30 Juillet – Vendredi

La voix de Lilie

Comme chaque matin je me réveille vers 7h. Le réveil est réglé sur 8h, mais impossible de me rendormir. Depuis que je suis ici, je n’arrive plus à dormir tard comme avant. Même en me couchant à des heures indues. Alors je me lève, je me prépare et je pars télétravailler le matin.

Mon corps accuse le coup des traumatismes psychologiques de la semaine dernière. Toutes ces images qui me hantent. D’autres traumatismes vont suivre. S’immiscer dans l’intimité de son parent en ouvrant tous les tiroirs, les armoires. Regarder ses photos, ses papiers. Pourtant il faut bien le faire pour trouver les informations dont nous avons besoin et plus tard pour vider la maison.

Les formalités d’obsèques sont règlées, nous avons eu du mal à trouver comment habiller mon père. Depuis plusieurs années il ne mettait plus que des tee-shirts défraîchis et des joggings. Les pompes funèbres l’ont ramené dans la cours de sa maison avant de le déposer en chambre funéraire. Mon frère, ma soeur et y moi sommes allés le en fin de journée pour le voir. Il ne se ressemble plus. C’est vraiment fini.

Entre deux formalités, nous prenons le temps de nous baigner et de nous détendre un peu en famille. Neveu, nièce, cousine, bébé passent. Il y a des rires, des larmes.

Le soir nous dinons tous ensemble, mon frère et deux de ses enfants, ma sœur et sa fille, mon mari et moi. Nous évoquons nos souvenirs d’enfance, bons et mauvais. Nous finissons la soirée en cherchant des photos de mon père pour les mettre à côté de lui. Cela me donne des bouffées d’angoisse de rentrer dans son intimité sans lui. De regarder le contenu des armoires, des bureaux. On part de sa vie en laissant tout tel quel comme si on allait revenir. Tout est là. Sauf lui. Ce n’est rien de dire « on n’emporte rien avec soi », on est venu au monde sans rien, on repart sans rien.

La voix de Graine

Tes nuits sont courtes, Lilie, c’est le moins qu’on puisse puisse dire. Mais tu vis un moment tragique et important. Ce n’est pas rien de voir partir son parent. On a idée qu’on connaît ses parents, mais dans les faits, nous en connaissons des facettes. Quoiqu’on ait vécu avec eux, une partie de leur intimité nous reste étrangère.

Lorsque mon père a fait son AVC, il nous a fallu vider sa maison car il était en location et son état était irréversible. Il n’est mort que quatre ans plus tard, mais suite à son AVC, il était très diminué. Il n’était plus le même. Nous avons fait le tri de ses affaires avec ma soeur. Il gardait tout. Je suis tombée sur des lettres que je n’aurais pas dû lire. J’ai gardé ses agendas et des papiers, dans l’idée d’écrire un jour. Je ne pense que ce jour arrivera. C’est trop difficile. Il faudra bien que je me résolve à brûler ces papiers.

Aujourd’hui, ce n’est pas la forme, je me traîne. J’ai enchaîné quelques jours assez actifs, et voilà, je dois me poser à nouveau. Je fais le minimum, les tâches courantes. Mon mari est à la maison, il télétravaille.

Cet après-midi, je ne vais pas rendre visite à mes handicapés. Il y a une fête à l’établissement pour le départ d’un résident. Je les laisse entre eux. Je profite du temps libéré pour vider mon portable. Je suis loin d’en avoir fini, il y a du monde, mais je dois absolumment le faire avant mon départ sur le chemin en septembre.

En fin début de soirée, mon mari me propose d’aller manger une pizza. J’accepte sans enthousiasme, mais je me dis qu’une sortie ne peut pas me faire du mal. Je ne finis pas ma pizza et pourtant c’est trop. Mon estomac se révolte dès notre retour à la maison. J’aurais dû m’écouter davantage. A 21 h, je suis au lit.

Prend bien soin de toi Lilie. Sois à l’écoute de ta fatigue et de tes ressentis. Bientôt, tu seras à nouveau Mamie…

22 juillet – Jeudi

22 juillet – Jeudi

La voix de Lilie

Chaque jour il sombre davantage. Chaque jour je pense que ça ne peut pas être pire, chaque jour ça l’est. Son corps se détraque de tous côtés. Ses pieds et mains sont froids. Il n’est presque plus là. Son regard bleu se voile. Pourtant il ne dit rien ou pas grand chose, ne serre pas ma main. C’est peut-être le dernier jour où je le vois en presque vie. Ou pas.

Ce soir je rentre dormir chez lui, dans ma maison d’enfance, dans ma chambre. Après 20 ans. Ils ne sont plus là, lui à l’hôpital, elle partie avec ses enfants. Curieuse sensation, d’usurper ce lieu qui pourtant a été mien tant d’années.

Toute cette souffrance me terrifie. Cette fin qui n’en finit pas de venir me ramène à ma propre fin. Voir ce corps décharné et douloureux me panique. C’est lui qui m’a faite, je suis faite comme lui. Et je ne veux pas de cette souffrance, pas voir mon corps se déliter. Qui décide ?

La voix de Graine

Aujourd’hui, il va faire chaud, très chaud. Dès 9 h 30, je pars courir avec le copain de mon mari pendant que ce dernier télétravaille et que l’épouse se prépare. Une heure d’un petit footing avant la grosse chaleur. Comme d’habitude, nous courrons sur le chemin du train, à l’ombre pratiquement tout le temps. Un point d’eau nous permet de nous rafraîchir.

Après le jogging pépère, c’est seulement la 2ième fois que je cours depuis que nous sommes à la campagne, le copain me coache pour les étirements post course. Je me laisse coacher avec plaisir. Je complète son coaching de quelques mouvements d’assouplissement sur lesquels il m’accompagne volontiers. Pendant ce temps, son épouse épluche l’ail qu’il a glané hier.

Une petite virée au village pour quelques courses au village avec Madame, je rentre finir de préparer le repas, et c’est déjà l’heure de passer à table.

Après déjeuner, la chaleur est au max. Mon mari et ma fille au télétravail, mes amis à la sieste, je me pose et je me repose. Ce soir, sur proposition de mon beau-frère, nous avons réservé un apéro concert dans les vignes. En préparation de cette grande sortie, nous faisons relâche cet après-midi.

La soirée est belle.La musique est très sympa. Du hot swing. Sur ma droite, la lune quasiment pleine éclaire un gigantesque pin. Pour le repas, cela tient plus du pique-nique que de la gastronomie, mais qu’importe, d’autant plus que le vin est bon.

21 juillet – Mercredi

La voix de Lilie

La valeur n’attend pas le nombre des années. La valeur marchande pour certains. Mon père m’avait proposé de me servir de sa voiture. Ainsi donc, je la prends pour me déplacer et aller le voir. J’adore cette petite voiture. Sa compagne me fait remarquer qu’elle est aussi à elle. Intérêt et principal, foi de carte grise ! Je lui propose de n’utiliser que la moitié appartenant à mon père ! D’autant qu’elle ne conduit plus depuis 7 ans, me dit elle. Cet après-midi je peux aller voir mon père. Elle, ses enfants l’emmènent chez eux puis certainement en hepad plus ou moins provisoire. Je propose à son fils de l’emmener voir mon père car ce sera peut être la dernière fois. Elle reste une heure, sur les 3 autorisées puis décide de repartir. Nous avons fait notre BA. Ils ont pu se dire, ou pas, au revoir. Je rentre à mon tour dans la chambre. Mon père est au bout du bout. Il en a marre. Maigre, douloureux, épuisé. Plus maigre encore, il ne peut plus manger. Il est sous perfusion et sous oxygène. Il a du mal à parler, à dormir, à respirer. Il me dicte quelques consignes pour après. Il sait bien que la fin est proche. Au moment de partir, il me dit : et puis tu laisseras la voiture à ma compagne. Mesquinerie quand tu nous tiens ! Je lui réponds que bien entendu je lui laisserai (son bien précieux), par contre, dans l’état où elle est, elle ne prendra plus jamais le volant ! Peut-être est-ce donc la chose importante qu’elle a trouvé à lui dire en ce dernier jour. Voilà pourquoi j’ai toujours (ad…) détesté cette femme vénale.

Je repars sonnée par la vision de l’état de mon père. Heureusement mon beau frère m’invite pour une soirée tapas en terrasse dans une jolie ville voisine. Nous passons une agréable soirée à discuter de tout et de rien, du temps qui passe, de notre jeunesse et ses folies, des souvenirs effacés, de la vie de la mort. J’aime ces moments qui sortent du cadre, moi seule, lui seul, nous n’avions jamais eu d’occasions de rester comme ça.

Demain mon mari me rejoint. Cette semaine solitaire est passée si vite. J’aurais aimé un peu plus de temps…

La voix de Graine

Oui, les personnes ne se bonifient pas toute avec l’âge. C’est comme le vin…Les bons sont encore meilleurs et les mauvais sont pires. C’est un constat que j’ai déjà fait à maintes reprises. Je compatis, Lilie. Je suis triste pour toi et pour ton Papa. Tu vas être contente de retrouver ton mari. L’accompagnement d’un proche en fin de vie n’est pas simple, et sa compagne s’est désistée!

Aujourd’hui, pour moi, c’est relâche, partielle du moins. Mon mari a emmené ses amis en balade. J’ai une partie de la journée pour moi. Bien sur, il faut faire les courses, préparer les repas, contacter mon dentiste. Mais je fais tout à mon rythme. Après le déjeuner, je fais une grosse pause en mettant au chaud le côté gauche de mon dos qui est encore douloureux.

Je prends le temps d’appeler les copines. L’une est en train de passer la frontière italienne. La 2ième est en train de se chercher des lunettes de soleil. La 3ième est occupée, elle me rappelle plus tard. Je me déculpabilise. Comme moi, le quotidien ou les vacances grignotent leur temps. Le plus tard pour moi n’existe pas, le téléphone ne passe pas. Ce n’est pas grave, nous nous rappellerons une autre fois. Et toi, Lilie, je n’ose pas t’appeler, par peur de te déranger.

Je prends des nouvelles de mon frère. Quand il vient à la maison, je lui fais prendre un bain, il adore. Quelqu’un m’a questionné l’autre jour au sujet de la sonde. Il a une sonde urinaire. Ses reins ne fonctionnent plus comme il faut. Moi, je ne suis pas du corps médical. Je ne m’étais jamais posée la question. Elle est pertinente. Je questionne l’animatrice qui va se renseigner. A priori, ce n’est pas incompatible, mais il y a une procédure à respecter. Mon frère commence à perdre son autonomie. Il ne peut pas faire grand chose. C’est bien dommage qu’il ne puisse pas profiter de bains dans son établissement. Et en plus, l’animatrice me dit qu’il y a une balnéo. Je pousse une porte qui me plaît. Si je peux un tout petit peu améliorer le quotidien de mon frère …

Ce soir, repas sur la terrasse, et ensuite, entre filles, nous jouons au labyrinthe tandis que les garçons vont glaner l’ail dans la nuit tombante.

20 juillet – Mardi

La voix de Lilie

Je suis réveillée par un appel de mon père. Il est malheureux, tout seul. Les visites toujours interdites malgré la vaccination. Je ne sais comment le consoler. Il n’y a rien à dire. Son état est stationnaire.

Je décide de faire un jogging pour aller de chez ma mère à chez lui en faisant le grand tour que nous faisions enfants pendant les soirées d’été. J’ai pris mes affaires dans un sac à dos, serviette, maillot, papiers et bouteille d’eau. Je n’ai pas l’habitude de courir chargée comme ça et il fait déjà très chaud. Je cours difficilement. Au bout de 20mn, je m’arrête pour boire, puis je repars. J’insiste mais le corps ne suit pas. Je m’arrête un peu plus loin, à bout. J’ai fait moins de 4km, une misère. Je bois encore un coup et je finis en marchant. Trop fatiguée, lasse, faible.

Arrivée chez mon père je prends un bon bain dans la piscine pour me raffraichir et retrouver de l’énergie. Puis je rentre chez ma mère pour le déjeuner en marchant.

Je retourne en voiture en début d’après-midi pour me poser tranquille au bord de la piscine. J’en profite pour passer quelques coup de fil. Je mets trop longtemps à me décider à appeler mes amis. Je laisse passer les jours, les semaines. Lassitude. J’ai décidé de faire au jour le jour. Tranquillement.

Je finis l’après-midi chez ma cousine. J’ai juste changé de bord de piscine !

J’ai pu avoir mon père plusieurs fois aujourd’hui et même lui passer sa compagne. Le médecin m’a donné des nouvelles peu rassurantes. Seule bonne nouvelle, les visites rouvrent, je pourrais aller le voir demain.

La voix de Graine

J’espère que tu vas pouvoir rendre visite à ton Papa dès demain, Lilie et tu pourras lui remonter le moral pour faire face au mal qui le fait souffrir. C’est normal que tu n’aies pas d’énergie pour appeler tes amis. Tu donnes tout ce que tu as pour ta famille. Les ami-(e)-s aussi peuvent prendre leur téléphone….

De mon côté, je ne me confronte pas à des situations aussi exigeantes en terme d’énergie. Pourtant, je ne trouve pas la force ni pour appeler les amis, ni pour courir d’ailleurs. Le quotidien m’épuise et j’ai toujours cette douleur dans le haut du dos à gauche. De temps à autre, il faut accepter de vivre au jour le jour. Le corps réclame un répit. Côté moral, la lassitude n’aide pas. Que faire d’autre qu’accepter de lâcher, de se reposer avant de repartir le plus vaillamment possible.

Ce matin, mon mari va courir. Je gère l’administratif et aussi la mise à jour du site jacquaire. Cela fait quinze jours que je ne me suis occupée ni de l’un ni de l’autre. Mon mari rentré et douché, je l’envoie faire les courses. Nous avons du monde ce soir, un couple d’amis à lui, quasiment de la famille. Ils connaissent la maison. Ils sont venus plusieurs fois. Mais là, ils vont rester plusieurs jours, avec nous. Cela fait beaucoup pour moi: la fille, le chien, les amis, ma petite fille qui va rentrer un de ces jours avec son papa…A partir de jeudi, mon mari reprend le télétravail, pour deux jours. Le week-end à suivre, nous remontons at home.

Dans l’après-midi, une faisons la pause gourmande: glace et bière, dans notre café favori, au village. Des musiciens sont en train de répéter pour le concert du soir. Un moment agréable avant de se remettre aux fourneaux. Il fait chaud, très chaud, mais les matins restent frais, ce qui est sympa.

