27 février – Saison 2 – Jour 121

27 février – Saison 2 – Jour 121

La voix de Graine

Aujourd’hui, le soleil est revenu, merci la vie. Cependant, il fait frais.
Bonne surprise, entre hier soir et ce matin, les enfants me souhaitent mon anniversaire. Absence de réseau, oubli. Peu importe. Cela me fait rire. Je les préfère vivants et actifs plutôt que conformistes.
Après le déjeuner, mon mari part courir. Moi je commence à ranger. Le départ approche. Une maison à vider, ce n’est pas rien. Je prépare aussi le RDV avec notre maçon tailleur de pierre. Il lui reste à finaliser les travaux effectués. J’avais, il y a des années, un chef qui me reprenait chaque fois que j’utilisais ce verbe. « Finaliser » signifie qu’il reste des choses à faire, mais ne donne aucune indication sur le temps que ça peut prendre. Je fais confiance à mon artisan. Il est consciencieux. Il aime le travail bien fait. Et je ne suis pas pressée.
Cet après-midi, départ, difficile, mais départ tout de même pour une dernière randonnée. Ce sera le chemin des mineurs, pas très loin de chez nous à proximité des mines de Peyrebrune. Une balade en campagne qui traverse des bois de chênes. Nous trouvons même des cailloux intéressants. Du minerai de zinc.
Malgré le temps clair, pas de lune en vue ce soir non plus!

La voix de Lilie:

Une journée farniente aujourd’hui. En panne d’envie. En panne de projet. Pourtant il fait beau. Heureusement il y a des Graines à appeler. Et aussi ma sœur. Toutes les femmes souffrent peu ou prou des mêmes manques. Ont les mêmes besoins. Se croient nulles ou méchantes, au choix. Cherchent à vivre. Cherchent à être. Encore. Disent j’ai besoin et on leur dit qu’elles ne pensent qu’à elles. Ne disent plus j’ai besoin. Aujourd’hui, plus d’envie.

Je prends ma douche à 15h, nous devons visiter une maison. Trop sombre. Pas encore la perle rare, même rarissime qui n’existe peut-être même pas tant nous préférerions rester chez nous et abattre les avions qui nous polluent les oreilles à longueur d’années. Massacrer l’aérodrome, éliminer les pilotes, mettre le feu aux hangars, du sucre dans la cuve à essence !

Le confinement s’approche à grand pas. Une des graines va se faire vacciner avec le 3ème vaccin. Celui qui fait peur par ses effets secondaires et sa moindre efficacité. Réservé aux moins de 65 ans. Et aux professionnels publics de la santé et des secours. Affaire à suivre.

L’idée germe d’une escapade de quelques jours entre fille. Qu’est-ce ça ferait du bien.

26 février – Saison 2 – Jour 120

La voix de Graine

Pour ma 1ère journée complète de 66ième année, le temps est gris et il fait froid!
Ce matin, ma soeur me rallonge mes rideaux. Moi, je mets des coudes en simili-cuir à mon pull-over usé. Puis nous partons toutes les deux pour une grande balade à proximité de la rocade tandis que les garçons restent à la maison. Le plaisir de marcher, le plaisir de parler, entre filles.
Nous rentrons chez nous pour déjeuner. Nous devons vider le frigo. Et, le télétravailleur doit reprendre son poste.
Cet après-midi, j’ai pris rendez-vous pour un massage. J’ai envie de prendre un maximum d’énergie avant de rejoindre Paris et ses contraintes. Le masseur habite une maison modeste dans un lotissement de la périphérie de Castres à proximité de petits immeubles. Ce type d’habitation me fait penser à mon père. Il habitait dans une maison sans confort et sans charme dans un lotissement analogue. Le quartier était sympathique. Les voisins se parlaient et se serraient les coudes. Un quartier de gens simples. Derrière la maison, un rectangle de terrain que chacun aménageait à sa manière: jardin potager ou jardin d’agrément…Le massage me fait du bien. Je suis cool, mais, je dois me dépêcher pour respecter le couvre-feu, trouver du pain pour ce soir …
Ce soir, lorsque j’étends mon linge, les voisins d’en face nous rendent visite avec un cadeau: des tubes de peinture à l’huile et une toile! Nous buvons le champagne. Ça tombe bien, le masseur a dit qu’il fallait que je boive!
Des photos de jonquilles et de lunes pleines, la vue d’un immeuble en flammes. Les copines sont là, toutes proches, même si elles sont loin. Vivement qu’on se retrouve pour de vrai.

La voix de Lilie:

Voilà, ils sont repartis les chic-ouf-s ! Le calme est soudain revenu dans la maison. L’ordre aussi. Après 3 jours de grand chambardement. Aucune pièce épargnée, pas même notre chambre qui a hérité du lit de la petite. Et de la petite la nuit bien entendu. L’expérience de la première nuit nous a conduit à séparer les enfants ! C’est maintenant trop calme après du trop agité ! Je meuble le silence en rattrapant le retard accumulé du repassage, des mails à lire, des maisons à chercher. J’appelle ma filleule et nous discutons pendant un long moment.

Les Graines envoient des fleurs de soleil, les premières qui osent pointer leur nez à la fin de l’hiver, et des photos de pleine lune. Partout la même pleine lune, même au bout du monde. Elle nous relie les unes aux autres. C’est émouvant de savoir que la même pleine lune est en face de chacune d’entre nous, aussi loin que nous nous trouvions. Comment est-ce possible ?

Les Graines rentrent de congés, il est temps d’organiser une rencontre. Le temps nous est compté, le mot confinement revient de plus en plus souvent dans les bulletins d’information.

Le 1er janvier, nous étions tous plein d’espoir. Le temps passe, la situation reste la même qu’en 2020. Le vaccin est là, pourtant il reste encore trop discret pour avoir une réelle influence. Il nous faut encore de la patience. Si ça se trouve, nous allons commencer une saison 3 dans ce journal sans déconfiner entre la saison 2 et la 3.

Je te prend au mot Graine, vivement que l’on se retrouve en vrai !

25 février – Saison 2 – Jour 119

La voix de Graine

C’est mon anniversaire ajourd’hui. J’ai 65 ans. Une après l’autre, les années s’empilent, de plus en plus vite. J’ai peur de cet âge qui vient. Je ne veux pas vieillir. Je ne veux pas de cet âge qui retrécit les cerveaux, qui retrécit les gestes et le corps tout entier. Pourtant, mes enfants, mes petits-enfants…je dois leur laisser la place, je dois les laisser aller dans la lumière de la vie. Je dois accepter de reculer dans l’ombre en continuant de les accompagner tant que j’en suis capable.
Comme dit mon beau-frère, la vie se déroule comme le papier toilette. Plus tu avances, plus ça va vite. Et puis, plus rien.
Aujourd’hui, je suis invitée et je vais dormir chez ma soeur, ma petite soeur. Auparavant, je dois tout de même m’occuper de mon frère. Ce n’est pas rien. Je suis contente de l’avoir pris chez moi, d’autant plus aujourd’hui, jour de mon anniversaire. Je suis contente de lui offrir ce cadeau. Avec le Covid et les travaux effectués dans la maison, cela fait quelques mois que je ne l’avais pas pris. Il vient déjeuner avec nous chez ma soeur.
L’après-midi, après avoir ramené mon frère dans son établissement, nous flânons ma soeur et moi dans Albi. Une branche de mes lunettes s’est cassée. L’opticien très sympathique appelle mon opticien parisien pour qu’il me commande la pièce nécessaire à la réparation. Nous cherchons aussi du biais pour mes rideaux. Des occupations de filles que nous prolongerions volontiers s’il n’y avait pas le couvre-feu. Mon beau-frère est parti voir des courses automobiles au circuit d’Albi. Mon mari télétravaille.
Avant le repas du soir, j’ai quartier libre tandis que tous s’activent pour me préparer mon repas d’anniversaire.
Graine Lilie, je ne connais pas beaucoup de graines aussi vaillantes, aussi allantes, aussi vivantes que toi. Tu as le blues. Tu t’ennuies. Le télétravail, le Covid avec son couvre-feu, ses masques et sa distanciation, le manque de relations sociales, sûr que ça plombe même les plus solides. Notre humanité se révèle dans nos faiblesses. Heureusement que tu es faible, un peu faible. Sinon tu me ferais trop peur. Je me sentirais trop nulle. Je ne pourrais pas être ta copine.

La voix de Lilie:

65 ans Graine. Qui l’aurait dit le jour où je suis rentrée dans ton bureau ? J’avais 23 ans, toi 28. Nous les avons toujours quand nous sommes ensemble. Et pourtant nous avons tant vécu. Mariage, enfants, petits enfants, carrière, loisirs, sorties, randonnées. Partage, consolations, écoute. Une vie. Si courte. Le temps marque nos visages, nos corps. Déjà mal ici et là. Déjà se rendre compte que l’on a oublié certains gestes depuis longtemps. Tous ces gestes d’enfant, cabrioles, monter à la corde, faire l’arbre droit, la roue… Comme toi, j’ai peur. Peur de me dégrader. Peur de souffrir. De ne plus voir. De ne plus pouvoir vivre sans être morte. Peur aussi de finir et pire, d’être dépendante. Cette année, comme toi, je passerai un cap. J’y pense beaucoup. J’ai tellement envie de continuer notre chemin. Comme tu dis, il faut laisser la place pour nos petits. C’est leur tour. Je regardais mes petits enfants aujourd’hui en pensant que j’ai droit à un deuxième tour de bébé après avoir regardé mes enfants. J’en profite encore plus. Il n’y aura pas de prochain tour.

Anniversaire, s’amuser avec ses amis et sa famille. Souffler les bougies, danser, faire la fête. Et sans arrières pensées autrefois. Bien loin de celles pensées qui nous assaillent maintenant chaque fois que l’horloge sonne. Tu cites ton beau frère, je vais citer mon père qui dit qu’il est sur une pente savonneuse.

Pour autant c’est ton anniversaire aujourd’hui, tu as passé une très belle journée, entourée de ta famille. Alors, je te souhaite à mon tour, un très très bon anniversaire.

Merci de m’avoir remonté le moral, Graine, tu sais dire les mots qui font du bien.

De mon côté, les petits enfants nous mettent ko en 2 rounds. Dernier round demain ! Bébé ne dort pas bien la nuit, nous avons perdu l’habitude d’enchaîner la nuit et le jour avec 2 petits. Jouer, lire, dessiner, faire à manger et faire manger. Préparer 1000 choses avant de sortir. Ranger toute la maison chaque soir. Se poser une heure dans le canapé et entendre bébé appeler. Déjà.. La nuit sera longue, ou courte c’est selon.

24 février – Saison 2 – Jour 118

La voix de Graine

Le bouquet de jonquilles cueillies dimanche sur le flanc des rochers au dessus des cascades d’Arifat par ma copine Graine trône toujours sur la table de mon salon. De belles fleurs solides, ces jonquilles.
Ce matin, j’ai la visite de ma petite voisine, 16 mois environ, avec sa Maman bien sûr. Elle est souriante, gracieuse et gourmande. Le moelleux à l’orange que nous avons acheté à la boulangerie lui plaît bien. Elle apprécie. Elle attend un petit frère pour avril.
Jogging en fin de matinée. Le 1er depuis au moins un mois. 8 km seulement, ça suffit. Sur le chemin du train. Un lièvre traverse le chemin. Il s’arrête en plein milieu, me regarde, ses deux grandes oreilles aux aguets, puis reprend sa course. Il fait beau, très beau même. 19 ° en plein milieu de l’après-midi. J’en profite. J’enchaîne les lessives.
Ma copine d’enfance pour le déjeuner. Elle m’accompagne pour aller chercher mon frère dans son établissement. Nous en profitons pour déposer notre ancienne cuisinère chez Emmaus. Peut-être peut-elle dépanner quelqu’un? Qui sait!


Ce soir, deux personnes de plus dans la maison: ma copine et mon frère.

La voix de Lilie:

Quelle chance tu as, Graine, de voir autant de monde. Fait bien attention à toi tout de même en cette terrible période. Moi, je m’enferme peu à peu. Je n’ai pas de lien avec mes voisins, je n’ai pas vu mes amies depuis longtemps, elles ont une vie bien pleine depuis qu’elles ne travaillent plus et je ne suis pas disponible en semaine. Le couvre feu nous empêche de faire des soirées. Me voilà donc enfermée. Mes seuls liens avec l’extérieur sont mes enfants et pour certains le peu qu’ils veulent bien me raconter. S’enfermer a pour effet de ne plus avoir envie de rien. Rien faire. Rien dire. Plus de projet. L’ennui. Je pense à toutes ces personnes positives, je les envie. Moi je suis née, négative. Négative et angoissée. Un beau cocktail bien pourri ! Je garde la face, il le faut bien. Une des Graines est angoissée aussi, d’une autre manière que moi. Elle en même honte. Moi je croyais que j’étais faible d’être comme ça, parce que personne ne m’avait jamais parlé de ce genre de trouble. Je ne savais même pas, que beaucoup en souffrent. S’occuper pour chasser ça. Se dépenser pour tuer la bête.

Aujourd’hui, donc, occupée et dépensée ! 2 petits enfants à garder, ça décoiffe. Ils sont là pour 3 jours. Mon petit fils a 3 ans et demi. On commence à pouvoir faire des activités sympa. Coloriages, version 2.0 qui s’animent sur le téléphone, peinture, craie sur la terrasse, lecture, et aussi vélo, ballon, course.

Tout ce petit monde est couché. Mamie se détend !

Allons, tout va bien. Juste un manque d’échange.

