant déjà terminée. Le fil de la pelotte se déroule, bientôt la bobine cherra ! Quand j’était petite je croyais qu’il fallait tirer la chevillette et la bobinettecherra ! 😜

Ce 28 décembre offre un joli soleil aujourd’hui et une température plus clémente que ces derniers jours. Le ciel bleu donne plus d’énergie et de joie de vivre que le gris. Ça fait du bien de le voir pointer son nez. Sur la route du retour, je m’arrête dans une ville où je venais petite chez des amis. Depuis tout le monde est parti…. Je retrouve la maison plus facilement que je pensais. Comme si elle m’avait attirée à elle. Nous nous arrêtons un moment devant. L’endroit n’a pas changé. Loin le temps, et pourtant la maison reste, avec de nouveaux habitants, une nouvelle vie. Le quartier autour, lui, a subi les assauts de la société de consommation. Un grand centre commercial s’élève juste derrière les pavillons. Bord de ville de province avec ses immondes zac…

Graine, je te souhaite de bien profiter de ta maison.

La voix de Graine

La maison m’accapare, me possède! Ce n’est plus moi qui gère mon planning, c’est elle. Ce matin, grasse matinée. En plein déjeuner, la radio nous annonce qu’il est … 10 h 30. Une matinée déjà bien avancée. Vite, se préparer, aller acheter le pain, faire quelques courses, déjeuner, faire la pause, faire le tour de la maison, remettre les appareils en route, nettoyer, dépoussiérer, faire l’état des lieux suite aux travaux, aller dire bonjour aux voisins. Nous devons acheter une gazinière. Mais ici, les magasins ferment à 19 h. De toute manière, à 20 h, c’est le couvre-feu! Nous jetons un coup d’oeil rapide. Nous reviendrons demain. J’ai très mal au dos. Le voyage en voiture sans doute, et aussi le stress au sujet des travaux. Dehors, c’est la pluie, la pluie, la pluie. Pas moyen de mettre un pied dehors. C’est vraiment un sale temps. Et ça va durer la semaine. Peut-être de la neige en fin de semaine.
Ce soir, mon mari pose les rideaux, pendant que je nettoie. Demain, nous sommes invités à déjeuner chez ma soeur. J’irais chercher mon frère à sa maison d’accueil et nous partagerons le goûter. Avec ou sans masque? Je ne sais pas. Je verrais bien.
La vie de Lans fut brève mais heureuse et dense. Qu’importe après tout la durée. L’essentiel est d’être vivant tant qu’on est en vie. Trivial, mais pas toujours si évident. Parfois, le temps passe sans nous, comme si nous étions absents de nous-même, comme si nous n’étions pas là.

24 décembre – Saison 2 – jour 56

La voix de Lilie:

La plupart des français sont occupés à préparer le réveillon de Noël. Ce qui donne des villes désertes, en dehors des magasins pris d’assaut, et des routes vides. Nous en profitons pour partir dans le Vercors passer 4 jours loin de tout ce brouhaha. La route est belle, avec quelques cascades magnifiques et bondissantes en cette saison. Il n’y a pas encore de neige, peut-être demain. La petit ville de Lans en Vercors est morte. Pas d’animation à cause du covid, quelques lumières pour égayer un peu. Le petit hôtel de l’arc est bien sympatique. L’accueil aussi. Tout l’après-midi des clients viennent chercher des repas ou des plats pour ce soir. Cela permet aux hôteliers restaurateur de survivre. Pour nous ce sera un repas en chambre. C’est la règle. Et pareil pour le petit déjeuner. Qui n’a pas rêvé d’un room service ? Maintenant c’est une obligation. Pour notre seule soirée sans couvre feu, il pleut et nous ne pouvons pas sortir. Pas de bol. Il ne reste que la télé et la lecture. Il est impossible de trouver une émission qui n’évoque pas la période de Noël. Impossible de s’extraire de cette coutume lorsqu’on n’y participe pas. Deux mois depuis le début des publicités, un mois de cadeaux, menus, décorations, 10 jours de film, reportages. Vivement samedi, que le temps reprenne son cours normal, avec ses sujets de prédilection covid et confinement ! La bonne blague !

