Mercredi 28 février – La fin du voyage

Mercredi 28 février – La fin du voyage

La voix de Lilie

Déjà le soleil filtre à travers les rideaux de la chambre, le dernier jour du voyage pointe son nez…
Les automatismes des départs se mettent en route. Tout étaler sur le lit, ranger les valises, faire le check out de l’hôtel. Mais avant ça, prendre un bon petit déjeuner car la journée sera longue, se baigner car c’est la dernière, prendre un verre sur la terrasse de l’hôtel.
Mon frère nous quitte vers 14h pour prendre son vol pour Samui. Le notre est à minuit, il nous reste un après-midi de visite.
Nous prenons la barge pour traverser le Chao praya (le fleuve de Bangkok, je crois que j’ai oublié de mentionner son nom !), puis un bateau un peu plus chic que ceux que l’on a pris jusque là, pour aller voir le joli temple de Wat Arun au bord du fleuve. Ce temple est très particulier de par sa forme pyramidale et parce qu’il est fait en pierre recouvert de faiences mais pas de dorures. Il n’y a pas d’interieur non plus, c’est une Pyramide entourée de 4 tours. On peut monter au premier étage par des escaliers très étroits et très hauts ce qui donne un bel effet de vertige à la descente ! On fait le tour de la plate-forme et on aperçoit les escaliers qui montent tout en haut de l’édifice mais ne sont pas accessibles. Peut-être qu’aujourd’hui est un jour particulier car il y a beaucoup de chinoises vêtues de tenues traditionnelles et d’une ombrelle, certaines avec une couronne. Leurs amis les prennent en photo sur le temple. L’une d’entre elle accepte de faire une photo avec Mr Lilie.
Le jardin autour du temple se visite également, il y a plusieurs temples avec des grands bouddhas à l’intérieur, et la statue d’un homme devant lequel les gens se prosternent.
Comme d’habitude, à l’extérieur du temple, sous les Arcades on retrouve les plaques hommages aux disparus sous les alignements de bouddha.
Il fait très chaud encore aujourd’hui, on cherche l’ombre…
On reprend un bateau encore plus chic, on a essayé toutes les gammes aujourd’hui ! Pour revenir au centre commercial Iconsiam parce qu’on a repéré une terrasse au dernier étage et il doit y avoir une vue magnifique. Il faut d’abord monter les 8 étages d’escalator. Chaque palier a son bar en terrasse, mais impossible d’y aller sans consommer ! Heureusement au dernier étage, la terrasse est libre d’accès. La vue sur le fleuve et la ville est fantastique, ses grattes ciel ultra modernes mêlés aux quartiers pauvres, piquetés des dorures des temples qui se reflètent au soleil.

Il est temps de rentrer à l’hôtel, prendre un dernier bain dans l’eau tiède de la piscine, récupérer nos bagages, prendre un taxi pour l’aéroport.

Ainsi s’achève ce superbe voyage de 4 semaines en Thaïlande qui est passé si vite que je suis étonnée d’être déjà à l’aéroport en train de rédiger cet article..

Il faut bien refermer une page pour pouvoir en ouvrir une autre…

Mardi 27 février – Le parc Lumpini, le bouddha d’or et Asiatique

Mardi 27 février – Le parc Lumpini, le bouddha d’or et Asiatique

La voix de Lilie

L’hôtel dispose d’une navette qui, toutes les heures, dépose ses clients au métro le plus proche. Pratique, on en profite tous les matins vers 10h. Il faut dire qu’on est un peu lent au démarrage. Levés vers 7h, petit déjeuner à 8, baignade à 8h45, douche à 9h30 ! 😜
Ce matin nous partons donc avec la navette prendre le métro pour le parc Lumpini. Petit bois de Vincennes, ou plutôt mini central parc au milieu de la ville et ses grattes ciel, avec son lac central et ses allées . Bien sûr la flore est différente, la faune aussi. Si on croise des corbeaux et des pigeons, l’attraction ici se sont les varans. Ces gros lézards apathiques capables tout à coup de se déplacer à une vitesse impressionnante. Il y en a qui se reposent au bord de l’eau, d’autres qui se pourchassent pour un morceau de nourriture, d’autres qui nagent au bord du lac. Des adultes, assez gros, peut-être 1m50 de long, quelques petits, déjà bien 30cm.
Le cadre est très beau, le parc entouré par les immeubles autour. Il fait déjà si chaud que les promeneurs se laissent arroser par les arrosages automatiques !
Après cette mise en jambe, on reprend de métro pour aller voir le bouddha d’or. Il est à l’entrée de china town où nous étions hier, mais bêtas que nous sommes, nous ne l’avions pas vu… Un charmant monsieur dans la rue nous affirme que le temple est fermé ce matin car il y a une cérémonie pour la fille du roi. Comme hier, ce n’est pas vrai, pourtant cet homme avait vraiment l’air sincère… Pour monter voir le Bouddha, les femmes doivent se couvrir jambes et bras. Comme d’habitude, on ne demande rien aux hommes. Bref c’était la séquence féministe !
Le bouddha d’or, pèse 5 tonnes d’or massif. On rêve d’en gratter quelques grammes ! Il a 700 ans. A l’origine il avait été recouvert d’une couche de plâtre pour éviter qu’il ne soit pillé pendant les guerres (il y a bien eu une guerre en Thaïlande…) et installé dans un temple. En 1955, en le déplaçant pour l’emmener dans son nouveau temple, un morceau de plâtre s’est détaché et ils ont découvert qu’il était tout en or. Mythe ou réalité, allez savoir. En tout cas, c’est le trésor de la Thaïlande et du boudhisme.
Sur ce, il est temps de faire une pause déjeuner. China town, c’est de la street food partout. Ce n’est pas vraiment l’endroit pour trouver un restaurant. Mais manger la street food, debout, en pleine chaleur ne nous tente pas. On a besoin de s’arrêter un peu. On finit bien sûr par trouver ce que l’on cherche en sortant un peu du quartier Chinois.
Après la pause, nous partons vers le fleuve embarquer sur un bateau pour aller à Iconsiam. Iconsiam, c’est un immense centre commercial sur le bord du fleuve, avec ses boutiques chic, Vuiton, Dior, Gucci.. Moins chic Sephora, HetM et j’en passe, sur 7 ou 8 ou 10 niveaux. On dirait les halles, mêmes boutiques, même carrelages au sol, puissance 10 ! Au rez de chaussée, il y a comme un marché flottant traditionnel, des échoppes de nourriture, de vêtements, comme un marché de rue. Et à partir du 1er étage, c’est ke centre commercial moderne, la défense, les halles ! C’est très végétalisé, en plantes artificielles ! Le parvis extérieur offre une vue sur les buildings en face d’où on peut faire de très belles photos.
Finalement, le centre n’est qu’à un km de l’hôtel. On rentre à pied ! La chaleur est toujours étouffante.
Le soir nous prenons un touktouk pour aller à Asiatique Riverfront. C’est un espace piéton très animé, au bord du fleuve. Il a été créé en 2012. Restaurants, boutiques, manèges, une grande roue illuminée comme aux Tuileries. Un magnifique 3 mats transformé en restaurant de luxe est amarré devant. On s’y promène, on écoute les musiciens dans les restaurants, on y mange bien, des produits de la mer et des plats Thaï très bien cuisinés.
Il est déjà temps de rentrer dans un touktouk d’un âge très avancé, pour notre dernière nuit en Thaïlande…

On commence à envisager le choc thermique du retour !

Lundi 26 février – La maison de Jim Thomson et China town

Lundi 26 février – La maison de Jim Thomson et China town

La voix de Lilie

Ce matin nous partons visiter la maison de Jim Thomson. C’est un Américain qui s’est installé là, et qui a remis en fonction le tissage manuel de la soie dont le savoir faire s’était perdu. Il est tombé amoureux des maisons en bois Thaïlandaises, s’en est faire une sur un terrain qu’il a acheté au bord d’un canal. Il l’a faite construire tout en bois avec leur savoir faire couplé à une disposition de pièces à l’européenne (nous a-t-on dit). Il a également récupéré 4 petites maisons dans une province de Thaïlande et les a faites rapporter dans son terrain. Il a disparu lors d’un voyage et on n’a jamais retrouvé son corps. Il avait tout légué à la ville à condition d’en faire un musée. Dont acte. On visite ses maisons dans lesquelles on trouve des oeuvres d’art Thaïlandaises et le musée de la soie. Son oeuvre perdure puisque des créateurs dessinent encore des nouveaux motifs et la production de pièces de soie continue. La boutique est une vrai merveille. La soie est d’une finesse extrême. Toutes les pièces sont signées Jim Thomson.
En sortant de là, nous longeons le canal sur un quai large d’une personne bordé par un quartier extrêmement pauvre. Les maisons comportent une pièce sombre, ouverte sur le passage d’où on aperçoit l’intérieur, et les habitants. Tout est fait de bric et de broc. En même temps, c’est assez propre. C’est très beau pour nous, pourtant, vivre là ce doit être terrible. Chaud, lourd, un ventilateur tout au plus. On arrive à une passerelle, on change de quai et on continue sur presque 1km. C’est incroyable, comme partout, il y a au milieu de ces maisons, des échoppes de bouffe. Certains arrivent aussi en scooter sur ce minuscule quai car on en voit de garés. Au bout du quai, on arrive dans un cul de sac. Impossible de sortir de là. Une dame nous aperçoit et nous fait signe pour nous indiquer la sortie.
On reprend des petites routes au bord d’un autre canal, on croise un temple au passage et on rejoint une plus grande artère pour prendre un touk touk qui nous emmène à la montagne dorée. C’est un temple en hauteur auquel on accède par un grand escalier. 344 marches annoncées. Aie ! Petites marches, on les monte 2 par 2, donc pas si terrible ! En haut, une magnifique vue à 360 degrés sur Bangkok et un temple dont la stuppa dorée est hélas en rénovation.
En redescendant, on passe devant un mémorial très dérangeant. C’est une scène en sculpture représentant des vautours mangeant un cadavre humain. Il fait référence aux épidémies de choléra dans les années 1800, où il y avait tellement de morts qu’on les laissait hord de la ville à cet endroit et les vautours faisaient le reste… Maintenant le temple est dédié à cette histoire, et se trouve en pleine ville.
De là, on prend un touktouk pour aller à china town. L’arnaque des touktouk consiste à vous dire que l’endroit où vous allez est fermé, mais qu’il connaissent un endroit où vous pouvez manger…. Celui là nous affirme que China town est fermé jusqu’à 16h ! Ben voyons. Donc on y va quand même. On arrive dans une rue où il n’y a que des mécano. Des montagnes de morceaux de moteurs et de boulons. Ils refont des pièces à la main, liment, scient, soudent, frappent sans aucune protection ! Puis on arrive dans le cœur de China town. Des rues, des ruelles bondées, des vendeurs de bouffe partout. On s’est arrêté pour déjeuner dans un tout petit restaurant, il n’y a même pas de cuisine, on commande, le mec appelle un ami qui fait les plats, sûrement dans la rue, les lui livre et il n’a plus qu’à dresser les assiettes ! Inutile de dire que pas terrible ! Mais il faisait si chaud, si lourd qu’il fallait qu’on prenne un peu le frais.
On repart se perdre dans ce dédale de rues, de vendeurs de tout, de fabriquant de bouffe. Dans cette chaleur, des gamelles pleines d’aliments non identifiés trempant dans des jus de couleurs douteuses. Il y aussi le stand insectes, scorpions, vers grillés. Tout semble dégoûtant et pourtant ils le mangent…
L’après-midi tire à sa fin, on repart en bateau sur le fleuve jusqu’à notre hôtel.
Après un bon moment de repos avec une heure de détente à la piscine, nous partons manger une moucata dans un restaurant repéré hier soir.
Un hall immense, bruyant, télé à fond, plein à craquer. Que des locaux. La moucata, c’est un brasero avec de l’eau tout autour pour faire griller de la viande et bouillir pâtes de riz, légumes, herbes. Un mixte plancha, fondue chinoise. On vous sert un grand plat avec plusieurs viandes et poissons, crevettes, calamar.
C’est délicieux et très convivial. On finit par une glace, c’est la tradition après la moucata. Et ça coute une misère.
Voilà encore une très belle journée qui s’achève en beauté !

Dimanche 25 février – 1er jour à Bangkok

Dimanche 25 février – 1er jour à Bangkok

La voix de Lilie

Il fait très chaud à Bangkok, et surtout très lourd. Dès le matin, c’est étouffant.
Nous voilà partis pour le marché de Chatuchak, le plus grand marché de Thaïlande.
Pour traverser le fleuve, nous prenons la barge repérée hier soir. 5 bats, l’équivalent de 10cts. Puis nous prenons le métro. Ici, il se paie pour chaque voyage et au nombre de stations, on nous donne une carte ou un jeton et lorsqu’on sort du métro la machine l’avale, recyclage, c’est bien vu ! Nous on en a pour l’équivalent de 1E. C’est un métro aérien, très très climatisé… Avec de la pub partout, même sur les panneaux du nom des stations. On profite du paysage, on se croirait à la défense plus plus, couplée à des quartiers pauvres à l’étage inférieur. Le métro ressemble un peu à celui de NY avec ses banquettes jaunes face à face.
On aperçoit en bas un terrain de golf, au milieu de la ville !
Il y a 2 niveaux, souvent pour traverser les routes, on prend des passerelles. Malgré la chaleur, beaucoup sont en jean ou pantalon. Et même gilets.
Dehors, d’immenses publicités, partout. On voit qu’on peut aller encore plus loin et ça fait peur…

Le marché de chatuchak n’est ouvert que le we. Il est immense. Des allées minuscules, étouffantes, éclairées car trop sombres. Chaque quartier est dédié à un type d’article. Vêtements, décoration, meuble… On peut y passer le we entier sans tout voir ! Nous on en sort au bout d’une heure, en nage !
On reprend le métro pour aller jusqu’à un ponton prendre le bateau qui longe le fleuve. Il est bondé, la contrôleuse cours partout pour essayer de vendre ses billets à tous les nouveaux entrants, pendant qu’à l’arrière l’homme de manœuvre du bateau hurle aux gens d’avancer et joue d’un sifflet strident pour communiquer avec le conducteur à l’avant pendant les manœuvres. Un poème, la navette bateau. Enfin nous arrivons à bon port si j’ose dire, devant le grand palais.
Il est plus de midi, on marche en plein soleil, il fait lourd, on est en nage. Pour visiter le palais il faut être habillé long, pantalon et manches longues. Ceux qui ne le sont pas sont recalés et doivent acheter ce qui leur manque à l’entrée (2x plus cher que dehors, business is business !). J’ai ce qu’il me faut dans mon sac, Mr Lilie est en short, bilan, un pantalon acheté ! Le site à visiter est grandiose. Le nombre de visiteurs aussi. Et tout le monde crie, marche dans tous les sens, une foule terrible. Plus la chaleur. C’est très beau, des temples, des stuppas, le palais. Magnifiquement décorés, dorés , on y passe presque 2 heures.
Ensuite on se pause un peu dans un bar restaurant à l’extérieur, dans un petit quartier, juste en face du bouddha couché. Le vieux quartier des restaurants contraste avec le faste des palais et des temples sur l’autre trottoir. 2 mondes qui se font face.
Ensuite on part visiter le temple du boudhha couché. C’est une merveille. Le bouddha fait 46 mètres de long et au moins 5 ou 6 de haut. Il est déjà impressionnant à lui tout seul, mais derrière sa « maison » il y a un dédales de temples tous plus beaux les uns que les autres. Décorés de céramiques, de mosaïques, de verres de couleur, de dorures, de fresque sur des hauteurs de plafond impressionnantes. On passe de l’un à l’autre par des passages, on trouve des alignements de bouddha, des temples avec un boudhha pour se recueillir. Des gardiens surveillent les tenues et les comportements.
Fatigués de toute cette chaleur, on décide de rentrer en touk touk.
Après une belle pause au bord de la piscine et le repas du soir dans le quartier, on décide de repartir pour voir un quartier chaud de nuit.
Re métro et nous voilà devant des alignements de bars avec des jeunes filles, ou des garçons ou des trans selon les rues. Beaucoup beaucoup de monde, un marché nocturne au milieu, de la musique, des cabarets de danseuses très déshabillées. Des hommes aux bars, dans les rues, peu de femmes, des touristes comme moi. Après cette immersion, on trouve un petit rooftop près du métro où l’on prend un verre pour finir la soirée.

Note de voyage:
La ville est propre dans l’ensemble, d’ailleurs on voit passer les camions poubelles chaque soir.
Il y a des règles ici, alors qu’à Samui c’est l’anarchie ! On ne fume pas n’importe où, on ne se gare pas n’importe comment.

Samedi 24 février – Départ pour Bangkok

Samedi 24 février – Départ pour Bangkok

La voix de Lilie

Plus de 3 semaines passées à Samui, il est maintenant l’heure de faire nos valises. On aurait pu les penser moins lourdes qu’à l’aller mais rien n’est moins sûr ! Le verdict cet après-midi à l’embarquement !
En attendant on profite des derniers moments sur l’île. La vue, la baignade, le petit restau au coin de Nathon, les jus de mangue, l’eau de coco fraiche.
Aujourd’hui c’est un Bouddha day. Pas le droit de vendre de l’alcool.
Si vraiment on insiste, ils le servent dans une grande tasse à café opaque ! Bon, nous on insistera pas. L’eau et les jus de fruits frais sont bien meilleurs surtout avec cette chaleur.
Au passage j’ai pris en photo une de ces petites tables, thème pastèque !

Une dernière baignade et c’est parti.
Au revoir Nathon, Samui. Ce paysage va nous manquer quand on va retrouver notre grisaille sans horizon… Je m’égare !

L’aéroport se situe tout proche de Chaweng. Tellement proche que depuis la plage ou la grande rue, les avions vous passent au dessus de la tête au décollage et à l’atterrissage. Hier soir, nous étions attablés pour boire un verre dans un bar tenu par des Francais. Entre le bruit de la rue et celui des avions c’était assourdissant. Je me demande quel plaisir ils ont à rester là quand il y a tellement de plus beaux endroits et surtout plus calmes sur l’île…Question de goût.

L’aeroport de Samui est très joli et très particulier puisqu’ entièrement à l’extérieur. On a l’impression de se promener dans un petit quartier de village avec ses boutiques, ses bars, ses pelouses où on peut se poser dans des matelas à l’ombre. Valises enregistrées (bon finalement elles sont un peu moins lourdes qu’à l’aller) , on promène dans ce quartier, et on s’installe sur les matelas pour prendre un verre en attendant de passer à l’embarquement. On quitte Samui.

Après une heure de vol, et un petit repas (après tout, il est 17h…) nous arrivons à l’aéroport de Bangkok. Immense aéroport. On marche sur une dizaine de tapis roulants pour faire les 500m qui nous séparent de la zone de réception des valises (le métrage restant est indiqué à chaque tapis roulant !), plusieurs robots nettoyeurs tournent dans ce hall. Une fois les valises récupérées, on va prendre un ticket pour le taxi. C’est bien organisé, le ticket indique l’emplacement où viendra se garer le taxi et le nol, numéro du taxi. Pour le prix, c’est au petit bonheur, je n’ai pas vu le compteur…
La nuit est tombée le temps qu’on sorte. Le soir est brumeux. On se croirait à paris ! Des lumières, des panneaux publicitaires immenses le long de l’autoroute, des immeubles, certains très hauts. 2x 4 voies. Mais ça roule bien. 28km entre l’aéroport et l’hôtel. Plus on approche plus ça se densifie. Des tours très hautes. 15km avant d’arriver on est dans la banlieue, ou peut-être même déjà dans la ville.
A Bangkok j’ai réservé l’hôtel dont tu m’avais parlé Graine. On s’installe puis on décide d’aller faire un tour dans le quartier. De la street food partout. Un peu plus loin, un centre commercial en train de fermer. Devant l’entrée, des chinois (je pense) ont organisé une réception et une cérémonie. Il y a même une représentation de théâtre chinois. En costumes, magnifiques, et maquillage blanc. Esthétiquement c’est très lumineux, mais hélas c’est absolument atroce pour les oreilles. Les acteurs miaulent comme des chats, stridents, dans une sono défoncée…
Les restaurants du coin ne nous ayant pas fait très envie, on repart dîner à l’hôtel, sur la terrasse au bord du fleuve. On regarde passer les bateaux mouche, tous illuminés, musique à fond.
Après le repas, on part promener de l’autre côté du fleuve. Depuis le pont, la vue sur les grattes ciel illuminés est très belle. On voit au loin la roue illuminée de l’Asiatique, le marché sur le fleuve.
On prend nos marques pour demain, on regarde les terminus de bateaux, l’entrée du métro, et au passage on va visiter un temple en essayant de ne pas déranger les moines présents.

Il est 23 heures, les échoppes ferment, les transports s’arrêtent, les camions poubelles sont à l’œuvre. D’ailleurs ce quartier est assez propre par rapport à ce qu’on a pu voir à Samui.

Vendredi 23 février – Profiter de l’endroit et du moment

Vendredi 23 février – Profiter de l’endroit et du moment

La voix de Lilie

C’est notre dernier jour plein à Nathon. Samui. L’idée serait de ralentir le temps. Ne rien faire qu’admirer le paysage pour que les minutes s’étirent un peu.
Il fait un temps magnifique, on distingue bien le continent avec plusieurs niveaux de montagnes. L’une d’entre elles au loin nous rappelle la silhouette du mont Ventoux.
Ici on se lève toujours très tôt. La lumière du jour filtre par les rideaux vers 6h30, du coup avant 7h, tout le monde est réveillé. C’est un peu obligé parce que le jour dure 12h, si on se lève à midi on n’en profite pas. Moi qui suis une lève tard, je me suis surprise à être calée sur ce ryhtme depuis le 1er jour. Ce qui fait grosso modo que je me lève en ce moment avant l’heure à laquelle je me couche à Paris !
Forcément la matinée dure longtemps ici. Ce matin par exemple, je me suis levée, 7h, j’ai pris un petit déjeuner, je me suis baignée (250m dans la piscine chaque matin, je pete la forme !) puis vers 9h je suis partie faire quelques courses en ville. 2h plus tard et quelques kilos de victuailles à la main, je suis rentrée. Ben il n’est que 11h, encore le temps de se baigner, de regarder depuis le bord de la piscine la vue sur la colline, la mer, les iles, le continent. Cette vue est fantastique, il faut le dire. Un fond d’écran naturel !
Après le repas, on reprend l’activité du jour, baignade,vue, repos, baignade, vue, repos. Et bien malgré tout, les heures défilent.vite.vite..

Le soir nous partons sur Chaweng.
Le long de la route, les bars à entraineuses sont en train d’ouvrir. On passe devant le marché de fichermann. C’est le vendredi soir qu’il est le plus fréquenté. Il y a des voitures, des scooters et des piétons partout. C’est le bouchon du vendredi soir !
Chaweng le soir, c’est aussi des bouchons, du monde, de la musique, des bars, des restaurants, des boutiques, des rues spécialisées pour les massages plus plus…
On traverse un resort hôtel pour aller jusqu’à la plage. Ce soir la mer, qui était démontée lorsque nous étions venus il y a quelques jours, est une mer d’huile. On repasse devant l’Evergreen où on avait bu un cocktail.
On longe la plage qui n’est pas encore trop animée jusqu’au Ark bar. C’est le bar le plus branché de Chaweng. Musique, piscine, coktails sur la plage, des touristes partout. Des vendeurs proposent des couronnes de fleurs artificielles lumineuses. Les bars sont pleins de têtes couronnées !
Puis on remonte dans le centre sur chaweng road avec ses bars, toutes sorte de musiques se mélangent, il y a des billards, des musiciens en live, des boutiques de canabis, beaucoup de monde, que des touristes en dehors de ceux qui travaillent… On finit la soirée en passant dans le quartier « chaud », cad plus chaud que le reste. C’est une rue pas très longue où il y a beaucoup de prostitution. Il y a tellement de monde qu’on préfère rebrousser chemin. Personnellement j’aime autant…

Notes de voyage:
Souvent on croise des camionnettes avec hauts parleurs qui font la pub pour un produit ou un spectacle de boxe.

C’est la pleine lune. Demain soir (Samedi) il y aura la full moon party sur kho fa ngan. Elle attire des milliers de touristes sur une plage dédiée pour une sorte de rave partie. Date à éviter si on veut visiter tranquillement et surtout trouver un hébergement.

Un peu partout on trouve de petites tables rondes avec 4 petites chaises en pierre sur un thème. Coccinelle, moutons, fraises.
Il y a aussi de petits personnages rieurs devant certaines maisons.

Pas de ronds points, 2 ou 3 feux sur toute l’ile. Les intersections c’est coton.

Scooter, toute la famille dessus. Plus les courses. Ou bien l’un qui pousse l’autre avec le pied pour le faire avancer (sur la route principale en plus) peut être pcq il n’a plus d’essence.

Vendeurs de mousse à coussin, vendeurs de matelas.

De grosses citernes bleues sont accollées aux maison pour stocker l’eau. Ils récupèrent l’eau de pluie et aussi l’eau fournie par la ville. Aucune n’est potable.

Jeudi 22 février – A pied au nord de Nathon

Jeudi 22 février – A pied au nord de Nathon

La voix de Lilie


On a fait le sud de Nathon à pied et en scooter, aujourd’hui on part vers le nord. Une partie devant laquelle nous sommes passés x fois en voiture sans jamais nous arrêter car la mer n’a pas de fond ici, donc pour la baignade ce n’est pas terrible et la plage n’est pas très accessible. Mais nous savons qu’il y a un peu plus loin pas mal de petits restaus, but de notre marche.
Il fait très chaud, on est armé, casquette, lunettes, crème solaire, eau ! Départ par l cocoteraie qui nous fait arriver un peu plus au nord que l’autre chemin.
Aujourd’hui dans le quartier, il y a des drapeaux Thaïlandais et le drapeau jaune du roi sur les pylônes au bord de la route. Impossible de savoir pourquoi. On n’en croise pas ailleurs. Est-ce en rapport avec le feu d’artifice que l’on a aperçu hier soir depuis la terrasse ? tiré à priori dans un hôtel au bord de la mer.
Nous longeons ensuite la rue principale de Nathon, les boutiques de vêtements et de souvenirs en tout genre, des mini super marché, le tout-à-20-bats (50 centimes), les restaurants, les bouis bouis. En plein soleil à cette heure. Puis on sort de la ville. Il y a des odeurs quelquefois terribles… Il fait très chaud. On se rachète de l’eau. Et c’est sale, des détritus partout. On passe devant un droguiste, cad un bazar dans un hangar ouvert sur la rue, un mécanicien, même chose avec du cambouis ! Des vendeurs de popcorn de toutes couleurs dont le vert. Une vendeuse d’huîtres, sur une planche au soleil. Évidemment ça change de chez nous !
On prend une traverse pour rejoindre le bord de mer. La plage est très sale elle aussi. La mer ramène ce qu’on lui a envoyé mais il y a aussi beaucoup qui est jeté là. On longe un village de pêcheurs, leurs bateaux amarrés devant. Ils ont même une sorte de cantine sous les arbres. Ils se servent différents plats et s’attablent à l’ombre pour manger. On y passe mais ça ne nous semble pas opportun d’y manger. Malgré cette saleté les couleurs de l’eau sont magnifiques et le paysage sublime. Et calme, il n’y a pas ou très peu de touriste ici.
Puis on arrive vers les restaurants un peu plus touristiques. On choisit celui qui nous plaît, c’est restaurant tenu par des Thaï, le nom du restaurant est un jeu de mot avec leur bonjour sawadi khap (pour ceux qui lisent depuis le début !) : le sawasdee cup.
On s’installe à une table à l’ombre d’un grand arbre, face à la mer. C’est très agréable. On commande un curry vert au poulet, du riz, et des noix de cachou (il y en a partout ici). Tout est très bon.
On profite de l’endroit un moment, puis on repart un peu plus loin, Mr Lilie se pose à l’ombre dans un bar, moi je vais me baigner en face, en faisant très attention où je mets les pieds, car j’ai trouvé un tesson de bouteille à fleur d’eau… Je trempe (pas trop possible de nager) dans 30cm d’eau très chaude. Je rejoins ensuite Mr Lilie dans ce petit bar tranquille, qui passe une musique douce. A un moment on entend une
explosion et tombe devant nous un tout petit fruit. Les personnes du bar nous disent que oui, c’est ce petit fruit qui fait ce bruit d’explosion lorsqu’il se détache de l’arbre !
Après cette belle pause, nous repartons en sens inverse. Le soleil tape encore très fort.
C’est une très belle journée, sans brume. Ce qui fait que l’on aperçoit le continent en face et les iles du parc d’Ang tong.
En revenant on repasse aussi devant tous ces endroits qui ont fermé pendant le covid et restent à l’abandon.
On arrive à la maison, après la super pente qu’il faut grimper pour l’atteindre, en nage. Et donc on va vite fait nager et se réhydrater dans la piscine.
Ce soir, le soleil nous fait cadeau d’un sublime coucher, et la nuit tombée on aperçoit jusqu’aux lumières du continent.

Notes de voyages :
Totem, servent à garder l’esprit des morts à l’extérieur de la maison. Pour ne pas qu’ils y rentrent. Et pour les honorer.

Mercredi 21 février – Ang thong park

Mercredi 21 février – Ang thong park

La voix de Lilie

Ang Thong park est un chapelet d’ilets à l’ouest de Samui. Il est classé parc national et comprend plus d’une centaine d’ilets, comme des roches jaillies de la mer. Pour y aller, on va prendre un hors bord qui met 45mn pour les atteindre.
Donc, comme pour les iles la dernière fois, rendez-vous au port à 8h30 avec un guide Français expatrié, un Thaï qui conduit et un qui gère les accostages et aident les passagers à monter ou descendre.
Tous les bateaux sont là, ceux en bois pour les 3 iles, les hors-bord pour Ang tong park. On est une quinzaine de Français à embarquer pour cette sortie.
Quelques minutes après le départ, on arrive à hauteur des 5 ilets que l’on voit de la maison depuis le début. Enfin les voilà de près ! 5 concrétions sorties de l’eau. Je me demande comment se doit être en dessous du niveau de la mer quand je vois tous ces ilets qui en émergent.
Après 45mn de traversée, dans le bruit assourdissant du hors bord, nous accostons à Ko wua ta lap. L’ile aux singes à lunettes. La plage est magnifique, aménagée, il y a un camping, un accueil touriste et même un point santé avec une infirmière. J’aurais dû me méfier !
Il y a de magnifiques points de vue sur le parc depuis cette ile, et ils se méritent. Un escalier immense, flanqué de 2 cordes, avec 6 paliers pour des vues plus belles les unes que les autres. Mais il faut les mériter… Les 3 1ers paliers, ça va à peu près, en montant lentement. L’escalier monte dans la foret, on est à l’ombre. C’est là qu’on peut voir dans les arbres les singes à lunettes. De petits singes noirs avec les yeux cerclés de blanc. Ils sautent d’arbre en arbre et regardent les humains dans leurs escaliers de haut ! Sur chaque plate-forme on prend des photos des ilets en dessous. Les couleurs de l’eau, les ilets, les bateaux, c’est magique. Du palier 3 au 5 (le 4 est à l’écart on le fera en descendant), on manque mourir tellement l’escalier est abrupt et long. On est en nage, toute l’eau sortie du corps ! Il faut dire qu’il fait 32 degrés et qu’on vient d’escalader pendant bien 30 minutes, un bon 260m à ce que j’ai pu lire. Mais à l’arrivée la vue est époustouflante, une merveille naturelle, des couleurs et une profondeur de vue incroyable. Un petit coup de collier pour atteindre le palier 6, en plein soleil, juste pour dire de l’avoir fait car la vue n’est pas plus belle que sur la 5 ! Les cordes qui flanquent l’escalier trouvent leur utilité à la redescente pour éviter de se tuer les genoux. Les marches sont hautes, taillées dans la pierre, inégales, il faut faire très attention. On s’arrête pour monter au palier 4, là encore, pour dire, car après le 5, tous les paliers font fades ! On revoit quelques singes au passage et enfin on arrive tout en bas pour prendre un bon bain de mer bien mérité.
Le bateau repart maintenant et monte tout au nord vers la baie des singes. Un rocher en forme de singe en marque l’entrée. C’est une mini baie d’Along. Je ne connais pas la baie d’Along, mais mini ou pas, le site est fantastique. Les couleurs de l’eau, les ilets disséminés. C’est très beau. On arrive vers l’ilet de ko nai put où le bateau va s’ancrer près d’une falaise. De là, on peut nager, dans une eau turquoise, avec masque tuba au milieu des poissons. Il y en a de toutes les couleurs et de plusieurs tailles, des rayés jaunes et noirs, des oranges, des jaunes, des gris, des gros bleus, des longs presque transparents. Le sol est jonché de coraux marrons et dans tous les recoins de roche on trouve des oursins. Pas plus gros que chez nous, mais des piques immensément longues, bref, pas question de poser un pied ! Quelques poissons mangent sur un rocher, je suis au dessus, je les regarde, les touche presque. Je nage au milieu d’un banc de poissons multicolores. Un moment hors du temps.
C’est l’heure de l’apéritif sur le bateau. Dans les parcs nationaux de Thaïlande on n’a pas le droit de boire de l’alcool. Alors on boit sur le bateau ! Punch, mangues, fruits de la passion, cacahuète, chips.
Après quoi, on redescend vers l’ilet de ko mae ko et son lac d’émeraude. Le bateau accoste sur une jolie petite plage. De là, part un escalier quasi à la verticale avec des marches de 15cm de large à tout casser, sur 1m de long. Monter est compliqué, descendre vertigineux… On y va quand même pour admirer d’en haut la petite mer intérieure (c’est la signification du nom de l’ilet) qu’ils appellent lac d’émeraude. Et effectivement la couleur de l’eau est une vert émeraude. C’est très beau. Nous redescendons, certains à reculons comme on descend une échelle, certains en travers pour pouvoir poser le pied en entier, tout en se tenant à une des rampes. Heureusement c’est beaucoup plus court que ce matin. Curieusement cet endroit rappelle les paysage de l’ardeche, avec ses rochers faisant des avancées dans l’eau, les roches alternant avec la végétation.
Une petite baignade et le bateau repart pour l’ilet ko phaluzi où nous allons déjeuner. Le bateau fait des bons sur l’eau et l’écume soulevée nous arrose copieusement. Il est déjà presque 15h lorsque on accoste. Une partie de cet ilet n’appartient pas au parc national. Un village de pêcheurs s’y est implanté avec son école et un restaurant. Ils sont ravitaillés par bateau. Pourtant chaque table a sa nappe blanche, les chaises sont toutes recouvertes de tissu blanc, des serviettes en tissus sont disposées dans chaque assiette. Et on y mange très bien. Un assortiment de beignets crevette, poulet, légumes, du riz, un bouillon, un plat de légumes au poulet.
Des calaos, sorte de toucan noir et blanc avec un bec enorme jaune pâle, mangent les feuilles d’un arbre, derrière le restaurant.
Après le repas, le bateau fait le tour de l’ilet pour nous faire admirer le rocher qui a servi de plan large pour un James Bond. Voilà, voilà…. Puis on s’arrête pour une dernière baignade sur une plage en face de ce rocher.
Le retour est mouvementé. La mer est très agitée, les vagues sont assez hautes, le bateau les prend pleine face. Entre le bruit du moteur assourdissant et les bonds du bateau dans les creux des vagues, ça secoue fort. 1h15 de traversée au lieu de 40 minutes, on est complètement soûlés. Ça fait un bien fou lorsque le chauffeur arrête enfin le moteur.


C’était une magnifique journée, des paysages et des couleurs à couper le souffle.

Mardi 20 février – D’un petit restaurant en bord de route à un hôtel de luxe

Mardi 20 février – D’un petit restaurant en bord de route à un hôtel de luxe

La voix de Lilie

Ce matin nous profitons de la maison et de la piscine. Une matinée de repos pendant que mon frère cuit ses pains. Bronzage, lecture, baignade. Depuis que nous sommes arrivés, j’ai troqué ma gym du matin pour une séance de natation. Ça me met en forme et enlève les douleurs des longues marches ou de la mauvaise position prise hier sur le scooter. Lorsque mon frère a fini, nous partons ensemble livrer ses pains.
En chemin il nous arrête sur le bord de la route dans un petit restaurant local, c’est à dire une maison avec un appentis, un bazar de casseroles et de plats et quelques tables dehors.
Ils servent du porc mijoté très longtemps, avec du riz, accompagné d’un petit bouillon et de sauces dont l’une très épicée. C’est très bon et particulier par rapport à tout ce qu’on a pu manger jusqu’ici. Et ça coûte une misère. On mange pour 11e à 3 boisson comprise.
De là on part vers la mer se poser dans un hotel avec piscine, et jus de fruit frais ! Il faut bien se reposer un peu pour ceux qui ont travaillé.
L’endroit est stratégique car nous voulons aller voir le coucher de soleil au W qui se trouve juste un peu plus haut sur la route.
Le W, hôtel Marriot, luxueux, domine une des pointes au nord de l’ile, face à Kho fa ngan. La décoration est somptueuse, les prix aussi ! Il y a une terrasse en eau sur laquelle flottent des canapés ronds dans lesquels on peut prendre un verre. Ils sont tous déjà réservés, alors on s’installe en face, sur la terrasse en bois. Un saxophoniste joue du jazz et passe entre les clients. On prend un cocktail, on nous en offre un autre, à base de fruits de la passion et d’orange, très original et délicieux. On fait de magnifiques photos vu de là haut. La nuit tombe, l’hôtel s’illumine petit à petit. Les lumières de Kho fa ngan éclairent toute la côte face à nous. Il est temps d’alléger notre portefeuille et de rentrer !
Voilà comment on passe d’un tout petit restaurant à un hôtel de luxe dans la même journée, deux expériences incomparables !

Lundi 19 février – A scooter dans le sud de l’ile

Lundi 19 février – A scooter dans le sud de l’ile

La voix de Lilie

L’ile se visite beaucoup en scooter. C’est le mode de transport national. Autant farang (touristes) que locaux les utilisent. Il y a des locations à tous les coins de rues et d’hôtels. On avait essayé une journée avec mon frère, mais c’est un motard et il allait bien trop vite pour nous. Alors aujourd’hui, on a décidé de re-tenter l’expérience par nous même et d’aller à notre vitesse pour visiter un peu plus loin que ne le permet la marche à pied.
Pour l’équivalent de 6e de location et 3e d’essence, nous voilà partis pour la journée.
On démarre par la main road pour faire le plein, puis on oblique sur les petites routes qui longent la mer. On repasse par des endroits connus, le quartier du centre culturel, le jardin de fleur de lotus. Puis on avance vers l’extrême sud de l’île en longeant la mer. On monte au Chedi khao phut où se trouve un long bouddha couché doré, une stuppa blanche. De là, il y a une vue à 360 sur la mer. D’un côté, les 3 îles koh tan, kho matsum et koh rap, de l’autre la baie de bang (ville) kao. Un peu plus loin, le wat (temple) laem sor, sorte de château pointu doré et très décoré.
En continuant la route on arrive, par un petit chemin qui grimpe au Footprint. Peut-être une imprimante pour le foot ? On le saura en grimpant un escalier monumental, au moins 200 marches tout droit. On atterrit dans une petite maison qui abrite l’empreinte du pied de bouddha ! Immense pied, en céramique dans la pénombre de la pièce. Bon. On peut faire le tour de la maison sur un balcon qui domine d’un côté la colline, de l’autre la mer. Encore une très belle vue.
Nous redescendons pour reprendre la route jusqu’à un petit bar restaurant en bambou en bord de plage. C’est très joli, et visiblement très prisé par les touristes… On trouve une table et je vais me baigner en attendant les plats.
A cet endroit, il y a très peu de fond, 50cm, 80 max, l’eau est très chaude. On se croit dans un spa naturel. Le sable très blanc donne à l’eau une couleur turquoise, difficile de sortir de là tellement c’est agréable.
Il faut bien repartir néanmoins. Nous prenons un chemin parallèle pour contourner la colline, tournons un peu dans les quartiers et revenons finir l’après-midi à L’AM Samui ce restaurant sur la plage avec sa piscine où nous étions venus manger et nous baigner il y a quelques jours.
L’heure tournant, il est temps de ramener le scooter à son propriétaire.
Bien sûr, le scooter nous a permis d’aller plus loin et de nous arrêter partout, mais le bruit du moteur est assourdissant, c’est tape cul, je ne peux pas guider, il faut s’arrêter partout pour faire le point, il faut porter ses affaires dans le dos, on ne peut pas trop se parler et au delà de 45km on prend tellement de vent dans la figure qu’on se croirait dans une soufflerie ! Évidemment ce n’était pas un truc haut de gamme, mais, bon, on préfère le confort d’une voiture !

Dimanche 18 février – Balade en 4×4 dans le centre de l’ile

Dimanche 18 février – Balade en 4×4 dans le centre de l’ile

La voix de Lilie

Un dimanche, c’est fait pour se reposer. Surtout après la marche d’hier. Et la maison offre tous les services ! Pain maison pour le petit-déjeuner, piscine, lectures, télé.
Comme chaque matin après le petit-déjeuner je fais quelques longueurs dans la piscine pour me mettre en forme. Il fait déjà très chaud. Le décalage horaire m’empêche de communiquer avec mes amis sous peine de les réveiller en pleine nuit, mais je peux lire mes mails. Ensuite une bonne séance de lecture, allongée sur un sofa à l’ombre. Que demander de plus pour un dimanche de février.
A midi, nous partons déjeuner à 2km de la maison dans ce restaurant dans la colline où nous étions montés à pied il y a quelques jours. Les tables à l’ombre, avec une brise légère et une vue à tomber sur la baie de Nathon et son port. Nous commandons des plats Thaï que nous mangeons face à cette vue époustouflante.
Puis nous rentrons pour une petite baignade et un temps de repos. Il fait chaud, c’est dimanche, sieste !
Après quoi nous décidons d’aller repérer une cascade sur les hauteurs, au centre de l’île, dans la partie plus sauvage où l’on trouve des plantations de durian et paraît il d’hevea mais perso, je n’en ai pas vu.
Nous partons avec le 4×4 de mon frère en forêt. La route rétrécit de plus en plus, le bitume disparaît au profit de pistes étroites , qui grimpent ou descendent à pic, à flanc de colline. On est secoué comle des pruniers. À un moment la voiture fait un tel bond qu’on se retrouve au plafond. 10km effrayants ! Sortie en 4×4 donc. Nous traversons quelques plantations, les gens dans les quelques maisons nous regardent avec curiosité. Certains ont des voitures, donc on imagine que ça passe ! Sur le trajet on s’enfonce de plus en plus dans un paysage de jungle. A l’arrivée, le paysage est grandiose, nous sommes vraiment dans une jungle avec d’immenses arbres, des lianes, la moiteur, le bruit des oiseaux, et peut-être plus.
On gare la voiture et on finit à pied. Arrivés à la rivière, il faudrait faire led derniers 200m dans l’eau et nous ne sommes pas équipés pour. On essaie quelques chemins plus haut, sans succès. Il commence à se faire tard et il faut vraiment faire le chemin inverse avant la nuit qui tombe rapidement vers 18h30. Alors, tant pis pour la cascade, elle gardera son mystère. Pour le retour on emprunte un chemin parallèle au segment le plus difficile de l’aller. Et c’est beaucoup plus facile. On a suivi un GPS à l’aller qui nous a envoyé sur ce mauvais chemin au lieu de nous proposer le plus facile !
En tout cas, la balade en 4×4 restera dans nos mémoires ! Et les paysages que nous avons traversés valaient vraiment le coup.
Il est temps de rentrer, c’est dimanche et c’est l’heure de l’apéro !

Samedi 17 février – Marche, boxe, une journée sportive

Samedi 17 février – Marche, boxe, une journée sportive

La voix de Lilie

On part à pied ce matin vers le centre culturel and final art de Nathon. C’est comme ça qu’il s’appelle… Sur le trajet, j’en profite pour faire des photos sur le côté moins glamour de la Thaïlande. Détritus partout, échoppes abandonnées qui se dégradent, sacs plastiques qui volent au vent, canettes, poubelles. C’est aussi ça la Thaïlande. L’utilisation du plastique jetable à outrance est horrifiant, d’ailleurs on peu acheter des pailles en plastique si ça nous chante et les ramener…pourtant malgré tout, il paraitrait que nous polluons plus qu’eux car ils consomment local et ils ne voyagent pas. Je demande à voir, si c’est vrai, c’est pire que tout pour nous… On m’a dit aussi que le taux de pollution de Samui équivaut à celui de Paris.
On continue notre chemin, et on passe à l’intérieur des villages. Deux maisons sur 3 vendent à boire et à manger même dans ces quartiers reculés. Tout est fait de bric et de broc. Les auvents sont jonchés d’objets décatis en tout genre.
Le centre culturel, c’est insolite. Des alignements de vieilles statues, très jolies au demeurant, des sortes de petits temples, le tout à la fois payant et à l’abandon !
On repart vers la mer, toujours en traversant les quartiers hors des sentiers touristiques. On franchit les portes d’un temple, on s’ arrête devant une statue intrigante.
On se pose un peu sur la plage, et j’en profite pour me baigner. L’eau est tranquille, un lac vert pale. On longe la plage de Lipa noi, en passant devant les hôtels. Il y a peu de touristes, c’est un endroit vraiment agréable. On pousse jusqu’au restaurant où l’on avait été le premier jour et on y déjeune d’un riz sauté aux fruits de mer. Après un moment bien agréable et quelques bains de mer on repart vers la ville de ban sa ket pour visiter le marché. On retraverse des villages, on recroise temple et statue.
Le marché n’est pas très grand et moins animé que le soir. Il y a essentiellement des aliments. Les viandes et les poissons sont abrités par des sacs plastiques qui tournent au bout d’une perche au dessus d’eux… D’autres même pas. Ça fait peur pour nous qui sommes habitués à des normes sanitaires disons plus drastiques !
Après tout ça, on a bien fait 10 ou 11 km, il fait très chaud et on veut aller à 13km de là. Donc on se poste au bord de la route pour attendre un taxi camionnette. On attend un petit moment, il y a un creux ! En plein soleil. Finalement il en arrive un avec 2 places restantes. Il nous dépose à Lamaï où on va se reposer au bord de la plage. La mer est démontée ici, je n’ai pas envie d’affronter ces grosses vagues, alors on s’arrête dans un bar qui offre des sofas. On s’y allonge face à la mer, on y boit un jus de mangue fraiche et on se repose.
Lamaï le samedi soir, c’est combats de boxe thaï à 22h. En attendant on déambule entre les bars, les salons de massage spéciaux, les restaurants. Une animation très importante, beaucoup de monde. On va manger dans une large rue piétonne occupée toute entière des tables du restaurant. Puis on va s’installer devant le ring. Ici c’est gratuit, il faut juste consommer. Autour du ring des rangées de chaises de couleurs différentes. Le prix de la consommation varie selon la couleur ! On arrive assez tôt pour avoir la couleur la moins chère ! Bien sûr c’est plus un show que de vrais combats, mais sinon ça coûte très cher. Nous c’est juste pour le fun ! Musique à fond, animateur à fond. Le public c’est 100% touriste ! Au programme 2 combats de femmes et 4 combats d’hommes.
Tout d’abord, l’hymne national. Tout le monde debout.
Avant chaque match, pour la parade, ils portent une couronne en corde et un collier avec agrafés les billets que les spectateurs leur donnent. Ils enlevent tout ça avant le match.
La boxe thaï c’est simple, tous les coups sont permis, debout, pas de combat au sol.
Petite danse avant le combat. Douche et coaching entre 2 rounds. 3 rounds le combat.
Le premier combat ce sont des enfants. Le combat ne dure qu’une minute ou 2. Le petit qui perd est tellement déçu, ça me fait de la peine. Les plus âgés se serrent dans les bras après le combat. Hommes ou femmes, violent le truc…

Je ne sais pas s’il y a une saison pour les fruits, en tout cas, en ce moment il y a des bananes sur les bananiers, des durians, des mangues sur les arbres. Il y a des mangoustans, des fruits du dragon, des ananas et autres mais je n’en ai pas vu pousser.

Les routes sont dans l’ensemble assez bonnes, en béton sauf la main road et quelques routes refaites. Il n’y a en général aucune place pour les piétons et aucun marquage au sol, sauf la main road, mais personne respecte.

J’ai croisé une seule fois un camion poubelle, il y a donc un ramassage. On voit quelques tas de sacs poubelles au bord des routes, ce doit être pour ça. Sinon, on trouve des contenairs oranges où deposer ses ordures et ensuite cela part sur le continent. Je pense qu’ils recyclent les milliards de bouteilles en plastiques qu’ils utilisent, car un Thaï dans la rue de min frère les récupère pour se faire un peu d’argent. Tout le reste reste par terre… Ou dans la mer. Comme autrefois chez nous, dans les années 70 on peut même se retrouver avec des traces de goudron sous les pieds.

Vendredi 16 février – Un bon Karma

Vendredi 16 février – Un bon Karma

La voix de Lilie


Il fait très beau et chaud aujourd’hui.
On entend une grande fête en bas. C’est frustrant car on ne peut pas y aller. Trop loin à pied, mon frère cuit ses pains, il ne peut pas nous emmener. Ça dure de 8h30 jusque vers 10h. Des tambours, des pétards. Certainement une fête du nouvel an chinois. Ou pas. Dans un centre culturel qu’on essaiera d’aller voir dans la semaine.
En attendant, baignade, lecture, café.
En fin de matinée on part livrer les pains à Maenamm, puis on va manger dans un bar piscine sur la plage de bo phut. Le karma. Quel Karma ! Un très bel hotel restaurant avec piscine à débordement sur la plage. Une jolie déco en bambou. Il est tenu par un français qui fait de la très bonne cuisine, à la fois d’inspiration Française mais aussi des mélanges de genre. Je goûte un tartare de thon mangue pastèque avec salade et frites maison. On y mange pour plus cher qu’ailleurs, mais c’est excellent et le cadre est vraiment très beau. On se baigne, piscine, mer. On bulle sur de gros matelas à l’ombre. Pur moment de détente.
Au retour, beaucoup de circulation. C’est vendredi soir. On s’arrête dans un petit marché sur la route pour acheter de la salade et des tomates pour ce soir. Mon frère a fait des hamburgers (le pain) et il va les cuisiner pour le repas.

Notes de voyage
Apprendre à parler le thaï est complexe car ils ont plusieurs intonations pour un même mot (jusqu’à 5 différentes) qui changent la signification du mot. Vous croyez faire une belle phrase et votre interlocuteur ne comprend absolument rien de ce que vous venez de dire !
Bonjour: sawadi kha, qu’on abrède en saaaadi kaaa ou même kaaaa. Kha pour les filles qui le disent, khap si c’est un garçon qui parle. Ça sert aussi pour dire au revoir si j’ai bien compris. C’est la formule de politesse de base.
Merci: ka poun kha ou ka poun khap.
Kap tan kha pour demander la note.

Jeudi 15 février – Souvenirs à Nathon

Jeudi 15 février – Souvenirs à Nathon

La voix de Lilie


Ce matin il pleut. De toute façon après la marche d’hier, aujourd’hui ce sera tranquille. Je vais voir mon frère faire la pate des Paninis. Après le temps de pause, je coupe au poids et je les façonne avec mon frère. J’apprends la boulange !
En fin de matinée, les nuages sont passés et le soleil est revenu.
A midi, les paninis reposent, on a le temps de descendre manger à Nathon. Rice sea food. Puis mon frère repart faire cuire et on va faire nos achats de souvenirs. On trouve de tout ici et moins cher qu’ailleurs car Nathon n’est pas une ville touristique. Objets en coco, vêtements, sacs, lunettes, magnets, bijoux, cosmétiques et j’en passe… Comme on n’aime pas les objets qui finissent au fond d’un placard, on achète quelques vêtements, de l’aloe vera et des savons fleurs.
Après quoi, pour se raffraichir avant de repartir à pied, nous allons prendre une boisson dans un bar à vin tenu par un français.
On remonte, toujours par la cocoteraie, et on croisecau dessus de nos têtes une énorme araignée, sa toile tendue entre 2 arbres de chaque côté de la route. Brrrr.. Avant d’arriver, on s’arrête pour admirer les bonsaï dans un jardin sur le bord de la route, puis pour visiter le musée de la coco. Tout est écrit en Thaï et en Anglais, donc c’est compliqué de tout comprendre. On se contente d’admirer les objets faits en coco et l’ingéniosité des personnes pour les fabriquer. Il y a même un tapis sensoriel pour se masser la plante des pieds en la passant sur des demi noix. Un petit film explique la fabrication de l’huile de coco, vendue à la boutique !
On repart chez mon frère et je finis l’après-midi à le regarder faire des baguettes. Pas possible de l’aider sur ce coup là car la pâte est plus complexe à travailler et je ne lui suis d’aucune aide.
Le soir nous partons tous manger dans un restaurant qui fait des brochettes de bleuf à tomber. Jamais je n’ai mangé des morceaux de bœuf aussi tendres. C’est un ancien boucher belge qui tient ce restaurant.

Mercredi 14 février – Randonnée des hauts de Nathon à Maenam

Mercredi 14 février – Randonnée des hauts de Nathon à Maenam

La voix de Lilie


Valentine’s day !
Ce matin le temps est aux averses, il faut attendre la fin de la matinée pour que le ciel se dégage. Nous avons prévu de faire une randonnée depuis les hauteurs de Nathon jusqu’à Maenamm en passant par l’intérieur de île. Du coup, départ vers 11h45; avec les capes de pluie de l’eau et un petit encas dans le sac.
Le chemin est agréable à travers la forêt, il domine la mer. Au premier point de vue, 2 chiens nous rejoignent et nous accompagnent en gambadant autour de nous. J’adore. J’aimerais avoir des chiens comme ça en liberté pour se balader comme d’autrefois avec le chien de ma grand mère. Après un virage, le paradise hill. Ancien bar à l’abandon. Tout est encore là, terrasse en bois, tables, chaises, tout abandonné. Restaurant fantôme qui domine la mer avec une vue extraordinaire. On s’y arrête avec nos 2 chiens 😜 pour manger notre petit encas. Un beau moment dans un endroit improbable. Les chiens gambadent avec nous très longtemps, j’adore les regarder, imaginer que ce sont les notres. Ils nous précèdent, nous montrent le chemin jusqu’à l’arrivée vers une maison où ils savent que le territoire est gardé par d’autres. Alors ils s’en retournent et nous continuons notre marche. Arrivés au carrefour où aurait dû se trouver un autre bar.. juste une maison, un gros nuage noir s’annonce et se déverse sur nous. Nous nous abritons le long du toit de la maison et sommes rejoints bien vite par les passagers de 2 scooters. On fait connaissance, ils viennent de Vancouver pour les premiers et de Hong-Kong pour les 2 autres. Les canadiens ont fait récemment un grand voyage en France, Lyon , Toulon , Marseille, Nice, et en ont été enchantés, comme quoi on sait encore être aimable en France !
Le chemin commence à descendre. Et les descentes Thaï sont forcément à l’image des montées ! Hard. Dans un virage, un petit chemin part vers les cascades et le tree Coffee. On y accède par des ponts suspendus en cordes et bois. L’endroit est magique, une terrasse dans un arbre à au moins 30m du sol, un bar à côté avec des sofas, des matelas, des filets et des coussins. Entièrement décoré de guirlande de noix de coco et d’orchidée qu’ils font pousser dedans. Le tout avec une vue sur la mer et maenamm en bas.
On s’y pose un moment pour se reposer et profiter de l’endroit. C’est difficile d’en repartir. Le ciel s’est dégagé, il fait très chaud, ça descend beaucoup, c’est un peu long jusqu’à l’arrivée au temple de Maenamm. Un immense bouddha dans une chapelle dorée, un escalier encadré par deux dragons serpents. On le traverse et on finit notre chemin en passant devant le temple chinois pour arriver au bord de la mer. On s’arrête pour se restaurer et se baigner dans un restaurant avec piscine. Et surtout se poser sur des sofas et prendre un bon bain de mer.