En plus, la vaccination commence à faire peur. Le vaccin prévu pour les plus jeunes, ou les moins vieux disons, provoque, à ce qu’on dit, des effets assez importants. Je ne suis pas très partante. Mon fils va certainement devoir le faire de par son métier. Cela me dérange quelque part, que l’on rende les jeunes plus malades qu’avec le covid lui même. Je m’interroge sur cette question. Comment un vaccin peut-il rendre une personne plus malade que la maladie elle-même ? Encore une première.

23 février – Saison 2 – Jour 117

La voix de Graine

Le printemps est revenu. Fenêtres et portes grand ouvertes pour laisser entrer le dehors. Radiateurs éteints. Une journée active et studieuse aujourd’hui. Quasi besogneuse. Mais la campagne et le beau temps, ça change tout.
Ce matin, lessive, courses, cuisine… Les tâches habituelles d’une femme au foyer. Mais quel luxe, quel plaisir pour moi que de pouvoir étendre mon linge dehors. Une fois sec, mon linge sent le frais. Il a pris l’air. Rien à voir avec l’odeur du linge qui a séché à l’intérieur.
Cet après-midi, je passe du temps sur le site de mon association jacquaire. La nuque me fait mal d’être restée assise à regarder mon ordinateur portable. Une pensée pour ceux qui télétravaillent. Cela me met mal à l’aise de ne pas assumer les tâches sur lesquelles je me suis plus ou moins engagée. Alors aujourd’hui, je m’y colle.
Pendant ma pause, je découds l’ourlet de mes rideaux. Pour la confection, je me suis plantée en indiquant la hauteur. Ils sont trop courts. Ma soeur m’a proposé de refaire l’ourlet, plus bas. J’ai accepté. Moi, je ne saurais pas le faire.
Et ce soir, atelier d’écriture, à deux, ma copine et moi, en call conf….histoire de se dérouiller un peu

La voix de Lilie:

Il n’y a pas grand chose à dire de cette journée. D’une banalité sans nom. Un peu de sport, une bonne dose de télétravail. Entre midi et deux quelques courses, puis repas avec mon fils. Le soir, j’essaie de programmer un truc sur mon site, mais rien à faire, je n’y arrive pas. Du coup, je lâche l’affaire, énervée. Tout est prêt pour les petits qui vont arriver pour 3 jours à la maison. Voilà qui va changer les idées ! Heureusement, il devrait faire bon pendant leur séjour et nous pourrons sortir.

Ce soir, je me suis gavée de series policières. J’aime le déroulé des intrigues et ça me repose. Pour finir la soirée je vais me plonger dans ma lecture du moment. Le 4ème tome de la saga d’Elena Ferrante. J’adore son écriture. Comme j’aimerais pouvoir retranscrire mes ressentis comme elle le fait. J’espère que je trouverai comme toi Graine, un atelier d’écriture pour apprendre, pour partir dans l’imaginaire.



22 février – Saison 2 – Jour 116

La voix de Graine:

Ils sont partis les amis, en fin de matinée. Tristesse de les voir partir.
Aujourd’hui, le vent est tombé, mais le ciel est gris, très gris. Un ciel qui annonce la pluie. Avec le temps, mon amie graine a bien réussi sa visite. La maison s’est à nouveau endormie. Nous avons repris notre petit rythme pépère. Mon mari au télétravail à l’étage, et moi, je fais la lessive, je reprends mes arriérés de blog, je prends connaissance de mes mails, des sollicitations qui me sont faites. Je fais la sourde oreille depuis que je suis à la campagne. Je m’aperçois que de plus en plus, je suis obligée de traiter les sujets en séquence. Sinon, ça me met en stress et je n’y arrive pas.
Ce midi, nous allons déjeuner chez des amis à 20 km d’ici. Pas raisonnable avec le télétravail. Eux n’ont pas voulu bouger. Alors, c’est nous qui bougeons. Parce que nous les aimons. Nous sommes reçus royalement, comme d’habitude. Du foie gras maison et de la mâche en entrée, des brochettes teryaki avec du riz et des légumes, et enfin du crumble aux pommes. C’est délicieux, exotique! Repas rapidement avalé pour tenter de respecter les horaires. Malgré tout, nous rentrons chez nous à 15 h au lieu de 14 h 30.
Réunion zoom en fin d’après-midi pour préparer le printemps des poètes avec mon atelier d’écriture. Puis préparation de la soupe de légumes, pour demain. Petit rythme pépère est revenu.

La voix de Lilie:

La grisaille est revenue. Comme il fait doux, je me suis dit que j’allais faire ma gym dehors, comme je la faisais pendant le premier confinement. Je me croyais déjà au printemps. En ouvrant les volets, la terrasse est mouillée. La gym, ce sera à l’intérieur. Le printemps pour dans un mois.

Ici aussi le train train a repris. Pas de Graine pour le couper. Heureusement, je ferai un pause dans le télétravail dès demain soir. Ici, c’est moi qui travaille à l’étage et monsieur qui fait quelques courses et quelquefois le repas. Cet après-midi, je vais m’installer chez ma fille pour garder son chat. Je fais d’une pierre deux coups. Après le télétravail, 2h de formation. Inutile de dire que la journée a été bien chargée. Le cours assez ardu. Il faut que je digère tout ça.

Je prépare aussi la venue des petits en organisant quelques activités et en cherchant quelques sorties à faire avec eux.

Donc une soirée cool, posée devant la télé n’est pas de trop pour terminer cette journée.

La grisaille d’aujourd’hui a fait retomber l’euphorie du week-end de printemps que nous avons eu. J’espère que le soleil sera de retour quand nous aurons les petits.

17 février – Saison 2 – Jour 111

Encore une belle journée de soleil. 18 ° en plein milieu de l’après-midi. L’occasion rêvée pour une belle randonnée dans la campagne avec ma soeur et mon beau-frère. Des prés, des champs labourés, des arbres. Rien d’extraordinaire. Juste la nature qui se prépare au printemps sous un ciel bleu moutonné de quelques nuages.

Ce soir, commande de bois de chauffage avec mes voisins. Nous n’en profiterons pas pendant ces vacances. Le bois ne sera livré que début mars.
Le temps passe très vite ici. Pas le temps de s’ennuyer. Aujourd’hui, j’ai aussi fait ma lessive que j’ai étendue dehors. Un luxe pour une parisienne.

La voix de Lilie:

Une jjournée très chargée aujourd’hui. Debout avant 8h au clairon de petite fille qui appelle depuis son lit. Roen à redire, elle a bien dormi. Moi un peu moins, je suis toujours sur le qui vive quand les petits enfants dorment à la maison. Avec mes enfants j’étais plus sereine. Avec les petits enfants, je m’inquiète plus. Je sais que je dormirai mieux ce soir. Biberon, bain, promenade, repas, sieste. Pendant la sieste mon cours wordpress. Et après la sieste, les enfants viennent pour le goûter.

J’ai préparé des gauffres, mon fils a apporté des gâteaux. Nous passons tous un bon moment. Les petits s’amusent, les grands mangent. Déjà il est 18h, tout le monde doit repartir.

Après leur départ, j’appelle une Graine pendant un long moment. Elle me manque. Pendant plusieurs années nous avons cohabité dans le même bureau. Tous les matins, nous arrivions et nous allions prendre un café avant de commencer à travailler. Jamais nous n’avons épuisé nos sujets de conversations ! Quelquefois nous retrouvions d’autres Graines, ou d’autres collègues dans ce moment café. Notre journée se déroulait studieusement. Ce temps me manque. Elle me manque. Elles me manquent. Cet isolement après toutes ces années passées à se voir les unes les autres chaque jour me pèse sur le moral. Finalement il n’y a pas que le covid. La retraite c’est aussi ça. Elles sont toutes parties, une par une. Au début il y en avait plus dedans que dehors. Et puis insidieusement sur 2, 3 ans, je me suis retrouvée seule. Seule comme les retraitées, sans la liberté de la retraite. Bien sûr j’ai d’autres collègues très sympathiques, mais plus de graines…

Toutes les graines sauf une et moi sont parties se ressourcer à la campagne. Je voyage par les photos qu’elles envoient. Profitez bien, je garde la maison !

16 février – Saison 2 – Jour 110

La voix de Graine

Deux articles pour un même jour! Désolée Lilie. Quand j’ai enregistré mon brouillon, j’ai vu que tu étais en cours sur le tien. J’étais trop fatiguée pour attendre! Tant pis, il y aura deux 16 février!
Tu as vu Lilie, ils sont en train de faire une campagne de candidature pour recruter de nouveaux astronautes. Pour être candidat, il faut avoir moins de 50 ans. Pourquoi cette exclusion des vieux dans une démarche qui se veut inclusive!!!!
En matière de campagne, j’ai apprécié la mienne aujourd’hui. Il faisait beau. 17° cet après-midi. Le printemps. Mon mari est parti courir. Moi, j’ai arraché les mauvaises herbes. J’aime travailler dehors quand il fait beau. Nous avons enfin commandé notre fameuse gazinière. Pour cela, il nous a fallu écumer tous les magasins d’électroménager du quartier. Normalement, elle devrait nous être livrée jeudi après-midi. c’est chouette.
Pour notre premier jour de campagne, nous avons également eu droit à notre maçon tailleur de pierre et à son apprenti compagnon. Le chantier devait être terminé début janvier, mais pas mal de menus travaux restent à effectuer. Et il devra revenir plus tard quand les murs seront secs pour remettre un coup de badigeon.
Nous sommes contents d’être chez nous. Mon mari a récupéré un combiné téléphonique. Et voilà, c’est fini d’être coupés du monde. Nous sommes joignables sur téléphone fixe, et sur internet. Je ne sais pas si ce progrès me comble ou me désole. La communication avec l’extérieur en est simplifiée. Cela permet le télétravail. A contrario, il n’est plus possible de se mettre un temps en retrait du monde, ce que je trouvais très reposant parfois.

La voix de Lilie:

Te revoilà Graine, arrivée dans ta maison. Je me souviens de ces quelques jours passés chez vous en detox numérique ! C’est vrai que c’est agréable de s’isoler du monde. Comme autrefois, lorsque tout ces réseaux n’existaient pas. Il y a à peine 25 ans. Qu’est-ce que 25 ans ? Et pourtant pour ma génération adolescente, 25 ans en arrière c’était les années 50. Et c’était loin, autrefois. Alors 1995 pour les adolescents d’aujourd’hui, ce sont nos années 50… Un monde sans internet, sans smartphone, sans réseaux sociaux. La préhistoire !

Ici aujourd’hui la douceur est revenue et avec elle la grisaille et même la pluie. J’ai beaucoup de réunions et le réseau de l’entreprise fonctionne très mal aujourd’hui. Je suis lasse de travailler. Fatiguée psychiquement aussi. Beaucoup. À 17h30, je saute dans mes habits de Mamie. Petite fille vient dormir. Je pense qu’une habitude vient de s’installer…. En tout cas, ça fait beaucoup de bien de la voir. Elle court partout maintenant, marche de côté, exprime ses besoins avec cœur. Prend garde, si tu comprends trop tard ce qu’elle demande, elle peut même s’énerver et raler très fort ! Elle gazouille aussi quand elle joue, elle danse et surtout elle adore les bras. Je sais que cette période voudrait que l’on évite d’être trop proche, mais comment résister à cette petite frimousse qui vous tend les bras. Un bébé a besoin de calin, de sentir l’amour des siens autour de lui. Que donnerait une génération élevée sans contact, sans amis ? Finalement serait elle pire que celles qui l’ont précédée et qui ont conduit à la situation d’aujourd’hui.

Quelquefois il me semble que le temps d’avant ne reviendra plus. Le pessimisme me gagne. A moins que ce ne soit, hélas, le réalisme. Un reportage ce soir disait que nous avons battu le record d’émission de co2. Je n’ai pas su si ce documentaire était de cette année. Si c’est le cas, c’est à désespérer. Battre ce record une année de confinement mondial, ce serait un comble. D’un autre côté lorsque l’on voit que la planète est exangue mais que l’on jette les masques par terre, brûle des tonnes d’essence dans des sports de loisir, ingurgite des milliards d’animaux par an…. Bah faut s’étonner de rien.

Personnellement

15 février – Saison 2 – Jour 109

La voix de Graine

Retour de la douceur et toujours du soleil, dans le sud
Ce matin une dernière randonnée dans la neige est prévue. 7 km. Pas de raquettes aujourd’hui. Nos chaussures de marche et nos bâtons vont suffire. Magnifique balade au mileu des forêts de sapins, bouleaux, hêtres. La neige est immaculée. Elle brille au soleil. Seule difficulté: Dans les endroits où la neige a fondu, le sol est parfois spongieux, l’eau est partout, il faut bien regarder où mettre les pieds. Pour les photos, je les prends à l’aveugle. Il y a tellement de luminosité que je ne vois pas l’écran. Il fait beau et doux. Pas de vent. J’enlève les gants, l’écharpe, le bonnet. Nous croisons quelques marcheurs comme nous, et aussi un groupe de jeunes en train de construire un igloo.

Après la randonnée, un pique-nique rapide au village, avec crêpe et café, un détour chez le fromager – Le Laguiole est un fromage que nous apprécions, et en route pour notre campagne à nous, le tarn. Petite halte à l’abbaye de Bonneval, histoire de flâner en route. Une abbaye cistercienne nichée dans le fond d’un vallon. Qu’il doit être reposant de faire une retraite ici. Il y a même un accueil pour les pélerins de St Jacques. Le chemin ne passe pas très loin.
Nous prenons le temps de laver la voiture, de faire quelques courses, d’acheter notre pain et nous voilà chez nous nous avant l’heure du couvre-feu.
Saluer les voisins, ouvrir portes et fenêtres, s’occuper du chat, mettre la box en marche, faire fonctionner le chauffage – théoriquement, il est toujours mis avant notre arrivée, mais il y a toujours quelque chose qui fait que les radiateurs sont froids – cette fois-ci, c’était le thermostat, réglé au minimum. Les voisins nous invitent à partager la choucroute maison qu’ils ont préparée. Il n’est pas question de refuser.
Mais qui tient toujours l’affiche à mi-février, le Covid bien sûr. En France, les chiffres ne sont toujours pas bons. Cela va faire bientôt un an que nous vivons quasiment sous cloche. Combien de temps cela va-t’il durer encore?