Demain la neige est attendue, il y a longtemps que je ne l’ai pas sentie crisser sous mes pieds. Le temps passe vite, je ne me souviens plus si on a eu de la neige à Paris l’an dernier…

La voix de Graine

Comme je comprends, Lilie, ton agacement. Noël. A compter de mi-novembre, difficile d’échapper à ce leitmotiv. Tout tourne autour. La télé, la déco, le shopping…Il ne faut pas être dupe. C’est avant tout une gigantesque opération commerciale. A côté de ça, heureusement, c’est une occasion de se retrouver en famille, autour des petits, de faire un repas festif, d’échanger de menus présents.
Pour le réveillon, nous avions fille et petite-fille. Repas simple. Mais en essayant de sortir de l’ordinaire. Ce qui veut dire pour nous plus de cuisine qu’habituellement. En théorie, préparation tous ensemble. Dans les faits; nous faisons beaucoup et les filles un petit peu. Un essai de bûche pas forcément concluant. A 19 h 30, nous sommes allés prendre l’air à Bastille. Nous sommes remontés du Port de l’Arsenal jusqu’à la Seine. Il n’y avait personne. Le temps s’est beaucoup rafraîchi. J’avais froid. Nous avons couru sur les quais. Puis nous sommes rentrés pour boire le champagne et festoyer un peu.
Fille et petite petite fille sont restées dormir à la maison. C’est plus simple pour le Père Noël. Pour Noël, j’aime bien avoir mes enfants à la maison.
Demain, nous essaierons d’attendre fils et petit-fils pour ouvrir nos paquets. Pour petite-fille, il y aura certainement dérogation.
Ce matin, enfin, je veux dire, le matin du 24 décembre, j’ai passé 2 h à confectionner une carte pour ma soeur aînée. Une manière de lui exprimer de l’affection sans acheter. La carte arrivera après Noël. Ce n’est pas grave. L’affection peut s’exprimer tous les jours de l’année.
Je te souhaite la neige, Lilie. Construis-nous un beau bonhomme de neige et envoie-nous la photo. Fille et petite-fille partent dans le Massif-Central samedi. Elles rêvent de neige elles aussi. Attention aux loups et aux fantômes loups. Il pourrait y en avoir à la montagne.

Mousse au chocolat express

5mn de préparation. Pas de cuisson.

Un petit dessert à savourer à 2. Si possible, 2 cuillères dans le même bol !

Récupérez l’eau d’une mini boite de pois chiche (si si, profitez en pour manger les pois chiches en salade en entrée ! ).

Montez cette eau en neige au batteur et ajoutez 15 grammes de sucre en continuant à battre.

Faire fondre 40g de chocolat (au lait ou noir selon votre goût) 1mn au micro-onde et laisser refroidir 1mn.

Ajouter l’eau en neige en remontant avec une cuillère.

Au frais 2h, ou congélateur 30mn pour le dessert.

C’est prêt ! Simple, rapide et terriblement efficace !

Mots de petit enfant

Ma fille fait manger sa petite. C’est moi qui ai la soupe. Je sais que mon petit fils adore piocher quelques cuillères pendant que je donne à manger à sa soeur. Alors je remplis bien le bol. Ma fille s’en étonne, du coup je demande à mon petit fils s’il a envie de taper un peu de soupe ? Et bien oui, il donne un grand coup dans le bol avec sa main. Il a tapé la soupe !

30 octobre – saison 2 -jour 1

La voix de Lilie:

Triste journée d’automne. Grise. Silencieuse. Télétravail remis en place pour tous. Skipe et WhatsApp s’agitent. Besoin de communication. De se savoir proches les unes des autres. On cherche déjà comment s’occuper. Pour ma part, le travail mange une bonne partie de la journée. Et je me doute qu’on fera plus light que la dernière fois.

Aujourd’hui tout le monde cherche comment continuer son activité, restaurant, bars, librairies… Ou comment continuer à s’amuser. Partir loin de Paris pour confiner au large. Faire ses courses avant la fermeture non annoncée des magasins. Le niveau moyen des français me fait peur 😱. Quel peuple solidaire, quelle impatience de s’amuser. Il y a 80 ans nos grands parents vivaient une guerre terrible, qui a duré 4 ans. Et nous, génération 68 et plus millieniels, pas capables de ne pas s’amuser pendant quelques mois. C’est à pleurer.

Confinons… Sereinement…

La voix de Graines:

Retour de vacances hier soir, jeudi, comme prévu. Trois heures de bouchon pour rentrer sur Paris. Je suis encore en Lozère, sur les chemins de randonnée, en croisant le chemin de Stevenson et ses randonneurs…le Mont Lozère, le Pont de Montvert..Les forêts de hêtre, tout en ocre et or – les fayards – éclairent le gris du ciel. Les oiseaux. Le froid qui pique. Le soleil qui réchauffe. Le vent. Les couleurs. Les odeurs, le silence. La fatigue physique. Et le soir, la piscine.

Sur le chemin du retour, J’entends la radio. Confinement à partir de jeudi soir minuit…Je ne comprends pas ce que cela signifie. Je n’ai pas envie de comprendre. Pas encore. Mon fils squatte toujours à la maison, avec sa femme et son bébé. J’appelle ma fille. Ma petite fille rentre demain. Me rassurer. Retrouver mes petits.