Notes de voyages:

Achats au marché. Si on a le look Thaï, le prix est Thaï, sinon ils font x 3 !

Vraiment la saleté, on peut en parler… Sur ces chemins, des tas d’ordures jetées, par sacs entiers plus ou moins cachés dans les fourrés. Par terre, des tas d’immondice au coin des rues, entre 2 portes. Certains brulent leurs ordures, plastiques compris, tout y passe. Pourtant il y a des containers pour les vider, mais il faut y apporter ses ordures. Plus facile de jeter sûrement. Et si trop près de la mer, la marée les emporte.

Mardi 13 février – Du café de la ferme organique à cristal beach

Mardi 13 février – Du café de la ferme organique à cristal beach

La voix de Lilie


Le soleil est revenu aujourd’hui.
Nous partons pour une « promenade » jusqu’au café de la ferme organique. Ça monte à la Thaïlandaise pendant 1km. C’est l’exercice du jour. Pas vu la ferme…. Le café oui. Splendide, avec une vue sur la mer et le port à tomber. Un endroit tranquille, avec des bouquins, une déco très nature et des filets dans le vide où les plus intrépides peuvent se reposer. Il est indiquer aux parents de faire attention à leurs enfants.. Ben tu m’étonnes ! Oups, le petit est passé par dessus bord ! 😜
On redescend et remonte à la maison pour un bain bien mérité.
En début d’après-midi nous repartons en voiture cette fois ci pour livrer vers chaweng le pain que mon frère a fait cuire ce matin. Nous faisons à l’occasion un petit crochet vers l’université de Samui, un petit campus très familial. Puis de là nous grimpons, voire presque escaladons, en voiture une des plus hautes collines de Samui pour voir la vue depuis le Rooftop, un bar restaurant panoramique. Ici on monte et le rooftop est de plein pied, chez nous c’est l’inverse ! De là haut la vue est imprenable sur la baie et le lac de chaweng.
On redescend pour aller voir coral beach une toute petite plage entre des rochers et sa grande sœur cristal beach, la plage la plus côtée de l’île. De grosses roches noires toutes en rondeur encadrent la plage et les collines qui l’entourent. C’est une petite plage, assez tranquille avec un bar restaurant au coin. Ici les tarifs sont plus élevés qu’ailleurs. Ce n’est pas la cohue de chaweng, elle est bien plus agréable. Aujourd’hui la mer est plus calme qu’hier mais encore assez agitée et elle charrie beaucoup de saletés et d’algues. Ce n’est pas le meilleur jour pour la voir.
Si on continue la route, on arrive tout de suite après à Lamaï. Et pour rentrer chez nous on repasse par tout ce qu’on a vu, le temple rouge, la statue chinoise, les cascades…
La nuit est tombée, les lumières partout, la circulation, les marchés, toute une autre atmosphère.
Au passage, on s’arrête à Macro. C’est un immense magasin de grossiste (un peu notre Métro, mais tout le monde peut s’y servir).
Et on termine par le marché nocturne de Nathon pour acheter de quoi manger ce soir.

Notes de voyage
Le bois de coco est un bois hyper dur. Ils font tout avec, même les coffrages dans l’immobilier, toitures…
Les touristes no1 ce sont les chinois. Mais ils sont sans gêne et pas très appréciés.

Lundi 12 février – Central festival et Chaweng

Lundi 12 février – Central festival et Chaweng

La voix de Lilie

Bus pour central festival et chaweng beach
Janice negocie pour nous.
Au terminal des navettes bateaux. Le chauffeur attend le bateau suivant pour essayer de remplir son bus. Il part après.
Au fur et à mesure de son avancée il dépose ses passagers. Il fait même les détours nécessaires pour les déposer où ils ont demandé. Nous allons jusqu’à central festival.
C’est le plus grand centre commercial de Samui. Sur 2 étages, on y retrouve les boutiques internationales comme uniqlo ou H&M, des boutiques de luxes équivalentes à nos galeries lafayette, des distributeurs de peluches qui chantent pour capter l’enfant qui passe ! Dans les couloirs des stands plus modestes de vêtements et de souvenirs pour touristes. Ils sont 2 fois plus chers qu’à Nathon parce qu’ici on est tout près de chaweng qui est The place touristique de Samui. On a de la chance il est à peine 10h, les boutiques commencent à ouvrir, pas de clients encore, on se promène tranquillement. Les allées sont plantées de verdure, c’est très agréable.
Le petit tour achevé, direction chaweng beach. La plage fait à minima 5 km. Pas plus belle que certaines qu’on a pu voir. Tout le long, les cabanes de massages et les hotels avec piscine donnant sur la plage qui ont trusté les accès à la mer. On peut longer la mer, c’est tout. Pour remonter sur la route il faut connaître les quelques pasages ou traverser un hotel en douce… Il fait déjà très chaud pour marcher sur la plage. Aujourd’hui la mer est démontée et le drapeau rouge, pas de baignade en mer possible. Après quelques centaines de mètres, on s’arrête dans un hôtel qui fait bar pour prendre un verre. Il n’offre pas l’accès à sa piscine, pourtant vide… Mais c’est l’occasion de le traverser pour reprendre la route. La route de chaweng, ce sont des bars et des salons de love massage ! Moins animé le jour que le soir s’entend. C’est la plus grande ville touristique de l’ ile, mais certainement pas la plus belle. Il faut aimer les bars, la musique forte et se poser dans les hôtels. Derrière et même sur la plage, c’est très sale. Jonché de détritus en tout genre.
Le temps change maintenant, de gros nuages menaçants arrivent par dessus les collines.
On remonte la route pour trouver un point de vue, mais la pluie nous rattrape, la main road 2 fois 2 voies n’a plus de trottoir, ça devient dangereux de marcher. On arrive à ce qui autrefois devait être un chouette bar sur la plage mais qui maintenant est entièrement à l’abandon. Tant pis, on repart par le bord de mer, pas question de reprendre la route dangereuse. Lorsqu’il n’est plus possible d’avancer, avancée de rochers, on retraverse par un hotel car il faut franchir la rivièree. En remontant on trouve un petit restau Thaï pour déjeuner et on repart par la route car l’accès mer est impossible à cause de la marée et de l’état de la mer. Plus loin on retente la traversée vers la plage. A la première tentive, on se fait rebouler dehors ! La deuxième tentative sera la bonne. La mer est démontée maintenant, elle fait un bruit assourdissant. On va jusqu’au bout de la plage et on s’arrête prendre un verre sur une terrasse avant de repartir.
La rue principale de chaweng s’est animée. On traverse un souk immense où l’on trouve toute sortes de souvenirs. Des faux de toutes marques, et même des stands de tirs…
On repique vers le centre commercial, lui aussi s’est animé. Les stands sur la place sont ouverts, les clients circulent dans les allées, musique bien forte.
Devant l’entrée, les taxis attendent les clients. L’un d’eux nous interpelle et nous propose un prix tellement haut qu’on refuse tout net. Il nous montre la fiche tarif, qui indique 60% de ce qu’il avait dit ! Bref, devant notre refus il nous propose de prendre le bus, le même que ce matin, pour le prix qu’on lui a donné. Nous rentrons donc en bus à Nathon. Ici la mer est calme, nous sommes à l’abri du continent sur cette côte ouest.
Que dire de cette journée ? Cet endroit est le plus touristique, un des fréquenté, plus artificiel avec tous ces hotels un des plus sales aussi. Moi je préfère les endroits plus tranquilles et plus authentiques.

Notes de voyage
Très sale dans l’ensemble. Seules les plages face aux hotels ou restaurants sont propres. Très sale même entre 2 hôtels. Trash héros tentent de nettoyer un peu. Goutte d’eau dans un océan de saleté.
L’océan lui même rejette sur les plages une partie des saletés qu’on lui a envoyées.

Dans la transcription en alphabet romain des noms, le h sert à durcir. Le ph ne se lit pas f mais p. Du coup on se demande pourquoi dans la transcription ils le mettent…
Par exemple koh de l’ile, s’écrit souvent ko. Le h a été ajouté en français je crois, peut-être pour aspirer un peut le o ?

Ici tout se fait encore à la main. Coller, décoller les affiches, servir à la pompe à essence.

Au restaurant les plats sont servis quand ils sont prêts, pas forcément ensemble pour tous les convives. Chacun mange quand il est servi pour éviter que ça refroidisse. Dès que l’assiette est terminée, le serveur l’enlève car c’est incorrect de laisser quelqu’un avec une assiette vide ou sale au choix.

Dimanche 11 février – Baptême de pluie

Dimanche 11 février – Baptême de pluie

La voix de Lilie

Ce matin nous descendons à Nathon en passant comme hier soir par la cocoteraie. C’est bien plus agréable que par la route, moins fréquenté aussi et comme il n’y a pas vraiment de trottoir ici, ce n’est pas négligeable. Arrivés en ville, petit tour dans le marché couvert. Il y a de tout pour manger, fruits, légumes, viande (à même le comptoir, 0 protection mouche…), poisson (dans l’eau, mais morts, pas de glace ici ça fondrait trop vite). Puis on remonte la rue principale pour aller voir l’Eglise catholique et son jardin dans lequel ils ont reconstitué une petite grotte de lourdes. Il est 10h, nous sommes dimanche, mais ici la messe était à 8h30. Tant pis ! 😜 En repartant, nous passons devant un distributeur d’eau potable. Il en existe un peut partout dans les villes mais c’est le premier que je vois. Ça ressemble à une pompe à essence ou à un distributeur de café blanc. On met 1bath, l’équivalent de 2 centimes, on met sa bonbonne sous le robinet et on récupère 1l d’eau. C’est pour éviter les bouteilles en plastique fléau de l’ile. C’est une eau peu minéralisée, utile essentiellement pour la cuisine, le lavage des dents. Il faut panacher quand même avec un peu d’eau minérale vendue plus chère. Pour autant, tout le monde ne joue pas le jeu de ce que j’ai pu voir…
Le temps de revenir sur nos pas et d’arriver dans un bar, une grosse pluie s’abat sur l’ile. Ouf, abrités dans le bar nous buvons notre jus de mangue et eau de coco fraiche pour 110 baths, l’équivalent de 2.50e. La vie de l’ile continue comme si de rien n’était, les capes en plastique en plus.
Mon frère nous récupère là, sous une pluie battante et nous partons faire sa livraison de pain vers Maenam. De grosses averses tropicales alternent avec une pluie plus calme, le ciel est gris blanc, uniforme.
On attend que ça se calme un peu pour partir manger un kao soy au treehouse. Le treehouse est un restaurant bien caché. On y accède par un petit chemin qu’il faut connaître. A marée basse on peut y accéder par la plage. C’est un endroit tranquille, très joliment décoré avec des tables basses avec des coussins où l’on peut manger en tailleur, des tables en bambou sur le haut de la plage, des fleurs, des bassins et des murs d’eau garnis de plantes lacustres. Le kaosoy aux fruits de mer, c’est une recette avec des pâtes de riz, une sauce coco curry un peu épicée, crevettes calamar, patates douces et pates grillées par dessus. Extrêmement bon 😋.
Avec la pluie, la mer est très très haute et passe par endroit sur la route. Ici la plage a totalement disparue, heureusement le restaurant est un peu en hauteur.
En début d’après-midi, le temps se calme peu à peu, il ne pleut plus, petit à petit, le ciel se dégage, le soleil revient.
C’était notre baptême de pluie !

La ttempérature a chuté de 5 ou 6 degrés et ce n’est pas pour nous déplaire car il a fait vraiment chaud ces derniers jours. La piscine aussi a perdu quelques degrés, c’est moins facile d’y entrer mais loin de m’en empêcher !

Samedi 10 février – Sortie en touktouk

Samedi 10 février – Sortie en touktouk

La voix de Lilie

Pour aller jusqu’à la plage de Bangpor, on prend un touktouk, camionette ouverte avec banquettes à l’arrière, conduite par un Thaï. La conduite à suivre c’est de montrer au chauffeur l’endroit où on veut aller sur la carte maps car souvent ils ne comprennent pas l’anglais, et de négocier le prix. A peine 2mn de marche, qu’un touktouk s’arrête à notre niveau. Prix revu à la baisse, nous voilà partis. L’idée est de s’arrêter sur la main road et de descendre à pied vers un resort où l’on peut se baigner dans la piscine moyennant repas pris dans leur restaurant. Hélas, nous sommes en pleine saison touristique et les piscines sont réservées aux clients des hotels. Nous longeons un peu la mer pour profiter de l’endroit, puis nous remontons sur la main road à pied quand le bord de mer n’est plus accessible. Un peu plus loin sur la route, nous redescendons vers la plage et trouvons notre bonheur. Le restaurant d’un complexe qui nous accueille dans sa piscine en bord de mer. On y mange bien, c’est plus cher qu’ailleurs bien sûr, mais très agréable. On nous donne des serviettes et des beds (sofas avec coussin) à l’ombre. On profite de la piscine et de la mer. Des enfants russes, allemands, français jouent ensemble dans la piscine. Je suis certaine que les adultes aussi s’entendent, seuls nos gouvernants nous imposent leurs guerres. Je me prends à rêvasser d’un monde sans misère, sans guerre. Pour l’avoir, combien de personnes faudrait il éliminer ?… Si peu, non ?
Après 3 heures de ce régime, on repart à pied le long de la plage en bord de mer. C’est très joli ici, les cocotiers se penchent vers la mer. Mais elle leur grignotte petit à petit le sable qui retient leur racine et certains finissent à l’eau. Le long de la plage, il n’y a que des hôtels dans lesquels on ne peut pas rentrer. Du coup, de la route qui est juste derrière on ne peut accéder à la plage, ni même voir la mer. Nous marchons 2 ou 3km jusqu’au bout de la plage où se trouvent quelques bars et un passage vers la route.
On reprend un taxi cette fois ci pour revenir à Nathon.
Aujourd’hui c’est le nouvel an chinois. L’entrée du temple chinois de Nathon est décoré de lanternes en papier rouge, l’intérieur plein d’offrandes. Mais personne dedans, et à part 5mn de feu d’artifice hier soir, on n’a rien entendu d’autre.
On remonte chez mon frère en passant par le quartier Thaï et la cocoteraie. On y croise quelques buffles attachés à une corde. Triste image…Au pied des cocotiers toutes les noix creusées et séchées, certaines germées font leur première feuille. Bien caché dans ce quartier se trouve aussi un joli petit temple et nous faisons le détour pour aller l’admirer.

Vendredi 9 février – Koh mad sum, koh Rap, koh Tan

Vendredi 9 février – Koh mad sum, koh Rap, koh Tan

La voix de Lilie

Vendredi 9

Ce matin ça pétarade dans la ville en bas, à plusieurs endroits. Habituellement ce sont des cérémonies de protection pour les nouvelles maisons. Plus il y a de pétards, plus on est protégé. Mais là en l’occurrence c’est plutôt le début des festivités du nouvel an chinois.
Aujourd’hui nous partons en excursions en bateau vers les 3 petites îles au sud de Samui, koh rap, kho tan, koh mad sum (l’ile aux cochons). Départ du port de tom crut (pas cruz !) où sont amarrés les long boat. Ce sont des bateaux en bois avec un moteur énorme à l’arrière, nu, sans carénage, qui fait donc un énorme bruit ! Décoré devant avec des rubans de couleur et des colliers de fleurs en papier qui du reste doivent certainement etre en plastique ! Et des bonshommes michelin sur le dessus. Bizarre cet engouement pour Michelin parce que pas de pneus sur les bateaux ….
Après 15mn de mer, nous arrivons sur Koh mad sum, l’île aux cochons. Plein de cochons noirs sur la plage. On leur donne de l’eau, des granulés vendus sur place. C’est l’attraction de l’endroit. La plage est belle, le sable très blanc donne à l’eau une couleur très pale. Il y a beaucoup de touristes, du coup, on y reste peu et on repart vers Kho rap. La traversée est mouvementée, ça tangue pas mal car les vagues sont assez hautes lorsqu’on n’est plus abrités par les iles. 20 minutes, moteur à fond ! Le conducteur connaît son affaire, on le voit barrer, la barre accrochée au moteur, une belle fumée noire s’en dégage !
Koh rap est une ile paradisiaque. En tout cas la plage sur laquelle nous sommes. Il y a de grandes tables en bois à l’ombre d’immenses tamaris. On y fait une longue pause en mangeant des fruits, bananes, fruits de la passion, pastèque et en buvant du punch. Sous les arbres des hamacs en corde, des balançoires, des cabanes. Le sable est blanc, fin comme de la farine. On se baigne dans l’eau turquoise, chaude. On discute avec les autres passagers du bateau. Des bribes d’histoire. On se balade aussi un peu pour découvrir l’arrière du décor, car derrière la jolie plage, beaucoup de saletés par terre, de plastiques..
Koh rap l’ile déserte, presque personnet à part nous. Le ciel qui s’était un peu couvert se découvre, les couleurs se ravivent.
Après ce moment très agréable, nous repartons pour l’ile de kho tan pour déjeuner.
La mer est moins agitée au départ, puis sur la fin de la traversée mer finalement assez haute. Le bateau soulève des gerbes d’eau, il se balance beaucoup. Le bruit du moteur est assourdissant. Le conducteur barre avec sa longue perche attachée au moteur pour diriger. Pour autant la mer est turquoise, trop belle. A l’arrivée on distingue au loin les 5 ilets mais on n’en voit que 3. Sacrée illusion d’optique…
On prend le repas sur un ponton en bois abrité par un toit de feuilles de coco tressé. Morceaux de poulets panés, poisson, légumes, sauce coco épicée, riz cantonnais. Tout fait maison par la famille qui vit ici. C’est délicieux. Après le repas, promenade dans la mangrove. C’est marée basse, il n’y a pas d’eau, on chemine sur un ponton en béton au milieu des racines et des claquements des pinces de crabes. C’est presque inquiétant, ce clac clac ! Surtout quand on aperçoit les crabes, tout noirs de 2cm au plus !
Sur le chemin du retour, le conducteur arrête le bateau au milieu de la baie pour un dernier plongeon. Le retour, au début sur une mer presque à l’étal, nous fait quelques frayeurs dans les hautes vagues avant d’arriver en vue de la côte de Samui.
Pour finir, on passe dans un chenal tracé entre des pierres que l’on ne voit pas à marée haute où n’apparaissent que quelques piquets.
On laisse partir les autres et la guide en camion ouvert et on rentre en voiture.

Notes de voyages
Le canabis est autorisé mais la cigarette électronique est interdite….
La plupart des routes en béton (très tape cul !). Peu en bitume, les récentes peut-être, comme heureusement la main road.
L’eau n’est pas buvable, même pour les Thaï. Tout en bouteille en plastique.. Des tonnes et des tonnes.

Jeudi 8 février – Cascades, temples et quelques bizarreries

Jeudi 8 février – Cascades, temples et quelques bizarreries

La voix de Lilie


Beaucoup de choses à voir au programme aujourd’hui. Les unes tout près des autres, de toute façon l’ile fait 25km de large et de long, la main road fait le tour en 51km. On commence par les namuang water fall (cascades) 1 et 2, ils ne s’embêtent pas avec le nom !
1 on y va par une petite route qui part de la main road. On se gare sur un parking payant, l’équivalent de 1.50e. Dans des petits enclos, quelques éléphants harnachés pour promener les touristes attendent en récupérerant la nourriture que les gens achètent à côté et leur donne. Ils ne sont pas attachés, mais le soir si… C’est triste de les voir. Un peu plus loin, une place ombragée avec des arbres immenses qui s’élancent vers le ciel. Des boutiques bordent le début du chemin vers la cascade. Les odeurs de nourriture sont alléchantes. Cette fois-ci c’est une cascade d’une belle hauteur.
Retour sur la main road sur quelques dizaines de mètres pour prendre la route d’après vers la cascade 2. L’endroit est plus escarpé, la route monte dans la jungle. On laisse la voiture et on monte par un petit chemin dans les arbres. Une belle cascade, très haute également. Tout autour des bassins d’eau dans les rochers où les gens se baignent. On s’arrête dans un café pour prendre un verre en regardant les baigneurs.
Avant le déjeuner, nous partons voir le moine momifié. C’est un moine très important, qui méditait beaucoup, et qui avait prédit sa mort. Quand il est mort à 79ans en 1973, son corps ne s’est pas décomposé. Ses disciples ont alors décidé de le mettre dans une boite en verre et de l’exposer en position de méditation pour attirer les vocations. Ses yeux sont cachés par des lunettes de soleil, certainement pas beaux à voir… En tout cas, c’est très impressionnant et même dérangeant de voir le corps de cet homme exposé comme ça…
Le déjeuner est pris dans un restaurant climatisé au bord de la main road. Une famille qui tient ça. On mange pour 12e à 4…
Après quoi, visite de Wat Samret, le temple aux 100 bouddhas. C’est un lieu très paisible, avec plusieurs temples, un peu un monastère. Dans l’un d’entre eux, 71 bouddhas sont exposés, et beaucoup de petits bouddhas au fond de la pièce. Un grand bouddha assis au fond, un grand allongé à l’entrée, les autres assis avec diverses position des mains. Un petit temple abrite le bouddha protecteur de la famille où on peut faire une petite prière. L’ensemble est très calme, apaisant.
En continuant la route on arrive à l’immense statue de Guan yu, un guerrier chinois, roi de la guerre et porteur de valeurs comme courage, honnêteté,…
Puis le temple rouge. Comme son nom l’indique il est entièrement rouge, l’intérieur décoré de statues murales représentant des musiciens, des guerriers, diverses situations et un bouddha tout en haut. Entièrement en terre rouge ou une patine rouge. Ici pas de dorures, pas de couleurs. C’est très beau. Un arbre immense sur la place, magnifique. La mer en face. On peut s’y baigner en descendant quelques marches.
Petite attraction coquine pour finir, les rochers grand père et grand mère. Des rochers en forme de sexe, un masculin, un féminin ! Comme leur forme n’est pas parfaite, un peu défraîchie, on dit que ce sont des sexes de grands parents…. Que dire, nous qui en sommes des grands parents !
Nous finissons la journée en prenant un verre dans un bar en bois, style jamaiquain, musique reggae, allongés dans des coussins sur une terrasse dominant la mer. Au dessus de nous, le comptoir où l’on prépare et sert la beuh ! On profite des effluves en sirotant un cocktail.

Notes de voyage:
La canabis a été légalisé l’an dernier. On trouve maintenant énormément de boutiques.
Marché de bansaket
Partout des colliers d’offrandes fleur en papier oranges.
2 sortes de cocotiers: bas en général pour celles qu’on boit, hauts avec cueillette par les singes dressés pour le reste (plats, corde, scupltures).

A part secret boudha (paradise garden) On n’a jamais payé pour visiter quoi que ce soit. Tout au plus 1 ou 2e de parking.

La monnaie: 1e = 38 baths

Mercredi 7 février – Scooter, lotus et paradis

Mercredi 7 février – Scooter, lotus et paradis

La voix de Lilie


Nouvelle aventure aujourd’hui avec la location d’un scooter.
Mr Lilie n’a jamais fait de moto, ici on roule à gauche sur les routes les plus dangereuses du monde, il y a un trafic énorme, on est en short tee shirt. Voilà le cadre ! Inutile de dire comment je me sens là dessus, même à 40 à l’heure…. J’admire les gens insouciants qui peuvent profiter de l’expérience sans peur. Hélas je n’en fais pas partie… J’ai peur de glisser, même si certainement ça n’arrivera pas. C’est comme ça que je fonctionne. Tant pis pour moi !
Heureusement on va visiter des endroits paradisiaques pas très loin sur la côte ouest de l’ile, et sur des petites routes moins fréquentées. On s’arrête sur un pont au dessus de la rivière pour admirer les barques de pêcheurs amarrées là, puis on pousse vers le jardin de i talay (la mer en Thaï) ….
Par un pont de bois on traverse un étang fleuri de fleurs de lotus, dans un décor hétéroclite de bric et de broc, par exemple une tonnelle de petites bouteilles en plastique peintes qui s’entrechoquent, des assiettes peintes, la statue d’un gros gorille et on arrive dans un bar en bois et bambou sur la plage. L’eau est opaline, le sable blanc, très fin, les cocotiers finissent le décor. Et cerise sur le gâteau, il n’y a presque personne malgré la haute saison.
On y prend un verre sur une table à l’ombre des bambous. Une petite brise nous raffraichit.
De là cap vers le am samui taling resort. En bord de plage, face aux 5 îlets (d’ici on n’en voit que 4). Piscine donnant sur la plage, gros oreillers dans le sable à l’ombre. Bungalow en verre au bord de la mer pour une nuit en amoureux avec coucher de soleil.
On y mange, on s’y repose, on s’y baigne, bref on peut y passer l’après-midi, dans l’eau salée ou douce face à la mer. Là encore, très peu de monde. Ils sont sur les plages de l’est, tant mieux pour nous !
Au retour on rend le scooter, l’aventure s’arrête là ! On profite du coucher de soleil sur la plage de Nathon à marée basse, puis on rentre à pied chez mon frère. Objectif faire les derniers 400m de montée raide sans s’arrêter !
L’objectif atteint, et toute l’eau de mon corps en étant sorti, on peut se baigner pour se réhydrater.

Mardi 6 février – Mountain falls et le marché nocturne de Nathon

Mardi 6 février – Mountain falls et le marché nocturne de Nathon

La voix de Lilie


Après le petit déjeuner et la baignade rituelle du matin, nous partons pour une randonnée vers Mountain falls, tout près de chez mon frère.
Il nous dépose devant un restaurant qui sera notre point de rendez-vous d’ici 2 heures.
La randonnée démarre sur la route, par une belle pente descendante, puis serpente en rétrécissant pour devenir une toute petite route. La route traverse des plantations où se mêlent bananiers et jacquiers. Un paysan bombarde ses arbres de produits, il porte un masque, pas nous ! Sur le chemin, des chiens aboient et s’approchent pour nous intimider. Ici il y en a beaucoup, ceux que l’on a pu croiser ne sont pas méchants, ils impressionnent, c’est tout. La fin du chemin se fait soit par la route et on arrive en haut, soit par un escalier très escarpé et on arrive en bas. On choisit de faire les 2 lnun après l’autre, et l’escalier il faut l’avouer vaut son pesant de cacahouète, pente à la Thaïlandaise, rampe en bambou, marches inégales très hautes en béton ! L’entrée et la sortie sont marquées par 2 coqs. La cascade, que dire, ce ne sont pas les chutes du carbet comme dirait mon frère qui a vécu en Guyane, ni la cascade des demoiselles à la Réunion ! Sursauts de rivière. L’eau est assez trouble et un peu mousseuse, elle ne donne pas envie.
Nous revenons sur nos pas pour retrouver notre point de rendez-vous. Les chiens sont moins virulents au retour, ils nous ont déjà vus !
A l’arrivée nous prenons une boisson fraiche, eau de coco pour l’un et jus de mangue fraiches pour l’autre.
Mon frère nous récupère et nous descendons à Nathon, face à la plage près du port pour déjeuner d’une tartine et d’une salade.
Le port de Nathon est l’embarcadère, débarcadère de Samui. Les gros bateaux de croisière s’arrêtent au loin (il n’y a pas assez de fond) et des navettes débarquent les touristes pour la journée. Des minibus, taxis, pickups aménagés les récupérent pour leur faire visiter l’ile. Certains choix sont discutables car on en a croisé qui allaient à la cascade alors qu’il y a de bien plus belles choses à voir sur l’île !
Le mardi soir il y a le marché nocturne de Nathon. C’est comme ficherman mais en plus petit, sur une place. On y retrouve même le vendeur chez lequel on avait acheté une pomme de terre en spirale fritte. C’est un marché nocturne Thaï, il y a peu de touristes ici. Comme hier, il y a toutes sortes de stand de bouffe, c’est très animé et plein de couleurs. Comme hier il y a un très mauvais chanteur avec une très mauvaise sono qui fait l’ambiance musicale ! On fait le tour du marché pour regarder les différents plats préparés, brochettes, grillades, frittures, beignets, saucisses, sushis, insectes (berk), pâtes, riz, salades, gâteaux, bonbons, fruits. On achète par ci par là quelques plats qui nous plaisent et on remonte les manger chez nous. Certains les mangent assis sur les entourages des arbres en béton qui sont un peu surélevés, face à la mer.

Notes de voyages:
Il y a de grandes photos du roi partout aux coins des routes.
Tout le monde s’arrête de faire ce qu’il fait et reste immobile pendant l’hymne national. Même celui qui est en train de vous faire un jus de fruit sur un marché.
Les maisons sont souvent construites sur pilotis. Même sur terrain plat, sûrement pour éviter les bêtes.
On trouve partout des cocos fraiches dont on boit l’eau et gratte la pulpe. La Thaïlande est grande productrice de coco et Samui souvent appelée l’ile des cocotiers.
Curieusement le drapeau Thaïlandais est bleu blanc rouge en horizontal et il y a des Coq partout.

Lundi 5 février – Big Bouddha, Choengmoun et ficherman

Lundi 5 février – Big Bouddha, Choengmoun et ficherman

La voix de Lilie

Ce matin direction Big Bouddha. Il y a beaucoup de big bouddha en Thaïlande. On longe la côte sans vraiment la voir jusqu’à Bangrac, une ville très côtée, bordée par une superbe plage et fréquentée par beaucoup de tourise.
Big bouddha se trouve sur le cap au nord est de l’ile, côté ouest du cap. Il porte bien son nom, il est immense, il impressionne et en même temps il semble tellement zen. Il est très coloré comme toujours ici. On y accède par un grand escalier en plein soleil et ça tape très fort !
A ces pieds il y a tout un ras de magasins de vêtements et de souvenirs. Le site est gratuit, il faut bien vivre.
De là nous partons vers l’est et la plage de Choengmoun, une des plus belles (et touristique) de l’ile. L’eau est turquoise, pale par endroit, marine à d’autre. C’est splendide.
Nous nous installons pour déjeuner dans un restaurant tout en bois au bout de la plage qui fait des plats typiquement thaï. Avec un bon jus de fruits frais ou une bière pour l’apéritif.
Après le repas nous revenons un peu en arrière pour aller admirer le
Temple de Plai Laem. Le site est splendide. Installés sur l’eau, de magnifiques boudha et des temples très colorés et décorés. J’admire ces personnages très différents de ce qu’on connait, en beotienne, la signification de leurs positions et des objets autour m’est étrangère, et pourtant je sais qu’ils représentent quelque chose d’important ici qui les a fait battir si grands et si beaux. Ils doivent passer du temps à entretenir les couleurs, chez nous tout est terne, pas besoin d’y revenir ! Il fait très très chaud pour visiter. A la sortie, on peut écrire son nom et celui de ceux qu’on aime sur une brique, y ajouter un vœu et la mettre sur un autel. Elle sera utilisée par la suite pour restaurer le temple.
Après le temple, retour à Choengmoun, à l’autre bout de la plage pour se reposer. On s’allonge dans l’eau chaude, 30 ou 40cm de profondeur pour papoter au frais.
En fin d’après-midi on remonte le long de la plage jusqu’à un bar pour prendre un pot. Le bar est très agréable, petite musique d’ambiance, piscine, face à la mer. Les water coco sont même pyrogravee au nom du bar. Comme chez nous il y une happy hour, ça nous fera encore moins cher car ici même dans ce coin touristique rien n’est cher.
On peut manger sur la plage et certains réservent une table romantique que les serveurs installent à l’avance: tonnelle avec fleurs et voilage, petite lumière et pour les plus motivés, caméras, son et lumière !
L’endroit est très familial, et on attend l’arrivée de la nuit pour assister à un fire show sur la plage. C’est très impressionnant pour l’idée qu’on se fait des brûlures, les acteurs jouent avec leurs boules de feu avec les spectateurs du restaurant qui offre le show, mais à part le final qui envoie beaucoup de lumière, ce n’est pas trop impressionnant.
Pour finir la journée, on va diner au marché nocturne de Fichermann. Qui va à Samui, doit voir ce marché. C’est the place of koh Samui ! Une place bondée avec un chanteur catastrophique pour nos oreilles, et de la musique trop forte ! On y prend une table et on va chercher à manger dans le marché. Il y de tout, jusqu’à des brochettes d’insectes, de scorpions, de larves ! On mangera plus simplement une sorte de mix kebab pan bagnat avec du porc de la salade des tomates et une sauce indéterminée, arrosé d’un mojito, virgin pour ma part.
Après le repas on va marcher dans la rue commerçante de la ville depuis le coco bar le plus connu de ficherman, jusqu’à la barque de pêcheur symbole de la ville. Tout est ouvert, illuminé, beaucoup de restaurants de langoustes dans cette rue. Puis on revient sur nos pas pour finir par la partie marché aux souvenirs.
Il y a énormément de monde sur ce très grand marché nocturne.
On reprend la voiture et on repart en traversant les villes du nord, très animées malgré l’heure, beaucoup de circulation encore, puis on quitte le monde et les lumières des restaurants pour le côté calme et nature de l’ile ou se trouve Nathon.

Dimanche 4 février – Plage de Nathon et Mae Nam

Dimanche 4 février – Plage de Nathon et Mae Nam

La voix de Lilie


Ce matin nous partons de la maison pour descendre (c’est le moins qu’on puisse dire vue la pente) vers le bord de mer. Les étals ouvrent. Il y a de quoi manger partout. C’est dimanche mais pratiquement tout est ouvert, ce ne doit pas être leur jour de relâche si tant est qu’il y en ait un… Sur les étals on trouve des moule et coquillages, sans glace, il fait 30 degrés dehors… Des brochettes, soupes, gateaux, boissons à tous les coins de rue. Pour aller vers la mer il faut passer la rivière, un seul pont le permet, filer jusqu’au grand rond point dont on voit le flash la nuit depuis la maison, prendre à droite et continuer tout droit jusqu’à la mer. A cet endroit la mer est opaline et il n’y a pas de fond. On se trempe dans 50cm de fond et c’est délicieux. La plage fait des criques ombragées où il fait moins chaud car le soleil tape très fort ici.
Tout le long de la côte il y a des locations de maisons avec piscine ou de bugalows en bois très typiques, et quelques bars restaurant. Et toujours des balançoires sous les arbres. On s’arrête dans un très joli bar, avec des tables en bambou à l’ombre des feuilles de palmier, c’est très joli et le serveur très agréable. Si on longe la côte jusqu’au bout, on arrive à la plage de Lipa Noï.
Juste derrière, à l’intérieur des terres, se trouve le quartier des thaï (certainement ceux qui travaillent dans les hotels ?) maisons de bric et de broc, tôle et bois, immense bazard. Et bouffe partout. Tenus par des familles entières grands parents compris, marmites, poêles, brochettes.
Dès que l’on retrouve la route principale, les taxis (voiture ou scooter) s’arrêtent à notre niveau pour nous prendre. Ce n’est peut-être pas habituel de marcher ici…
L’après-midi après un temps de repos et quelques baignades, nous partons pour Mae nam. C’est une ville touristique au nord de l’île. A son approche la circulation s’intensifie. Les rues qui donnent sur la plage sont pleines de restaurants. La plage elle aussi est bordée de bars restaurant avec sofas et parasols pour s’y reposer. La plage fait face à Koh Pha ngan.
Il y a aussi tout près de la mer, un très joli temple chinois, rouge pétard et richement décoré. Le soir quand tout est illuminé, les bars de plage font une ligne de lumière et le temple est encore plus beau.

Samedi 3 février – Magic garden et Nathon

Samedi 3 février – Magic garden et Nathon

La voix de Lilie


A quelques kilomètres de Nathon se trouve Magic garden ou Secret bouddha garden. Il est situé sur l’un des plus hauts sommets de Samui. La route est toujours aussi pentue. Tout en haut, la température est plus fraiche. Le site pourrait s’apparenter au palais du facteur cheval. C’est un homme de 77 ans qui a décidé dans les années 70 de façonner ce jardin, le long de la rivière. Quelques bassins canalisent le flot en cascades et des 2 côtés, sous les arbres immenses se dressent des maisonnettes et des dizaines de statues. Guerrières, musiciens, animaux, peut-être même lui et sa famille. C’est très joli, magique comme son nom.
Plus loin en redescendant se trouve le parc des dinosaures. Là encore, des statues, peintes cette fois, d’animaux, de dinosaures. Et une vue panoramique sur la jungle et sur la mer.
Un restaurant en terrasse, ombragée permet de profiter au calme de cette vue imprenable.
Un peu plus loin, une placette avec d’énormes statues de fruits, ananas, durian, « big stones hands » . Ici on dit que le durian est le roi et le mangoustan la reine.
Visiblement cette colline est dédiée aux sculptures !
Plus bas encore, wat khao pom, un temple à ciel ouvert qui se visite et permet de monter par un escalier bordé d’un immense serpent pour avoir une très belle vue sur la mer.
Un gong et une cloche sytle bol tibétain sont à disposition pour s’imprégner tout entier de la vibration.
La température est beaucoup remontée, l’heure est maintenant à une pause baignade et à une petite sieste.
Et comme il fait très chaud, que dirait-on d’une séance d’aquagym en vidéo depuis la tv ? Un pur moment de plaisir !
En fin d’après-midi, lorsque le soleil commence à moins taper, nous partons visiter Nathon. Nathon est une petite ville, très animée. Le temple est un grand centre qui sert aussi d’école. Il est très coloré et décoré d’immenses statues de dieux ou déesses dont certaines sont des tombeaux, peut-être de moines ? Le cimetière jouxte le temple.
Parallèle à la rue principale se trouve une petite rue avec des anciennes maisons en bois. La ville possède aussi un grand port après lequel se tient un petit marché où l’on vient pour manger sur le pouce ou acheter un sachet de plat cuisiné sur place. En prenant le bord de mer, on peut admirer le coucher de soleil sur la plage et les jolies barques de pêcheurs colorées puis finir par une boisson au sunset bar.

Quelques notes de voyage.
Il n’y a pas ici de panneau entrée sortie de ville, il faut connaître ou utiliser un gps. Les lignes jaunes sont posées sur la route à titre indicatif il faut croire !
On trouve souvent des totems très colorés et dorés devant les maisons.
Les thaï ne se baignent jamais car ils pourraient bronzer et c’est gage de pauvreté.

Séquence féminisme : ici une femme « peut » payer la note du restaurant mais elle doit le faire très très discrètement !

Jeudi 2 février – Lamaï et la rhumerie

Jeudi 2 février – Lamaï et la rhumerie

La voix de Lilie

Ce matin nous partons à 2km de la maison pour faire une randonnée depuis le temple monastere d’hier, jusqu’à une cascade. Il est un peu moins de 9h, encore tôt. Le temple est endormi, les bars encore fermés. Seuls les stands de boissons sont déjà ouverts. Un moment de sérénité. Personne non plus pendant la randonnée. Elle longe la rivière, s’en éloigne pour monter, s’en rapproche en descente. La végétation luxuriante nous abrite du soleil d’un côté et de l’autre nous étouffe de lourdeur. Surtout ne pas oublier de prendre de l’eau. Pour randonner ici, il faut boire beaucoup car on transpire énormément. Sur le chemin, beaucoup de chenilles et quelques gros papillons qui volètent autour de nous. Il faut 40 mn pour atteindre les cascades. Par endroit on se croirait en corse, la fraîcheur de l’eau en moins ! L’endroit est très beau. On peut même s’y baigner. Je trempe mes jambes et je me raffraichit la nuque et les bras avant de repartir. Sur le retour, on croise les premiers randonneurs qui montent. Nous, on s’arrête boire un verre au bar qui est maintenant en train d’ouvrir. Les serveuses essuient les tables et balaient les feuilles mortes. Rien de tel qu’une noix de coco fraîche pour se rehydrater après la moiteur du chemin.
Le retour vers la maison est très sportif car la route monte énormément par endroit. Ici les routes sont tracées au plus court. Cela donne des pentes comme jamais vues auparavant, à flinguer son embrayage ou son cœur ! Il faut faire des pauses régulieres d’autant que le soleil tape fort maintenant.
Une bonne baignade à la piscine en rentrant nous détend et nous réhydrate.
Mon frère doit livrer les paninis qu’il a fait hier pour un restaurant près de Lamaï. L’occasion de découvrir cette magnifique plage, très touristique. Elle a 2 vies, une vie très familiale le jour et une très chaude la nuit… On profite de la version jour !
Le soleil est à son apogée, il fait excessivement chaud. On longe la plage les pieds dans l’eau pour se raffraichir un peu. La plage est bordée de restaurants, les touristes bronzent et se baignent, certains sont allongés sur des matelas avec la musique du restaurant à fond dans les oreilles…. Nous marchons jusqu’à un coin plus tranquille pour déjeuner dans un restaurant thaï. Après le repas, le restaurant offre des matelas à l’ombre avec des serviettes pour se reposer au calme et aller se baigner.
La marée monte doucement sur quelques mètres seulement, je crois qu’il y a 50cm de hauteur. Ça fait de belles vagues qui viennent s’écraser au bord de la plage. L’eau est très bonne, on peut y rester des heures à discuter sans avoir froid. Elle est très salée aussi, elle porte bien mais il faut bien se rincer après.
Puis vers 16h, nous repartons. La ville est en train de s’éveiller pour la nuit, les bars ouvrent, le monde arrive, les boxeurs s’entrainent pour les combats. Ce soir la ville ne sera plus circulable.
Laissons Lamaï, cap sur la rhumerie de Samui. C’est un français qui rêvait d’être producteur de rhum et qui a réalisé son rêve ici avec sa femme. Un jardin magnifique avec un étang, des palmiers, des plantes pour l’ombre, une piscine, une distillerie, un bar restaurant. Les cannes sont cultivées dans le nord de la Thaïlande et il distille ici. Il n’a pas le droit de faire vieillir son rhum ni de monter à plus de 40 degrés car c’est réservé à une seule grande société Thaï ….
On passe le reste de l’après midi à se baigner et se reposer au bord de la piscine en sirotant… Un jus de fruit !
Le soir, dégustation des 2 rhums produits ici: l’agricole (spécialité des Antilles) et le rhum de mélasse (utilisé souvent dans les cocktails, et pas du tout à min goût…). On se régale d’accras et de pizza, pas très thaï, mais excellents !

Jeudi 1er février – Le monastère de Hin lat et la plage de Lipa Noï

Jeudi 1er février – Le monastère de Hin lat et la plage de Lipa Noï

La voix de Lilie

Levée 7h. On a bien récupéré le décalage. Je suis épatée.
Le soleil s’est levé, plus bleu qu’hier et toujours brumeux au fond. Un petit vent doux atténue la chaleur qui s’installe déjà.
De la maison on entend les bruits de la ville en bas et la musique d’un bar plus bas. On l’entend même le soir pour dormir, il est atténué heureusement par la distance.
Donc ce matin, après un bon petit déjeuner avec du pain maison, une baignade et une bonne douche, départ vers le temple de Hin Lat qui borde une rivière. C’est une sorte de monastère boudhiste qui accueille beaucoup de monde et fait de grandes manifestations. En ce moment c’est très calme, on ne croise que quelques femmes tout en blanc. Le site est très beau, dans la forêt, au bord de l’eau. La rivière s’écoule sur de très grosses pierres. Il y a des chiens qui promènent là; il y en a partout dans l’ile. Des échoppes vendent des boissons fraiches, on peut aussi mettre une pièce dans une caisse et récupérer des sachets de graines pour nourrir les poissons, qui vue leur taille en profitent régulièrement !
Il y a aussi 2 bars-restaurant au bord de la rivière où l’on peut boire un verre.
De là, cap sur la plage de Lipa Noï au bout de la baie. Une plage magnifique, ombragée et tranquille. Le rêve. On y mange des plats tipiquement Thaï et on se baigne. Curieusement, 2 arrêts, 2 endroits où l’on trouve des balançoires en corde et planche dans les arbres. Ils doivent aimer ça ici.

En Thaïlande, ils conduisent à gauche, c’est impressionnant pour nous, surtout que ça circule beaucoup et avec toute sortes de choses: famille entière, bébé compris, sur un scooter, camionnette débordant de 3 mètres de hauteur de chargement, pick up avec des personnes sur la plate-forme et même remorque avec un bateau dessus et des personnes dans le bateau !
Il faut également faire une déclaration d’hébergement lorsqu’on héberge des étrangers.
Il y a des stands de bouffe à tous les coins de rue, on se demande comment ils arrivent à consommer tout ce qu’ils cuisinent, sans parler des marchés et des magasins.

Cette journée est particulière pour moi, c’est mon 1er jour de retraite. Et il est de bonne augure pour la suite avec tous les bons moments qu’il m’a apporté, plein de beaux souvenirs pour me tenir chaud.

Mercredi 31 janvier – Le voyage vers Samui

Mercredi 31 janvier – Le voyage vers Samui

La voix de Lilie


Départ de Paris. 12h de vol, finalement 11 seulement si j’ose dire ! Ça se passe…on arrive 23h pour nous, 5h du mat ici.
31 janvier donc,
Correspondance pour Samui. Ici on dit Samui pas koh Samui. Il fait nuit, et d’un coup le jour se lève à 6h30. En 10mn à peine il fait jour. Et aussi gris qu’à Paris ! Plus chaud peut être, on ne sait pas encore, on est dans l’aéroport.
On repasse douane, fouille, et on embarque pour Samui, 50mn de vol. Ils servent même un repas entre dej et petit dej on ne sait pas trop. Arrivée à Samui, se découvre la chaleur et l’humidité. En cette saison c’est supportable, autour des 30 degrés le matin, 32 34 l’après-midi. Mon frère est venu nous chercher avec son pick-up et son chien. L’aeroport est à l’est, mon frère habite au nord ouest. L’ile est petite, 25km de large il me semble. Nous commençons par traverser une ville (je suis impressionnée par les échevaux de fils électroniques, tel, et autres qui pendent partout dans les rues…), puis il faut prendre la « main street » qui fait tout le tour de l’ile en longeant la mer de près ou de moins près. Nous traversons alors plusieurs villes, il y a beaucoup de circulation, c’est très animé, beaucoup de personnes qui vendent à manger dehors. Enfin nous franchissons une colline et le paysage change, plus sauvage, plus tranquille. Nous arrivons à Nathon, son immense port, ses barques de pêcheurs et ses paquebots de croisière qui mouillent au large. Nous nous arrêtons en bord de rue acheter quelques fruits à une dame âgée qui tient une échoppe avec ses enfants à priori.
Une petite route part à gauche, toute étroite , extrêmement pentue et virageuse, qui arrive à la maison de mon frère au détour de l’un des virages. La vue de chez lui est époustouflante.
On se pose un moment pour profiter de la vue, de la piscine et se reposer un peu. Pour déjeuner il nous emmène en haut d’une colline juste derrière chez lui. On y mange des plats Thaï, là encore avec une vue splendide. Même endroit, vu de plus haut et d’un autre angle. On y découvre que les 5 rochers alignés dans la mer que l’on voit de chez lui, sont en fait dispersés et non en ligne.
Au retour, la sieste s’impose avant d’aller faire quelques courses pour le soir.
C’est un peu brumeux aujourd’hui aussi le coucher de soleil sera moins spectaculaire, pour nous il est déjà très beau !
Alors s’allument les lumières de la ville et le spectacle de la vue de nuit peut commencer.
Et pour nous, il est temps d’aller se coucher… 36h sans vraiment dormir. J’espère que je vais vite rattraper ce décalage très compliqué puisqu’ici on se lève quand à Paris je ne suis même pas encore couchée…

Bientôt le départ pour la Thaïlande

Bientôt le départ pour la Thaïlande

La voix de Lilie

Il faut bien commencer par quelque chose…. alors oui, les billets pour Koh Samui sont pris, les premières courses faites et la valise ouverte sur le canapé de la chambre n’attend que d’être remplie.

3 jours pour la faire.

Samedi 3 juin – le retour

Samedi 3 juin – le retour

La voix de Lilie

La semaine se termine. Un petit tour sur la plage ce matin pour un dernier coup d’oeil sur la mer.
Comme le week-end dernier, beaucoup de jeunes (hommes) jouent au ballon sur le sable. La corniche est pleine des amas de sable apportés par le vent. Lundi, il sera renvoyé sur la plage dans un ballet de brouettes et le cycle recommencera !

La semaine a été très agréable car nous étions entre amis. Mais au bout d’une semaine, cette vie sans femme nous est devenu trop pénible. Depuis notre arrivée, aucune femme ne s’est adressée à nous sans contrôle masculin. Aucune dans l’équipe d’animation adulte. Les femmes de ménage, service, restaurant ne parlent pas au delà du nécessaire, bonjour, merci, à votre sevice. Je ne sais pas si c’est dû à la région, trop de femmes cachées sous leurs tenues et leurs foulards, jusqu’à marcher en chaussettes au bord de l’eau.
Agadir est aussi une ville isolée, essentiellement tournée sur le tourisme de plage, sans possibilité de visites, de randonnées.
C’est dit, ce n’est pas pour moi ici…
Le voyage s’achève, rentrons à la maison.

A bientôt ma 🌹, referme le livre et fait de beaux rêves d’évasion.

Vendredi 2 juin – repos à Agadir

Vendredi 2 juin – repos à Agadir

La voix de Lilie

Journée relache aujourd’hui.
Chaque jour, il fait très bon le matin, jusque vers 14h, puis le vent se lève et souffle jusque vers 21h, 22h. On prend vite l’habitude de faire en fonction. C’est pour ça qu’aujourd’hui on promène le matin et on ira un peu dans le souk cet après-midi.
Donc, le matin, 1h à pied par la corniche pour aller jusqu’à la marina, le port de plaisance, boire un bon jus d’oranges pressées.
1h à se faire hêler sans arrêt par des vendeurs en tout genre. C’est soulant..
Le retour, les pieds dans l’eau comme la derniere fois. C’est plus tranquille, il n’y a pas de vendeurs. Il y a toujours beaucoup de monde sur la plage, plus de femmes aujourd’hui, la plupart en foulard, une ou deux dans l’eau.
C’est la pleine lune en ce moment et aussi les grandes marées. L’immense plage s’est réduite des 2/3.
Après le déjeuner, je teste pour la première fois la piscine. Il faut dire que le vent frais n’incite pas à la baignade, et refroidit l’eau. Bain rapide, elle n’est pas bien chaude. Ce sera ma seule baignade de la semaine, mes autres contacts avec l’eau étant mes promenades pieds nus en bord de mer.
En fin d’après-midi nous repartons dans le grand souk d’Agadir. L’ambiance est plus calme que dimanche et nous sommes moins agressés. Mais impossible de regarder quoi que ce soit sans que le vendeur nous saute dessus. Je suis totalement incapable de réfléchir et incapable d’acheter quoi que ce soit dans ces conditions de harcèlement. Ce n’est vraiment pas mon truc.

La semaine se termine, on m’avait qu’à Agadir il n’y a que des hôtels et c’est bien ce que j’ai ressenti. La ville n’a pas d’histoire, pas de monuments, et tous les autres sites sont loin. Essaouira 180km, Marrakech 250km.. Même les excursions que nous avons faites nous ont emmenés à 80 ou 100km avec toujours plus d’une heure de trajet.
Nous nous sommes tous sentis comme des planches à billets, un guide imposé par ci, une visite de boutique par là, les vendeurs des rues, des souks. Impossible de promener tranquille, même pendant les excursions.

Et puis il y a la condition des femmes. Elles n’apparaissent jamais dans le paysage. Pourtant ils (les hommes) aiment nous dire qu’elles ont les mêmes droit que chez nous en France. Mais pourquoi sont elles si voilées ? Je n’ai pas ce souvenir à Marrakech. Est-ce plus arriéré dans le sud ? On dirait que la société n’est composée que d’hommes. Ça devient gênant pour moi de promener dans ces foules d’hommes.
Sur un autre sujet, il y a énormément de chats ici. Jeunes souvent et très fins. On a l’impression qu’ils n’appartiennent à personne. Il y en a partout, dans le souk, les villages, les oasis. Du coup il n’y a pas de rats, enfin je n’en ai pas vu ! Il y aussi quelques chiens errants.

Aller, pour finir quelques informations sur le Maroc glanées ça et là dans la semaine:
Le Maroc 37millions d’habitants. Politique familiale pour limiter à 3 enfants. Du style, on touche 200 pour le 1er enfant, 200 pour le 2ème, 100 pour le 3ème, rien après. Ça motive ! Une politique aussi pour envoyer les enfants à l’école, 200 si l’enfant y va.
25% des filles peuvent aller au collège. Création d’internat pour leur permettre d’y aller. (sinon impossible car la tradition ne leur permet pas de dormir ailleurs).
Il y a 3 langues officielles du maroc arabe berbere français.

Allez, un petit whisky Marocain (Thé berbère à le menthe !) et au lit.