14 février – Saison 2 – Jour 108

La voix de Graine

Un jour de St Valentin particulier cette année
Pas de resto prévu, mais un petit déjeuner au lit avec un petit paquet! Un petit déjeuner copieux et sympathique. Quoique, le café, j’en aurais bien pris un peu plus.

Aujourd’hui, le programme, c’est rando raquettes. Il fait beau, mais froid. Montée vers la station, location des raquettes, achat de forfaits … C’est la 1ère fois que j’achète un forfait raquettes. 3 € – Financièrement, c’est même à la portée d’un retraité. Un point positif de la pandémie, c’est qu’elle nous oblige à nous creuser les méninges pour inventer d’autres activités. Et la contrainte ouvre des horizons…Les raquettes, ce n’est pas si mal, et beaucoup moins onéreux que le ski, beaucoup moins dangereux aussi, et beaucoup moins promiscuitif. Pas mal d’avantages en fait.
Randonnée en deux parties: ce matin, nous restons sur la station et montons sur le puech du Roussillon 1400 m, cet après-midi, nous partons sur Ste Urcize à quelques kilomètres – c’est le même domaine! Il n’y a pas énormément de neige. Nous sommes parfois obligés d’enlever nos raquettes. 8 km ce matin, 6,5 km cet après-midi. Pas mal pour une 1ère journée. Le grand air nous fait du bien et nous saoule. Ce soir, je termine sur les rotules.


Nous rentrons à l’hôtel à 18 h pile. Le chat nous attend. Il réclame des câlins. Nous avons grand faim ce soir. Plateaux-repas bien sûr, mais nous récupérons de vraies assiettes. C’est tout de même plus sympa. Des photos et des films de ma petite-fille au ski. Elle se régale. Je crois voir mes enfants. A cause de la combinaison de ski qu’elle a récupérée!

La voix de Lilie:

Il fait un beau soleil. Très froid encore. La douceur se sera pour demain. Nous sommes invités chez un ami aujourd’hui. Comme au restaurant. Pas de repas à penser, à faire. On peut se laisser porter. Il a une toute petite chienne qui a besoin de tendresse. Elle passe un bon moment sur mes genoux.

Après le repas nous sortons faire un tour autour du lac près de la blanchisserie du château. Tu te souviens Graine, nous avions pris des photos de cette majestueuse bâtisse. Je repense à cette randonnée que nous avions faite ensemble l’été dernier. J’espère que nous pourrons recommencer aux beaux jours. Pour l’instant le lac est gelé, les canards marchent dessus. Il ne leur reste qu’un petit coin (coin coin) près de la cascade pour se baigner. Je suis toujours étonnée de voir ses animaux qui semblent ne pas ressentir le froid, même sur leurs pattes qui ne sont pas recouvertes de poils ou de plumes. L’être humain est-il le seul à ne pas supporter le froid ? Impossible de marcher pieds nus sur la glace, de se baigner dans une eau à 1 degré, de marcher en short par moins 4. La petite chienne court dans l’herbe comme une folle. Elle non plus n’a pas froid. Nous par contre, c’est écharpe, gant, manteau, bonnet, masque ! Et froid malgré tout ça…

Retour à la maison pour le couvre feu. Je m’attelle un peu à mon site puis je passe le coup de fil hebdomadaire à ma mère. Voilà, déjà la soirée.

Blues du dimanche soir. Je pense à tout ce que j’aurais pu faire et que je n’ai pas fait. Pas eu envie. Article creux pour journée creuse.

Ce week-end est passé si vite et pourtant pas fait grand chose…

13 février – Saison 2 – Jour 107

La voix de Graine

Début des vacances de février pour les petits parisiens. Et pour nous aussi. Quel bien ça fait de mettre les voiles. Réveil à 6 h 30 ce matin. 9 H 05, nous voici partis, je respire. Peu de monde sur la route. Il fait froid, mais beau. Les conditions de circulation sont idéales. Vers 13 h 30, nous nous arrêtons pour manger. Je fais réchauffer ma salade pâtes, lentilles, jambon dans un micro-onde sur l’aire d’autoroute. Quel luxe! C’est possible parce que la station n’est pas bondée. Nous prenons le temps de boire le café à l’intérieur, au chaud, dans un coin tranquille. Rien à voir avec la période des fêtes où les aires étaient inabordables car archi-bondées. Nous arrivons à Laguiole, notre étape de pause, il n’est même pas 16 h. Il fait beau. Nous avons encore le temps de nous installer, de déguster une crêpe avec un chocolat chaud, de faire un tour à l’office de tourisme, de monter à la station….

Ce soir, c’est plateau repas avec de la vaisselle en carton, c’est pas fun. La viande est bonne, l’aligot aussi. La soupe par contre n’est pas assez chaude. Je dois aller la réchauffer…La queue devant les micro-ondes…En terme d’équilibre alimentaire, pas top non plus. Pas de souci. Avec ce que nous n’avons pas mangé ce soir, il y a de quoi faire notre sandwich pour demain: pain, charcuterie, fromage, part de tarte…Bref la vie est belle. Nous sommes en vacances. Demain,il va faire soleil et nous allons faire une grande randonnée raquettes.
J’écris le blog en regardant un reportage sur l’archipel des Galapagos. Heureux les riches car les territoires inexplorés et vierges leur sont accessibles même en période de pandémie. Carrément scandaleux, non? Mais voir de belles images, ça fait du bien et c’est gratuit. Vive les vacances.
Courage, Lilie, les beaux jours vont revenir, et les pique-niques et les rires et les restos copines…

La voix de Lilie:

Je ssuis contente pour toi Graine, d’être partie t’aérer hors de la ville. Cette semaine tu vas égayer le journal et je vais m’aérer par procuration !

Aujourd’hui pour moi, c’était petit fils. Comme d’habitude j’ai fini la nuit avec lui. Il se réveille toujours vers 4 ou 5 heures et il appelle. Ce matin, nous sommes sur le pont dès 8h20. Et ça déménage. On colorie, on joue aux legos, au memory, à la tour infernale. Puis on se lance dans l’oeuvre du jour. Peindre un château fort à base de carton de protection. Après peinture et séchage, nous plantons le drapeau, cure dent et post it colorié. Il joue avec ses 3 chevaliers et son château fort multicolore tout le reste de la journée ! A 17h nous le ramenons car nous devrons revenir avant le couvre feu.

Le calme est revenu et nous passons la soirée au coin du poêle. J’aime cette douce tiédeur qui s’installe, toute l’humidité de l’air s’évapore. Il fait enfin chaud dans la maison. Les flammes me fascinent.

Le temps s’étire. Je m’ennuie. Beaucoup.

Les braises rougeoient, les bûches sont terminées, la journée aussi. Il est temps d’aller se coucher.

12 février – Saison 2 – Jour 106

La voix de Graine

Un froid toujours aussi glacial, et le bleu du ciel vire au gris. Le ressenti du froid n’en est que plus intense. Un vent froid également.
Ce matin, j’ai rendez-vous à 7 h à ma coop pour faire mon créneau de livraison. Les livraisons se font attendre. Il fait froid dans le magasin.
Ce midi, beaucoup de passage. Mon fils et son petit. Ma fille qui nous amène le chat. Mon ex-gendre qui vient de Suisse pour récupérer sa fille et l’emmener au ski (les stations de ski sont ouvertes, ce sont les remontées mécaniques qui sont fermées). Heureusement, j’ai fait la cuisine hier. Je suis contente d’avoir mes enfants pour le déjeuner, contente de les voir avant de partir.
Petit fils aurait fait – soi-disant – ses premiers pas. Mais aucune preuve visuelle. Aujourd’hui, nous ne l’avons pas vu marcher. Il a passé la plus grande partie du temps sur les bras. Peut-être un démarrage de journée trop brutal: un coup de boule. Nous avons avancé la tête en même temps. Pas de bosse heureusement grâce à la glace.
Cet après-midi, je vais voir mes résidents de la Maison d’Accueil Spécialisée. Pas question de sortir, il fait trop froid. Nous regardons un livre. Nous regardons des photos. Nous prenons des photos. Nous jouons au jeu de société Uno.

La voix de Lilie:

Enfin la semaine se termine. Il a fait si froid que je n’ai pas mis le nez dehors depuis lundi. Ce n’est pas raisonnable, mais je manque de courage pour affronter ce froid. Le télétravail mange une grande partie de mon temps, ma formation, les petits et grands, mangent le reste. Je manque de distraction, pas d’occupation.

Je ferme très tôt cet après-midi car mon petit fils vient passer la fin de journée avec nous. Je passe de la dernière réunion skipe aux coloriages et aux puzzles. Il s’exprime de mieux en mieux même si la prononciation laisse encore à désirer. Il fait de belles phrases, et a déjà le sens de l’humour. C’est un vent de fraîcheur dans la maison.

Voilà une belle distraction.

Pour la première fois aujourd’hui, j’ai entendu que la pandémie régresse dans le monde. Un signe, enfin.

11 février – Saison 2 – Jour 105

La voix de Graine

Une journée bien chargée qui sent déjà les vacances. Il fait un froid de canard. Cet après-midi, promenade au Parc Floral avec les Graines, deux d’entre elles. Le petit plus: Dessert et café en terrasse en plein soleil. C’était vraiment sympa. On n’aurait même pas imaginé que cela pouvait être possible. Dommage, tu n’étais pas là, Lilie, et pour cause, le travail! A part cette escapade d’après-midi, ma journée s’est concentrée sur la préparation du départ en vacances: Sortir les affaires de ski, faire les sacs, cuisiner les légumes qui attendaient dans le bas du réfrigérateur: du chou, du fenouil, appeler mon fils pour progammer de se voir, si possible, avant notre départ, sortir la machine à coudre pour réparer…Quand je pars en vacances, j’aime bien ne pas laisser des « corvées » pour le retour. Les jours qui précèdent les congés sont chargés. Tout ce qui n’a pas été fait et qui traîne – j’ai tendance à la procrastination – j’essaie de le faire avant de partir. En fait, comme quand je travaillais! Je ne pense pas être la seule dans ce cas.
J’ai aussi saisi les textes de notre atelier d’écriture d’hier soir. Bref , une journée dense. Mon collage sur la rue reste en souffrance. Je vais essayer à nouveau ce soir.
Sûr, j’ai besoin d’un lifting, et le site aussi. Mais, est-ce que je vais être capable de comprendre ce que tu vas m’expliquer?…Te connaissant, avec la formation que tu as suivie, j’ai un peu peur d’être larguée. Mais, je suis contente, pour toi, pour moi, pour le site. Tout ce qui tire vers le haut fait peur, mais je ne connais pas d’autre solution pour avancer. Merci Lilie de me donner cette occasion de progresser.

La voix de Lilie:

Il fait très beau aujourd’hui, et encore plus froid qu’hier. Je suis seule à la maison. J’aime cette tranquillité. Être à son rythme, faire ce que j’ai envie. Ce n’est pas la solitude qui doit être difficile à vivre, c’est un moment pour se retrouver. J’ai du mal à savoir qui je suis, ou plutôt j’ai du mal à me laisser être qui je suis. J’ai cette tendance qu’ont beaucoup de femme à effacer leurs besoins et même leurs idées pour se fondre dans ceux des autres. A la fin, comment se retrouver ?

Le ciel est très bleu, la neige étincelante. Pourtant je ne suis pas sortie. Trop froid. J’ai préféré m’amuser avec mon site. Le télétravail m’a pris tout le reste de la journée.

Quelle chance d’avoir pu promener ensemble et surtout s’attabler en terrasse. Un moment volé au confinement !

En début d’après-midi j’ai appelé le numéro pour inscrire mon père 84 ans à la vaccination. La personne, très sympathique au demeurant, m’explique qu’elle ne prend que les personnes prioritaires (ce qui est bien le cas de mon père) eg qu’elle les met sur liste d’attente. Ils ne reçoivent plus de doses. Il est après plus 1000 autres personnes sur la liste d’attente….. Elle me dit qu’à la vitesse où ils sont dotés, il sera vaccinés cet été ! Que dire pour nous ?

Le soir, lorsque je l’appelle pour lui raconter tout ça, il me raconte qu’il a passé sa journée dans le jardin, en tee-shirt, pour tailler ses rosiers avec son voisin. Journée douce de printemps. Nord, sud, deux France. Dans deux ans, je ferai comme toi Graine, lorsque le mal du soleil me prendra, je bouclerai mes valises, direction le midi.

Tu prépares tes affaires de ski ? Je croyais que le ski était fermé cet hiver. Quelle escapade as-tu choisie ? Moi je n’arrive même plus à avoir envie de chercher où aller…..