Aujourd’hui, Je reprends contact avec un quotidien qui me rassure et m’effraie. Télétravail pour mon mari qui fonce au bureau récupérer son ordinateur. Me réapproprier mon appartement parisien qui ne me ressemble plus. Nettoyer, ranger, faire les courses, préparer le repas. Reprendre contact avec les amis , la famille. Mail de ma libraire qui propose du click and collect. Sûr, je vais acheter des livres. Parce que j’en ai besoin et que je veux la soutenir. De retour de Suède, ma petite-fille me fait des bisous au téléphone. Mon petit fils babille à qui mieux mieux. Le présent. Ne pas penser à demain. Ce demain qui fait peur. Demain sera un autre jour. Un jour de soleil .

29 octobre – reconfinées

La voix de Lilie:

Était-il véritablement fini ce journal ? Cet espoir que nous avions tous en ressortant le 10 mai. 5 mois de vie avec des gestes barrières pour tenter d’enrayer le virus. Peut-être que collectivement nous n’avons pas été assez appliqués, peut-être que simplement le virus est plus fort que nous. Alors, oui, demain va s’ouvrir le deuxième tome de ce journal. Pour laisser du temps à nos chercheurs et soulager nos soignants.

Demain, en plein automne, avec un temps triste à mourir, se couper des autres. Les graines me manquent. Nous avons si peu profité des 5 mois avec toutes ces restrictions et nous revoilà isolés. Mes rêves de we et de vacances s’envolent. Nous attendrons.

Moins difficile cette fois ci ? Verrons nous nos petits ?

L’occasion revient de se poser, prévoir l’avenir, bricoler, décorer, cuisiner. Surtout, garder l’envie.

Aller, hop, c’est parti. Demain saison 2 – jour 1 !

10 septembre – Palerme

10 septembre – Palerme

Après avoir traversé des banlieues plus ou moins pauvres et tout aussi sales (c’est l’Italie du sud…) nous entrons par la porte principale qui arbore l’aigle, emblème de Palerme, symbole de liberté.
La ville est construite sur 4 fleuves, du coup il n’y a pas de metro.

Tout près de la porte s’élève le palais royal. Il abrite le 1er parlement du monde créé en 1130.

Plongeons dans le moyen âge de la sicile. Les plus grandes connaissances du monde se sont développées en Sicile et ont été conservées à Palerme par frederic 2, petit fils du fondateur normand. (nord man, l’homme du nord, le français).

Les monuments ont été construits par les arabes qui connaissaient l’architecture et adapté par les diverses conquérants suivants. Du coup on trouve des églises en forme de mosquées. La Sicile a été sous 13 dominations différentes. Il est plus rapide de dire qui n’est pas venu !

En prenant la rue principale qui part de la porte et descend jusqu’à la mer, nous arrivons devant la cathédrale qui abrite les reliques de Sainte Rosalie patronne de Palerme. Mosquée déguisée en église. Une maxime gravée sur cette église: opebus credite (si je me souviens bien) qui veut dire: ce que vous faites est plus important que ce que vous dites. Nos ancêtres avaient déjà tout compris, et notre époque l’oublie trop souvent… Dans ce style, les policiers sans masques, parlent entre eux où aux passants dans les voitures. Masque obligatoire ?

Poursuivons le corso principale avec un arrêt pour déguster un jus d’oranges et grenades pressées. On arrive à la place di quatro canti, quatre quartiers ou place du soleil. Croisement de routes avec des statues et une fontaine dans chaque coin. Elles représentent les 4 saisons, les 4 fleuves (par les 4 fontainesl, les 4 saints, dont sainte Rosalie.

Partant à droite, un peu plus loin, la fontaine du prestoria surtout appelée place de la honte. Parce qu’elle est entourée de statues nues alors qu’elle se trouve devant un couvent: que vergogna, quelle honte ! Ou aussi parce que tant d’argent dépensé alors que Palerme en avait besoin.

Derrière, plusieurs eglises, couvents avec des coupoles arabes.

Quittons les monuments pour découvrir la Palerme d’aujourd’hui. Des petites ruelles tortueuses qui débouchent sur des placettes où les habitants se parlent de balcon à balcon ou de balcon à la rue ou la place. Des échoppes dans les ruelles, des magasins de souvenir et des marchés. Beaucoup de mouvement, de vie, de voies. Les murs jaunâtres, les volets verts, la saleté par terre, partout.

Quittons ce quartier pour nous diriger vers le théâtre massimo. Comme son nom l’indique, le plus grand, le premier. En réalité le 3ème d’europe, mais le premier climatisé dans les années 1800 par un système de courants d’air. Magnique batiment, construit après avoir rasé tout le quartier !

Il est temps de repartir de Palerme et de rentrer à l’hôtel, profiter de la plage, de la mer et des terrasses pour y prendre un petit verre.



9 septembre – Les iles éoliennes.