Jeudi 1er juin – Tiout et Taroudant

Jeudi 1er juin – Tiout et Taroudant

La voix de Lilie

Destination du jour, Taroudant et l’oasis de Tiout. Aujourd’hui en excursion avec 9 personnes, un guide et un chauffeur. On voit que beaucoup d’effort sont faits sur la sécurité routière, contrôles, ceinture obligatoire. Il reste tout de même du travail, téléphone au volant, croisements dangereux, sans cassue ou à 4 sur une mobylette !
Le guide profite de route pour expliquer un peu la vie locale. La plaine de souss, qui dont la production agricole sert le monde entier se trouve entre le petit et le grand atlas.
Agadir comporte 3 secteurs: Partie touristique, économique-administratif, rurale.
Elle se tourne maintenant vers l’industrie, voiture, conservation des produits. Cela permet aux habitants d’avour un travail fixe (avec retraite etc) car la majorité des marocains ont un travail saisonnier sans protection (tourisme, agricole…).
L’aide sociale se fait par la famille. Solidarité entre eux.
Au sud d’Agadir, le marché aux échanges, rungis du coin.
La ville s’ etale vers le sud, elle n’en finit pas.
Voici enfin le début de la campagne avec ses champs d’arganiers.
L’arganier, dit aussi l’arbre des chèvres. Car les nomades s’arrêtaient avec leurs chèvres et elles mangeaient les feuilles. Aujourd’hui les chèvres grimpent dans les arbres, mangent les fruits et rejettent les noyaux qui servent à faire l’huile. Aujourd’hui encore on peut voir les chèvres acrobates en train de manger au sommet des d’arganiers. Les arganiers sont des arbres protégés, maintenant les nomades ne peuvent plus s’y arrêter. C’est un arbre très adapté à son lieu de vie.
Les feuilles captent l’humidité de l’air et résistent à la sécheresse.
On ne sait comment les arbres se reproduisent. Par contre, si on laisse tomber les fruits c’est parce que si on secoue l’arbre, on disperse le pollen.
Rien ne se perd après le pressage de l’huile. Les coquilles de l’amande servent de gravier dans les allées des jardins ou pour allumer le feu, les pates pressées sont données aux animaux.
Le Maroc a également une politique très importante autour de l’eau. Ils cherchent des solutions innovantes car ce qui existe aujourd’hui peut se tarir demain.
Autrefois, les barrages avaient été faits pour permettre l’irrigation des cultures. Maintenant ils utilisent des puits et du solaire pour ne plus utiliser l’eau des barrages.
Ouarzazate en plus d’être le hollywood marocain possède maintenant un immense parc solaire, le 2ème d’afrique. Partout au bord de la route les canalisations en cours de construction pour amener l’eau de l’usine de desalinisation dans les villes et villages. Toute un politique de l’eau.
Ce projet d’irrigation avec le solaire permet aux familles de revenir travailler leurs terres qu’ils avaient abandonné à cause de la sécheresse.
Le bus arrive à Tiout après 1h30 de route. Tiout vie de l’ élevage, de quelques cultures et des dattes, aussi du tourisme je dirais ! Il y a 6 villages autour de l’oasis. Les hommes partent souvent travailler à l’extérieur pour rapporter de l’argent à leur famille.
C’est un Oasis de verdure au milieu des arganiers et de la terre sèche, au pied du petit atlas.
La casbah (la forteresse) domine l’oasis. Elle servait autrefois à protéger les tribus. Maintenant beaucoup sont en ruine, trop chères à restaurer, transformees en restaurant ou hotel comme ici pour une seconde vie. C’est dans cette oasis et cette Casbah qu’ ont été tournées des scenes d’ali baba avec fernandel en 1952.
On arrive par une piste qui monte vers l’ancienne Casbah qui domine l’oasis.
Des femmes très noires proposent la balade à dos d’anes. C’est leur subsistance.
On redescend à pied dans la palmeraie avec un guide local plein d’humour. Cimetière aux orangers, palmiers au citron. Comprenne qui pourra !
La palmeraie comporte 3 niveaux :
Les palmiers pour l’ombre et les dattes, les fruitiers (bananes oranges citron, poivre) , les cultures ble, luzerne, orge.
Chaque année ils font une grande fête pour ecraser les céréales avec les anes et séparer à la fourche le grain de l’ivraie.
L’oasis a été occupée par les portugais ce qui explique peut être ce système de levada pour irriguer l’ensemble de l’oasis.
La retenue d’eau du village, sert de piscine (verte) où de jeunes garçons nagent au milieu des grenouilles.
Il y a de très anciens palmiers aux troncs énormes. On les brule pour les protéger des maladies. Il y a des palmiers males qui font du pollen et des femelles qui font les dattes.
L’oasis est très bien aménagé, des
terrasses ombragées, un chemin en pierre qui serpente tout le long. Une cigogne y a même élu domicile depuis 4 ans. Elle pose pour la photo !
Il y a des portes pour rentrer dans la palmeraie pour éviter que l’on rentre n’importe ou et qu’on l’abime. Des espaces dédié aux touristes marocain pour passer la journée ont été mis en place, les constructions sont interdites pour protéger la palmeraie.
Bon, on n’a pas croisé une femme, à part la très pauvre femme avec l’ane, seulement quelques hommes en terrasse…
Nous remontons à pied jusqu’à la casbah pour le déjeuner.
En entrée une tagine, en plat le coucous et en dessert de la pastèque. Tout est excellent.

Après le repas, cap sur Taroudant. Tout le long de la route des canalisations à construire sont disposees. Pour amener l’eau de dessalinisation. Car à force de pomper dans la nappe on se doute que ça va se tarir un jour. L’eau est à 30m sous terre, autrefois c’était 15m.

Taroudannt. La petite Marrakech. Ceinte de rampart. Mulsulman mais aussi beaucoup d’Europeen, de juifs, etc. qui se sont installés ici.
La spécialité locale c’est la pastèque et c’est la saison. On croise des camions chargés de pastèques. Le patron en donne 1 chaque soir a ses ouvriers. Soit il la vend soit il la donne à la famille.
C’est une grande ville en dehors de ses ramparts.
Autrefois dans les ramparts des villes il y avait seulement 4 portes, sud nord est ouest. Maintenant partout pour raison de securite il y en a plus.
Les ramparts de Taroudant sont très bien conservés. On monte faire des photos. Il n’y a pas de parapet.. A 10m de haut. Les notions de sécurité sont totalement différentes des notres, c’est sûr.
Nous faisons un tour dans la vieille ville (medina). Je retrouve l’ ambiance de Marrakech ou fez. Le souk est très calme à cette heure de sieste. On finit la visite par la coop féminine de fabrique d’huile d’argan. Fille et femmes voilées nous explique encore 1 fois. Cette fois ci je m’essaie au broyage des amandes.
Après la boutique, il est temps de rentrer à l’hotel.

Mercredi 31 mai – la vallée du miel

Mercredi 31 mai – la vallée du miel

La voix de Lilie

Aujourd’hui direction la vallée du paradis. Ce sont les hippies qui lui ont donné ce nom dans les années 70, sinon elle s’appelle la vallée du miel.
C’est une gorge au fond de laquelle coule un oued qui fait des cascades et des vasques naturelles où l’on peut prendre un verre les pieds dans l’eau. Ça c’est pour la carte postale.
La réalité d’aujourd’hui c’est qu’il n’a pas plu depuis 5 ans et l’oued est quasi à sec dès le mois de mars… Donc partons à la découverte de cette vallée.
1er arrêt sur la route pour découvrir la fabrication de l’huile d’argan. Derrière la porte encore une fois un jardin magnifique bordé de haies de romarin. Une jeune femme présente les différents miels produits ici, miel d’oranger, de thym, d’euphorbe puis nous fait goûter l’huile d’argan alimentaire. Tout fait envie jusqu’à ce que l’on voit le tarif…. Le miel est bien plus cher qu’en France et sans mentir, il n’y a pas un oranger à la ronde, encore moins autour des ruches qui sont derrière la palissade. Et puis on ne voit pas de certificat d’authenticité sur les pots d’huile d’argan.
Deux femmes montrent comment on casse les amendes d’argan à la main et pourquoi on ne peut le faire mécaniquement. L’idée est d’obtenir des amendes entières, sans impureté. Ce travail est réservé aux femmes par décret de la reine du maroc pour leur permettre de survivre si elles n’ont plus de mari… pour le reste, on ne saura pas vraiment où est fabriqué cette huile.

Bon…partons dans les gorges. La route serpente à flanc de collines sèches avec très peu de végétation. Arrivés en haut, on aperçoit l’oasis en bas dans le lit de l’oued avec sa verdure et ses palmiers. La route descend et s’enfonce dans la gorge. Chaque fois que l’oued fait une vasque d’eau, si petite soit elle, on trouve des échoppes avec des tables et chaises les pieds dans l’eau. Tout au bout, le chauffeur arrête la voiture sur un promontoire. Le reste se fait à pied.
Un guide local prend le relai pour nous piloter dans l’unique chemin qui va descendre le long de l’oued. Visiblement il ne vit que de ça, donc on se sent un peu obligé… Les échoppes occupent tout le long du parcours de l’oued. C’est fait de bric et de broc mais c’est joli, coloré. Nous longeons ce qui reste du cours d’eau et même un peu après la source actuelle. L’endroit pourrait être charmant même sans eau s’il était bien aménagé… En plus le guide nous presse car le chauffeur veut rentrer…. Pour autant sur le retour nous faisons une petite pause pour déguster un jus de fruits pressés les pieds dans l’eau.

Que dire, à part qu’il ne reste rien du paradis des hippies car l’eau manque, rien de la vallée du miel car ce qui se vend ici vient d’ailleurs quand il n’est pas coupé.
Le chauffeur nous ramène ensuite vitesse grand v à l’hôtel.
Nous ne sommes pas contents de cette prestation qui ne correspond pas à ce que nous avions demandé. Le chauffeur, à peine francophone n’a fait que le taxi et n’a pas respecté l’horaire convenu. C’était l’arnaque du jour…
Du coup, il reste l’après-midi à occuper car le vent se lève comme chaque jour vers 14h et il fait trop frais pour se baigner.
Décision est prise de prendre un taxi pour aller visiter Taghazout la nouvelle ville touristique en plein essort à 20km au nord d’Agadir.
En face de l’hôtel, les chauffeurs de taxi attendent les clients. L’un d’eux accepte la course au prix demandé. Il nous dépose et attend sur place pour nous ramener.
Pendant ce temps nous visitons l’intérieur de la ville. C’est un dédale de petites ruelles bordées de loueurs de planche de surf. Ce doit être la spécialité du coin. Pourtant il me semble qu’il y a moins de vent ici qu’à Agadir. D’un côté de la rue principale, les ruelles sont entièrement défoncées car en cours de rénovation, de l’autre elles grimpent jusqu’au sommet de la ville. Comme un peu partout, il y a beaucoup de chats errants, d’un autre côté on ne voit pas de rats…
En bas une promenade a été aménagée pour descendre sur l’immense plage le long de laquelle pousse les nouveaux hôtels.
Un bar panoramique domine la plage. L’occasion de prendre un verre en terrasse avant de revenir à l’hôtel.

Mardi 30 mai – Souss-Massa

Mardi 30 mai – Souss-Massa

La voix de Lilie

Agadir, au sud du Maroc. L’occasion d’aller dans le désert. Je suis partie sur cette idée de faire une virée en 4×4 dans le désert. Seulement en vrai, le désert est à au moins 600km d’ici…. Bah, pour la virée ce sera dans les dunes de sable !
Il fait très beau aujourd’hui et comme chaque matin, il n’y a pas de vent.
Après avoir avalé un bon petit déjeuner avec 2 beignets tout chauds au miel, mon régal du moment, nous voilà embarqué avec un guide et un chauffeur pour aller visiter la région de souss massa. C’est une région berbère qui porte le nom des 2 oueds qui y passent, un peu comme la seine et marne ! C’est une des 12 régions independantes de Rabat, 3 millions d’habitants qui vivent, dans l’ordre, de l’agriculture, de la pêche et du tourisme. Capitale Agadir. En travaux depuis 1960 avec l’aide internationale, encore plus en ce moment avec le programme royal qui en est justement à rénover entièrement la ville d’Agadir.
Le guide, un berbère en turban et djellaba, beaucoup d’humour raconte son pays, sa région.
Le matin, vers 9h, les femmes en djellaba viennent faire leur sport ensemble dans les forêts d’eucalyptus qui longent la route. Plantés entre 1900 et 1950 par les français pour eviter l’érosion et arrêter la désertification. Car avant ici c’était le désert, ah, ben zut, j’arrive trop tard !
Les Eucalyptus poussent même dans les dunes.
Nous traversons ensuite la réserve des gazelles, à part ma copine et moi, il n’y a pas d’autre gazelle en vue… D’ailleurs notre guide n’en n’a pas vue une seule en 30 ans !
Un peu plus loin pousse une foret d’arganier. L’argan, c’est le travail des femmes. C’est ce qui leur permet d’être independantes lorsqu’elles perdent leur mari… Donc on interdit aux hommes de le faire dans la mesure où ils trustent la plupart des autres métiers. Aucune échoppe nulle part tenue par une femme. Même les robes, sous vêtements sont vendus par des hommes. Bref..
800000 hectares d’arganniers, la plus grande forêt du maroc. C’est un arbre endémique qui pousse tout seul, on ne le plante pas, il ne demande aucun entretien, même pas d’arrosage et il faut attendre que les fruits tombent tout seuls car ils sont meilleurs. Un arbre de fénéant ! Il faut 35 kg de fruits (dit il) pour faire 1 litre d’huile d’Argan. Son prix a décuplé depuis que le monde se l’ arrache pour ses vertus pour la peau et la santé. Dans les souks il est souvent coupé avec une huile neutre et vendu au litre ! A éviter. Il faut l’huile certifiée ou rien. Et on ne peut certainement pas s’en payer un litre.
Notre route longe maintenant des serres à perte de vue. Ici sont produits les fruits et légumes que nous consommons. Soleil en permanence, chaleur, serre pour conserver l’humidité et accélérer la croissance font que l’on peut produire toute l’année des légumes hors saisons.
Pas de transport en commun ni de voiture individuelle pour chacun, ici les patrons affretent des bus pour emmener et ramener leurs ouvriers des serres jusqu’à la ville.
C’est dans une petite ville que nous traversons que se trouve l’usine d’emballage azura. La plus grande usine d’emballage de la région. 1000 femmes logées nourries y travaillent.
La route que nous empruntons pour descendre plus au sud est l’axe entre l’europe et l’afrique. Le Maroc est au centre.
La route longe un paysage très sec de steppe, terre jaune, pierraille, touffes d’herbes rabougries ça et là.
Cap vers l’est pour aller admirer le Barrage sur l’oued massa construit en 1972. On voit clairement la démarcation, il contient 20 % d’eau en moins % 2014.
Le paysage est splendide, la verdure autour de l’oued et du lac sur une langue au fond de la vallée contraste avec la terre caillouteuse tout autour la couleur vert opale de l’eau sur l’ocre de la terre.
Depuis le barrage, une piste conduit au petit sahara. Quelques dunes ! Des chameliers proposent des promenades ou des photos, un homme montre des scorpions. Ici il ne faut pas mettre les mains dans les trous du sable. C’est toujours un terrier. Serpent ou scorpion au choix. On voit d’ailleurs des traces de serpents dans les dunes. Ils sortent la nuit…..
On s’essaie à quelques photos cadrées pour s’imaginer en plein désert ! Non mais !
Après cet arrêt dans le désert…., la piste redevient route et nous voilà à
Sidi bibi, point de départ des remorques de fruits et legumes vers l’Europe.
Puis, cap sur la ville de Tiznit.90 000 habitants, elle est la porte vers la Mauritanie. C’est une petite ville sans tourisme qui vit du travail de l’argent. Les bijoux pour les mariages, naissances, sont faits ici.
Ils (les hommes) travaillent du fil d’argent, ils appellent ça le travail du filigrane. La ville est dans son jus. On peut traverser le souk sans être harcelé, c’est très agréable et cela nous montre une image différente des marocains. La différence de comportement de ceux qui vivent du tourisme et ceux qui n’en vivent pas. C’est chacun pour sa peau ici, on vit de ce qu’on peut, du touriste ou pas.
Pour le déjeuner, cap sur le village berbère de Massa (comme la region, comme l’oued !).
Pour y aller il faut traverser des zones totalement désertique avec, disséminés ça et là, des murets jaunes ocres qui entourent des jardins isolées.
Massa. Verte au milieu de la steppe car passe l’oued. Une ville presque sans hommes car souvent ils sont en France pour travailler et ne rentrent que l’été.
Le guide nous arrête dans un quartier désertique, une rue vide, sablonneuse sans un brin d’herbe, devant un grand mur d’ocre rouge avec une belle porte en bois.
La porte ouvre sur un magnifique jardin verdoyant dans lequel les tables sont dressées. Notre hôtesse est vêtue d’une sorte de pyjama marron et une casquette noire lui retient les cheveux. C’est étrange comme tenue. En tout cas, elle cuisine très bien. Jus de figue de barbarie pour l’apéritif, salade marocaine avec brochette de poulet en entrée, tajine de poulet au citron et légumes pour le plat. Le dessert est plus surprenant, c’est une semoule sucrée grossière (je me demande même si ce n’était pas plutôt du riz, mais à priori non…) avec de l’amalou à étaler dessus. (voir dimanche pour la recette de l’amalou !), et pour finir, Thé à la menthe et un petit gâteau. Tout était délicieux.
Voilà, le menu détaillé c’est pour que Graine prenne plaisir à lire !
Il est 15h quand nous repartons de cette oasis bien agréable. Sur la route, nous croisons une caravane de minibus qui ramènent les travailleurs des champs et des serres vers la ville. Puis nous prenons une piste sablonneuse qui longe la côte pour aller voir les cabanes que les pêcheurs ont construites dans la falaise pour rester à demeure sur leur lieu de pêche. Un peu baraquements, un peu troglodytes. On imagine le confort… Générateur pour l’électricité, un ravitaillement journalier pour l’eau.
Depuis 2022, il y a sur cette côte une usine de désalinisation. Le problème de l’eau doit être anticipé, déjà il ne pleut plus assez.
La piste se termine à Tifnit. Un village hippie où les marocains viennent en villégiature l’été. Camping, barbecues sur la plage, restaurants en bord de mer. Le reste du temps, on y trouve tout ce qui est illégal ….
Sur la plage, les petites barques bleues que l’on retrouve hélas sur les côtes européennes avec des migrants lorsqu’elles n’ont pas chaviré avant… Nous sommes en face des canaries.

Lundi 29 mai – la medina d’Agadir

Lundi 29 mai – la medina d’Agadir

La voix de Lilie

Toutes les portes des grilles de l’hôtel sont gardées en permanence par des vigiles qui ouvrent et ferment aux clients depuis leur cahute. Les toilettes sont en permanence nettoyées et surveillées par une femme dont c’est à priori la seule tache. Vraiment, il n’y a pas à se plaindre de nos conditions de travail.. Quel ennui, enfer, ce doit être d’attendre en permanence dans une cahute ou devant des toilettes….
Un peintre repeint les potaux intérieurs de l’accueil, un laveur de carreaux en équilibre sur une échelle, elle même en equilibre sur une corniche au dessus de l’entrée nettoie les vitres à 7 ou 6 mètre du sol. L’hôtel est en permanence briqué, c’est impressionnant.
Il y a moins de vent aujourd’hui, mais j’ai attrapé un gros rhume. On fera avec.
Matin, balade le long de la corniche jusqu’à la ville. Chaque mètre on se fait arrêter par des vendeurs à la sauvette. Bijoux, cailloux, vetements, henné, aumône, musique tout y passe, à la fin, c’est pénible..
Pot en terrasse avant le retour par le bord de mer, les pieds dans l’eau, sans être dérangées.

Après midi, a pied jusqu’à la medina construite en 1980 au sud de la nouvelle ville.
Une fois franchie la zone touristique et ses hôtels nous passons progressivement d’une zone pavillonnaire avec de très belles maisons, à un terrain vague jonché de détritus, à une zone commerciale moderne puis une allée de cocotiers splendide qui passe devant une zone militaire. Allée bordée d’un champs d’eucaliptus dans lequel on aperçoit des chameaux et des chevaux pour ceux qui aiment la balade à dos d’animal. Enfin le dernier tronçon du chemin est un dépotoir à ciel ouvert. Tout est sec, et sale jusqu’à l’arrivée à la Médina.
Je me demande comment les salariés qui font le ménage dans l’hôtel sans discontinuer peuvent rentrer chez eux le soir dans cette saleté. Que doivent ils penser ?
Revenons à la medina. Construite entre 1992 et 2000 pour redonner une medina à Agadir qui n’en avait plus depuis le séisme. Le mécène dont j’ai oublié le nom a installé sur place tous les corps de métier – bois, pierre, cuir, architecture, tissus, mosaïque etc… et la medina a été intégralement construite sur place.
Le résultat est splendide, un peu artificiel bien sûr mais très beau. Elle se visite plutôt comme un musée. Il y a des riads, palais, places, restaurant, bar, jardins et les ateliers des artisans. Le mécène rêvait de la rendre vivante. Pour ce faire il avait installé les artisans à demeure. Hélas pour lui, la vie ne se décrète pas et sans vrais habitants, impossible de recréer l’ambiance d’une vieille ville et son passé perdu.


Après la visite, retour en taxi.
4 personnes en charge alors qu’il n’a le droit que pour 3, téléphone au volant, sens interdit… Un sketch… Au retour, le thé à la menthe nous attend. C’est le café national. Les serveurs en apportent matin, midi, après midi et soir ! Il est loin le temps où le thé à la menthe était très très sucré. Maintenant il est sans sucre, donc très amer… Bien sûr il y a le folklore du service, mais fini le sirop de menthe !
Puis ce sera l’heure des mouettes. D’ailleurs l’une d’elle s’est soulagée au dessus de nous et de nos cafés !

Dimanche 28 mai – découvrir la ville

Dimanche 28 mai – découvrir la ville

La voix de Lilie

Au programme aujourd’hui, le tour de la ville, le téléphérique jusqu’à la kasbah pour sa vue panoramique et le souk.
Le tremblement de terre, c’était le soir du 21 fevrier 1960, pendant le ramadan. 80% de la ville a été détruite. 15000 victimes.
La ville a abandonné son ancien emplacement pour se redevelopper vers le sud.
En été il fait moins chaud qu’ailleurs au maroc, il y a beaucoup de monde car les marocains viennent ici pour avoir moins chaud.
La ville a beaucoup souffert du covid car elle vit essentielle du tourisme. Ça reprend doucement. Certains hôtels du bord de mer sont à l’abandon, c’est très triste.
Pour monter jusqu’à la kasbah, un téléphérique a été mis en service depuis à peine 1 an. Avec le vent qu’il y a encore aujourd’hui, la montée est impressionnante, la cabine tangue, on parle entre nous pour penser à autre chose !
En dessous, l’ancienne ville détruite. Des corps sont ensevelis à cet endroit, donc ce n’est plus constructible. Un reboisement de la zone est en cours.
La kasbah est une ancienne forteresse, partiellement détruite par le tremblement de terre et en cours de restauration. Le Maroc a une politique globale de restauration de son patrimoine. De là haut, la vue sur la ville et son immense plage est à tomber, si j’ose m’exprimer ainsi !
Dans la ville, une église protestante, et une catholique. L’avenue mohammed 5 qui va du nord au sud et sa parallèle qui traverse le centre ville, l’avenue Hassan2. Deux parallèles qui se rencontrent tout au sud de la ville !

Le roi Hassan 2 avait dit: le tremblement de terre est un destin, notre role est de reconstruire. Alors la ville moderne a été refaite selon les normes sismiques. Les noms des anciens quartiers ont été redonnés aux nouveaux.
La mosquée est très belle, dessus des motifs géométriques, jamais de personnage ou animal car autrefois il était interdit de représenter des êtres vivants.
Beaucoup de travaux en cours dans la vile. Certains cocasses comme ses immenses jardins en train d’etre refait à la binette, ou arrosés avec un petit tuyau.
Les mulets attelés, les charriots côtoient les voitures et les scooters.

Le souk d’Agadir est le plus grand souk de l’Afrique.
Il est entièrement ceint d’une muraille avec de superbes portes d’accès. Actuellement les abords sont en travaux. Il y a de tout à l’intérieur, c’est un dédale de tout. Des allées colorées, des senteurs d’épices, de fleurs.
Tous les stands sont tenus par des hommes. Peu de femmes et toutes habillées de long, toujours un foulard. Difficile de regarder sans être alpagués par les vendeurs.
Agadir c’est aussi l’huile d’argan. La cosmétique à base d’argan cuit et pressé, l’alimentaire à base d’argan cru et pressé.
Amalou: melange de miel d’oranger, d’huile d’argan et amandes écrasées. Sent bin l’amande, se mange comme le beurre de cacahuète, sur une tartine. Humm, il faut que je revienne en acheter.

Samedi 27 mai – Paris Agadir

Samedi 27 mai – Paris Agadir

La voix de Lilie

Le jour du départ est arrivé. L’avion pour Agadir décollera à 11h30. Le commandant de bord est très très grand, sa tête touche presque le plafond de l’avion. Il est plein d’humour. Il nous dit que l’avion se porte très près du corps cette année, que c’est un avion slim. Qu’il conduit quelquefois depuis le 1er rang mais qu’il a arrêté car ça faisait peur aux passagers !
Pour nous aussi ce sont des avions slim, blindés de passagers. Pour limiter l’emprunte carbonne par passager dit il… Pour augmenter la marge par passager pense-t-elle ! Sûrement un peu des 2 !
Après 3h de vol et quelques turbulences à l’arrivée, ouf, le soleil et un vent chaud nous accueille sur le tarmac. Agadir et notre hôtel se trouvent à 28km au nord. Un bus nous y conduit en longeant des champs d’argannier et en traversant deux petites villes. Le paysage est très sec, la région est en sécheresse depuis quelques années. La route est bordée d’ eucalyptus et de palmiers, dépaysement total. Au fond, brumeux, le haut atlas.
Agadir est une ville moyenne de 250000 habitants. Elle a été détruite à 80% en 1960 par un tremblement de terre.
Devant l’hôtel passe la corniche pietonne qui longe la pkge de 9km jusqu’à la ville.
Après nous être installés dans les chambres, nous partons faire une
balade le long de la plage. Il y a un vent terrible qui nous envoie le sable dans les yeux, la bouche, le nez, les oreilles et rafraîchit beaucoup l’atmosphère. Je marche les pieds dans l’eau mais j’avoue que je n’irai pas plus loin !
L’hôtel est magnifique, pour les repas dont dressés de sublimes buffets. Ce soir ce sera couscous: légumes, viandes, poissons, sauces, au choix. Tout est très bon.
Un petit tour après le repas serait bienvenu, mais il fait très frais alors la balade est vite écourtée au profit d’un thé à la menthe.
Bizarrement le soir, les mouettes qui volent au dessus se posent toutes sur la piscine. Juste au crépuscule, avant de partir se coucher. C’est très curieux…
Le personnel est d’une gentillesse à toute épreuve, toujours souriant, c’est très agréable.

Samedi: Au revoir Belle-Île-en-Mer la bien nommée

Samedi: Au revoir Belle-Île-en-Mer la bien nommée

La voix de Lilie

Ce matin, rien ne presse, le bateau est à 11h. C’est l’occasion de flaner dans la ville et de voir les rues s’animer. Le départ matinal des randonnées n’a pas permis de se mêler à la vie locale. Le marché s’installe tous les matins au Palais. Il y a beaucoup de monde dans les rues. La moyenne d’âge est élevée… Les gens se garent en haut, près de la citadelle et descendent faire le marché. Sur le bord du quai quelques stands de pêcheurs vendent les produits de la mer. Homards, langoustines, pétoncles, saint jacques, praires et boulots énormes. Pourtant aucun des restaurants que nous avons vu n’en proposait… Du poisson, des huîtres, des moules, rien d’autre.
Le port du Palais est la place névralgique de l’île. D’immenses barges vertes et oranges apporte tous les matériaux dont l’île a besoin. Ensuite elle est autonome pour ses constructions, réparations. On trouve tous les corps de métier sur l’île. Tous, sauf peut-être la santé car les opérations, les analyses, les spécialistes et même les accouchements c’est sur le continent !
Hors saison, en plus de quelques randonneurs l’hôtel accueille des personnels de l’hôpital détachés du continent. Lequel hôpital ne fait que de la bobologie.
Après la balade sur le marché, on se pose pour prendre un café au port en face de l’embarcadère. Déjà le bateau arrive. Il fait doux , pas de vent. Sur la terrasse, on regarde la vie. Les gens prennent un café, croissant, discutent, regardent, prennent des photos. L’hôtel Clara de l’autre côté de l’ile, ramène ses clients dans une navette. Mitterand y venait en son temps. L’hôtel va passer en luxe après quelques travaux. Pour l’instant de l’extérieur il fait assez vétuste. De l’extérieur seulement je pense.

Cette randonnée côtière, aussi belle qu’elle soit reste très isolée de la vie sur l’ile. Elle ne permet pas de voir les villages ni l’intérieur de l’île. Les navettes du matin et du soir en donne un tout petit aperçu.
Sur le chemin, il n’y a que quelques rares randonneurs en cette saison. On reste isolé du monde et c’est ce qu’on cherche dans la randonnée, cet isolement, cette tranquillité, le zero sollicitation de la société.
A l’occasion, revenir, louer des velos électriques, découvrir l’intérieur et descendre vers une plage quand l’envie s’en fait sentir.

C’est difficile de se souvenir de tout ce qu’on voit dans une journée. J’ai essayé de retracer du mieux que j’ai pu. Toutes les pensées qui passent dans ma tête pendant que je marche, où sont-elles parties ? Les sensations, les éblouissements, les petites douleurs de ci de là ? Le vent sur le visage, les cheveux indémélables, la brume qui enveloppe tout ? Les mouettes ou goélands qui peut le dire ? plongeant dans la mer, guettant nos miettes de loin. Les plages immaculées, miroirs de sable.

C’est sinistre, diabolique mais superbe et je ne crois pas retrouver pareille chose ailleurs. Claude Monet

Vendredi: Plage des grands sable- Le Palais, 9km

Vendredi: Plage des grands sable- Le Palais, 9km

La voix de Lilie

C’est déjà la dernière étape. Plus courte que les autres car de la pluie était annoncée pour l’après-midi. Finalement il fait très beau et la météo ne parle plus de pluie ! Au petit matin la plage des grands sables est illuminée par le soleil levant qui arrive de l’arrière. Immense et vide, le sable immaculé. Les oiseaux ont réinvesti le territoire, personne (ou presque) pour les déranger à cette heure là. Ils restent au bord de l’eau, certainement pour attraper quelque nourriture que la marée a découvert. Le vent s’ est levé ce matin, assez fort. Pour la première fois oon entend plus le bruit du vent dans les feuillages que celui de la mer. La mer est très calme de ce côté ci, elle ne fait aucun bruit. Le chemin longe la côte, assez bas cette fois ci, il y aura moins à monter et à descendre ! Entre chaque cap, une plage. Le chemin est assez monotone, en terre sablonneuse, très humide car il a encore plu cette nuit, il chemine entre deux haies d’épineux, puis apparaîssent les pins, des arbres à feuilles qui vibrent au vent. Depuis le début de cette étape, on apercoit au loin le port du Palais et la citadelle vauban point final de la randonnée. Le port apparaît ou disparaît en fonction des cap ou des creux.
Après 3h de marche, lente, d’arrêts dans les plages, de pauses sur les promontoires, voici la plage de la ramonette, la dernière plage avant le Palais. Un bel endroit pour un dernier pique nique. Seuls sur la plage avec un oiseau gourmand mais farouche ! La mer monte et s’approche de plus en plus du rocher sur lequel nous déjeunons. C’est amusant de la voir grignoter la plage mètre après mètre à chaque vague.
Tout de suite après la plage apparait l’entrée du port. Le chemin passe sur l’enceinte vauban qui fait le tour de la ville, descend les escaliers, rejoint le port, longe les quais jusqu’à l’entrée de la citadelle. La boucle est bouclée. 80 km au compteur, 82,5 sur le magazine donné à l’hôtel ! Heureuse de l’avoir fait, triste que ce soit déjà fini !
Une semaine de pluie annoncée et pas une goutte ! Quelle chance.

17h, il pleut !

Pour répondre à tes questions Graine, lorsque j’ai préparé cette escapade, je me suis adressée au syndicat d’initiative de Belle île. En octobre, il y a moins de possibilité de logement qu’en saison. Aussi il m’a conseillée de faire une randonnée en étoile avec un logement à l’hôtel au Palais. L’hôtel s’occupe des pique nique et nous emmene-ramène chaque jour à nos points de départ. Effectivement sur le chemin, impossible de trouver à manger, on ne traverse aucun village.
L’hôtel est très agréable. Une vielle maison, ou veil hôtel, entièrement refait récemment, très propre et au calme. Il n’a pas vue sur la mer, il est en pleine ville, au moins c’est très tranquille. La dame de l’hôtel est très sympathique, au bout de quelques matins elle connaît par cœur ce que nous souhaitons pour le petit déjeuner ! Un bon croissant tout frais, une tartine de pain au beurre doux, ici il est salé mais je n’aime pas, un thé ! Elle nous remet nos pique nique et nous emmène là où elle est venue nous chercher la veille. Un autre couple fait la randonnée et nous nous croisons matin et soir. Moment de partager les impressions de chacun. Ils font la randonnée sur 4 jours, du coup nos étapes sont un peu différentes.

Un autre couple qui loge à l’hôtel, n’a pas pris la formule tout compris. Du coup ils sont limités et doivent souvent écourter les étapes car l’offre de bus n’est pas suffisante en cette saison. C’est ce que j’avais remarqué quand j’avais préparé la semaine.
On partage aussi les bons plans restaurants. De façon générale, ils sont assez chers. Même les creperies ! Les plats sont peu copieux et manquent de sauce. C’est un peu comme l’immobilier, on se croirait à Paris ! Quelques fois on prend un pot, 10E, une bière, un cidre. Faut bien vivre ma pauv’dame !

Pour le dernier soir, heureusement, la crêperie est la meilleure de la semaine. La cuisinière réalise des préparations très originales et très fines à base de fruits de mer cuits et de légumes. Un pur délice. Voilà qui termine la semaine en beauté.

Jeudi: Plage de Pouldon-plage des grands sables, 17km

Jeudi: Plage de Pouldon-plage des grands sables, 17km

La voix de Lilie

Ce matin le soleil brille de tous ces feux. Le vent est beaucoup plus léger qu’hier. La luminosité est très belle. Il a plu cette nuit, il y a beaucoup de flaques. Le chemin s’élève directement depuis la plage pour monter sur le plateau. Tout en bas, la mer est plus calme. C’est le matin, elle se réveille doucement. Les avancées sur la mer sont très hautes, le chemin est en balcon à flanc de colline, très près de la paroi. Il monte beaucoup, descend beaucoup, le vent heureusement souffle vers la terre, le soleil eblouit. La végétation commence à changer, le plateau laisse la place à des avancées moins escarpées, plus rondes. Passée la pointe du skeul, le chemin change de cap pour attaquer la côte est de l’île. Tout change. La mer est plus calme, la végétation plus haute, le chemin se couvre de schiste et commence à ressembler à un paysage méditerranéen. Il passe par plusieurs « ports » qui sont des entrées de mer entre 2 portes mais sans aucun bateau. Le port blanc, tout petit, le port Maria à peine plus grand où l’on regarde la mer monter pendant notre pique nique. Plus loin, la plage de port Andro, magnifique et surtout le seul endroit de l’ile où on trouve un bar sur le chemin ! L’occasion est trop belle pour un café face à la plage. Derrière le port Andro, la pointe de Kerdonis signe un nouveau changement d’axe. C’est le début de la côte nord de l’ile, côte protègée du vent par sa proximité avec les côtes Françaises que l’on distingue en face. La végétation devient vraiment méditerranéenne, des figuiers de barbarie, des aloe vera, des plantes grasses, des pins et un sol très schisteux bien que très humide. La mer est très calme, silencieuse, ça change vraiment avec le bruit omniprésent de la côte sud qui fait face à l’atlantique. La balade se termine sur la plage des grands sable, la plus grande plage de l’ile, plus de 2km de longueur. Comme à Saint andro, des gens se baignent. Moi je trempe les pieds, mais trop froide à mon goût pour aller plus loin ! Il faut vraiment aimer l’eau pour y aller !

Mercredi: Les aiguilles de Port Coton – plage de Pouldon, 16km

Mercredi: Les aiguilles de Port Coton – plage de Pouldon, 16km

La voix de Lilie

Ce matin le soleil brille déjà et illumine les aiguilles. Le tracé du chemin est à la fois dans l’axe du vent et du soleil. Difficile de faire des photos de qualité face au soleil ! Pour autant le paysage est grandiose, les falaises très hautes sur lesquelles la mer s’acharne en gerbes d’écume. Le vent empêche toute végétation de pousser, quelques arbustes rabougris résistent, à certains endroits il n’y a plus que quelques herbes en forme d’étoiles vertes. La plateau d’hier laisse place progressivement à des avancées rocheuses que le chemin contourne une à une. On recommence aussi à descendre vers des plages dans les renfoncements et à remonter sur le plateau. Le chemin alors passe dans des hautes herbes, puis des bosquets de tamaris. Certains passages ressemblent à des bords de rivières. Les falaises sont plus hautes que le premier jour, les vallons plus profonds. Les plages moins nombreuses, certaines inaccessibles sont à contempler de loin, d’autres se laissent approcher pour une pause bienvenue. La mer est très agitée de ce côté de l’île. Elle a découpé menu la côte. Les avancées deviennent de plus en plus déchiquetées, les vagues l’attaque en permanence, creusant des trous, des grottes, dans les rochers.
Beaucoup de vent aujourd’hui, beaucoup d’écume aussi. Des paysages à couper le souffle.
La plage d’Herlin se cache du chemin, de loin c’est sa voisine que l’on aperçoit. Et soudainement au détour d’un virage en haut du plateau, la voilà sur la gauche quand l’autre est en face. Elles communiquent toutes les deux, c’est immense et magnifique. Avant de descendre, on reste un grand moment à admirer ce paysage. Puis un grand moment sur chacune des plages. Il fait soleil, il n’y a personne. Que nos pas sur le sable doré.
Le chemin continue dans une lande côtière, montant et desendant entre chaque avancée rocheuse. Les parois sont de plus en plus déchiquetées. Le vent est toujours là, le soleil a tourné bien sûr, c’est l’après midi.
La promenade se termine sur la plage de pouldon, un nom qui me rappelle quelques chose !
Là, surprise, pas de réseau. Impossible d’appeler la navette pour le retour. Il faut rentrer dans les terres pour se rapprocher d’un village. Et quand on a déjà fait 16km, c’est dur pour le moral ! Donc, 1km de plus pour appeler la navette !

Mardi: La pointe des Poulains-les aiguilles de Port Coton, 18km

Mardi: La pointe des Poulains-les aiguilles de Port Coton, 18km

La voix de Lilie

Ce matin un épais brouillard enveloppe l’île. Il fait toujours très doux mais on ne voit pas à 10m. La preuve, arrivée au point de départ, à la pointe des Poulains on ne distingue pas le phare ni l’îlot. Changement de décor par rapport à hier, le chemin passe au bord de hautes falaises et tortille en fonction des aspérités des rochers. Au début, la végétation est assez dense, fougères, épineux, quelques genêts. Le vent souffle de la terre vers la mer. Puis la végétation descend d’un cran, bruyère, quelques touffes de tamaris pas plus haut qu’un mètre, puis encore un cran, lichens, bruyères rases. Ce côté de l’île forme un plateau immense, découpé, déchiqueté sur les bords par la mer. En contrebas, quelques belles plages. Le chemin reste la plupart du temps au bord du plateau. A un endroit, au milieu de ce plateau, un immense trou. La mer au fond. Le morceau s’est effondré. Ce qui veut dire que sous nos pieds ce n’est pas forcément de la roche, peut-être une excavation de la mer…ça fait un peu froid dans le dos. On retrouvera plus loin un autre de ces trous. D’ailleurs le chemin est très balisé pour interdire d’approcher trop près du bord ou de certains endroits fragiles. Le chemin descend quelques fois vers une plage puis remonte sur le plateau. Entre le vent et la brume, on se croirait dans un paysage de fin du monde. C’est tout de même magnifique. Et je fais de belles photos des couleurs de la mer au fond et des falaises. Le soleil émerge de cette brume vers 13h. Enfin on peut découvrir au loin les grands espaces que l’on a traversé le matin.
Au détour d’un virage, voici une plage immense de sable d’or. C’est magnifique. Elle est entourée d’une immense dune recouverte d’une végétation toute neuve et précieuse. Belle île fait tout ce qu’elle peut pour restaurer la flore originale de l’ile. Cette dune n’a rien à envier à celle du pila ! Le chemin côtier nous la fait escalader et contourner dans un rail balisé pour ne pas abimer la végétation. Derrière une deuxième très belle plage, le sable et la mer forment comme un miroir vue d’en haut. Je profite de ce magnifique endroit pour me tremper les pieds. La mer est si belle, je ne peux resister.
Il reste maintenant 4km pour aller jusqu’aux aiguilles de port coton, but de la journée. Toujours sur le plateau, aux herbes rases. Curieusement parsemé de crottes de lapin (peut-être), de trous de terriers et bizarrement pour un endroit sans arbres ni végétation, parsemé de champignons. Certains ressemblant à des champignons de Paris, d’autres très gros et grignotés peut-être par les lapins !

Le site des aiguilles de Port Coton est grandiose. Du haut du plateau, la mer au fond entre les parois vertigineuses. Des pans entiers de roches se sont détachés et gisent au milieu. On dirait une cathédrale et des pyramides à l’intérieur.

L’endroit est touristique, il y a même un parking pour garer les voitures. Mais comme partout ici, pas de bar, pas de boutique ! On attendra de rentrer pour aller boire une bière ou un cidre.


Le soir, après le repas (moule fritte pour moi, hamburger pour M Lilie, c’est pour Graine qui adore que l’on mette le repas !), nous allons écouter un musicien qui fait de la « folk alternative ». Sûrement très alternative ! Derrière moi, une dame décrit très justement, une musique pour dépressifs ! Elle me fait rire. C’est vrai que ce jeune garçon gagnerait à ajouter à son répertoire des chansons entrainantes !

Lundi: Le Palais-Pointe des Poulains, 19km

Lundi: Le Palais-Pointe des Poulains, 19km

La voix de Lilie

Lundi. Le palais pointe des poulains. 19km.
Il fait doux ce matin, la pluie annoncée n’est pas là, les conditions sont excellentes pour marcher. Le départ du chemin se fait par la traversée de la citadelle. Après le pont de bois qui marque la sortie, part un vieil escalier de pierre sur la droite qui descend le long de la côte. On a un peu l’impression de partir dans les oubliettes du château, mais non, on ressort dans le chemin.
Le chemin passe de plage en colline, descend (souvent et beaucoup), monte (aussi souvent et beaucoup !). Cette étape est notée difficile, on comprend pourquoi… On se croirait dans les 25 bosses de Fontainebleau. Les pentes sont très raides, heureusement assez courtes, mais avec la répétition c’est très fatigant. Heureusement le paysage est magnifique. La couleur de l’eau, opaline, translucide. On traverse des bosquets de châtaigniers d’abord, puis arrivent les pins, puis quelques violettes en fleurs, en octobre…, des genêts aussi avec quelques fleurs.
Après quelques kilomètres, un champ de ruines apparait sur le côté. On dirait un ancien casernement, recouvert par la végétation et par les graffitis. Il s’agit en fait d’une partie du mur de l’atlantique.
Le chemin passe de plage en plage, de montées en descentes jusqu’à apercevoir la ville de Sauzon. Elle est en face du chemin mais il faudra longer le bras de mer sur 2km avant de pouvoir traverser et repartir dans l’autre sens pour la rejoindre. C’est très frustrant ! Je fatigue, l’arrière d’un de mes genoux me fait très mal dans les descentes. Un comble, c’est moi qui a mal au genou ! L’endroit n’est pas superbe, mais je préfère m’arrêter pour reposer ma jambe.
C’est extraordinaire, il y a eu des dizaines de plages plus belles les unes que les autres. Mais lorsque j’ai dit, à la prochaine plage on s’arrête déjeuner, il n’y a plus eu de plage. Rien que ce bras de mer à marée basse que l’on longe depuis presque 1h… Ça m’arrive très souvent cette situation. Comme si quelqu’un jouait à se moquer de moi. Alors on s’arrête là et on rejoindra la ville après.
Sauzon, autour de son port, est un peu animée, à cette heure de la journée, quelques bars ouverts pour prendre un verre ou un café et se reposer un peu.
Le chemin repart ensuite en longeant le port, puis reprend son rythme, monte, descend, de criques en colline. La côte est plus déchiquetée maintenant, des rochers se sont détachés du littoral et forment des arches, des grottes, des amas au bord de l’eau.
Au loin, la pointe des Poulains de détache avec son phare. Encore quelques km à parcourir. Une pluie fine commence à tomber. Elle n’empêche pas d’avancer. Le phare de la pointe des Poulains se trouve sur un ilot accessible à marée basse. Justement c’ est marée basse. On passe par la plage pour y accéder, mais on n’en mène pas large, on fait le tour à vitesse grand V. D’autres se sont faits piéger et on dû rentrer à la nage ! Le site est splendide, la mer l’attaque de tous côtés, souffle, crache. Des grottes se sont formées au bord de la plage.
Un peu plus loin, se découpe la maison de Sarah Bernard. Elle fait face à un rocher énorme et au côté déchaîné de la mer. Un musée est installé dans une des maisons qu’elle a fait construire pour ses invités, la maison de l’environnement est installé dans l’autre.
Voilà la fin de cette première étape, 20 km en tout. Il est temps de rentrer à l’hôtel et de prendre un repos bien mérité. La navette vient nous récupérer. Le soleil pointe le bout de son nez, le coucher de soleil sera très beau ce soir encore.
Nous finissons la journée comme hier, dans une crêperie !

Jour 2: Belle île, Le Palais

Jour 2: Belle île, Le Palais

La voix de Lilie


Ce matin, après un bon café et une bonne douche, direction la Pointe de Conguel. Le temps est gris, la température est très douce, la pluie menace, puis tombe. Tant pis, il suffit de bien se couvrir. D’ailleurs au bout de quelques minutes, la pluie s’arrête. Nous sommes à l’extrémité de Quiberon. Après, ce sont les îles. Un groupe de personnes est arrêté là. Ils prennent des photos. Arrivés à leur niveau, nous comprenons cet attroupement. Une otarie, ou un phoque peut être, joue dans les vagues. Impossible de l’avoir en photo, il plonge, ressort 20m plus loin, replonge. Il joue avec nous, puis le jeu ayant assez duré, repart dans l’océan. Au loin on peut apercevoir les 2 iles qui suivent Quiberon. Nous terminons notre promenade autour du cap et reprenons la voiture jusqu’à un petit port où nous nous arrêtons prendre un café dans une très ancienne maison.

Il est 11h, il commence à pleuvoir. Vraiment. Nous repartons en voiture pour la côte sauvage. C’est magnifique. La mer fait des rouleaux immenses, qui se fracassent dans des gerbes d’écume. La côte est déchiquetée par ces attaques. J’adorerais me balader sur le bord mais la pluie est trop forte. C’est impossible de marcher avec toute cette pluie et ce vent dans la figure. Gardons ça pour les autres jours…. Ça fait un peu peur ! Avec un peu de chance, je pourrais m’y promener samedi prochain en revenant de Belles île.

De toute façon il est l’heure de déposer la voiture au parking et de rejoindre l’embarcadère avec la navette.

La pluie ne s’arrête pas de tomber. Avec les valises, difficile de promener. On s’installe dans un bar, en bord de mer. J’aime cette atmosphère que créent les éléments de la nature. La pluie, le vent, les nuages qui se confondent avec le gris de la mer. Tout se fond.

Dans le bar, il fait bon. Dehors c’est le déluge. Le store banne se remplit d’eau. Le gérant la fait couler en relevant la toile avec un plateau de service, puis il cale des piquets pour relever l’ensemble. Nonchalamment, il a l’habitude. Nous commandons le plat du jour, sauté de porc au cidre, petits légumes et écrasée de pommes de terre. Le goût revient peu à peu, le plat semble très bon !

Le temps passe vite, même à regarder dehors ! Il est l’heure d’aller prendre le bac pour Belle île. L’embarquement, comme le débarquement d’ailleurs, est très rapide. Voitures et passagers embarquent en moins de 15mn. Ensuite il y a 50mn de traversée. Contrairement à ce que l’on pouvait voir depuis le bar, la mer est assez calme et la traversée facile.

Je reste sur le pont extérieur, il pleut moins, presque plus, et je regarde l’île se rapprocher. Je suis venue ici lorsque j’avais 20 ans. En voilier. Un week-end de voile organisé par des collègues dans ma première entreprise. Je suis venue ici. Il y plus de 40 ans. J’ai vu ses côtes que je ne reconnais pas, cette entrée du port, que je ne reconnais pas. Je cherche à raccrocher mes souvenirs à ce que je vois. Le port, les portes en fer, remonter entre les murs. Le bateau est bien plus haut que ne l’était le voilier, la perspective est trompeuse… Non, mon cerveau a oublié. C’est difficile de se dire qu’on a vécu quelque chose et que ce quelquechose n’existe plus en nous. Une image, floue, rien d’autre. Voilà à quoi je pense, accoudée au bastingage, en arrivant.

La pluie s’est arrêtée, et tant mieux car il faut rejoindre l’hôtel à pied avec les valises.

Le soleil est maintenant revenu. On peut en profiter pour visiter Le Palais. En ce moment, la citadelle est fermée pour cause de travaux. On peut seulement faire le tour. Le Palais est une citadelle qui contient une citadelle. Il y a au moins 4 niveaux de murs d’enceinte. C’est impressionnant.

Nous apprenons que Belle île a autrefois été récupérée aux Anglais en échange de Minorque. Etonnant quand justement nous venons de visiter Minorque juste avant Belle-Île.

Après une bonne heure de marche, entraînement pour demain, nous nous arrêtons au port, sur un banc pour regarder le débarquement/embarquement du bac. C’est un balai de cordes, de portes, de marins, de voitures, de piétons. A la fin, le capitaine revient, fait l’état des lieux du chargement, sonne le départ. Les marins ré-enroulent les cordes, le bateau repart. Nous allons prendre un bon Chocolat chaud.
C’est toujours compliqué d’arriver dans une ville le dimanche soir. Beaucoup de restaurants sont fermés, on cherche un peu au hasard. Le hasard fait généralement les choses bien. M Lilie veut manger une crêpe. Une crêperie est ouverte. En Bretagne, jouons corporate. Galette, cidre, crêpe.

Une belle première journée sur l’île. Demain c’est le départ sur le chemin, j’espère que le temps sera avec nous.

1er jour : l’approche

1er jour : l’approche

La voix de Lilie

Les prévisions météo sont clairement défavorables à une semaine de marche. Pluie annoncée quasiment tous les jours. L’expérience montre que sur le terrain, les choses sont souvent très différentes… Donc pour la première journée, la route est sèche, quelquefois ensoleillée même et cela permet de profiter des magnifiques couleurs de l’automne. Lorsqu’elles sont rehaussées par un rayon de soleil, c’est magnifique.
Chaque séjour demande une adaptation, on sort de son confort et de ses habitudes, il faut accepter les contretemps, les surprises en tout genre. Cette fois ci, la première aventure est celle d’assurer un plein d’essence permettant d’aller et revenir à bon port (si j’ose !) la semaine prochaine. Ainsi fait, on peut rester serein. D’ailleurs après les queues interminables de la region parisienne, les pompes sont accessibles sans problème passé Rennes.
Arrivé à Quiberon, le temps est variable et nous offre un magnifique couché de soleil sur la « côte sauvage ».
Je suis heureuse de voir la mer à nouveau, l’entendre respirer, écouter les mouettes.
La deuxième aventure vient du fait que nous sortons, m lilie et moi, tout juste du covid. Et patatras, plus d’odorat, plus de gout.
Alors ce merveilleux pot au feu de la mer nous semble bien fade….l’air marin, iodé, que je ne sens pas, va-t-il aider à nettoyer tout ça et faire revenir les sens ?
Frustration.

10 septembre – fin du voyage

10 septembre – fin du voyage

La voix de Lilie

Toutes les bonnes choses ont une fin. Le voyage se termine, c’est le jour du retour à la maison.

Je profite au maximum des dernières heures sur l’ile et dans l’hôtel. Un tour à la plage pour un dernier bain de mer. Il est tôt ce matin, le soleil tape déjà fort pourtant le sable est encore frais sous mes pieds. Je me laisse flotter corps et esprit dans la mer. L’eau clapote dans mon cou, je ressens sa fraîcheur sur mes épaules et sa tiédeur sur le reste du corps. La mer scintille au soleil, les palmes des palmiers vibrent au vent léger. Je laisse mon corps se faire balloter par le mouvement de la mer, les oreilles dans l’eau, aucun bruit. Isolée dans ma bulle.

Ensuite, retour à l’hôtel pour un tour à la piscine avant de rendre définitivement la chambre et de prendre un dernier verre en attendant la navette vers l’aéroport. L’endroit est très animé en cette fin de matinée, entre la musique des cours d’aquagym, les discussions des clients du bar, les allées venues, le monde dehors.

Il est 13h lorsque nous quittons l’hôtel, l’avion est à 15h.

Derrière les vitres de l’aérogare, je regarde au loin la silhouette du mont Toro qui se découpe au loin, la ville de sant Climent qui émerge d’un bosquet, le ciel bleu.

Ce soir, je quitte la mer, le soleil, l’été, les vacances pour l’automne, la pluie, le travail. Aurai-je assez rechargé mes batteries pour éviter la déprime ?

9 septembre – Mahon

9 septembre – Mahon

La voix de Lilie

Dernier jour de vacances déjà, je n’ai pas vu passer la, semaine. J’ai vu tant de belles choses, ou alors j’ai voulu tellement en voir que je n’ai pas pris suffisamment de temps pour flaner… Aussi, aujourd’hui, ce temps, je vais le prendre. Prendre le temps d’apprécier ce que je vois, ce que je ressens.

Venir à Minorque sans voir Mahon, toutes proportions gardées, ce serait venir voir la France sans voir Paris ! Pas besoin de voiture, il y a un arrêt de bus devant l’hôtel, et un bus toutes les heures pour Mahon. Pas besoin de se presser, programme allégé.

Il fait toujours très chaud, aussi je commence la journée par un bon moment dans la piscine. Ou plutôt, les piscines. Celle de l’hôtel d’abord, puis celle plus tranquille qui ouvre un peu plus tard. L’eau est douce, tiède, c’est agréable.

En fin de matinée, nous prenons le bus qui nous emmène à Mahon en 30 mn. Mahon est une grande ville avec un immense port qui rentre dans les terres sur plus de 7km. Au bout, la forteresse immense qui domine l’entrée du port. En face le Lazaret où on mettait les marins en quarantaine à leur arrivée. Chose qu’on avait oublié un peu vite !

Le centre historique est totalement piéton, avec bien sûr ses boutiques de souvenir et de sandales Minorquines. Ça et là quelques belles statues de bronze.

Mahon vit aujourd’hui au ralenti. C’est un lendemain de fête. Depuis 2 jours, c’était la fête de la ville avec des chevaux qui la traversent et une foule immense au vue des photos de ceux qui y sont allés. Aujourd’hui, c’est lavage des rues pour enlever le sable et grand calme.

Pour autant il reste quelques vestiges de la fête, des stands de boisson dont un qui fait des mojitos délicieux et pas chers par rapport à la France… Sur le stand à côté, les hommes épluchent pommes de terre pour les frittes, aubergines, courgettes pour les grillades. Même sur un stand avec des tables en bois, tout sera frais et fait maison.