Recevoir les amis, être une hôtesse agréable, ce n’est pas toujours évident pour moi. Les amis ont à peu près notre âge. Je me rends compte à quel point eux aussi ont besoin de se poser. Il ont des problèmes de santé. Pour elle, un problème de poids, et actuellement un excema qui lui recouvre entièrement le corps. Ce dernier lui provoque des démangeaisons permanentes. Le diagnostic est posé. Pour la cause, cela pourrait provenir du confinement! Pour lui, c’est le diabète. Il a décidé d’arrêter l’alcool. C’est une sage décision. Notre repas s’éternise. La soirée est fraîche. Soudain, sous la langue, je sens rouler une de mes dents. C’est une dent sur pivot qui est sortie de la gencive…

16 Juillet – Vendredi

16 Juillet – Vendredi

La voix de Lilie

L’expression « ça tombe à l’eau » prend tout son sens cette année. Tout ce qu’on fait habituellement l’été est noyé. Tient, il y a même un champignon qui a poussé dans le jardin. Pourtant un léger mieux aujourd’hui. Le ciel s’est ouvert par endroit et un peu de ciel bleu est apparu. La température monte légèrement, nous avons même entendu quelques cigales chanter sur les bords de l’Isère.

Pour continuer à croire en cet été qui va arriver, peut-être demain, peut-être plus tard, qui le sait, j’aide ma sœur à nettoyer la piscine. La pluie et le manque de baigneurs pour brasser l’eau destabilisent son fragile équilibre et des algues vertes tapissent le fond et les côtés. Pendant que ma sœur travaille et que ma mère se repose, je désherbe autour. Voilà, l’endroit est prêt pour les vacances.

Après quelques courses en ville, nous prenons l’apéritif sur la terrasse. Puis le temps le permettant, nous mangeons dehors. Une petite veste s’impose, mais elle permet aussi de faire barrière aux moustiques qui n’attendent que la chaleur pour faire un festin des bras et jambes découverts.

La voix de Graine

Ce matin, le temps est comme hier, couvert, mais sans pluie. Et de temps à autre, le soleil pointe son nez.

Je réveille mon frère doucement. Nous avons une virée prévue avec les voisins du côté de Cordes, je ne dois pas trop traîner. Toilette, bain, petit déjeuner, mon frère prend ses aises et cela me fait plaisir. Je ne le prends pas si souvent. Installé dans le fauteuil, il n’a pas trop envie de bouger; il serait bien resté un peu plus longtemps à la maison. Je lui vole une petite heure de bien être, mais de toute manière, je ne le garde jamais plus de 24 h. Après, c’est trop pour moi et pour mon entourage.

Nous déposons mon frère dans son centre en fin de matinée. C’est presque sur notre trajet. Nous en profitons pour cueillir des mirabelles aux abords du parking. Nous sommes invités à déjeuner chez le frère de notre voisine. Nous arriverons au delà de midi, mais j’avais prévenu. Avec mon frère, je ne pouvais pas faire plus vite.

Une maison de rêve dans une campagne luxuriante, un repas délicieux. Nos hôtes sont agréables et charmants. Après le déjeuner, nous partons pour une balade, à la recherche des sarcophages. Après les sarcophages, les dolmens. Après les dolmens, la cabane de berger. Nous déambulons à travers des forêts de chênes de causses. Malgré l’insistance de ma voisine, ils ne nous livrent pas leurs lieux à cèpes à tête de nègre. Ils en ont ramassé ces derniers jours, beaucoup, des dizaines de kilos, mais nous n’en saurons pas plus. Nous ne verrons pas non plus les sarcophages qu’ils ont sur leur terrain. C’est trop loin. Nous sommes ici chez des propriétaires terriens. A l’issue du partage entre frères et soeurs, ils ont hérité d’une trentaine d’hectares, des bois de feuillus surtout, dont ils doivent gérer la coupe. Des préoccupations qui nous dépaysent. Nous n’avons pas les mêmes. A marcher, nous avons chaud. Ce n’est pas la grande chaleur, mais nous bénéficions tout de même de soleil de temps à autre. Et les cigales s’en donnent déjà à coeur joie.

Nous partageons un dernier verre avec leur fille et son compagnon, avant de repartir chez nous manger les cèpes qu’ils nous ont donnés. Chez les voisins, la soirée s’étire jusqu’à tard dans la nuit.

9 juillet – Vendredi

La voix de Lilie

Il fait très beau aujourd’hui. Une belle journée d’été. Lorsque je me lève, une odeur de pain grillé et de café monte de la cuisine. Petit fils se réveille à mes côtés et nous descendons tous les deux. La table est joliment mise pour un petit déjeuner sur la terrasse.

Je me reveille, petit fils à côté de moi, dort encore. Il fait gris, comme tous les jours en ce moment. Je passe un polaire, en juillet. Petit fils se réveille et nous descendons tous les deux. La maison est encore dans le noir. J’ouvre les volets et je fais le petit déjeuner.

Nous nous lançons dans la peinture, il reste une heure avant que je regagne l’étage pour télétravailler. Fils revient déjeuner ce midi.

Après le temps calme, nous partons voir une exposition pour les enfants, puis nous passons une heure dans un parc. Petit fils se défoule dans les toboggans et apprend à grimper sur des ponts suspendus.

Hier, lorsque j’ai taillé un arbuste fleuri dont une branche dépassait, petit fils a voulu récupérer la branche pour l’offrir à sa mère. Hier soir nous l’avons mise dans l’eau car les jolies fleurs jaunes commencaient à faner. Ce soir, les fleurs sont toutes passées. Petit fils est déçu. Nous faisons un autre bouquet avec des roses rouges et une nouvelle branche de fleurs jaunes. Il est très fier de l’offrir à sa mère lorsqu’elle vient le chercher.

Après son départ, nous prenons un apéritif bien mérité sur la terrasse. Nous prévoyons enfin notre semaine de vacances. L’idée a muri cette semaine, il reste à réserver les hôtels, prévoir les trajets. Puis nous préparons ensemble un petit plat pour le dîner. Les soirées d’été sont propices à rester plus longtemps dehors pour bavarder.

Après son départ. Télé pour l’un, balade pour l’autre. Je réserve mes billets de train pour descendre dans ma famille.

La voix de Graine

C’est l’été ici, enfin, à la campagne. Pas une grosse chaleur ce matin, mais le ciel est uniformément bleu. Nous faisons une matinée cool. Je passe du vinaigre entre les pavés de ma cour pour faire mourir les mauvaises herbes. Toujours un pincement au coeur en pensant aux mauvaises herbes. Celles qu’on ne veut pas, qu’on rejette, qu’on détruit. On décide qui doit vivre et qui doit mourir. Et du coup, les mauvaises herbes sont plus résistantes, plus vivaces, plus envahissantes. Question de survie. Il y a quelques jours, sur la plage de Polille, il y avait une exposition photo sur les bateaux qui repêchent les réfugiés en Méditérranée. Des nouveaux nés qui ont vu le jour sur les bateaux, les sourires des africains sauvés…

En fin de matinée, nous partons faire les courses au village. Aujourd’hui, c’est jour de marché. Un grand mot pour quatre commerçants qui se battent en duel sur la place…Mais ici aussi, au marché, le masque est de rigueur. Nous achètons des légumes, des fruits, du poisson, de la viande, du pain. Nous faisons un petit tour à l’épicerie pour compléter.

Après le déjeuner, que nous prenons dehors, je nettoie mes vitres au rez de chaussée. Je ne suis pas contente de moi, car, malgré mes recherches sur internet, mes vitres ne sont pas bien nettes. Il y a des traces partout. Tant pis, c’est fait. Il me reste juste deux fenêtres à terminer. Je les nettoierais demain. Il est temps de partir, direction Albi. Nous allons nous baigner à la piscine chez ma soeur.

Ma sœur n’a pas la frite. Elle a mal au dos. Elle a mal au bras. C’est pour ça que nous ne nous sommes pas précipités chez elle dès notre arrivée. Mais tout de même, j’ai envie de la voir et c’est réciproque. Je suis inquiète pour elle. Son moral en prend un coup. Elle ne peut plus faire de randonnées et doit se contenter de petites marches sur terrain plat. Pour faire les gestes du quotidien, elle doit sans arrêt solliciter son mari. Ce n’est pas drôle. Bien sur, elle hésite à prendre les anti-inflammatoires, recule l’infiltration qui lui soulagerait le bras. Son toubib n’est pas très empathique. Depuis peu, le diagnostic est posé. C’est de l’arthrose au niveau des vertèbres cervicales. Et les douleurs du dos provoquent une tension, d’où l’inflammation à l’épaule.

Malgré tout, nous passons une bonne après-midi et une bonne soirée en famille. Petite-fille prend deux bains à la piscine avec son Papy, tandis que je discute avec ma sœur. Après son télétravail, ma fille nous rejoint. Il fait beau. Les moustiques attaquent. C’est l’été. La saison des grillades et du rosé bien frais.

Courage, Lilie, les vacances arrivent, et avec le sud, le soleil plus généreux. Profite bien de tes petits-enfants.

6 juillet – Mardi

La voix de Lilie

Pour la première fois depuis un mois, je prends le temps de faire une séance de gym. Mon choix se porte sur le streching. J’en ai besoin. Je me sens toute nouée, mal partout. Les étirements me détendent. Il faut que je trouve un moment chaque jour pour les faire, mais j’ai du mal à m’y mettre après ma journée ou lorsque je ne suis pas chez moi.

Ce midi nous avons été rapporter notre machine à riz qui ne fonctionne plus. Il y a à peine 5 mois que nous l’avons achetée. J’ai choisi une marque Française, fabriquée en France… La précédente machine, achetée pour presque rien dans un déstockage, avait duré plus de 10 ans. Que penser…

Ce soir, c’est le ballon d’eau chaude qui nous lâche. Bah, la période est électroménagèrement difficile.

Après le travail nous partons marcher une heure en forêt pour nous remettre en jambe. Le temps nous le permet. En forêt est un bien grand mot car nius devons rester dans les grandes allées, le reste des chemins ou des sous bois est bien trop boueux.

A partir de demain, les petits viennent à la maison. 2 ou 1 selon les jours. Jusqu’au 14 juillet. Le rythme va être élevé ! J’ai cherché, et noté des endroits où les emmener pour les distraire. L’été, les villes alentour propose des villes-plages, Emerainville plage, pontault plage…. Bref, on devrait trouver notre bonheur si le temps le permet.

Ensuite nous partirons. Ou je. Nous sommes incapables d’organiser un temps de vacances. De nous poser ensemble pour en parler. Nous avons repris nos mauvaises habitudes. Soirée télé, téléphone. Pas de projet. Pas d’idée. Pas d’envie. Pas de joie. Pas de rire. Juste des contraintes. Penser, faire et ne pas dire.

Tu vois Graine, tu es en vacances, tu vas mieux, je suis rentrée, c’est moi qui plonge. Je pense à notre village. On y est bien, au soleil sur les terrasses, la vue est magnifique. L’horizon sur les collines, le soleil couchant. On a bien choisi, on a mis le temps, mais vraiment, on a bien choisi. Notre village est merveilleux.

La voix de Graine

Notre village est magnifique, Lilie, nous y mettons le temps, mais nous allons le trouver, avant qu’il ne soit trop tard!

Aujourd’hui, nous rentrons de la mer. Un dernier bain à la plage du Racou au bout ouest d’Argeles, puis direction la campagne en mode touriste. Nous faisons un détour par la haute vallée de l’aude. Des petites routes qui tournent sans arrêt. Nous dépassons deux chateaux cathares: Queribus, Peyrepertuse, sans les visiter, avant d’arriver sur Rennes le Château. Le GPS me perd, signe que Rennes le Château est une destination bien spéciale. C’est là que l’abbé Saunières aurait trouvé un trésor qui lui a permis de restaurer son église. D’où vient ce trésor? Templiers, Cathare, Wisigoths, Blanche de Castille…Il y a plein d’autres pistes toutes aussi fantaisistes les unes que les autres. Il n’y a aucun fondement scientifique à ces hypothèses. La piste d’enrichissement la plus plausible reste le trafic de messes et d’intentions. L’abbé Saunière est parti dans la tombe avec son secret. Rennes le Chateau est devenu un lieu ésotérique très prisé des anglo-saxons. Ce n’est pas un village pour nous, Lillie, trop foldingue.

Après une pause goûter à Alet Les bains, nous partons pour notre dernière étape vers la campagne via Limoux et Castelnaudary. Alet les Bains est un village médiéval authentique. Les restes d’une abbaye en ruine en témoignent. C’était aussi une ville thermale qui possédait une usine d’embouteillage des eaux. Tout est fermé. Comme beaucoup d’autres, la haute vallée de l’aude est une région qui se meurt. Les anglais s’y étaient installés en masse. Ils ont veilli. A présent, avec le Brexit, les anglais préfèrent rester chez eux.

Nous voici enfin chez nous. Préparer un repas rapide, faire le lit pour les filles, ranger les affaires et au moment où je me prépare à faire la pause, le disjoncteur saute en privant d’électricité la moitié de la maison. Notre installation électrique est sommaire dans certaines parties de la maison. De l’eau s’est infiltrée à un mauvais endroit. Mon mari hurle, mon cerveau se bloque. Il va se coucher, j’attends les filles qui vont arriver tard, à partir d’1 h du matin. Il va bien falloir remédier à tout ça en faisant intervenir un électricien. Notre installation n’est pas encore sécure. Petit à petit, nous mettons de l’ordre, réparons, rectifions, mais il reste beaucoup à faire. Nous avons l’impression que ça n’en finira jamais, il y a tellement de choses à revoir.

Les filles arrivent enfin. Je commençais à piquer du nez. La petite me saute dans les bras. Je suis contente qu’elles soient là. Soudain, j’ai un flash. Je sais comment intervenir pour remettre l’électricité un peu partout, sans prendre de risque bien sûr. Quand mon cerveau fonctionne, tout devient plus facile. Je peux donc aller dormir, en toute sérénité.

3 juillet – Samedi

La voix de Lilie

Le temps est incertain aujourd’hui. Il fait doux, gris, de temps en temps une trouée de bleu dans le ciel. Nous décidons de braver la météo en déjeunant dehors. Repas d’été, après tout, même si l’impression est plutôt automnale, on est en été. Ratatouille, patates nouvelles, brochettes.

On a du mal à profiter de l’extérieur tellement les avions sont bruyants et nombreux aujourd’hui. Infernaux. Nos discussions à table tournent autour de ça. Autrement dit, ils nous pourrissent la journée.

Le soir nous rejoignons les graines qui participent à un gala de danse. 2 graines dansent, 3 graines spectatrices, 2 maris et 1 enfant. Nous sommes heureuses comme chaque fois de nous retrouver. Après le gala, nous partons au restaurant tous ensemble finir la soirée. Nous dinons en terrasse, il fait bon, les discussions vont bon train. Une averse tropicale nous fait prendre le dessert à l’intérieur. Nous faisons la fermeture, trop de choses à nous dire.

Ce soir, il ne manquait que toi, Graine, pour être au complet. C’est bien plus compliqué de se retrouver toutes ensemble depuis vos retraites !