9 septembre – Les iles éoliennes.

Lever de soleil ce matin depuis l’hôtel. Ces vacances me font lever plus tôt que le travail ! Mais quel beau spectacle. Rare pour moi qui suit une lève tard.

Après une journée route hier, se sera une journée bateau aujourd’hui.

Les iles sont des volcans soudés entre eux. Les
Iles eoliennes, ont été créée par des grecs. Ils produisaient des câpres. Chez nous, on mange le bouton. Ici ils mangent aussi le fruit (qui pousse après la fleur si on laisse eclore le bouton) et qui ressemble à un concombre avec une tige. En salade, ou au vinaigre. Plus délicat que le bouton.

L’homme des cavernes, lui, faisait des couteaux avec de la lave. Il faut 4 à 5 ans pour que la lave refroidisse. Si elle refroidit trop vite, les gaz sortent, la pierre devient blanche: c’est la pierre ponce. Sur l’ile, elle est protégée, on ne peut plus l’extraire. 1/4 de l’ile est en pierre ponce. Le reste en oxydiène, noire, coupante. On en fait des couteaux, des pointes de lances.

A Milazzo, nous embarquons dans une Navette vers Lipari, 1ère des îles eoliennes. 1h de traversée . Il fait très chaud déjà, 26 degrés. Pourtant il est à peine 9h. On se met à l’ombre à l’arrière du bateau. Je me suis mise le nez au vent pour regarder l’ile qui se dessine au loin. C’est reposant, le tangage du bateau, le bruit de l’eau et de l’écume et aussi celui du moteur… . Le ciel la mer la terre au loin. Je médite. Sur ma vie… Lipari la plus grande des iles éoliennes, la plus habitée et certainement la plus jolie.

On croise à notre droite l’île de Stromboli dans la brume. C’est une des plus petites iles, on ne peut pas y aller car le volcan est toujours actif. A gauche en avant, Vulcano, nous irons après. Tout au fond, la dernière des éoliennes, Saline.

A ce qu’il paraît, des policiers se déguisent en touristes à l’arrivée des bateaux pour prendre des photos témoins des personnes sans masque. Et sans masque 400e d’amende. Ça ne lésine pas en Italie… On n’a rien remarqué et vu beaucoup de personnes sans masque….

Depuis le bateau on aperçoit la coulée blanche de pierre ponce.
La navette nous débarque à Lipari, sur la plage où était arrivé Ulysse.

Lipari se visite en peu de temps, comme toutes les eoliennes elle est petite et se concentre autour du port. Il y a une belle citadelle en haut avec de grandes terrasses panoramiques.

On se faufile un peu dans les ruelles pour éviter la voie centrale et ses boutiques de souvenirs. Par erreur, je voulais un granité citron, j’essaie la spécialité du coin, sorte de jus de citron salé. Pouah, je n’y reviendrai pas !

Après une heure de visite et pas mal de photos, retour sur le bateau, direction Vulcano. 10mn entre les 2 îles.

Vulcano est formée par 3 volcan. Dont un qui s’appelle la forge. L’histoire raconte que lorsque le forgeron tape sa forge, on voit de loin les étincelles. L’histoire ne dit pas qu’elle pièce a été usinée ! Et ne dit pas non plus l’odeur nauséabonde de soufre qui se dégage des collines. Là, le masque est bienvenue, plus un gilet devant le nez ! À l’endroit où l’odeur est presque la plus forte, il y a une pizzeria….. Seuls les autochtones doivent avoir le cœur d’y manger !

De nôtre côté, nous mangeons plus loin de cette odeur. Un plat de pâtes typiques de l’île : câpres et olives. Je déteste les câpres et pourtant ici, je trouve délicieuses leurs toutes petites câpres, à peine plus grosses que des lentilles.

On vient à Vulcano essentiellement pour ses bains de boue sulfureuse (fermés en ce moment) et ses eaux bouillonnantes. Dans l’eau de mer s’échappent ça et là des chapelets de petites bulles. Cela crée des courants d’eaux chaudes. Au milieu de l’eau, il y a même un gros jet d’eau chaude qui remonte à la surface. Comme un jacuzzi naturel. L’eau est très soufrée, vert pâle à certains endroits.

Je décide de prendre un bain pour profiter de cette curiosité. Au moment de mettre mon maillot de bain, je m’aperçois que j’ai pris 2 bas de maillot, pas de haut !!! et pas de topless en Sicile (en tout cas, pas vu) qu’à cela ne tienne, je me baigne avec mon tee shirt. Juste qu’à la sortie de l’eau, je fais un peu miss tee shirt mouillé !!! Voilà donc une baignade mémorable en tout point de vue !