10 février – Saison 2 – Jour 104

La voix de Graine

Ce matin, Paris se réveille sous la neige. Il fait un froid glacial.
Dernière semaine d’école avant les vacances de février. Je vais chercher la petite à l’école. Elle a froid avec ses collants sur ses petites quiboles. Froid aux mains aussi. Ses gants sont mouillés. Ses chaussures et ses pieds sont mouillés. Il fait vraiment très froid. Elle se met à pleurer. Je la porte, je lui fais enfiler mes gants. Heureusement, la maison n’est pas loin. Nous mettons des vêtements secs et même des chaussettes aux mains pour réchauffer les doigts. Un beau et bon gratin de chou fleurs nous attend ce midi pour nous réchauffer.
L’après-midi, la danse. Au retour, nous nous attardons Place de la Nation pour prendre des photos de la statue de la République. Il fait toujours très froid, mais le soleil est généreux.
Une quiche ce soir avec une bonne bouteille de vin pour recevoir ma fille. Nous allons passer trois semaines sans nous voir.
Une copine d’enfance au téléphone. La conversation dure. C’est plaisant de se retrouver. Il y a un an, nous avions passé deux jours chez elle en Ardèche.
Ce soir, atelier d’écriture

La voix de Lilie:

Quelle surprise ce matin en ouvrant les volets. Tout est blanc. C’est toujours surprenant de se coucher le soir sans neige et de voir le paysage enneigé au réveil. Ce n’est pas comme la voir tomber et tenir au sol, c’est plutôt comme un manteau qui aurait été déposé sans bruit pendant la nuit. Il fait si froid aujourd’hui que le sol est verglacé. Nous ne pourrons pas sortir la petite, car même emmitouflée ce ne serait pas raisonnable. Nous jouons à l’intérieur. Dehors le temps est magnifique. Le ciel presque uniformément bleu, le soleil illumine la neige. Le jardin est transformé. L’hiver montre les dents.

Pendant la sieste de la petite, je prends mon cours sur divi. J’apprends beaucoup, j’en suis ravie. Surtout, je vois la facilité avec laquelle le formateur jongle avec les paramètres, c’est sidérant. Les possibilités sont immenses, le tout c’est de les repérer pour pouvoir les utiliser à bon escient. Lorsque j’aurai terminé la formation et mon nouveau site, je mettrai au programme un petit lifting sur graine en accord avec la créatrice du site 😜.

Cela fait 2 jours que je n’ai pas regardé les informations. Je suis plus sereine. Le covid n’existe plus. Ce n’est qu’un hiver comme un autre, à la maison. Demain j’irai au cinéma et on se fera un restau en sortant…..

9 février – Saison 2 – Jour 103

La voix de Graine

Mardi froid et neigeux. La neige, ce sera demain sur Paris. Manque d’enthousiasme ce matin pour démarrer la journée. Je me lève tard. J’éteins la radio qui me saoule. Je me suis lancée dans un collage sur la rue. Deux fois que je décolle tout. Je veux du relief, mais je m’y prends mal. Faire, défaire, recommencer…J’appelle ma soeur aînée. Elle ne se fera pas vacciner. Peur qu’on lui injecte dans le bras un produit sans lui dire. Théorie du complot à sa manière. Pour ma part, je ne suis pas fan des vaccinations, mais il y a un temps pour tout. Je me ferais vacciner. Mon frère va avoir sa 2ième injection mardi prochain. Quand je le sortirais de son établissement la semaine d’après, je serais plus sereine.
Cet après-midi, je fais une grande balade pour m’aérer. Bien habillée, le froid est tout à fait supportable. Je descends jusqu’à Bastille. Au passage, je m’achète un tee-shirt. Je remonte par la coulée verte au dessus du viaduc des Arts. A côté des petits amas de neige – quelques flocons fins sont tombés ce matin – des bourgeons dans les buissons. Quelques fleurs écloses. Une rose. Le printemps est tout proche. Cette renaissance de la nature me fait du bien. Trop bien rangée la nature en ville. Vivement la campagne. Je fais un détour par la boutique de mon opticien. Il me redresse mes lunettes.

Pour rentrer chez moi, je traverse la Place de la Nation, ce qui est possible depuis son tout récent réaménagement. Au milieu de la place, il y a cette énorme statue qui représente le triomphe de la République – Marianne – debout sur un char tiré par deux lions, symboles de la force populaire, conduit par la Liberté éclairant la route. C’est bien le seul avantage de cette pandémie que de nous inciter à s’intéresser à ce qui est proche de chez nous.

Le thé, la séance de yoga…Mon collage n’est toujours pas terminé.

La voix de Lilie:

Reprise du télétravail après un week-end un peu prolongé. Le moral n’y est pas. Je suis lasse lasse lasse. Je ne me concentre pas. Je n’écoute pas en réunion. Le temps est maussade, comme moi. Extrêmement froid, peut-être comme moi aussi. Je n’ai plus goût à rien. Je manque de rires, d’inattendu, de surprises. Du sel de la vie. Donnez moi l’envie d’avoir envie.

Ce week-end, j’ai lu le livre de Cloe Delaume, le coeur synthétique, dont tu m’avais parlé Graine. C’est une belle image de ce que vivent les Graines au fil des décennies. Qu’y a-t-il finalement de plus important que cette amitié entre nous. Tout autour, on nous demande beaucoup, mais qui nous écoute vraiment ? Qui nous console sans juger ? Qui nous délivre de nos tourments ? Passe du baume sur nos plaies ? si ce n’est nos soeurs de cœur.

Maintenant je m’attelle à la lecture de « l’été où je suis devenue vieille », pas très enthousiasmant mais image de mon humeur du moment.

Ce soir nous avons miss poupette à dormir. Arrivée 17h ! Jeux, repas, dodo à 21h. Après 1h30, pleurs. On récupère une poupette qui estime avoir fait sa nuit ! Alors, re jeux, chansons douces, biberon dd nuit. Deuxième étape à 23h30… Croisons les doigts pour bien dormir 😴

8 février – Saison 2 – Jour 102

La voix de Graine

Comme un lundi gris
Pas comme un lundi méchant. Gaël Faye a expliqué hier soir ce qu’était un lundi méchant. C’est un lundi rebelle, où les gens vont sortir faire la fête dehors, comme pour dire qu’on peut s’amuser quand on veut, et non pas quand on nous dit de le faire. C’est quand notre lundi méchant à nous, les Graines? Le mien de lundi n’était pas rebelle. Il était juste gris et plein d’ennui.
Au programme: repassage, lessives, courses, cuisine… mais une journée qui me rapproche des vacances en ligne de mire.
Heureusement que sur la toile, il y avait les Graines ce soir, à l’exception de toi, Lilie, de retour de ton escapade. Du coup, le vent d’ailleurs a soufflé. Et ça fait du bien.

La voix de Lilie:

Le temps est doux dans le midi. Le soleil joue à cache cache avec les nuages, puis se cache tout à fait. Pourtant le ciel est haut, rien à voir avec ce ciel bas de la région parisienne qui écrase notre regard vers le bas et emporte notre moral au 36ème dessous.

Ce matin nous sommes allées faire un tour dans la cave de ma mère pour vérifier si elle n’avait pas été inondée par les pluies de l’hiver. Des toiles d’araignées partout au plafond. J’ose à peine entrer. Nous regardons quelques souvenirs, le landau de mes enfants, une marionnette Bécassine, des photos. Au moment de sortir, les clés ont disparu. Impossible de remettre la main dessus. Nous refaisons les gestes, depuis l’ouverture de la porte, qu’a-t-elle touché, regardé ? On soulève les objets, regarde par terre. Rien. Ma mère s’énerve sur elle-même, elle n’enregistre plus ce qu’elle fait. Je la rassure, je fais pareil. Au bout d’un moment nous décidons de remonter chercher un cadenas pour refermer. Elle demandera au syndic un nouveau jeu pour ouvrir la porte d’entrée aux caves. Arrivée dans son appartement, je m’aperçois que les clefs… sont dans ma poche de pantalon. No comment… Aucun souvenir d’avoir pris les clés ou que ma mère me les ai données. Des minutes de vie ont échappé à ma conscience…

Nous repartons vers 16h pour arriver chez ma, soeur avant le couvre feu. Nous reprenons notre peinture pour la terminer en ajoutant la femme qui marche sous la pluie (thème du tableau, donc sans le personnage ça ne le fait pas !). L’angoisse de gâcher le tableau car nous ne savons dessiner ni l’une ni l’autre ! Finalement, nous sommes assez contentes du résultat. On peut passer à l’apéro.

Derrière nous dans le train qui nous ramène chez nous, une femme n’arrête pas de tousser. C’est angoissant en cette période. Nous allons nous installer un peu plus loin. Impossible bien sûr de savoir ce qu’elle a. La, seule chose certaine, c’est que l’on peut prendre le train sans aucun test. Résultat des courses dans la semaine….

7 février – Saison 2 – Jour 101

La voix de Graine

Ce matin, pour changer, il pleut. Mon mari part courir. Pas question pour moi d’aller courir sous la pluie. De toute manière, j’ai rendez-vous avec ma coiffeuse.
Ce midi, petit repas de famille avec fille et petite fille. Petite fille qui se transforme en fantôme loup possessif dès qu’elle est à la maison. Elle s’accroche à nos basques, réclame des câlins, se met à parler bébé.
Cet après-midi, visite d’une maison à proximité de Paris. Pas de quoi rêver.
Au retour, le téléphone. Conversation avec ma soeur. Echange de nouvelles sur les uns et les autres.
Un thé chaud, des fruits et des petits gâteaux. Fin d’après-midi cocooning en regardant le ciel gris. Un dimanche qui fuit sous la pluie.
Je me sens devenir marmotte. J’hiberne. Est-ce que je vais être capable de me réveiller quand les beaux jours vont arriver?

La voix de Lilie:

Journée famille aujourd’hui. A midi, ma cousine vient déjeuner avec nous. Ma mère a cuisiné un bon repas, ma cousine a fait un flan maison pour le dessert. J’adore le flan maison. Après le repas, On sort de vieux livres dont les titres nous font rire, à défaut de pleurer. Le ménage – manuel pour jeunes filles – écrit en 1904. Morale d’économie politique, pour cours complémentaire, écrit aussi en 1904. On n’imagine pas ce genre de titre aujourd’hui ! Ni l’un ni l’autre, heureusement pour nous les filles. Ensuite on regarde les très vieilles photos de famille. Certaines ont plus de 120 ans. Couleur jaune caractéristique de cette époque. Il y a aussi 2 lettres de petites filles qui le 31 décembre 1899 écrivaient à leur grand mère pour lui souhaiter la bonne année. A la plume, encre violette. Tournures de phrases charmantes et incroyables pour leur âge, vocabulaire choisi, vouvoiement. On imagine ces petites filles d’autrefois, la langue sortie, s’appliquant à écrire cette lettre. La plus petite fait quelques pâtés, la plus grande, écriture parfaite. La grand mère de 2020 envie presque celle de 1900 d’avoir reçu deux aussi belles lettres ! J’ai au doigt depuis mes 20 ans la bague de cette petite fille.

Pendant que nous regardons les photos, le soleil a fait son apparition. Ma mère a ouvert grand les fenêtres, la lumière inonde le salon. Qu’est-ce ça me fait du bien de voir cette lumière et le bleu du ciel.

Je sors sans manteau pour aller voir mon père et passer un peu de temps avant le couvre feu. Il fait doux, on sent comme une idée de printemps. Cette douceur me manque. Chez nous, les hivers sont trop longs, trop gris. Un tunnel infini de gris. Côté père aussi on ressort des photos anciennes. C’est la journée… Le ciel est magnifique ce soir. Devant la maison de mon père, le coucher de soleil colore le ciel et les quelques nuages prennent des couleurs blanches grises et roses.

Je suis contente de cette belle journée en famille avec le soleil. Le moral remonte tout de suite avec la lumière. Quand je ne travaillerai plus, je passerai plus de temps dans le sud l’hiver. Pour sa lumière.

6 février – Saison 2 – Jour 100

La voix de Graine

100 jours de vie au ralenti – ça s’arrose? La pluie en fait son affaire.
Un samedi pluvieux. A Paris, la Seine déborde sur les quais. Et toujours le Covid. Confinement strict à Mayotte, avec fermeture des écoles. Aujourd’hui, début d’utilisation du vaccin Astra Zeneca pour la vaccination du personnel soignant de moins de 65 ans… « Nous avançons vers l’inconnu. Notre futur nous échappe. » Les mots d’Ariane Ascaride dans « Humeur vagabonde » sur France Inter.
Cet après-midi, nous allons voir l’expo d’une copine dans une galerie, rue de Varenne. Un intermède artistique et social qui fait du bien. Dehors, il pleut, sans discontinuer. Nous remontons, à pied, sous la pluie jusqu’à l’hôtel de Ville. Je récupère mon livre photo sur « Nos randonnées et balades 2020 ». Je suis contente de ma réalisation. A feuilleter l’album, on ne croirait jamais que nous avons été confinés en 2020.

La voix de Lilie:

Levée plus tôt que les jours de travail, nous voilà partis pour le sud de la France. A nous voir entassés dans le train pour 2h45, je me demande pourquoi on ferme les cinémas, les théâtres, les musées et même les restaurants. Pourquoi ne pas mettre plus de trains avec moins de passagers puisque les trains sont à l’arrêt ? Quel choix privilégier entre rentabilité et mesures barrières ? Il semble que ce soit tout vu….

A midi nous arrivons chez ma sœur. Heureuses de nous retrouver, de parler, de rire ensemble. De voir d’autres frimousses que celles de notre entourage premier. Moins de 3 mois après avoir eu le covid, elle n’a déjà plus d’anticorps. Elle pensait, comme moi, être tranquille pour 6 mois, eh bien non. Comme quoi, entre les informations qui nous sont données et la réalité il y a une marge. Marge du simple au double dira-t-on. Si avec ça ils ont réussi à trouver un vaccin efficace, je tire mon chapeau aux laboratoires de recherche, ou plutôt aux chercheurs.