La voix de Graine

Je suis contente de vous savoir toutes ensemble ce soir, les graines! Bien sûr, vous me manquez! Mais explorer l’ailleurs, c’est aussi important pour se renouveler, sentir d’autres parfums , goûter d’autres saveurs…

Ce matin, c’est le parfum et le goût du vin dans une cave au dessus de Banyuls, visite de la cave puis dégustation de Banyuls et de Collioure. Ici, les vignobles sont en pente sur des terrains schisteux. Ils dégringolent de la montagne jusqu’à la mer. Les anciens ont construit des murets perpendiculairement à la pente pour retenir la terre et des rigoles dans le sens de la pente pour évacuer l’eau et irriguer.

Pour nous baigner, sur les conseils de la caissière de la cave, nous remontons en direction de Port Vendre sur le site de Paulille. C’est un site protégé créé sur le lieu d’une ancienne usine de dynamite qui a fermé ses portes en 1984. C’est étonnant. Triste aussi. Beaucoup de gens sont morts. Manipuler de la nitroglycérine n’est pas anodin. La plage de l’usine, à l’abri d’une crique est belle et tranquille. Sur le site, un atelier de réparation de barques catalanes a également vu le jour. Sa vocation est d’aider les jeunes à se construire ou reconstruire en mettant en valeur le patrimoine.

L’après-midi, nous poussons jusqu’au Cap Cerbère. J’ai toujours été fascinée par les frontières, ces limites créées de toute pièce et pourtant bien réelles entre pays. Lieu des trafics, des passages clandestins, chemins de liberté pour ceux qui fuient leurs pays…Changement de normes et de règles entre pays. L’écartement des rails n’était pas le même entre les différents pays. A Cerbère, les transbordeuses vidaient les trains espagnols pour charger les trains français…1ère grève des transbordeuses en 1905. Elles ont eu gain de cause.

24 Juin – Jeudi

La voix de Lilie

Avant d’aller télétravailler chez ma mère, je passe vite fait chez mon père pour vérifier si les poules du voisin ont bien été sorties et si la compagne de min père va bien. Une fois tout ça sous contrôle, je repars chez ma mère pour la matinée. Je télétravaille dans la salle à manger car il n’y a pas de bureau. Ce n’est pas pratique. Il faudra que je vois comment m’installer ailleurs. Après le déjeuner je reviens chez ma cousine et je pique une tête dans la piscine avant de me remettre au travail. Cet après-midi, réunions sur réunions. Je ne m’ intéresse plus. C’est terrible et terrifiant. Ma tête et surtout mon intérêt sont ailleurs. Je n’arrive pas à me remotiver. D’autres choses m’intéresse mais plus ces projets d’entreprise. Je n’arrive plus à y déceler ce qui pourrait m’apporter quelque chose.

Le soir nous allons diner chez mon cousin. Sa fille vient aussi d’avoir un bébé, il est heureux d’être enfin grand-père à plus de 70 ans ! Avec sa femme ils vivent en quasi autarcie alimentaire. Potager, oliviers, vignes, tisanes, miel. Et un cochon partagé pour le jambon, les saucissons et même quelques patés maison. Ne manquent que les poules, le fromage et un peu de viande. Ils vivent dans un petit village, dans une maison avec vue sur le mont ventoux. S’ils n’écoutent pas les informations, ils peuvent être au paradis. Pas de violence.

Ce soir la lune est pleine. Elle se lève, majestueuse, juste à côté du mont ventoux. La vue est à couper le souffle. Nous essayons tous de prendre une photo. Hélas nos téléphones ne rendent pas la beauté que nos yeux peuvent capter. Alors nous regardons longtemps pour admirer ce spectacle de la nature.

mde

La voix de Graine

Il y a des jours où je voudrais rester muette.

Une journée qui commence sans entrain, sans envie, sans désir malgré un démarrage matinal: yoga, respiration, méditation. A 10 h, je suis sur le canapé à écouter de la musique des années 80. La loose. J’ai des choses à faire, mais pas envie de les faire. Et là, je ne suis plus dans la sphère professionnelle, mais bien dans la sphère privée! Que faire pour contrer cet ennui et ce désintérêt pour le quotidien? Partir, changer d’air, cela devient urgent…

A 11 h, le coup de fil de ma copine me tire de ma torpeur. Elle me propose une balade, que j’accepte bien sûr.

En fin d’après-midi, j’enchaîne sur mon atelier d’Arts plastiques. Sur le chemin, je fais un détour pour aller voir l’exposition d’Arts plastiques qui est en cours au Ministère des Finances. Quelques-uns d’entre nous exposent. A l’atelier, mon champ de coquelicots avance péniblement. Il peine avec moi. Mais, ce soir, c’est la fête. Après l’atelier, nous allons manger tous ensemble dans un restaurant du quartier. C’est un restaurant libanais. Je passe une bonne soirée. Je rentre à 23 h 30. Depuis combien de temps cela ne m’était pas arrivé? J’ai oublié.

Je ne vois pas la lune à Paris. Le temps est couvert.

22 mai 2021- pèle mêle

La voix de Lilie

Conditionnée. Au point de m’essuyer les pieds sur le paillasson lorsque je sors. Le seul fait de poser les pieds dessus, et hop on frotte machinalement.

Il me semble en ce moment fonctionner en pilotage automatique. Je pose les clefs, le téléphone. Je ne me souviens plus ni où ni quand. Le corps effectue des tâches sans contrôle du cerveau. J’ai du mal à accepter ce manque de concentration. Trop d’écrans, trop de choses à penser ? Ou seulement la vieillesse qui arrive et fait des trous dans les neurones ?

A la boulangerie ce midi, un couple devant moi vient chercher du pain pour 16 personnes. Anecdote sans conséquence habituellement, sauf que cette année, 16 personnes qui se retrouvent ce n’est pas courant. Une chance, ils me laissent une baguette !

La ville a repris ses couleurs, les terrasses sont bondées. Il faut dire qu’il fait doux ici et le soleil joue à cache cache avec les nuages. La vie a repris son cours, je me demande où était caché tout ce monde avant le 19. Chacun chez soi.

Lorsque vous revenez dans votre ville de naissance où habitent encore vos parents, vous faites un bon en enfance.

La voix de Graine

Une journée qui commence à 6 h 30 avec un biberon et un petit chou qui vient dormir avec nous. Il a réveillé sa cousine qui accepte de jouer gentiment dans sa chambre. Nous grappillons 2 h de somnolence au lit. Le petit s’est rendormi. Il se réveille à 9 h quand j’essaie de le remettre dans son lit. La cousine en a marre d’attendre le réveil du petit!

Quand ma fille passe chercher sa fille, le petit croit que c’est sa Maman qui vient le chercher. Déception! Quelques minutes, il repart à jouer comme si de rien n’était. Après le départ de la petite – il y a activité « musique » le samedi matin – je tente une escapade avec le petit en profitant de la sortie de mon mari pour va faire les courses. Une petite bruine me décourage de passer au square. Tout sera mouillé. Ce n’est pas cool. A défaut, nous allons voir le manège d’à côté, puis nous faisons le tour du marché, histoire de prendre l’air.

Je prépare le pistou au cerfeuil avec petit-fils sur les genoux tandis que Papy passe l’aspirateur. Avec des raviolis et du poisson frais, le repas est vite prêt. Papa appelle. Ils arrivent, les parents. Nous ne les attendons pas pour manger. Ils auront droit au 2ème service.

Ma fille nous dépose la petite en début d’après-midi. Elle va visiter des maisons…La petite préfère rester avec son cousin. Cousin qui repart avec ses parents un peu plus tard…
Affalés sur le canapé, nous nous posons et nous regardons « Kirikou et la sorcière » avec la petite. J’ai casté Youtube sur la télé avec mon portable. Le son est assez moyen avec quelques micro-coupures. Mais c’est agréable tout de même. Je joue au solitaire en parallèle. Je me sens vidée.

Puis, Papy joue avec sa petite fille au « Qui est-ce ». Je soutiens la petite en coloriant un dessin géométrique improbable. Je suis vannée. Je n’arrive toujours pas à bouger. Ma fille repasse prendre sa petite. Je ne la retiens pas. Je n’ai plus aucune énergie, même pas celle de sortir pour aller grignoter quelque chose dehors. En plus, il fait moche.

Je me laisse aspirer par les idées noires et les tâches ménagères. Demain, les enfants viennent manger. Mon mari questionne « Qu’est-ce qu’on fait à manger demain? ».J’aimerais avoir des questions autres du style « Où sortons-nous manger ce soir?  » , « si on allait au cinéma? »Mais ça ne viendra pas. Ce n’est pas le style de la maison. Je ne trouve même pas l’énergie pour ouvrir le blog. Le jeu de solitaire en boucle en regardant la rétrospective sur la Star Academy. Aujourd’hui, c’étaient les obsèques de la Mamie de nos voisins à la campagne. Un très vieille dame qui n’allait pas bien du tout. Mes voisins sont de religion protestante. Je ne sais pas comment exprimer ma sympathie. A priori, les fleurs ne sont pas de mise. J’enverrais une carte de condoléances, plus tard.

Me reposer, décompresser, sortir et rire. Pas d’autre recette pour voir la vie en rose. La ville m’étouffe.

21 mai 2021- Jour 2

La voix de Lilie

Les grilles du restaurant sont entrebaillées pour laisser la place à une table qui sert de comptoir de commande. Personne ne rentre dans la salle. Depuis plusieurs mois, ce restaurant ne sert que des menus à emporter. Chaque jour son plat. Le vendredi c’est couscous. On apporte ses propres gamelles, ou bien ses assiettes et ils les remplissent. C’est surprenant comme façon de faire, et en même temps plus écologique que des barquettes en carton qui finissent directement à la poubelle. Ils n’ont pas encore réouvert la terrasse, la formule fonctionne bien. Peut-être attendent-ils la réouverture complète. A 14h, on tire la table et les grilles se referment jusqu’au soir.

Jamais on n’aurait imaginé les restaurants fonctionner comme on a pu les voir cette année. Les normes ont volé en éclat. Est-ce que demain les consommateurs auront le choix dans les restaurants entre un déjeuner sur place ou à emporter ? Est-ce que les normes redeviendront plus strictes ? Concurrence, sanitaire et tout ce qui peut bloquer plus ou moins utilement l’inventivité.

Une année surprenante, inventive. Un nouveau chemin de vie.

La voix de Graine

Froid et averses même si les températures grimpent, un peu. Nous sommes au mois de mai tout de même! De ce côté là, la vie d’après ressemble beaucoup à la précédente.

Ce matin, mon mari se fait vacciner – Azra Zeneca et moi je bois mon 1er café en terrasse. 1er pas dans la vie d’après. Le café est bon. Le serveur est agréable et il m’amène un verre d’eau sans que je le lui demande. C’est au retour de la crèche où j’ai déposé petit fils, en retard, puis galéré pour plier la poussette – un appel rassurant aux parents pour avoir les explications! Je redécouvre la vie avec un petit. C’est épuisant et exigeant. Les derniers 3/4 de la nuit, il les a passé dans notre lit, le chanapan. Heureusement qu’il est craquant.

Je découvre ses parents, mon fils, mon tout petit devenu grand, Papa à son tour. Et ma belle-fille, Maman Poule jusqu’au bout des ongles, vernis. Quand je vais chercher le petit à la crèche, en fin d’après-midi, après mon passage dans la maison d’accueil des handicapés, un coup de téléphone. Ce sont les parents qui veulent leur petit, lui parler. Il les reconnaît, leur fait coucou, envoie des bisous sans faire de drame.

Pour ouvrir la poussette, même combat que le matin. Heureusement, un Papa qui est là dans l’entrée m’aide. Je me décourage d’être aussi maladroite. Pour autant, ça ne m’avance pas plus. Je prends le bus car il commence à être tard et le temps est menaçant. Dans le bus, le petit chante, la la la…Il est heureux de vivre, mon petit bonhomme.

Ce soir, nous avons les deux cousins. Elle fait le pitre et lui rit aux éclats. Ils prennent le bain ensemble. Ma petite fille tombe de sommeil. Et lui joue comme si de rien n’était. Aucun signe de fatigue. Il n’est vraiment pas prêt à aller se coucher. C’est une soirée pyjama. Il en profite, il ne veut rien lâcher. Quand ma petite fille vient pour lui dire bonsoir, il lui mord le ventre pour lui faire un câlin. Il a l’affection mordante. Il faut se méfier et ne pas le laissser faire.

C’est mon mari qui l’endort, ce soir. Aux alentour de 23 h.

20 mai 2021-Le premier jour de la vie d’après

La voix de Lilie

Impossible de me résoudre à abandonner ce journal. Il y a tant de chose à dire. Même si ce blog est plus intermittant que le précédent, il nous permettra d’y consigner encore, nos humeurs, notre vision du monde, nos ressentis. Se savoir proche aussi.

Alors j’ai tout préparé – à nos plumes, quand on veut, comme on veut.

La voix de Graine

Merci Lilie. Comme tu dis, impossible de se résoudre à fermer ce journal. Laissons-nous le temps d’explorer l’après, de tenter des jours avec et des jours sans. Donnons-nous le temps de réapprendre à vivre « normalement » . Et de poursuivre ce blog, ou pas.

Pour moi, aujourd’hui, c’est journée petit fils. Dès qu’il arrive à la maison, il s’accroche aux basques de sa Maman et la réclame en boucle. Il sait que ses parents vont partir. Malgré tout, leur départ et la journée se passent bien. De temps à autre, il va jusqu’à la porte en disant »Maman » et je lui répète que Maman est partie en vacances et qu’elle va revenir, demain. Repas, sieste, promenade, jeux au square, jeux avec Papy à son retour du bureau. Je suis contente d’avoir mon petit-fils. C’est l’occasion pour moi de retrouver avec lui une complicité que j’ai perdue. Il a beaucoup changé pendant ces 6 semaines. Et surtout, il a vécu 24 h sur 24 avec sa Maman. A présent, il mange tout seul. Il se débrouille bien, autant avec la cuillère qu’avec les doigts. En tout cas, il a bon appétit. Son vocabulaire s’enrichit de jour en jour. Ses mimiques aussi.

C’est le soir que c’est difficile. Son heure de sommeil: entre 22 h 30 et 23 h. Dur pour nous qui n’avons pas l’habitude. Cela fait des longues journées.

La voix de Lilie

Ce matin je refais à pied le chemin que je faisais petite fille pour rentrer de l’école. Je marchais avec ma cousine. Ou plutôt nous sautions les bras croisés ensemble dans le dos. Et nous nous racontions des histoires drôles de l’autre. L’autre fait ceci, l’autre fait cela. Ce n’était pas toto, c’était l’autre. Pas de nom, pas de sexe, pas de visage. L’autre, qui nous faisait rire aux éclats le long du chemin. Cinquante ans sont passés. Oui 50. Un chiffre énorme. Nous passions devant le gymnase qui a peu changé, puis en face du cimetière, qui s’est étendu sur 3 fois sa longueur… Il reste un petit terrain avant la première maison, pour l’étendre une dernière fois. Le murier, plus vieux que moi est toujours là. Après le croisement, à gauche les ronces à mûres ont disparu, comme le petit filet d’eau sur lequel nageaient les araignées d’eau et naissaient les têtards que l’on entend, si on prête l’oreille, gargouiller en souterrain. Et voilà la maison de mon enfance en vue. J’en profite pour prendre une photo ou 2. Je suis contente de ma balade, il fait soleil, je suis bien. Un peu plus jeune le temps d’un trajet. Nostalgie, quand tu nous tiens.