La ville s’étend tout en hauteur au dessus de son port. Ça donne des perspectives magnifiques, les palmiers, les murs blancs aux volets verts, le ciel bleu et la mer, c’est vraiment beau. Les rues sont décorées de guirlandes colorées, la cathédrale immense est presque masquées par les étendards tendus à travers la place.

Le marché au poisson, de ce que j’en ai vu, vend plus de tapas que de poissons ! J’exagère, le côté poissons était fermé, peut-être en raison des 2 jours de fêtes qui ont empêché la pêche (c’est amusant comme phrase !). De l’autre côté, des stands où les gens achètent des tapas et les mangent sur place. C’est très joli à voir.

Un peu plus loin, un cloitre est transformé en marché couvert et même en supermarché au niveau inférieur. C’est très étonnant.

Pour descendre de la ville haute vers le port, plusieurs options: des ruelles en espalier, les grands escaliers près du marché au poisson ou un ascenseur panoramique tout à côté. Nous prenons l’ascenseur pour la vue qu’il offre.

Le long du port, à ce niveau, sont amarrés des bateaux de promenade, des bateaux de Pêches et plus loin des yatchts. Et côté terre, des restaurants, plus ou moins chics. Nous choisissons un petit endroit calme et simple pour déjeuner d’un menu fait maison par un couple. On y mange très bien. Même si comme partout ici la cuisine est très grasse. Au moins les pâtes et le riz ne collent pas !

Après une bonne balade sur le port, il est temps de remonter pour prendre le bus du retour. Non sans reprendre un mojito au passage !

Retour à l’hôtel pour passer la fin de l’après-midi au bord de la piscine, pour un rafraîchissement bienvenu.

Après le repas, pour la dernière soirée, nous allons à pied au bord de la mer. Je quitte mes chaussures pour marcher pied nus dans le sable. Le sable est frais maintenant que la nuit est tombée. Ce soir, c’est la pleine lune. Je sens le sable frais qui me masse les pieds, une guitariste chante un air très doux, il fait bon, la brise légère caresse ma peau, c’est un moment parfait.

8 septembre – les plages du sud

8 septembre – les plages du sud

La voix de Lilie

Chaque matin après le petit-déjeuner et avant de partir en balade, je m’offre un bain dans la piscine de l’hôtel. C’est un moment tranquille, les touristes commencent à peine leur installation de serviette, peu se baignent déjà. 3 allers-retour et me voilà détendue, raffraichie et prête pour la journée.

C’est le dernier jour avec la voiture, le contrat se termine ce soir. Il reste à découvrir quelques unes des plus belles plages du sud. Ces quelques jours m’ont appris qu’ici les plages se méritent. Certaines sans accès voiture, d’autres sans accès du tout ! La plage Trabaluger est de ces dernières, impossible de comprendre comment y aller. Dans ces cas là, la seule chose à faire est d’aller ailleurs. Ailleurs ce sera la plage de Binigaus, accessible à pied depuis la plage de saint thomas. Du sable blanc, une eau turquoise, peu profonde. Un très bel endroit pour un bon moment de baignade et de détente.

Saint Thomas est très touristique, pas question de déjeuner là. Nous préférons partir pour la ville d’Alaior, plus dans les terres. L’occasion de visiter une petite ville qui ne soit pas dédiée au tourisme. Attention toutefois aux horaires. Les Espagnols sont les champions toute catégorie de la pause méridienne. Entre 14h et 17h, le pays s’arrête. Plus une boutique, plus un chat dans les rues. La ville possède une très grande église et une zone piétonne autour de laquelle elle s’est étendue. Pas de tourisme ici, pas de restaurant non plus à part une pizzeria et une brasserie. Quelques bars encore ouverts, une mini superette. Suffisant pour se faire un sandwich et le manger tranquille sur un banc à l’ombre des arbres d’une jolie place.

La visite continue par une curiosité attrape touriste, mais le sachant, on y va. L’attrait de voir l’endroit est plus fort. Il s’agit d’un bar, installé dans une grotte creusée dans la falaise au dessus de la mer. La vue y est époustouflante. Le cadre est magnifique autant que le service est désagréable ! En dessous s’étend le village et sa plage de sable blanc. Il y a beaucoup de monde.

Pour finir cette dernière journée en voiture, cap sur une plage donnée dans le guide comme une plage de rêve. 900m de marche pour y arriver, ce qui limite le nombre de personnes. Beaucoup de Français bizarrement, ils doivent tous avoir le même guide ! Hélas, la plage de rêve ne fait pas rêver. L’endroit est très encaissé, et on se croirait en Ardèche. L’eau verte, le fond pierreux, des parois rocheuses dans lesquels nos ancêtres avaient creusé des cavité pour y vivre ou surtout pour y enterrer leurs morts. Je suis un peu déçue pour ma dernière plage qu’elle ne soit pas aussi belle que les précédentes. Bah, c’est la vie. Je saurai qu’il faut se méfier de l’avis des guides qui encensent des plages bondées et les plus touristiques quand j’aime me perdre dans des endroits inédits ….

7 septembre – Fornells et les plages du nord

7 septembre – Fornells et les plages du nord

La voix de Lilie

Cap au nord aujourd’hui. En commençant par le far de la Cavalleria. Tout en haut d’un cap escarpé, il domine la plage de Fornells et offre une vision sur toute la côte nord et ses falaises. La mer est d’un bleu profond avec des reflets clairs en contrebas de la falaise. Ça et là des vestiges de blockhaus de la guerre civile et des vestiges romains. Les époques se mélangent en un même lieu. C’est très beau, et très aride. C’est la fin de la matinée et il fait déjà très très chaud.

Quelques kilomètres en arrière et voici Fornells. Petit village aux murs d’un blanc immaculé et aux portes et volet verts foncés. Les murs sont si blancs que je me demande s’ils les repeignent chaque année ? Rien que le temps de la visite et me voilà en nage. L’air est tellement humide ici que les serviettes n’arrivent même pas à secher la nuit… Bref. La ville est réputée pour les langoustes que l’on peut y manger. Ou pas. Il est 12h30, les restaurants sont vides mais complets, la plupart trop chics et les plats excessivement chers à mon goût. Bref, ça finit par une salade dans un petit restaurant plus populaire.

L’après-midi, cap sur les plages du nord. Une petite route comme toujours entre 2 murets conduit à Binimel-La. Le parking fait 2km de long, il est blindé. Heureusement à cette heure, 14h30, les espagnols partent déjeuner et ou faire leur grande sieste de l’après-midi ce qui permet de trouver des places tout près de l’entrée. Pourtant sur la plage, quelques familles, des parasols, mais sans commune mesure avec le nombre de voitures. Où sont ils ?

La plage est jolie mais sa voisine l’est encore plus. Pour l’atteindre il faut suivre le cami de cavalls (toujours lui) sur 1km. La terre est rouge, on se croirait vers saint Raphaël, le chemin enjambe la colline ce qui permet d’avoir une vue magnifique sur la plage de Cala Pregonda en y arrivant. D’ailleurs je pense que les propriétaires des voitures sont là ! Beaucoup de monde. La plage est belle, entre sable blanc, roches rouges, ciel bleu, elle forme une anse entre les rochers où des mouettes se posent et où les gens grimpent. Le temps d’une petite baignade pour se raffraichir et réfléchir à la suite. Sur le chemin, nous avons croisé une petite plage déserte entre les 2 plages. Pourquoi déserte ? Parce que les 2 autres sont de sable et celle ci montre des cailloux et des rochers. Elle cache son sable pour qui veut bien la découvrir. C’est là que nous nous posons, seuls au monde sur une plage magnifique, l’eau turquoise côté sable.

Il est un plaisir intense que je goutte rarement, c’est celui de me baigner entièrement nue dans la mer. Comme un retour au source. L’eau salée, tiède, mon corps qui flotte et se laisse bercer par les vagues, sans entrave. Voilà un endroit qui le permet et je savoure ce moment rare.

Le temps passe vite, surtout en vacances, et surtout à nos ages ! Il est temps de rentrer. Mais pas sans un arrêt ou deux ! Le premier arrêt sera pour aller admirer d’en haut l’arena d’en Castell. Une des plus belles plages de Minorque. Et elle ne vole pas sa réputation. Une anse circulaire, immense, entourée de collines sur lesquelles est batie la ville. Sable blanc, eaux turquoise, peu de fond. Du haut de la ville on la, domine complètement et une terrasse de café permet de la contempler en sirotant une boisson. C’est de loin la plus belle que l’on a vu.

Dernier des arrêts pour voir de plus près la forteresse de Mahon, immense construction qui occupe toute la colline à l’entrée du port de Mahon (7km de long le port quand même !). Elle se visite, pour ceux qui ont envie et le loisir de prendre ce temps. La il commence à se faire tard, il est temps de rentrer à l’hôtel, prendre une bonne douche et un repos bien mérité.

6 septembre – Es Grau, Es Talaier, Es Catell

6 septembre – Es Grau, Es Talaier, Es Catell

La voix de Lilie

Pour faire court, c’est la journée des Es !

Le premier Es, Es Grau possède une réserve ornithologique S’albufera des Grau. De grands lacs d’eau douce abritent une flore de la lagune et une foultitude d’oiseaux et d’animaux en tout genre, lézards, serpents, rats… Tout y est protégé. On se promène sur un chemin balisé et des points de vue sont mis à disposition. Le gardien prête même des jumelles aux visiteurs.

Tout est gratuit. Je me suis déjà fait cette réflexion hier avec les parkings des plages, pourtant surveillés par un gardien. En y réfléchissant bien, j’ai payé une blinde la taxe de séjour pour la semaine. Alors j’imagine qu’ils préfèrent faire payer une taxe et redistribuer aux organismes que de mettre en place des billeteries…

Après cette visite, cap sur la plage d’Es Grau pour une baignade salutaire, le moindre effort vous met en nage, avant le retour à l’hôtel pour le déjeuner.

L’après-midi, après une bonne baignade dans la piscine de l’hôtel, l’idée est d’aller voir la plage de Macareletta. Une des plus emblématiques et des plus prisées de Minorque. Elle est à l’autre bout de l’île. Pour varier les plaisirs et sortir des visites clichés, nous faisons un détour près du village de Ferreries pour découvrir un canyon profond, étroit, et beaucoup plus frais. La balade est magnifique.

A quelques kilomètres de la plage, la route devient plus étroite, entre 2 murets comme un peu partout sur cette ile. Les kilomètres semblent interminables. 6km avant notre destination, des gardiens empêchent le passage. La plage est saturée de monde, il faut aller vers celle d’à côté et rallier l’autre à pied. Ça ne me tente pas de faire tous ces efforts pour arriver sur une plage bondée. Tant pis pour la plage emblématique ! Je repère dans le guide, une plage pas très loin et plus confidentielle, Es Talaier. Demi tour, et deuxième route interminable entre 2 murets. Cette fois ci, pas de problème pour se garer mais le parking dessert la plage de Son Saura et Es Talaier est aussi à 2km plus loin par le bord de mer. La promenade est très belle. On démarre le long de la plage et au bout, on débouche sur la crique en contrebas. Très peu de monde, de belles vagues pour jouer dans l’eau, un paysage et des couleurs magnifiques.

Beaucoup de route aujourd’hui, mais ça valait le coup.

Vous me direz, il manque un Es. Et vous aurez raison ! Es Castell est un petit village qui jouxte le grand port de Mahon. Le petit port de Es Castell est très animé le soir. Il y a des restaurants tout le long, quelques boutiques. Il fait doux s’y promener le soir lorsque la chaleur est tombée. A seulement 10km de l’hôtel, ce joli petit port à enchanté notre soirée.

5 septembre – Ciutadella

5 septembre – Ciutadella

La voix de Lilie

Cette semaine les voix des Graines sont séparées. Une chez elle, l’autre en vacances. Ça fera 2 articles à lire chaque soir pour nos followers !!

Ce matin le ciel est gris. Un gros nuage noir menace le programme des touristes ! Il s’effondre tout à coup en pluie torrentielle. 5mn. Le temps d’arroser les fleurs de l’île. Déjà le soleil et la chaleur reviennent pour la journée. C’est une bonne technique d’arrosage. Sans intervention humaine. Une ondée chaque matin et le tour est joué. Voilà pourquoi malgré cette chaleur, les hibiscus profitent et les bougainvilliers flamboie.

Minorque est une petite île. Une cinquantaine de km dans sa partie la plus longue, 20 au plus large. Il vaut mieux avoir une voiture pour visiter à son rythme, car les bus ne sont pas très fréquents. Un par heure pour aller à la capitale Port Mahon.

A l’opposé, tout à l’ouest, sa rivale Ciutadella. C’est une grande ville, pas question de la visiter en entier. Comme dans la plupart des endroits, c’est la vieille ville qui se visite. Ciutadella s’étire autour de son vieux port. Le vieux quartier est piéton, de toutes petites rues rejoignent l’arête centrale avec ses arcades et ses boutiques. Quelques jolies places, une belle cathédrale, des palais anciens et un très beau marché au poisson en bois en font une ville bien agréable à découvrir. Il fait si chaud, qu’il faut chercher l’ombre pour profiter de la visite.

Après un déjeuner pris sur le pouce, cap sur le nord ouest de l’île et la punta nati. Le paysage est aride, des murets de pierre délimitent des parcelles, de quoi, on ne sait dire. Certaines possèdent une sorte de cabane ronde en pierre, l’ensemble est très particulier. Il ne pousse rien dessus, tout est sec. Les pierres sont coupantes. Il fait une chaleur humide, étouffante, je transpire comme jamais. L’eau commence à manquer. Je n’ai qu’une envie, trouver une plage et me baigner. Pour autant, cela ne va pas etre simple: à cet endroit de l’ile, la mer est tout en bas de falaises très hautes. Il faut revenir à la voiture, de nouveau 800m sous un soleil de plomb.

La cala Morell sur la cote nord ouest de l’île abrite une nécropole troglodyte. C’est une jolie plage encaissée au fond d’un vallon sur lequel s’est accroché un village. De la route, il faut descendre des escaliers pour la rejoindre. Des passerelles permettent de longer le bord de mer et de se baigner depuis des pontons. Pas de sable ici, des galets côté plage et des rochers bien coupants côté montagne. Je suis ravie d’avoir pensé à prendre mes chaussures de rivières. Je peux aller dans l’eau quelque soit le terrain. La mer est délicieuse, c’est tellement agréable.

La deuxième plage de cette journée est plus classique. Parking, 500m de marche dans les pins, une volée d’escalier, sable blanc, grosse fréquentation. Heureusement il est déjà tard et les gens partent. J’en profite pour un dernier bain avant de rentrer. Le soleil se cache déjà derrière la colline. Ce côté de l’ile offre de beaux couchés de soleil, mais nous ne sommes pas d’ici, il nous faut rentrer à l’opposé, plein est, avant la nuit.

Sur le chemin du retour, au centre de l’île, se dresse le mont Toro. C’est le point culminant et il offre une vue à 360 degrés. Il offre également un spot idéal pour les antennes en tout genre qui y ont fleuri et même il faut l’avouer, défiguré l’endroit, un « corcovado » se demande bien ce qu’il fait au milieu de tout ça, ou bien est il l’antenne de dieu ! !

Voilà, cette belle journée s’achève sur un transat, au bord de la piscine de l’hôtel. Il fait nuit, une brise légère caresse ma peau, une demi lune éclaire le ciel. La vie peut-être douce parfois.

4 septembre – Le cami di cavalls

4 septembre – Le cami di cavalls

La voix de Lilie

Aujourd’hui, marche au programme. Il existe un chemin, GR même, qui fait le tour de l’île par la côte. Le cami di cavalls. Lorsqu’on ne peut se garer à un endroit, il suffit de se garer un peu plus loin, puis de prendre le chemin pour rejoindre l’endroit convoité. Et lorsque l’on n’a pas de voiture, de se promener le long du littoral en alternance avec des bus.

Ce matin, l’objectif est le petit village de Binibeca à 6km de l’hôtel. Construit de toutes pièces dans les années 60 sur le modèle des vilkages Grecs. Des maisons blanchies à la chaux, des ruelles étroites où une seule personne peut passer à la fois et des bars et restaurants. On le dit attrape touriste, le sachant, il est juste très joli.

Le cami di cavalls longe une côte volcanique déchiquetée par la mer. Ça et là, un chemin de beton descend jusqu’à une échelle qui plonge dans la mer. On peut s’y baigner si on est bon nageur et si on n’a pas peur des rochers coupants. Je préfère attendre l’entrée des villages avec leurs petits ports dans lesquels la baignade est plus facile.

De l’autre côté du chemin, une enfilade de maisons toutes plus belles les unes que les autres, face à la mer, souvent avec piscine, un patio ombragé. Ce doit être bien agréable de vivre ici. Se lever et contempler la mer. Je me plait à rêver d’un pareil endroit. Plus près de chez moi peut être.

A l’entrée de l’un village, j’aperçois un chat. Noir et blanc à poils longs. Mélange parfait de mes 2 chattes. Il miaule à mon arrivée. Elles me font signe. Elles sont bien. Ensemble. Peut-être. Sûrement. Au paradis des chats.

Il fait une chaleur terrible pour marcher. Il est impératif d’emporter sa bouteille, sa casquette et de se baigner de temps en temps. Le terrain est aride avec partout de grandes fleurs sèches d’ail sauvage. Je n’en ai jamais vu autant. Un arrêt dans un bar ombragé pour prendre un grand verre d’eau est le bienvenu à l’arrivée au village. Le retour se fait via le petit train touristique qui fait la navette entre Binibeca et Punta prima où se trouve l’hôtel.

La chaleur est telle qu’il faut se baigner régulièrement pour se raffraichir. Les piscines et la mer sont douces, on y rentre sans aucune peine.

Dans l’autre sens, l’après-midi, le cami di cavalls serpente sur une côte plus accidentée, la mer attaque les falaises, forme des baignoires, des grottes. Lorsqu’on trouve un endroit où la mer est plus calme, on peut s’arrêter et se baigner. En Espagne, on peut se mettre nu sur les plages si on le souhaite. Les gens sont mélangés, nus, topless, maillots. C’est leur façon de vivre ici et ça nous plait bien. Pourquoi séparer après tout ?

Le chemin conduit vers le village d’Alcaufar en passant par la falaise, une ancienne tour de guet comme on peut en voir en Corse par exemple, une minuscule plage entre deux falaises où la mer devient laiteuse, presque blanche, puis turquoise, et enfin descend vers la plage d’Alcaufar avec tout autour ses anciennes maisons de pêcheurs, un étage pour le bateau, un étage pour la famille. Blanches aux portes et volets verts foncés. Toute la vie du village se déroule autour de cette plage. Les gens bronzent et se baignent, les bateaux sont garés, les bars dominent le tout.

Une journée bien remplie somme toute. Et une belle découverte. Je n’aurais sans doute jamais eu l’idée de venir ici sans ce voyage proposé par mon entreprise. Et ça aurait été bien dommage !

3 septembre – départ pour Minorque

3 septembre – départ pour Minorque

La voix de Lilie

Ce voyage ne se fait pas dans les meilleures conditions. Moral à zéro, chagrin au top niveau. Fermer la maison sans personne dedans, sans laisser ton eau et tes croquettes, verifier la propreté de ta caisse, et te caresser avant de partir. Ce voyage, je l’espère, permettra peut-être une transition.

Première étape, le parking voiture. Tous les parkings de l’aéroport etant pleins nous avons réservé un peu plus loin dans un parking privé. Tenu par des manouches, navette brinquebalante, on prend son temps, il faut presque une heure pour arriver à l’aéroport, au terminal opposé à celui de notre avion. On n’était déjà pas en avance, on est maintenant très très juste ! Arrivés dans la queue pour déposer les bagages, une foule immense. Je remets le masque. Pas envie d’attraper leurs microbes même si de toute évidence le covid a disparu des radars… Une hôtesse finit par appeler notre destination pour passer plus vite, c’est dire notre retard. Passage à la fouille et nous voilà enfin en zone d’embarquement.

Parkings pleins, files d’attente démesurées, monde, il est bien loin le temps du covid, le monde d’après est pire que le monde d’avant. Pourtant on y croyait…

1h30 de vol sans histoire et nous voilà sur le sol minorquais. Le temps est légèrement couvert, la moiteur me tombe dessus, 30 degrés, ressentis 37 !

Le trajet vers l’hôtel passe par des zones industrielles et commerciales, laides à souhait, comme on peut en voir un peu partout. L’île nous fera découvrir ses merveilles un autre jour.

En attendant on s’installe dans l’hôtel. La chambre est très propre, les piscines agréables, à l’eau salée et à bonne température. Les couleurs extérieures de l’hôtel sont d’un gout douteux, plaques vestes, jaunes, bleues, on se croirait dans les années 70. On profite un peu de la piscine, puis on descend voir la mer.

C’est la première fois depuis janvier que je la vois. J’adore la mer. Écouter le bruit des vagues, sentir le vent iodé. Là j’avoue, l’odeur est bizarre. Peut-être les algues qui s’échouent sur le bord de la plage ? Ou pire ? Une mouette promène de serviette en serviette en quête de nourriture. Elle n’est pas farouche, on voit qu’elle a l’habitude du monde. La mer est aussi chaude que la piscine. Je nage jusqu’à une bouée, je me laisse portée par l’eau salée. La mer m’a toujours bercée.

Le soir après le repas, nous allons faire un tour et nous sommes attirés par de la musique venant d’un autre hôtel. Nous nous glissons délicatement dans la place pour écouter. Un groupe de 3 chanteurs jouent des airs très rythmés des années 60 à 80. Ils dansent en même temps, c’est très agréable à voir et à entendre. On finit tous debout à danser avec eux.

Retour à notre hôtel où l’animation du soir, de style mixman avec une trompette est beaucoup beaucoup moins bien ! Qu’à cela ne tienne, on s’est bien amusé ce soir, allons dormir.

Une odeur de fin de vacances

La voix de Lilie

Il flotte comme une odeur de fin de vacances, de fin d’été. Les graines sont parties, la température a baissé, le vent s’est levé. Ma todo-list se remplit de choses de l’après, je regarde la météo de ma ville pour me préparer en douceur.Heureusement elle annonce du beau temps. Prevois de charger le téléphone du bureau pour lire mes mails dans le train. Bientôt nous viderons la piscine et nous fermerons la maison pour un grand sommeil d’une année. L’an dernier, nous ne l’avons habité que 15 jours en octobre, et pas sûr que que nous le fassions cette année.

L’heure du bilan. L’objectif de vendre les voitures est à moitié atteint. Il en reste une. J’ai rencontré beaucoup de monde autour de ces voitures, et finalement vendu des pièces anciennes par ci par là. Pour les meubles et objets de brocante, aucun amateur. Pas plus pour les capsules de champagne ou les paris match. J’ai vendu des objets que je n’aurai jamais imaginer vendre et pas vendu ceux qui me semblaient plus évidents. Mystère.

Pendant ce mois, j’ai pu m’imprégner de tout ce qui se trouve dans la maison, je commence à y voir plus clair. Mais s’occuper vraiment de vendre demanderait une présence constante. Un mois c’est trop peu pour prendre des contacts et faire aboutir les projets.

Il a fait si chaud que les randonnées et le sport ont été abandonnés. La famille, puis les Graines ont égayé nos journées et nos soirées, même pas eu le temps ni l’envie de partir un jour ou deux au bord de la mer. Tant de choses prévues pour si peu de faites ! Et pourtant je n’ai pas arrêté. Je n’ai pas beaucoup dormi non plus, j’essaie de me rattraper ces dernières nuits.

Alors comme toi Graine, il me reste un grand week-end pour fermer la parenthèse de l’été, la parenthèse de liberté et ouvrir celle de la rentrée.

Ce sera ma dernière rentrée.

Mais avant de plonger totalement dans l’automne et le travail, il me reste une dernière petite semaine de voyage. Voyage à Minorque où je pourrais voir la mer que je n’ai pas eu le temps de voir cet été.

Je n’ai pas vu le temps passer.

Je suis heureuse de bientôt retrouver mon chat. Elle m’a manqué. Ma maison, non….

La voix de Graine

Dernière journée de vacances, c’est le moment de ranger et de faire les préparatifs de départ.

Ce matin, c’est encore la grasse matinée. Nous nous sommes couchés tard hier soir. Nous petit-déjeunons dehors en entendant les enfants de la maison mitoyenne jouer et discuter. Pour moi, c’est la qualités d’une maison de vacances: on a la place de se poser, de manger dehors, mais les voisins ne sont pas bien loin, on les entend vivre de l’autre côté du mur. Ma voisine de gauche passe une tête en nous proposant d’aller marcher. Mon mari veut en être aussi, et finalement, nous partons à 4. Derrière la maison, nous passons par dessus la rivière qui est à sec, longeant le champ de soja – nous avons vérifié ce que c’était la dernière fois avec le téléphone. Le pigeonnier dans le haut du champ a été retapé. Il a perdu son aspect d’origine, c’est dommage, mais certainement gagné en solidité. Nous rejoignons le chemin du train, et nous en écartons en prenant un chemin à droite où a été installé une corde. Avec ma copine, nous sommes des exploratrices, curieuses de voir les maisons et les coins que nous ne connaissons pas.

Nous nous aventurons derrière une maison en suivant une route qui se transforme en chemin. Nous découvrons en contrebas un jardin et son propriétaire. La discussion s’engage. Le monsieur est très sympathique. Mon voisin et lui se découvrent de la même famille et du même lieu d’origne. A partir de son nom de famille, nous passons de l’arbre généalogique aux guerres de religion. C’est un monsieur cultivé et intéressant. Il nous indique les chemins pour revenir à notre hameau ou continuer notre route. Et bien sûr, nous continuons notre esploration malgré les fils électriques et les clôtures. Les hommes râlent, nous tenons bon.

Après avoir traversé la route, nous traversons les champs pour retrouver notre fameuse voie verte. Mes jambes ont suffisamment marché.Il est temps de rentrer. Sur la pièce d’eau derrière chez nous, le niveau d’eau est très bas. Les hérons et les aigrettes viennent se désalterer. Nous aperevons un poisson mort. L’eau manque d’oxygène.

Au retour dans le hameau, nous bavardons avec les voisins tandis que mon mari va chercher le pain. Je suis fatiguée. J’ai besoin de me poser. Hier j’ai couru et fait du vélo, et aujourd’hui c’est la marche. J’ai besoin d’une sieste.

Danser entre les gouttes

La voix de Lilie

La météo annonçe une journée de pluie. Pourtant le matin, un timide soleil perce dans le ciel. Il faut profiter de ces moments là, des moments inespérés, pour monter voir la ville d’en haut, pour pendre l’air plus frais de cette matinée. Pour notre derniere soirée ensemble, nous ferons le plat emblématique de la provence l’été: la soupe au pistou. Cela occupera cette journée pluvieuse.

Pour le dessert, ce sera une mousse au chocolat. Sans batteur électrique, toutes les graines se relaient pour monter les blancs en neige. Partie de rires, construction d’un nouveau souvenir.

En début d’après-midi, l’orage gronde, puis des trombes d’eau descendent du ciel. La terrasse gondolée de toute part se remplit de flaques immenses, le vent se lève, la pluie cingle les vitres. Il fait sombre en plein après-midi. J’imagine la maison en automne, inhabitée et subissant les assauts du ciel. Sans défense. Solitaire. En ce moment j’ai tendance à personnifier les objets; la maison, les voitures… C’est mon côté nostalgique qui ressort.

Nous cuisinons à 2 pendant que les autres se reposent. Puis place à la danse. Répétition entre 2 averses. Et générale le soir. Chapeau, musique, rires.

Une graine prépare le coktail du soir, limoncello, prosecco, eau pétillante. Cette semaine a été quelques peu alcoolisée.. Déjà notre dernière soirée.

Elles étaient arrivées une par une, elles repartent toutes dans la même journée. Voilà, c’est fini, comme dit la chanson. Ces bons moments resteront gravées dans nos mémoires.

Avant leur départ, nous ressortons les vieilles voitures du garage. La trèfle part elle aussi aujourd’hui. Son nouveau propriétaire vient la chercher en début d’après-midi. Graine reporter prend des photos et assiste au départ avec moi. Un moment émouvant, tant de souvenirs autour de cette voiture. Mon père récupérant des pièces ça et là, la reconstruction de cette voiture petit à petit. Moi la conduisant sous ses directives et sa surveillance, attention, précieuse. Mon premier mariage dans cette voiture. Son bébé. La voir partir, ce fut un peu comme s’il partait une deuxième fois. Larmes.

Toutes les graines sont maintenant parties, nous rangeons la deuxième voiture dans le garage. La voilà bien seule à présent, sans sa compagne de toujours. Non véritablement, il faut que j’arrête de personnifier les voitures et la maison…… Ou est-ce moi qui me trouve bien seule dans cette maison qui abritait toute la famille et toute mon enfance ?

La voix de Graine

On dit que partir, c’est mourir un peu. Voir les autres partir, ou les objets qui ont appartenu à ceux qu’on aime et qui sont partis, c’est revivre leur départ. Comme pour toi, en prenant de l’âge, j’appréhende ces moments de départ. Je prends conscience de l’éphémère. Les personnes, les choses, sont, nous nous attachons, et soudain, elles ne sont plus et nous devons nous adapter à ce nouvel état du monde, même si nous n’en avons pas envie. Se réadapter, se réinventer, construire à nouveau des liens, se remettre en marche en s’appuyant sur ce passé qui nous nourrit, même s’il fait mal parfois. La vie nous réserve encore de bons moments si nous savons les trouver et les accueillir.

Ici aussi, la pluie est venue, ce matin seulement, pas sous la forme d’un gros orage, mais sous la forme d’une bruine fine. Ce n’est pas ce qui tombe qui va réalimenter la nappe phréatique. J’hésite à rentrer ma lessive d’hier qui a presque séché pendant la nuit. Finalement, je la laisse et étend à nouveau une nouvelle lessive. La pluie ne semble pas vouloir durer, mais le ciel persiste à rester gris. Je ne fais pas la cuisine, nous navigons d’invitation en invitation. Je me laisse porter. Hier, après avoir ramené mon frère dans son centre, nous déjeunons chez ma soeur, nous passons dans le vignoble pour acheter du vin, allons visiter le centre de céramique de Giroussens puis allons dîner chez ma copine.

Ce matin, Monsieur part faire les courses pendant que je traîne. Je dors beaucoup. Je me lève tard. L’heure du déjeuner arrive bien vite, je n’ai pas le temps d’avoir faim. Le repos de ces derniers jours m’a fait du bien. Je me sens moins fatiguée. J’aimerais essayer de courir avant de repartir. Je ne sais pas si je vais y arriver. Avant notre retour à Paris, il nous reste un grand week-end…

Revisiter son pays

La voix de Lilie

Une par une les graines sont arrivées. Nous voici au complet. Il ne manque que toi Graine, et tu es là par ce blog et par la pensée.

C’est curieux pour moi de voir se rejoindre mes deux mondes. Celui de l’enfance que j’ai vécu ici et celui de l’adulte que j’ai construit avec vous toutes.

C’est l’occasion de faire découvrir quelques uns de mes endroits préférés, un florilège des paysages, senteurs, plats que l’on trouve ici. L’occasion aussi pour moi de les revisiter car je n’y viens pas chaque année.

Le mont Ventoux pour sa fraîcheur en ces temps de canicule et sa vue à 360. Sainte Cécile, Cairannes, Rasteau, Séguret, Gigondas, Baumes de venise pour leurs vins et pour la beauté de ces villages.

Suze la rousse et son château, Vaison la romaine: sa ville médiévale et ses vestiges romains, Grignan: son château, la marquise de Sévigné, son marché.

Cornillon et son point de vue, Goudargues et ses canaux.

Aigueze et sa vue sur l’Ardèche.

4 départements, 3 régions dans un même périmètre.

Avec bien sûr, des temps de baignades, de rires, de repas préparés et commun et qui s’étirent en longueur. De la cuisine provençale pour rester dans le thème.

Je suis tellement heureuse quand nous sommes ensemble. Chacune son rythme, chacune son style, toujours proches.

Tes photos de Sète et ses environs sont très belles, Graine. Pleines de couleurs. Comme toi, je ne suis pas prête pour changer de région. Pourtant moi aussi je cerne ce que je voudrais. Une maison contemporaine, avec piscine, vue dégagée, aux abords d’une petite ville dynamique et ensoleillée la plupart du temps. Loin de toi ? De vous ? Rien que l’idée me chagrine… Loin de ma fille ? Pas possible…

Impasse….

La voix de Graine

Entendre ta voix, Lilie, et celle des graines par le fil de ce blog est important pour moi. De ma campagne, je vous entends papoter en faisant la cuisine, en arpentant les villages, en vous prélassant au bord de la piscine.

La canicule est terminée. Il fait moins chaud. Hier nous avons eu un orage et un peu de pluie, 1 ou 2 mm dans le pluviomètre. Les plantes et la végétation n’ont guère pu en profiter. Dans l’après-midi, pendant que j’étais dehors pour mettre à l’abri du bois, une violente rafale de vent s’est engouffrée par une fenêtre entr’ouverte et a renversé un vase. Le vase s’est cassé.

Ces derniers jours, je me pose car l’escapade du côté de Sète et la canicule m’ont épuisée. Je reprends mes séances de vélo d’appartement avec un peu de gym au préable et ça suffit à occuper mes journées. J’envoie Monsieur courir ou chercher des cailloux et je reste à la maison à attendre que le temps passe. Je n’ai pas guère d’énergie pour me mettre à quoi que ce soit, si n’est l’arrachage de quelques mauvaises herbes, le balayage des feuilles sèches, la taille des feuilles et des arbustes. J’aime m’occuper dehors.

Nous avons enfin sorti notre table du jardin et nous petit déjeunons dehors. Les soirées sont festives. Au restaurant du village ou à la maison, nous voyons des amis, nous papotons, en grignotant, en mangeant, en buvant et au final, nous nous couchons tard.

Ce matin, je suis allée chercher mon frère. Je vais le garder ce soir et je le ramènerais demain. Je suis contente de le prendre. Je ne sais pas quand est-ce que je vais revenir et je profite que nous soyons tous les deux avec mon mari sans programme bien défini. Mon frère est content d’être là, avec moi, dans la maison qu’il connaît bien à présent.

Profite bien des copines, Lilie. Je suis contente que vous soyez ensemble. Laissons faire les choses. Profitons du présent, c’est déjà beaucoup. Pour demain, nous verrons plus tard.

Ensemble c’est tout

La voix de Lilie

Longtemps j’ai cru que cette phrase voulait dire, ensemble et rien d’autre. C’est tout, dans le sens j’ai mangé de la soupe, c’est tout. Aujourd’hui je comprends qu’ensemble c’est tout, dans le sens c’est la totalité, la seule chose qui compte. Être ensemble, partager. Voilà ce dont on a besoin pour vivre.

Les graines commencent à arriver, une par une, elles vont remplir mon panier de bonheur. Pendant la semaine qui vient, je vais leur faire connaître quelques uns des jolis endroits de ma région.

La canicule envoie son dernier assaut le jour, la lune pleine s’occupe d’éclairer les nuits. Et occasionnellement aussi de m’empêcher de dormir ! Je la regarde passer devant ma fenêtre, le ciel est blanc, on y voit comme en plein jour, ou presque. J’attends des heures que le sommeil vienne. Cette nuit encore, je dormirai 4 heures. Qu’à cela ne tienne, je ferai mieux la nuit prochaine.

Pour contrer la chaleur, rien de tel que l’altitude. Ici, le point culminant c’est le mont Ventoux et ses 1900 mètres, ou presque. 10 degrés de moins et nous sommes toujours en tee-shirt. Monter le Ventoux est un graal pour les cyclistes. Ils sont nombreux, malgré la chaleur, à pédaler dans la pente pour atteindre le sommet. Certains en famille, madame et les enfants en voiture les attendant dans un virage, soutenant leur champion. Du coup, pour les voitures, c’est gym cana entre les vélos.

D’en haut la vue est saisissante. 360 degrés. Le sol fait de cailloux très blancs, lui donne d’en bas un air de neiges eternelles et d’en haut un air de paysage lunaire. Il fait très bon, on respire un peu.

La redescente nous rappelle vite que miss canicule étend toujours sa chape de plomb. Vite vite rentrer se baigner et passer au farniente des après-midi d’été, on ressortira le soir.

D’ailleurs le soir, pour la première fois (et certainement la dernière fois) la chaleur ne tombe pas. Il fait une chaleur terrible, on transpire à grosses gouttes et on avale verre d’eau sur verre d’eau.

Ce matin, plus de verres d’eau. On fait la route des vins ! L’occasion de visiter de jolis villages, d’apercevoir les dentelles de Montmirail et de déjeuner sur une terrasse à l’ombre d’un grand platane.

En fin d’après-midi, une pluie tropicale s’abat sur nous. S’en est fini de la chaleur. Dès demain les températures vont baisser. Ce sera mieux pour tout le monde, mais le temps sera maussade juste le temps du passage des Graines… C’était couru. Chaque année au 15 août le temps se dégrade pour mieux repartir ensuite. Bah, on trouvera des choses à faire, ce n’est pas une petite ou grosse pluie qui va arrêter les Graines ! Ensemble c’est tout, mon bonheur.

La voix de Graine

Ensemble, c’est tout, profite de ce moment plein, Lilie, qui permet de recharger les batteries et le moral. Je ne suis pas avec vous physiquement, mais je suis heureuse de vous savoir ensemble comme si je ressentais d’ici la lumière et la chaleur d’être ensemble qui émane de vous.

Question chaleur, nous sommes servis aussi. Quand nous sommes rentrés hier soir vers 19 h, il faisait encore 35 ° avec un ciel de plomb tout gris. Nous avons bien fait de partir à la mer. Même s’il faisait chaud, il faisait moins chaud et il y avait de l’air. En 2 jours, nous avons tenté de nous faire une idée sur l’immobilier dans l’hérault. Très cher ou pas sexy à proximité de la mer, plus zen en prenant de la distance, mais toujours cher, il y a beaucoup plus de demandes que d’offres. Nous flashons sur une maison vendredi. Elle est dans l’arrière pays, du côté de Pèzenas. Elle est un peu chère, mais …Nous repassons hier dans l’après-midi en remontant chez nous pour voir l’environnement que nous nous n’avons pas eu le temps de voir la veille. La villa est certes magnifique, piscine, pas de vis à vis, conception contemporaine, bien entretenue, rien à faire, proche des vignes mais…le village à côté est laid et désert, traversé par la N9, et on ne peut même pas y acheter son pain. Pour moi, pour nous, c’est rédibitoire. Nous avons besoin d’avoir un lieu de vie agréable à côté. Les provinciaux ne vivent pas tout à fait comme nous, ça ne les gêne pas de prendre leur voiture, la marche à pied ou le vélo, ils ne pratiquent guère. Nous sommes déçus. Je suis rassurée aussi. Je ne me sentais pas encore capable de prendre une décision. J’ai besoin que ça mûrisse encore. Cependant petit à petit, nous cernons mieux ce dont nous avons envie.

Malgré le temps conséquent passé à circuler et à visiter, nous profitons de notre escapade pour découvrir des endroits que nous ne connaissions pas, nous nous baignions au Grau d’agde, à Agde, à Mèze sur l’étang de Thau , nous goûtons les spécialités du coin: la tielle à Sète, la seiche à la plancha, les huîtres de Bouzigues, crues et gratinées. Bref, ce sont des vacances au milieu des vacances. J’en fais plus que d’habitude et ma jambe me le rappelle, mais comment faire autrement?

Au retour chez nous, nous fonçons à la douche. Nous avons rendez-vous pour dîner avec des amis d’enfance de mon mari. Cela fait 50 ans qu’il ne les a pas vus. Ils habitent à 20 km de chez nous. Mon mari jouait aux boules avec eux à Pointe Noire en Afrique quand il avait 13 ans. Je suis étrangère à leur passé. Je les écoute partager leurs souvenirs. Les cheveux sont blancs. Le temps a passé. En bruit de fond, j’entends le karaoké et les chanteurs qui s’y essaient avec plus ou moins de succès.

Fin de l’histoire…

La voix de Lilie

Acte 4. Un vétérinaire de Nyons plus humain que l’autre a reçu la brebis malade. Il est écœuré du comportement des autres vétérinaires qui n’ont même pas proposé une ordonnance d’antibiotique ou d’antiseptique. Hélas, la plaie est trop importante, possible qu’elle ne puisse plus s’alimenter. Il ne peut rien faire d’autre que d’abréger ses souffrances en la piquant. Il ne veut même pas être payé car il n’a pas pu soigner.

Fin de l’histoire.

Épilogue. Je n’arrive pas à m’en remettre. Je ne sais pas pourquoi. Cet être qui vivait au calme, sans stress, qui exceptionnellement n’était pas voué à la boucherie, qui avait la vie devant elle, paf le destin la frappe. Bref, je dois vraiment avoir un problème..je me créé mon désespoir de toute pièce .. C’est crétin de penser à ça. Vraiment quelle débile. Estime toi heureuse de ton sort et passe à autre chose.

Autre chose c’est ce soir, le corso de lavande à Valréas. Un monde fou. Attablés tout le long du parcours à manger des tacos, pizza ou hamburger, frittes. Heureusement nous avions trouvé un bar à vin à l’écart pour diner ! Dans l’enfilade, le long de la rue, une fête forraine. Churros, gauffres, barbapapa, et toujours frittes. Nous remontons le tout dans un sens puis dans l’autre pour trouver un endroit sympathique pour regarder le défilé des chars.

Au départ, un tracteur pulvérise en musique une brume de lavande. Outre que ça raffraichit, il fait encore plus de 30 degrés, ça embaume l’atmosphère. Ensuite, chaque char étant tiré par un tracteur, l’odeur de l’essence remplacera rapidement celle de la lavande ! Le corso déroule une dizaine de chars sur le thème des comedies musicales, entrecoupé de fanfares, de danseurs, de majorettes. Cats, le roi lion, le petit prince, la belle et la bête, Mary poppins, Saturday night fever, dracula, tous magnifiquement décorés de fleurs en papier de toutes les couleurs. Le défilé se termine par la reine du corso 2022, Miss corso autrement dit ! Une belle ambiance de carnaval.

Voilà comme tu dis Graine, de quoi occuper son esprit et son temps. Ne pas penser.

Parmi les bénévoles qui s’affairent à cadencer les départs des chars, une dame dynamique de 81 ans. Elle ne les fait pas, loin de là. Habillée d’un tee shirt de l’équipe organisatrice et d’un leggings, plaisantant avec les autres, elle n’y pense pas (sauf qu’elle en parle un peu quand même !). Voilà la seule porte de sortie: continuer à faire partie de la vie, tant qu’on le peut physiquement.

Ce mauvais temps va passer, comme les autres. Il est plus long, mais il passera. Et sinon, il faudra s’adapter. Comme chaque fois… Moins ça, moins ça, moins ça…On avance, comme disait mon père, sur une pente savonneuse !

La voix de Graine

Ton corso de lavande est magnifique, Lilie, ç’est une idée à retenir pour des prochains étés, de prochaines vacances dans le sud….

Pour ta petite brebis, en relisant ton blog il y a deux jours, son arrêt de mort était déjà signé, vous avez tout essayé mais la laisser souffrir parce que ne pouvant pas s’alimenter n’était pas la bonne solution. La petite brebis est au paradis des brebis. A l’exception de cet épisode malheureux et douloureux, ta petite brebis a eu une courte mais belle vie de brebis choyée et gâtée. D’autres connaissent la même fin, en pire sans doute si on en croit les reportages sur les abattoirs avec une vie bien plus rude. Je comprends que tu en sois toute retournée. Je pense qu’il en est de même pour ta cousine. Ta brebis a bien vécu de son vivant et maintenant, elle n’est plus là, ni pour vivre, ni pour souffrir. Point final. Pour être heureuses, vivons au présent, Lilie! Suivre le mouvement, en espérant se laisser entraîner par la vie, et par les projets des autres, en attendant que nos propres projets émergent. Pour l’instant, comme moi, tu as un coup de mou.

Je pense qu’il faut savoir accepter nos coups de mous. De toute manière, nous n’avons pas le choix. Très bientôt, les graines vont te remettre en selle!

L’été chaud continue sa route. Ici, depuis vendredi, c’est la fête de l’ail. Nous y allons bien sûr. Le midi, il y a moins de monde que d’habitude, sans doute à cause de la chaleur. Nous mangeons notre soupe à l’ail offerte par le Comité des fêtes. Le kir est offert aussi. Nous allons glaner ça et là dans les stands de quoi compléter notre repas. Mon mari opte pour les escargots et moi pour la truffade avec salade. Comme chez toi, Lilie, beaucoup de frites et/ou de pommes de terre sous toutes les formes. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une nourriture équilibrée. Sans que nous l’attendions vraiment, ma copine nous rejoint et passons la journée ensemble, à l’ombre bien sûr, en recherchant sur les sites des maisons dans le sud…

J’ai envie de bouger tout de même. Cela fait deux jours que je ne fais plus ren, ni vélo d’appartement, ni marche, pour reposer mes jambes. J’en ai ras le bol. Le samedi, nous allons marcher dans la montagne noire le long de la rigole de la montagne qui alimente le canal du midi. C’est fascinant cette histoire du canal du midi avec ses lacs et ses rigoles pour l’alimenter. C’est Riquet qui en a eu l’iniative. Il fait frais et les chemins sont très faciles. Après le pique-nique, je fais mes 8 km le long de la rigole. Je suis satisfaite. Le soir, les jambes font mal et j’ai du mal à marcher, mais au moins, je sais pourquoi. La soirée se termine avec des amis à manger de la charcuterie, des frites et du fromage, en musique bien sûr. C’est la clôture de la fête de l’ail 2022.

Qui décide de nous ?

La voix de Lilie

Il y a quelque chose de perturbant à s’apercevoir que le destin tisse sa toile devant vous, envoie des signaux et soudain frappe. Qui sera touché ? Pourquoi lui et pas un autre ? Qui décide ?

Acte 1. Mercredi dernier lorsque je suis arrivée chez ma cousine elle gardait le chien de son fils. Un chien loup d’un an. Splendide et indomptable. Il ne répond qu’à son maître. Malencontreusement j’ai ouvert la porte et il s’est précipité après les brebis qui broutent tranquillement dans le terrain. Il les attrape à la gorge, aux pattes, impossible de l’arrêter. Je cours après, ma cousine ne peut pas, mais en vain. Finalement j’attrape un baton et le chien prend peur, alors seulement sous la menace j’arrive à le ramener dans la maison. Ma cousine me dit qu’il ne met pas les crocs, il pince seulement.

Acte 2. Ce matin ma cousine part faire les courses en laissant le chien et son jeune maitre, 13 ans pour le garder. Le chien l’écoute. 13 ans c’est l’âge des jeux vidéo, casque sur la tête. Le garçon dit qu’il a été aux toilettes un moment. Le chien en a profité pour s’échapper et blesser gravement une des brebis au visage. Pauvre petite bête qui n’avait rien demandé, qui vivait sa vie tranquille dans sa prairie en animal de compagnie. Ma cousine est toute retournée. Elle en est malade car ses 3 brebis sont ses compagnes depuis un an.

Acte 3. Elle appelle tous les vétérinaires du vaucluse. Las, ils ne font que les chiens et les chats. N’aiment ils plus les animaux ? Ils refusent de soigner une brebis. Dans le vaucluse, il n’y a plus de ferme avec des animaux… Elle appelle dans la Drôme où un vétérinaire accepte, mais il faut emmener l’animal et il est déjà trop tard. Le vétérinaire ne pourra pas recoudre la joue en lambeaux. Mon cousin, son fils, propriétaire du chien et des brebis arrive. Il dit qu’il n’y a rien à faire, il faut abattre la brebis.

Pour le coup nous sommes tous retournés sauf lui et ses enfants. Cette bête peut vivre avec une gueule cassée si elle cicatrise sans s’infecter, non ?

Qui a décidé ce matin que cette petite bête tranquille, jeune et en pleine santé allait devoir subir cette souffrance et certainement une fin précoce ?

Vous me direz, ce n’est qu’un animal. Animal ou humain, quelle différence face à la douleur ? Aujourd’hui combien d’enfants touchés ?

Cette notion de souffrance d’êtres innocents, enfants, animaux, adultes, je ne l’accepte pas, je ne comprends pas. Chaque être qui souffre me fait souffrir aussi. Quel « créateur » a pu imaginer pareille torture ?

La voix de Graine

Quelle triste histoire, Lilie. J’ai une pensée pour ta cousine, pour le petit qui a laissé s’échapper le chien…La brebis a souffert sur le coup, mais les animaux vivent au présent. Elle n’a guère anticipé ce qui allait lui arriver, et la douleur passée, elle oubliera qu’elle a souffert. Peut-être que son corps se souviendra et qu’elle se méfiera des chiens dorénavant? A ma connaissance, la dimension temps n’existe pas pour les animaux. Seul le présent a une réalité. J’espère que la brebis de ta cousine va continuer à vivre, malgré son visage déformé dont elle n’a pas conscience, sauf si ça la gêne pour manger.

Le destin nous échappe, notre destin nous échappe, à nous aussi humains. Et nous, comme si ça ne suffisait pas d’avoir mal, nous rajoutons l’avant et l’après, la peur d’avoir mal, et ensuite le souvenir et le regret de ce que nous avons perdu. Nous sommes des pantins à la merci du destin.

Depuis mon accident, je n’arrive plus à me projeter, à vouloir quoi que ce soit, comme si je m’étais résignée à ce que le destin décide à ma place. Je n’ai plus envie de lutter pour obtenir quelque chose que je n’obtiendrais sans doute jamais, dont je ne suis même pas sûre d’avoir envie. Je me contente d’avancer au jour le jour sans grand enthousiasme.

Apéros dans les vignes, fête de l’ail, piscine, des distractions qui m’occupent le corps et me distraient l’esprit. Hier, j’ai essayé de dessiner une barque, je n’y suis pas arrivée. Comme mes jambes sont lourdes en raison de la chaleur, je me suis mise au repos. J’ai arrêté momentanément le vélo d’appartement et la marche. J’attends, quoi, je ne sais pas vraiment. Le chien est à mes pieds. Lui attend son maître, c’est sûr, et sa gamelle.

Aujourd’hui, le ciel est à moitié gris. L’orage s’annonce, pour quand, nul ne sait. Pas sûr qu’il y ait de la pluie.

La canicule revient

La canicule revient

La voix de Lilie

La chaleur doucement se réinstalle après ces quelques jours de vent qui ont un peu rafraichi le fond de l’air. Je pars chaque matin à pied jusque chez ma mère pour aller télétravailler. C’est mon sport du jour. Il fait encore assez bon, la fraîcheur de la nuit s’estompe peu à peu. J’aime marcher le matin quand les rues s’animent un peu de ceux qui vont comme moi à leur travail, pour la plupart en voiture. La ville est toujours vide et pourtant pleine de voitures garées, les parkings pleins. C’est un grand mystère de savoir d’où ils viennent et qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire ici. Une autre grande question est de savoir pourquoi ils viennent en voiture. La ville est petite, 20mn suffisent à la traverser à pied, il faudrait bien moins en vélo. Pourtant ici, tout le monde se déplace en voiture….

Le soir, je rentre aussi à pied. Là, la chaleur est étouffante. On dirait qu’on vous jette une couverture brûlante sur les épaules. Heureusement il y a de l’ombre sur la quasi totalité du parcours. On dit beaucoup autour de ces canicules et du réchauffement climatique, pourtant je me souviens que petite, je regardais le sol vibrer de chaleur, l’air dessinait comme des ondes d’eau par terre, l’air tremblait. Le bitume fondait, nous le récoltions au bout d’un baton pour faire des perles noires fondantes. Les anciens savaient se protéger de la chaleur en fermant les volets et en construisant des murs épais. L’herbe a toujours été jaune l’été. Est-ce pire aujourd’hui ? Je ne saurais le dire.

Ce soir il y a une séance de cinéma en plein air qui se déroule dans la cour de mon école primaire. C’est la première fois que je reviens dans cette cour depuis la fin du CM2. Le batiment a très peu changé. Je regarde les fenêtres qui correspondent aux classes que j’ai faites. Je revois la petite fille que j’étais avec mes copines dans cette même cour, sauter à la corde, jouer à l’élastique, sauter à deux en se tenant les bras croisés derrière le dos. Tout en haut du bâtiment sur la gauche, habitait la directrice de l’école. Elle était aussi la mère d’une de mes amies de classe. Elle m’invitait parfois chez elle pour jouer et manger des crêpes. On regardait « chapeau melon et bottes de cuir », il n’y avait pas la télévision chez moi, alors c’était extraordinaire d’être chez la directrice et de regarder la télévision !

Après le film, on rentre à pied dans la tiédeur du soir. Sous le ciel étoilé des lieux ensoleillés. La canicule revient pour une semaine. Le plaisir du ciel bleu, tant pis si trop chaud.

Je te lis Graine, je vois que tu sors beaucoup, tu randonnes, et en même temps tu dis que ta jambe ne va pas assez bien. J’espère que ça va aller de mieux en mieux, et déjà si elle te permet de faire tout ce que tu as envie de faire (sauf peut être un chemin, on verra olus tard) je trouve que c’est déjà bien. Quant à ceux qui repartent sans besoin de rééducation, tant mieux pour eux, ils sont certainement plus jeunes, ou moins cassés !

La voix de Graine

Oui, la canicule revient après quelques jours d’accalmie, mais pas ou si peu de pluie. Tout est sec. A 13 h 30, le thermomètre affiche 36°, ça continue à grimper jusqu’à 17 h, puis ça redescend lentement! Plus de 30° à 21 h. Les nuits sont relativement fraîches, c’est agréable. Je dis bien, relativement!

Effectivement, de mon enfance, j’ai des souvenirs d’étés étouffants. Les maisons, de construction ancienne, gardaient la fraîcheur. Chez moi, la piscine n’était pas au pogramme. La piscine municipale était trop loin, il n’y avait personne pour nous y amener et aucun de nos voisins n’avait de piscine. L’été, j’avais droit à la colo, de 21 à 45 jours suivant qu’elle était normale ou sanitaire. Ma petite soeur aussi bien entendu. Je détestais les colonies sanitaires. C’était long et ennuyeux, avec peu d’activités à l’exception de la sieste, activité guère passionnante s’il en est. Le seul objectif de ces colos semblait être que nous prenions du poids et des centimètres!

Oui, ma lenteur et mon incapacité à faire dûes à ma jambe m’exaspèrent. Je suis gauche de nature, mais là ma gaucherie est à son max. Madame gaucherie se conjugue avec maladresse et étouderie pour me pourrir la vie. Heureusement que j’ai un ange gardien qui me protège! Il y a une dizaine de jours, quand je suis revenue d’un apéro concert dans les vignes, je ne retrouvais plus mes lunettes, les neuves, celles que je venais de faire faire. J’ai fouillé la maison, fouillé la voiture de mon voisin qui m’avait amené, appelé le vigneron, rien…Jeudi dernier, nous repartons dans les vignes dans notre voiture. Ma petite fille se détache, sort de la voiture et me tend des lunettes « Ce n’est pas à toi, Mamie ». Mes lunettes ont passé la semaine dans le champ qui servait de parking et nous ont attendus.