L’après-midi nous nous lançons toutes les 2 à suivre un tuto de peinture. Toujours une jolie manière de se vider la tête et de s’amuser ensemble. Nous n’avons aucun don inné et aucune technique, surtout moi ! Nous suivons pas à pas le tuto, en nous étonnant de la différence de rendu de chacune de nos oeuvres avec celle du tuto ! En tout cas, voilà un bon moment passé ensemble. Nous n’avions que 2h, l’oeuvre n’est pas terminée. Lundi au retour du week-end nous prendrons une heure pour finir.

En fin d’après-midi, nous repartons pour être chez ma mère pour le couvre feu. Nous avons beau être dans le sud, il tombe des cordes et le ciel est aussi sombre qu’à Paris. La seule différence c’est que l’on peut voir au loin dans les plaines et les collines. L’espace est ouvert. Demain il devrait faire meilleur. J’espère.

Le positif, c’est d’être hors de chez soi. Un autre air à respirer. L’air de ma ville de naissance. Se ressourcer. Revenir à la source. Manon des sources.

Jour 100. Jour sang. Jour sans. Sans toi, sans vous, sans personne, sans but, sans rien.

5 février – Saison 2 – Jour 99

La voix de Graine

Vendredi- veille de week-end – 1ers départs en vacances de février.
Pour notre départ à nous, encore une semaine à attendre. Une semaine c’est vite passé. Ta petite virée famille va te faire du bien, Lilie.
Ce matin, ménage, pour libérer le week-end, puis j’essaie de travailler sur le site de mon association jacquaire.
A 12 h 15, une collègue de mon mari nous rend visite. . Elle habite à 20 mn de chez nous. Une pause dans son jogging. Elle prend un café. Nous prenons l’apéro. Elle nous parle de son fils qui est dans la même classe que ma petite fille. Il est assisté d’une AESH – Accompagnant d’élèves en situation de handicap, 18 h par semaine, à l’école. Elle nous parle de son combat pour obtenir cette assistance. Pour les parents qui ont des enfants en situation de handicap, même léger, la scolarité, c’est une vraie galère. Elle est tenace. Son fils a de la chance. Il va s’en sortir.
Cet après-midi, je rejoins ma maison d’accueil spécialisée, l’appartement. Les sourires m’accueillent. Sylvain réclame des câlins. Je ne connais pas les animatrices d’aujourd’hui. Ce type d’établissement nécessite un personnel 24 h sur 24. Et du coup, c’est sans arrêt de nouveaux visages. Pour les résidents, c’est la même chose. Je n’ai pas le droit de sortir seule avec Odile. Le chef de service a mis un véto. Pas de problème. Je sors avec Lisette, qui pousse Catherine. Nous allons vers la grande bibliothèque. Je leur montre la passerelle Simone de Beauvoir. Nous prenons des photos. Sur l’esplanade, des jeunes qui chantent, qui dansent.
Une fois rentrées, j’ouvre dans la chambre d’Odile le cadeau que je lui ai acheté pour son anniversaire. Un livre de conte. Nous ne le lirons pas ce soir. Odile est fatiguée.
Pour le repas du soir, je passe chez le traiteur italien. Le vendredi soir, je ne fais pas la cuisine. 18 h 30 à la maison. J’ai débordé du couvre-feu. Couvre-feu. Pendant la dernière guerre, il y avait le couvre feu. Mes parents ont vécu la guerre de 16 à 22 ans. En pleine jeunesse. Le samedi soir, ils organisaient des soirées dansantes, en calfeutrant les fenêtres. Un des jeunes se dévouait pour surveiller. S’il signalait un problème, extinction des lumières…
Les discussions et émissions sur le Covid envahissent tout l’espace. Je sature. Ras le bol. J’ai vraiment besoin de prendre l’air.

La voix de Lilie:

Journée très chargée aujourd’hui. C’est la fin de semaine. Tout le monde s’excite pour boucler ses dossiers et il faut répondre à leurs multiples sollicitations. Réunions incessantes.

Heureusement entre midi et deux ma fille vient déjeuner avec moi. Nous avons commandé japonais. C’est notre repas traditionnel mère fille. Tranquilles sans mari, sans enfants. Nous pouvons discuter comme autrefois, sans petites personnes pour nous interrompre.

En fin d’après-midi, après le travail, j’enchaine sur ma formation. 2h de plus. J’ai la tête en compote. Heureusement que s’annonce 3 jours de we.

Ma mère et ma belle mère sont vaccinées. Voilà une bonne nouvelle. Dans un mois la famille pourra vivre plus librement, nos mères serons protégées. Le voile de cette pandémie semble se lever légèrement. Peut-être sent on la fin de la pandémie se profiler. De cette pandémie. Parce que certaines analyses évoquent bien le lien entre nouveaux virus et état dans lequel nous mettons la planète. Polluer les sols, l’air et l’eau, supprimer des espèces vivantes, des plantes ne peut que libérer des espaces pour de nouvelles formes de vie pas particulièrement amies de l’homme… Est-ce que la leçon reçue portera ses fruits ? A quel niveau arrivera-t-on avant la prise de conscience ?

Il est minuit, je n’ai pas encore fait ma valise….

4 février – Saison 2 – Jour 98

La voix de Graine

Des inondations dans le sud-ouest. Comme si la pandémie, ça ne suffisait pas!
Pour moi, une journée bien dense. Qui commence tôt, par ma séance de respiration à 7 h. Ensuite, on enchaîne. Le déjeuner puis les incontournables tâches ménagères. Je lève le camp vers 10 h, direction la mairie du XIième où je dépose des vêtements pour bébé et des objets de puériculture. Une collecte organisée par les restos du coeur bébé qui se termine demain. Le tri des affaires, j’ai commencé à le faire dès le début de la semaine. En accord avec ma fille. Une petite barboteuse que ma soeur m’avait offert pour mon fiston réintègre mon sac. Je n’ai pas réussi à m’en séparer.
Après la mairie, direction le XIIième pour un don de sang. Je n’ai pas pris rendez-vous. Ils m’acceptent tout de même.
Je rentre à la maison vers 12 h 30. J’ai passé une bonne partie de la matinée dehors, j’ai donné un peu de temps, un peu de matériel, un peu de sang; ma manière à moi d’être un acteur social; ça m’a fait du bien. Un vrai booster d’énergie.
L’après-midi est plus prosaïque: Je me bats avec le site de mon opérateur internet. Et j’y arrive enfin, après deux séances de tchats. Je paie mes factures, je saisis mes textes, j’essaie de créer…
Les graines me manquent, les copines me manquent, mes soeurs me manquent, les sorties me manquent. Je me languis, comme on dit dans le sud, de toutes ces absences.

La voix de Lilie:

Le train train étend sa toile sur mes journées. Levée, séance de sport, télétravail, repas, télétravail, repas, télévision, lit. Chaque jour ressemble au précédent. Je me laisse peu à peu envahir par les réunions skipe. Il faut que je mette un frein. Je me noie dans ces journées qui ne m’apportent plus rien. Grises comme le temps. Sans objectif, sans sortie, sans envie.

Cet après-midi j’ai pris du temps pour regarder le site de la retraite. Le montant annoncé me désole. Tout ça pour ça. La marche est bien basse ! Je compte les mois qu’il me reste à travailler parce qu’avant tout, j’aspire à passer à autre chose.

Ce soir, après mon travail, j’assiste à la réunion de copropriété encore en skipe. Ce qui fait plus de 8h avec un casque sur les oreilles. Ces relations à distance deviennent épuisantes. On passe son temps à discuter avec des personnes qui ne sont pas là. A entendre des voix desincarnées. Plus besoin de s’habiller, de se maquiller, de se coiffer. Personne ne nous voit et on ne voit personne. On entend seulement. Illusion d’être entourés. Le monde entier tient dans un smartphone. C’est notre lien. Nos familles, nos amis, nos collègues tiennent dans notre main…

3 février – Saison 2 – Jour 97

La voix de Graine

1er mercredi de février 2021. Ma petite fille avec ses bottes dorées et son anorak de ski à capuche, noir et blanc, avec les gants bien sûr. A cause de la pluie de ce matin. Que c’est chouette de sauter dans les flaques d’eau avec ses bottes! Heureux temps de l’enfance. De temps, en temps, dans la rue, nous mettons le turbo, le turbo-kid. Très performant. Le turbo-Mamie est plus poussif.
Jour de crêpes aujourd’hui. Avant le cours de danse, nous préparons la pâte. Après le cours de danse, nous faisons les crêpes et nous en mangeons quelques-unes, beurre-sucre, avec un chocolat chaud maison. Un peu fort en goût, le chocolat, pour ma choupinette. C’est Papy qui le finira. Ce soir, menu crêpes, avec ma fille qui n’a plus de douleurs au ventre. Une bonne chose.
Cet après-midi, j’ai terminé mon dessin du port pendant que la petite dessinait et terminait un cahier d’activités. La couleur m’a fait du bien.

Ce soir, un mini-atelier d’écriture avec ma copine en ligne ….

La voix de Lilie:

Il est magnifique ton dessin, Graine. Quel bonheur de savoir créer de belles choses de ses mains. Tu peux mettre la couleur et la lumière que tu veux dans tes yeux et sortir de ce gris incessant.

Aujourd’hui j’ai été très occupée. Ce matin par une réunion de travail incontournable et cet après-midi par ma formation. Du coup j’ai très peu vu petite fille. Le temps du déjeuner, le temps d’un bain. Elle est trop mignonne, je l’adore.

Après son départ, je me suis remise à essayer de trouver des solutions pour mon nouveau site. Je m’approche du but, mais je n’ai pas encore réussi ce que je voulais. J’ai déjà beaucoup d’automatismes, mais le défi que je me suis lancée n’est pas simple….

Ce soir j’ai regardé les films de Pierre Palmade, « Grand restaurant » . On passe de table en table, un peu comme des voyeurs, et on écoute les discussions improbables des convives. De Jean Rochefort et Thierry Lhermitte qui jouent aux échecs avec les plats et les couverts, et qui, la partie finie, veulent aller dîner quelque part, à Isabelle Nanti qui éduque François Berléand à la méchanceté, Joe Starr qui déclare à son meilleur ami qu’il est blanc depuis toujours, Michèle Bernier qui avoue à sa fille qu’elle a créé le peudo de son meilleur ami sur facebook, deux actrices qui ont la garde alternée d’un mari qu’elles traitent et qui se comporte comme un toutou domestiqué auquel il ne manque que la parole, Mme Deschien qui n’en peut plus que son homme ressasse son licenciement depuis 5 ans… De l’humour fin, des situations ubuesques, fantasques et très imagées. Et surtout, une ambiance de restaurant comme on les aimait. Être hors de chez soi pour se faire servir un bon repas. Le va et vient des serveurs, les plats qui sont servi à table, le décor, la belle vaisselle. Nostalgie.

2 février – Saison 2 – Jour 96

La voix de Graine

Le gris, en couleur dominante et la douceur. Ce matin, j’essaie de dessiner, les bateaux, le Grau du roi d’après une carte postale que m’a envoyée ma soeur. J’utilise des pastels Caran d’Ache. La couleur, pour me sortir de cette grisaille qui me pénètre par toutes les pores de la peau. Ma soeur au téléphone. Elle s’inquiète pour sa fille. Des études brillantes. Deux ans de travail et déjà l’envie de changer de cap. Pour le choix des études, une envie, des aptitudes, une projection dans l’avenir, des valeurs, la promesse d’un travail épanouissant. Parfois, la réalité du travail s’avère tout autre. Combien sont-ils ceux qui exercent un métier qui leur convient, qui répond à leurs attentes, qui les fait grandir? Dans une vie professionnelle, il y a souvent des moments avec et des moments sans. Mais c’est normal de s’interroger. Quand on peut trouver un meilleur rendement en terme de bien être au travail, pourquoi s’en priver? Je souhaite à ma nièce de réussir.
Est-ce l’appel de ma soeur ou le gris du ciel? Le blues m’envahit. Il rend la journée longue et difficile. Je n’ai toujours pas réservé pour notre escapade. En début d’après-midi, j’ai été prise de doute: la météo, les activités… Quand j’ai enfin appelé, il était trop tard. Je dois rappeler demain matin.
J’ai passé une partie de l’après midi à chercher un vêtement pour une petite fille de 9 ans. Un temps clément propice à la balade, des envolées de moineaux au dessus des immeubles. Dans les magasins, beaucoup de monde. Encore plus à l’approche de l’heure du couvre-feu. Je ne voulais pas rentrer les mains vides. J’ai trouvé. Un petit short en velours. Demain, je pourrais poster mon colis pour ma petite nièce et ses deux petits.

La voix de Lilie:

Ce soir petite fille vient dormir. Après mon télétravail du jour, je pars la promener. Je lui parle, elle chante dans sa poussette. Ce soir le ciel est magnifique. Le coucher de soleil offre des teintes grises illuminées de rose. Je prends quelques photos pour essayer de capter cette lumière. Il fait bon. Les gens rentrent chez eux avec leurs enfants. Il est l’heure du couvre feu. Nous rentrons aussi jouer un peu et faire le repas.

Aujourd’hui ma mère s’est faite vacciner. Elle nlus a envoyé une photo du moment fatidique. C’est la première de la famille à y avoir eu droit. Privilège de doyenne. Elle attend le rappel pour pouvoir enfin embrasser ses enfants. Ensuite, elle est rentrée chez elle et elle a fait des crêpes parce que c’est la chandeleur. Elle a gardé l’envie de se faire plaisir en cuisinant. Et l’envie de se faire des crêpes le jour de la chandeleur.

Mes billets de train sont arrivés. Si pas d’annulation d’ici vendredi, je pourrai louer une voiture. A défaut d’une escapade, je verrai ma famille, ma nièce qui attend son bébé, ma cousine, mon père, ma mère.