09 mai – Saison 2 – Jour 192

La voix de Lilie

Dimanche. La journée démarre avec la pluie et finit avec la pluie. Entre les deux, soleil. Et une chaleur lourde lourde jusqu’à la pluie. On profite du dehors pour prendre l’apéritif malgré le bruit des avions, incessant depuis ce matin. On mange à l’intérieur et on revient dehors pour le dessert et le café.

Après le repas, nous partons en forêt pour chercher du muguet. Il commence enfin à fleurir. Nous promenons dans la nouvelle forêt, nous ne connaissons pas encore bien les coins et certainement peu de personnes les connaissent. Nous repartons avec un beau bouquet.

Notre ami se passionne pour la nature depuis le chant des oiseaux, et leur thème de discours, en passant par les plantes sauvages ou pas, les champignons, les arbres, les insectes. C’est un plaisir de passer du temps avec lui en forêt, on apprend à regarder autrement. L’averse nous surprend au retour et nous rentrons entre les gouttes.

Les petits gâteaux oubliés sur la terrasse en partant sont imbibés de pluie.. Retour à l’intérieur pour déguster de l’eau de rhubarbe, faite par notre ami. Il n’en est pas à son coup d’essai, on a goûté par le passé de la bière, une boisson moyennageuse à base d’herbe. Que nous avons plus ou moins apprécié. Là, on est sur du plus. La boisson est désaltérante et pas trop acide car la rhubarbe est encore jeune en cette saison. Il faudra que je donne la recette à une Graine qui a de la rhubarbe dabs son jardin. Le temps est passé vite, il est déjà l’heure de se séparer.

Je suis perturbée par le chat qui doit rester à l’étage avec sa collerette. Je crains que ça l’empêche d’aller dans sa caisse et qu’elle fasse une infection urinaire… Remède pire que le mal. De temps en temps elle arrive à enlever sa collerette et évidemment elle se lèche. Je me demande comment elle va pouvoir guérir comme ça. La nuit dernière, je n’ai pas eu le coeur de la laisser dormir avec la collerette. J’ai bien peur qu’elle en ait profité…

La voix de Graine

Le muguet commence à fleurir en région parisienne? Super, j’arrive, je vais pouvoir en cueillir! Je rentre sur Paris demain.

Journée maison aujourd’hui pour préparer le départ. Je n’ai même pas pris le temps de faire mon jogging ce matin. Cela fait cinq semaines que nous vivons à la campagne. Cinq semaines où nous avons pris nos marques, déployé nos affaires, entrepris des travaux. Ce matin, je mets la dernière couche de vernis sur mon meuble cérusé. Avant de déjeuner, je passe aussi un couche de vernis mat sur les poutres de ma cuisine.

Pendant que mon mari remonte le meuble, je vide mon frigo, prépare une quiche, une compote…Bref, tous les restes y passent.

Nous passons à la librairie du village avant de passer chez nos voisins de droite avec nos modestes présents. En cette période curieuse, il faut réduire ses exigences et se contenter de ce qu’on trouve. Notre tout nouveau voisin a mal au ventre. Il est bien uniquement quand il est lové entre les deux seins de sa maman ou quand il tète. Il a raison. La vie n’est pas un fleuve bien tranquille. Le giron de la maman, ça sécurise. Tant qu’il peut en profiter. La grande sœur de 18 mois réclame un gâteau, comme à chaque fois qu’elle me voit. Une gourmande bavarde qui me fait penser à mon petit fils que je n’ai pas vu depuis cinq semaines.

Il fait beaucoup de vent aujourd’hui, du vent d’autan. La pluie menace, mais ne vient pas. Dans le doute, je rentre le linge. De toute manière, je n’allais pas partir en le laissant dehors.

La journée devrait durer une semaine pour pouvoir faire tout ce qu’il me paraît indispensable de faire. Je ne ferais pas tout. Nous reviendrons. Nous allons juste faire en sorte que la maison soit prête à nous accueillir à notre prochaine venue.

24 Avril – Saison 2 – Jour 177

24 Avril – Saison 2 – Jour 177

La voix de Lilie

La nuit a été courte. Il est difficile de s’endormir quand tant de souvenirs, de pensées, de refus passe par la tête. Ce matin, un ami de mon fils vient pour regarder ce qu’il faut faire avec le sapin. Pour lui, il faut tout couper. Nous ne sommes pas prêts, alors il reviendra pour couper seulement le haut qui est mort. Pour le reste, on verra l’an prochain.

Sur la terrasse, à l’aplomb de la cheminée, tout un tas de branchages sont dispersés par terre. Il n’y avait rien, et soudain toutes ces branches sont apparues. Un regard vers le haut nous fait comprendre que nos tourterelles sont revenues faire leur nid dans la cheminée. Catastrophe, elles risquent de boucher le conduit. Avant qu’elles aillent plus loin, nous faisons un feu dans le poêle pour les faire partir. J’ai l’impression d’entendre piailler des petits. Pourtant si les oiseaux construisent, les petits ne doivent pas être nés. De toute façon, notre stratégie tourne court. Dès que la fumée s’arrête, les oiseaux continuent leur construction.. On va les laisser tranquille et après le départ des petits nous enleverons le nid et nous mettrons une grille de protection…

Je prépare un plat pour midi et nous partons pour Château Thierry voir le mari et le fils de mon amie. C’est difficile d’être là, sans elle. Tout est à sa place mais tout est différent. Notre ami fait bonne figure, nous discutons d’elle, des enfants. Nos souvenirs de jeunesse. Nous trinquons à sa mémoire. Ici c’est le pays du champagne. Tout s’arrose au champagne, même les moments tristes. Notre ami est un amoureux de la nature, depuis toujours. Après le repas, nous faisons le tour de ses cultures, de ses fleurs. Il fait un temps magnifique, injure à notre peine.

Nous repartons en fin d’après-midi. Cette journée était importante pour passer cette étape et la laisser partir. Pour commencer la vie sans elle.

Nous reviendrons lui dire adieu vendredi.

La voix de Graine

La tristesse est légitime quand la vie s’en prend à ceux qu’aime. La partager est essentiel. Partager les rires, les éclats de rire quand c’est l’heure, et partager les larmes lorsque la peine est lourde. Pourquoi ces vies brisées, ces parcours avortés, ces familles dévastées, pourquoi? Pour nous rappeler que nous ne faisons que passer, qu’effleurer la vie de nos amours, de nos envies, de nos désirs, de nos passions, de nos rires, de nos pleurs? La vie, la mort, compères indissociables de nos existences éphémères. Un compagnonage bien difficile à accepter quand ce sont nos proches qui partent, et qui plus est, à un âge qui n’est pas l’âge de partir.

Dans ma campagne, ce samedi 24 avril est une belle journée de printemps, avec du soleil et du vent. Peut-être pas le vent d’autan, parce qu’il n’est pas froid.

Ma fille remonte aujourd’hui sur Paris avec sa petite en faisant une halte ce soir à Chateau-Thierry. Tiens donc, à quelques heures près, tu aurais pu la croiser, Lilie. Toute la journée, je garde le téléphone à proximité pour avoir des nouvelles.

Après le café partagé avec nos voisins, leur machine à café ultra sophistiquée, heureusement sous garantie, est repartie chez le fournisseur car elle est tombée en rade, nous partons randonner aux alentours du village. C’est notre première vraie randonnée depuis notre arrivée à la campagne. 13 km, ce n’est pas ambitieux. Ma campagne est belle sous le soleil. Quelquefois, avec ses courbes harmonieuses, ses couleurs chaudes, et sa végétation méridionale, elle prend des airs de Toscane. Nous rentrons, cuits à point, mon mari, sur le haut du crâne et moi sur le visage et le nez surtout. Avec le vent, nous n’avons pas pris garde au soleil.

Nous déjeunons tard, traînons au salon après le repas. En fin d’après-midi, je me remets à la peinture. Au départ, il s’agissait de faire des retouches, mais au final, je dois repeindre les poutres du plafond de la cuisine. Comme je m’y prends comme un manche, je n’ai pas assez de peinture, je vais encore devoir m’y remettre!

Ce soir, nous sommes invités chez les voisins pour manger la pizza. Ma fille est arrivée à destination, je respire, je peux ranger mon portable et profiter de la soirée.

16 Avril – Saison 2 – Jour 169

La voix de Lilie

Le calme revient doucement après ces quelques jours de nuages noirs au dessus de nos têtes. Je reprends mon travail sans conviction, sans motivation. Ma tête est ailleurs. Je respire. Un peu mieux. J’intègre ce qui vient de se passer et ce qui nous attend. Je commence à me projeter, petit à petit. Et ma vie reprend peu à peu son cours.

Ce midi mon mari va déjeuner avec sa mère. L’occasion est belle d’inviter ma fille pour faire notre repas japonnais. C’est notre rituel préféré et il y a longtemps que nous ne l’avions pas fait. Nous en profitons pour parler de tout ce qui nous touche et en ce moment le sujet est tout trouvé. Nous parlons beaucoup d’elle, de ses enfants, de don travail. Je ne veux passer tout notre temps à parler d’un autre de mes enfants.

Après son départ, tu m’appelles Graine, et tu m’écoutes un long moment. Ta voix me rassure, me detend. Je me sens soutenue.

L’après-midi, toujours aussi peu de motivation au travail. Enfin le week-end se profile. Mon beau fils a terminé le plafond de notre salle de bain, je vais pouvoir envisager la suite.

Le soir, un bon apéritif dinatoire avec mon mari et une seance de baignade pour finir de se détendre. Le week-end est là, demain vaccination et repas avec les Graines. Soleil dans mon coeur.

La voix de Graine

Même à la campagne, les journées peuvent être chargées.
Ce matin, la retraitée que je suis bénéficie d’une formation, pour la gestion du contenu de notre site jacquaire. C’est moi qui suis à l’initiative de cette formation, c’est moi qui donne l’impulsion, qui formule la demande, propose les exercices concrets, mais ce n’est pas moi qui forme et c’est bien comme ça. Au passage, je glane des informations, des savoir-faire. Ce que je souhaite avant tout, c’est que tous ceux qui sont amenés à mettre à jour le site, sachent faire aussi et que ceux qui expriment des besoins connaissent les limites de l’outil. Bref, je retrouve les réflexes acquis dans ma vie professionnelle. Rien ne se perd…

Actuellement, la mise à jour du site est inconfortable à cause notamment des temps de réponse. J’ai réclamé des moyens, obtenu des devis, partagé ma position en expliquant, indiqué un besoin de décision rapide….Le président, qui a toute confiance, convoque le bureau, en présentiel…Cela m’amuse. Je n’y crois pas! Pas de souci, l’évolution du site se fera en fonction des moyens alloués.

Je débute mon après midi en t’appelant Lilie. Je t’appelle du dehors, avec le téléphone fixe. Ma fille est en train de déjeuner à l’intérieur. Elle vient de terminer sa réunion. Pas possible d’aborder tous les sujets…Moi aussi, ton appel me fait du bien. Cette épreuve t’a épuisée. Le week-end va être le bienvenu. Je suis bien contente d’apprendre que vous allez vous retrouver entre graines.

Ce soir, les voisins viennent manger, avec leur petite fille. Ce 3ème confinement , hormis qu’il se situe à la même période, ne ressemble en rien au 1er confinement. L’année dernière, nous n’invitions personne, sauf sur whattsapp ou Zoom. Cette année, nous prenons des libertés. Nous essayons de vivre, malgré la pandémie, et c’est vital. Une pandémie qui n’en finit pas. Les vaccinations peinent à ralentir la propagation du virus. Qu’est ce qui nous attend encore sur le front du Covid? Pour nous ici, pas de vaccination prévue. Nous attendrons notre retour à Paris.

Après ton appel, je commence à préparer le repas du soir. Un complément de courses au village pendant que la petite est partie à la base de loisirs avec les voisins, l’application d’une couche de lasure pendant que mon mari épluche les fraises et les asperges…Nous passons à table tard.

Les petites jouent, courent, se chamaillent, mangent à peine. Deux petites brunettes dynamiques qui savent ce qu’elles veulent. Les poupées et nounours vont et viennent dans la maison, mangent, dorment, pleurent, sont malades.
Nous partons nous coucher épuisés, mais nourris autant de convivialité que de nourritures et de boissons.

Les planches de Deauville

Les planches de Deauville

La voix de Lilie

Petit déjeuner, crêpes à la poêle. Course pieds nus sur la plage. Plat à emporter de restaurant mangé sur un banc en retrait du bord de mer à l’abri du vent. Grande promenade sur les planches, puis sur la plage. Il fait froid, le vent est plus léger qu’hier, le soleil est léger, pas de pluie aujourd’hui. Ramasser des fossiles, coquillages. Les mouettes qui se nourrissent à marée basse avec les coquillages que la mer a révélé. Bancs décorés par des peintres. On parle de nous, de sujets qui nous ont touché, construites ou deconstruites. Retour à l’appartement, fatiguées du plein air. Heureuses d’avoir marché ensemble. Apero. Repas, soirée. Déjà la fin du week-end, on commence à ranger.

A nous Trouville

A nous Trouville

La voix de Lilie

Levées. Petit dejeuner. Grand petit déjeuner. Ensemble, tranquilles. 3 graines. S’ecouter. Se soutenir. Deux heures plus tard.

Prêtes à partir pour le marché de Deauville. Tout petit. Alors ce sera Trouville et son marché aux poissons. Il fait froid, il y a du vent. Le ciel est tantôt bleu, tantôt gris, avec des giboulées. On se réchauffe en marchant. On commande un plateau de fruits de mer pour le soir. Puis on s’achète à manger sur le pouce pour le midi. Tous les restaurants sont fermés. Les dégustations dehors aussi. C’est triste. Du coup on s’abrite du vent pour déjeuner près de la plage. Un restaurant où nous avions mangé autrefois sert des crêpes et des cafés. Ce sera café pour nous. Puis une balade au bord de mer. La marée a charrié des monceaux de coquillages en tout genre. Il y a même des coquilles saint jacques vivantes. On passe d’averses en coup de vent et en soleil. Le temps passe. Nous sommes dehors depuis ce matin, sans s’assoir vraiment, à marcher et s’abriter de temps en temps. On se réchauffe dans les quelques magasins ouverts. On rentre en fin d’après-midi. Fatiguées par le grand air. Apéro, musique, repas. Tient, nous avons acheté un pont l’évêque au passage. Notre petit arrêt d’hier nous en a donné l’envie. Et toujours beaucoup de discussions animées. On regarde nos photos, notre photographe commente. On rit beaucoup.