Malgré la chaleur, mes journées sont occupées. Dimanche nous passons la journée au jardin des Martels et nous prenons le petit train de St Lieux les Lavaur. Fleurs de lotus, Hibiscus géants, temple balinais, animaux de la ferme, tout à la fois, frais, exotique, et beau, ce jardin est une petite merveille. Il abrite cet été une expposition de sculptures. Lundi, nous allons fabriquer une fusée à eau et faire une séance de planétarium à quelques kilomètres de chez nous. Je ramène une photo du soleil de toute beauté. Hier soir,nous allons au marché gourmand à Albi, au pied de la cathédrale, puis nous allons écouter le concert en dansant dans l’eau de la fontaine. L’eau sur les pieds, ça fait tellement de bien.

Ce matin, nous sommes allés nous faire tester. Mon voisin a attrapé le COVID. Négatif, pour l’instant!

Bon courage pour ta dernière journée de travail, Lilie.

Travail, famille, ……

La voix de Lilie

La semaine se termine. J’ai travaillé 3 jours. Bon rythme. La semaine prochaine je ferai la même chose, 3 jours, voilà un rythme qui m’irait bien au long cours ! Ensuite, encore mieux, 3 semaines de vacances.

Ce week-end je vois ma famille, les uns, les autres, les tous ensemble. On dîne, on va aux spectacles, c’est agréable. Ce monde autour de moi me manque à Paris. Je n’ai pas assez de relations pour remplir mes soirées….

Le mari de ma cousine nous a fait visiter son entrepôt de stockage d’abricots. Ceux qui ne sont pas partis ce soir sont stockés dans une immense chambre froide à 2 degrés. Pour trier et calibrer les fruits, il a fait l’acquisition d’une nouvelle machine toute électronique. Elle prend des photos de chaque abricot qui passe (120 photos pour chacun, 26 abricots à la seconde) , analyse le calibre, les défauts, la maturité et dispatche les abricots en fonction de tous les critères rentrés. Au départ, on programme les critères, puis on affine dans une phase d’apprentissage de la machine. On regarde le résultat, on lui apprend à considérer comme bon ou pas telle taille de tâche, telle couleur etc… La machine peut remplacer 5 ou 6 personnes. Quand on sait comment il est difficile de recruter des personnes pour travailler beaucoup d’heures en été, c’est bienvenu. En tout cas on est bien loin du petit récoltant d’autrefois. A l’occasion il nous a fait déguster des abricots tout juste cueillis et trop mûrs pour la vente. Un pur délice. Ils partiront pour les jus de fruits, enfin ceux qui restent après notre passage !

Ce soir le ciel brille de milliers d’étoiles. Il me semble qu’il y en a bien plus que d’habitude. Le ciel est très sombre, nous sommes loin de toute ville ou village, dans une vallée derrière le mont ventoux. Ce noir profond fait peut-être ressortir des étoiles que l’on ne distingue pas habituellement. En tout cas, le ciel brille de mille feux, c’est fascinant. Bientôt ce sera la nuit des étoiles filantes, là je n’en ai pas encore aperçues.

La voix de Graine

A quelques centaines de kilomètres de là, nous aussi, nous regardons le ciel. Peut-être un peu plus tôt car le ciel n’est pas encore tout à fait noir. En rentrant, nous avons vu la lune, un minuscule croissant brillant. Ici aussi, nous avons des magnifiques ciels qui ne sont pollués ni par les industries environnantes, ni par les lumières de la ville. C’est la campagne!

Nous sommes allés manger une pizza dans une ambiance country aux terrasses au dessus du village avec vue sur le moulin, sa croix cathare et ses clochers. Une belle soirée d’été pas étouffante. Qu’est ce qu’on est bien dehors!

Pour moi, le travail s’appelle rééducation. Je m’y colle tous les jours, dimanche et jours fériés compris: vélo d’appartement, assouplissements, abdos, marche et piscine. Pour m’encourager, ma jeune kiné m’a dit que certains après une opération analogue à la mienne reprennent une activité normale au bout de 15 jours. Ils n’ont même pas besoin de kiné. Pour d’autres, ça prend plus de temps. Visiblement, je fais partie des autres!

Avec l’arrivée de mon mari et de ma petite fille, le rythme s’est un peu accéléré. Vendredi, nous allons visiter le chateau musée du Pastel. Nous emmenons la petite voisine. De grandes balades à travers la campagne et à travers le temps. Apprendre et découvrir des choses. Les petites écoutent tout en glânant des matériaux pour la fabrication de leur nid d’oiseau: feuilles, fleurs, glands, épines de pins, cailloux. Nous traversons une ancienne voie romaine dont il ne reste que le nom, le tracé et quelques constructions qui la jalonnent. Une randonnée nous attend le long de cette voie, mais la randonnée attendra. Nous nous égarons en essayant des chemins alternatifs. En attendant les voisins, les petites s’installent dans la cour dans une maison de toile qui était à ma fille. La petite voisine les a rejointe. 3 ans, 5 ans 7 ans, me voilà à la tête d’une belle brochette de petites filles qui jouent. Le soir, c’est soirée pyjama à la maison d’à côté.

Samedi, c’est journée médiévale…Nous partons avec les voisins et le pique-nique pour les petites. Les petites dessinent avec un calame ou une plume et du brou de noix tandis que je fais ma page d’écriture médiévale. Les dragons habitent les lieux et les dessins. Les petites fabriquent une bourse, s’enquièrent des onguents et poudres fabriquées par les sorcières et les manantes. Nous sommes tout à côté de l’endroit où j’ai passé de si bons moments avec ma copine d’enfance homonyme. Il ne fait pas trop chaud et il n’y a pas trop de monde. C’est une chance, ça nous permet d’en profiter dans de bonnes conditions.

Travailler pendant les vacances

La voix de Lilie

Imaginez vous travailler au milieu de vos vacances. C’est ce que je fais en cette fin de semaine et au début de la prochaine. Inutile de dire le niveau de motivation qui m’anime… Bien entendu il ne faut pas ébruiter ce genre de chose, on pourrait l’interdire dorénavant, nos dirigeants sont à l’affut de la moindre défaillance. Télétravailler chez ma cousine est un sport. Entre le chien qu’il faut rattraper avant qu’il n’attaque les brebis, les cris de ma cousine lorsqu’il a mangé le thon de la salade prévue pour midi, la petite fille qui veut qu’ on lui explique le sudoku, la piscine qui vous appelle, le fils qui passe, le chien qui pleure à son départ ! Bah, je ferai mieux demain !

Lorsque j’ai commencé à travaillé, il y a fort fort longtemps (!), je n’ aurais jamais imaginé pouvoir travailler un jour depuis ma maison d’enfance. Pour pouvoir faire ce métier, j’ai choisi de m’éloigner de ma provence et du soleil. Aujourd’hui les filles pourront bientôt avoir la possibilité d’occuper de bons postes sans partir au loin. Peut-être que petit à petit on va enfin repeupler les campagnes grâce au télétravail. Et ce n’est même pas notre travail de toutes ces années qui a permi ça….

Grâce au mistral de ces 2 derniers jours, il fait un peu moins chaud aujourd’hui que ces jours derniers. Il est tombé 3 gouttes vers 17h, même pas de quoi rentrer son linge… Il paraît qu’il pleuvra demain matin, j’attends de voir. Le vent est tombé aujourd’hui ce qui veut dire que les températures vont remonter et avec elles, l’eau de la piscine qui a perdu quelques degrés et que l’on trouve un peu fraîche.

Ce soir nous dinons entre cousins cousines et nous partons ensemble écouter un spectacle de choeur d’hommes. Le thème est les marins de la conquête des amériques. Chansons de corsaires, pirates, flibustiers joliment mises en scène. Ce sont des amateurs, moyenne d’âge très retraités.

Voilà 3 semaines déjà que je suis arrivée dans le midi. Il me semble aussi que c’est hier. Le temps passe à une vitesse folle. Je ne languis pas de rentrer chez moi. Il n’y a que mon chat qui me manque quand je pars. Et pourtant je ne sais pas où j’aimerais vivre…..

La voix de Graine

Profites-en bien, Lilie. Je n’ai pas connu ce type de télétravail, je ne pense pas que j’en aurais été capable, mais l’idée est assez plaisante néanmoins et tout dépend des attendus, s’il s’agit juste de pointer une pseudo présence..De fait, je n’ai pas connu le télétravail du tout. Ça m’aurait plu, c’est sûr. Le Covid a eu cette conséquence positive inattendue d’accélerer le mouvement vers le télétravail. Cela a provoqué l’ouverture d’une rélexion bienvenue sur l’équilibre vie privée, vie au travail.

Pour ma part, je n’accélère pas beaucoup. J’ai vraiment l’impression de rester bloquée dans les starting blocks. La maison s’est remplie: ma petite fille , ses jouets et son bazar, mon mari. Hier soir, nous sommes à nouveau aller danser dans les vignes. Nous étions une tablée de 9, 7 adultes et les deux pettes, ma petite fille et la petite fille des voisins d’en face. Les petites ont dansé puis elles sont allées ramasser des épines de pin dans l’idée de fabriquer des nids une fois rentrées à la maison. Nous sommes rentrés tard, par des petites routes de campagne. Ici aussi, il y a des travaux partout. Ce matin, j’avais rendez-vous chez le kiné. Je tirais la patte.

Il a plu cette nuit, certainement sur le matin. La fraîcheur fait du bien. Mais la chaleur est rentrée dans les maisons et il fait lourd parce que c’est un temps d’orage. Hier, il faisait beau, nous sommes allés au centre aquatique. Nous avons bien fait d’en profiter. Cet après-midi, nous allons privilégier les visites.

Les spectacles de l’été

La voix de Lilie

Le festival d’Avignon bat son plein. Il se termine à la fin de la semaine. Le tram permet d’aller jusqu’à la porte de la ville sans s’encombrer de la voiture. Après il suffit de flaner dans les rues bordées d’affiches colorées. Ça et là, un spectacle. Acrobates sur la place du palais des papes, chansons en haut de la rue de la république, artistes qui déambulent et distribuent des flyers de leurs spectacles. Une belle ambiance. Beaucoup de monde, et surtout, il fait excessivement chaud, 37 à l’ombre. Les petites rues sont des étuves. Quelques fois un brin d’air passe et nous raffraichit légèrement, comme par exemple en haut du rocher des doms qui domine Avignon. La prison a été réhabilitée en hôtel de luxe…. Il n’y a plus de barreaux aux fenêtres !

Un petit restaurant pour rester dans l’ambiance, en regardant les artistes qui jouent en passant devant nous, s’arrêtent, fendent la foule des passants. La ville est en effervescence, toutes les affiches partout, sur les murs, les horloges, les poteaux lui donnent un air bohème. La sortie s’achève par une boule de glace que l’on mange en écoutant des chansons de rue sur le chemin de retour vers le tram.

La soirée se termine par un bain raffraichissant chez ma nièce avant de repartir. Il a fait très très chaud encore aujourd’hui.

Et puis cette nuit, le vent s’est levé. Le mistral est là qui refroidit tout sur son passage. Pour une fois c’est une bonne chose. La température descend à 32, 33. Mais la piscine aussi se refroidit, et lorsqu’on en sort, le vent nous glace. On va dire, jamais contents ces gens là ! Le mistral, ça veut dire le maître (maître des vents), c’est tout un monde dans la vallée du Rhône. Il énerve, fatigue, glace, décoiffe, arrache les portes, bouscule. Même en etant né ici, on ne s’y fait pas.

Ce soir nous allons à Grignan manger sur le pouce dans les jardins du château et assister au spectacle dans la cour d’honneur. Il se joue « les facheux », une pièce ballet de Molière. Je ne la connaissais pas. Le thème est sur tous ces gens ennuyeux qui nous font perdre du temps. Les acteurs sont extraordinaires, avec des textes immenses, des tournures de phrases que l’on n’utilisent plus. Une pièce tout en vers. Un jeu dynamique, drôle, des costumes très beaux, la musique et les danses d’époque. Et le tout dans un cadre magnifique. J’adore cette pièce. Une très très belle soirée.

Cette nuit on dormira mieux, il fait beaucoup moins chaud grace au mistral. Comme chaque fois, le vent est tombé avec la nuit, on verra demain matin s’il reprend… Quelle idée de souffler le jour et tomber la nuit, pourquoi pas l’inverse ? Ce serait mieux, non ?

La voix de Graine

Merci pour ce beau voyage, Lilie. La vie est bien plus tranquille dans ma campagne.

Cela fait 15 jours que je suis dans le sud. Parfois j’ai l’impression que je suis arrivée hier tellement le temps passe vite, parfois, j’ai l’impression que je vis ici depuis toujours tellement ici, je me sens appartenir.

Depuis hier, la canicule est terminée. Nous avons même eu quelques gouttes de pluie hier après-midi, juste au moment où je venais faire ma 1/2 h de piscine. La pluie ne m’a pas gênée. Il ne faisait pas froid.

Avec la fin de la canicule et le retour de ma fille, je reprends peu à peu une vie sociale.
Hier soir, avec ma fille,nous étions invitées chez ma copine qui passe les vacances avec son petit fils de 2 ans 1/2 qu’elle ne connaissait que par whatsapp il y a peu. Entre le covid et l’éloignement, le temps des retrouvailles s’est fait long. La belle-fille est pakistanaise ismaélite, anglophone bien sûr. Nous parlons moitié anglais moitié français.
Ce soir, nous sommes invitées chez ma soeur. Même si la température est bien descendue, je profite de sa piscine. Je m’aperçois que je prends goût à la piscine.

Mon mari sera là demain soir, avec ma petite-fille. Une nouvelle tranche de vacances va commencer.

Les graines sont dispersées: Une au sud est, une au sud ouest, une au centre, deux à Paris ou peut-être trois…Elles me manquent, les graines.

Les vacances démarrent

La voix de Lilie

Te voilà partie, et j’espère bien arrivée dans ta maison. De mon côté, je remplis ma valise. Tout déborde. J’ai réussi à partir avec 8kg sur Stevenson et là, j’entasse. Pour la fraîcheur du soir, pour la pluie, pour travailler, pour se baigner, pour se laver. Ridicule. Demain je vais éliminer. Ou changer de valise, j’hésite ! 😜 🤣

Partir c’est mourir un peu. Je me demande qui a dit cette ineptie ? Partir c’est vivre un peu, et vivre c’est mourir un peu chaque jour. Mathématiquement parlant on peut faire le raccourci !

En attendant, car je ne pars que demain, je suis allée en forêt courir encore 30mn puis je suis rentrée en marchant. Courir comme marcher est propice à l’introspection et à la rêverie. Au fin fond de la forêt se cache un mur de tags sur lequel était peint un magnifique visage de femme de type indienne. Je crois que j’en ai parlé déjà dans un article. J’adorais aller lui parler, elle était mon âme sœur. J’adorais la prendre en photo aussi. D’année en année elle s’abimait, d’abord quelques éclats, puis des cloques et des morceaux qui se soulèvent et tombent. Comme moi, elle vieillissait. Encore plus vite que moi. L’an dernier, sacrilège un taggeur avait empiété sur le bord de son visage délabré. Cette année, elle n’ est plus là. Recouverte d’un nouveau tag à la peinture rutilante. La forêt a perdu son âme, moi ma petite âme sœur. J’aurais bien aimé connaître le peintre qui l’avait créée. Pour le remercier. Et peut-être lui commander une autre âme sœur, rien que pour moi. J’ai admiré au passage tous les nouveaux tags du mur. De belles couleurs, pas de figuratif cette année. Au revoir ma belle.

La voix de Graine

Je suis toujours émue quand je reviens dans ma maison. Quelque chose qui me prend aux tripes. Et je dis « ma maison » parce que c’est « ma maison », mon hâvre de paix, le lieu où je me ressource.

Ce matin, nous avons fait un détour pour visiter une maison au dessus de Fontainebleau. Puis nous avons pris le temps de déjeuner d’un sandwich avant de prendre le chemin des vacances vers 13 h et de mettre mon mari sur la route du retour vers Paris. Son petit-fils l’attend.

Au départ et selon son voeu, ma fille navigue au feeling et son feeling s’avère foireux. Mais nous ajustons. Nous choisissons de passer par Clermont Ferrand, l’Aubrac, le Gevaudan pour éviter la A20. Tiens donc, au passage, ça me rappelle des souvenirs, chemin de Compostelle, chemin de Stevenson… des noms de lieux qui me parlent…Et il faut bien s’arrêter tout de même. Bref, nous arrivons à destination à 23 h. C’est ma fille qui a conduit tout le temps. Elle m’a dit « tu verras demain » et comme Je n’ai pas l’habitude de sa voiture, même si je l’ai déjà conduite, je ne sais pas comment va réagir ma jambe, et au final, avec la nuit qui tombe et mes yeux qui peinent, je ne me sens pas en confiance, je me suis laissée conduire.

Ma fille est partie se coucher. Elle est crevée. Moi, je fais le tour de ma maison. Un grand nettoyage a été fait. Quelques araignées m’attendent, elles sont revenues, les coquines, pas toutes, juste quelques unes. Je passe mon doigt et je trouve de la poussière, mais…je suis contente d’avoir fait faire ce grand nettoyage. Je me sens beaucoup plus sereine. Je n’aurais pas été capable de le faire. C’est agréable de rentrer dans une maison propre.

Vers 20 h, nous avons fait notre deuxième et dernière pause à Séverac le Château. Nous sommes montés au village pour manger. Et là, c’est déjà les vacances. Il fait doux. Les accents chantent. Je prends une salade aveyronnaise avec du jambon cru et du roquefort et ma fille prend un burger végétarien avec un farçou aux légumes et une salade. Je me sens chez moi. Les gens ne sont pas pressés. Le temps coule, doucement. Sous la table, le chien chasse les mouches.

Bon voyage, Lilie. Et merci pour les photos.

Garder son âme d’enfant

La voix de Lilie

Les lendemains de fête sont toujours difficiles. Encore plus lorsque la nuit est entrecoupée par un joli petit diable de 2 ans. Couchée très (trop) tard, petite fille me réveille vers 4h du matin. Je me glisse dans le lit à côté de son lit à barreau pour la rendormir avec ma main dans la sienne. 7h30 elle est debout, précise qu’elle a fini de dormir et qu’elle veut son biberon. Le sommeil, le mien, ne veut pas s’en aller si vite. Je lutte contre lui, et contre elle, essaie de gratter quelques précieuses minutes. Las, pas question pour elle de somnoler avec moi. Ça me rappelle lorsque mes enfants étaient petits (étaient des enfants en fait !) et qu’ils me réveillaient trop tôt, combien ça m’était difficile de me lever. Heureusement avec les petits enfants ce n’est qu’un matin par ci par là.

Ce charmant petit personnage, adorable quoi qu’un peu despotique avec sa mamie, se transforme en monstre de caprice dès la porte de sa maison franchie. C’est la première fois que je vois ce changement aussi soudain que profond. Elle chouine, pleure pour avoir ceci ou cela de la part de sa mère qui pourtant ne cède pas à ses demandes d’avaler toutes les tranches de saucisson en même temps, manger une sucette avant le repas, et j’en passe. L’aîné profite de la situation pour l’aiguillonner un peu plus, et sauter partout au passage. Ma fille n’en peut plus. Deux enfants petits ce n’est pas rien. Je me revois à son âge, en burn out maternel. J’essaie de l’aider au mieux pour lui éviter ça mais le pourrais je ?

Comme à chaque fois l’histoire se termine par une bonne dispute entre M Et Mme Lilie qui n’ont pas la même optique sur le sujet.

La voix de Graine

Je prends plaisir à te lire, Lilie et je te vois très bien essayer de négocier avec ton petit tyran en couche…J’ai le même type de réflexion quand je vois ma fille et ma belle-fille qui n’ont qu’un enfant mais qui se retrouvent seules à assumer la charge quotidienne. Comment avons-nous fait, nous? Je ne sais pas, chez nous, il n’y avait pas de Papy, Mamie à disposition ! Enfin, si, je sais, nous les femmes, nous ne savons pas dire non, enfants et famille passent avant tout, avant nous, nous tirons sur la corde, sans même imaginer que la corde peut lâcher! Et mamies à présent, nous prenons sur nous de soulager filles et belle-filles, nous ne savons toujours pas dire non. Femmes et et hommes ne sont pas faits du même bois, c’est sûr.

Mais tout de même, il nous faut rectifier le tir et nous laisser une place. Nous avons aussi le droit de profiter de la vie. Notre place ne se limite pas à s’occuper des autres, des démarches admistratives, pour que notre environnement proche puisse profiter en toute sérénité des plaisirs de la vie. Nous nous oublions trop souvent et nous avons tort. Je m’en rends compte en voyant ma peur que tout recommence comme avant. Nous nous laissons avaler par trop de contraintes, trop de « to do list » qui mangent le plaisir et la joie de vivre.

Ce mercredi, pas de petite fille. Elle est fatiguée, elle veut rester chez sa Maman. Ça me fait du bien de pouvoir vaquer tranquillement à mes occupations sans avoir à me préocupper de préparer le repas par exemple. J’en profite pour faire une mise à jour un peu conséquente de mon site jacquaire pour mettre en avant les marches jacquaires préparatoires qui sont organisées tous les quinze jours. Cela fait pas mal de temps que je procrastinais sur le sujet sans réussir à m’y mettre.

Et ce matin, je me suis remise aussi sur la recherche de maisons en traçant un cercle autour de Paris.

Dans l’après-midi, j’ai un appel de l’assureur de la personne responsable de mon accident. Je vais toucher une provision de 2400 €. Le prix de la vie, de la douleur, de l’empêchement de faire…Cet appel me fait remonter en mémoire l’accident de voiture de ma mère qui au final a entraîné une récidive de son cancer et peu de temps après sa mort. Combien vaut une vie, combien vaut la douleur, combien vaut l’incapacité à faire? Je ne veux pas perdre du temps dans des calculs d’estimation, pour moi, la santé ne se négocie pas, mais je me dis que c’est une opportunité pour me faire aider et prendre du temps pour moi, enfin.

Ce soir, nous aussi, nous avons notre petit bonhomme et graine vanille. Comme le petit est sans sa cousine et avec une personne qu’il ne connaît pas, il est tout calme et gourmand, bien sûr, comme d’habitude. Nectarine, melon, ananas, 2 mini-glaces au chocolat, le dessert et le sucré ont la part belle ce soir, mais il a bien mangé sa part de quiche tout de même.

La journée se termine avec spritz au champagne et un petit verre de rhum arrangé, question de se lâcher un peu.

La température redescend

La voix de Lilie

Un bel orage cette nuit et hop, 12 degrés envolés. C’est le bon côté de la chose. Le soleil aussi, s’est envolé, c’est le point à améliorer comme disent nos managers pour rester positifs en toute circonstance! Ce matin le ciel est gris, quelques gouttes de pluies tombent encore de temps en temps. Le soleil revient dans l’après midi et malgré ces quelques gouttes, le sol est aussi sec qu’avant l’orage.

Je profite de cette journée sans personne à la maison pour m’avancer dans ma liste de choses à faire. Ce n’est pas courant d’avoir un dimanche complet. Depuis quelque temps, j’ai besoin de vide, de place. Je range des placards, je jette des vieux objets, des vieux vêtements. Pourtant ce n’est jamais vide comme je voudrais. Je voudrais éviter que mes enfants trouvent des choses inutiles chez moi. Je sais bien que ça vient de ce que je dois faire chez mon père, je sais bien que j’ai du temps devant moi, pourtant j’y pense. Je ne sais, pas quand je me sortirai de cet état d’esprit.

Heureusement Graine, tu nous a invité ce soir. Je passe un agréable moment à préparer une salade de fruits jolie jolie jolie avec de jolies couleurs, orange du melon, jaune et blanc des pêches, rouge des fraises, noir des myrtilles et quelques branches de menthe pour le vert. Quelques fruits de la passion et une grenade pour le jus, le tout quelques heures au frais.

Nous avions oublié que venir à Paris un dimanche soir prend bien plus de temps que le matin. Il a fait beau, tous les parisiens rentrent de week-end…. Il faut doubler le temps habituel.

Je suis heureuse de te retrouver Graine, de te voir debout, presque sans béquille. De te voir en forme. Tes tous petits ont égayé le repas jusqu’à ce que le marchand de sable passe au bord de la table, pile poil sur ton petit fils ! Ta petite fille est adorable, elle discute bien, elle est très joyeuse. C’est rafraîchissant.

Toi, tu vas, tu viens, avec une béquille ou 2, tu fais beaucoup de choses. Bien sûr que tu seras fatiguée demain, mais je sais ce que tu penses: demain tout le monde sera parti, alors je pourrai me reposer. Tu as raison, c’est impossible de ne pas bouger, surtout quand c’est dans son ADN !

Que dira le chirurgien demain ?

On rentre, sous l’orage du soir. Petit orage. Petite pluie rapide. Il fait 20 degrés dehors, 17 de moins qu’hier. C’est parfait pour dormir, pour autant c’est impressionnant ces différences de température, en haut, en bas, trop chaud, trop froid pour la saison. Climat déréglé…

La voix de Graine

Le blog, trop pour moi ce soir. Pas d’urgence, demain, il fera jour, Lilie aura commencé l’article. Je suis contente de cette journée bien remplie de bruits, d’odeurs, de goûts, de visages, d’émotions, mais je suis fatiguée.

Comble d’égoïsme, avant d’aider au rangement, je prépare tous mes papiers pour la consultation à l’hôpital demain matin et je mets le réveil à 7 h.

Mon mari est vanné, je peux comprendre. Au bout d’un moment, Il s’affale sur le canapé en me laissant quelques bricoles à faire, que je fais une fois que j’ai fait tout ce que j’ai à faire pour moi.

Une journée qui a commencé tôt. Aller voter, faire ma balade matinale en évitant la pluie. Mon mari est parti courir. Je traverse le square et pars à la recherche d’une pâtisserie pour acheter un dessert pour ce midi. C’est la fête des papas aujourd’hui. J’arrive à peine quelques minutes avant mon mari qui revient de son jogging. Je ne suis vraiment pas rapide! Et je n’ai pas encore terminé mes exercices.

Je prépare le houmous, découpe les poivrons en lanières, épluche des concombres et des carottes. C’est mon mari qui fait tout le reste tandis que je me repose. Je suis encore fatiguée de ma soirée de vendredi soir et de la chaleur des derniers jours. Et la journée ne fait que commencer.

Les enfants arrivent tôt, chacun avec un petit cadeau pour leur Papa. Les cousins sont contents de se retrouver. Le petit est surexcité. Il se met déjà à se délecter de dire « Caca/ Boudin » et sa cousine lui souffle le « Caca/ Prout ». C’est parfois très agaçant pour les parents mais ces escapades verbales scatologiques les réjouissent beaucoup et ça va durer longtemps…

Je bois du vin, trop sans doute, je mange, je profite. Une fois qu’ils sont tous sortis, je fais la sieste. Nous aurons les petits ce soir puisque les parents vont au concert.La sieste ne dure pas, le petit est à nouveau là, fatigué. Nous lisons. J’espère bien l’endormir, mais non, ce moment calme lui permet juste de se ressaisir et de repartir. Quand sa cousine revient, ils recommencent à jouer et à remettre le bazar dans leur chambre.

Il est temps de leur donner le bain. Nos invités du soir arrivent. Quel plaisir de te revoir Lilie. Je n’ai pas faim du tout, mais je prends plaisir à partager ce moment. Les enfants jouent, nous rejoignent pour manger un morceau. Je leur fais cuire les ravioles prévues pour eux. Sûr qu’ils préfèrent les ravioles au taboulé. Le petit s’endort dans mes bras.

en deux temps, trois mouvements, les deux petits sont couchés. Le moment s’étire. La salade de fruits est belle et divine. Quelle bonne idée pour terminer ce dimanche gris mais plein de vie.

Vendredi, 1ère grande sortie

Vendredi, 1ère grande sortie

La voix de Lilie

C’est ta grande sortie ce soir Graine, un concert à l’Olympia, en béquilles ! J’attends avec impatience que tu racontes. L’Olympia; très jeune j’ai vu le même chanteur sous un chapiteau porte de la chapelle si mes souvenirs sont bons. Il en a fait du chemin depuis, et nous aussi. De pouvoir aller jusque là et rester assise tout le temps du concert, voilà bien la preuve que tu vas mieux. Profite, la musique fait tellement de bien à l’âme.

Aujourd’hui la chaleur est montée d’un cran. Il en reste un pour demain. Déjà l’air chaud nous enveloppe et la torpeur nous gagne. Transports en commun pour la plupart climatisés maintenant et c’est heureux. Je me souviens il y a quelques années des chaleurs dans les wagons, le corps qui coule l’eau, certains faisaient des malaises. Il y a tout de même des choses qui s’améliorent avec le temps.

L’équipe dans laquelle je travaille est partie au restaurant ce midi. Notre chef (années 80), responsable (annees 2000), manager (années 2020) nous quitte à la fin du mois. Une occasion de passer un bon moment ne se refuse pas, quel que soit le motif !

Le week-end démarre, il sera chaud, sans rien de prévu. Ma liste de choses à faire s’allonge chaque jour, j’en profiterai pour cocher une ligne ou 2 !

La semaine prochaine, Graine de vanille arrive. L’occasion certainement de nous retrouver, peut-être de faire un détour par la fête de la musique.

Allez, Graine, raconte ce concert.

La voix de Graine

Graine de vanille, comme c’est joli, Lilie!

La Graine à béquilles est vannée. Entre la chaleur et le concert, dure journée, ce vendredi.

Une journée qui commence comme tous les jours, avec mon tour de square et mes exercices. Dernière piqûre d’anti-coagulant, ce matin. La piqûre d’hier m’a laissé un bel hématome sur le côté gauche du ventre. C’est le premier hématome sur le ventre, mais il signifiant: mon corps en a assez d’être maltraité. Ce n’est pas contre les infirmiers que j’en ai, ils sont adorables. Mais mon corps en a assez.

Ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner. La copine qui devait venir me voir lundi après-midi veut venir cet après-midi. Et un coup de fil suivant m’apprend qu’une autre copine est prête à venir me voir aussi cet après-midi. Je suis coupable, je n’ai pas écouté mes messages!

J’ai fait passer une prestataire de ménage à la campagne pour qu’elle me fasse un devis de grand nettoyage. C’est ma soeur qui m’a donné l’idée. Je ne vais être capable de faire grand-chose quand je vais descendre avec ma fille début juillet et comme la maison est vide depuis six mois…Si c’est sale et plein de toiles d’araignées, ça va me gonfler grave. Alors, je vais m’offrir …. des prestations de ménage.

Mon mari télétravaille à la maison aujourd’hui. Après le repas, froid, vu la chaleur qu’il fait, je fais quelques dernières modifications sur mon site jacquaire puis j’attends ma copine. Elle est en retard. Cela me permet de terminer ce que je fais. Le programme de cet après-midi, c’est collage.

C’est dur de m’y mettre, c’est dur de nous y mettre. Nous n’avons absolument pas la même technique pour construire nos collages. Elle prépare son collage avant de le fixer. Moi, je n’ai aucune technique; la plupart du temps, je laisse venir et ça donne n’importe quoi, ni fait ni à faire, tant et si bien que je n’arrive pas à les terminer. Pour me détendre, là, j’a décidé de faire un collage à la Gaudi, façon carrelage.

Ma copine se met aussi au collage, façon carrelage. A 18 h 30, je dois réserver le UBER, enfiler des pantalons et un chemiser propre – je ne peux tout de même pas y aller en short avec une jambe noire avec bas de contention et une jambe blanche et un tee-shirt qui a bu toute la chaleur corporelle de la journée , dire au revoir à ma copine, confirmer le Uber, vérifier son avancée…

Au pied de l’immeuble, la chaleur est étouffante. La voiture que attendons ne tarde pas à arriver.La circulation est dense, malgré un départ un peu avant 19 h, nous arrivons devant l’Olympia à 19 h 45. Mes béquilles me permettent de griller la longue file d’attente. Qui sait si certains ne font pas semblant? Ceci dit, je ne vois personne marcher avec des béquilles à part moi et une personne qui en a une, elle et qui a fait toute la queue. Avec les béquilles, même la fouille est superficielle. Le spectacle, prévu à 20 h, commence à 20 h 10, avec une première partie, un jeune chanteur belge dont la voix évoque Bernard Lavilliers, la salsa en moins, ou Léo Ferré. C’est sympa, mais aïe, la soirée risque d’être longue!

Après la première partie, nous avons droit à une pause de 20 mn. En fait, le concert avec Bernard Lavilliers ne commence que vers 21 h et nous sortons à 23 h 30. Sûr, c’est sympa un concert. A un moment, je me dis que je vais sortir parce que je ne peux plus rester assise. Je ne recommande pas l’Olympia pour le confort de ses sièges. Mon mari me dissuade de me lever, je risque de trébucher dans l’obscurité. Et alors, tout le monde se lève. C’est bien pour moi, c’est ce qu’il me fallait justement. Ce qui ne m’empêche pas de me rasseoir un peu plus tard même si tout le monde est encore debout. Que des jeunes dans les spectateurs, enfin de notre âge, parfois avec leurs enfants. Tout le monde danse, chante. Les chansons sont rythmées, des rythmes sud-américains. La seule chose que je regrette, c’est que les textes sont avalés par la musique et l’orchestration qui prennent le dessus. Je me promets de regarder les textes plus tard. Avec mon mari, nous nous attendions plus ou moins à un chanteur avec sa guitare et deux ou trois musiciens. Nous avons quelques décennies de retard.

J’opte pour un retour en métro. Ce sera plus rapide et j’ai besoin de marcher un peu avant de rentrer. Grâce à mes béquilles, dans le métro bondé, je profite d’une place assise. Et de retour à la maison, je me fais servir, sachant que j’avais prévu ce midi pour qu’il y ait ce qu’il faut pour manger ce soir. Pas question de dîner dehors, je suis épuisée.

Une journée dense, assurément, qui fait du bien, mais demain, le repos est programmé.

Mardi, la chaleur est générale

La voix de Lilie

Une fois n’est pas coutume; dans ce blog où tu commences toujours, je profite de mon retour en train pour devancer l’appel !

Il fait excessivement chaud dans le sud aujourd’hui et cela va durer au moins toute la semaine. Nous ne sommes pas encore en été que les températures frôlent les 40 à l’ombre. Un scientifique dit que la société doit s’adapter à ce que des millions de personnes aient besoin de climatiser leur logement en même temps. Effectivement, il est trop tard pour reculer. L’homme doit s’adapter. 50 degrés hier dans la vallée de la mort. S’adapter. Sans modifier ses comportements. Je ne sais pas dans quel monde vont vivre nos petits enfants. Sera-t-il respirable ? Auront-ils de l’eau ? De la nourriture naturelle ? L’homme s’adaptera, c’est certain, mais combien paieront la note de ceux qui ont provoqué ce chaos ?

Laissons là ces digressions, je rentre chez moi ce soir. Le train a du retard, intervention police pour personnes agressives, problèmes techniques. Oui, il fait chaud pour tout le monde. J’ai passé quelques jours avec ma mère, je rejoins M Lilie, petite fille et très vieille chatte qui m’attendent avec impatience, pour partager, pour jouer, pour avoir quelques caresses. Et je suis contente de les avoir tous autour de moi.

Le paysage défile, la France est belle en cette fin de journée gorgée de soleil. Les bottes de foin sèchent dans les champs, le sol est très sec, jauni. J’ai l’impression de voler au dessus du paysage; dans le paysage. Je cours, je cours, vite, vite, je rentre chez moi.

La voix de Graine

Je suis contente que tu changes les habitudes. L’homme est fait pour s’adapter, que dire de la femme!. Savoir changer ses habitudes, c’est essentiel. J’aime le changement, je déteste la routine et je sais bien que c’est pareil pour toi. Pour autant, nous avons nos repères, nos liens, nos attachements auxquels nous sommes fidèles.

J’aime le train qui roule, qui en quelques heures nous déporte d’un endroit à l’autre. C’est plus lent que l’avion, la transition se fait moins brutalement. Au TGV, je préfère ces trains qui lambinent dans la campagne et font des pauses dans des endroits improbables. Il m’est arrivé d’écire des nouvelles dans le train. 8 à 10 h de train, ça laisse du temps.

Ma journée à moi commence tôt aujourd’hui, comme tous les mardi. Le réveil sonne à 5 h45, je prends ma douche et j’attends l’infirmière qui passe vers 7 h 30. Ce matin, je serais bien restée au lit. Je dormais quand le réveil a sonné, j’ai trouvé la nuit courte. Après le petit-déjeuner, je suis à 2 doigts de me recoucher, mais non, je sors en même temps que mon mari qui part travailler, direction le square, pour ma promenade du matin et mes exercices.

Cet après-midi, j’ai pris rendez-vous à 15 h chez l’opticien. Une virée ambitieuse pour moi; comme souvent, je ne suis pas tout à fait à l’heure, mais j’arrive à bon port et je suis dans un créneau horaire plutôt creux. Choisir des lunettes, ça prend un temps fou, il faut ensuite contacter la mutuelle pour réaliser le devis, signer à plusieurs reprises, faire les réglages….Je passe plus d’une heure dans la boutique, mais au moins c’est fait, je devrais avoir mes nouvelles lunettes pour partir en vacances.

Il fait beau et chaud aujourd’hui, mais c’est agréable. Je n’ai pas envie de rentrer. Je pousse la balade jusqu’à la coulée verte, je me pose sur un banc pour lire un moment. En face de moi, une dame très élégante, tout habillée de jaune, elle lit. Je la regarde à la dérobée, je la prends en photo, J’envie son allure et sa tenue: chapeau avec un ruban jaune, jolie robe jaune à pois, chaussures beiges habillées.

Je rentre à la maison à 18 h 30. Ce n’est pas grave, mon mari est de sortie ce soir, il va rentrer plus tard.

Dimanche 5 juin – le retour

Dimanche 5 juin – le retour

La voix de Lilie

On a vu des collines, des montagnes, des vallées, des sapins, des chênes, des châtaigners, des pins, des chateaux, des ruines, des lacs, des rivières, des sources.
On a dormi dans des gîtes, des hôtels, des roulottes, une colonie. Pris nos repas, avec nos hôtes, avec les autres randonneurs, à la table familiale, dans une grande tablée, seuls.
On est parti pour la première fois avec le sac à dos, on a appris à le remplir, le vider même au départ, le porter, l’apprivoiser. Il nous a pesé sur les hanches, les genoux, les cuisses dans les montées.
Je pensais marcher dans des sentiers, j’ai cheminé sur un long chemin, large la plupart du temps.
On a marché, beaucoup.. Monté, descendu, beaucoup.. Le chemin c’est 8000 de dénivelé positif et 9000 de dénivelé négatif, monter et descendre l’everest !
J’ai écouté le vent dans les arbres et les champs de blé, le chant des oiseaux, l’appel du coucou, les lezards qui détalent dans les herbes sèches à notre passage.
On a croisé des gens, des couples, des groupes, des amis, des jeunes, des moins jeunes et toujours échangé un mot, une impression de marcheurs. On a vu des vaches, des veaux, des taureaux, des chevaux, des poulains et quelques moutons dans les prairies, on a vu des ânes sur le chemin.
On a croisé des villages plus petits les uns que les autres, sans même un café pour s’arrêter.
J’ai souvent angoissé à l’idée d’avoir embarqué M Lilie dans cette épreuve, angoissé pendant quelques étapes plus difficiles pour son genou. Je me suis rassurée ensuite, le genou n’aime pas descendre, mais il va bien dès le plat retrouvé.
J’ai rêvassé en marchant, refait mon monde, déconnecté.
J’ai adoré cette expérience d’être à l’écart du monde.
J’ai touché mes limites, je les ai éprouvées, je sais maintenant plus précisément ce que je peux et veux faire.

Il est temps de rentrer maintenant. A côté de nous, ta place est vide dans le TGV. Ton chemin continue, il est bien plus long. Tu as fait le plus difficile, tu bouges déjà beaucoup. Tu en fais presque autant qu’avant ! Sauf ce collage, qui ne vient pas. Pourquoi ne pas entremêler tes béquilles et mes batons de marche ? J’ai quitté les miens aujourd’hui, tu quitteras bientôt les tiens et on fêtera ça ensemble. Mes bâtons me manquent déjà, tu jêteras les tiens avec rage !

Je vais trouver un nouveau projet de chemin…

La voix de Graine

Je te sais sur le retour, Lilie. Tout à mon collage, hier, je n’ai même pas pensé à ouvrir le blog. Ce collage qui ne vient toujours pas. J’ai prévu trop grand et mon horizon est bien étroit, ça ne peut pas coller.

Pendant que tu explorais, parcourais des paysages nouveaux quasiment déserts, que tu crapahutais, grimpais, dévalais, découvrais, t’extasiais, t’aérais, respirais la nature et le vent à grandes goulées, flirtais avec tes limites et les limites du genou de M. Lilie, je continuais mon voyage immobile. J’ai arpenté des contrées insoupçonnées, la douleur dans les jambes, aïe, qu’est ça m’a fait souffrir.

La douleur est partie. Plus d’anti-douleurs, plus de bas de contention la nuit et le jour, je m’interroge encore. Mes douleurs sont à présent musculaires et articulaires, comme les tiennes. Ce sont enfin les muscles et les articulations qui prennent le relais. « Tu en fais trop », me dit mon mari. Oui, certes peut-être, mais c’est sans doute grâce à mes exercices répétés que les douleurs dues à une mauvaise circulation se sont atténuées puis ont disparu. Mes nuits sont bien meilleures, quasiment normales.

J’ai aussi, bien heureusement rencontré la chaleur et le réconfort de mes proches, de mes copines. Pas un seul jour sans un mot gentil, une visite, un repas partagé, une attention. Moi qui d’habitude est celle qui réconforte, ceux sont les autres qui ont pris soin de moi, qui m’ont nourrie, visitée, distraite. Ces attentions m’ont beaucoup touchées. Je n’ai pas eu le temps de sentir seule.

Ce week-end, nous avons gardé petit-fils, ma fille est venue dormir samedi soir, mon mari est revenu dormir avec moi,mon gendre revient chez nous ce soir pour une semaine. La vie reprend son cours. Dans ma tête, l’accident s’éloigne, mais gare si j’oublie mes béquilles, je suis bien incapable de marcher sans. Tous les jours, avant midi, la visite de l’infirmière pour la piqûre me rappelle aussi mon état.

Première sortie en voiture dimanche, pour aller voir le spectacle de théâtre de ma petite fille. Ce n’était pas loin, ce n’était pas long…Malgré tout, au retour, j’étais épuisée.

Ce matin, j’ai suivi mon dernier cours d’espagnol…

Comme toi, je dois faire le bilan de ce voyage et décider de quoi j’ai envie pour demain. Non je ne jetterais pas mes béquilles avec colère, elles m’ont soutenue et me soutiennent encore et je leur en sais gré. Cet arrêt brutal n’est pas anodin, il résonne en moi comme un impérieux besoin de me poser pour envisager sereinement l’avenir. Sûr, je préfère les bâtons de marche. Ce sera pour une autre fois et ce serait super que nous puissions être ensemble cette fois-ci!

Samedi 4 juin – de Saint Jean du Gard à Alès – 24km en bus

Samedi 4 juin – de Saint Jean du Gard à Alès – 24km en bus

La voix de Lilie

Le chemin est terminé. Je me sens un peu désœuvrée, bizarre. Quelque chose me manque. Une étape, de la verdure, marcher.

Les courbatures d’hier se font toujours sentir ce matin. Heureusement nous prendrons le bus en début d’après-midi. Il y a un arrêt juste derrière l’Auberge, même si l’aubergiste ne l’a pas remarqué et nous en indique un à 400m de là !
En attendant, nous allons faire un tour dans Saint Jean du Gard. La ville est animée ce matin, avec un petit marché. Nous passons devant la vieille tour de l’horloge et allons visiter le musée des cevennes dans la maison rouge.
Ce musée retrace l’histoire des cevennes depuis les guerres de religion et l’apothéose dans la violence entre les camisards et les catholiques sous Louis XIV, jusqu’aux 2 guerres mondiales. Et bien sûr, Stevenson et son voyage avec une reconstitution de son bagage surréaliste ! On y retrouve toute la vie, les activités et l’outillage des anciens. On découvre ou re-découvre la fabrication des murets en pierres sèches, la récolte des châtaignes, la fabrication des fromages, les ruches en tronc d’arbre, l’élevage des vers à soie. Et tous les produits dérivés réalisés à partir des rebuts, vannerie, rembourrage, tissus. Un musée très intéressant, installé dans une ancienne magnaneraie.
Je me souviens de mes premières années de primaire, où nous apportions des feuilles de mûrier pour nourrir quelques vers à soie que nous regardions grandir et faire leur cocon en fin d’année scolaire.
La châtaigne que j’adore, il faudra que je relise comment ils les épluchaient à coup de sabots cloutés.
Il fait très chaud aujourd’hui, c’est vraiment le sud, l’été d’ailleurs, Saint Jean du gard est la première ville dans laquelle on trouve des lauriers en fleurs.
Nous prenons le bus vers 13h. Il nous dépose à Alès une heure plus tard. Après 2h de repos, nous visitons la ville, à pied, bien sûr ! Il fait une chaleur terrible, on se croirait au mois d’août. Dans l’ensemble, cette ville est moche et particulièrement sale. Il y a pourtant des zones semi piétonnes, des allées de platanes avec des restaurants mais les rues sont sales, les bâtiments et les maisons sans entretien, noircis par la pollution. Les parcs ne sont pas entretenus non plus. Cette ville aurait du potentiel, proche de Nîmes avec son tgv, au bord du Gardon, mais visiblement quelque chose empêche son embellissement. Ça et là on trouve quelques essais de décor, là encore sans nettoyage et sans vision d’ensemble.
Les vacances se terminent ici, demain c’est le retour. Et si j’ai bien compris la météo, la pluie m’attend.

Et tu m’attends aussi pour jouer, Graine, j’arrive !

La voix de Graine

C’est samedi aujourd’hui. Tu t’apprêtes au retour, Lilie. Et la marche te manque déjà! C’est addictif, les marches au long cours. La marche, c’est un dopant, un anti-dépresseur naturel…et bien sûr, il y a la nature, les couleurs, le grand air, les grands espaces…Voir les montagnes en face de soi ou prendre le vent de face, en terme d’ouverture et de respiration, ce n’est pas la même chose que d’avoir pour horizon l’immeuble ou le square d’à côté.

Moi, je continue mon petit train train. L’infirmière m’a proposée d’appeler l’hôpital pour que le médecin réduise le nombre de piqûres d’anticoagulant. ma prescription en prévoit 45. J’en ai déjà fait 27. J’ai réussi à avoir le service de l’hôpital: c’est le protocole m’a dit la personne au bout du fil, on va regarder, on vous rappelle…Je doute fort qu’ils me rappellent. Je fais partie des personnes à qui on applique le protocole à 45 jours, j’aurais droit à mes 45 piqûres! Une chance, les piqûres dans le ventre ne me font pas mal.

Aujourd’hui, ma sortie du matin, je la fais pour me plaindre à la station de métro d’avoir été prélevée en juin pour mon pass Navigo alors que j’ai suspendu mon contrat. Une sortie comme une autre. Les exercices, je les fais dans la cour, c’est plus cosy.

Cet après-midi, nous avons le passage de l’aide-ménagère. Pendant qu’elle fait le ménage, j’ouvre un compte en ligne parrainé par mon fils. Ma première et dernière banque en ligne se sépare de ses comptes particuliers. Je suis obligée d’en changer.

Mon collage attend toujours, pas moyen de m’y mettre. Il a toujours quelque chose de plus prioritaire à faire.

A 16 h 30, mon fils arrive avec son petit. Nous le gardons cette nuit. Nous avons juste le temps de passer un petit moment au square que la gardienne siffle pour nous demander de sortir. Ce n’est pas l’heure de la fermeture habituelle, c’est l’annonce de l’orage qui vient qui provoque la fermeture anticipée.

Mon mari s’occupe du bain tandis que je prépare la quiche. Le petit est criblé de boutons de varicelle. Il n’a plus de fièvre et il n’en souffre plus. Mais tout de même, pauvre petit chou, malgré sa varicelle, il a fait sa semaine de crèche. Le repas, la lecture, le coucher… Je suis vannée.

Oui, je t’attends pour jouer, Lilie et pour tu me racontes de vive voix ton périple. Je pense que ce serait bien aussi de développer le point de vue du genou de M. Lilie par rapport au chemin.

Ne t’inquiète pas Lilie, nous avons eu l’orage aujourd’hui, mais il fait chaud et lourd.

Jeudi 2 juin – de Saint Julien d’Aspaon à Saint Germain de Calberte – 20 km

Jeudi 2 juin – de Saint Julien d’Aspaon à Saint Germain de Calberte – 20 km

La voix de Lilie

On a passé une très bonne soirée hier. Nous avions privatisé une heure de jaccuzzi. Ne le sachant pas, 3 jeunes femmes, en randonnée sans mari et sans enfants, viennent se joindre à nous. On discute, on rigole, on prend même tous ensemble un aperol spritz dans le jaccuzzi. Nous nous retrouvons ensuite au repas du soir qui est servi sur une grande table commune. Il y a plus de 20 personnes à table. Marcheurs, promeneurs à la journée, touristes et même un jeune en déplacement de travail qui préfère cette formule à l’hôtel pour voir du monde.
Ne seraient-ce les mouches inombrables qui se posent partout sur la table, tout serait parfait. Le gite « village » est tenu depuis l’an dernier par un couple de jeunes très sympathiques; lui vient de Paris 11 ème, elle est italienne. Le repas qu’il nous a préparé est un pur délice. Salade composée avec mache, quinoa, feta, herbes de provence, puis une pièce de boeuf de l’aubrac issu d’un élevage voisin avec une sauce bourguignon et enfin un fromage blanc coulis de myrtille et pistaches concassées.
Ensuite nous rejoignons notre roulotte pour dormir. Hie hay !
L’étape du jour va être longue, et elle finit par une descente à pic. Que nous connaissons bien pour l’avoir faite en 1998 pendant des vacances passées à Saint Germain de Calberte.
Le chemin démarre sur l’ancienne voie de chemin de fer, réhabilitée en chemin. Stevenson ne parle pas de cette voie ferrée, donc si elle n’existait pas en 1878 et n’existe plus maintenant depuis des années (le sol n’en garde aucune trace) elle n’a pas dû servir longtemps… La voie domine le cours de la Mimente, passe sur des ponts sans garde fou (pas besoin dans le train !) et trois tunnels pour traverser les collines. On arrive comme ça au village (hameau ?) de Cassagnas où l’ancienne gare est reconvertie en gite, bar, restaurant. Nous faisons une pause, sur ce chemin on n’attend pas le bar suivant sous peine de ne plus en trouver de la journée !
Puis le chemin commence à monter dans une forêt de sapins, puis de châtaigniers. Nous trouvons un bel endroit pour pique niquer avec vue sur les collines en face. Notre cuisinier nous a préparé une salade de pâtes divine avec thon, artichaut, feta, basilic. C’est délicieux.
Nous sommes vraiment maintenant au cœur des cevennes du sud. Celles que je connais depuis toujours. J’y retrouve les odeurs d’épines de pin sèches, les sols secs et caillouteux, les roches de schistes sur les bords.
Le chemin est long, très long. Je fatigue vite, on s’arrête souvent. Qui veut aller loin…. Le paysage est grandiose, les monts des cevennes rocheux et les forêts de châtaigners, je prends des photos un peu partout. Enfin, après plusieurs heures, on atteint le serre de la can.
En 1998, nous étions venus en famille dans ce village de vacances avec nos enfants. C’est ici que nous avions vu cette finale de coupe du monde gagnée pour la première fois par la France. Nous nous arrêtons boire un verre et remplir nos yeux de souvenirs. La piscine, les gites sont toujours là, en face des nouveaux bâtiments, le bar a été refait. On compare avec nos souvenirs.
L’hôte de notre gite va venir nous récupérer ici car ce soir nous dormons dans une nouvelle roulotte assez loin du chemin. Ça tombe bien, cela va nous éviter une grande descente et protéger les genoux de M Lilie avant la dernière étape demain.

La voix de Graine

Mon paysage ici est moins diversifié, moins dépaysant et moins poétique que le tien. Mais il fait soleil sans qu’il fasse trop chaud et ça fait du bien. Je n’ai jamais dormi dans une roulotte. Je crois que j’aimerais bien ça. Tout compte fait, ce gîte était bien sympa à ce que je vois!

Ce matin, je traîne, je finis mon livre en cours « Le jeu des si » d’Isabelle Carré. Pas irrésistible, mais intéressant. Qui n’a pas rêvé de s’échapper de sa vie pour en vivre une autre?

Ici, les jours se ressemblent. Il fait beau aujourd’hui. Aussi, pour ma sortie du matin, au lieu de faire mes deux tours de cour, je m’aventure jusqu’au square. J’en fais le tour. A l’entrée, une séance de gymnastique. Tic, tac, tac disent mes béquilles, ce n’est pas encore pour toi aujourd’hui. Plus loin, un merle se baigne dans une flaque d’eau toute neuve laissée par l’arrosage. Il s’ébroue et prend plaisir. Au fond, les jardiniers refont le parterre. Ils vont planter des fleurs. Le square est quasiment vide. Je fais mes exercices tranquillement et je me dirige vers la sortie. Le cours de gym n’est pas fini. Ils en sont aux abdos. à présent.

La matinée passe vite, à exécuter différentes tâches administratives déjà oubliées, à répondre aux mails. C’est déjà l’heure de l’infirmier, puis l’heure de préparer le repas. Je fonce à la boulangerie. J’ai une copine de mon association jacquaire qui passe me voir à 14 h.

L’après-midi passe aussi vite. Entre la visite de la copine, le repérage d’un petit bistrot pour la copine qui vient demain, les réponses au téléphone, la téléconsultation médicale, le kiné…je n’ai toujours pas commencé mon collage. La table du salon est tout encombrée de mes papiers.

Ce soir mon mari va rentrer plus tard. Il fait une présentation à son association de minéralogie. Vais-je avoir le courage de commencer mon collage?