Tu as de la chance Graine de pouvoir colorer ton gris, moi, le covid a stoppé net mon apprentissage après 3 cours. D’être créative, de passer du temps hors de tes pensées. De te reposer le cerveau.

De plus en plus de jeunes tournent le dos à des carrières toutes tracées. Leur quête n’est pas dans le salaire. Elle est dans le sens, dans le plaisir de faire. Est-ce parce que les entreprises ne leur offrent plus de perspectives enrichissantes ? Est-ce parce que nous les avons éduqué dans le bien-être et la recherche du bonheur ? Parce que nous leur avons trop donné ? Ils sont moins dociles que nous pouvions l’être, moins enclin au sacrifice ? Ou surtout parce qu’ils ont compris que maintenant l’entreprise ne les considère plus que comme des ressources interchangeables et qu’ils veulent exister et surtout vivre.

Petite fille s’est endormie. J’espère que la nuit sera complète….


1er février – Saison 2 – Jour 95

La voix de Graine

C’est lundi. Une grosse envie de prendre l’air se saisit de moi.
C’est décidé, je nous prépare une escapade pour le mois de février. Je dois encore caler les dates avec les enfants. Mais, c’est acquis. Nous allons nous échapper de Paris une quinzaine de jours, direction la maison de campagne, avec une halte sympathique de 2 ou 3 jours en cours de route. Mon mari est partant. Il a vérifié avec son chef la possibilité d’une semaine de télétravail à la campagne. Et du coup, je me sens un peu plus légère à l’idée de mettre les voiles.
Ma fille se sent un peu mieux ce matin. Je la connais bien. Elle est tentée de ne pas se soigner. Elle a tout de même pris rendez-vous chez son médecin.
Ce soir, je vais chercher petit fils à la crèche. Un demi couplet de « la pêche aux moules » et il s’endort. Il est là, à côté de moi étendu sur le canapé, les jambes écartées dans son pantalon façon tweed, comme un petit lord.
Sur le chemin en rentrant chez moi, j’aperçois les graines en ligne, mais entre le masque et les bruits de la circulation, je lâche l’affaire. Ce soir, vous allez papoter sans moi, les graines, dont toi, Lilie. Vous voir m’a fait du bien.
J’ai le feu vert de mes enfants pour les vacances. Je réserve demain.
Ma fille va mieux. Un des médicaments qu’elle prend fait apparemment effet. Ce qui est ennuyeux, c’est qu’elle ne sait pas ce qu’elle a. Elle se fait des nœuds à l’estomac, ça c’est sûr. Si c’est juste du stress, tant mieux. Espérons que ce n’est pas plus grave. Croisons les doigts.

La voix de Lilie:

Voilà une journée sous le signe de l’amitié. Cet après-midi j’ai discuté une heure avec une collègue avec laquelle j’avais mené des projets. Nous avions adoré travailler ensemble et partagé des grands moments de stress mais aussi de fous rire. Elle m’a appelé en début d’année et nous avions convenu d’un rendez-vous skipe. Notre conversation a repris après 5 ans comme si on s’était quitté hier ! Et puis ce soir, ce sont les Graines qui prennent le relai. 4 Graines et ton incursion ! Ça fait tellement de bien de vous entendre et de rire ensemble.

Ce week-end nous avons prévu d’aller chez ma mère. Aujourd’hui j’ai vérifié la circulation des trains pour savoir si ceux que j’ai réservé pour la fin de la semaine ont une chance de circuler… Moi aussi j’ai besoin d’air. Besoin d’une escapade, une vraie. Le moral va un peu mieux de vous avoir vues et entendues.

J’espère que ta fille va vite se remettre. Je lui souhaite de ne pas être une angoissée chronique et de savoir ou d’apprendre pendant qu’elle est jeune à arrêter de ruminer. Je sais trop bien ce que ça peut faire. En tout cas, faire attention au burn out des jeunes mamans qui travaillent.

Ce soir je regarde parler une infectiologue de l’hôpital Saint Louis. Je n’écoute pas vraiment ce qu’elle dit. Je la regarde. Elle est âgée. Je pense plus que moi. Quand elle s’exprime, son visage est lumineux, elle a un sourire immense qui lui prend la moitié du visage, l’oeil malicieux. Pourtant elle parle de choses terribles, la propagation du virus et de ses variants. Mais elle est respire la douceur. J’admire ses personnes radieuses, pleines de charme, attirantes. On a tout de suite envie de la suivre. Ça me rassure aussi qu’une personne âgée puisse être carismatique, magnifique.

31 janvier – Saison 2 – jour 94

La voix de Graine

Dimanche en famille, la pluie…Dernier jour de janvier. Dans l’humidité ambiante, je me sens devenir éponge. Une éponge grise et nostalgique du temps d’avant. J’ai besoin de soleil, de contacts et d’espoir!
Aujourd’hui, je démarre ma journée au radar. Une nuit courte, hâchée. Une nuit avec un tout petit. Ma petite fille dort d’une traite, sans être dérangée par son cousin de la soirée pyjama. Définition d’une soirée pyjama: C’est quand on dort chez quelqu’un d’autre, chacun dans son lit, mais dans la même chambre.
Ce matin, pas de jogging, mais pas de cuisine à faire non plus. Ce midi, nous mangeons chez fiston, la raclette. Sans ma fille. Elle reste couchée chez elle, seule. En revenant de chez mon fils, je passe la voir, pour discuter un peu, prendre de ses nouvelles. Demain, arrêt maladie, médecin, examens. Pour soulager ma fille, nous gardons la petite à la maison. Je l’accompagnerais à l’école demain matin. Ma belle-fille reprend un poste de styliste en free lance. Je suis contente pour elle. Elle n’en pouvait plus de son poste actuel de vendeuse.
Ça me fait plaisir que tu sois emballée par ta formation Lilie. Tu es en train de devenir une experte et j’espère bien pouvoir en profiter. Des rendez-vous de travail à prévoir! Chaque chose en son temps. Ton planning est déjà bien booké. Et nous avons tellement besoin de rendez-vous détente et papotage pour ne pas sombrer dans ce contexte morose.

La voix de Lilie:

Le premier mois de l’année s’achève. J’ai toujours trouvé le mois de janvier plus long que les tous les autres réunis. Il s’étire, d’un lendemain de fête teint brouillé à une couronne, d’une série de bonnes résolutions à leur abdication. On reprend le travail forts d’une énergie nouvelle vite anéantie, la météo alterne froid, gris, pluie, neige, saupoudrée de quelques miettes de soleil. L’hiver s’installe lentement. Le temps s’étale. Puis, lorsque enfin le mois de janvier se termine, il semble que toute l’année s’écoule en flots continu du robinet du temps.

Ce dimanche 31 est calqué sur le tien Graine. Soirée pyjama pour petite fille seulement qui a dormi chez nous. Bien dormi même. Une étape vers 3h, sans besoin de se lever. Elle s’est rendormie toute seule. Elle avait dû perdre sa tétine et la retrouver. Levée à 8h30. Ensuite toute la famille à déjeuner pour fêter son premier anniversaire. Entre elle, son frère et leurs jouets, le niveau de décibels atteint des sommets ! Petit fils ouvre les cadeaux pour sa sœur. Il souffle aussi sa bougie. Il s’y prend à plusieurs fois. Mon fils l’aide un peu. Cette année, nous nous faisons la réflexion que le gâteau va être vaporisé de covid à force de souffler dessus. Plus de cinquante ans d’anniversaires sans jamais avoir imaginé que souffler des bougies égale postillonner sur le gâteau. Encore une tradition à adapter pour cause sanitaire ! Nous étions 9 à table. 2 ont déjà eu le covid. Espérons que personne ne sera malade cette semaine. Une belle journée en famille. Bientôt 18h, tout le monde doit partir. D’un coup le niveau sonore redescend. La chatte peut montrer son museau et reprendre ses quartiers sur le canapé. Le calme est revenu.

Le dimanche s’achève. Demain une nouvelle semaine démarre, un nouveau mois, de ceux qui coulent vite. le mois 2021.

Donne moi des nouvelles de ta fille Graine. Et pour l’éponge, nous sommes 2…

30 janvier – Saison 2 – jour 93

La voix de Graine

Le samedi des petits-enfants
Pour toi Lilie, ce week-end, c’est le retour des petits. Je suis contente pour toi. Chez nous, dans l’idée, ce soir, c’est soirée pyjama. Enfin, vite fait! Le petit fils ne s’endort pas dans son lit. Il faut qu’il soit profondément endormi pour être mis dans son lit. Sinon, il se réveille et c’est reparti pour un tour. Et vu que notre fille se trouve aux urgences pour des maux de ventre, mon mari est d’astreinte pour aller nourrir les animaux et sortir le chien. Bref, une soirée de samedi un peu mouvementée.
Cet après-midi, avec petite fille, nous avons fait atelier peinture pendant que petit-fils faisait la sieste avec son Papy. Peinture avec les doigts, avec les mains, avec les pieds, puis direct au bain.
Petit fils ne marche toujours pas. Cet après-midi, il se mettait debout, les jambes écartées, restait un moment en équilibre, puis très fier de lui, tombait sur ses fesses en s’applaudissant. Bien sûr, nous applaudissions aussi.
Il a appris un nouveau mot: encore. Ça ne concerne que la nourriture. C’est un glouton.
Bref, un samedi bien occupé qui passe vite. Demain, la fête, nous allons manger la raclette chez fiston. Seul bémol, l’estomac de notre fille…Espérons qu’elle pourra être avec nous et que les médecins vont réussir à calmer ses douleurs. Pour la petite histoire, lorsque ma fille a un problème de santé, c’est toujours le week-end ou pendant les vacances. Curieux.

La voix de Lilie:

Après une semaine de confinement ma fille ne supporte plus les chouineries de petite fille. En première approche elle voulait qu’on la garde le soir. Ainsi fait. Elle est donc arrivée un peu avant midi ! La soirée commence tôt ! Elle a vraiment besoin de se détendre. Et nous de profiter de mini miss après 15 jours sans la voir. Elle a encore changé, ses cheveux commencent à pousser, ils font de jolies boucles blondes. Son caractère s’affirme. Même beaucoup ! Elle décide, elle s’impose. Elle nous pousse même, quand on est sur son passage. Elle ne va pas s’en laisser compter et c’est tant mieux. Nous faisons une grande balade en poussette pour qu’elle prenne l’air. Je lui raconte des histoires, nos vies aussi, tout en marchant.

Cet après-midi j’ai suivi mon cours à distance via zoom. C’est comme si nous étions ensemble. La technologie a vraiment fait des progrès. Je m’éclate à apprendre à faire ce nouveau site. J’apprends des techniques que je pourrais appliquer sur Graine pour l’améliorer plus facilement. Je suis trop contente. 2h passent sans que je m’en rende compte.

Après avoir couché mini miss, je passe la soirée au téléphone avec une graine. Bavarder, refaire le monde, parler de nous et de tout. Sentir sa présence, imaginer son sourire. Un bon moment.

Il faut absolument se projeter une sortie fille. C’est un besoin vital. Sinon nous allons toutes sombrer !

29 janvier – Saison 2 – jour 92

La voix de Graine

Pour l’instant, pas de 3ème confinement, a annoncé ce soir le 1er ministre…Soulagement, relatif! Notre liberté est déjà tellement réduite. C’est quand le soleil et la fin du tunnel? Personne ne sait.
Douceur et pluie légère aujourd’hui. Pour moi, jour de sortie. Ce matin, balade sur le Port de l’Arsenal et les quais de Seine avec ma copine. Je prends mon vélo pour descendre sur Bastille.
Cet après-midi, je vais voir les résidents de mon centre d’handicapés. J’ai tiré sur papier les photos prises la semaine dernière. Après la mise sous cadre de quelques photos avec Odile, nous partons en balade, malgré le temps maussade, histoire de prendre l’air. En suivant, la lecture de Boucle d’or. En regardant les pêle-mêle photo dans sa chambre, je me rends compte que nous avons le même âge, toutes les 2, à un an près peut-être. Quand je quitte sa chambre, elle me fait des bisous avec la bouche. Nous créons du lien, elle et moi. Cela me touche.
Et ce soir, c’est à nouveau couscous du restaurant d’à côté. Moi aussi, je rêve d’inattendu et d’ailleurs…

La voix de Lilie:

Enfin la semaine de travail s’achève. Le premier ministre a annoncé les mesures gouvernementales. Pas de confinement total. C’est un pari sur notre capacité à circonscrire l’épidémie. Espérons que nous serons assez sérieux. En tout cas notre escapade dans le midi le week-end prochain ne dépend plus que de la présence du train. Escapade est un bien grand mot ! Il s’agit d’aller voir mes parents. Espérons qu’il y aura du soleil, il y a tellement de temps que je ne l’ai pas vu. Quelque fois il pointe son nez quand je travaille, et a disparu quand je m’arrête. La vaccination de ma belle mère est annulée. Il n’y a plus de doses. 88 ans et vaccination annulée, la barre est haute. 1,5 millions de vaccinés. Ont ils tous plus de 88 ans ? On entend déjà parler de scandales, de passes droit de vaccinations. C’est vraiment un sauve qui peut. Avec toutes les bassesses que la peur de mourir peut engendrer.

Ce week-end sera celui du retour des petits enfants à la maison. Ils commencaient à me manquer. Je vais préparer les paquets cadeaux et faire un bon repas. Heureusement qu’il n’y a pas de reconfinement total. Il nous reste encore la famille.

Les Graines me manquent aussi. Il va falloir songer à organiser une sortie filles.