Avant de repartir vers Milazzo, le bateau effectue un tour de l’île pour nous montrer quelques beautés de la nature. La Grotte de pégase (j’ai eu beau regarder je n’ai pas vu le cheval, encore moins les ailes !), bassins, falaises, rocher du lion (là j’ai bien vu le lion !) , colonne.

On peut même voir les niveaux de roches soulevées par les poussées suivantes.

Encore une journée bien remplie…

8 septembre – L’Etna – Taormine

8 septembre – L’Etna – Taormine

L’excursion du jour nous conduit vers l’Etna. Le temps d’approche est assez long car nous sommes quasiment à l’opposé de l’île. Du temps pour notre guide, Mario, pour nous raconter des anecdotes sur la sicile. A savoir, quelques morceaux choisis: le nom de la déesse de la mer et de la terre, Desmeter, que les citronniers ici donnent 4 frutaisons, la dernière ne murissant pas fait ce que l’on appelle lime. Il y a de très nombreuses variétés de citron, l’une d’entre elle donne des citrons très gros, comme des melons allongés. D’autres sont sucrés ou acides ou amers, il y en a pour toutes les recettes. Dont les spaghetti aux citrons qui sont à tomber (les filles) aux dires de Mario !

On retraverse les champs de pistachiers, qui sont en réalité des orangers de petite taille !

Est-ce que vous saviez que l’on trouve les 3 volcans vesuve, stromboli et etna sur le même méridien ? Ce méridien, 25ème, grindwitch, je vérifierai ! Est aussi appelé faille volcanique, ou tunnel de lave.

L’etna ne fait pas partie de la Sicile. Non, non. La sicile faisait un golfe autrefois, et soudainement, du fond des mers a jailli le volcan. Et d’éruptions en éruptions, les coulées se sont agglutinées aux terres de la sicile. Il n’y a pas de terre, seulement de la lave. Maintenant, c’est la partie la plus habitée de l’île car la plus fertile.

Nous sommes partis très tôt ce matin car dès midi le volcan se couvre et adieu les photos. Pour notre venue, il est déjà couvert…. Pas d’image d’Épinal pour nous ! Heureusement il est très haut, 3300m, bien au dessus des nuages. Depuis le parking à 1900m, nous prenons le téléphérique puis une navette qui nous emmènent à 3000m. De là, on peut admirer une des 4 bouches de l’etna, toujours en activité. Des fumeroles blanches de vapeur d’eau 85% et jaunâtre de soufre. Légèrement plus bas, la petite bouche de l’éruption de cet été fume encore. Si le temps est beau (gloups) on peut voir la vallée en bas et la mer….😱.

Après cette première partie de journée, cap sur Taormine. En descendant la route de l’etna nous rencontrons la pluie. Les nuages s’accrochent à lui comme pour rivaliser avec son panache de fumeroles !

Bien heuresement il fait très beau à Taormine, et même très chaud. Son nom lui vient de sa situation géographique entre 2 collines qui forment comme 2 cornes de taureaux. La ville surplombe la mer de 200m. Depuis la place principale, il y a une vue magnifique. La rue principale est bordée de magasins de luxe. Et aussi d’un bon glacier ! De chaque côté partent des vicoli, petites ruelles ombragées. L’une d’elle conduit au jardin de la villa municipale. Un havre de fraîcheur, un panorama sur la mer et l’anse de Taormine. Ça me rappelle la vue sur la promenade des anglais à nice, vu du chateau. Sauf qu’en bas la promenade c’est la voie de chemin de fer ! Dans Taormine, le plus connu est le théâtre antique qui offre cette même vue depuis le haut de ses gradins. Mais, nous, pas envie de le faire ! Entrée payante, beaucoup de monde, peu de chose à voir… Et on a vu celui de Pollina, alors !

La journée est passée, la route est longue pour rentrer. Le retour se fera par le haut pour passer par Messine (sans pêcher la sardine) et le détroit, 3km de large, qui sépare la Sicile de la calabre – pied de la botte.

Une journée bien remplie, des souvenirs plein les yeux. Et de beaux rêves en perspective.

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

Ce matin nous partons pour les gorges de Tiberio. Présentées comme une promenade en barque sur des eaux limpides et baignade dans des baignoires naturelles. La réalité est moins paradisiaque… La chaleur de l’été a asséché la rivière.. Il ne reste qu’un fond d’eau assez saumâtre, noire dans les gorges et verte ailleurs. Les baignoires sont devenues lavabo ! Y aller, oui, au printemps, ce doit être magnifique. Personnellement, j’ai eu l’impression d’être au bord de l’Ardèche, en fin d’été. Heureusement, le trajet était sympatique à travers les collines et la balade en bateau gonflable avec charlotte, casque et masque, amusante. Chat échaudé craint l’eau froide, pour ceux qui ont fait le voyage à la Réunion avec moi, je me suis équipée d’une pochette téléphone étanche ! Ce fut tout de même une sortie agréable.