La voix de Graines

Une journée copines où on parle, où on s’écoute, où on rit, où on vit côte à côte, chacune à notre rythme, mais en nous ajustant les unes aux autres. Une amitié qui fait chaud au coeur. Nous sommes des soeurs de coeur. Cette amitié est précieuse lorsque la houle des mauvais jours déferle sur l’une d’entre nous et la prive de ses repères.
Beaucoup de vent et de la pluie aussi. Il ne fait vraiment pas chaud. Les rues sont vides. Très peu de touristes.
Entre deux balades, je change l’écran de mon portable. J’en ai besoin. Je n’ai pas d’autre solution. Sur 4 graines, nous sommes 2 à avoir des problèmes de portable. Cet outil nous coûte cher mais il nous est devenu essentiel au quotidien: photos, itinéraires, mises en lien avec les autres, recherches et plein d’autres choses encore… Juste avant le couvre-feu, je sors avec toi Lilie faire quelques photos. Cela me manquait.

Le voyage et l’arrivée à…

Le voyage et l’arrivée à…

La voix de Lilie

Finir la valise tout en s’occupant des travaux de la sdb. Aller chercher le pain. Récupérer le chien, rentrer faire son sandwich. Depart pour la gare. Stress d’être à l’heure, on ne se refait pas.

Retrouver les filles une par une devant le quai et embarquer. Enfin nous y voilà. Le voyage commence. On a remonté tout le train pour trouver un carré à quatre. Repas et discussions endiablées. Bientôt l’arrivée. Le train s’arrête. On descend. On avance vers la sortie quand soudain l’une de nous se rend compte que l’on n’est pas du tout à la bonne gare. Pont l’évêque, comme dit la contrôleuse reunionnaise de sainte marie, il y a du bon fromage ! Elle nous tient la porte pour éviter que le train ne reparte sans nous. Ouf..

10mn plus tard, la gare de Deauville. Terminus du train. C’est la bonne cette fois ci

Nous trouvons sans problème la jolie maison louée. 4 chambres sur 2 étages. Quelques courses pour le soir plus un joli plateau de fruits de mer. Aller retour pour voir la mer et déjà le couvre feu.

Apéro champagne, repas. Et grandes discussions. Les jeux, la danse, le sport, ce sera pour demain.

La voix de Graine

Une échappée du confinement. Nous voici à la mer!
Ce matin, au réveil, mauvaise surprise, mon portable reste noir. Quel mauvais augure. Hier soir, il est tombé à plat sur l’écran…Une journée sans portable. Un avenir sans portable…
Pas le temps de s’attarder: Avertir les copines, finir de se préparer pour partir, acheter le pain, honorer mon RDV pédicure, et foncer à la gare. Pas de souci, nous sommes toutes bien à l’heure et le train aussi.
Dans le train, le papotage reprend ses droits. Un peu plus, nous passions le week-end à Pont l’évêque où nous sommes descendues sur le quai par erreur et distraction!
Ma copine me prête un portable. Mais, aïe, pas de mot de passe. Echec pour reconfigurer le portable à la boutique. Il est bloqué par l’entreprise. Un peu stressant une journée sans portable. Un test pour acter de ma dépendance.
Deauville, j’y suis venue plusieurs fois, avec mon mari, les enfants, ma copine. La mer, l’hippodrome, le festival du film américain…Deauville est bien vide aujourd’hui. Mais la mer est bien là, au loin au bout de cette immense plage, devant les cabines de bain aux noms d’acteur.
Des toasts avec des rillettes de la belle-îloise, du champagne, un plateau de fruits de mer magnifique et une longue soirée à parler de nous et des autres, de notre vie à venir, de nos projets….
Profiter de l’escapade, profiter du temps passé ensemble, qu’est ce qu’il y a de plus important?

03 Mars – Saison 2 – Jour 125

La voix de Lilie

C’est la journée petite fille aujourd’hui. Sur le pont dès 7h30 après une nuit très agitée pour moi. Ce n’est pas qu’elle se reveille vraiment, elle pleure légèrement, peut-être dans son sommeil. Il ne faut pas bouger, elle se rendort rapidement seule. Seulement moi qui ne dort que d’un oeil quand elle est là, ça me réveille. Avec nos enfants, nous dormions, la fatigue des journées prenait le dessus. Avec les petits enfants, la pression est plus forte. Ce ne sont pas nos enfants, nous redoublons de vigilance.

Son papa est là pour refaire la salle de bain, elle est contente de le croiser dans la maison. Et nous de voir le chantier qui avance.

Ce matin nous allons dire bonjour à son autre grand-mère qui est là pour quelques jours. Je repense à une Graine qui avait du mal à concevoir qu’une presque inconnue ait le même lien de parenté qu’elle vis à vis de son petit fils. Les enfants de ma fille me semblent tellement proches de moi, que je conçoit ce qu’elle ressentait.

Pendant la sieste, 2h de cours. Après la sieste, balade et goûter. Elle est tellement mignonne. Elle aime beaucoup les bras, et j’adore la porter tout contre moi. Nous avons rendez-vous avec ma fille à la sortie du centre de loisir. Le temps de profiter un peu de notre petit fils. Il a fait un masque, loup marron avec des gommettes de couleurs. Il se cache derrière et nous devons le chercher ! À l’heure de se séparer, il veut venir chez nous. C’est touchant, et en même temps ça nous fait de la peine de lui dire non. Pas le choix, demain il y a école. Alors nous repartons pour qu’il accepte de monter dans sa voiture.

Aujourd’hui les graines ont préparé notre escapade. La maison est louée, les billets de train sont réservés. Demain nous nous retrouverons pour le déjeuner. J’aime les semaines comme ça, hors de la routine.

Je suis épuisée, je vais me coucher tôt, cette nuit je dormirai sur mes 2 oreilles.

La voix de Graine

Pour moi aussi aujourd’hui, la journée des enfants. Je retrouve ma petite-fille que je n’ai pas vu depuis presque 3 semaines. Toujours aussi cabotine. Elle connaît tout le monde. La reine de la cour de récré, la vedette. Je réclame un câlin que j’obtiens. Mais elle m’avertit, je réclame trop. Elle a un nombre de câlins limité par personne. Et moi, j’ai épuisé mon quota! Pourtant, quand je fais signe de pleurer, elle vient dans mes bras. Non, ne pas faire de chantage affectif, ça n’a pas de sens, c’est malhonnête! Ma belle-mère faisait ça avec ma fille. Ma fille n’appréciait pas du tout.
Nous attendons des amis pour ce soir. Ils ont du retard. Le train, une valise abandonnée sur le quai d’une gare, un oubli sans doute. Donc, pour le repas, nous faisons deux services, un avec ma fille et ma petite fille et plus tard, un avec nos amis.
Ma fille nous parle de ses vacances. Du ski de fond de randonnée. C’était dur, mais elle s’est régalée. Je suis contente pour elle. C’est important à son âge de s’évader et de faire autre chose que de travailler et de s’occuper de sa fille.
La petite quant à elle a fait ses premiers pas sur les skis. Elle est déjà bardée de dîplômes.
Bref, à part le fait que je me sens à la ramasse, tout va bien!

21 février – Saison 2 – Jour 115

La voix de Lilie

Voilà une belle journée de printemps. L’hiver est loin d’être terminé mais il nous offre une petite pause. J’en profite pour tailler ma vigne et faire un peu de jardinage. Nous nous payons le luxe d’un apéritif au soleil sur la terrasse. Après le repas nous partons chez ma fille passer un moment avec son chat.

3 télécommandes après, nous arrivons enfin à mettre un film. Avez vous remarqué que toutes les télévisions s’allument de façon différente, avec un jeu de box, télécommandes, av1, hdmi8 ! La chatte profite de notre venue pour prendre l’air. Vers 17h, chemin inverse. Le couvre feu s’approche.

La soirée se déroule tranquillement. Je m’occupe un peu de mon site et je passe mon appel hebdomadaire à ma mère. Blues du dimanche soir, heureusement la semaine sera courte. Je télétravaille 2 jours puis les petits viennent passer 3 jours à la maison. J’ai préparé quelques idées d’activités, et il devrait faire beau. Nous n’avons pas pris de vacances depuis fin décembre. Je commence à fatiguer. Mais où aller. La situation ne s’améliore pas, le confinement reste de mise. Que faire en dehors de la maison ? Du coup, je ne prends pas de congés et la fatigue, le stress du travail se fait sentir.

Le soleil et la température de printemps ont fait sortir les citadins dans les rues. Du monde partout. Les uns sur les autres. Comment et pourquoi interdire aux jeunes de vivre ? C’est plus facile pour nous qui sommes plus âgés de rester reclus. Les plus jeunes ont besoin du groupe, besoin de dépenser leur énergie, besoin de faire la fête. 1 an déjà, trop long pour cette jeunesse. Vivement que les personnes à risque soient toutes vaccinées. Peut-être avant l’été. On y croit…

La voix de Graine:

A la traîne, la graine campagnarde…A plusieurs, le temps redevient étroit, mais quel bien ça fait! C’était hier déjà!
Le matin, on envoie les garçons visiter les caves – une cave – car beaucoup sont fermées, c’est assez loin et notre temps est compté. Le temps est incertain. Il y a beaucoup de vent. Nous avons tout de même prévu pour l’après-midi une balade aux cascades d’Arifat. Nous allons manger à la maison. Le resto, ce serait sympa mais pas encore d’actualité! Les filles, nous préparons le filet mignon avec le reste de gratin de chou-fleur un peu complété. Juste le temps avant de faire trois courses au village, d’aller voir le ruisseau et le pigeonnier. Sur ce dernier point, je reste intraitable. Pour moi, c’est prioritaire.
Il fait frisquet, mais pas de vent pour descendre aux cascades. Elles sont magnifiques parce qu’il a beaucoup plu dans le Tarn ces dernières semaines, comme partout ailleurs en France. Il manque juste le soleil. Mais au moins, on n’a pas trop chaud. Il y a beaucoup de monde ici. Tous sont démasqués. Descente jusqu’à la rivière – le Dadou, puis remontée. Ce n’est pas la Réunion, mais, c’est une préparation! Ma graine en visite cueille des jonquilles. sur les flancs des rochers. Je m’arrête devant le presbytère d’Arifat, maison de campagne dans laquelle j’ai passé mes meilleurs moments de vacances entre 10 et 18 ans, avec ma copine d’enfance, d’autres copines, sa famille. Au retour, nous passons par Réalmont et sa place des couverts (arcades sous les maisons) – vide.


Ce soir, des crêpes au menu. De la bière au miel dans la pâte à crêpes. C’est ma co-équipère de graine qui s’y colle. Crêpes épaisses fourrées au jambon, champignons, gruyère, tomates, avec une salade d’endives et du cidre bien sûr. Après le repas, place au jeu. Ce soir, c’est « Labyrinthe ». Un jeu que j’ai récupéré de mon père. Je n’y avais jamais joué. Ensuite, une partie de boggle, un jeu que m’avait fait découvrir ma cousine. Pas de programme à préparer pour demain, car nos visiteurs partiront dans la matinée. Nous traînons à discuter. Cela fait tellement de bien de se retrouver entre amis comme avant!

20 février – Saison 2 – Jour 114

La voix de Lilie

Elle aurait eu 40 ans aujourd’hui. Comme c’est samedi, nous aurions fait une petite fête, covid oblige, en comité restreint. Nous aurions peut-être loué un gîte. Elle serait venue avec son, ses enfants, peut-être un compagnon. Celui qui repose à côté d’elle, ou un autre. La vie ne l’a pas permis. Aujourd’hui nous sommes là, auprès d’elle. Nous lui avons apporté des fleurs. Nous sommes là, pour un pique nique improvisé et une coupe de champagne. C’est ce dont nous avions envie. Passer un bon moment avec elle.

La voix de Graine:

C’est bien de lui garder une place avec vous. Un beau geste. Nous ne faisons que passer. Il y a parmi nous des étoiles filantes, qui filent avant qu’on ait pu passer assez de temps ensemble.
A la campagne, la légèreté. La balade, le jeu, les rires. Pas assez de temps, de concentration, d’internet pour écrire trois mots sur le blog. J’ai honte. Beaucoup de vent, de vent d’autan. Ce qui rafraîchit beaucoup la température. Du soleil toujours et une très belle luminosité. Ce matin, nous visitons Lautrec en partant de la porte de Caussade, après avoir salué le cavalier solitaire sur son rempart. J’ai oublié mon sac. Pas de portable, pas de photos. Nous montons au moulin. Nous faisons quelques courses pour le week-end.
Ce midi, nous mangeons à la maison. Les pique-niques, c’est bien, mais, pas tous les jours, surtout en hiver. L’après-midi, une virée à Castres et ses maisons sur l’eau. Nous montons sur le Sidobre voir les rochers en équilibre: Peyro clabado, le Roc de l’oie…Il faudrait y passer plus de temps, mais il nous faut rentrer – couvre-feu. Après une journée chargée hier, nous avons fait plus cool aujourd’hui. C’est important de prendre le temps.
Nous rentrons préparer le repas: des lentilles. Pour la soirée, une partie de Cluedo. Le temps passe très vite. Le programme du lendemain n’est même pas calé!

19 février – Saison 2 – Jour 113

La voix de Lilie

Enfin la semaine se termine. Et arrive le beau temps. Quel plaisir. L’air s’adoucit, on sent comme un avant goût de printemps. Après le déjeuner, entre deux sessions de télétravail, j’en profite pour sortir tailler mes rosiers. Lorsque commence le travail du jardin, que le soleil pointe son nez, que les jours rallongent, alors on a l’impression de sortir d’un long sommeil, d’un long engourdissement.

Lorsque je partais travailler à l’autre bout de Paris, j’attendais fin février pour voir le jour en sortant du travail et presque fin mars pour rentrer de jour jusque chez moi. J’avais l’impression que l’hiver était un long tunnel de nuit. L’avantage de la situation est de vivre un hiver avec la lumière du jour. Presque une année de vie avec ce covid, nous allons repartir pour un second tour de piste. Au bout d’un an, la vie s’installe. On reconnaît des moments, on retrouve des repères, on répète des bouts de vie. Sortir avec un masque, se tenir éloignés les uns des autres, ne plus s’embrasser. Tout ça est rentré dans l’ordre des choses. On se souvient, l’an dernier, fin fevrier, ma sœur était venue avec ses enfants. Mon beau frère n’avait pas voulu, il avait peur d’un virus chinois qui était déjà bien implanté en Italie et qui arrivait chez nous. Il disait que les déplacements superflus devait être évités si on voulai éviter que ça se propage partout. Nous on le trouvait bien alarmiste ….

Je n’ai pas eu mon cours ce soir, le professeur m’a fait faut bon. On reporte à lundi. Du coup, j’ai fini plus tôt. Un petit apéro pour bien démarrer le week-end. Et une soirée tranquille.