28 janvier – Saison 2 – jour 91

La voix de Graine

La douceur est revenue aujourd’hui. Douceur que je découvre en allant chercher mon pain ce matin. Une petite balade bien agréable avant de me mettre au travail à l’intérieur. Déjà jeudi! Les semaines défilent à grande vitesse.
Bon anniversaire à ta petite-fille, Lilie. Un premier jalon sur le chemin de la vie. Tu as raison: il ne faut rien rater. C’est précieux. Cela passe tellement vite.
Ce matin, je termine mon album photo sur nos balades et randonnées 2020. 86 pages. Plus facile et agréable de feuilleter un album que de chercher des photos sur l’ordi. Et ça m’a obligé à faire un choix. Une émission sur la vieillesse sur France-Inter. Laure Adler – auteure de « La voyageuse de nuit ». La vieillesse, l’âge où on s’autorise – enfin – à vivre comme on veut! Mais pourquoi attendre la vieillesse? Thérèse Clerc a créé en 2013 à Montreuil la « maison des Babayagas », la non maison de retraite. Des femmes âgées de plus de 60 ans qui s’organisent pour vivre ensemble, organiser des activités. Une université également: UNISAVIE. Je vais aller voir à quoi ça ressemble.
Cet après-midi, je m’attelle aux tâches administratives. La tutelle de mon frère, le suivi de ses comptes, les documents à compléter, à renvoyer. Ce n’est pas compliqué. Mais c’est s’occuper d’une autre personne que soi, d’une personne dépendante qui n’est pas en mesure de vérifier. Juste du stress, la peur de commettre une erreur, un oubli. Mon frère s’est fait vacciner mardi dernier pour le Covid. Une bonne chose de faite.
A 16 h, pour faire la pause, je descends avec mon mari – merci le télétravail – vérifier mon vélo. Les pneus dégonflés – un voisin nous descend sa pompe, la roue à redresser, la dynamo à refixer, des boulons à revisser, la selle à repositionner – le gardien amène sa caisse à outils. Une pause joyeuse et solidaire. Mon vélo est remis en état. Merci mon mari, merci les voisins, merci le gardien.
En fin de journée, pendant que mon mari suit sa conférence, je prépare le repas pour ce soir et demain midi. La radio est en sourdine. La vaccination qui cafouille, le mécontentement et la rébellion des français face à un éventuel reconfinement…Il est où le bout du tunnel?

La voix de Lilie:

Il n’y a pas grand chose à dire de cette journée…. D’une banalité à mourir. Je ne suis même pas sortie 1mn. Le télétravail a mangé la moitié du temps, une copine m’a fait bon pour un papotage. J’ai travaillé un peu sur mon nouveau site, bidouillé dans les fichiers. Je n’ai échangé avec personne en dehors de mes réunions de travail. J’ai quand même pris le temps de commander quelques livres avant d’être en panne de lecture.

Doucement la morosité me gagne. Je rêve d’inattendu.
Est-ce seulement la période difficile que nous vivons tous ou est-ce plus profond ? Le gris du ciel a étendu son voile sur moi. Je suis empêtrée dans la brume de l’hiver. Que se passe-t-il à l’extérieur ? Où est le soleil ? Loin.

Bientôt se profile le confinement total, qu’est-ce que ça va changer finalement ? Pas grand chose. Nous ne partons plus en congés ni en week-end, il n’y a plus de distractions, plus de rencontres ou si peu. Depuis un an, l’isolement s’est installé insidieusement et a fini par l’emporter. Le nouvel ordre s’installe. Chacun chez soi avec le monde à portée de clic. La vie virtuelle. Il ne reste plus qu’à acheter un casque de réalité augmentée et le tour sera joué. Le monde extérieur, tous les voyages, les musées sans bouger de son canapé. Et sans voir un être humain.

3millions de cas, 1 million de vaccinés. Moins d’une personne sur 10 est immunisée aujourd’hui. On peut dire aussi qu’en un an, plus de 9 personnes sur 10 n’ont pas eu le covid ou en tout cas ne l’ont pas déclaré. On est pas si mauvais que ça finalement !

27 janvier – Saison 2 – jour 90

La voix de Graine

Mercredi, jour des enfants …
Ce matin, je commence ma journée par un créneau de travail dans ma coop de 7 h à 9 h 15. Une grosse livraison de produits frais, plus une autre de légumes et de fruits. Le temps passe vite. A la fin du créneau, nous n’avons pas fini le travail. Nous passons le relais à l’équipe du créneau qui suit. Rapidement, je glane quelques courses – j’ai oublié ma liste – avant de me diriger vers le marché. Le marché, c’est le samedi matin et le mercredi matin. J’ai envie de poisson. Je n’ai pas pu en acheter samedi matin, il y avait vraiment trop de monde.
Ma petite-fille ne déjeune pas avec nous ce midi. Sa Maman l’a emmenée voir une copine qui vient d’avoir un bébé.
Je récupère ma petite fille juste pour l’amener à la danse.
Préparer une quiche pour le repas du soir, défaire le sapin, enlever les décorations de Noël, partager le repas avec mes filles, se poser en regardant sur whatsapp le reflet de Dame Lune sur l’océan indien au crépuscule …une photo envoyée par notre graine lointaine. La journée s’achève.

La voix de Lilie:

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma petite fille. 1an déjà. Elle n’est pas là. Encore confinée. Il n’y a que whatsapp pour nous permettre de la voir aujourd’hui. Une petite fille qui est née en même temps que la pandémie. Confinée à 1 mois, elle ne connaît que la vie en tant de pandémie. C’est sa réalité à elle. Les masques ne l’effraient pas, les inconnus oui, elle n’a pas l’habitude. Est ce la réalité de la génération qui arrive ? La solitude. Un monde rétréci. Des amis virtuels ? La vie sur les écrans. Des pandémies les unes derrière les autres ? Comment vont vivre les jeunes de demain ? Comment se faire des amis, trouver un amour ? Espérons que cet épisode soit derrière nous pour son prochain anniversaire et que la vie pourra refleurir pour qu’elle puisse rire, danser, chanter, sortir avec des amis en chair et en os !

En attendant, elle grandit, elle marche déjà. Cette année elle apprendra à parler. Je profiterai de chaque instant comme une pierre précieuse que l’on ne garde pas.

26 janvier – Saison 2 – jour 89

La voix de Graine

Journée de sortie aujourd’hui. Mon mari est allé travailler au bureau. Cela faisait près de 3 mois qu’il n’y était pas retourné. Moi, cet après-midi, je suis partie faire une réunion sur notre site jacquaire en construction en plein centre de Paris. Pas de repas à préparer ce midi. Les vacances. Il me semblait que la météo nous avait promis une journée ensoleillée. Le ciel est resté gris. Et il faisait froid. Mais quel bien ça fait de se décentrer de soi, de sortir de la maison, de faire autre chose que le ménage et la cuisine. Le soliloque entre soi et soi m’épuise. C’est bien d’aller dehors, de voir des gens qui ne sont pas des proches, de communiquer pour de vrai. Ce soir, mon mari et moi sommes contents de nous retrouver. Nous nous sommes aérés.

La voix de Lilie:

Encore une journée de télétravail. Après ma séance de sport quotidienne, les réunions skipe qui s’enchaînent. D’un côté ça m’agace, d’un autre ça m’occupe. Je n’ai pas la chance de ton mari d’avoir un repas cuisiné chaque midi. Différence qui persiste entre la femme qui ne travaille pas et l’homme qui ne travaille pas. Quelle femme à la maison oserait laisser son conjoint qui travaille sans lui préparer un petit quelque chose ? Sans adapter son rythme à celui qui travaille ? Vestige des siècles de bonnes épouses….

Je termine cette journée en regardant un documentaire de Yann Arthus Bertrand. Les images comme toujours somptueuses, le propos sobre mais percutant. L’évolution de l’humanité jusqu’à faire disparaître tout ce qui n’est pas humain est horrifiant. La condition animale sacrifiée à notre appétit de plus en plus grand. Millions d’animaux entassés dans des cages. Les terres saccagées par l’agriculture intensive. 10% de la population consomme 70% des ressources. Tant d’humains mis de côté. Nous créons les conditions d’une pandémie tous les 10 ans. Voilà qui peut nous parler. Le conseil pour ralentir le mouvement ? Baisser sa consommation carbonne individuelle de 5% chaque année. La première chose à faire étant d’arrêter de consommer de la viande industrielle, voire de la viande tout court pour ceux qui peuvent. Je tente de faire ma part. C’est si difficile, nous avons tellement d’habitudes de confort… Qu’allons nous laisser à nos petits enfants.? . Même mes enfants sont si peu concernés. Est-ce perdu d’avance ?

25 janvier – Saison 2 – jour 88

La voix de Graine

Lundi: Froid, venteux, mais ensoleillé; une envie de dehors…
Ma journée de lundi s’annonçait besogneuse et ennuyeuse. Suite à un changement de programme, aucune sortie prévue! Et un confinement qui se profile. J’appelle ma copine que j’aurais dû voir vendredi. Super, elle est dispo. Ma journée se colore. Ce midi, ce sera un curry au poulet.
Et au programme, papotage, partage de nos œuvres. Elle écrit et elle réalise de très beaux collages. Puis balade bien sûr pour profiter de la lumière et du dehors. C’est elle qui prend des photos cette fois-ci. Elle connaît très bien le quartier. Tout de même, elle ne connaît pas tout. Nous bavardons avec un artisan qui travaille dehors dans une cour d’immeuble pavée. Il nous invite à revenir au printemps. Il nous offrira une rose à chacune! Le plaisir de flâner, d’échanger. Ce qui me fait peur dans ce Covid, c’est ce retrécissement de nos relations sociales. A force de vivre à l’étroit, l’étroitesse d’esprit ne nous guette-t’elle pas? Ce week-end, du 21 au 24 janvier, des manifestations étaient organisées dans le cadre des nuits de la lecture. Chic, m’étais-je dit, enfin quelque chose qui sort de l’ordinaire. Et puis le ronron planplan du week-end. Des journées courtes à voir peu de monde. J’ai zappé. J’ai enragé d’avoir laissé passer une occasion de sortir de mon train-train…Dans la foulée, je me suis inscrite pour recevoir les informations du Ministère de la Culture sur les manifestations et évènements à venir. Comme tu dis Lilie, je m’endors. Et ça me fait peur, plus encore que la maladie.
Ce soir, les graines sur whatsapp, 4 sur 6, c’est aussi un bon remède contre la mélancolie, contre l’endormissement.

La voix de Lilie:

Un lundi bien chargé. Le télétravail bien sûr, puis entre midi et deux, mon cours wordpress que le formateur avait déplacé du samedi, puis retour télétravail avec des réunions qui s’éternisent jusqu’à 18h30. Ouf. Je suis vidée. Je descends de mon perchoir, et hop, les Graines appellent. Je suis contente, leur bonne humeur me fait tellement de bien. Elles sont plus libres que moi et parlent de leurs activités, des quelques sorties qu’elles se sont permises. Je m’envole d’un artisan qui répare des statues à un temple Tamoul, d’une photo à une piscine, d’une île à Nice, d’un quartier de Paris à un vol en hélicoptère. Que c’est bon de voyager par elles et de les entendre rire. Il paraît que rire 10mn par jour est bon pour la santé et que la moyenne est de 1mn par jour. Je ne ris plus. Pas d’occasions. Ce soir, j’ai pris la dose de la semaine !

Quelle journée. J’ai croisé le soleil, le ciel et l’air frais ce midi en allant et revenant du cours. Belle performance !

24 janvier – Saison 2 – jour 87

La voix de Graine

Dernier dimanche avant un 3ème confinement?
Certains pensent qu’il est urgent de reconfiner, d’autres pensent qu’il faut responsabiliser les français et continuer à vivre le plus normalement possible. L’épée de Damoclès au dessus de notre tête, c’est la progression du variant anglais. Rester prudent, attendre la décision de nos politiques. Quand l’histoire, trente ou quarante ans plus tard, nous restitue le présent d’hier, il y a de quoi avoir peur. Le téléfilm d’hier soir, dont l’intrigue se basait sur les enfants déportés de la Réunion entre 1963 et 1982 à l’initiative du 1er ministre Michel Debré, en donne un exemple. L’idée était géniale: il fallait lutter contre l’exode rural en métropole. Nos politiques ne sont pas des philanthropes. Il ne l’ont jamais été, ils ne le seront jamais. Comment faire confiance en leurs décisions. Nous ne savons pas ce qui les motive. Mais quel choix avons-nous?
Ce matin, j’ai repris mon jogging dominical. Dur. Cela faisait plus d’un mois que je n’avais pas couru.
Déjeuner en tête à tête avec mon mari. Deux demi queues de langouste, reste du réveillon de Noël. De la mayonnaise. Une boutelle de vin blanc. C’est dimanche tout de même. Dehors, la neige tombe à gros flocons. Mais ça ne tient pas.
Cet après-midi, nous avons visité notre 1ère maison de l’année. A proximité de Paris. De l’extérieur, une maison assez jolie. L’intérieur est propre et bien entretenu, mais…ça ne fait pas rêver. Nous ne sommes pas au bout de nos peines et de nos surprises. Nous ne sommes pas prêts de déménager.