L’après-midi, c’est décidé : cap sur Pollina qui nous nargue du haut de la colline. Un petit travail d’étude des transports en commun du coin et nous voilà partis à pied pour Finale où devrait…. passer un bus pour Pollina. Internet prévoit 14h20, aucune indication sur l’arrêt de bus, les gens du coin nous disent 15h. Bah, attendons. Finalement le voilà à 14h20 ! Bravo Internet. Nous sommes fiers de la réussite de notre entreprise ! A nous Pollina.

Le chauffeur du bus prend soin de nous, il nois prévient quand descendre et nous donne l’heure de rendez-vous pour le retour.

Une vue à couper le souffle. Des ruelles pavées qui mènent tout en haut à un théâtre antique qui domine la vallée des collines. De l’autre côté de la ville, des escaliers qui surplombent la mer. C’est un village perché comme il y en a beaucoup en Sicile. Nous n’aurons peut-être pas l’occasion d’en voir d’autre alors ça valait le coup d’y monter.

Le bus nous redescend à l’heure convenue et nous dépose tout près de l’hôtel pour nous eviter le retour depuis finale. Trop sympa ce chauffeur.

Maintenant, quand je regarde Pollina depuis notre hôtel, je n’ai plus cette frustration de la voir si près sans pouvoir l’atteindre. Je revois la vue, les ruelles et je lui souris. La nuit elle scintille de mille lumières en haut de sa colline. Clin d’oeil, bonsoir.

6 septembre – journée farniente

6 septembre – journée farniente

Au départ il était question de louer une voiture pour aller visiter les villages alentour. Seulement voilà, il n’y a pas de voiture… A 7km au dessus de nous, le magnifique village perché de Pollina nous nargue. Impossible d’y aller. A pied, trop pentu et 7km aller, pas de bus, encore moins de train. Le staff de l’hotel, pourtant là depuis des années ne sait pas nous indiquer comment prendre un bus ou un train. Rien n’est prévu pour renseigner les personnes qui sortent de la norme « je reste à l’hôtel » ou « je fais les excursions de l’hôtel ».

Bien, ce sera donc une journée farniente. Mer, piscine, soleil, il y a pire comme punition ! Nous avons trouvé un petit restaurant au calme pour manger le midi. Pris nos marques dans ce complexe de vacances trop bruyant pour nous. La piscine, inabordable, trop de familles, de cris, pas de transat libre. Ce sera la mer, son sable noir volcanique, ses parasols tranquilles. Et une promenade dans les hauteurs pour se dégourdir les jambes.

L’Italie a cela de bien, que sans voiture on ne peut rien faire, avec, on ne sait jamais où la garer et elle est interdite dans la plupart des villes touristiques !

Une journée sans programme, pour nous qui ne savons pas nous arrêter. Une journée pour faire tomber la pression, pour s’ennuyer. Une journée pourtant qui a passé bien vite.

5 septembre – Cefalù

5 septembre – Cefalù

Le petit village à côté de l’hôtel s’appelle Finale. On peut y aller à pied en empruntant une ancienne route reconvertie en voie verte. Masque sur le nez, nous visitons. Finale domine la falaise et offre donc de jolis points de vue. En dehors de ça, c’est un village tout simple, avec son ancienne tour de guet et ses vieux sur un banc à l’ombre !

Bref, tout ça pour dire que Cefalù nous y allons l’après-midi. En plus des affaires habituelles, ne pas oublier de prendre son masque. Visiter une ville hyper touristique avec un masque par 30 degrés, n’est pas chose facile. On étouffe vite…. Cefalù est une très jolie ville du moyen âge, construite sous le rocher en forme de tête (céphale) qui servait de repère au marins. On ne s’y perd pas, ses ruelles sont tracées en perpendiculaire ; soit elles montent vers la cathédrale (nord sud) soit elles amènent vers la mer (est ouest). Il y a dans la ville un antique lavoir très particulier et bien entendu, une cathédrale. Construite par les byzantins comme une mosquée, puis adaptée par ces mêmes constructeurs pour faire plaisir à chaque religion. L’époque était plus tolérante que la notre… La grande rue qui descend vers la mer débouche sur une porte donnant sur la plage. Il y a une vie grouillante sur cette plage et dans l’eau. Les enfants et les jeunes, sautent, plongent, crient. C’est l’Italie. Tout le monde parle fort. On remonte par une autre rue en mangeant une glace (c’est l’Italie tout de même), le masque à la main.