La chatte ronronne à mes côtés. En vieillissant elle devient de plus en plus proche de moi. Elle me suit partout, passe ses journées sur le lit derrière mon bureau, ses soirées sur le canapé près de moi, ses nuits dans mon lit. J’adore mettre ma main dans ses longs poils et l’entendre ronronner. Les chats ont le don d’apaiser leur maître. Quoi que, qui est le maître ? Le chat ou plutôt l’humain ?

Les Graines, profitez de votre escapades ensemble et visitez bien. Vous avez beau temps, c’est parfait. Merci pour les photos.

La voix de Graine:

Hier soir, pas moyen d’écrire mon blog. L’internet ne voulait pas passer dans la chambre et je n’avais pas le courage de me relever. Alors, j’ai laissé faire. C’est les vacances. J’ai laissé le soleil m’emporter dans des rêves très vivants et dynamiques. Une bonne nuit complète de campagne.
Hier, nous avons fait le tour des bastides sous un soleil éclatant, le ciel d’un bleu pur. En commençant par Cordes la majestueuse. Mais Cordes, la majestueuse attend le mois de mai pour se découvrir. Il y a à Cordes des boutiques magnifiques: ferronnerie, terre cuite, bijoux, envahies par les touristes en été. En cette fin février, nous avons trouvé porte close, quasiment partout. Et une envie pressante nous a fait faire la montée et la redescente à pas de course sans pousser les quelques portes ouvertes. Nous n’avons pas trouvé les toilettes publiques! Pas doués les touristes. Une erreur quasi-fatale en ces temps de Covid.
Mais quel beau ciel, quelle belle lumière! En bas du village, une brasserie nous a ouvert ses portes pour nous proposer un pique nique conséquent, bien meilleur qu’un sandwich jambon beurre, et soulager nos vessies. Ouf, la belle nous a montré un côté plus accueillant.


Après Cordes, direction La commanderie des templiers de Vaour, puis le magnifique petit village de Penne aux rues jalonnées de poèmes, et sa forteresse, fermée, bien sûr. Nous faisons le tour du village, encouragés par un couple de maçons qui restaurent une façade. Du château de Bruniquel et du village de Puycelsi, nous nous contenterons d’une vue en contre-plongée. Nous faisons la pause à Castelnau de Montmirail. Les villages fortifiés sont déserts. Pas âme qui vive dans ces beaux villages de pierre. Quelle tristesse. Le ciel est d’un beau bleu. Nous apprécions la balade.

Il est temps de rentrer. L’heure du couvre-feu approche. Nous avons beaucoup de route aujourd’hui, suffisamment.
Ce soir, soupe et quiche. Et dodo.

18 février – Saison 2 – Jour 112

La voix de Lilie

Une journée qui commence par un petit déjeuner au lit. Café, croissant. Hum. Voilà un beau début. Je m’attelle à ma matinée de télétravail et je sais que ce midi ma fille vient déjeuner avec moi. Je nous commande des suschis. Nous sommes tranquilles toutes les deux, les enfants sont chez la nourrice et au centre, nous pouvons parler tranquillement. Nous avons tellement de retard à rattraper et seulement 1h30 devant nous que nous parlons à batons rompus ! J’aime que l’on se retrouve toutes les deux comme avant les petits. Je les adore, seulement ils occupent toute la place quand ils sont là.

L’après-midi je télétravaille en bas car je garde la chienne de mon fils. Il pleut sans arrêt. À certains moments ce sont des trombes d’eau. Le reste de la journée a été grise. Heureusement que j’ai eu des occasions de me rejouir sinon le moral serait tombé bien bas.

Pour finir cette journée de télétravail , je discute avec une copine de travail. Là encore, plein de choses à se dire. Les mêmes problèmes, les mêmes doute, le même ennui, la même envie que ça s’arrête.

Méfions nous, en ce moment j’apprends beaucoup de séparations. Effet confinement ?

La voix de Graine

Hier, soleil, nous avons marché. Aujourd’hui, un ciel plus couvert, nous avons mangé.
Ce matin, les courses, puis la cuisine et le ménage pour mon mari.
Arrivée triomphale de la gazinière au moment de l’apéro, en avance sur l’horaire prévu. Nous installons Madame, enfin le livreur installe Madame, puis nous passons à table avec ma soeur et mon beau-frère. Il est au moins 14 h 30.
17 h 20. Arrivée, prévue, d’une Graine et départ de ma soeur. Couvre-feu oblige.
Apero dans la cour- le soleil est à présent de la partie, préparation du repas…et de nouveau à table.
Même si c’est toujours un peu compliqué pour moi, je suis contente de recevoir des amis à la maison, d’autant plus en ces temps de Covid qui nous isolent les uns des autres.
Une pensée pour toi Lilie, qui garde la maison, qui télétravaille, sous la pluie!
Préparer la sortie de demain. Demain il fera beau. C’est déjà l’heure d’aller se coucher.

15 février – Saison 2 – Jour 109

La voix de Lilie

Ce soir, tu dois être fatiguée de ta journée Graine. Peut-être endormie, tombée comme une masse. Saine fatigue que le grand air et les grandes randonnées en montagne. Je te lirai demain. Fait de beaux rêves.

De mon côté c’est la reprise de la semaine. Les réunions s’enchaînent. Ce midi un bon repas, préparé par mon mari, m’attend en bas. Un rien peu éclairer une journée morose. Quelque chose qui sort de l’ordinaire. Un moment différent. Après mon travail nous sommes allés ramener le chien chez mon fils. Prétexte pour prendre l’air. Je suis loin des grands espaces ! Au retour, passage par un magasin pour acheter un cuiseur à riz. C’était une grande sortie !

Retour pour le couvre feu. La permission de sortie est terminée. Quand on travaille c’est difficile de ne pas pouvoir sortir le soir. Surtout que les jours rallonge. L’an dernier on pouvait marcher 1km autour de chez soi. Et c’est suffisant pour partir en forêt. J’espère que je pourrai voir arriver le printemps, voir les bourgeons éclorent, et les fleurs sortir de terre. Dès que le temps sera meilleur je me baladerai le midi. Bientôt.

Pour la deuxième fois, les informations parlent de recul de la pandémie. Et même les variants semblent moins méchants que prévu. Cela donne l’impression que l’étau se desserre. Un coin du voile noir au dessus de nos têtes se soulève doucement. Deux jours de file. On se prend à rêver.

L’apprentissage de la lecture

3 ans. Première année de maternelle. Tout à apprendre. A commencer par reconnaître son prénom. Ça y est, petit fils le reconnait. Dans sa chambre, au pied de son lit est accroché son prénom écrit en lettres de bois. Sa maison, ce n’est pas l’école. Pour la première fois, il s’aperçoit que ce qu’il a appris est écrit là, dans sa chambre. Il appelle sa maman, lui montre le tableau et lui dit: « regarde Maman, il y a écrit moi »!

28 décembre – Saison 2 – jour 60

La voix de Lilie

Il fait 2 degrés ce matin au levé. Trop pour Lans. Il a perdu un oeil, sa bouche, les boutons de sa veste et il a diminué de moitié. Il vit une vie en accéléré. Naissance, décrépitude, mort. En 3 jours. Notre temps de vie est-il réellement plus long ? Pas sûr. Hier petite fille, aujourd’hui sur le tard… Que c’est il passé entre les deux ? Encore une année qui s’achève sans que je l’ai vue passer. Où sont 2019 18 17 16 ? Qu’ai-je fait en 2015 ? Tout se mélange. La seule différence avec 2020, c’est qu’on n’oubliera aucun détail de chacun de ses mois. Une année particulière. Longue à vivre, difficile et pourtant déjà terminée. Le fil de la pelotte se déroule, bientôt la bobine cherra ! Quand j’était petite je croyais qu’il fallait tirer la chevillette et la bobinettecherra ! 😜

Ce 28 décembre offre un joli soleil aujourd’hui et une température plus clémente que ces derniers jours. Le ciel bleu donne plus d’énergie et de joie de vivre que le gris. Ça fait du bien de le voir pointer son nez. Sur la route du retour, je m’arrête dans une ville où je venais petite chez des amis. Depuis tout le monde est parti…. Je retrouve la maison plus facilement que je pensais. Comme si elle m’avait attirée à elle. Nous nous arrêtons un moment devant. L’endroit n’a pas changé. Loin le temps, et pourtant la maison reste, avec de nouveaux habitants, une nouvelle vie. Le quartier autour, lui, a subi les assauts de la société de consommation. Un grand centre commercial s’élève juste derrière les pavillons. Bord de ville de province avec ses immondes zac…

Graine, je te souhaite de bien profiter de ta maison.

La voix de Graine

La maison m’accapare, me possède! Ce n’est plus moi qui gère mon planning, c’est elle. Ce matin, grasse matinée. En plein déjeuner, la radio nous annonce qu’il est … 10 h 30. Une matinée déjà bien avancée. Vite, se préparer, aller acheter le pain, faire quelques courses, déjeuner, faire la pause, faire le tour de la maison, remettre les appareils en route, nettoyer, dépoussiérer, faire l’état des lieux suite aux travaux, aller dire bonjour aux voisins. Nous devons acheter une gazinière. Mais ici, les magasins ferment à 19 h. De toute manière, à 20 h, c’est le couvre-feu! Nous jetons un coup d’oeil rapide. Nous reviendrons demain. J’ai très mal au dos. Le voyage en voiture sans doute, et aussi le stress au sujet des travaux. Dehors, c’est la pluie, la pluie, la pluie. Pas moyen de mettre un pied dehors. C’est vraiment un sale temps. Et ça va durer la semaine. Peut-être de la neige en fin de semaine.
Ce soir, mon mari pose les rideaux, pendant que je nettoie. Demain, nous sommes invités à déjeuner chez ma soeur. J’irais chercher mon frère à sa maison d’accueil et nous partagerons le goûter. Avec ou sans masque? Je ne sais pas. Je verrais bien.
La vie de Lans fut brève mais heureuse et dense. Qu’importe après tout la durée. L’essentiel est d’être vivant tant qu’on est en vie. Trivial, mais pas toujours si évident. Parfois, le temps passe sans nous, comme si nous étions absents de nous-même, comme si nous n’étions pas là.

24 décembre – Saison 2 – jour 56

La voix de Lilie

La plupart des français sont occupés à préparer le réveillon de Noël. Ce qui donne des villes désertes, en dehors des magasins pris d’assaut, et des routes vides. Nous en profitons pour partir dans le Vercors passer 4 jours loin de tout ce brouhaha. La route est belle, avec quelques cascades magnifiques et bondissantes en cette saison. Il n’y a pas encore de neige, peut-être demain. La petit ville de Lans en Vercors est morte. Pas d’animation à cause du covid, quelques lumières pour égayer un peu. Le petit hôtel de l’arc est bien sympatique. L’accueil aussi. Tout l’après-midi des clients viennent chercher des repas ou des plats pour ce soir. Cela permet aux hôteliers restaurateur de survivre. Pour nous ce sera un repas en chambre. C’est la règle. Et pareil pour le petit déjeuner. Qui n’a pas rêvé d’un room service ? Maintenant c’est une obligation. Pour notre seule soirée sans couvre feu, il pleut et nous ne pouvons pas sortir. Pas de bol. Il ne reste que la télé et la lecture. Il est impossible de trouver une émission qui n’évoque pas la période de Noël. Impossible de s’extraire de cette coutume lorsqu’on n’y participe pas. Deux mois depuis le début des publicités, un mois de cadeaux, menus, décorations, 10 jours de film, reportages. Vivement samedi, que le temps reprenne son cours normal, avec ses sujets de prédilection covid et confinement ! La bonne blague !

Demain la neige est attendue, il y a longtemps que je ne l’ai pas sentie crisser sous mes pieds. Le temps passe vite, je ne me souviens plus si on a eu de la neige à Paris l’an dernier…

La voix de Graine

Comme je comprends, Lilie, ton agacement. Noël. A compter de mi-novembre, difficile d’échapper à ce leitmotiv. Tout tourne autour. La télé, la déco, le shopping…Il ne faut pas être dupe. C’est avant tout une gigantesque opération commerciale. A côté de ça, heureusement, c’est une occasion de se retrouver en famille, autour des petits, de faire un repas festif, d’échanger de menus présents.
Pour le réveillon, nous avions fille et petite-fille. Repas simple. Mais en essayant de sortir de l’ordinaire. Ce qui veut dire pour nous plus de cuisine qu’habituellement. En théorie, préparation tous ensemble. Dans les faits; nous faisons beaucoup et les filles un petit peu. Un essai de bûche pas forcément concluant. A 19 h 30, nous sommes allés prendre l’air à Bastille. Nous sommes remontés du Port de l’Arsenal jusqu’à la Seine. Il n’y avait personne. Le temps s’est beaucoup rafraîchi. J’avais froid. Nous avons couru sur les quais. Puis nous sommes rentrés pour boire le champagne et festoyer un peu.
Fille et petite petite fille sont restées dormir à la maison. C’est plus simple pour le Père Noël. Pour Noël, j’aime bien avoir mes enfants à la maison.
Demain, nous essaierons d’attendre fils et petit-fils pour ouvrir nos paquets. Pour petite-fille, il y aura certainement dérogation.
Ce matin, enfin, je veux dire, le matin du 24 décembre, j’ai passé 2 h à confectionner une carte pour ma soeur aînée. Une manière de lui exprimer de l’affection sans acheter. La carte arrivera après Noël. Ce n’est pas grave. L’affection peut s’exprimer tous les jours de l’année.
Je te souhaite la neige, Lilie. Construis-nous un beau bonhomme de neige et envoie-nous la photo. Fille et petite-fille partent dans le Massif-Central samedi. Elles rêvent de neige elles aussi. Attention aux loups et aux fantômes loups. Il pourrait y en avoir à la montagne.

Mousse au chocolat express

5mn de préparation. Pas de cuisson.

Un petit dessert à savourer à 2. Si possible, 2 cuillères dans le même bol !

Récupérez l’eau d’une mini boite de pois chiche (si si, profitez en pour manger les pois chiches en salade en entrée ! ).

Montez cette eau en neige au batteur et ajoutez 15 grammes de sucre en continuant à battre.

Faire fondre 40g de chocolat (au lait ou noir selon votre goût) 1mn au micro-onde et laisser refroidir 1mn.

Ajouter l’eau en neige en remontant avec une cuillère.

Au frais 2h, ou congélateur 30mn pour le dessert.

C’est prêt ! Simple, rapide et terriblement efficace !

Mots de petit enfant

Ma fille fait manger sa petite. C’est moi qui ai la soupe. Je sais que mon petit fils adore piocher quelques cuillères pendant que je donne à manger à sa soeur. Alors je remplis bien le bol. Ma fille s’en étonne, du coup je demande à mon petit fils s’il a envie de taper un peu de soupe ? Et bien oui, il donne un grand coup dans le bol avec sa main. Il a tapé la soupe !