Mercredi 1er juin – de Florac à Saint Julien d’Aspaon – 10km

Mercredi 1er juin – de Florac à Saint Julien d’Aspaon – 10km

La voix de Lilie

Nous prenons notre temps ce matin car nous avons une étape courte aujourd’hui. Cette semaine est particulièrement prisée par les vacanciers aussi, impossible de trouver un gite plus loin. De toute façon, c’est mieux pour tester la reprise.
Le chemin démarre par la route, traverse le tarnon et longe la mimente par le haut. Nous traversons une forêt de chênes blancs et de châtaigners. Enfin il devient sentier et serpente dans la forêt, croisant quelques ruisseaux qui descendent vers la mimente. Le profil de la marche d’aujourd’hui est essentiellement en montée, pour autant on ne peut éviter quelques descentes. En général assez courtes et légères, il n’empêche que je stresse chaque fois. Est-ce que le genou de M Lilie va tenir ? Je ne dis rien, et pour l’instant lui non plus. Le sol est jonché de feuilles de châtaigners et de bogues des châtaignes de l’automne dernier. On commence aussi à voir des fougères, il n’y en avait pas jusqu’ici. Des deux côtés du chemin, la pente est ardue. Descente à pic à gauche, montée à droite. Je comprends ce que veux dire Stevenson qui cherchait en vain un terrain plat pour dormir et éviter de tomber dans le ruisseau pendant la nuit. Même pour trouver un endroit pour s’arrêter déjeuner s’avère compliqué. Enfin on aperçoit un petit promontoire sur le bord du chemin qui nous servira de chaise et de table. L’endroit est très joli, très escarpé et bien ombragé. On y reste un grand moment pour se reposer de la marche du matin.
Après le repas, il reste seulement 2km à parcourir jusqu’au gite, le chemin descend bien maintenant. J’angoisse un peu, tout va bien. Pour accéder au gite, nous prenons un chemin qui grimpe très abrupt. J’imagine déjà la redescente demain…
Nous arrivons dans un magnifique endroit. Le rêve des Graines. Un quartier de village avec une maison qui fait office de salle à manger commune, cuisine, réception, une autre pour la buanderie, d’autres pour les chambres, un grand jardin ombragé par un tilleul centenaire avec un pied ressemblant à uns pate d’éléphant, des salons de jardins au soleil, et au bout une piscine.
Voilà notre village. Juste un peu loin de tout pour faire les courses !
Nous dormons dans une roulotte à l’entrée du domaine. Impression de la conquête du farwest ! Il ne me manque que les bottes et le Stetson, trop lourds dans le sac !
Je passe l’après-midi au bord de la piscine et dans un fauteuil autour d’un verre pour écrire cet article.

Tout s’est bien passé aujourd’hui, je croise les doigts pour demain et après demain, les 2 dernières étapes, longues et avec du dénivelé négatif.

Je vois que de ton côté la randonnée commence à s’allonger aussi, j’espère quand même que tu n’as fait 4km8 avec tes béquilles. Bientôt nous repartirons ensemble. Bientôt, pas tout de suite !

La voix de Graine

Je suis contente, Lilie, que ta journée se soit bien passée. Je te devine soulagée et M. Lilie soulagé aussi. Ceci dit, il va falloir rester prudent dans les étapes qui vous restent. De fait, ces deux jours de repos ont été bénéfiques.

Pour moi, aussi, la journée a plutôt été bonne. Ma première sortie dans la cour, je l’ai faite avec une seule béquille. Je m’en suis aperçue en bas de l’ascenseur. Même si le kiné ne me conseille pas de marcher avec une seule béquille, j’ai fait avec, je n’ai pas eu le courage de remonter.

Plus tard, dans la matinée, j’ai failli poser un lapin à l’infirmier. Je partais faire des courses complémentaires pour le déjeuner. Au dernier moment, je me suis resaisie. Et j’ai attendu le passage de l’infirmier.

C’est mercredi aujourd’hui, tu te souviens Lilie, le jour des enfants. Le pli est pris à nouveau. Ma petite fille vient manger à la maison. Je ne vais tout de même pas la chercher à l’école, c’est son papa qui me l’amène. Mais pour les courses et la cuisine, c’est moi, avec le support de mon mari qui télétravaille! Rassure-toi, Lilie, je fais simple: Steak avec de la purée de pommes de terres et de carottes, du pamplemousse – découpé en lamelles en entrée et une glace en dessert.

Après une bonne pause post déjeuner, je vais m’acheter des revues. J’ai l’intention de faire un collage. Je passe aussi chercher le pain et des surgelés.

Et de retour à la la maison, je feuillette, je choisis, je peins mon fond. Ce soir, je laisse mon mari faire la cuisine. Demain, je commencerais mon collage.

Mardi 31 mai- De Florac à Florac – 15km !

Mardi 31 mai- De Florac à Florac – 15km !

La voix de Lilie

Rien ne presse aujourd’hui, c’est repos. Pour autant, ne pas dépérir, un petit café croissant sera bienvenu ! C’est mardi les boutiques et cafés fermés hier sont ouverts. Je suis sidérée de voir que cette ville, 4 fois moins peuplée que la notre ait autant de boutiques, restaurants. Chez nous il n’y a rien… Bref.
Après le café et un petit tour dans la ville, retour à la chambre. En fin de matinée, aller acheter de quoi manger. Pourtant la matinée se passe. Le temps s’écoule, rien à faire pour l’arrêter. Nous déjeunons autour d’une table devant la piscine.
Cet après-midi, j’ai décidé de partir faire une petite randonnée de 10km au départ de Florac. Un GR qui monte en face rejoint le chemin de Stevenson sur la fin de l’étape de Florac. Je pars vers 13h30. Je n’ai pas l’habitude de marcher seule. Je suis un peu déboussolée, j’ai du mal à caler mon pas. Dès la sortie de la ville, le chemin monte face à la pente dans une forêt de chênes et de châtaigners. En haut, la vue sur Florac est magnifique. Le chemin continue légèrement à monter puis passe sur l’autre versant. En face des collines boisée à perte de vue. Je croise quelques randonneurs qui descendent directement à Florac. Le chemin continue un moment à plat et iI me faut plus d’ une heure trente pour arriver à l’intersection du chemin de Stevenson. Je commence à me dire que je vais mettre un peu plus de temps que prévu…
Le chemin redescend pendant plus d’une heure dans une forêt de sapins, sans vue particulière sur les côtés. A un croisement, un panneau indique Florac à 7km, j’en ai déjà fait 6, effectivement je risque de mettre plus de temps que prévu, et plus de km! C’est un peu monotone jusqu’à la fin de la descente où soudainement le chemin débouche en haut des gorges du Tarn. Au fond, le Tarn fait des cascades, des sauts. C’est magnifique. Je m’arrête un moment pour admirer et me reposer un peu les jambes.
Le chemin suit le Tarn jusqu’au village de Bedoues dominé par une magnifique église offerte par le pape Urbain V qui était natif d’un village voisin. Un très vieux quartier avec des ruelles très étroites se visite aussi, mais il fait un peu coupe gorge ! Au moment de m’y engager, j’aperçois une personne qui se îéculotte au milieu de la ruelle et y fait tranquillement pipi… Comme je suis seule, je vais éviter ! Je préfère monter vers la belle église du pape qui domine le village pour faire ma pause.
Il est presque 17h et il me reste pas mal de chemin à faire. Je m’inquiète un peu, même si je sais qu’il fait jour tard, je ne maîtrise pas vraiment le kilométrage qu’il me reste.
Je repars sur une petite route qui traverse le Tarn sur un pont de type Eiffel. La route est assez étroite, il y a quelques voitures qui passent. Je suis soulagée quand je reprends un chemin de terre qui remonte dans une forêt de châtaigners. En dessous le Tarn suit son cours, en face un château sur la colline. C’est un bel endroit pour terminer cette balade. Le chemin débouche sur un quartier en train de s’agrandir, beaucoup de maisons en construction. Un village de vacances est installé là, je le longe jusqu’à un pont de pierre où je refranchis le Tarn pour la dernière fois. Florac est traversée par le Tarnon, pas par le Tarn. Je longe la route pendant un km avant d’arriver enfin à Florac et rejoindre l’hôtel. Il est 18h, j’ai fait 15km. Une étape.

La voix de Graine

Je suis fière de toi Lilie. 15 km en 4 h 30, avec les dénivelés et les pauses! Tu marches bien.

En fin d’après-midi, j’ai moi aussi fait une randonnée ambitieuse, pour aller acheter de la viande dans mon magasin préféré. Mon podomètre m’a crédité de 4,80 km aujourd’hui . Le paramétrage est sans aucun doute à revoir, mais je crains qu’il n’y ait pas l’option handicapé avec béquilles. En tout cas, même si j’ai marché beaucoup moins, c’était beaucoup pour moi, ça c’est sûr. Et moi aussi, je me suis aventurée toute seule, comme une grande!

En dehors de cette ambitieuse escapade, ma journée a ressemblé aux précédentes. Ce matin, réveil à 5h 45 pour être réveillée et prête au passage de l’infirmière pour la prise de sang. L’infirmière passe vers 6 h 45. J’ai pris ma douche, pris mon petit-déjeuné, aéré la maison. Je n’ai pas assez dormi, mais je n’ai pas envie de retourner me coucher. Mon mari part travailler, je pars faire ma promenade dans la cour, puis je me dirige vers la Poste où je fais chou blanc, elle n’est pas encore ouverte. Pour mon recommandé, je vais devoir revenir.

Travailler sur le site de mon association, préparer le repas pour midi, accueillir l’infirmière pour la piqûre, manger, prendre la café…Une routine qui s’installe.

L’aide-ménagère arrive à 14h. Je m’étends sur le canapé. Je lis sans conviction. Je l’aide à nettoyer le frigo.

Quand elle s’en va un peu avant 16 h 30, je me décide à sortir. Dehors il fait soleil et chaud, j’enlève mon pull, et mets mes lunettes de soleil. Avec mon sac à dos et ma pochette, je suis parée, prête à l’aventure.

Ce soir, mon mari rentre tard. C’est moi qui prépare sommairement le repas. Et je range mes papiers.

Demain, promis, je me remets au dessin. Si je n’y arrive pas, je ferais un collage. Demain midi, la petite sera là avec son Papa. Et peut-être nous aurons le petit le soir.

Lundi 30 mai – de Pont de Montvert à Florac en taxi

Lundi 30 mai – de Pont de Montvert à Florac en taxi

La voix de Lilie

M Lilie va mieux ce matin, c’est rassurant.
Cette nuit, nous avons dormi dans une chambre, salle de bain, des années 60. Le mobilier est quasi identique à celui de la chambre de mes parents quand j’étais petite. Les couvre lits ressemblent aux rideaux que nous avions aux fenêtres chez nous il y a 20 ans. L’hôtel tout entier est resté figé dans les années 60. Carrelages chinés au sol, lambris au plafond. Un beau retour en arrière.
L’hôtelier, lui aussi certainement issu des années 60, nous propose d’appeler un taxi vers 10h. En attendant, nous faisons un tour dans Pont de Montvert, joli village avec 2 ponts qui enjambent le tarn (ses sources ne sont qu’à quelques kilomètres d’ici) et ses 2 affluents. Le village est joli, accroché sur les flancs d’un vallons, le tarn cascade en dessous et les causses le surplombent. Le tour est vite fait, un temple, une église, 2 ponts. Nous prenons un café au soleil en attendant l’heure.
A peine appelé, le taxi arrive car il a peu de temps, il doit être à Ales pour 13h. C’est son avant dernier jour de travail, il arrête mercredi. Il commence à en avoir marre d’être interrompu dans sa partie de pétanque pour faire une course. Il a 79 ans ! Une chance pour nous car après il n’y aura pas de repreneur. Il nous conduit à Florac en nous racontant des anecdotes. Il a du travail car il n’y a plus de bus depuis au moins 30 ans. Il amène des randonneurs fatigués ou blessés quasi tous les jours.
Arrivés à Florac, nous laissons nos sacs à l’hôtel car il est trop tôt pour prendre la chambre.
La ville est un peu plus grande que les villages que l’on a traversés jusqu’ici. Elle abrite dans son chateau le siège du parc national des cévennes, un petit musée dédié au parc est installé dans l’ancienne gare. Il n’y a plus de train depuis longtemps…
Nous partons acheter de quoi pique niquer aux sources du pêcher qui se trouvent juste au bord de la ville. L’endroit est très joli, équipé de quelques bancs et ombragé. La source cascade joliment au dessous du banc sur lequel nous déjeunons.
La ville de Florac est parcourue par le tarn et le pecher qui s’y croisent. Plusieurs ponts de pierre permettent de les traverser. Au centre, une esplanade ombragée offre quelques tables pour déjeuner ou prendre un café. Ce que nous faisons.
En début d’après-midi, nous allons nous reposer au bord de la piscine de l’hôtel. Elle n’est pas chauffée, l’eau est glaciale. Un homme s’y baigne, d’autres comme nous ne mettent que les jambes. M Lilie trempe ses jambes pour raffraichir son genou. Le froid lui fait du bien.
J’en profite pour vous rappeler les 2 Graines et passer un grand moment à discuter avec vous, à l’ombre des arbres dans le grand parc de l’hôtel. Le grand hôtel du parc, c’est son nom !
Vers 15h, nous nous installons pour un moment de repos dans notre chambre.

Sans même rien faire le temps passe. Entre la piscine, la chambre, la chambre, la piscine, il est déjà l’heure de sortir prendre un verre et enfin manger la pizza dont on rêve depuis 10 jours !

La voix de Graine

Je te retrouve Lilie. Ton ton est redevenu serein. Tu es rassurée. Je comprends que le blocage du M. Lilie t’aie fait peur. C’est normal. Ce serait trop bête de compromettre la mobilité à venir juste parce qu’on a voulu forcer un peu trop un jour.

Quand nous avons passé une semaine à Bagnols les bains en 2019, en dessous du Mont Lozère, nous avions randonné jusqu’au Mont Finiels, c’était fin octobre, il faisait un froid glacial. Nous aussi, nous nous étions mis à l’abri des murets de pierre. Ce même jour, nous étions descendus en voiture au Pont de Montvert. Un autre jour, nous avions également fait une randonnée bien agréable en suivant les sources du Tarn.

Aujourd’hui ma journée commence à 9 h avec un cours d’espagnol. En raison de mon accident, cela fait un mois que je n’ai pas eu cours d’espagnol. J’ai révisé mais très vite, je me rends compte que je n’ai pas révisé ce qu’il fallait. J’ai un cours de retard! Tant pis, on va faire comme si!

A 10 h 30, j’ai une téléconsultation avec mon médecin traitant qui me recommande de garder les bas de contention la nuit.

Puis c’est le passage de l’infirmière, et l’arrivée de Graine…

Ce midi, nous mangeons thaï, commandé au restaurant thaï d’à côté.

Après notre échange téléphonique, nous partons au square avec notre carnet de croquis. Notre temps de croquage est limité, j’ai rendez-vous chez le kiné à 17 h…

Le temps est passé vite aujourdhui…

Dimanche 29 mai – du Bleymard à Pont de Montvert via Finiels -15 km

Dimanche 29 mai – du Bleymard à Pont de Montvert via Finiels -15 km

La voix de Lilie

Après une bonne nuit (malgré la rave partie au dessous de nous !) et un bon petit déjeuner, nous voilà partis à l’assaut du Mont Lozère, l’étape la plus difficile du parcours avec beaucoup de dénivelé. 10km de montée, 10km de descente voilà le résumé que l’on partage entre marcheurs.
Le chemin démarre par la visite du village. On monte vers l’église puis on la dépasse et la grande montée démarre. Le chemin est large, il s’élève rapidement dans une forêt de sapins. Il faut franchir le col d’une première colline avant d’arriver sur le Mont Finiels lui même.
Je regarde 3 jeunes femmes qui font le chemin ensemble. Comme nous elles s’appellent « les filles », comme nous elles papotent sans cesse en marchant. Elles montent sans effort apparent, bien plus vite que moi. Ce pourrait être nous toutes dans notre jeunesse. Je nous imagine à 25 ans.
Je rêvasse sur ce temps qui a passé si vite. Sur mon corps qui montre sa fatigue et m’empêche de marcher aussi vite qu’elles.
Je pense trop, ça a toujours été mon problème, et j’anticipe, j’imagine au lieu de vivre le présent. Dans une heure on sera là, dans un an j’arrête de travailler. Je voudrais arrêter de réfléchir et vivre l’instant. Mais je suis tombée dans la marmite toute petite alors…
Avec tout ça, on grimpe, grimpe, grimpe. Je prends mon temps, je ne suis même pas fatiguée. On arrive en haut du col après 2h de montée. La vue alors se dégage sur le Mont Lozère devant nous.
Depuis 3 jours nous croisons les mêmes personnes au fil de nos arrêts, on se double, redouble, on se retrouve dans un restaurant un gîte ou un hôtel, un petit mot chaque fois.
Le chemin descend légèrement vers la station du Mont Lozère. Les cafés restaurants sont ouverts, c’est dimanche, on peut y monter aussi en voiture alors il y a de la clientèle possible. Nous nous arrêtons un moment au soleil devant un café. Puis nous reprenons la montée. Petit à petit la végétation se raréfie, on sent l’altitude. Plus que quelques sapins rabougris, quelques rares fleurs minuscules. On suit, comme Stevenson avant nous, les montjoies qui bornent le chemin. Derrière nous au loin, très loin, on aperçoit les éoliennes que nous avons longées il y a 3 jours. Elles sont si loin. C’est là que l’on voit combien on a avancé alors qu’on a l’impression à pied de faire si peu.
Il fait de plus en plus froid. Le vent s’engouffre dans les vêtements et nous glace les sangs. On se rhabille, coupe vent, foulard, bonnet. Je ne regrette pas d’avoir mis un pantalon ce matin.
Enfin après encore 2h de montée, on arrive près du sommet. Il n’y a plus aucune végétation à l’exception d’herbe rase et de quelques bruyères. Le vent est si fort et si froid que l’on a du mal à profiter de la vue. On s’abrite à l’intérieur d’un muret de pierres construit en cercle pour protéger du vent. On s’y arrête pour déjeuner au soleil et à l’abri, assis sur les pierres. On a une vue à 360 degrés depuis le sommet. Derrière nous le Gevaudan, Le Puy en Velay et les jours précédents, devant nous les Cevennes du sud, Montpellier, Sète et les jours suivants !
On ne reste pas très longtemps à admirer la vue à cause du froid et du vent. Il est temps de redescendre. Le chemin part directement dans la pente. Très vite le vent disparaît et la chaleur revient. Très vite la végétation réapparaît. La descente nous offre de magnifiques passages en balcon avec la vue sur les collines et toute la vallée en bas. Le chemin devient plus étroit, plus caillouteux, il faut se concentrer pour ne pas trébucher sur une pierre. Quelques passages à plat, et ça redescend. On fait quelques pauses pour reposer le genou de M Lilie au maximum, mais je vois bien qu’on a beaucoup descendu. On arrive en vue d’un village, je suis fatiguée, on va faire une pause. Nous n’avons fait que la moitié de la descente. Il reste 5km et 400m de dénivelé.
M Lilie ne va pas bien. Après la pause, impossible de repartir. L’étape s’arrête là, après 15km sur les 20 que nous voulions faire. Pas question d’aller plus loin.

Il n’y a rien ni personne dans ce village. On décide de monter vers la grande route que l’on a aperçue en haut du village. On va faire du stop. En cherchant un endroit propice, on tombe sur une voiture arrêtée dont on connaît les occupants. 2 femmes qui marchent et que l’on a croisées ce midi dans notre mur de pierre, et le mari de l’une d’elles qui les ramène en voiture après leur marche. Elles étaient fatiguées et lui ont demandé de venir les chercher pile-poil au moment et à l’endroit où on a besoin d’une voiture ! Ils acceptent bien sûr, solidarité de marcheurs, de nous ramener à notre destination. La chance est quand même avec nous sur ce coup là.

On arrive donc à destination à Pont de Montvert en voiture !
M Lilie a réussi également à trouver un hôtel pour ce soir au lieu du dortoir commun prévu. Chambre au 3ème étage sans ascenseur, une dernière montée !
On échafaude les plans pour la suite. Sans voiture ici c’est très très compliqué. Pas de bus avant l’été, pas de location de voiture, encore moins si on ne veut pas la ramener où on l’a prise. Bref.
M Lilie veut que je continue seule et qu’il me retrouve le soir. Nonobstant le fait que je ne sais pas avec quel moyen de locomotion il pourrait me suivre, je ne suis pas comme toi Graine, pas envie de cheminer seule. J’ai besoin de partager.
Je décide d’annuler les étapes de demain et après demain qui descendent beaucoup pour aller directement (reste à savoir comment…) à Florac et se reposer 2 jours. Ensuite on avisera.
Donc demain matin, on part à la recherche d’un moyen de transport !

La voix de Graine

C’est une journée de fête des Mères aujourd’hui, une journée famille. Ce sera famille réduite car ma fille et sa petite sont au Parc Astérix. Après avoir été refoulées vendredi pour cause de parc déjà plein, elles sont parties ce matin à 8 h 30 pour être sûres de rentrer. Elles font l’ouverture. Et une chance, il n’y a pas trop de monde.

Mon mari est à la cuisine. Moi, je me contente d’éplucher les radis.

A 13 h, mon fils est là avec sa femme, son petit garçon et un beau bouquet de pivoines. Un dimanche tranquille. Les anglais ont quitté le quartier. Nous entendons à la télévision les déboires des supporters anglais au stade de France. Un gigantesque fiasco. Il faudra serrer les boulons de manière plus efficace pour l’organisation des jeux olympiques. La répétition n’est peut-être pas inutile.

Les parents ont une course à faire au magasin d’à côté, nous emmenons le petit au square ou plutôt, c’est lui qui nous emmène. « Moi, je vais au square avec Mamie ». Et pas question d’enlever les lunettes de soleil parce que Papa a dit qu’il fallait les garder, même si le soleil joue les intermittents. Moi, en fait, je joue les spectateurs, je reste sur le banc à regarder les enfants jouer. Et c’est bien sûr mon mari qui s’occupe du petit.

En fin d’après-midi, j’emballe mes tableaux. C’est mon mari qui va les emmener demain pour l’accrochage de l’exposition.

A 21 h 30, toujours pas de nouvelles de toi, Lilie, toujours pas de blog. Je sais bien que tu redoutais l’étape d’aujourd’hui, Lilie. Je m’inquiète, je questionne. Et j’ai enfin des nouvelles.

Eh oui, le genou de M. Lilie a dit non. Assez. Que faire d’autre que de l’écouter! De toute manière, vous n’aviez pas le choix. Demain sera un autre jour. Vous trouverez des solutions, comme vous en avez trouvé aujourd’hui. Et ces deux jours de repos vont vous faire du bien.

Samedi 28 mai – de Chasserades au Bleymard -18 km

Samedi 28 mai – de Chasserades au Bleymard -18 km

La voix de Lilie

Une fois n’est pas coutume, commençons par le menu d’hier soir. Je sais que tu l’attends avec impatience Graine ! Dans ce petit hôtel qui ne paye pas de mine, avec douche sur le palier, nous avons très très bien mangé. La serveuse nous a d’abord apporté une soupière entière d’une soupe légumes champignons délicieuse. J’en reprends 2 fois tellement elle est bonne. Puis 2 belles tranches de pâté de campagne, puis 2 entrecôtes chacun ! Avec du riz et des légumes en ratatouille. Un morceau de fromage et un dessert à base de baies rouges, boule de glace et meringue. Comment dire ? Quel repas du soir !
Et pourtant je me sens légère pour dormir. Comme quoi, marcher absorbe toute l’énergie.
Ce matin, après un bon petit déjeuner et un arrêt à l’épicerie du coin, nous voilà repartis. L’étape va bien monter et surtout bien descendre, ce sera un test pour celle de demain qui est la plus difficile.
Au premier virage dans le village, un âne bloque. Il ne veut pas franchir la grille pour les eaux de pluie par terre. Je n’ose pas leur dire qu’il y en 3 coup sur coup dans le village ! La journée commence à peine pour eux, ça va être compliqué !
Il fait beau mais il y a encore beaucoup de vent avec des rafales glaciales. Je suis bien couverte, polaire et coupe vent pourtant quelques fois c’est juste.
Le chemin commence par descendre vers le village voisin où se trouve un très beau viaduc qui l’enjambe et enjambe en même temps le Chassezac. Cette petite rivière me rappelle des souvenirs de vacances avec mes enfants, pas si loin d’ici en Ardèche où nous nous baignions dans le chassezac. Ici il est naissant, là bas il concurrence l’Ardè-che elle même, et s’y jette il me semble bien.
Puis le chemin monte sur la colline. Il y a beaucoup de monde aujourd’hui sur le chemin. Devant, derrière, nous ne sommes pas seuls. L’âne est derrière nous maintenant. Finalement il a rattrapé le temps perdu !
En voulant trouver un petit coin isolé, on imagine pourquoi, je bute sur une pierre au milieu du chemin et emportée par le sac, je chute lourdement. Je n’ose plus bouger. Un instant j’imagine si quelque-chose m’empêche de continuer. Plus de peur que de mal, je me relève, un verre de mes lunettes est rayé, quelques égratignures. C’est le métier qui rentre ! Si on sort du chemin, on regarde où on met les pieds ! C’est pénible en tout cas pour nous les filles de trouver un coin lorsqu’il y a du monde autour. Tu devais bien avoir ce problème Graine sur Compostelle.
Le chemin continue de monter jusqu’au sommet de la colline, la pente est de plus en plus prononcée. Tout en haut, une grande portion de route avant de repartir dans la forêt. La redescente est difficile pour M Lilie, je me demande ce que ça va faire demain… Bah demain est un autre jour.
Aujourd’hui il y a beaucoup de sous-bois, le vent s’y engouffre et nous glace les sangs. Dans les parties ensoleillées, on arrive à ressentir la douceur de l’air lorsque le vent se calme un peu.
Au détour d’un virage, on passe devant les ruines d’un ancien château, enseveli dans la verdure.
On s’arrête peu, car chaque fois on se refroidit. Même la pause repas est raccourcie.
Tout proche du chemin on peut aller voir les sources du Lot. Nous faisons le détour en début d’après-midi pour s’y poser un grand moment. Les sources du lot, ce sont des résurgences dans un vallon ensoleillé et relativement à l’abri du vent. On y reste un bon moment assis au soleil. Beaucoup de randonneurs font le détour, certains s’arrêtent, d’autres repartent. Un homme est installé avec son âne. Il le brosse, le bichonne. Puis remet son bât et repart.
Nous repartons aussi, le chemin longe le Lot, minuscule lit dans son vallon. Le paysage est magnifique. Nous sommes maintenant dans les Cévennes, je reconnais les chemins pierreux, secs de chez moi. A la sortie du vallon le paysage devient même aride.
Nous arrivons dans un village, le premier depuis ce matin. Un habitant nous indique une fontaine pour remplir nos gourdes. Un petit garçon vient y laver quelques gobelets. Nous buvons l’eau de la fontaine, remplissons les gourdes et c’est reparti. 2 virages plus loin, un panneau buvette, on donne ce qu’on veut. Au virage suivant, installé sur un vieux mur de pierre, des enfants dont celui de la fontaine, offrent Sirop de menthe ou grenadine. C’est trop mignon. Ils font ça tout l’été. Beaucoup de randonneurs sont installés dans l’herbe derrière eux. Ils vont faire un bon argent de poche ! On prend menthe et grenadine, dans les gobelets qui viennent d’être rincés ! On donne ce qu’on veut et nous voilà répartis, il ne reste que 2km pour arriver au Bleymard.
C’est la fête au village ici, sur 3 jours. Sur une place en contrebas de notre hotel, un ensemble de chapiteaux de bric et de broc. Les gens sont maquillés, déguisés et tous sortis dans la rue. C’est la première fois en 10 jours que l’on voit du monde ! L’habillement général est très « zadiste », dread locks sur la tête, pantalon et tee-shirt passés. On se demande qui est habillé le plus salement et le plus mal coiffé ! Voilà les cevenols. Nous sommes ici à la frontière entre Margeride et Cévennes. Dans le village, un spectacle de rue, un marché artisanal, des buvettes.
Tous les habitants sont massés au bord de la route principale. Soudain un char improbable tiré par des habitants maquillés et déguisés à qui sera pire que l’autre arrive. Un « roi de la ville » s’agite dans le char. Une fanfare dépareillée et jouant délibérément faux le précède, tous les habitants les suivent jusqu’à l’église.
On ne voit plus des choses comme ça chez nous. Le spectacle des Graines c’est différent !

La voix de Graine

Ce matin, je me lève à 6 h. Ma nuit a été hachée, comme d’habitude, et ma jambe douloureuse, mais je me suis couchée tôt hier soir et j’ai assez dormi. J’en ai surtout marre d’être couchée. J’ai besoin de bouger.

J’écris, je révise mon espagnol, je réponds aux courriers de mon association jacquaire, je prends ma douche…en attendant que mon mari émerge. Il a peiné à s’endormir cette nuit. Et je retourne me coucher pour petit-déjeuner au lit!

Pendant que mon mari va faire les courses, je vais, toute seule, à la pharmacie, faire une petite recharge de médicaments et acheter de l’arnica. D’habitude, quand je me fais mal, je prends de l’arnica, et là, je n’y avais même pas pensé jusqu’à aujourdhui! Je n’en attends pas de miracle, mais je n’ai aucune raison de ne pas essayer. Mon échappée à la pharmacie remplace généreusement mes deux tours de cour du matin, mais pas la séance d’exercices à laquelle je m’attèle dès mon retour dans la cour.

Ma fille m’appelle sur le téléphone. Un voisin s’offusque « vous ne pouvez pas téléphoner ailleurs que dans la cour ». Sympas nos voisins, ils sont cools. Ma fille part visiter une maison cet après-midi. Le papa de la petite est cloué au lit par des coliques néphrétiques. Mais qui pourrait bien garder la petite? A 13 h 30, ma fille nous amène la petite et une heure après, nous récupérons le papa. Il sera mieux à la maison. Nous n’avons pas été longs à reprendre du service.

Entre deux phases actives, je ne peux pas tout de même laisser mon mari tout faire, je me repose sur le canapé avec mes deux poches de glace. Aujourd’hui, j’en mets une autour du mollet et une autour du genou.

Deux virées au square, le ménage dans ma messagerie, la journée est chargée et passe vite. J’ai moins mal qu’hier et j’apprécie.

Cours de Vincennes, une fan zone pour les supporters de Liverpool du match Liverpool/ Réal de Madrid de ce soir a été installée. Les supporters sont là depuis hier. Des anglais partout. Et aussi de la bière. Si je n’étais pas si handicapée, je serais allée voir. Il paraît que le cours de Vincennes est jalonné de pissotières et de tireuses à bière. On ne peut pas traverser le cours de Vincennes. Mon infirmier est un peu vénère, ça lui fait perdre un temps fou car il a des patients des 2 côtés de la rue.

En revenant du square en fin d’après-midi, je jouis du spectacle – dans le stade d’en face, jeunes supporters de Liverpool et petits français jouent au foot. Derrière les grilles, beaucoup de badauds comme moi. Ce n’est pas si souvent qu’on voit jouer les joueurs de Liverpool.

Merci Lilie, pour les menus. Généralement, quand on a marché toute la journée, on a bon appétit. Et ne t’inquiète pas, tu ne prendras pas un gramme.

Vous n’allez pas faire un tour à la fête ce soir? Soyez prudents demain… Gérez bien les pauses. Je vous fais confiance. Vous êtes aguerris à présent. Il ne fait jamais bien chaud sur ces causses, c’est plus réputé pour le froid et le vent que pour le soleil. Je vous souhaite tout de même quelques rayons de soleil bien chauds.

Demain, c’est la fête des mères…

Vendredi 27 mai – de la Bastide Puylaurent à Chasserades -13km

Vendredi 27 mai – de la Bastide Puylaurent à Chasserades -13km

La voix de Lilie

Nous prenons notre petit déjeuner avec le couple d’hier soir, les jeunes sont partis tôt. L’étape est courte aujourd’hui pour eux comme pour nous, pas la peine de se presser, d’ailleurs nous serons au même hôtel ce soir à Chasserades.
Après être allés chercher notre repas de midi à l’épicerie, bar, qui fait tout, nous partons sur le chemin.
Mon sac est plus léger car aujourd’hui nous ferons essentiellement de la montée, peu de descentes et peu de km.
Il fait beau mais il y a beaucoup de vent, polaire et coupe vent suffisent à peine à me tenir au chaud.
Le chemin grimpe sur la colline en pente raisonnable. Un peu partout, des branches et des sapins arrachés jonchent le sol. On imagine aisément le vent qui a dû souffler ici. En haut une belle vue sur les monts Lozère s’offre à nous. La végétation et le terrain sont maintenant ceux que je connais en Ardèche et en Provence. Sec, caillouteux, entouré de pins et de genêts. Il faut dire que nous sommes au même niveau que Montelimar. Arrivés en haut, nous longeons le plateau. A nos côtés un parc d’éoliennes. L’endroit n’est pas choisi au hasard. Elles font un bruit ressemblant à un avion au loin et rythmé par le vent qui souffle dans leurs pâles. C’est impressionnant.
La redescente est moins longue et peu pentue. Nous arrivons au bord de l’Allier où nous nous arrêtons pour déjeuner et nous reposer au soleil un grand moment.
Il ne reste plus beaucoup de km avant notre arrivée. Le chemin reste proche de la route, il est entouré de genêts, c’est magnifique mais comme toujours ici, sans odeurs…
Nous arrivons vers 15h dans un petit hôtel.
Le même rituel d’arrivée, une douche, un brin de lessive et aller boire un coup au soleil. Il y a moins de vent ici, la température est plus douce.
Après ce petit rituel, nous partons visiter le hameau. Curieusement il y a beaucoup de voitures garées, mais personne dans les rues et aucune boutique si ce n’est une petite épicerie. Le hameau est minuscule, avec une église du 12ème siècle, un lavoir plus ou moins en état, un gite qui fait bar. Nous croisons un randonneur avec son âne qui nous raconte ses déboires du jour. L’âne s’est bloqué devant une croix en pierre et rien à faire pour le faire avancer. Il a même mis ses vêtements sur la croix pour la cacher. Impossible. Il a dû faire un détour de 4 h. Peu après l’âne est allé brouter sous une croix identique….

Nous sommes à mi parcours du chemin, toi tu as franchi une étape importante sur ton chemin en enlevant tes agrafes. La douleur petit à petit s’atténue pour que tu oublies tes anti douleurs, c’est bon signe. Tu es bien entourée et tu fais beaucoup de choses dans ta journée, c’est important pour le moral. Le temps joue pour toi. Chaque jour une étape, comme nous.

La voix de Graine

Je me régale à te lire, Lilie. Ça me fait du bien de vous suivre dans votre aventure. Et si les genêts ne sentent rien, alors, où on va. Moi, quand je vois la photo, je les sens, c’est le pouvoir de l’imagination.

L’âne, ce devait être un âne protestant, un camisard, sans doute. Le randonneur aurait dû lui chanter des psaumes!

Ces étapes courtes vous font du bien et vont vous permettre d’aller jusqu’au bout. Je vois qu’il ne fait pas chaud! Le matin sur Paris, il ne fait pas chaud non plus, mais pas aussi froid que sur les contreforts du Mont-Lozère. C’est réputé pour être une région. Vous êtes en altitude, et il y a du vent, un vent qui a l’air d’être glacial.

Ici, l’après midi, vers 15 h, ça se réchauffe. Une graine est venue me voir. Nous nous sommes posées au square et nous avons dégusté les cerises de son jardin. De retour à l’appartement, nous avons pris le goûter: cidre, cannelés, abricots. Les graines sont toutes à leur spectacle de danse à venir. C’est du non stop, les répétitions s’enchaînent. Leur spectacle est dimanche et je n’y serais pas, ni toi non plus, nous sommes à donf dans notre cheminement, chacun le sien.

Je passe beaucoup de temps sur le canapé avec mes poches de glace, deux, une pour le genou et le mollet qui sont douloureux, un pour la cuisse. Le temps passe lentement.

Jeudi 26 mai – de Laveyrune à la Bastide Puylaurent -14 km

Jeudi 26 mai – de Laveyrune à la Bastide Puylaurent -14 km

La voix de Lilie

Hier soir quel retour en enfance. En colonie et à la cantine plus précisément ! Le repas en tables de huit avec la dame qui sert avec son chariot. On retrouve le réflexe de débarrasser en bout de table. La chambre avec ses 2 petits lits et ses armoires en ferraille, les douches communes. La veilleuse de nuit pour nous permettre d’aller jusqu’aux toilettes la nuit. Nuit sans chauffage, enroulés dans le drap de sac, un duvet et une petite couverture en laine ! Et ce matin, le petit déjeuner dans les bols en verre, servez vous sur le chariot, on n’est pas à l’hôtel ici, je ne sers pas ! De beaux moments hors de notre temps.
Évidemment, on peut se douter qu’on n’a pas fait grasse mat ! Petit déjeuner à 7h30, partis à 8h15 !
Il fait frais encore ce matin mais moins qu’hier. Il y a toujours autant de vent. Mon sac pèse lourd pour alléger le genou de M Lilie. Je suis le maitre du temps maintenant. Plus question de marcher 3 ou 4h le matin sans presque s’arrêter. Si on veut aller loin il va falloir ménager nos montures ! Toutes les heures, je sonne la pause. A peine 10mn, M Lilie voudrait repartir. Je pousse pour quelques minutes de plus. Le chemin grimpe, grimpe dans la forêt. L’endroit est très joli si on ne lève pas la tête; nous cheminons sous une ligne à haute tension…. Dans des contrées où Stevenson indiquait ne rien voir de la main de l’homme !
Depuis que l’on est parti, je ne comprends pas pourquoi Stevenson a fait un tel détour pour aller à l’abbaye Notre Dame des neiges. Il est parti en haut à gauche, quand elle se trouve en bas à droite. La solution arrive après 2h de marche. L’abbaye a changé de place après qu’un incendie l’a détruite en 1909 ! Nous passons devant les ruines et une statue qui marque l’ancien emplacement et nous redescendons vers la nouvelle abbaye. Son emplacement actuel n’est autre que l’emplacement originel, mais la construction moderne manque de charme vue de l’extérieur. Seule une des façades en pierre est jolie. Celle que l’on voit sur les dépliants !
Nous faisons notre pause repas, puis nous trouvons un petit coin au soleil pour nous reposer un moment. Il peut faire très chaud lorsque le vent s’arrête et très frais quand il souffle. On s’habille, se déshabille en fonction.
Nous repartons sur une petite route qui se transforme ensuite en chemin. Il règne un silence exceptionnel dans cette vallée. On n’entend que le bruit du vent dans nos oreilles, du vent dans les arbres. Et le bruit de nos pas lorsque la route redevient chemin. Très loin quelques oiseaux, ils ne doivent pas aimer l’ombre de la forêt de sapins que nous longeons. Le vent fait onduler les blés et je m’arrête pour les admirer, on les dirait vivants, ils le sont d’ailleurs !
Nous arrivons vers 15h30 à la Bastide Puylaurent. Ce village est coupé en deux administrativement. D’un côté du pont sur l’Allier c’est l’Ardèche et la région Rhône Alpes, de l’autre la Lozère en Occitanie.

Je suis contente d’avoir choisi 2 étapes courtes car elles arrivent à point nommé pour soulager le genou de M Lilie. Cette étape a monté raide, mais la redescente s’est faite en pente douce ce qui est parfait pour lui. Chaque jour est un jour de gagné….
Nous dormons dans un gîte ce soir avec un couple qui vient de Marseille et fait tout le chemin en 13 jours et deux jeunes hommes dont un parisien jamais sorti plus loin que la petite couronne. Un sketch ! Son copain, qui aime marcher, lui a concocté une randonnée de quelques jours sur le chemin. L’autre a dans son sac des canettes de coca, des boites de céréales et des bonbons… Imagine Graine, il est incapable de sortir de son monde. Marcher, il ne connaît pas, alors 24km par jour…il est très volubile et partage cette expérience traumatisante avec beaucoup d’humour sur lui même. Ils animent toute la soirée et le repas, voilà pourquoi ce soir mon article arrive si tard.

Pour la suite des recettes: en colonie, soupe petits légumes coupés genre minestrone, sauté de dinde à la basquaise, fromage, salade, abricots.

Ce soir: salade, côte de porc et risotto aux lardons champignons, pana cotta à la fraise.

Tu auras toutes les idées pour tes menus de la, semaine ! On n’a jamais mangé la même chose depuis qu’on est parti. Pas mal, non ?

Je suis contente de voir que tu te remets à la peinture Graine, la couleur c’est ce qu’il te faut.

La voix de Graine

Je vois que vous progressez bien! Vous voilà arrivés en Occitanie. Ce n’est pas trop lourd, avec les kilos en plus de M Lilie, comment vont tes épaules? Nous n’êtes pas restés dormir à notre Dame des Neiges comme Stevenson? Y-a-t’il toujours des religieux dans cette abbaye?
Votre nuit à la colonie va vous laisser des souvenirs. C’est vrai que ça doit faire drôle de se sentir revenir plus de 50 ans en arrière. Par contre, côté confort, c’est pareil qu’avant, mais quand on a 10 ans …
Tes photos de genêts sont magnifique, Lilie. A les regarder, j’ai l’impression de les sentir. Le menu de la cantine, ben, il me rappelle la pension.

Aujourd’hui, c’est l’ascension, fête religieuse, jour non travaillé! Mon mari est à la maison. Il bricole les branchements de notre nouvelle box tandis que je m’occupe de mes tableaux: système d’accrochage, raccord de peinture sur les bords de la toile. Nous sommes tranquilles. Nous n’avons personne pour manger ce midi. Le repas est vite prêt.
Comme tous les jours, vers 11 h 30, c’est le passage de l’infirmière. Elle me retire les agrafes, une quinzaine. Il y a plus agréable, mais c’est fait. Demain je pourrais enlever le pansement et prendre la douche à ma convenance. Finies les papillotes de cuisse.
L’aide ménagère arrive vers 14 h 30. Eh oui, un jour férié, je n’ai pas eu vraiment le choix. Pendant qu’elle travaille, nous regardons un film, ce qui me permet de reposer mes jambes qui ont pas mal travaillé ce matin.
Une heure plus tard, c’est fille et petite fille qui viennent pour passer un moment avec nous. Après le goûter, nous partons au square. Je fais mon tour avec ma fille et je rentre tandis mon mari me relaie.
Cet après-midi, j’ai oublié de prendre mon anti-douleur. Il ne m’a pas manqué. C’est plutôt bon signe.
L’après-midi se tire, les filles restent pour manger. Les bonnes habitudes reviennent vite! Quand le soir arrive, je fatigue vite. Heureusement, les filles doivent rentrer tôt. Elles partent au parc Astérix demain matin.

Mercredi 25 mai – De Chaudeyrac à Laveyrune – 14 km

Mercredi 25 mai – De Chaudeyrac à Laveyrune – 14 km

La voix de Lilie

Il fait très froid ce matin. 6 degrés au thermomètre, 3 ressentis sur météo France. Je passe un pantalon et toutes les couches de vêtements que j’ai avec moi. Je suis très contente parce j’ai utilisé absolument tout ce que j’ai emporté dans le sac à l’exception de ce que je veux éviter d’utiliser: pansements, médicaments !
Nous prenons les pique niques à l’hôtel car il n’y aura rien sur notre route.
Notre hôtel étant plus de 2km hors du GR, l’hôtelier fait la navette pour ses clients et nous dépose à l’entrée du Cheylard l’évêque.
Aujourd’hui nous avons une étape assez longue, pas besoin d’en rajouter.
De là nous partons sur une partie de route, puis un large chemin qui monte dans les sous bois. Le paysage est totalement différent maintenant. Plus de prairies ni de fleurs, plus de vaches ou presque, des forêts de sapins. On croise quelques marcheurs. Le chemin de Stevenson est la plupart du temps très large, ça me change des petits chemins de randonnée que nous faisons habituellement. Ici, c’est un chemin, pas un sentier. Il serpente en sous-bois, monte, descend. Le fait de marcher nous a réchauffé mais il fait encore bien frais avec par moments des rafales de vent. Le ciel est couvert et lorsque un rayon de soleil arrive à percer, il semble que le thermomètre monte de 10 degrés.
Après 2h de marche, nous arrivons au bord d’un petit lac entouré de sapins. On se croirait au Canada. Nous y faisons une grande pause, bienvenue après les efforts de ce matin. L’endroit est magnifique, quelques bancs accueillent les marcheurs.
Il reste 3km500 avant notre pause de midi. Le chemin est devenu sentier comme je les aime. Il descend raide vers le village de Luc. Hélas, le genou de M Lilie commence à montrer des signes de faiblesse. Son moral descend en flèche et je m’inquiète de ce qu’il pourrait advenir. On déleste son sac à dos au maximum ce qui par vase communiquant remplit le mien d’autant. Je préfère porter que de prendre des risques. Nous reprenons doucement la descente. Nous apercevons au bord du chemin quelques unes des bornes dont parle Stevenson et qui servaient de repères en temps de neige. Arrivés au village nous cherchons un endroit sur les bords de l’Allier pour déjeuner et nous reposer un long moment. Il y a encore beaucoup de vent, nous traversons une prairie en fleurs et nous installons à l’abri d’un arbre près de la rivière.
Après 2h de repos nous voilà repartis. L’ancien chemin a été abandonné au profit du chemin d’origine. Stevenson parle ce chemin au bord de l’Allier avec son chemin de fer parallèle à la rivière. Du coup au lieu de faire 7km dans les collines nous marchons 3km en bord de route…. Bah, au moins ça repose les genoux ! Finalement au lieu d’une longue étape de plus de 20km, il n’en est resté que 14. Tant mieux, c’est qu’il fallait aujourd’hui.
Du coup, nous arrivons tôt à la colonie de l’espoir à l’Aveyrune. La « monitrice » nous accueille en donnant les règles : chaussures dehors puis une fois bien aérées dans les casiers, visite des sanitaires. Elle a eu pitié de nous et nous a alloué une chambre à 2 lits. Trop gentille.
La colonie. Vestige des années 70, dans son état d’origine. Un long couloir qui dessert les dortoirs, sanitaires, cuisine, réfectoire et salle de spectacle tout dans la longueur. Les sanitaires me rappellent les campings de ma jeunesse. Si cette colonie accueille encore des enfants aujourd’hui, je me demande ce qu’ils peuvent bien faire ici tout un été…
C’est un endroit que je n’aurais jamais imaginer réserver, c’est extraordinaire de se trouver là. Un changement d’époque, de style.
L’Allier sépare ici les départements de la Lozère et de l’Ardèche. Ce soir nous dormons côté Ardèche.

Ah, j’oubliais : le menu d’hier soir c’était une assiette composée en entrée : jambon de pays, taboulé, salade, melon. Une côte de porc en sauce avec un aligot et pour finir un clafoutis aux pommes.

Je lis ton chemin en décalé Graine, ton infirmière qui te fait lever trop tôt pour arriver une heure plus tard que prévu, tes difficultés à dormir. Le mois de Mai s’écoule et tu vas aller vers le mieux. Repose ta jambe au maximum quand tu ne fais pas de tour de cour. Si tu as moins mal la nuit, le sommeil reviendra et sinon tu vivras la nuit ! Papillon de nuit.

La voix de Graine

Aiïe aïe, aïe, le genou de M Lilie qui se réveille, il vaut mieux être prudent, vous avez raison. Une étape courte, ça fait du bien, parfois. Et puisque vous dormez à la colonie ce soir…Côté confort, ce doit être rustique. Et il ne fait pas chaud à ce que j’entends!

Les bornes de granit, cela s’appelle des montjoies. Ce sont les moines qui les auraient posé, effectivement, pour éviter que les marcheurs ne se perdent dans la neige.

c’est demain que vous montez à Notre Dame des Neiges? Il y aura également du dénivelé. Mais heureusement, l’étape que vous avez prévue est courte

Moi, j’ai plutôt passé une bonne journée aujourd’hui. Sans parler de nuit complète, la nuit dernière a été bien meilleure. Et pas d’infirmière à attendre à 6h! Non hier, l’infirmière n’est pas passée en retard, c’est sa plage de passage qui est de 6 à 9 h! Au contraire, elle passe plutôt assez vite, ce qui me convient bien.

Aujourd’hui, mon mari est parti travailler au bureau. L’aide-ménagère est venue faire le ménage pendant que je peignais le cadre de mon tableau en vue de l’accrochage de l’exposition, Cela va arriver vite, c’est lundi.

A midi, ma petite fille et son Papa sont venus déjeuner. J’ai préparé un riz pilaf avec du poisson. Et en entrée, je leur ai proposé ma quiche aux poireaux d’hier soir. Ma petite-fille adore. Mon gendre a fait tout le reste du travail ,je me suis fait servir! J’en avait assez fait.

Je devais voir une Graine cet après-midi, mais au vu de nos contraintes réciproques, nous avons reporté!

Cet après-midi, après la pause, j’ai terminé le film commencé hier – 120 battements par mn – grand prix festival de Cannes en 2017, un film des activistes d’act-up regroupant des malades du sida dans les années 1990, très intéressant. Après une sortie aller/retour au square d’à côté, je me suis remise à ma peinture. Eh oui, tout me prend du temps. Ça m’a fait du bien de changer d’activité et de retrouver mes pinceaux. Je n’ai pas encore tout à fait fini, quelques erreurs grossières de perspective!

Dans ma rue

Mardi 24 mai – De Langogne à Chaudeyrac – 15 km

Mardi 24 mai – De Langogne à Chaudeyrac – 15 km

La voix de Lilie

D’avoir découpé une étape nous a finalement rapprochés de Stevenson. Il était arrivé à Langogne le lundi 23 septembre et nous le lundi 23 mai. Nous faisons, aujourd’hui mardi 24 mai, l’étape qu’il a faite le mardi 24 septembre. Pour autant elle sera très différente. Il s’est perdu car sa boussole ne fonctionnait pas à cause du magnétisme de l’endroit, nous suivons les indications du GR. Il a traversé des landes rases, nous traversons une forêt de sapins plantée peu après son passage.
Nous quittons Langogne et son pont de Peyre après avoir fait quelques courses pour midi. L’hôtelier nous a prévenu: il n’ y aura rien jusqu’à la fin de l’étape.
Le chemin passe au pied de l’hôtel et tourne dans la vieille ville pour nous permettre de la visiter. Il fait beau ce matin, un peu plus frais que ces jours derniers, pour marcher ce n’est pas plus mal. Nous quittons la ville sur une petite route qui monte pendant presque une heure. S’en suit un chemin de sable blanc qui serpente en montant. Nous traversons un hameau sans âme qui vive et reprenons une partie de route jusqu’au hameau suivant. Un nostalgique de l’époque des trains a recréé une gare tout de bric et de broc. Plus loin un théâtre certainement géré par des artistes annonce une représentation pour le 8 mars… Là encore, aucune âme qui vive. De là un chemin s’élève jusqu’au hameau de l’Herm. Nous faisons notre pause repas sur une table de pique nique installée à côté d’un arrêt de bus. Nous sommes mardi, le bus passe 1 fois le jeudi à 8h54 et une fois le samedi même heure !
La vue est splendide avec les montagnes au fond et les forêts de sapins qui donnent un vert profond aux collines.
Pendant notre repas nous voyons quelques habitants qui semblent rentrer chez eux, certainement du travail.
Après ce village, le chemin s’élève et le paysage change du tout au tout. Des gros rochers épars jonchent le sol, un peu comme à Fontainebleau. Ils sont éparpillés dans une forêt de sapins que nous traversons. L’un d’eux ressemble même à une Marianne avec son bonnet et sa cocarde ! Il n’y a plus de champs cultivés, mais quelques petites prairies ça et là où les vaches se reposent en ruminant.
Le temps s’est rafraichi d’un coup et nous accelérons le pas pour éviter d’avoir à sortir des vêtements de notre sac si près de l’arrivée !
Ce soir nous dormons en dehors du chemin, à 2km, car tous les hébergements étaient complets. Nous avons croisé pas mal de randonneurs aujourd’hui et certains se retrouvent comme nous dans cet hôtel.
Il y a eu pas mal de passages sur route aujourd’hui et essentiellement des montées, nous avons dit au revoir à nos deux jeunes hommes car c’était leur dernier jour de liberté.
Je pense que ce chemin de Stevenson m’a attiré à lui car il me correspond bien. Le savait-il ? L’ai-je senti ? Sans parler de la beauté des paysages, dormir comme j’en ai besoin, partir tard, traîner en chemin, pas trop de fréquentation, et rejoindre un hébergement où se reposer tranquillement sans personne dedans. Certainement pour la même raison Graine, tu as choisi Compostelle qui convient parfaitement à ton rythme et à tes besoins.

A te lire Graine, je vois que tu fais toujours beaucoup de choses pour t’occuper et que tu as de beaux projets. Pour répondre à ton invitation, bien sûr je viendrai. Fais bien attention à ta jambe quand même, elle doit bien se consolider pour que tu repartes vite à l’assaut des chemins. Je me souviens que le médecin t’avait dit un mois de souffrance et certainement avait il raison… Passe au CBD le soir ! Antidouleur et détente assurée !

Et parce que tu es toujours aussi gourmande le menu d’hier : assiette de charcuterie, salade aux lardons, truffade (pommes de terre sautées au fromage) très parfumée aux herbes de Provence, ile flottante. On s’est couché bien repus !

La voix de Graine

Je prends plaisir à te lire, Lilie. Je chemine avec toi, peste contre les routes goudronnées, admire les paysages, apprécie la solitude…Ce chemin là aussi m’aurait bien été, mais cette année, il n’était pas pour moi. Miam, la truffade, j’adore ça! J’en ai l’eau à la bouche. Tes photos sont magnifiques. Tu mets du soleil dans ma journée un peu terne de convalescente.

Oui, j’ai de beaux projets, mais je bute sur les nuits. La nuit dernière, je n’ai pas eu mal. Je n’en ai pas dormi plus pour autant, même moins. Ce matin, l’infirmière passait pour la prise de sang. Je devais être réveillée et prête à l’accueillir pour 6 h.

Elle est passée à 7 h. Après son passage et après une bonne douche – quel plaisir, la douche, je l’apprécie comme je ne l’ai jamais appréciée – je me suis re-couchée et j’ai enfin dormi. Grasse matinée jusqu’à 9 h 15.

Entre cette nuit agitée et ce réveil tardif, je n’ai pas été très vaillante aujourd’hui. En fin d’après-midi, avec mon mari, nous sommes allés faire quelques courses et j’ai préparé une tarte aux légumes poireaux/ feta.

Cet après-midi, j’ai oscillé de la chaise au canapé, regardé un bout de film, passé des coups de téléphone, appliqué des poches de glace, joué au solitaire, fait quelques exercices…J’ai zappé la sieste pour mieux dormir cette nuit. Pas sûr que ça marche pour autant.

Il fait frais sur Paris. Je m’astreins cependant à faire mes tours de cours 3 à 4 fois par jour, mais pas plus. S’il continue à faire froid, je vais devoir troquer mes shorts – moi aussi, je suis en short, na – contre des pantalons, reste à savoir comment je vais réussir à les enfiler et si je vais réussir à rentrer dedans.

Lundi 23 mai – De Landos à Langogne – 20km.

Lundi 23 mai – De Landos à Langogne – 20km.