4 septembre – Envol vers la Sicile

4 septembre – Envol vers la Sicile

Jusqu’au dernier jour ce voyage pouvait être annulé. Et ça y est, nous partons mon homme et moi. Il est très tôt ce matin, les valises sont bouclées, les masques dans le sac. C’est notre 1er voyage covid à l’étranger. Et la Sicile, c’est l’Italie. Et l’Italie a pris cher au printemps. Restons sereins, les vacances, le soleil vont nous faire du bien. Et on sera prudents… Alors, allons, y. Comme si de rien n’était, ou presque ! Il fait beau ce matin, on profite du lever 🌅 de soleil en roulant vers l’aéroport, les couleurs du ciel sont magnifiques. 1ère prise de température avant l’enregistrement. Très dérangeant qu’une personne vise votre front avec un pistolet … Il fait si clair aujourd’hui que l’on peut suivre le trajet de l’avion tout le long du voyage. Le plan de vol nous fait passer tout près de chez moi. Je distingue Bollène au loin, la vallée du Rhône et le mont ventoux qui se détache, majestueux. Puis il est temps d’obliquer vers nice, la corse, et enfin la Sicile qui se profile sous nos ailes. Le stromboli, l’etna. L’avion traverse la sicile nord sud. A l’arrivée à Catane, l’etna impose sa majesté dès le tarmack. 2ème prise de température. L’été est là aussi. Maintenant, nous allons refaire en bus la traversée sud nord ! L’occasion de regarder le paysage de l’intérieur de l’ile. D’abord les champs de pistachiers (enfin je suppose, j’ai lu que c’est la spécialité du coin et il y a des champs à perte de vue !), puis des terres vallonnées jaunies de la sécheresse de l’été. Pas un point de verdure, du jaune à perte de vue. Au loin les montagnes. La végétation change quand on les traverse.Elle devient plus fournie, les arbres plus hauts, plus verts. Enfin, la mer se découvre devant nous. D’un bleu profond, des terres rouges et noires de volcan. La côte est fantastique. Des falaises, une eau translucide avec un panaché de couleurs allant du vert au bleu sombre.

Enfin, nous sommes arrivés. 3ème prise de température. nous pouvons enlever nos masques, découvrir nôtre hôtel et prendre un bain de mer.

Aujourd’hui, une certitude, je n’ai pas de fièvre 🤒.

1er jour de vacances

Enfin, il est arrivé ce 1er jour de vacances tant attendu. Casser son rythmne, perdre ses repères pendant quelques jours. Avant ça, préparer sa valise, ne rien oublier. Embrasser le chat qui va rester chez lui, solitaire. Enfin, fermer la porte de la maison et laisser l’année derrière soi.

C’est toujours un temps suspendu, un moment de doute. J’ai du mal avec les transitions. Heureuse de partir, de m’éloigner de ces jours de travail qui me pèsent tant et de ces jours de grisaillent qui m’achèvent le moral. Et pourtant, stressée de lâcher mon monde.

C’est parti. Ce soir, hotel spa à Lyon pour se détendre du voyage. J’aime cet endroit, ses piscines bouillonnantes à ciel ouvert. Après un bon bain, aller flaner dans le vieux Lyon et manger dans un petit bouchon. Cette année covid oblige, le masque est partout de rigueur. Pourtant peu le portent dans la rue et les terrasses sont blindées.

Après le repas, promenade de santé pour admirer la vue depuis la colline de Fourvière.

Ça y est, le rythme est pris, le premier jour des vacances s’achève. Je suis détendue. Une bonne nuit là dessus et en avant pour 17 jours de liberté 🗽 !

Disparaitre

Vous est-il il jamais arrivé d’avoir envie de vous faire si petite, si petite, jusqu’à vous fondre dans l’espace… Jusqu’à disparaître dans le sol. Parce qu’un discours trop violent a ébranlé votre être tout entier, sapé l’équilibre précaire que vous aviez batti année après année, vous a ramené en arrière, à la source de vos maux d’enfants. Parce que vous avez découvert, que non, vous n’avez pas avancé, juste mis la poussière sous le tapis.

Merci Graine d’être près de moi.

L’odeur des roses

J’adore sentir l’odeur des fleurs. Dans le jardin, le lilas et le serynga embaument au printemps, les violettes me frustrent avec leur parfum insaisissable. Dans la forêt, le muguet, m’enchante de son parfum délicat. Mais plus que tout autre, j’adore le parfum des roses. Me plonger toute entière dans la fleur et la respirer à pleins poumons. Ce parfum m’ennivre, m’ensorcele, me donne de l’énergie. Dans le jardin, 2 rosiers, un grimpant avec des roses rouge vif et un buisson aux roses blanches m’offrent régulièrement leurs fleurs odorantes. Je m’arrête devant et je sens. Mon âme s’envole.

Aujourd’hui Graine a peint un tableau qui représente une femme très belle qui respire une rose dans son jardin. Elle ressemble à ma mère lorsqu’elle était jeune. Ce tableau fait remonter en moi l’émotion du parfum des roses et de mon enfance. Je revois ma mère dans son jardin. Magie de la peinture.