30 octobre – saison 2 -jour 1

La voix de Lilie

Triste journée d’automne. Grise. Silencieuse. Télétravail remis en place pour tous. Skipe et WhatsApp s’agitent. Besoin de communication. De se savoir proches les unes des autres. On cherche déjà comment s’occuper. Pour ma part, le travail mange une bonne partie de la journée. Et je me doute qu’on fera plus light que la dernière fois.

Aujourd’hui tout le monde cherche comment continuer son activité, restaurant, bars, librairies… Ou comment continuer à s’amuser. Partir loin de Paris pour confiner au large. Faire ses courses avant la fermeture non annoncée des magasins. Le niveau moyen des français me fait peur 😱. Quel peuple solidaire, quelle impatience de s’amuser. Il y a 80 ans nos grands parents vivaient une guerre terrible, qui a duré 4 ans. Et nous, génération 68 et plus millieniels, pas capables de ne pas s’amuser pendant quelques mois. C’est à pleurer.

Confinons… Sereinement…

La voix de Graines:

Retour de vacances hier soir, jeudi, comme prévu. Trois heures de bouchon pour rentrer sur Paris. Je suis encore en Lozère, sur les chemins de randonnée, en croisant le chemin de Stevenson et ses randonneurs…le Mont Lozère, le Pont de Montvert..Les forêts de hêtre, tout en ocre et or – les fayards – éclairent le gris du ciel. Les oiseaux. Le froid qui pique. Le soleil qui réchauffe. Le vent. Les couleurs. Les odeurs, le silence. La fatigue physique. Et le soir, la piscine.

Sur le chemin du retour, J’entends la radio. Confinement à partir de jeudi soir minuit…Je ne comprends pas ce que cela signifie. Je n’ai pas envie de comprendre. Pas encore. Mon fils squatte toujours à la maison, avec sa femme et son bébé. J’appelle ma fille. Ma petite fille rentre demain. Me rassurer. Retrouver mes petits.

Aujourd’hui, Je reprends contact avec un quotidien qui me rassure et m’effraie. Télétravail pour mon mari qui fonce au bureau récupérer son ordinateur. Me réapproprier mon appartement parisien qui ne me ressemble plus. Nettoyer, ranger, faire les courses, préparer le repas. Reprendre contact avec les amis , la famille. Mail de ma libraire qui propose du click and collect. Sûr, je vais acheter des livres. Parce que j’en ai besoin et que je veux la soutenir. De retour de Suède, ma petite-fille me fait des bisous au téléphone. Mon petit fils babille à qui mieux mieux. Le présent. Ne pas penser à demain. Ce demain qui fait peur. Demain sera un autre jour. Un jour de soleil .

29 octobre – reconfinées

La voix de Lilie

Était-il véritablement fini ce journal ? Cet espoir que nous avions tous en ressortant le 10 mai. 5 mois de vie avec des gestes barrières pour tenter d’enrayer le virus. Peut-être que collectivement nous n’avons pas été assez appliqués, peut-être que simplement le virus est plus fort que nous. Alors, oui, demain va s’ouvrir le deuxième tome de ce journal. Pour laisser du temps à nos chercheurs et soulager nos soignants.

Demain, en plein automne, avec un temps triste à mourir, se couper des autres. Les graines me manquent. Nous avons si peu profité des 5 mois avec toutes ces restrictions et nous revoilà isolés. Mes rêves de we et de vacances s’envolent. Nous attendrons.

Moins difficile cette fois ci ? Verrons nous nos petits ?

L’occasion revient de se poser, prévoir l’avenir, bricoler, décorer, cuisiner. Surtout, garder l’envie.

Aller, hop, c’est parti. Demain saison 2 – jour 1 !

10 septembre – Palerme

10 septembre – Palerme

Après avoir traversé des banlieues plus ou moins pauvres et tout aussi sales (c’est l’Italie du sud…) nous entrons par la porte principale qui arbore l’aigle, emblème de Palerme, symbole de liberté.
La ville est construite sur 4 fleuves, du coup il n’y a pas de metro.

Tout près de la porte s’élève le palais royal. Il abrite le 1er parlement du monde créé en 1130.

Plongeons dans le moyen âge de la sicile. Les plus grandes connaissances du monde se sont développées en Sicile et ont été conservées à Palerme par frederic 2, petit fils du fondateur normand. (nord man, l’homme du nord, le français).

Les monuments ont été construits par les arabes qui connaissaient l’architecture et adapté par les diverses conquérants suivants. Du coup on trouve des églises en forme de mosquées. La Sicile a été sous 13 dominations différentes. Il est plus rapide de dire qui n’est pas venu !

En prenant la rue principale qui part de la porte et descend jusqu’à la mer, nous arrivons devant la cathédrale qui abrite les reliques de Sainte Rosalie patronne de Palerme. Mosquée déguisée en église. Une maxime gravée sur cette église: opebus credite (si je me souviens bien) qui veut dire: ce que vous faites est plus important que ce que vous dites. Nos ancêtres avaient déjà tout compris, et notre époque l’oublie trop souvent… Dans ce style, les policiers sans masques, parlent entre eux où aux passants dans les voitures. Masque obligatoire ?

Poursuivons le corso principale avec un arrêt pour déguster un jus d’oranges et grenades pressées. On arrive à la place di quatro canti, quatre quartiers ou place du soleil. Croisement de routes avec des statues et une fontaine dans chaque coin. Elles représentent les 4 saisons, les 4 fleuves (par les 4 fontainesl, les 4 saints, dont sainte Rosalie.

Partant à droite, un peu plus loin, la fontaine du prestoria surtout appelée place de la honte. Parce qu’elle est entourée de statues nues alors qu’elle se trouve devant un couvent: que vergogna, quelle honte ! Ou aussi parce que tant d’argent dépensé alors que Palerme en avait besoin.

Derrière, plusieurs eglises, couvents avec des coupoles arabes.

Quittons les monuments pour découvrir la Palerme d’aujourd’hui. Des petites ruelles tortueuses qui débouchent sur des placettes où les habitants se parlent de balcon à balcon ou de balcon à la rue ou la place. Des échoppes dans les ruelles, des magasins de souvenir et des marchés. Beaucoup de mouvement, de vie, de voies. Les murs jaunâtres, les volets verts, la saleté par terre, partout.

Quittons ce quartier pour nous diriger vers le théâtre massimo. Comme son nom l’indique, le plus grand, le premier. En réalité le 3ème d’europe, mais le premier climatisé dans les années 1800 par un système de courants d’air. Magnique batiment, construit après avoir rasé tout le quartier !

Il est temps de repartir de Palerme et de rentrer à l’hôtel, profiter de la plage, de la mer et des terrasses pour y prendre un petit verre.



9 septembre – Les iles éoliennes.

9 septembre – Les iles éoliennes.

Lever de soleil ce matin depuis l’hôtel. Ces vacances me font lever plus tôt que le travail ! Mais quel beau spectacle. Rare pour moi qui suit une lève tard.

Après une journée route hier, se sera une journée bateau aujourd’hui.

Les iles sont des volcans soudés entre eux. Les
Iles eoliennes, ont été créée par des grecs. Ils produisaient des câpres. Chez nous, on mange le bouton. Ici ils mangent aussi le fruit (qui pousse après la fleur si on laisse eclore le bouton) et qui ressemble à un concombre avec une tige. En salade, ou au vinaigre. Plus délicat que le bouton.

L’homme des cavernes, lui, faisait des couteaux avec de la lave. Il faut 4 à 5 ans pour que la lave refroidisse. Si elle refroidit trop vite, les gaz sortent, la pierre devient blanche: c’est la pierre ponce. Sur l’ile, elle est protégée, on ne peut plus l’extraire. 1/4 de l’ile est en pierre ponce. Le reste en oxydiène, noire, coupante. On en fait des couteaux, des pointes de lances.

A Milazzo, nous embarquons dans une Navette vers Lipari, 1ère des îles eoliennes. 1h de traversée . Il fait très chaud déjà, 26 degrés. Pourtant il est à peine 9h. On se met à l’ombre à l’arrière du bateau. Je me suis mise le nez au vent pour regarder l’ile qui se dessine au loin. C’est reposant, le tangage du bateau, le bruit de l’eau et de l’écume et aussi celui du moteur… . Le ciel la mer la terre au loin. Je médite. Sur ma vie… Lipari la plus grande des iles éoliennes, la plus habitée et certainement la plus jolie.

On croise à notre droite l’île de Stromboli dans la brume. C’est une des plus petites iles, on ne peut pas y aller car le volcan est toujours actif. A gauche en avant, Vulcano, nous irons après. Tout au fond, la dernière des éoliennes, Saline.

A ce qu’il paraît, des policiers se déguisent en touristes à l’arrivée des bateaux pour prendre des photos témoins des personnes sans masque. Et sans masque 400e d’amende. Ça ne lésine pas en Italie… On n’a rien remarqué et vu beaucoup de personnes sans masque….

Depuis le bateau on aperçoit la coulée blanche de pierre ponce.
La navette nous débarque à Lipari, sur la plage où était arrivé Ulysse.

Lipari se visite en peu de temps, comme toutes les eoliennes elle est petite et se concentre autour du port. Il y a une belle citadelle en haut avec de grandes terrasses panoramiques.

On se faufile un peu dans les ruelles pour éviter la voie centrale et ses boutiques de souvenirs. Par erreur, je voulais un granité citron, j’essaie la spécialité du coin, sorte de jus de citron salé. Pouah, je n’y reviendrai pas !

Après une heure de visite et pas mal de photos, retour sur le bateau, direction Vulcano. 10mn entre les 2 îles.

Vulcano est formée par 3 volcan. Dont un qui s’appelle la forge. L’histoire raconte que lorsque le forgeron tape sa forge, on voit de loin les étincelles. L’histoire ne dit pas qu’elle pièce a été usinée ! Et ne dit pas non plus l’odeur nauséabonde de soufre qui se dégage des collines. Là, le masque est bienvenue, plus un gilet devant le nez ! À l’endroit où l’odeur est presque la plus forte, il y a une pizzeria….. Seuls les autochtones doivent avoir le cœur d’y manger !

De nôtre côté, nous mangeons plus loin de cette odeur. Un plat de pâtes typiques de l’île : câpres et olives. Je déteste les câpres et pourtant ici, je trouve délicieuses leurs toutes petites câpres, à peine plus grosses que des lentilles.

On vient à Vulcano essentiellement pour ses bains de boue sulfureuse (fermés en ce moment) et ses eaux bouillonnantes. Dans l’eau de mer s’échappent ça et là des chapelets de petites bulles. Cela crée des courants d’eaux chaudes. Au milieu de l’eau, il y a même un gros jet d’eau chaude qui remonte à la surface. Comme un jacuzzi naturel. L’eau est très soufrée, vert pâle à certains endroits.

Je décide de prendre un bain pour profiter de cette curiosité. Au moment de mettre mon maillot de bain, je m’aperçois que j’ai pris 2 bas de maillot, pas de haut !!! et pas de topless en Sicile (en tout cas, pas vu) qu’à cela ne tienne, je me baigne avec mon tee shirt. Juste qu’à la sortie de l’eau, je fais un peu miss tee shirt mouillé !!! Voilà donc une baignade mémorable en tout point de vue !

Avant de repartir vers Milazzo, le bateau effectue un tour de l’île pour nous montrer quelques beautés de la nature. La Grotte de pégase (j’ai eu beau regarder je n’ai pas vu le cheval, encore moins les ailes !), bassins, falaises, rocher du lion (là j’ai bien vu le lion !) , colonne.

On peut même voir les niveaux de roches soulevées par les poussées suivantes.

Encore une journée bien remplie…

8 septembre – L’Etna – Taormine

8 septembre – L’Etna – Taormine

L’excursion du jour nous conduit vers l’Etna. Le temps d’approche est assez long car nous sommes quasiment à l’opposé de l’île. Du temps pour notre guide, Mario, pour nous raconter des anecdotes sur la sicile. A savoir, quelques morceaux choisis: le nom de la déesse de la mer et de la terre, Desmeter, que les citronniers ici donnent 4 frutaisons, la dernière ne murissant pas fait ce que l’on appelle lime. Il y a de très nombreuses variétés de citron, l’une d’entre elle donne des citrons très gros, comme des melons allongés. D’autres sont sucrés ou acides ou amers, il y en a pour toutes les recettes. Dont les spaghetti aux citrons qui sont à tomber (les filles) aux dires de Mario !

On retraverse les champs de pistachiers, qui sont en réalité des orangers de petite taille !

Est-ce que vous saviez que l’on trouve les 3 volcans vesuve, stromboli et etna sur le même méridien ? Ce méridien, 25ème, grindwitch, je vérifierai ! Est aussi appelé faille volcanique, ou tunnel de lave.

L’etna ne fait pas partie de la Sicile. Non, non. La sicile faisait un golfe autrefois, et soudainement, du fond des mers a jailli le volcan. Et d’éruptions en éruptions, les coulées se sont agglutinées aux terres de la sicile. Il n’y a pas de terre, seulement de la lave. Maintenant, c’est la partie la plus habitée de l’île car la plus fertile.

Nous sommes partis très tôt ce matin car dès midi le volcan se couvre et adieu les photos. Pour notre venue, il est déjà couvert…. Pas d’image d’Épinal pour nous ! Heureusement il est très haut, 3300m, bien au dessus des nuages. Depuis le parking à 1900m, nous prenons le téléphérique puis une navette qui nous emmènent à 3000m. De là, on peut admirer une des 4 bouches de l’etna, toujours en activité. Des fumeroles blanches de vapeur d’eau 85% et jaunâtre de soufre. Légèrement plus bas, la petite bouche de l’éruption de cet été fume encore. Si le temps est beau (gloups) on peut voir la vallée en bas et la mer….😱.

Après cette première partie de journée, cap sur Taormine. En descendant la route de l’etna nous rencontrons la pluie. Les nuages s’accrochent à lui comme pour rivaliser avec son panache de fumeroles !

Bien heuresement il fait très beau à Taormine, et même très chaud. Son nom lui vient de sa situation géographique entre 2 collines qui forment comme 2 cornes de taureaux. La ville surplombe la mer de 200m. Depuis la place principale, il y a une vue magnifique. La rue principale est bordée de magasins de luxe. Et aussi d’un bon glacier ! De chaque côté partent des vicoli, petites ruelles ombragées. L’une d’elle conduit au jardin de la villa municipale. Un havre de fraîcheur, un panorama sur la mer et l’anse de Taormine. Ça me rappelle la vue sur la promenade des anglais à nice, vu du chateau. Sauf qu’en bas la promenade c’est la voie de chemin de fer ! Dans Taormine, le plus connu est le théâtre antique qui offre cette même vue depuis le haut de ses gradins. Mais, nous, pas envie de le faire ! Entrée payante, beaucoup de monde, peu de chose à voir… Et on a vu celui de Pollina, alors !

La journée est passée, la route est longue pour rentrer. Le retour se fera par le haut pour passer par Messine (sans pêcher la sardine) et le détroit, 3km de large, qui sépare la Sicile de la calabre – pied de la botte.

Une journée bien remplie, des souvenirs plein les yeux. Et de beaux rêves en perspective.

