L’attente. « Depuis quand avait-il commencé à attendre? Depuis qu’il s’était rendu libre pour l’attente en prenant le désir des choses particuliières et jusqu’au désir de la fin des choses. L’attente commence quand il n’y a plus rien à attendre, ni même la fin de l’attente. L’attente ignore et détruit ce qu’elle attend. L’attente n’attend rien. »
4ème de couverture du livre de Maurice Blanchot « L’attente, l’oubli ». J’ai découvert ce texte lors d’une lecture à voix haute d’Isabelle Huppert à la cinémathèque il y a plusieurs années. J’ai acheté le livre. Ce texte résonne en moi. De manière encore plus vive aujourd’hui.
D’où me vient cette incapacité à vivre l’instant présent? Pourquoi cette impatience perpetuelle de l’instant d’après?
Aujourd’hui, j’ai reçu la desserte que j’ai commandé à IKEA il y a à peine quelques jours. Je l’ai montée. Simplissime. J’y ai rangé mes affaires de dessin.
Cet après-midi, je suis allée me promener – une heure. J’en ai profité pour suspendre mon abonnement Navigo à compter du 1er juin.
Et ce soir, j’ai fait une pizza.
En sortant les poubelles, j’ai pris le temps de sentir les roses en fleurs de notre cour d’immeuble. Le temps humide favorise la diffusion du parfum. Enivrant. Etonnant. Réconfortant.

La voix de Lilie:

Déconfinement pour les tourtereaux cet après-midi. Ils sont partis, et nous n’avons pas pu les voir. Ils ont détruit le nid avant de le quitter. Plus d’oiseau au dessus de la cheminée, ni parents ni petits. Les voilà partis pour une nouvelle vie. Comme nous lundi prochain ?

Ton questionnement résonne en moi. La même impatience de l’instant d’après. De l’ étape d’après, de l’activité d’après. Se forcer à se poser sur le présent. Exercice périlleux, mainte fois tenté, mainte fois oublié dans le tourbillon des heures. Souvent le seul instant posé, celui du coucher. Encore une journée terminée. Où est elle partie ?

J’aime les jouer avec les chiffres. Aujourd’hui nous sommes le 05 05, 50ème jour. J’aurais dû écrire à 05h05, mais je dormais peut-être….