La voix de Lilie

Lundi 23 mai. J’ai mieux dormi cette nuit, forcément une nuit sans, une nuit avec. Me voilà plus reposée. Ce matin, la propriétaire nous a apporté une excellente brioche et du bon pain frais pour le petit déjeuner. Avant de quitter le village, nous achetons de quoi pique niquer ce midi puis nous retrouvons le départ de notre étape.
Aujourd’hui le chemin est agréable, il tourne, il vire, il monte, il descend. Il change de forme: herbe, sable rouge, cailloux, sable blanc, toujours très large et bien entretenu. Il dévoile des paysages fantastiques au fil de notre avancée. Le soleil est revenu, nous cheminons entre les prairies, faisons le spectacle pour les vaches curieuses qui nous regardent passer. Ce matin c’est beaucoup de prairies fleuries et de vaches. C’est vraiment beau. Nous sommes seuls sur le chemin. Stevenson avait fait 2 étapes quand nous en avons fait 3. Du coup, la plupart des marcheurs partent du Bouchet et sont loin derrière nous. Je ne regrette pas ce choix parce qu’arrivée à Ussel j’aurais été incapable d’aller jusqu’au Bouchet à encore 3h de marche. La propriétaire du gite d’hier m’a même dit que beaucoup de marcheurs finissent l’étape en taxi, c’est quand même dommage. Et puis après toute cette fatigue, notre étape d’aujourd’hui aurait été encore de 26km et pour moi c’est beaucoup trop.
Donc nous voilà repartis. Nous passons devant un libre service boisson: un auvent avec dessous 2 tables, une glacière et un petit coffre pour y glisser le prix de ce que l’on prend. On peut écrire un petit mot aussi. C’est extraordinaire de voir ça ! Au bout de 2h de marche environ sur ce joli petit chemin nous attaquons ce que Stevenson a appelé « la longue montée vers Pradelles ». Plus de 7km de montée plus ou moins forte. Pour autant, c’est bien plus agréable qu’hier. Au loin on aperçoit tout au fond le lac de Naussac et Langogne notre destination de ce soir.
Les nuages arrivent peu à peu et deviennent de plus en plus menaçants. Un homme qui répare la clôture de son champ pense qu’il ne pleuvra pas, 6 mois qu’ils attendent la pluie ici. 10 mn plus tard, le nuage vexé, lui donne tort. Nous sortons les capes de pluie pour éviter de mouiller nos sacs à dos. On ressemble à deux grosses tortues ! Même les vaches semblent amusées de nous voir ainsi accoutrés.
Après un petit quart d’heure, la pluie s’atténue puis s’arrête. Il fait beaucoup plus frais maintenant et nous passons une veste.
2km avant Pradelles, nous nous arrêtons pour déjeuner sur l’herbe sèche à l’abri d’un arbre. Puis nous descendons vers Pradelles faire une grande pause café.
Le café est bondé de marcheurs, motards, touristes. Les marcheurs partis ce matin du Bouchet commencent à arriver. Nous retrouvons aussi les deux jeunes hommes d’hier en train de copieusement déjeuner et boire ! Ensuite ils repartiront avec la même énergie. Si je mangeais et buvais la moitié de ce qu’ils ont avalé je ne pourrais plus avancer ! Cette jeunesse !
Après notre pause et une petite visite de ce charmant village, nous descendons vers Langogne à 5km de là. Le chemin est en sable blanc, fini le sable rouge, et il descend tranquille tout le long. Nous sortons maintenant du Velay pour entrer en Lozère dans le Gevaudan.
Langogne est une petite ville très passante au bord de l’allier. Comme Stevenson, hier nous avons traversé la Loire, aujourd’hui l’Allier.
Ce soir nous dormons dans un petit hôtel très dans son jus et très proche de la nationale ! Plus de gîtes à Langogne, nous avons rejoint une étape officielle et réservé bien trop tard…

Les hôtes des gîtes nous ont expliqué que Stevenson n’est pas Compostelle. Le chemin n’est pas aussi fréquenté loin sans faut, il n’y a pas encore beaucoup de gites. La règle de Compostelle se lever tôt, arriver tôt et chercher son gîte en chemin ne s’applique pas pour le chemin de Stevenson. Bon, nous le saurons pour la prochaine fois….

J’espère Graine que comme moi, tu marches de mieux en mieux. Ne force pas, laisse la nature faire le travail, la consolidation des os, c’est un mois.

La voix de Graine

C’est super, Lilie, ton ton a changé, tu es vraiment dedans à présent. Tu t’échappes, tu m’échappes et c’est tant mieux.

J’ai fini le livre de Stevenson sur son chemin avec Modestine. En fait, si j’étais partie avec vous comme prévu, je serais partie marcher sans l’avoir lu! Une partie de moi savait sans doute que je ne serais pas du voyage, une partie inconsciente, bien sûr!

En à peine 4 jours, vous êtes devenus des randonneurs au long cours, je vous tire mon chapeau! Moi, généralement, il me faut quasiment une semaine pour être bien dedans. Vous n’avez pas d’ampoules?

Pour ma part, la nuit dernière ressemblait aux précédentes. Quelques plages de sommeil assez courtes et entre les 2, je déambule dans l’appartement, j’applique des poches de glace, je cherche une position plus confortable que je ne trouve pas. Je n’arrive toujours à dormir sur le côté. Je n’en peux plus d’être obligée de dormir sur le dos.

Ma grande sortie du jour, c’est la sortie « kiné ». C’est à 100 m de la maison, mais il faut sortir de la cour, prendre le trottoir.

Sur les conseils de l’infirmier, je vais changer de stratégie pour les médicaments. Je vais les prendre au moment où je me couche, en espérant qu’ainsi ils m’aideront mieux à gérer mes nuits. Du coup, je modifie aussi les heures de prise des anti-douleurs dans la journée, tout en veillant à baisser la dose journalière.

Voilà à quoi j’occupe mes journées!

Cet après midi, après une pause « poche de glace », j’ai travaillé sur l’ordinateur du salon, plus grand, plus confortable. Jusqu’à présent, j’avais du mal, je n’arrivais pas à poser ma jambe pour être bien.

A la fin du mois, nous avons le salon de notre cercle d’artistes. Le vernissage a lieu le 9 juin. Tu es invitée, Lilie, avec toutes les graines bien sûr. Donc, voilà, c’est fait, j’ai envoyé les invitations. Il me reste du travail à faire sur les tableaux que je vais exposer. J’ai mis ce soir mon mari à contribution pour fixer mon collage dans son cadre. Et ce n’est pas fini, il devra aussi m’aider pour mettre en place le système d’accrochage. Moi, j’ai encore à peindre le cadre. Je me suis engagée aussi à recenser l’ensemble des invités pour le vernissage. C’est plus facile pour moi que de faire un gâteau.

Je travaille beaucoup pour le site de mon association jacquaire. Les 11 et 12 juin, l’association fête ses 70 ans, avec deux ans de retard, pour cause de Covid. Pour mettre le site à jour, entre la difficulté à me concentrer, la difficulté à me mettre dans une position confortable pour travailler et mes compétences limitées, j’ai vraiment galéré. Pour donner un résultat un peu convenable, j’ai fait appel au développeur. Il est en déplacement au Canada, facile pour communiquer. Heureusement, il a accepté de m’aider.

Passe une bonne nuit Lilie. C’est ce que je me souhaite aussi. Et toutes mes félicitations à M Lilie.

Et le menu du soir, Lilie, cela fait deux jours que je ne l’ai plus…Est-ce que buvez une bière à l’arrivée de l’étape?

Notre menu de ce soir: des fonds d’artichaud à l’ail pour aider mon foie et parce que c’est bon et du gazpacho.

Dimanche 22 mai- De Masclaux à Landos – 18km

Dimanche 22 mai- De Masclaux à Landos – 18km

La voix de Lilie

Je n’ai presque pas dormi cette nuit. Impossible de m’endormir, de prendre mon sommeil comme dit ma mère. 2h, et toujours à tourner dans le lit. Comment est-ce possible ? J’ai marché toute la journée, je suis fatiguée et impossible de dormir. Comment je vais tenir demain ? Je me lève, m’installe dans la salle à manger pour lire. Le sommeil s’installe finalement vers 3h. À 5h30, je me reveille par la fraîcheur du matin. Je réintègre la chambre et me rendort vers 6h. A 8h, je me réveille, il est l’heure de se lever. M Lilie dort depuis 23h hier soir et dort toujours. Quelle chance.
Nous prenons le petit-déjeuner en compagnie d’un Américain, amoureux de la France qui vit dans le Périgord et qui adore visiter la France. Il n’aime pas les États-Unis, il dit que les gens sont incultes, qu’il n’y a pas d’histoire, qu’on ne peut pas parler comme nous le faisons en ce moment, d’un écrivain qui voyage, de lieux à visiter. Tout ce qui ne rapporte rien ne les intéresse pas.
Après ce moment d’échange, nous repartons sur le chemin. M Lilie a oublié son téléphone, moi mes bâtons. Heureusement nous n’avons fait que quelques dizaines de mètres ! L’etape d’aujourd’hui est quasiment à plat. Il fait très beau, déjà très chaud, avec peu d’ombre. Un petit chemin nous emmène jusqu’au 1er village où nous croisons un troupeau de vaches, sur la route. De là, nous arrivons sur un plateau, que nous traversons sur un large chemin de sable et de gravillons rouges. Il serpente au loin devant nous, nous nargant d’avancer si lentement ! Il monte légèrement nous empêchant de voir le paysage devant. La vue est derrière nous, au loin les prairies, les collines, aussi il faut s’arrêter pour la contempler. Nous sommes entre deux rangées de collines, au milieu de champs de blé, lentilles et autres, indéterminés ! Des fleurs au bord du chemin, les oiseaux qui chantent. Aujourd’hui nous allons cheminer souvent sur ce terrain gravilloneux, traversant plusieurs plateaux. L’étape est assez monotone. J’avance quelquefois difficilement car la lassitude est un mauvais moteur !
Au 2ème village, nous nous trompons de chemin. Plusieurs GR se croisent, il y a des bandes rouges et blanches dans tout le village ! Je m’aperçois très vite que la direction est mauvaise, nous rebroussons chemin sur quelques centaines de mètres. Quelques passages sont magnifiques, en particulier un endroit où plus aucun bruit de civilisation n’arrive. Pas un moteur de voiture ou de tracteur, pas un avion, juste le silence et quelques oiseaux et grillons. Enfin après un deuxième plateau, nous arrivons au Bouchet saint Nicolas où nous allons faire une grande pause.
Une petite épicerie tenue par une charmante dame nous permet d’acheter de quoi pique niquer. Devant nous, les deux jeunes hommes croisés ce matin achètent leurs provisions pour la journée. Ils campent. Salades, Charcuterie, fruits, pain, gâteaux, et surtout une bonne bouteille de vin ! Le poids a peu d’importance pour eux !
Pourtant ce matin dans le village scélérat, ils ont eu moins de chance que nous et fait un écart de plus d’une heure trente, ce qui veut dire beaucoup vu l’allure à laquelle ils marchent.
Nous pique niquons à côté d’une famille partie avec leur petite fille de 2 ans et un âne. Ils veulent faire 15km par jour sur une semaine. Ils commencent à comprendre au bout de 2 jours que les vacances ne vont pas être de tout repos entre la petite qui n’arrive pas à faire la sieste et l’ânesse qui refuse d’avancer !
Il est plus de 14h30 quand nous repartons. Il reste 6km500, tout plat, tout droit sur le chemin caillouteux. Je commence à fatiguer et avoir mal dans les hanches, aux îgenoux. C’est surtout ce morne chemin que me lasse. Je préférais hier quand on montait et descendait sur des chemins tout petits et ombragés. 3km avant d’arriver un gros nuage noir s’avance, menaçant. Le vent qui vient de face devrait le chasser mais il semble nous suivre. Le tonnerre gronde. Nous accélérons le pas pour arriver au gîte avant la pluie. Le dernier km est très joli, sur un petit chemin en herbe, entre les murets des champs et les haies de genêts. On entend les grillons partout dans les prairies. Finalement, il ne pleut pas.

Ce soir nous dormons dans une maison individuelle. La propriétaire habite la maison d’à côté. Elle nous a préparé un goûter et viendra faire rechauffer le repas du soir. Dans la maison un jeune couple croisé ce midi occupe la chambre du bas et nous celle du haut. Ils font le chemin en 11 jours avec des étapes de plus de 30km chaque jour et 15kg sur le dos… C’est beau d’être jeune, un beau souvenir.

C’est le dernier gîte que tu as réservé Graine, chaque soir nous étions un peu chez toi.

La voix de Graine

C’est dimanche aujourd’hui. En fin d’après-midi, je guette les nouvelles. Je ressens ta fatigue, Lilie.

Je dors très mal moi aussi, mais pour d’autres raisons…Tu pourrais acheter en pharmacie de l’euphytose nuit. C’est vendu sans ordonnance et a priori sans danger. La mélatonine facilite l’endormissement. C’est assez efficace.

Je pense que c’est le stress qui te maintient en éveil. Détend toi, tout va bien. Vous vous débrouillez très bien. Profite juste des paysages et de la marche.

C’est vrai que lorsque le paysage est monotone, la route est plus longue et plus difficile!

Aujourd’hui, j’ai parcouru 460 m, c’est mon podomètre qui me l’a dit. Une grande virée pour aller chercher de l’argent à la banque, accompagnée de mon mari bien sûr.

La dernière nuit a pour moi été une des pires. J’avais mal. Hier soir, nous avons fait un apéritif dînatoire avec ma copine d’écriture. Je me suis laissée allée à boire un peu de vin blanc. Bien mal m’en a pris. J’avais mal, très mal. C’était l’enfer.

Comme toi, j’ai dormi 2 h sur le matin, des poches de glace posées sur le genou et sur la cuisse.

Heureusement, j’avais droit à la douche ce matin. J’ai apprécié, et après, tout allait mieux. J’ai la chance d’avoir mon petit déjeuner au lit tous les matins.

Ce midi, mon mari nous a préparé un risotto aux champignons. Ma fille est venu manger avec sa petite. Le papa de la petite est passé aussi. Quel paradoxe, nous avons une vie sociale à la maison bien plus riche que ces derniers mois. A méditer, non?

J’ai même réussi à diminuer un peu aujourd’hui les anti-douleurs.

Courage, Lilie, ça va aller de mieux en mieux, mais il faut que tu dormes la nuit!

Samedi 21 mai – De Monastier sur Gazeille à Masclaux – 14 km

Samedi 21 mai – De Monastier sur Gazeille à Masclaux – 14 km

La voix de Lilie

L’appartement était un vrai frigo, heureusement avec le chauffage nous avons bien dormi et le linge a seché. Ce matin, mission minimum de poids. On prend un bon petit déjeuner et très peu de nourriture dans le sac pour midi. Puis direction la poste pour se délester de 4,5 kg. Cela fait, en route. Il est 10h40, heureusement l’étape est courte. Autre avantage, il n’y a plus personne sur le chemin. Le départ du chemin se trouve sous la terrasse de l’église, à l’endroit où la vue est la plus belle. Le temps est magnifique, les oiseaux chantent, la vallée se devoile devant nous. Le chemin commence par une descente, pour se remettre en marche, c’est plus facile qu’hier. Puis très vite, on remonte, on descend, on remonte. Cette region du Velay est faite de collines qui s’enchaînent les unes les autres. On croise 2 Allemandes qui voyagene avec un ane qui s’appelle papillotte. On baraguine un peu en Anglais. Papillote n’a pas fait le chemin depuis 2 ans, c’est sa première sortie, il lui faut se réhabituer et donc il faut de la patience à ses maitresses. On se recroise plusieurs fois au fil de nos arrêts. Elles font des étapes très courtes sur une semaine.Nous profitons vraiment du chemin maintenant que nous sommes plus légers !
Nous continuons notre chemin le long d’un grand plateau. Le soleil cogne fort, il est plus de midi, et il n’y a ni ombre, ni vent. Nous attendons le prochain village pour prendre un café et remplir nos gourdes. Hélas, rien d’ouvert si ce n’est les toilettes publiques ! C’est le principal finalement et nos gourdes sont reremplies d’eau fraiche. Encore un peu de plateau et nous attaquons la descente vertigineuse vers Goudet. Le chemin est si pentu que les ânes n’y passent pas. Je me demande en moi même ce qu’avait fait Stevenson avec Modestine… Sommes nous sur son chemin, auquel cas nous prenons plus soin de nos ânes ou est-ce que cette partie du chemin n’est pas la sienne ? Pour la première fois on sent les genêts, hier ils ne sentaient rien, à se demander si je n’avais pas le covid ! C’était frustrant de voir tout se jaune, sans odeur. Aujourd’hui ils embaument. Question de variété, de temps.. Après cette longue descente, très pentue, tres caillouteuse et même très glissante, nous arrivons à Goudet. Nous nous arrêtons déjeuner sur le bord du chemin à l’ombre. Puis miracle, nous trouvons un gite ouvert qui nous permet de faire une longue pause désaltérante. Nos 2 allemandes dormiront là. Elles arrivent et les hôtes s’occupent de delester Papillote de son bat, la libérer dans un grand enclos et lui donner à boire.
Après cette pause bien méritée, nous traversons la Loire pour la deuxième et peut-être la dernière fois car le GR qui part vers sa source se sépare du notre.

Qui dit grande descente, dit grande montée. Heureusement que nous sommes reposés. La montée qui suit est à la hauteur de la descente qui l’a précédée … Il fait très chaud, il est 16h. Des températures inédites pour la saison nous précise notre hôte du jour. Nous arrivons dans une immense maison, toute en pierre de la région. Notre gite est un appartement entier avec une cours ombragée et fleurie ouvrant sur une vue grandiose. La prairie au premier plan et les collines du Velay au fond.

Il y a 3 petits lits dans la chambre….

Une fois la douche prise et la lessive faite, il est temps de se détendre.

J’ai dans l’idée de relire le livre de Stevenson à chaque étape. Pour celle-ci, il a passé beaucoup de temps à essayer méchamment de domestiquer Modestine et il mentionne bien l’interminable montée jusqu’à Ussel, lui aussi sous un soleil de plomb. Mais autre temps, autre moeurs, chaque village grouillait de vie quand nous traversons des rues désertes, il s’arrêtait manger dans les auberges le dimanche quand tout est fermé le samedi…

Je lis aussi ton chemin Graine et tes conseils. Il est bien plus difficile que le mien… Quant à le faire avec un âne, pour l’instant je n’ai vu personne le faire intégralement avec. Papillote s’arrête à la Bastide puylaurent et fait des étapes de 10km. On est plus tendre aujourd’hui avec les animaux ! Alors pourquoi pas un bout avec et un bout sans ? Nous aurons tout notre temps.

La voix de Graine

Je lis ton article Lilie et je sens la joie qui te traverse. Chapeau, vous voici déjà sur de bons rails…Et tout aussitôt, je m’aperçois que j’ai intégré les photos sur le mauvais jour! Je suis nulle. Mais, je commence à m’y mettre! Aucun doute que ça ira de mieux en mieux.

Aujourd’hui, je me sentais bien, alors à midi, j’ai voulu zapper l’anti-douleur. Bien mal m’en a pris. J’ai dû me résoudre à avaler ce fameux cachet qui m’assèche la bouche, mais me soulage.

Outre mes deux tours de cours, aujourd’hui, j’ai fait deux sorties inédites: Une sortie à la Biocoop d’à côté, avec mon mari pour compléter les courses et une sortie au square d’à côté. Impressionnant, non!

Cet après-midi, sur l’heure de ma sieste, et au delà, j’ai suivi d’une oreille distraite l’AG de ma coop sur zoom. C’était très intéressant. J’ai laissé l’AG se poursuivre, ordinateur ouvert, et je suis sortie. Au bout d’une heure, une heure et demie, je dois changer de position, y compris la nuit. La nuit, je déambule dans l’appartement. Au début, mon mari se réveillait et s’inquiétait. Maintenant, il continue à dormir, c’est mieux et pour lui et pour moi.

Ma copine d’écriture va passer ce soir. Comme je ne peux pas me déplacer, ce sont les autres qui viennent me voir. C’est cool.

L’année prochaine, on fait Stevenson avec un âne, chiche!

Vendredi 20 mai – Du Puy en Velay au Monastier sur Gazeille – 18 km

Vendredi 20 mai – Du Puy en Velay au Monastier sur Gazeille – 18 km

La voix de Lilie

Cette nuit, impossible de dormir, 3h du mat… Réveillée 7h40. Pourtant on est très bien et il n’y a aucun bruit. Une angoisse sourde. Comme chaque fois que je pars de la maison. Il me faut un temps d’acclimatation.

Après un petit café et une bonne douche, on quitte l’appartement et notre première étape sera d’aller acheter le pain et prendre un vrai petit déjeuner.
A 9h30, nous voilà vraiment partis. Le chemin démarre par une longue montée. Il fait trés beau, très chaud. Heureusement un vent, quelques fois assez fort, nous raffraichit et sèche nos vêtements car on transpire pas mal. Le sac me coupe l’épaule. J’ai glissé mon polaire sous la sangle pour la proteger mais c’est qd même encore douloureux. Après la montée nous arrivons sur le plateau, au loin les montagnes et quelques villages. Le paysage est magnifique. Le chemin est souvent ombragé, quelques fois sur une petite route, sans difficulté. Ouf, parce qu’au départ je me suis dit que ça allait être chaud… Après 2h 15 de marche, nous dévalons la pente à Coubon pour traverser et faire une pause déjeuner sur une aire aménagée de tables de pique nique. Ça fait du bien de s’arrêter un peu et de poser le sac. J’en profite pour modifier l’agencement et alléger le côté gauche qui appuie trop sur mon épaule malade.
Pour la suite du chemin, le guide indique de gravir la route, rien que le terme nous effraie ! Effectivement 2km de grimpette sur route, au soleil à l’abri du vent. Toute l’eau sort de notre corps ! Arrivés au sommet, nous traversons la colline de part en part, avec une magnifique vue à 360 degrés. De là, aucun barrage pour le vent qui reprend en bourrasques traitresses pour notre équilibre. Nous franchissons comme ça plusieurs collines, monter, descendre. Les premiers panneaux indiquant le chemin apparaîssent, nous croisons aussi quelques randonneurs. La dernière partie du trajet se fait sur un chemin en balcon qui domine la petite ville du Monastier sur Gazeille où nous allons dormir.
M Lilie n’en peut plus de porter son sac. Trop lourd. Les transporteurs, comme les gites, sont complets. Alors à l’arrivée au gite nous défaisons nos bagages pour nous alléger. Comme Stevenson qui a jeté dehors son surplus, comme toi Graine sur ton premier chemin. Demain nous irons faire un colis de retour !
En attendant, nous allons dîner au bout du Monastier, tient donc, 600m de plus et retour ! Nous en profitons pour visiter un peu la vieille ville et ses 2 églises. La ville est construite sur le flan d’une colline, la vue sur la vallée en face du Monastier est magnifique depuis les balcons.
Nous partageons notre repas avec un autre couple, plus expérimenté dans le portage ! Ils viennent de Normandie et vont faire un demi chemin, difficile pour eux de dégager 2 semaines. Comme pour le portage il faut faire des choix.
Avant de partir, une dernière information importante: Au menu de ce soir: salade composée avec salaisons maison, Saucisses lentilles (normal ici !), fromage, gâteau de semoule. C’était promis, de mettre le menu !

Que dire de cette première journée, 19km, le chemin est une suite de passage de collines, les paysages sont magnifiques, le sac est lourd et notre corps courbaturé.

Nos chemins sont parallèles Graine, une première sortie pour chacune, nous marchons avec nos batons pour nous aider, nous parlons toutes deux d’aller à la poste ! Je suis heureuse de te savoir sortie de chez toi, ta force est toujours là, je te remercie pour tes encouragements. Tu aurais dû être près de nous, et tu l’es.

La voix de Graine

En te lisant, Lilie, à J+1- les convalescents sont des couche-tôt, et même si mes nuits sont hachées, je n’ai pas le courage d’écrire la nuit – mon sac est trop lourd et j’ai les épaules cisaillées. Je compatis à ce que tu ressens. C’est du vécu.

Quand j’ai fait mon premier chemin de Compostelle, en 2002, en partant de St Jean Pied de Port, avec mes 14 kg, la 1ère étape a été, comment dire, un vrai parcours initiatique. Bien sûr, pour commencer, une étape de montagne avec d’importants dénivelés. Je n’avais pas de bâtons. Normalement, l’étape s’arrêtait à Roncevaux, mais quand je suis arrivée à l’abbaye de Roncevaux, le gîte était fermé. Il fallait attendre 3 h. Avec quelques-uns, nous avons décidé d’aller 4 km en avant. J’ai fait les 4 derniers kms dans les pas d’un gigantesque hollandais avec lequel nous baragouinions en espagnol et en anglais. Je me laissais aspirer, j’avais mal partout. Pour ma part, je n’ai pas renvoyé de colis à la maison, mon mari avait suffisamment à faire avec les enfants. Trop fière peut-être aussi. Mon dos était en bon état et j’étais jeune! Au fur et à mesure des étapes, j’ai distribué: une serviette de toilette par ci, un savon par là, …

Aujourd’hui, mes ambitions sont de décoincer ma jambe blessée, avec l’aide du kiné bien sûr. Toute la jambe s’est raidie, impossible de plier le genou. Le kiné est passé deux jours de suite, jeudi et vendredi. Il a fait du bon boulot. Lundi, j’irais à son cabinet, il m’a promis du skate, c’est top, non?

Côté sortie, après mon expédition de jeudi à la Poste, je me suis calmée. Trois ou quatre fois par jour, je fais deux tours de ma cour avec montée et descente de quelques marches. Je dois aussi faire les exercices prescrits par le kiné: Elégant petit balancer de la jambe gauche, avec pliage du genou au passage.

Pour rythmer mes journées, outre les temps de promenade, le passage de l’infirmière tous les jours entre 11 h 30 et 12 h pour injection de la piqûre d’anticoagulant et refection du pansement, et après le repas, la sieste. Je ne dors pas toujours, mais je me repose. Deux jours par semaine, l’aide ménagère vient faire le travail que je ne peux pas faire. Le pliage du linge, ce n’est pas son truc, alors peu à peu, je reprends du service.

Tous les 2 jours, je prends la douche, un vrai plaisir. C’est quand les choses deviennent rares et difficiles qu’elles deviennent précieuses.

Pour la cuisine, c’est mon mari qui fait ou bien les invités. Cette semaine, j’ai préparé une quiche aux épinards et épluché mes radis. Ce que je fais, je le fais lentement ….

Mon paysage alentour n’est pas aussi grandiose et diversifié que le tien. Mais effectivement, comme toi, Lilie, et M Lilie, j’ai mes bâtons qui m’aident à marcher!

Promis, Lilie, je vais essayer de mettre les photos sur le blog, mais sois patiente. Tout me prend beaucoup de temps.

Jeudi 19 mai – Le départ

Jeudi 19 mai – Le départ

La voix de Lilie

C’est l’effervescence ce matin. Je veux tout laisser propre, défaire le lit, laver la salle de bain, arroser les fleurs, vérifier mon sac. Enfin, tout est prêt, il ne reste plus qu’à attendre le chauffeur qui nous emmène à la gare de RER. Bien sûr il est en retard. De très peu, mais le stress me gagne. Enfin le voilà et le trajet se passe sans encombre (ou presque). Le Tgv est à quai. Tout semble se dérouler normalement jusqu’à ce que les contrôleurs nous évacuent à cause d’un bagage oublié. Nous partons finalement avec un quart d’heure de retard. Hors nous n’avons que 8mn de correspondance à Saint Etienne. Je reste philosophe, il y a un train toutes les heures pour le Puy. C’est ça le chemin, s’adapter, ne pas se stresser pour si peu. D’autant plus que le TER a attendu l’arrivée du TGV pour partir. La plupart des passagers qui empruntent le TER sont équipés comme nous d’un gros sac à dos. Ils devaient bien être dans le TGV, mais un TGV c’est grand alors je ne les avaient pas repérés. A côté de nous, ça parle Stevenson, plus loin on évoque Compostelle. Un jeune homme sort un creancial tout neuf et son guide « Compostelle depuis le Puy ». Voilà une nouvelle idée pour toi Graine. Devant nous, quelqu’un confirme un gite. On se sent rentrer dans le chemin. Le TER avance lentement, il se traine le long de la rive de la Loire dans un bruit de moteur impressionnant, va-t-il arriver à destination ? En plus de ça, la porte des toilettes qui ne ferme pas claque sans arrêt. Dehors, le paysage est magnifique, les collines verdoyantes, la vallée de la loire. Et à cette vitesse on en profite bien !

Enfin le train s’arrête au Puy en Velay. Nous sommes venus déjà 2 fois sans aller jusqu’à la gare. Du coup je ne reconnais rien. J’ai l’impression d’être perdue dans une ville inconnue. Au bout de quelques centaines de mètres (quand même), je raccroche les wagons. Nous trouvons sans peine l’appartement loué pour ce soir.
Pour autant, le sac m’a scié les épaules. Ce n’est pas tant le poids qui me dérange mais cette impression que les sangles appuient trop sur les épaules. Et c’est mon point faible. J’espère que ça ira sur les longues distances…
Déjà, prendre les habitudes de vie: aller chercher le repas pour demain midi, laver tee-shirt et sous vêtements. Et quand même, se détendre et profiter du cadre. Nous montons à la cathédrale faire un coucou à la vierge noire, puis nous trouvons un restaurant en extérieur pour diner car il fait très très chaud aujourd’hui.
Après le repas, nous partons en repérage. Stevenson n’a pas commencé le chemin depuis le Puy, alors il faut effectuer la liaison jusqu’à Monastier par un autre GR. L’idée est de repérer le départ sans avoir nos sacs sur le dos pour éviter de tourner en rond demain matin lorsque nous les porterons.
Ceci étant fait, nous pouvons rentrer à l’appartement nous reposer.

La voix de Graine

je vous regarde partir et moi je reste là, allongée sur mon canapé, une poche de glace sur la cuisse. Un petit pincement au cœur. Je vous accompagne à J+1. Aujourd’hui, il pleut. Tandis que vous partiez à la rencontre de vos premières grimpettes, je remontais la rue de Buzenval. Mon objectif: La Poste. J’ai une lettre à poster. Je suis sortie car il ne pleuvait plus. Mais c’est un temps d’averse aujourd’hui. A peine dehors, Il se remet à pleuvoir. La pluie est douce et tiède. Il pleut par intermittences. Entre les gouttes, je progresse, sans prendre de risque. Il n’est pas question de glisser.

Merci pour les photos, Lilie. Je ne me sens pas encore d’attaque pour le dessin. Mais, aucun doute, ça va venir.

je connais le Puy. J’ai fait avec mon conjoint le début de la voie du Puy, du Puy à Conques.

Les marches à long cours, c’est une ambiance, une solidarité, une sorte de famille. Bienvenue au club.

Les premiers jours ne sont pas faciles, le sac est lourd. Mais, si on est persévérant et prudent, au bout de quelques jours, marcher dans la nature devient un pur plaisir!

Bon chemin à toi Lilie et à Monsieur Lilie

J’oubliais: Ce matin, j’ai pris la douche. Quel plaisir!

J-1, je vide mon sac

J-1, je vide mon sac

La voix de Lilie

Au sens propre. Un sac à dos qui n’est pas sorti depuis plus de 35 ans. Du temps lointain des semaines de randonnées en montagne avec un club de Lyon. Tellement d’années ont passé, certaines marquantes, certaines oubliées.

Pour cette veille de départ, j’ai partagé mon temps entre la garde de ma petite fille et le télétravail. A 18h, les vacances sonnent enfin. Une grande respiration, le bonheur de me sentir enfin libre pour quelques jours.

J’ai téléchargé les billets de train et la location de demain soir. Tout semble être sur les rails. Et puis soudain, l’angoisse de ne rien oublier. Une seule méthode, tout vider, tout cocher et tout remettre ! Je pense que c’est bon. Et puis il faut l’avouer, nous partons en France, nous croiserons des villages, quoi qu’il manque ne manquera pas longtemps. Je suis certaine qu’il y aura plutôt trop que pas assez.

Le poids ? 9kg, sans la gourde et le pique nique, mais avec les 2 batons et les chaussures de marche car demain je pars en basket. Comme une fin de grossesse, mais derrière ! 🥴

La pression monte, c’est la première fois que nous partons marcher sur plusieurs jours avec un sac sur le dos. C’était mon envie; j’y ai entraîné Graine, nos conjoints et finalement il ne reste plus que nous deux. C’est sûr, ce n’est pas le même chemin. L’expérience de Graine va nous manquer. On va découvrir par nous même. Sans papotage à l’arrière.

Je n’ai pas marché depuis 10 jours. Par choix. Pour me reposer avant de partir. Est-ce une bonne idée ? L’avenir proche me le dira. Bizarrement, je n’ai pas marché depuis que j’ai vu Graine à l’hôpital. Curieux non ?

Demain, nous prenons le train pour rejoindre le Puy en Velay.

La voix de Graine

9 kg, Lilie, cest beaucoup! Je dirais même trop, mais je comprends. Mon 1er sac pour Compostelle pesait 14 kg! Nous sommes tellement habitués à tout avoir sous la main que c’est difficile de lâcher, difficile de faire un sac avec presque rien.

J’ai grande confiance en vous. Vous êtes solides. Vous saurez lâcher ce qu’il faut si c’est nécessaire. Comme tu dis, Lilie, vous ne partez pas en plein désert.

Ceci dit, c’est normal que la pression monte. Mais l’adrénaline aussi. Tu es comme moi, Lilie, la nouveauté te fait peur, mais elle t’excite, te stimule, te motive…

Tout se passera bien. J’ai confiance.

Compostelle serait il jaloux ?

La voix de Lilie

Patatras. Si j’ose le dire. Ce matin au réveil, un message de Graine. Accident à vélo, fémur cassé. Opération. Convalescence. Le chemin a-t-il décidé de lui même ? Qui décide tout là haut d’envoyer ces épreuves ? Compostelle serait-il jaloux ? Graine qui a tant besoin d’air, de s’échapper en solitaire, et la voilà rivée chez elle tout l’été. Épreuve de patience. Je sais qu’elle fait contre bonne fortune bon cœur….Son chemin sera plus court mais bien plus difficile que le notre.

Nous ferons ce chemin, tous les 3 comme convenu. 2 en marchant, 1 en illustrant, commentant, racontant son chemin, couloir, cours, square, toujours plus loin. Dans 16 jours, nous reviendrons tous au point de départ. Et nous imaginerons, qui peut le dire, le chemin 2023 ?

La voix de Graine

Patatras. Le vendredi 6 mai, un peu avant 18 h, un accident de vélo, une fracture du fémur.

Ce chemin de Stevenson qui s’échappait depuis 2 ans, s’échappe à nouveau, pour moi en tout cas. Heureusement, Lilie, la préparation est lancée, plus de retour arrière possible! J’aurais eu cet accident il y a un mois, qu’aurions-nous fait? Nous aurions reporté, encore! Je suis contente que tu partes Lilie, avec ton conjoint. C’est une si belle expérience que j’aurais bien aimé partager avec vous. Mais, c’est promis, je vais vous accompagner, à distance.

Vous me parlerez de votre avancée. Je vous parlerais de mes progrès.

Un arrêt forcé comme celui-là, ce n’est pas anodin, ça invite à réfléchir. Je vais m’y atteler.

Ce midi, mon fils est venu me préparer des pâtes bolognaises pendant que j’étais allongée avec de la glace sur la cuisse. Changement de posture, chamboulement dans les habitudes…C’est bien ce que je souhaitais, non?

Bonne préparation, Lilie. Pour moi, cette fois-ci, mon sac restera vide.

C’est décidé, on y va cette année

C’est décidé, on y va cette année

La voix de Lilie

Quatre prêts à partir en 2020 stoppés net à quelques semaines par une pandémie inattendue. Stevenson exprime dans son livre de bord sur le chemin que le voyage décide sa trace de lui même et que le voyageur doit s’adapter. Le chemin se refuse pour 2020. Une année difficile en 2021 avec la fin de vie et la perte de mon père, le chemin ne se fera pas non plus. Pourtant, il est là, tout proche. Mon père me pousse à y aller à travers tous les livres de Stevenson que je trouve dans sa bibliothèque. Voulait-il le faire ? L’aurait-il fait ? La pandémie est toujours là, les gîtes fermés. Difficile de partir dans ces conditions sans emporter la tente et les victuailles pour 2 semaines. Les globe trotteurs que nous sommes ont vieillis… Puis la vie reprend peu à peu. La pandémie recule. On vit avec. C’est décidé, nous partons.

3 à partir en 2022. Le quatrième nous a laché. Graine, Lilie et monsieur Lilie sont de la partie. Manque monsieur Graine, dommage.

La préparation commence. Un chemin bien préparé est un chemin plus tranquille.

1ère étape, l’entrainement. Des randonnées autour des chez nous et chaque fois que c’est possible, en week-end, en vacances, tout est bon pour marcher. Un Paris-Versailles tous les quatre, sans pour autant arriver à décider M Graine…

2ème etape, les étapes ! Graine est plus expérimentée et plus entraînée par son expérience du chemin de compostelle. Ses étapes sont plus longues et moins nombreuses que les miennes. On adaptera au passage. Je prends les billets de train, Graine les 1ers gites d’étape. Nous ne serons pas seuls sur le chemin, la semaine choisie par notre bande de vacanciers éternels tombe entre 2 jours fériés….

Plus les jours passent, plus le projet prend forme.

La voix de Graine

J’ai mis du temps à y croire, à ce chemin. Deux ans ans qu’il s’échappe. Mais, ça y est, il prend forme. Nous partirons à 3, sans mon mari qui ne veut pas venir. Inutile d’épiloguer sur ses raisons, d’autant plus que les raisons affichées sont rarement les vraies raisons. J’ai besoin de partir, de retrouver le rythme de la marche, de vivre à nouveau dehors à regarder le ciel, les arbres, écouter la vie tout autour de moi. D’habitude, je pars seule. C’est une expérience, mais je suis partante. Je déteste les habitudes et la routine. Tout ce qui permet de rompre avec l’habitude est bon à prendre. Je ne suis pas bien préparée. Mon mari rechigne à faire des marches préparatoires. Il n’est pas bien ravi que je m’en aille pour un peu plus de deux semaines.

Notre couple traverse une crise, une énième. Mon mari doit prendre sa retraite en début d’année prochaine. Où nous installer pour la retraite? Nous voulons quitter Paris mais les enfants et petits-enfants vivent à Paris. Mon mari voudrait s’installer au bord de la mer. Je crains fort de m’y ennuyer ferme. Mon médecin m’a mis sous anti-dépresseur. Je ne sais plus de quoi j’ai envie. Je n’ai envie de rien.

Je suis sûre que partir et marcher me feront le plus grand bien. Sur moi, c’est une thérapie qui fonctionne. Je me recentre. Je me concentre sur l’essentiel: marcher, manger, dormir, échanger, regarder, écouter, sentir, ressentir.

J’apprécie mes compagnons de route. Je leur fais confiance. Notre périple sera joyeux et gai. J’ai envie d’en profiter à fond.

Je peine à réserver le 1er hébergement, puis je s’enhardis. La préparation du voyage, c’est déjà le voyage!

Vendredi 3 septembre, la pluie ?

Vendredi 3 septembre, la pluie ?

Vendredi 3. Le vol est à midi. Le temps est orageux et le vol est chaotique tout le long. La dernière demie heure est abominable. Nous sommes secoué, l’avion remonte, descend. Je me demande si on va arriver vivant cette fois ci. La Sardaigne nous accueille sous un deluge de pluie, nous rejoignons notre bus sous l’orage. Les vacances commencent bien ! La guide dans le bus nous rassure, il ne pleut pas là où nous allons. Effectivement après 1h de Bus nous arrivons au village de vacances et il ne pleut plus. Quelques nuages assombrissent et rafraîchissent l’air.

Descente à la plage, baignade. Un peu de vent. Chambres très grandes et confortables mais un peu defraichies. Repas en terrasse le soir. Petite myrte, limoncello au bar en écoutant de la musique. Trop forte. Dj trop fort. L’italie.

Samedi 4.
Pas un bruit la nuit. Petit dej restau bondé puis aux terrasses tranquille. Le temps s’est mis au beau, il fait déjà très chaud. Réunion d’info. L’accent des italiens qui parlent français chantant. Location de la voiture. Réservation de la balade aux îles. Puis café au bar de la piscine. baignade. Fraiche. Agréable. Apero. Repas aux terrasses. Buffets d’entrées, plats servis buffet de desserts. Pas de la grande cuisine, mais on trouve de quoi manger. On regrette les grillades et les pizza de l’an dernier, et l’ambiance des aperos. Navette pour aller a ste teresa di Gallura. Puis rando jusqu’à capo testa. Belvédère qui domine le capi testa. Bloc de granit, ancienne carrière en bord de mer. Paysages magnifiques. Sauter sur les blocs de granit. Sentier au bord de la mer. Montée au phare à temps (course, challenge) pour attraper un bus de retour. Pot en centre ville de st teresa. Place entourée de colonnes de granit. Eglise avec une magnifique crèche tout en liège, une des spécialités de l’ile. Retour à l’hôtel en navette. Repas. Douche. Dodo.

Dimanche 5.
Les iles de la madeleines. Archipel de 30 dont 7 majeures. En bateau. 14km des falaises calcaires de bonifacio.
Santa maria. Vent dans les cheveux. Beau temps. Baignade.
Spargi. Asperge.
Madalena. 12000 habitants. Centre historique.
Parc national.
Iles de devant: Razzoli, Avec son phare. Budeli, Sable rose. Interdit au public. Couleur de la mer Vert emeraude de la poudre de granit.
Santa maria. Une 20aine de maison. Celle de roberto benini. Bergried trnsformees en Maisons de vacances.
Baignade, fraiche.
Repas à bord. Un peu tot, à peine 11h20…soupe de moule = moules ! Pates aux fruits de mer. Excellent. Vin blanc sec bien frais. Pecorino. Myrte rouge. Ile de spargi pour une baignade dans les eaux turquoises. Le bateau fait le tour pour nous montrer les couleurs magnifiques de bleus de l’eau. Débarqués en pleine chaleur 13h, plages sans ombre, On trouve une plage plus loin en avançant avec un coin d’ombre. Eaux topazes magnifiques. Baignade raffraichisante. Poissons gris et bleus. Décharge électriques des poissons sur ma cuisse. Nager jusqu’à un rocher, grimper. Retour sur le bateau.
Ile de la madeleine. 1h à terre seulement. Le temps de prendre une glace et de parcourir 2 ou 3 rues. On est frustré d’avoir si peu de temps car la ville est assez grande et aurait mérité 1h de plus. Retour au village vacances à 16h30.
Lundi 6. On récupère la Voiture.
Isola rossa. Village de pecheur. Pot. Tour. Calanques rouges. Concretion de Sel sèché sur les rochers. Vue de l’immense plage.
Castelsardo. Fort. Village perché, le long d’une colline, maisons colorées. Fort tout en haut. Depart chemin sans issu, retour sur nos pas. Escaliers peints, assiettes de céramique pleine de céramiques a thème, poissons, calamar, paniers.. Femmes qui tissent. Descente dans le village, petit snack 3 tables, on en prend 2 tranquille. Sandwich maison glace. Femme très sympa.
Longe la côte jusqu’à porto Torres. Paysage lunaire. Incrustation de calcaire peut être. On s’amuse à faire des photos sur la lune. Ville industrielle on continue. Vers la pointe. Plage de la pelosa. Eaux tuquoises magnifiques. Pas de baignade car il faut réserver. On prend un pot au bar qui domine la plage. A l’ombre. On fait de belles photos des couleurs de l’eau. On voit les iles en Face, tout près. L ile des anes. Parc protégé. Au retour on s’arrête plage des salines pour une baignade. Les hommes au bar de la plage les filles au bain. Ici l’eau est verte, algues, l’eau est bonne. On se croirait aux saintes marie.
Retour en faisant un arrêt pour admirer la roche de l’éléphant. Curiosité naturelle.
Le temps de la journée très beau. Très chaud entre midi et 2. Le ciel très bleu, sans nuage. Beau contraste avec les rochers rouges et les couleurs des maisons et des fleurs.
Sensation agréable. Temps qui defile.
Paysages changeants, Landes, normandie, sainte marie, pleines, collines, routes panoramiques vue mer.
Mardi 7.
L’intérieur. Cap sur les collines. Routes panoramiques dans les Chênes liege et les carrières de granit. Domine les collines. Luogosanto. Village perché dédié à marie. Domine la vallée, mais pas de vue. Fête du village à venir. Fanions bleus et blanc partout. Eglise avec vierge au fond. Petite rando pour monter dans la forêt de chêne voir une nuraghi refaire. On dirait une yourte. Village de nuraghi en ruine. Pot. Bar du village à l’ombre. Les italiens parlent. Langue dansante, tjrs trop fort.
Aggius. Village tout en granit. Maisons en granit, rues en granit. Œuvres d’art dans la ville. Sculptures sur fer, car les concretions de granit font office de sculpture. Arret sandwichs coin sympa. Source minuscule. Vallée della luna, pas trouvé. Mais route serpente au milieu des concretions, magnifique.
Remontée vers le lac d’ischia. Petite promenade autour mais pas grand chose à voir. Les murets des champs noyés toujours en place autour du lac.
Sant antonio di Gallura. Joli belvédère, intégré dans la roche. Vue à 360 degrés sur les montagnes, le village. On redescend par des marches faisant le tour du belvédère.
Les tombes des géants. Monuments funéraires de1800 av jc.
Retour par l’arrière pays.
Beaucoup de murets.
Beau temps. Chaud. Routes agréables, pas de monde.

Baignade. Repas. Marché nocturne a santa teresa. Gelati. Portion congrue.

Mercredi 8.
Depart pour alghero. 2h20 de route. Chercher une excursion pdt le trajet. Brumeux, un peu nuageux par endroit. Traversée de Sassari. 2ème ville de sardaigne. Sale, cassée. Dans son jus. Beaucoup de circulation.
Alghero. Ruelles. Rampart. Cathédrale à colonne. Ville du corail. Temps couvert. Repas. Tentative de randonner dans le parc pour descendre les marches jusqu’à une grotte. Impossible. Il faut payer la grotte ou rien. Pas de rando non plus car trop tard. Le parc naturel est payant sinon tout est barricadé. On se rabat sur une plage, baignade, pot et retour. C’est bien l’Italie, aguicheur, mais rien derrière si on sort des sentiers battus.. En l’occurrence prendre le bateau pour la grotte avec la foule.
Retour par une variante du trajet. Beaucoup de route pour pas grand chose… Déçues.

Jeudi 9.
Le temps est maussade. Léger vent, qes gouttes de pluie. Le ciel est gris et brumeux. Depart pour san pantaleo. Marché artisanal. Tissage, création en tout genre. Énormément de monde. Pb voiture. Jolie ville dominée par une barre de rochers. Repas à la pompe. Paninis. Randonnée en boucle autour d’un rocher qui domine. Chemin dans la garrigue, pierres, vues magnifiques sur les rochers, les collines. grimpe jusqu’à avoir une vue a 360, sur la côte smeralda. Le soleil s’est levé, il fait beau, on profite des couleurs de la mer en bas. Glace au retour.
Côte smeralda en voiture. Splendide. Route panoramique. Yachts. Voiliers. Fric. Baignade sur une plage. Vagues et eau assez bonne. Des panoramas à couper le soufle. Même si les photos ne rendent rien. Dernière soirée. Content de nous cette fois ci.
Vendredi 10. Depart. Il pleut. Foutu pour la balade ou la baignade. 2h a tuer entre le petit dej et le repas de midi !

Nostalgie

Comme il me manque ce temps où je vous voyais chaque jour. Où l’on se retrouvait devant un café, un repas ou dans un bureau. Comme autrefois nos camarades d’école dont on se séparait seulement pour mieux se retrouver après les vacances. Comme une classe qui durerait plus de 30 ans. Et puis, l’une après l’autre, vous avez quitté l’école. Bien sûr que nous nous voyons de temps en temps, mais comme il me manque ce temps où l’on se voyait chaque jour. Comme j’aimerais qu’il revienne.

3 Octobre – 2021

La voix de Lilie

Hier matin j’avais 10 ans. Trop réfléchie déjà. Je me disais, demain matin je vais me réveiller, j’aurai 60 ans. La journée est passée. Ce matin j’ai 60 ans. Je ne réalise pas encore. Mon âme, mon corps ne peuvent pas avoir un tel âge. Il serait facile de dire comme beaucoup le font, moi l’âge, ça m’est égal, je n’y pense pas. Moi j’y pense. Au temps qui s’amenuise, aux jours qui défilent sans pouvoir les arrêter, sans même se rendre compte qu’ils sont déjà passés, aux douleurs qui arrivent, que je refuse.

Le temps est maussade, comme mon humeur. Il pleut, le ciel est bas, sans lumière.

C’est dit. Ce jour là n’est pas à fêter.

Mon mari l’entend différemment. Il m’emmène, la veille, passer la soirée et la nuit dans un bel hôtel spa. Pour créer un joli souvenir. Passer le cap en douceur, dans l’eau chaude et les bulles. Il sait que j’aime ça. Quelle jolie attention. Pas loin de chez nous et pourtant une impression d’être partis en week-end.

Le lendemain, après un bon petit déjeuner et une séance de piscine, nous rentrons à la maison. Les enfants ont préparé le repas. Que je crois.

A la maison, surprise. Tous mes amis les plus proches sont là. Toutes les Graines, quelles cachottières, je les au vues vendredi dernier et pas une n’a gaffé, bravo. Ma soeur venue de loin, mes amis, mes enfants, mes petits enfants. Alors cette journée que je craignais s’est changée en fête, musique, chaleur, amour. Tellement d’amour autour de moi. Oui, je ne suis plus seule. Cette journée restera belle dans mon cœur. Merci mille fois mon mari d’avoir tout organisé et d’être toujours à mes côtés, merci les Graines d’être toujours là pour moi.

Voilà, Graine, j’ai mis un peu de temps pour venir relier ma voix à la tienne. Ces derniers mois ont été difficiles et les larmes me montent trop facilement aux yeux en ce moment. En plus, j’avais cassé le site…. Cette journée précieuse, votre présence, vont m’aider à remonter la pente, je l’espère, je le souhaite.

20 Août – Vendredi

La voix de Lilie

Au réveil les nouvelles sont bonnes, Bb a bien dormi et n’a plus de tuyaux branché. Il s’alimente seul, petite dose par petites doses. Ça fait du bien après la journée d’angoisse que nous avons vécu hier. Les parents peuvent commencer à profiter du bonheur de cette naissance. Mon fils a envoyé des photos. En cette période covid, voilà notre seul lien avec notre petit fils. Pour les autres naissance, nous nous étions tous précipités à la maternité, là il faut attendre leur sortie pour le voir et le prendre dans nos bras. Une naissance, ça va, mais pour le reste quelle période inhumaine. Les malades, les mourants se retrouvent abandonnés à leur sort dans les hôpitaux avec très peu ou pas de visites. Comment accélérer la guérison dans ces conditions où l’on rajoute la, souffrance morale à la souffrance physique.

Après une bonne heure de détente dans le spa, départ pour la maison. Je profite du trajet pour appeler amies, famille, et prendre des nouvelles des uns et des autres. Le trajet passe plus vite ainsi. Mon fils envoie des photos et des discussions démarrent sur whatsapp.

A notre arrivée, je fonce dans le jardin où mes plantations du printemps ont disparues sous les hautes herbes. En attendant que mon fils finisse le ménage de son mois de célibat, j’arrache les herbes pour retrouver mes fleurs. Certaines ont bien pris, d’autres ont disparu. Le mauvais temps et le manque d’entretien ont abîmé beaucoup de plantes. Je suis triste pour elles. En même temps ici, je veux dire chez moi, rien ne pousse ou presque. Un mois de vacances et tout est moitié mort. La vigne si belle l’an dernier est jaunâtre, les raisins atrophiés, le buis mangé par les chenilles, la clématite mourante, les boutures de rosiers mangées par les bêtes. Dedans, le manque d’eau a eu raison de quelques boutures. Bref. J’arrive à peine et ça me dégoute. Pourtant il fait beau, ce qui est déjà très bien.

Je m’occupe de mon chat qui a également souffert d’un manque d’entretien… Elle est heureuse de me voir, me fait plein de calin. Je la brosse et lui coupe toutes les bourres de poils qu’elle a sur le dos. Ça fait un trou mais que faire, c’est inextricable. Elle a des boutons d’allergies, je lui remets du produit à puce. Je verrai demain pour traiter mieux. Je vais la laisser tranquille pour ce soir.

Nous partons ensuite pour aller embrasser notre fils en bas de la clinique. Nous discutons un moment des 2 journées intenses qu’ils viennent de vivre. Puis nous repartons en passant par la pizzeria du quartier pour manger un morceau avant de rentrer.

Je refais le lit, une machine tourne, je fais les comptes et je termine ma journée en regardant un reportage sur le groupe Queen. C’est la première fois depuis 5 semaines que je regarde la télévision. Je vais continuer à faire à minima. Sans actualités, moins de stress, moins d’angoisse. Vivre à son rythme, en accord avec soi même, sans faire de mal à personne.

La voix de Graine

Bébé est né. Il va bien et il s’alimente bien. Qu’y a t’il de plus important? La vie est belle, Lilie. Assurément, ton absence a nui à la bonne santé de ta maison, de ton jardin, de ton chat. Mais comment faire? Tu as été absente longtemps, tu ne pouvais pas être à deux endroits à la fois. J’imagine que tu espérais mieux du gardien des lieux…

Quand je retrouve ma maison à la campagne, j’ai souvent des mauvaises surprises. Sans aucun doute, un lieu de vie a besoin de présence, de soin et d’amour, tout comme nous, mais nous sommes bien obligés d’établir des priorités…

Ce vendredi, je démarre par le ménage, je termine le nettoyage de mes vitres et enfin je sors faire quelques courses en préparation de mon départ et aussi quelques courses alimentaires.

Cet après-midi, je vais passer un moment dans ma résidence d’handicapés. Ici aussi, ça sent les vacances. La télévision est allumée, les activités sont a minima. Pas de sortie prévue, nous sommes trop peu nombreux. Je montre des photos de mes petits et de mes vacances. Eux me montrent des photos de leur sortie à Thoiry. Une employée prépare la valise d’un résident. Certains d’entre eux ont la chance de partir en vacances, mais c’est loin d’être le cas de tous.

Une nouvelle résidente est arrivée. Elle remplace un résident qui est parti dans un autre établissement du même groupe. La nouvelle résidente est jeune, bien plus jeune que la majorité des résidents du centre. Elle a de beaux yeux clairs et une mine enjouée. Plus mobile, plus autonome, elle amène un coup de jeune au groupe. Ma résidente favorite n’est pas là. Elle est allée voir sa Maman atteinte d’Alzeihmer à la maison de retraite.