Il est des rêves d’évasion

Entre un projet et sa réalisation, il y a toujours un monde. Le vocabulaire employé dans les projets ressemble au suivi d’un chemin. Démarrer, conduire, avancer, suivre, semé d’embuches, droit devant, pas à pas, aventureux, voir la ligne d’arrivée. Encore mieux, lorsque le projet est de partir sur un chemin.

L’idée est venue il y a déjà quelques années lors d’un voyage au Puy en Velay. Cette ville est fantastique, animée, agréable, vivante, envoutante. Au détour d’un village, j’ai croisé le chemin. Tout de suite, l’envie de randonner dans ces paysages magnifiques s’est imposée à moi. Je le ferai un jour avec Graine.

Ce jour, on le prévoit, on le fait émerger, on le cale. Ça y est, ce jour ce sera le 8 mai 2020. Il reste 2 mois pour s’entrainer, rassembler les informations et le matériel. Graine a l’expérience de Saint Jacques, elle est de bon conseil.

On parle d’un nouveau virus aux informations.

J’ai acheté une carte topographique et le livre de Stevenson.

Une ville en chine est entièrement confinée.

Espérons que la météo sera avec nous.

Je suis au chapitre 2 du livre. Le confinement est décrété en France. Il reste 6 semaines avant le départ, ça devrait aller.

Stevenson avance avec son âne, ou plutôt l’ânesse décide du chemin pour Stevenson. J’avance avec eux dans les chapitres.

Des règles strictes de sortie avec autorisation sont édictées.

Je suis plongée dans une randonnée au siècle dernier. Plus j’avance dans le livre, plus je sens le chemin s’éloigner. C’est l’anesse Modestine qui décide.

Nous pourrons sortir le 11 mai, pas plus de 100km.

J’ai fini le livre, rangé la carte. On recalera une date. Décidément Modestine ne veut pas démarrer.

Aujourd’hui, premier jour de sortie, nous sommes à Monastier. Prêtes à partir.

Le 8 mai, 2021 ?

Les bras m’en tombent !

L’apprentissage du Français n’est pas chose facile. Beaucoup de vocabulaire, mais pas que. Voilà que Maman, et même Mamie, se mettent à dire des phrases qui n’ont pas de sens.

Hier, alors que je tenais à garder mon verre d’eau dans les mains, Maman m’a dit qu’il n’allait pas s’envoler. J’ai regardé le verre, puis le ciel. Est-ce possible que mon verre puisse s’envoler ?

Ce soir, au moment d’aller me coucher, Mamie m’a dit qu’il est temps de monter dans la chambre puisque la nuit est tombée. Je n’ai rien entendu, elle n’a pas fait de bruit la nuit en tombant. J’ai regardé dehors, je n’ai rien vu par terre.

L’incompréhension qui se lit sur mon visage les amuse beaucoup. Si je savais m’exprimer, je dirais que ce qu’elles racontent n’a ni queue ni tête !

A ma petite fille

Tu es arrivée au tout début de cette bien curieuse année. Fille de ma fille, je crois bien que je t’attendais depuis toujours. Te prendre dans mes bras, t’y sentir pelotonée, me gaver de ta chaleur. Te voir t’éveiller à la vie, petites touches par petites touches. Puis cette séparation imposée, et me voilà privée de toi, de ces moments de tendresse. Il te faudra apprendre à croiser des visages, toi qui ne connaît que ceux de tes parents et de ton frère. Apprendre une Mamie, un papy. Apprendre un autre amour, d’autres lieux. Je serai là pour toi, je t’aime tant, tu me manques tant. Et nous ferons ensemble des jeux des rires et des bêtises. Nous oublierons ensemble notre séparation.

Présence

Passent les jours ….

Finalement, passent les jours sans que l’on en soit consciente. Se lever, se coucher, se lever se coucher, la semaine est terminée.

Comment arrêter le temps ?

Etre présente à chaque instant ?

Sans interaction, une demande, une question, un téléphone, un écran et cent mille choses à faire

Oser dire

Penser tout bas…

  • Que l’on préfère travailler que s’occuper des enfants
  • même qu’on préfère un des enfants
  • ou qu’on n’aime pas un des enfants
  • ….
  • Aie… ça se dit pas
  • Qu’on veut se mettre au lit avec un bon livre sans passer par la douche
  • Que les copines sont plus précieuses que notre homme
  • Oups, je le dis pas.
  • ….

La fête des grands mères

Ma fille m’appelle ce matin.

– » Maman, c’est la fête des grands-mères aujourd’hui. »

– » Tu as raison ma chérie, appelle ta grand-mère, ça lui fera plaisir. »

– » Heu, en fait, je voulais te souhaiter à toi, ta première fête des grands-mères… »

….

C’est vrai, je suis grand-mère depuis quelques mois.