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

7 septembre – Gorges de Tiberio – Pollina

Ce matin nous partons pour les gorges de Tiberio. Présentées comme une promenade en barque sur des eaux limpides et baignade dans des baignoires naturelles. La réalité est moins paradisiaque… La chaleur de l’été a asséché la rivière.. Il ne reste qu’un fond d’eau assez saumâtre, noire dans les gorges et verte ailleurs. Les baignoires sont devenues lavabo ! Y aller, oui, au printemps, ce doit être magnifique. Personnellement, j’ai eu l’impression d’être au bord de l’Ardèche, en fin d’été. Heureusement, le trajet était sympatique à travers les collines et la balade en bateau gonflable avec charlotte, casque et masque, amusante. Chat échaudé craint l’eau froide, pour ceux qui ont fait le voyage à la Réunion avec moi, je me suis équipée d’une pochette téléphone étanche ! Ce fut tout de même une sortie agréable.

L’après-midi, c’est décidé : cap sur Pollina qui nous nargue du haut de la colline. Un petit travail d’étude des transports en commun du coin et nous voilà partis à pied pour Finale où devrait…. passer un bus pour Pollina. Internet prévoit 14h20, aucune indication sur l’arrêt de bus, les gens du coin nous disent 15h. Bah, attendons. Finalement le voilà à 14h20 ! Bravo Internet. Nous sommes fiers de la réussite de notre entreprise ! A nous Pollina.

Le chauffeur du bus prend soin de nous, il nois prévient quand descendre et nous donne l’heure de rendez-vous pour le retour.

Une vue à couper le souffle. Des ruelles pavées qui mènent tout en haut à un théâtre antique qui domine la vallée des collines. De l’autre côté de la ville, des escaliers qui surplombent la mer. C’est un village perché comme il y en a beaucoup en Sicile. Nous n’aurons peut-être pas l’occasion d’en voir d’autre alors ça valait le coup d’y monter.

Le bus nous redescend à l’heure convenue et nous dépose tout près de l’hôtel pour nous eviter le retour depuis finale. Trop sympa ce chauffeur.

Maintenant, quand je regarde Pollina depuis notre hôtel, je n’ai plus cette frustration de la voir si près sans pouvoir l’atteindre. Je revois la vue, les ruelles et je lui souris. La nuit elle scintille de mille lumières en haut de sa colline. Clin d’oeil, bonsoir.

6 septembre – journée farniente

6 septembre – journée farniente

Au départ il était question de louer une voiture pour aller visiter les villages alentour. Seulement voilà, il n’y a pas de voiture… A 7km au dessus de nous, le magnifique village perché de Pollina nous nargue. Impossible d’y aller. A pied, trop pentu et 7km aller, pas de bus, encore moins de train. Le staff de l’hotel, pourtant là depuis des années ne sait pas nous indiquer comment prendre un bus ou un train. Rien n’est prévu pour renseigner les personnes qui sortent de la norme « je reste à l’hôtel » ou « je fais les excursions de l’hôtel ».

Bien, ce sera donc une journée farniente. Mer, piscine, soleil, il y a pire comme punition ! Nous avons trouvé un petit restaurant au calme pour manger le midi. Pris nos marques dans ce complexe de vacances trop bruyant pour nous. La piscine, inabordable, trop de familles, de cris, pas de transat libre. Ce sera la mer, son sable noir volcanique, ses parasols tranquilles. Et une promenade dans les hauteurs pour se dégourdir les jambes.

L’Italie a cela de bien, que sans voiture on ne peut rien faire, avec, on ne sait jamais où la garer et elle est interdite dans la plupart des villes touristiques !

Une journée sans programme, pour nous qui ne savons pas nous arrêter. Une journée pour faire tomber la pression, pour s’ennuyer. Une journée pourtant qui a passé bien vite.

5 septembre – Cefalù

5 septembre – Cefalù

Le petit village à côté de l’hôtel s’appelle Finale. On peut y aller à pied en empruntant une ancienne route reconvertie en voie verte. Masque sur le nez, nous visitons. Finale domine la falaise et offre donc de jolis points de vue. En dehors de ça, c’est un village tout simple, avec son ancienne tour de guet et ses vieux sur un banc à l’ombre !

Bref, tout ça pour dire que Cefalù nous y allons l’après-midi. En plus des affaires habituelles, ne pas oublier de prendre son masque. Visiter une ville hyper touristique avec un masque par 30 degrés, n’est pas chose facile. On étouffe vite…. Cefalù est une très jolie ville du moyen âge, construite sous le rocher en forme de tête (céphale) qui servait de repère au marins. On ne s’y perd pas, ses ruelles sont tracées en perpendiculaire ; soit elles montent vers la cathédrale (nord sud) soit elles amènent vers la mer (est ouest). Il y a dans la ville un antique lavoir très particulier et bien entendu, une cathédrale. Construite par les byzantins comme une mosquée, puis adaptée par ces mêmes constructeurs pour faire plaisir à chaque religion. L’époque était plus tolérante que la notre… La grande rue qui descend vers la mer débouche sur une porte donnant sur la plage. Il y a une vie grouillante sur cette plage et dans l’eau. Les enfants et les jeunes, sautent, plongent, crient. C’est l’Italie. Tout le monde parle fort. On remonte par une autre rue en mangeant une glace (c’est l’Italie tout de même), le masque à la main.

4 septembre – Envol vers la Sicile

4 septembre – Envol vers la Sicile

Jusqu’au dernier jour ce voyage pouvait être annulé. Et ça y est, nous partons mon homme et moi. Il est très tôt ce matin, les valises sont bouclées, les masques dans le sac. C’est notre 1er voyage covid à l’étranger. Et la Sicile, c’est l’Italie. Et l’Italie a pris cher au printemps. Restons sereins, les vacances, le soleil vont nous faire du bien. Et on sera prudents… Alors, allons, y. Comme si de rien n’était, ou presque ! Il fait beau ce matin, on profite du lever 🌅 de soleil en roulant vers l’aéroport, les couleurs du ciel sont magnifiques. 1ère prise de température avant l’enregistrement. Très dérangeant qu’une personne vise votre front avec un pistolet … Il fait si clair aujourd’hui que l’on peut suivre le trajet de l’avion tout le long du voyage. Le plan de vol nous fait passer tout près de chez moi. Je distingue Bollène au loin, la vallée du Rhône et le mont ventoux qui se détache, majestueux. Puis il est temps d’obliquer vers nice, la corse, et enfin la Sicile qui se profile sous nos ailes. Le stromboli, l’etna. L’avion traverse la sicile nord sud. A l’arrivée à Catane, l’etna impose sa majesté dès le tarmack. 2ème prise de température. L’été est là aussi. Maintenant, nous allons refaire en bus la traversée sud nord ! L’occasion de regarder le paysage de l’intérieur de l’ile. D’abord les champs de pistachiers (enfin je suppose, j’ai lu que c’est la spécialité du coin et il y a des champs à perte de vue !), puis des terres vallonnées jaunies de la sécheresse de l’été. Pas un point de verdure, du jaune à perte de vue. Au loin les montagnes. La végétation change quand on les traverse.Elle devient plus fournie, les arbres plus hauts, plus verts. Enfin, la mer se découvre devant nous. D’un bleu profond, des terres rouges et noires de volcan. La côte est fantastique. Des falaises, une eau translucide avec un panaché de couleurs allant du vert au bleu sombre.

Enfin, nous sommes arrivés. 3ème prise de température. nous pouvons enlever nos masques, découvrir nôtre hôtel et prendre un bain de mer.

Aujourd’hui, une certitude, je n’ai pas de fièvre 🤒.

1er jour de vacances

Enfin, il est arrivé ce 1er jour de vacances tant attendu. Casser son rythmne, perdre ses repères pendant quelques jours. Avant ça, préparer sa valise, ne rien oublier. Embrasser le chat qui va rester chez lui, solitaire. Enfin, fermer la porte de la maison et laisser l’année derrière soi.

C’est toujours un temps suspendu, un moment de doute. J’ai du mal avec les transitions. Heureuse de partir, de m’éloigner de ces jours de travail qui me pèsent tant et de ces jours de grisaillent qui m’achèvent le moral. Et pourtant, stressée de lâcher mon monde.

C’est parti. Ce soir, hotel spa à Lyon pour se détendre du voyage. J’aime cet endroit, ses piscines bouillonnantes à ciel ouvert. Après un bon bain, aller flaner dans le vieux Lyon et manger dans un petit bouchon. Cette année covid oblige, le masque est partout de rigueur. Pourtant peu le portent dans la rue et les terrasses sont blindées.

Après le repas, promenade de santé pour admirer la vue depuis la colline de Fourvière.

Ça y est, le rythme est pris, le premier jour des vacances s’achève. Je suis détendue. Une bonne nuit là dessus et en avant pour 17 jours de liberté 🗽 !

Disparaitre

Vous est-il il jamais arrivé d’avoir envie de vous faire si petite, si petite, jusqu’à vous fondre dans l’espace… Jusqu’à disparaître dans le sol. Parce qu’un discours trop violent a ébranlé votre être tout entier, sapé l’équilibre précaire que vous aviez batti année après année, vous a ramené en arrière, à la source de vos maux d’enfants. Parce que vous avez découvert, que non, vous n’avez pas avancé, juste mis la poussière sous le tapis.

Merci Graine d’être près de moi.

L’odeur des roses

J’adore sentir l’odeur des fleurs. Dans le jardin, le lilas et le serynga embaument au printemps, les violettes me frustrent avec leur parfum insaisissable. Dans la forêt, le muguet, m’enchante de son parfum délicat. Mais plus que tout autre, j’adore le parfum des roses. Me plonger toute entière dans la fleur et la respirer à pleins poumons. Ce parfum m’ennivre, m’ensorcele, me donne de l’énergie. Dans le jardin, 2 rosiers, un grimpant avec des roses rouge vif et un buisson aux roses blanches m’offrent régulièrement leurs fleurs odorantes. Je m’arrête devant et je sens. Mon âme s’envole.

Aujourd’hui Graine a peint un tableau qui représente une femme très belle qui respire une rose dans son jardin. Elle ressemble à ma mère lorsqu’elle était jeune. Ce tableau fait remonter en moi l’émotion du parfum des roses et de mon enfance. Je revois ma mère dans son jardin. Magie de la peinture.

Il est des rêves d’évasion

Entre un projet et sa réalisation, il y a toujours un monde. Le vocabulaire employé dans les projets ressemble au suivi d’un chemin. Démarrer, conduire, avancer, suivre, semé d’embuches, droit devant, pas à pas, aventureux, voir la ligne d’arrivée. Encore mieux, lorsque le projet est de partir sur un chemin.

L’idée est venue il y a déjà quelques années lors d’un voyage au Puy en Velay. Cette ville est fantastique, animée, agréable, vivante, envoutante. Au détour d’un village, j’ai croisé le chemin. Tout de suite, l’envie de randonner dans ces paysages magnifiques s’est imposée à moi. Je le ferai un jour avec Graine.

Ce jour, on le prévoit, on le fait émerger, on le cale. Ça y est, ce jour ce sera le 8 mai 2020. Il reste 2 mois pour s’entrainer, rassembler les informations et le matériel. Graine a l’expérience de Saint Jacques, elle est de bon conseil.

On parle d’un nouveau virus aux informations.

J’ai acheté une carte topographique et le livre de Stevenson.

Une ville en chine est entièrement confinée.

Espérons que la météo sera avec nous.

Je suis au chapitre 2 du livre. Le confinement est décrété en France. Il reste 6 semaines avant le départ, ça devrait aller.

Stevenson avance avec son âne, ou plutôt l’ânesse décide du chemin pour Stevenson. J’avance avec eux dans les chapitres.

Des règles strictes de sortie avec autorisation sont édictées.

Je suis plongée dans une randonnée au siècle dernier. Plus j’avance dans le livre, plus je sens le chemin s’éloigner. C’est l’anesse Modestine qui décide.

Nous pourrons sortir le 11 mai, pas plus de 100km.

J’ai fini le livre, rangé la carte. On recalera une date. Décidément Modestine ne veut pas démarrer.

Aujourd’hui, premier jour de sortie, nous sommes à Monastier. Prêtes à partir.

Le 8 mai, 2021 ?

Les bras m’en tombent !

L’apprentissage du Français n’est pas chose facile. Beaucoup de vocabulaire, mais pas que. Voilà que Maman, et même Mamie, se mettent à dire des phrases qui n’ont pas de sens.

Hier, alors que je tenais à garder mon verre d’eau dans les mains, Maman m’a dit qu’il n’allait pas s’envoler. J’ai regardé le verre, puis le ciel. Est-ce possible que mon verre puisse s’envoler ?

Ce soir, au moment d’aller me coucher, Mamie m’a dit qu’il est temps de monter dans la chambre puisque la nuit est tombée. Je n’ai rien entendu, elle n’a pas fait de bruit la nuit en tombant. J’ai regardé dehors, je n’ai rien vu par terre.

L’incompréhension qui se lit sur mon visage les amuse beaucoup. Si je savais m’exprimer, je dirais que ce qu’elles racontent n’a ni queue ni tête !

A ma petite fille

Tu es arrivée au tout début de cette bien curieuse année. Fille de ma fille, je crois bien que je t’attendais depuis toujours. Te prendre dans mes bras, t’y sentir pelotonée, me gaver de ta chaleur. Te voir t’éveiller à la vie, petites touches par petites touches. Puis cette séparation imposée, et me voilà privée de toi, de ces moments de tendresse. Il te faudra apprendre à croiser des visages, toi qui ne connaît que ceux de tes parents et de ton frère. Apprendre une Mamie, un papy. Apprendre un autre amour, d’autres lieux. Je serai là pour toi, je t’aime tant, tu me manques tant. Et nous ferons ensemble des jeux des rires et des bêtises. Nous oublierons ensemble notre séparation.

Présence

Passent les jours ….

Finalement, passent les jours sans que l’on en soit consciente. Se lever, se coucher, se lever se coucher, la semaine est terminée.

Comment arrêter le temps ?

Etre présente à chaque instant ?

Sans interaction, une demande, une question, un téléphone, un écran et cent mille choses à faire

Oser dire

Penser tout bas…

  • Que l’on préfère travailler que s’occuper des enfants
  • même qu’on préfère un des enfants
  • ou qu’on n’aime pas un des enfants
  • ….
  • Aie… ça se dit pas
  • Qu’on veut se mettre au lit avec un bon livre sans passer par la douche
  • Que les copines sont plus précieuses que notre homme
  • Oups, je le dis pas.
  • ….

La fête des grands mères

Ma fille m’appelle ce matin.

– » Maman, c’est la fête des grands-mères aujourd’hui. »

– » Tu as raison ma chérie, appelle ta grand-mère, ça lui fera plaisir. »

– » Heu, en fait, je voulais te souhaiter à toi, ta première fête des grands-mères… »

….

C’est vrai, je suis grand-mère depuis quelques mois.