Nous jouons au ballon, sortons sur la terrasse profiter du soleil. Je tente une lecture, mais ça ne prend pas vraiment…

Ce soir nous sommes invités chez ma copine. Elle et son mari vont partir dimanche ou lundi pour le tarn où ils vont habiter chez nous à la campagne. Notre maison est une vieille maison avec des installations qui ne sont pas sécures. Je ne suis qu’à moitié rassurée, mais je suis contente que la maison puisse accueillir des occupants. Une maison, c’est fait pour ça. Ce n’est pas fait pour rester vide.

Quand nous rentrons de notre soirée, la lune, pleine nous accompagne tout au long du parcours. Je réalise avec plaisir qu’aujourd’hui, j’ai fait tous mes trajets à vélo. Ma tendinite de De Quervain n’est plus qu’un mauvais souvenir. Quelle chance! Par contre, j’ai attrapé un « je ne sais quoi » qui me fait me gratter. C’est insupportable et ça commence à durer. Pourquoi faut-il qu’il y ait toujours un grain de sable qui nous pourrit le quotidien!

18 Août – Mercredi

La voix de Lilie

Chaque soir elle grossit, chaque soir je la regarde traverser la fenêtre. Elle met moins d’une heure à passer d’un côté à l’autre. Je ne pensais pas qu’elle voyageait ausdi vite. Ici on peut dormir fenêtre grande ouverte et j’adore cette sensation de respirer dehors lorsque je m’endors. C’est le dernier soir où je peux en profiter, demain nous repartons vers le nord avec une escale à Lyon. Je connais l’hôtel, on ne dort pas le nez au vent.

Le mistral s’est levé depuis 2 jours, et aujourd’hui il est particulièrement fort. La piscine à perdu 5 degrés et personne n’a envie de s’y baigner, les cigales ont arrêté de chanter. On sent que l’été fait une pause et qu’il est temps de rentrer. J’angoisse un peu de laisser la maison car elle a toujours été habitée, puis je pense à ta maison Graine, et je me rassure en sachant que tu la retrouves toujours en bon état. Mon neveu n’est pas loin, ma sœur pas trop non plus. Ainsi va la vie. Son créateur, son père, mon père est parti.

Ce midi nous avons déjeuné mon frère, mon mari, ma mère et moi dans une brasserie de la ville. Puis nous sommes allés prendre le café à la maison. C’est la première fois que ma mère y revient depuis son déménagement il y a 20 ans. C’est émouvant pour elle de revoir ces lieux, de découvrir des endroits qui n’ont pas changé, d’autres aménagés différemment, du mobilier inconnu. Nous ne voulions pas repartir avant de l’avoir amenée.

Ce soir, dernier repas chez ma cousine avec son fils et sa femme, mon frère, mon neveu, mon mari. Une belle brochette familiale pour une plancha party. Le temps s’écoule vite. Je sais qu’il faut rentrer. Je n’ai juste pas envie.

Côté bb, les choses bougent un peu. Ils ont intégré la maternité suite à la perte des eaux. Mais toujours aucune contraction 2 jours après le terme.

Le temps de cet article, la lune est à mi parcours de la fenêtre. Il me reste encore du temps pour l’admirer.

La voix de Graine

Ce matin, je me lève sur un jour gris, une journée vide. Des choses à faire, j’en ai plein, mais il n’est pas question de remplir la journée de choses insignifiantes et sans intérêt. Mon moral n’y survivrait pas. Je sors pour m’aérer, j’achète le pain. Je me fixe comme objectif de ma journée de préparer mon sac pour partir. C’est une tâche concrète, une manière pour moi de me mettre dans les starting block du départ .

Un coup de fil de ma copine, et je prends mon vélo pour aller faire une balade avec elle autour du Port de l’Arsenal. Nous parlons de nous, de l’été, de nos activités estivales. Elle revient d’un séjour sur l’île de Batz avec des adolescents. Un séjour fatigant, mais riche.

Je rentre tard, déjeune sur le pouce. Et je me mets à la préparation de mon sac. Je veux partir légère, éviter d’emporter « je ne sais quoi » pour « le cas où ». Je pèse mon sac, il fait 6,5 kg. Je suis contente de moi, mais je dois rajouter tout de même de la crème pour les pieds notamment et quelques autres choses incontournables. Mais c’est comme quand je peins, je dois apprendre à m’arrêter, ne pas me perdre dans une multiplicité d’objets hétéroclites qui pourraient s’avérer utiles si …Le coupe-vent, la doudoune, la couverture de survie font d’ores et déjà partie des objets exclus.

Ce soir, j’ai rendez-vous avec deux graines. Nous allons dîner dehors, avec les conjoints. Ici, pas de lune à observer. Depuis ce matin, le ciel reste obstinément gris. Cependant, il ne fait pas froid. Nous mangeons dehors, Cour St Emilion, côté jardin. C’est bon et les serveurs sont sympathiques. Un désagrément cependant, proche de nous, il y a une plaque de métal mobile qui résonne et bouge en faisant un bruit épouvantable dès qu’un vélo ou une voiture passe dessus. La ville c’est comme ça, même côté jardin, il faut faire avec le bruit.

13 août – Vendredi

La voix de Lilie

Il fait très très chaud aujourd’hui. La canicule est prévue pour 4 à 5 jours. Les nuits sont trop chaudes pour bien dormir. Même toutes fenêtres ouvertes, un mince filet d’air frôle mes jambes de temps en temps. Je me suis endormie tard, je me lève tôt.

Le voisin nous a donné des oeufs frais, et chaque matin je me fais un œuf coque avec des mouillettes au petit déjeuner. C’est délicieux, pour commencer la journée.

Avec cette chaleur, je passe beaucoup de temps dans l’eau ou au bord de la piscine. Je lis une revue ou 2. 2008, l’élection de Barack Obama, 40 pages spéciales, 1987, Isabelle Adjani dément les rumeurs de sida. Des publicités pour des voitures depuis bien longtemps parties à la casse ou des téléphones portables dernier cri, aux oubliettes. On devrait lire plus souvent ces anciennes revues qui montrent combien ses produits vantés sont dépassés et comprendre combien le seront aussi ceux vantés aujourd’hui.

Ce soir il y a un spectacle sur la place de la mairie. Nous avons réservé une table de 6 au restaurant sur cette même place pour faire diner spectacle. Au programme, un show de 2h30 sur les chansons des années 80, 90. Cette musique a le don de mettre l’ambiance et de donner la pêche. Malgré la chaleur, je vais danser un moment pour profiter pleinement de la musique. Je ne peux pas rester assise comme le font beaucoup de spectateurs. Cette musique se danse. Ensuite évidemment je suis en nage et je bois des litres d’eau. Nous rentrons vers 1h du matin. Le ciel est dégagé, je guette un moment les étoiles filantes, mais non, je ne vois rien. Peut-être aussi que ma vue a baissé.

Ce soir je pense beaucoup à mon père. Certaines images ont du mal à partir de ma mémoire. Je sens quelquefois sa présence. J’aurais aimé qu’il me dise qu’il nous laisse sa maison, je me serais sentie plus légitime, mais il n’était pas du genre à parler. Il n’a rien dit pendant tout ce temps où il s’est vu descendre vers la fin. Je sais ce que j’aurais à faire et à dire à mes enfants le moment venu si j’en ai le temps. Peut-être même que je l’écrirai d’avance, au cas où. Quelles idées bizarres avant de dormir. Sûr que ça va faire de l’insomnie ça.

La voix de Graine

Dernier jour de stage, j’en profite. Je m’installe dans le parc pour peindre sur une feuille emn format demi-raisin. C’est si beau ici.

il y a le bleu du ciel et de la mer, les pins parasols, les cyprès, les oliviers, les orangers, les agaves, les laurier-roses…Ce n’est pas en région parisienne que je vais retrouver ces couleurs, dominantes vert et bleu, avec quelques soupçons d’oranger, de rose, de rouge, et des gris aussi. J’aime les gris quand ils sont lumineux comme ici. Une dernière fois, je veux m’en mettre plein la tête. C’est compliqué de peindre dehors. Le soleil tourne sans arrêt, et se mettre à l’ombre est indispensable. Le soleil cogne fort ici encore plus aujourd’hui. La chaleur est écrasante.

Après le petit déjeuner, nous avons fait le choix des oeuvres pour l’exposition de ce soir avec notre professeur. Ce matin, et en début d’après-midi, elle fait l’accrochage avec l’aide de quelques-uns pendant que les autres, dont moi, dessinons ou peignons encore.

Une fois l’accrochage terminé, nous descendons à la plage toutes les deux, mon professeur et moi. La baignade nous rafraîchit, nous fait du bien. Nous remontons vite car nous avons rendez-vous au théâtre du centre avec le directeur. Il il nous explique la création du centre et du théâtre. Il nous parle du fondateur, Jean Moreau, de Jean Cocteau qui est l’initiateur et le concepteur du théâtre. Tous deux hellénistes éclairés, hommes de culture portés par leur envie d’éduquer et de faire progresser les jeunes, ont conçu et construit ce lieu magique. A écouter le directeur, nous sommes une majorité de seniors, question de jauge, les adolescents ne sont pas présents. Initialement, le centre a été crée pour favoriser la rencontre, le partage et l’éducation des jeunes. En fait, quand nous apprenons, nous restons jeunes.

Après le théâtre, nous nous rendons â la cantine où a lieu le vernissage. Du rosé et du jus de fruit nous accueillent. L’une d’entre nous fait un discours. Nos œuvres sont là, exposées sur le mur du fond de la cantine, au dessus des dessins inspirés de Cocteau.

Après le repas du soir, nous repartons au théatre assister à la représentation des stagiaires de l’atelier théâtre  » La dispute » de Marivaux.

Après le spectacle, à nouveau, nous repartons en direction de la plage avec quelques uns. Je me contente de me mouiller les pieds, et en les écoutant nager, j’écris mon blog qui,comme le sable et l’eau sous mes pieds, glisse et s’évapore. Je n’ai pas dû publier correctement…A refaire, mais pas ce soir, il est vraiment trop tard et je suis épuisée de cette journée riche. Comme toi Lilie, les nuits sont courtes ici; il fait tellement chaud.

30 Juillet – Vendredi

La voix de Lilie

Comme chaque matin je me réveille vers 7h. Le réveil est réglé sur 8h, mais impossible de me rendormir. Depuis que je suis ici, je n’arrive plus à dormir tard comme avant. Même en me couchant à des heures indues. Alors je me lève, je me prépare et je pars télétravailler le matin.

Mon corps accuse le coup des traumatismes psychologiques de la semaine dernière. Toutes ces images qui me hantent. D’autres traumatismes vont suivre. S’immiscer dans l’intimité de son parent en ouvrant tous les tiroirs, les armoires. Regarder ses photos, ses papiers. Pourtant il faut bien le faire pour trouver les informations dont nous avons besoin et plus tard pour vider la maison.

Les formalités d’obsèques sont règlées, nous avons eu du mal à trouver comment habiller mon père. Depuis plusieurs années il ne mettait plus que des tee-shirts défraîchis et des joggings. Les pompes funèbres l’ont ramené dans la cours de sa maison avant de le déposer en chambre funéraire. Mon frère, ma soeur et y moi sommes allés le en fin de journée pour le voir. Il ne se ressemble plus. C’est vraiment fini.

Entre deux formalités, nous prenons le temps de nous baigner et de nous détendre un peu en famille. Neveu, nièce, cousine, bébé passent. Il y a des rires, des larmes.

Le soir nous dinons tous ensemble, mon frère et deux de ses enfants, ma sœur et sa fille, mon mari et moi. Nous évoquons nos souvenirs d’enfance, bons et mauvais. Nous finissons la soirée en cherchant des photos de mon père pour les mettre à côté de lui. Cela me donne des bouffées d’angoisse de rentrer dans son intimité sans lui. De regarder le contenu des armoires, des bureaux. On part de sa vie en laissant tout tel quel comme si on allait revenir. Tout est là. Sauf lui. Ce n’est rien de dire « on n’emporte rien avec soi », on est venu au monde sans rien, on repart sans rien.

La voix de Graine

Tes nuits sont courtes, Lilie, c’est le moins qu’on puisse puisse dire. Mais tu vis un moment tragique et important. Ce n’est pas rien de voir partir son parent. On a idée qu’on connaît ses parents, mais dans les faits, nous en connaissons des facettes. Quoiqu’on ait vécu avec eux, une partie de leur intimité nous reste étrangère.

Lorsque mon père a fait son AVC, il nous a fallu vider sa maison car il était en location et son état était irréversible. Il n’est mort que quatre ans plus tard, mais suite à son AVC, il était très diminué. Il n’était plus le même. Nous avons fait le tri de ses affaires avec ma soeur. Il gardait tout. Je suis tombée sur des lettres que je n’aurais pas dû lire. J’ai gardé ses agendas et des papiers, dans l’idée d’écrire un jour. Je ne pense que ce jour arrivera. C’est trop difficile. Il faudra bien que je me résolve à brûler ces papiers.

Aujourd’hui, ce n’est pas la forme, je me traîne. J’ai enchaîné quelques jours assez actifs, et voilà, je dois me poser à nouveau. Je fais le minimum, les tâches courantes. Mon mari est à la maison, il télétravaille.

Cet après-midi, je ne vais pas rendre visite à mes handicapés. Il y a une fête à l’établissement pour le départ d’un résident. Je les laisse entre eux. Je profite du temps libéré pour vider mon portable. Je suis loin d’en avoir fini, il y a du monde, mais je dois absolumment le faire avant mon départ sur le chemin en septembre.

En fin début de soirée, mon mari me propose d’aller manger une pizza. J’accepte sans enthousiasme, mais je me dis qu’une sortie ne peut pas me faire du mal. Je ne finis pas ma pizza et pourtant c’est trop. Mon estomac se révolte dès notre retour à la maison. J’aurais dû m’écouter davantage. A 21 h, je suis au lit.

Prend bien soin de toi Lilie. Sois à l’écoute de ta fatigue et de tes ressentis. Bientôt, tu seras à nouveau Mamie…

22 juillet – Jeudi

22 juillet – Jeudi

La voix de Lilie

Chaque jour il sombre davantage. Chaque jour je pense que ça ne peut pas être pire, chaque jour ça l’est. Son corps se détraque de tous côtés. Ses pieds et mains sont froids. Il n’est presque plus là. Son regard bleu se voile. Pourtant il ne dit rien ou pas grand chose, ne serre pas ma main. C’est peut-être le dernier jour où je le vois en presque vie. Ou pas.

Ce soir je rentre dormir chez lui, dans ma maison d’enfance, dans ma chambre. Après 20 ans. Ils ne sont plus là, lui à l’hôpital, elle partie avec ses enfants. Curieuse sensation, d’usurper ce lieu qui pourtant a été mien tant d’années.

Toute cette souffrance me terrifie. Cette fin qui n’en finit pas de venir me ramène à ma propre fin. Voir ce corps décharné et douloureux me panique. C’est lui qui m’a faite, je suis faite comme lui. Et je ne veux pas de cette souffrance, pas voir mon corps se déliter. Qui décide ?

La voix de Graine

Aujourd’hui, il va faire chaud, très chaud. Dès 9 h 30, je pars courir avec le copain de mon mari pendant que ce dernier télétravaille et que l’épouse se prépare. Une heure d’un petit footing avant la grosse chaleur. Comme d’habitude, nous courrons sur le chemin du train, à l’ombre pratiquement tout le temps. Un point d’eau nous permet de nous rafraîchir.

Après le jogging pépère, c’est seulement la 2ième fois que je cours depuis que nous sommes à la campagne, le copain me coache pour les étirements post course. Je me laisse coacher avec plaisir. Je complète son coaching de quelques mouvements d’assouplissement sur lesquels il m’accompagne volontiers. Pendant ce temps, son épouse épluche l’ail qu’il a glané hier.

Une petite virée au village pour quelques courses au village avec Madame, je rentre finir de préparer le repas, et c’est déjà l’heure de passer à table.

Après déjeuner, la chaleur est au max. Mon mari et ma fille au télétravail, mes amis à la sieste, je me pose et je me repose. Ce soir, sur proposition de mon beau-frère, nous avons réservé un apéro concert dans les vignes. En préparation de cette grande sortie, nous faisons relâche cet après-midi.

La soirée est belle.La musique est très sympa. Du hot swing. Sur ma droite, la lune quasiment pleine éclaire un gigantesque pin. Pour le repas, cela tient plus du pique-nique que de la gastronomie, mais qu’importe, d’autant plus que le vin est bon.

21 juillet – Mercredi

La voix de Lilie

La valeur n’attend pas le nombre des années. La valeur marchande pour certains. Mon père m’avait proposé de me servir de sa voiture. Ainsi donc, je la prends pour me déplacer et aller le voir. J’adore cette petite voiture. Sa compagne me fait remarquer qu’elle est aussi à elle. Intérêt et principal, foi de carte grise ! Je lui propose de n’utiliser que la moitié appartenant à mon père ! D’autant qu’elle ne conduit plus depuis 7 ans, me dit elle. Cet après-midi je peux aller voir mon père. Elle, ses enfants l’emmènent chez eux puis certainement en hepad plus ou moins provisoire. Je propose à son fils de l’emmener voir mon père car ce sera peut être la dernière fois. Elle reste une heure, sur les 3 autorisées puis décide de repartir. Nous avons fait notre BA. Ils ont pu se dire, ou pas, au revoir. Je rentre à mon tour dans la chambre. Mon père est au bout du bout. Il en a marre. Maigre, douloureux, épuisé. Plus maigre encore, il ne peut plus manger. Il est sous perfusion et sous oxygène. Il a du mal à parler, à dormir, à respirer. Il me dicte quelques consignes pour après. Il sait bien que la fin est proche. Au moment de partir, il me dit : et puis tu laisseras la voiture à ma compagne. Mesquinerie quand tu nous tiens ! Je lui réponds que bien entendu je lui laisserai (son bien précieux), par contre, dans l’état où elle est, elle ne prendra plus jamais le volant ! Peut-être est-ce donc la chose importante qu’elle a trouvé à lui dire en ce dernier jour. Voilà pourquoi j’ai toujours (ad…) détesté cette femme vénale.

Je repars sonnée par la vision de l’état de mon père. Heureusement mon beau frère m’invite pour une soirée tapas en terrasse dans une jolie ville voisine. Nous passons une agréable soirée à discuter de tout et de rien, du temps qui passe, de notre jeunesse et ses folies, des souvenirs effacés, de la vie de la mort. J’aime ces moments qui sortent du cadre, moi seule, lui seul, nous n’avions jamais eu d’occasions de rester comme ça.

Demain mon mari me rejoint. Cette semaine solitaire est passée si vite. J’aurais aimé un peu plus de temps…

La voix de Graine

Oui, les personnes ne se bonifient pas toute avec l’âge. C’est comme le vin…Les bons sont encore meilleurs et les mauvais sont pires. C’est un constat que j’ai déjà fait à maintes reprises. Je compatis, Lilie. Je suis triste pour toi et pour ton Papa. Tu vas être contente de retrouver ton mari. L’accompagnement d’un proche en fin de vie n’est pas simple, et sa compagne s’est désistée!

Aujourd’hui, pour moi, c’est relâche, partielle du moins. Mon mari a emmené ses amis en balade. J’ai une partie de la journée pour moi. Bien sur, il faut faire les courses, préparer les repas, contacter mon dentiste. Mais je fais tout à mon rythme. Après le déjeuner, je fais une grosse pause en mettant au chaud le côté gauche de mon dos qui est encore douloureux.

Je prends le temps d’appeler les copines. L’une est en train de passer la frontière italienne. La 2ième est en train de se chercher des lunettes de soleil. La 3ième est occupée, elle me rappelle plus tard. Je me déculpabilise. Comme moi, le quotidien ou les vacances grignotent leur temps. Le plus tard pour moi n’existe pas, le téléphone ne passe pas. Ce n’est pas grave, nous nous rappellerons une autre fois. Et toi, Lilie, je n’ose pas t’appeler, par peur de te déranger.

Je prends des nouvelles de mon frère. Quand il vient à la maison, je lui fais prendre un bain, il adore. Quelqu’un m’a questionné l’autre jour au sujet de la sonde. Il a une sonde urinaire. Ses reins ne fonctionnent plus comme il faut. Moi, je ne suis pas du corps médical. Je ne m’étais jamais posée la question. Elle est pertinente. Je questionne l’animatrice qui va se renseigner. A priori, ce n’est pas incompatible, mais il y a une procédure à respecter. Mon frère commence à perdre son autonomie. Il ne peut pas faire grand chose. C’est bien dommage qu’il ne puisse pas profiter de bains dans son établissement. Et en plus, l’animatrice me dit qu’il y a une balnéo. Je pousse une porte qui me plaît. Si je peux un tout petit peu améliorer le quotidien de mon frère …

Ce soir, repas sur la terrasse, et ensuite, entre filles, nous jouons au labyrinthe tandis que les garçons vont glaner l’ail dans la nuit tombante.

20 juillet – Mardi

La voix de Lilie

Je suis réveillée par un appel de mon père. Il est malheureux, tout seul. Les visites toujours interdites malgré la vaccination. Je ne sais comment le consoler. Il n’y a rien à dire. Son état est stationnaire.

Je décide de faire un jogging pour aller de chez ma mère à chez lui en faisant le grand tour que nous faisions enfants pendant les soirées d’été. J’ai pris mes affaires dans un sac à dos, serviette, maillot, papiers et bouteille d’eau. Je n’ai pas l’habitude de courir chargée comme ça et il fait déjà très chaud. Je cours difficilement. Au bout de 20mn, je m’arrête pour boire, puis je repars. J’insiste mais le corps ne suit pas. Je m’arrête un peu plus loin, à bout. J’ai fait moins de 4km, une misère. Je bois encore un coup et je finis en marchant. Trop fatiguée, lasse, faible.

Arrivée chez mon père je prends un bon bain dans la piscine pour me raffraichir et retrouver de l’énergie. Puis je rentre chez ma mère pour le déjeuner en marchant.

Je retourne en voiture en début d’après-midi pour me poser tranquille au bord de la piscine. J’en profite pour passer quelques coup de fil. Je mets trop longtemps à me décider à appeler mes amis. Je laisse passer les jours, les semaines. Lassitude. J’ai décidé de faire au jour le jour. Tranquillement.

Je finis l’après-midi chez ma cousine. J’ai juste changé de bord de piscine !

J’ai pu avoir mon père plusieurs fois aujourd’hui et même lui passer sa compagne. Le médecin m’a donné des nouvelles peu rassurantes. Seule bonne nouvelle, les visites rouvrent, je pourrais aller le voir demain.

La voix de Graine

J’espère que tu vas pouvoir rendre visite à ton Papa dès demain, Lilie et tu pourras lui remonter le moral pour faire face au mal qui le fait souffrir. C’est normal que tu n’aies pas d’énergie pour appeler tes amis. Tu donnes tout ce que tu as pour ta famille. Les ami-(e)-s aussi peuvent prendre leur téléphone….

De mon côté, je ne me confronte pas à des situations aussi exigeantes en terme d’énergie. Pourtant, je ne trouve pas la force ni pour appeler les amis, ni pour courir d’ailleurs. Le quotidien m’épuise et j’ai toujours cette douleur dans le haut du dos à gauche. De temps à autre, il faut accepter de vivre au jour le jour. Le corps réclame un répit. Côté moral, la lassitude n’aide pas. Que faire d’autre qu’accepter de lâcher, de se reposer avant de repartir le plus vaillamment possible.

Ce matin, mon mari va courir. Je gère l’administratif et aussi la mise à jour du site jacquaire. Cela fait quinze jours que je ne me suis occupée ni de l’un ni de l’autre. Mon mari rentré et douché, je l’envoie faire les courses. Nous avons du monde ce soir, un couple d’amis à lui, quasiment de la famille. Ils connaissent la maison. Ils sont venus plusieurs fois. Mais là, ils vont rester plusieurs jours, avec nous. Cela fait beaucoup pour moi: la fille, le chien, les amis, ma petite fille qui va rentrer un de ces jours avec son papa…A partir de jeudi, mon mari reprend le télétravail, pour deux jours. Le week-end à suivre, nous remontons at home.

Dans l’après-midi, une faisons la pause gourmande: glace et bière, dans notre café favori, au village. Des musiciens sont en train de répéter pour le concert du soir. Un moment agréable avant de se remettre aux fourneaux. Il fait chaud, très chaud, mais les matins restent frais, ce qui est sympa.

Recevoir les amis, être une hôtesse agréable, ce n’est pas toujours évident pour moi. Les amis ont à peu près notre âge. Je me rends compte à quel point eux aussi ont besoin de se poser. Il ont des problèmes de santé. Pour elle, un problème de poids, et actuellement un excema qui lui recouvre entièrement le corps. Ce dernier lui provoque des démangeaisons permanentes. Le diagnostic est posé. Pour la cause, cela pourrait provenir du confinement! Pour lui, c’est le diabète. Il a décidé d’arrêter l’alcool. C’est une sage décision. Notre repas s’éternise. La soirée est fraîche. Soudain, sous la langue, je sens rouler une de mes dents. C’est une dent sur pivot qui est sortie de la gencive…

16 Juillet – Vendredi

16 Juillet – Vendredi

La voix de Lilie

L’expression « ça tombe à l’eau » prend tout son sens cette année. Tout ce qu’on fait habituellement l’été est noyé. Tient, il y a même un champignon qui a poussé dans le jardin. Pourtant un léger mieux aujourd’hui. Le ciel s’est ouvert par endroit et un peu de ciel bleu est apparu. La température monte légèrement, nous avons même entendu quelques cigales chanter sur les bords de l’Isère.

Pour continuer à croire en cet été qui va arriver, peut-être demain, peut-être plus tard, qui le sait, j’aide ma sœur à nettoyer la piscine. La pluie et le manque de baigneurs pour brasser l’eau destabilisent son fragile équilibre et des algues vertes tapissent le fond et les côtés. Pendant que ma sœur travaille et que ma mère se repose, je désherbe autour. Voilà, l’endroit est prêt pour les vacances.

Après quelques courses en ville, nous prenons l’apéritif sur la terrasse. Puis le temps le permettant, nous mangeons dehors. Une petite veste s’impose, mais elle permet aussi de faire barrière aux moustiques qui n’attendent que la chaleur pour faire un festin des bras et jambes découverts.

La voix de Graine

Ce matin, le temps est comme hier, couvert, mais sans pluie. Et de temps à autre, le soleil pointe son nez.

Je réveille mon frère doucement. Nous avons une virée prévue avec les voisins du côté de Cordes, je ne dois pas trop traîner. Toilette, bain, petit déjeuner, mon frère prend ses aises et cela me fait plaisir. Je ne le prends pas si souvent. Installé dans le fauteuil, il n’a pas trop envie de bouger; il serait bien resté un peu plus longtemps à la maison. Je lui vole une petite heure de bien être, mais de toute manière, je ne le garde jamais plus de 24 h. Après, c’est trop pour moi et pour mon entourage.

Nous déposons mon frère dans son centre en fin de matinée. C’est presque sur notre trajet. Nous en profitons pour cueillir des mirabelles aux abords du parking. Nous sommes invités à déjeuner chez le frère de notre voisine. Nous arriverons au delà de midi, mais j’avais prévenu. Avec mon frère, je ne pouvais pas faire plus vite.

Une maison de rêve dans une campagne luxuriante, un repas délicieux. Nos hôtes sont agréables et charmants. Après le déjeuner, nous partons pour une balade, à la recherche des sarcophages. Après les sarcophages, les dolmens. Après les dolmens, la cabane de berger. Nous déambulons à travers des forêts de chênes de causses. Malgré l’insistance de ma voisine, ils ne nous livrent pas leurs lieux à cèpes à tête de nègre. Ils en ont ramassé ces derniers jours, beaucoup, des dizaines de kilos, mais nous n’en saurons pas plus. Nous ne verrons pas non plus les sarcophages qu’ils ont sur leur terrain. C’est trop loin. Nous sommes ici chez des propriétaires terriens. A l’issue du partage entre frères et soeurs, ils ont hérité d’une trentaine d’hectares, des bois de feuillus surtout, dont ils doivent gérer la coupe. Des préoccupations qui nous dépaysent. Nous n’avons pas les mêmes. A marcher, nous avons chaud. Ce n’est pas la grande chaleur, mais nous bénéficions tout de même de soleil de temps à autre. Et les cigales s’en donnent déjà à coeur joie.

Nous partageons un dernier verre avec leur fille et son compagnon, avant de repartir chez nous manger les cèpes qu’ils nous ont donnés. Chez les voisins, la soirée s’étire jusqu’à tard dans la nuit.

9 juillet – Vendredi

La voix de Lilie

Il fait très beau aujourd’hui. Une belle journée d’été. Lorsque je me lève, une odeur de pain grillé et de café monte de la cuisine. Petit fils se réveille à mes côtés et nous descendons tous les deux. La table est joliment mise pour un petit déjeuner sur la terrasse.

Je me reveille, petit fils à côté de moi, dort encore. Il fait gris, comme tous les jours en ce moment. Je passe un polaire, en juillet. Petit fils se réveille et nous descendons tous les deux. La maison est encore dans le noir. J’ouvre les volets et je fais le petit déjeuner.

Nous nous lançons dans la peinture, il reste une heure avant que je regagne l’étage pour télétravailler. Fils revient déjeuner ce midi.

Après le temps calme, nous partons voir une exposition pour les enfants, puis nous passons une heure dans un parc. Petit fils se défoule dans les toboggans et apprend à grimper sur des ponts suspendus.

Hier, lorsque j’ai taillé un arbuste fleuri dont une branche dépassait, petit fils a voulu récupérer la branche pour l’offrir à sa mère. Hier soir nous l’avons mise dans l’eau car les jolies fleurs jaunes commencaient à faner. Ce soir, les fleurs sont toutes passées. Petit fils est déçu. Nous faisons un autre bouquet avec des roses rouges et une nouvelle branche de fleurs jaunes. Il est très fier de l’offrir à sa mère lorsqu’elle vient le chercher.

Après son départ, nous prenons un apéritif bien mérité sur la terrasse. Nous prévoyons enfin notre semaine de vacances. L’idée a muri cette semaine, il reste à réserver les hôtels, prévoir les trajets. Puis nous préparons ensemble un petit plat pour le dîner. Les soirées d’été sont propices à rester plus longtemps dehors pour bavarder.

Après son départ. Télé pour l’un, balade pour l’autre. Je réserve mes billets de train pour descendre dans ma famille.

La voix de Graine

C’est l’été ici, enfin, à la campagne. Pas une grosse chaleur ce matin, mais le ciel est uniformément bleu. Nous faisons une matinée cool. Je passe du vinaigre entre les pavés de ma cour pour faire mourir les mauvaises herbes. Toujours un pincement au coeur en pensant aux mauvaises herbes. Celles qu’on ne veut pas, qu’on rejette, qu’on détruit. On décide qui doit vivre et qui doit mourir. Et du coup, les mauvaises herbes sont plus résistantes, plus vivaces, plus envahissantes. Question de survie. Il y a quelques jours, sur la plage de Polille, il y avait une exposition photo sur les bateaux qui repêchent les réfugiés en Méditérranée. Des nouveaux nés qui ont vu le jour sur les bateaux, les sourires des africains sauvés…

En fin de matinée, nous partons faire les courses au village. Aujourd’hui, c’est jour de marché. Un grand mot pour quatre commerçants qui se battent en duel sur la place…Mais ici aussi, au marché, le masque est de rigueur. Nous achètons des légumes, des fruits, du poisson, de la viande, du pain. Nous faisons un petit tour à l’épicerie pour compléter.

Après le déjeuner, que nous prenons dehors, je nettoie mes vitres au rez de chaussée. Je ne suis pas contente de moi, car, malgré mes recherches sur internet, mes vitres ne sont pas bien nettes. Il y a des traces partout. Tant pis, c’est fait. Il me reste juste deux fenêtres à terminer. Je les nettoierais demain. Il est temps de partir, direction Albi. Nous allons nous baigner à la piscine chez ma soeur.

Ma sœur n’a pas la frite. Elle a mal au dos. Elle a mal au bras. C’est pour ça que nous ne nous sommes pas précipités chez elle dès notre arrivée. Mais tout de même, j’ai envie de la voir et c’est réciproque. Je suis inquiète pour elle. Son moral en prend un coup. Elle ne peut plus faire de randonnées et doit se contenter de petites marches sur terrain plat. Pour faire les gestes du quotidien, elle doit sans arrêt solliciter son mari. Ce n’est pas drôle. Bien sur, elle hésite à prendre les anti-inflammatoires, recule l’infiltration qui lui soulagerait le bras. Son toubib n’est pas très empathique. Depuis peu, le diagnostic est posé. C’est de l’arthrose au niveau des vertèbres cervicales. Et les douleurs du dos provoquent une tension, d’où l’inflammation à l’épaule.

Malgré tout, nous passons une bonne après-midi et une bonne soirée en famille. Petite-fille prend deux bains à la piscine avec son Papy, tandis que je discute avec ma sœur. Après son télétravail, ma fille nous rejoint. Il fait beau. Les moustiques attaquent. C’est l’été. La saison des grillades et du rosé bien frais.

Courage, Lilie, les vacances arrivent, et avec le sud, le soleil plus généreux. Profite bien de tes petits-enfants.

6 juillet – Mardi

La voix de Lilie

Pour la première fois depuis un mois, je prends le temps de faire une séance de gym. Mon choix se porte sur le streching. J’en ai besoin. Je me sens toute nouée, mal partout. Les étirements me détendent. Il faut que je trouve un moment chaque jour pour les faire, mais j’ai du mal à m’y mettre après ma journée ou lorsque je ne suis pas chez moi.

Ce midi nous avons été rapporter notre machine à riz qui ne fonctionne plus. Il y a à peine 5 mois que nous l’avons achetée. J’ai choisi une marque Française, fabriquée en France… La précédente machine, achetée pour presque rien dans un déstockage, avait duré plus de 10 ans. Que penser…

Ce soir, c’est le ballon d’eau chaude qui nous lâche. Bah, la période est électroménagèrement difficile.

Après le travail nous partons marcher une heure en forêt pour nous remettre en jambe. Le temps nous le permet. En forêt est un bien grand mot car nius devons rester dans les grandes allées, le reste des chemins ou des sous bois est bien trop boueux.

A partir de demain, les petits viennent à la maison. 2 ou 1 selon les jours. Jusqu’au 14 juillet. Le rythme va être élevé ! J’ai cherché, et noté des endroits où les emmener pour les distraire. L’été, les villes alentour propose des villes-plages, Emerainville plage, pontault plage…. Bref, on devrait trouver notre bonheur si le temps le permet.

Ensuite nous partirons. Ou je. Nous sommes incapables d’organiser un temps de vacances. De nous poser ensemble pour en parler. Nous avons repris nos mauvaises habitudes. Soirée télé, téléphone. Pas de projet. Pas d’idée. Pas d’envie. Pas de joie. Pas de rire. Juste des contraintes. Penser, faire et ne pas dire.

Tu vois Graine, tu es en vacances, tu vas mieux, je suis rentrée, c’est moi qui plonge. Je pense à notre village. On y est bien, au soleil sur les terrasses, la vue est magnifique. L’horizon sur les collines, le soleil couchant. On a bien choisi, on a mis le temps, mais vraiment, on a bien choisi. Notre village est merveilleux.

La voix de Graine

Notre village est magnifique, Lilie, nous y mettons le temps, mais nous allons le trouver, avant qu’il ne soit trop tard!

Aujourd’hui, nous rentrons de la mer. Un dernier bain à la plage du Racou au bout ouest d’Argeles, puis direction la campagne en mode touriste. Nous faisons un détour par la haute vallée de l’aude. Des petites routes qui tournent sans arrêt. Nous dépassons deux chateaux cathares: Queribus, Peyrepertuse, sans les visiter, avant d’arriver sur Rennes le Château. Le GPS me perd, signe que Rennes le Château est une destination bien spéciale. C’est là que l’abbé Saunières aurait trouvé un trésor qui lui a permis de restaurer son église. D’où vient ce trésor? Templiers, Cathare, Wisigoths, Blanche de Castille…Il y a plein d’autres pistes toutes aussi fantaisistes les unes que les autres. Il n’y a aucun fondement scientifique à ces hypothèses. La piste d’enrichissement la plus plausible reste le trafic de messes et d’intentions. L’abbé Saunière est parti dans la tombe avec son secret. Rennes le Chateau est devenu un lieu ésotérique très prisé des anglo-saxons. Ce n’est pas un village pour nous, Lillie, trop foldingue.

Après une pause goûter à Alet Les bains, nous partons pour notre dernière étape vers la campagne via Limoux et Castelnaudary. Alet les Bains est un village médiéval authentique. Les restes d’une abbaye en ruine en témoignent. C’était aussi une ville thermale qui possédait une usine d’embouteillage des eaux. Tout est fermé. Comme beaucoup d’autres, la haute vallée de l’aude est une région qui se meurt. Les anglais s’y étaient installés en masse. Ils ont veilli. A présent, avec le Brexit, les anglais préfèrent rester chez eux.

Nous voici enfin chez nous. Préparer un repas rapide, faire le lit pour les filles, ranger les affaires et au moment où je me prépare à faire la pause, le disjoncteur saute en privant d’électricité la moitié de la maison. Notre installation électrique est sommaire dans certaines parties de la maison. De l’eau s’est infiltrée à un mauvais endroit. Mon mari hurle, mon cerveau se bloque. Il va se coucher, j’attends les filles qui vont arriver tard, à partir d’1 h du matin. Il va bien falloir remédier à tout ça en faisant intervenir un électricien. Notre installation n’est pas encore sécure. Petit à petit, nous mettons de l’ordre, réparons, rectifions, mais il reste beaucoup à faire. Nous avons l’impression que ça n’en finira jamais, il y a tellement de choses à revoir.

Les filles arrivent enfin. Je commençais à piquer du nez. La petite me saute dans les bras. Je suis contente qu’elles soient là. Soudain, j’ai un flash. Je sais comment intervenir pour remettre l’électricité un peu partout, sans prendre de risque bien sûr. Quand mon cerveau fonctionne, tout devient plus facile. Je peux donc aller dormir, en toute sérénité.

3 juillet – Samedi

La voix de Lilie

Le temps est incertain aujourd’hui. Il fait doux, gris, de temps en temps une trouée de bleu dans le ciel. Nous décidons de braver la météo en déjeunant dehors. Repas d’été, après tout, même si l’impression est plutôt automnale, on est en été. Ratatouille, patates nouvelles, brochettes.

On a du mal à profiter de l’extérieur tellement les avions sont bruyants et nombreux aujourd’hui. Infernaux. Nos discussions à table tournent autour de ça. Autrement dit, ils nous pourrissent la journée.

Le soir nous rejoignons les graines qui participent à un gala de danse. 2 graines dansent, 3 graines spectatrices, 2 maris et 1 enfant. Nous sommes heureuses comme chaque fois de nous retrouver. Après le gala, nous partons au restaurant tous ensemble finir la soirée. Nous dinons en terrasse, il fait bon, les discussions vont bon train. Une averse tropicale nous fait prendre le dessert à l’intérieur. Nous faisons la fermeture, trop de choses à nous dire.

Ce soir, il ne manquait que toi, Graine, pour être au complet. C’est bien plus compliqué de se retrouver toutes ensemble depuis vos retraites !

La voix de Graine

Je suis contente de vous savoir toutes ensemble ce soir, les graines! Bien sûr, vous me manquez! Mais explorer l’ailleurs, c’est aussi important pour se renouveler, sentir d’autres parfums , goûter d’autres saveurs…

Ce matin, c’est le parfum et le goût du vin dans une cave au dessus de Banyuls, visite de la cave puis dégustation de Banyuls et de Collioure. Ici, les vignobles sont en pente sur des terrains schisteux. Ils dégringolent de la montagne jusqu’à la mer. Les anciens ont construit des murets perpendiculairement à la pente pour retenir la terre et des rigoles dans le sens de la pente pour évacuer l’eau et irriguer.

Pour nous baigner, sur les conseils de la caissière de la cave, nous remontons en direction de Port Vendre sur le site de Paulille. C’est un site protégé créé sur le lieu d’une ancienne usine de dynamite qui a fermé ses portes en 1984. C’est étonnant. Triste aussi. Beaucoup de gens sont morts. Manipuler de la nitroglycérine n’est pas anodin. La plage de l’usine, à l’abri d’une crique est belle et tranquille. Sur le site, un atelier de réparation de barques catalanes a également vu le jour. Sa vocation est d’aider les jeunes à se construire ou reconstruire en mettant en valeur le patrimoine.

L’après-midi, nous poussons jusqu’au Cap Cerbère. J’ai toujours été fascinée par les frontières, ces limites créées de toute pièce et pourtant bien réelles entre pays. Lieu des trafics, des passages clandestins, chemins de liberté pour ceux qui fuient leurs pays…Changement de normes et de règles entre pays. L’écartement des rails n’était pas le même entre les différents pays. A Cerbère, les transbordeuses vidaient les trains espagnols pour charger les trains français…1ère grève des transbordeuses en 1905. Elles ont eu gain de cause.

24 Juin – Jeudi

La voix de Lilie

Avant d’aller télétravailler chez ma mère, je passe vite fait chez mon père pour vérifier si les poules du voisin ont bien été sorties et si la compagne de min père va bien. Une fois tout ça sous contrôle, je repars chez ma mère pour la matinée. Je télétravaille dans la salle à manger car il n’y a pas de bureau. Ce n’est pas pratique. Il faudra que je vois comment m’installer ailleurs. Après le déjeuner je reviens chez ma cousine et je pique une tête dans la piscine avant de me remettre au travail. Cet après-midi, réunions sur réunions. Je ne m’ intéresse plus. C’est terrible et terrifiant. Ma tête et surtout mon intérêt sont ailleurs. Je n’arrive pas à me remotiver. D’autres choses m’intéresse mais plus ces projets d’entreprise. Je n’arrive plus à y déceler ce qui pourrait m’apporter quelque chose.

Le soir nous allons diner chez mon cousin. Sa fille vient aussi d’avoir un bébé, il est heureux d’être enfin grand-père à plus de 70 ans ! Avec sa femme ils vivent en quasi autarcie alimentaire. Potager, oliviers, vignes, tisanes, miel. Et un cochon partagé pour le jambon, les saucissons et même quelques patés maison. Ne manquent que les poules, le fromage et un peu de viande. Ils vivent dans un petit village, dans une maison avec vue sur le mont ventoux. S’ils n’écoutent pas les informations, ils peuvent être au paradis. Pas de violence.

Ce soir la lune est pleine. Elle se lève, majestueuse, juste à côté du mont ventoux. La vue est à couper le souffle. Nous essayons tous de prendre une photo. Hélas nos téléphones ne rendent pas la beauté que nos yeux peuvent capter. Alors nous regardons longtemps pour admirer ce spectacle de la nature.

mde

La voix de Graine

Il y a des jours où je voudrais rester muette.

Une journée qui commence sans entrain, sans envie, sans désir malgré un démarrage matinal: yoga, respiration, méditation. A 10 h, je suis sur le canapé à écouter de la musique des années 80. La loose. J’ai des choses à faire, mais pas envie de les faire. Et là, je ne suis plus dans la sphère professionnelle, mais bien dans la sphère privée! Que faire pour contrer cet ennui et ce désintérêt pour le quotidien? Partir, changer d’air, cela devient urgent…

A 11 h, le coup de fil de ma copine me tire de ma torpeur. Elle me propose une balade, que j’accepte bien sûr.

En fin d’après-midi, j’enchaîne sur mon atelier d’Arts plastiques. Sur le chemin, je fais un détour pour aller voir l’exposition d’Arts plastiques qui est en cours au Ministère des Finances. Quelques-uns d’entre nous exposent. A l’atelier, mon champ de coquelicots avance péniblement. Il peine avec moi. Mais, ce soir, c’est la fête. Après l’atelier, nous allons manger tous ensemble dans un restaurant du quartier. C’est un restaurant libanais. Je passe une bonne soirée. Je rentre à 23 h 30. Depuis combien de temps cela ne m’était pas arrivé? J’ai oublié.

Je ne vois pas la lune à Paris. Le temps est couvert.

22 mai 2021- pèle mêle

La voix de Lilie

Conditionnée. Au point de m’essuyer les pieds sur le paillasson lorsque je sors. Le seul fait de poser les pieds dessus, et hop on frotte machinalement.

Il me semble en ce moment fonctionner en pilotage automatique. Je pose les clefs, le téléphone. Je ne me souviens plus ni où ni quand. Le corps effectue des tâches sans contrôle du cerveau. J’ai du mal à accepter ce manque de concentration. Trop d’écrans, trop de choses à penser ? Ou seulement la vieillesse qui arrive et fait des trous dans les neurones ?

A la boulangerie ce midi, un couple devant moi vient chercher du pain pour 16 personnes. Anecdote sans conséquence habituellement, sauf que cette année, 16 personnes qui se retrouvent ce n’est pas courant. Une chance, ils me laissent une baguette !

La ville a repris ses couleurs, les terrasses sont bondées. Il faut dire qu’il fait doux ici et le soleil joue à cache cache avec les nuages. La vie a repris son cours, je me demande où était caché tout ce monde avant le 19. Chacun chez soi.

Lorsque vous revenez dans votre ville de naissance où habitent encore vos parents, vous faites un bon en enfance.

La voix de Graine

Une journée qui commence à 6 h 30 avec un biberon et un petit chou qui vient dormir avec nous. Il a réveillé sa cousine qui accepte de jouer gentiment dans sa chambre. Nous grappillons 2 h de somnolence au lit. Le petit s’est rendormi. Il se réveille à 9 h quand j’essaie de le remettre dans son lit. La cousine en a marre d’attendre le réveil du petit!

Quand ma fille passe chercher sa fille, le petit croit que c’est sa Maman qui vient le chercher. Déception! Quelques minutes, il repart à jouer comme si de rien n’était. Après le départ de la petite – il y a activité « musique » le samedi matin – je tente une escapade avec le petit en profitant de la sortie de mon mari pour va faire les courses. Une petite bruine me décourage de passer au square. Tout sera mouillé. Ce n’est pas cool. A défaut, nous allons voir le manège d’à côté, puis nous faisons le tour du marché, histoire de prendre l’air.

Je prépare le pistou au cerfeuil avec petit-fils sur les genoux tandis que Papy passe l’aspirateur. Avec des raviolis et du poisson frais, le repas est vite prêt. Papa appelle. Ils arrivent, les parents. Nous ne les attendons pas pour manger. Ils auront droit au 2ème service.

Ma fille nous dépose la petite en début d’après-midi. Elle va visiter des maisons…La petite préfère rester avec son cousin. Cousin qui repart avec ses parents un peu plus tard…
Affalés sur le canapé, nous nous posons et nous regardons « Kirikou et la sorcière » avec la petite. J’ai casté Youtube sur la télé avec mon portable. Le son est assez moyen avec quelques micro-coupures. Mais c’est agréable tout de même. Je joue au solitaire en parallèle. Je me sens vidée.

Puis, Papy joue avec sa petite fille au « Qui est-ce ». Je soutiens la petite en coloriant un dessin géométrique improbable. Je suis vannée. Je n’arrive toujours pas à bouger. Ma fille repasse prendre sa petite. Je ne la retiens pas. Je n’ai plus aucune énergie, même pas celle de sortir pour aller grignoter quelque chose dehors. En plus, il fait moche.

Je me laisse aspirer par les idées noires et les tâches ménagères. Demain, les enfants viennent manger. Mon mari questionne « Qu’est-ce qu’on fait à manger demain? ».J’aimerais avoir des questions autres du style « Où sortons-nous manger ce soir?  » , « si on allait au cinéma? »Mais ça ne viendra pas. Ce n’est pas le style de la maison. Je ne trouve même pas l’énergie pour ouvrir le blog. Le jeu de solitaire en boucle en regardant la rétrospective sur la Star Academy. Aujourd’hui, c’étaient les obsèques de la Mamie de nos voisins à la campagne. Un très vieille dame qui n’allait pas bien du tout. Mes voisins sont de religion protestante. Je ne sais pas comment exprimer ma sympathie. A priori, les fleurs ne sont pas de mise. J’enverrais une carte de condoléances, plus tard.

Me reposer, décompresser, sortir et rire. Pas d’autre recette pour voir la vie en rose. La ville m’étouffe.

21 mai 2021- Jour 2

La voix de Lilie

Les grilles du restaurant sont entrebaillées pour laisser la place à une table qui sert de comptoir de commande. Personne ne rentre dans la salle. Depuis plusieurs mois, ce restaurant ne sert que des menus à emporter. Chaque jour son plat. Le vendredi c’est couscous. On apporte ses propres gamelles, ou bien ses assiettes et ils les remplissent. C’est surprenant comme façon de faire, et en même temps plus écologique que des barquettes en carton qui finissent directement à la poubelle. Ils n’ont pas encore réouvert la terrasse, la formule fonctionne bien. Peut-être attendent-ils la réouverture complète. A 14h, on tire la table et les grilles se referment jusqu’au soir.

Jamais on n’aurait imaginé les restaurants fonctionner comme on a pu les voir cette année. Les normes ont volé en éclat. Est-ce que demain les consommateurs auront le choix dans les restaurants entre un déjeuner sur place ou à emporter ? Est-ce que les normes redeviendront plus strictes ? Concurrence, sanitaire et tout ce qui peut bloquer plus ou moins utilement l’inventivité.

Une année surprenante, inventive. Un nouveau chemin de vie.

La voix de Graine

Froid et averses même si les températures grimpent, un peu. Nous sommes au mois de mai tout de même! De ce côté là, la vie d’après ressemble beaucoup à la précédente.

Ce matin, mon mari se fait vacciner – Azra Zeneca et moi je bois mon 1er café en terrasse. 1er pas dans la vie d’après. Le café est bon. Le serveur est agréable et il m’amène un verre d’eau sans que je le lui demande. C’est au retour de la crèche où j’ai déposé petit fils, en retard, puis galéré pour plier la poussette – un appel rassurant aux parents pour avoir les explications! Je redécouvre la vie avec un petit. C’est épuisant et exigeant. Les derniers 3/4 de la nuit, il les a passé dans notre lit, le chanapan. Heureusement qu’il est craquant.

Je découvre ses parents, mon fils, mon tout petit devenu grand, Papa à son tour. Et ma belle-fille, Maman Poule jusqu’au bout des ongles, vernis. Quand je vais chercher le petit à la crèche, en fin d’après-midi, après mon passage dans la maison d’accueil des handicapés, un coup de téléphone. Ce sont les parents qui veulent leur petit, lui parler. Il les reconnaît, leur fait coucou, envoie des bisous sans faire de drame.

Pour ouvrir la poussette, même combat que le matin. Heureusement, un Papa qui est là dans l’entrée m’aide. Je me décourage d’être aussi maladroite. Pour autant, ça ne m’avance pas plus. Je prends le bus car il commence à être tard et le temps est menaçant. Dans le bus, le petit chante, la la la…Il est heureux de vivre, mon petit bonhomme.

Ce soir, nous avons les deux cousins. Elle fait le pitre et lui rit aux éclats. Ils prennent le bain ensemble. Ma petite fille tombe de sommeil. Et lui joue comme si de rien n’était. Aucun signe de fatigue. Il n’est vraiment pas prêt à aller se coucher. C’est une soirée pyjama. Il en profite, il ne veut rien lâcher. Quand ma petite fille vient pour lui dire bonsoir, il lui mord le ventre pour lui faire un câlin. Il a l’affection mordante. Il faut se méfier et ne pas le laissser faire.

C’est mon mari qui l’endort, ce soir. Aux alentour de 23 h.

20 mai 2021-Le premier jour de la vie d’après

La voix de Lilie

Impossible de me résoudre à abandonner ce journal. Il y a tant de chose à dire. Même si ce blog est plus intermittant que le précédent, il nous permettra d’y consigner encore, nos humeurs, notre vision du monde, nos ressentis. Se savoir proche aussi.

Alors j’ai tout préparé – à nos plumes, quand on veut, comme on veut.

La voix de Graine

Merci Lilie. Comme tu dis, impossible de se résoudre à fermer ce journal. Laissons-nous le temps d’explorer l’après, de tenter des jours avec et des jours sans. Donnons-nous le temps de réapprendre à vivre « normalement » . Et de poursuivre ce blog, ou pas.

Pour moi, aujourd’hui, c’est journée petit fils. Dès qu’il arrive à la maison, il s’accroche aux basques de sa Maman et la réclame en boucle. Il sait que ses parents vont partir. Malgré tout, leur départ et la journée se passent bien. De temps à autre, il va jusqu’à la porte en disant »Maman » et je lui répète que Maman est partie en vacances et qu’elle va revenir, demain. Repas, sieste, promenade, jeux au square, jeux avec Papy à son retour du bureau. Je suis contente d’avoir mon petit-fils. C’est l’occasion pour moi de retrouver avec lui une complicité que j’ai perdue. Il a beaucoup changé pendant ces 6 semaines. Et surtout, il a vécu 24 h sur 24 avec sa Maman. A présent, il mange tout seul. Il se débrouille bien, autant avec la cuillère qu’avec les doigts. En tout cas, il a bon appétit. Son vocabulaire s’enrichit de jour en jour. Ses mimiques aussi.

C’est le soir que c’est difficile. Son heure de sommeil: entre 22 h 30 et 23 h. Dur pour nous qui n’avons pas l’habitude. Cela fait des longues journées.

La voix de Lilie

Ce matin je refais à pied le chemin que je faisais petite fille pour rentrer de l’école. Je marchais avec ma cousine. Ou plutôt nous sautions les bras croisés ensemble dans le dos. Et nous nous racontions des histoires drôles de l’autre. L’autre fait ceci, l’autre fait cela. Ce n’était pas toto, c’était l’autre. Pas de nom, pas de sexe, pas de visage. L’autre, qui nous faisait rire aux éclats le long du chemin. Cinquante ans sont passés. Oui 50. Un chiffre énorme. Nous passions devant le gymnase qui a peu changé, puis en face du cimetière, qui s’est étendu sur 3 fois sa longueur… Il reste un petit terrain avant la première maison, pour l’étendre une dernière fois. Le murier, plus vieux que moi est toujours là. Après le croisement, à gauche les ronces à mûres ont disparu, comme le petit filet d’eau sur lequel nageaient les araignées d’eau et naissaient les têtards que l’on entend, si on prête l’oreille, gargouiller en souterrain. Et voilà la maison de mon enfance en vue. J’en profite pour prendre une photo ou 2. Je suis contente de ma balade, il fait soleil, je suis bien. Un peu plus jeune le temps d’un trajet. Nostalgie, quand tu nous tiens.

09 mai – Saison 2 – Jour 192

La voix de Lilie

Dimanche. La journée démarre avec la pluie et finit avec la pluie. Entre les deux, soleil. Et une chaleur lourde lourde jusqu’à la pluie. On profite du dehors pour prendre l’apéritif malgré le bruit des avions, incessant depuis ce matin. On mange à l’intérieur et on revient dehors pour le dessert et le café.

Après le repas, nous partons en forêt pour chercher du muguet. Il commence enfin à fleurir. Nous pr