La voix de Lilie:

Fin du week-end. L’ambiance est morose. La lassitude se fait sentir. Moi aussi, je suis allée courir après plus d’un mois d’arrêt. La température est très froide, la course réchauffe peu à peu le corps. Je rentre plus détendue qu’en partant. Dose d’endorphine certainement. Ce midi nous sommes allé déjeuner chez un ami. L’impression d’être un peu au restaurant, le repas est fait par quelqu’un d’autre, on mange ailleurs que chez nous. La neige est tombée cet après-midi, clin d’oeil de l’hiver, avant de fondre 2h plus tard. Au retour, je prépare le repas pour demain et je passe quelques coups de fils pour me sentir reliée…

Le film d’hier au sujet des enfants déportés de la réunion, conduit à se poser des questions sur notre humanité individuelle. Au delà des politiques qui imaginent et mettent en œuvre ce sordide scénario, il y a les hommes et les femmes qui ont accepté de les « recevoir » et les ont souvent maltraités. Comment peut on faire du mal à des enfants déracinés ? Et son corollaire, a-t-on vraiment changé ? Que ce passerait il aujourd’hui si l’on faisait venir des personnes de pays pauvres, adultes ou enfants et que l’on permette d’en faire nos esclaves. Qui accepterait ? Imaginons que l’on enferme les personnes positives au covid, qui dénoncerait ? L’instinct de survie conduit à beaucoup de bassesses…

23 janvier – Saison 2 – jour 86

La voix de Graine

Dernier samedi de janvier, froid et pluvieux. Journée maison aujourd’hui, à l’exception du marché de ce matin.
Contrairement à ce qui était prévu jusqu’à hier soir, nous ne gardons pas les petits pour dormir cette nuit. Ce sera la semaine prochaine.
Ce midi, nous déjeunons en famille, avec fils et petit-fils. Ma petite fille nous rejoint en début d’après-midi. Une grande sieste de plus de 2 h pour petit fils et moi pendant que mon mari joue avec la petite, et que mon fils dort sur le canapé. Le temps coule doucement. L’après-midi se termine par un jeu de 7 familles en attendant ma fille qui vient chercher la petite. Elle a pu profiter de son après-midi pour sortir et voir ses amis. Nous récupérons le chien en échange de la petite.
Demain, nous n’aurons personne…C’était l’occasion de recevoir les Graines, au moins toi Lilie…mais nous avons un rendez-vous pour visiter une maison à 16 h! Avec le couvre-feu et le mauvais temps, nos journées sont courtes, beaucoup trop courtes. Difficile d’organiser ce temps qui s’échappe. Pareil, la semaine prochaine, les rendez-vous se déplacent. Ajuster, décaler, s’adapter…rester cool. Les jours rallongent, le printemps va revenir, et avec lui, le soleil, nos sorties et nos rires.

La voix de Lilie:

Ce week-end pas d’enfant, pas de petits enfants. L’occasion de s’occuper des petites choses qui trainent et que l’on reporte de mois en mois. Dans chaque pièce de la maison il y a un petit quelque chose qui attend. Je le vois quand j’y rentre, je l’oublie quand j’en sors. Aujourd’hui je me pose, et je fais. Par exemple: reprogrammer les horaires du radiateur de la salle de bain. Le télétravail a modifié nos horaires de douches. Je clos les comptes de la copropriété et j’initie ceux de l’année. C’est l’action la plus pénible de l’année. Une fois fait, je suis dégagée d’un poids. J’aurais tout mon temps quand les enfants reviendront.

L’après-midi, mon mari fait un feu dans le poêle. Après midi cocooning. J’aime voir les flammes danser dans le foyer. Lovée dans le fauteuil, mon chat sur les genoux, ma fille au téléphone. Je finis l’après-midi en m’amusant avec mon nouveau site où j’essaie des mises en forme.

Je n’ai même pas eu envie de sortir aujourd’hui. Je crois que je m’endors.

22 Janvier – Saison 2 – jour 85

La voix de Graine

Tu te souviens, Lilie, quand on allait au restaurant?
A présent, on commande notre couscous à 17 h 30, on le fait réchauffer chez soi 1/4 h avant de passer à table, en tête à tête bien sûr puisque les sorties du soir ne sont plus autorisées! Comme tu le dis, Lilie, vivement que ce journal se referme et que nous puissions aller boire un coup, manger et rire toutes ensemble dehors.
Actuellement, le menu qui nous est servi gratuitement matin midi et soir, à la radio comme à la télé, c’est Covid à toutes les sauces, la sauce sanitaire, la sauce économie, la sauce variante, la sauce vaccination, la sauce déprime. Indigeste et peu appétissant. Pas de quoi se taper sur le ventre.
Pour autant, la météo a été clémente aujourd’hui, et j’ai passé une bonne journée.
Ce matin, j’ai changé la fermeture de mon sac à main. Ça pourrait être mieux fait, mais c’est fait.
Cet après-midi, refroidie par mon expérience d’hier, j’ai laissé mon vélo au garage. J’ai pris le métro. Et j’ai marché.
J’avais mon premier rendez-vous opérationnel dans ma résidence d’handicapés. Dès mon arrivée dans « l’appartement », c’est comme ça qu’ils appellent leur résidence, j’ai été accueillie par des sourires sur les visages. Ils m’attendaient. Nous sommes partis en promenade. J’ai poussé le fauteuil d’Odile en compagnie de Romy qui poussait le fauteuil d’Emmanuel. Pas facile de manier ces engins. Je ne suis pas experte. Nous avons pris des photos. J’aime bien l’ambiance de « l’appartement ».C’est familial. Il y a une douzaine de résidents. C’est chez eux. Le responsable de la structure part à la retraite en mars prochain. Les résidents sont tous attristés par ce départ. Il le connaissent depuis toujours. 17 ans qu’il est à son poste. La préparation de son départ a déjà commencé. Chaque résident y pense.
Après la sortie, je reste un moment avec eux. Imagine-toi, Lilie, un instant, dans un fauteuil roulant avec zéro autonomie? Tu ne peux rien faire seule. Tu dépends des autres pour boire, manger, te déplacer. Je te fais grâce du reste. Leurs seuls moyens d’expression sont, pour certains quelques mots mal articulés, des mimiques, des cris, des gestes désordonnés…Ils m’émeuvent.
Ensuite, direction la crèche du petit-fils. C’est moi qui vais le chercher ce soir. Il babille sur le porte-bébé, puis s’endort.

La voix de Lilie:

Quelle belle journée tu as passé Graine. Être utile aux autres lorsqu’on a terminé sa carrière et que l’on est dégagé du besoin de gagner sa vie. Gagner sa vie en en perdant le sens parfois. Souvent même en fin de carrière. Pouvoir choisir ses activités, entre celles pour soi, pour sa famille, pour la communauté, voilà la récompense de la retraite. Et tant que la santé le permet, usons de notre énergie pour en profiter.

Je n’en suis pas encore là. J’aperçois la porte de loin mais elle est encore fermée. Le travail absorbe encore mes semaines.

Ce midi, un ami est venu déjeuner avec nous. Avantage du télétravail, puisqu’on ne peut plus se voir le soir, voyons nous le midi. Nous avions, comme toi Graine, commandé un couscous. Commande à 11h, récupéré à 12h. Cantine à domicile entre 2 périodes de travail. L’humain s’adapte à tout. Prend de nouvelles habitudes. Nous discutons pendant 2h, il y a un moment qu’in ne s’était pas vus.

Le soir j’appelle notre Graine à la vanille et nous discutons plus d’une heure au téléphone. L’avantage d’avoir été la voir l’an dernier, c’est de visualiser ce qu’elle fait, la cuisine, le chien, la nage du matin, ressentir encore la chaleur, le soleil. Sans les moustiques et les babouks !

J’ai pas mal, comme qui dirait, d’administratif à faire pour la maison et l’association de copropriété. J’ai un peu commencé. Peut-être que je trouverai la motivation pour m’y atteler ce week-end puisque nous n’avons strictement personne à voir ni rien à faire.

Aujourd’hui l’indigestion covid est proche, trop de sauce, la coupe est pleine. Ce soir, l’apothéose, le summum du sordide avec la décision de la société qui produit les vaccins qui a remarqué que l’on pouvait tirer 6 doses dans ses flacons vendus pour 5 et qui va donc en envoyer moins pour plus cher. Gain estimé, 1,5 milliard d’euro. Le contrat est relatif aux doses, pas aux flacons. Elle est dans son droit. Tant pis si les soignants n’arrivent pas toujours à capter la 6ème dose, non prévue au départ…. Cette pandémie n’aura rien changé à ses multinationales. Elles ne sont là que pour faire du fric. Vacciner l’humanité, que nenni, vendre des vaccins comme on vendrait des clous, ça oui. C’est à vomir.

21 Janvier – Saison 2 – jour 84

La voix de Graine

Journée vide, journée creuse. La lenteur s’installe. Et l’attente. J’ai peu d’énergie malgré ma séance de respiration de ce matin à 7 h. Ce matin, ma copine annule notre rendez-vous pour déjeuner de demain. Je suis tout à à la fois déçue et rassurée. Déçue parce que je voulais vraiment la recevoir pour déjeuner. Nous avons souvent été reçus chez elle. Rassurée, parce que pour moi, inviter une ou plusieurs personnes à manger, c’est comme s’attaquer à une montagne impossible à grimper. Trouver un menu: ni trop simple, ni trop compliqué; faire les courses: à ma portée, mais ça prend du temps; faire la cuisine: s’y mettre à temps, ne pas paniquer; prévoir un plan B au cas où: j’ai vu trop grand, je n’y arrive pas, j’ai raté…Bref, j’ai envie d’inviter, mais c’est toujours compliqué d’autant plus quand les personnes reçues sont plutôt à l’aise avec la cuisine. Notre rendez-vous est reporté. Dans dix jours; j’ai le temps d’y réfléchir. J’ose espérer qu’un jour, ça ira mieux…
Cet apres-midi, nous avons cours d’Arts plastiques, de 15 h à 17 h, en présentiel. Normalement, c’est à 18 h 30. Pour tenir compte du couvre-feu, il a été avancé. Jusqu’au dernier moment, je ne suis pas sûre. Je suis ennuyée aussi pour ceux qui travaillent encore et ne peuvent pas s’absenter en plein après-midi. Mais un prochain confinement se pointe. Ma règle est de ne pas rater une occasion de sortir. Je me botte les fesses pour y aller. A vélo, sous la pluie, je peine, j’ai mal aux cuisses, j’ai peur de me faire mal au poignet juste remis. Avec le vent, ma cape de pluie se soulève et me voile la figure. J’étouffe sous le masque. Cela fait plus de six mois que je ne suis pas remontée sur un vélo. Au retour, j’enlève le masque. Pour finir, à 10 mn de la maison, je descends de vélo et je termine à pied. Entre les deux trajets, un essai d’aquarelle. Pas terrible, mais ça me fait du bien d’essayer, et de voir un peu de monde.
Par rapport à mes engagements en tant que bénévole auprès des handicapés, j’ai pris le minimum. Je veux rentrer dedans et voir ce que ça donne avant d’aller plus loin. J’ai fait un retour à toutes les associations que j’avais contactées. Avancer doucement pour ne pas me perdre.
Ce soir, je fais mes yaourts pendant que mon mari suit son cours de vulcanologie sur zoom. Je dois réparer la fermeture de mon sac à main. Difficile pour moi, je vais m’y mettre à reculons.
Je voulais aussi fabriquer de nouveaux masques en tissu, mais, le débat est lancé: les masques en tissu ne serviraient à rien sauf s’ils sont ajoutés sur un masque chirurgical. Déjà que je n’arrive pas à respirer avec un masque, comment je vais pouvoir respirer avec deux masques l’un sur l’autre. Pas la peine de me précipiter pour en fabriquer, je vais attendre.

La voix de Lilie:

Journée vide, journée creuse ici aussi. Trop de réunions skipe. Je suis lasse. J’en ai marre. Travail et rien autour. Le manque de distraction se fait sentir. En même temps, l’habitude du rien s’installe. L’ennui. Pas de rire, pas de folies, pas de jeux, pas de chansons, pas de deux. Le temps n’aide guère, il pleut. Ma seule sortie, aller au fond du jardin alimenter le composteur. Bel effort. Heureusement que je continue mon sport matinal. Dès que les températures remonteront, je pourrai refaire mes séances sur la terrasse.

Ce midi je suis restée seule à la maison. Pas possible d’inviter ma fille. Hier son test était négatif, mais depuis ? Elle et les enfants n’ont aucun symptômes, son mari n’a plus de fièvre. Maux de tête, rien de méchant. La semaine va être longue pour eux. Du coup je me suis fait un plateau télé.

Après déjeuner j’ai fait cuire les légumes pour ce soir car je finissais tard aujourd’hui. Comme toi, Graine, les idées de repas sont difficiles à trouver, faire la cuisine lorsque j’invite m’angoisse. Peur de rater. La simplicité résidait en aller au restaurant, maintenant il n’y a plus d’échappatoire !

J’essaie aussi de bricoler mon nouveau site, pour m’amuser. Toujours beaucoup de difficultés techniques. Je ne trouve pas ça intuitif du tout. Voilà une chose qu’on peut reprocher aux technologies nouvelles. Leur grande complexité. Je suis certaine qu’avec plus de développeuses on aurait gagné en simplicité…. Car on peut remarquer qu’il y avait bien plus de filles avant que maintenant. Et que c’était plus simple. Ou alors mon cerveau ramollit !

Voilà, 84 jours. 84, mon berceau. Cette saison de journal n’est pas prête de se terminer. J’espère que lorsque les personnes à risque seront vaccinées les restaurants et les salles de spectacle pourront rouvrir et le journal se refermer. Il y a dans le monde des millions de personnes qui vivent une vie entière sans jamais voir ni restaurant ni spectacle. Quelques mois de fermeture et nous voilà en déprime. Civilisation de loisir stoppée net. C’est quand même surtout le manque de voir les autres qui fait souffrir. L’isolement. Mais là encore, certains vivent très bien sans voir personne. Fonction de caractère. Moi je m’ennuie facilement et comme le disait fort bien une écrivaine: je n’ai pas d’aptitude pour le bonheur, pas douée ..

20 Janvier – Saison 2 – jour 83

La voix de Graine

Le mercredi, jour des enfants
Le programme est le même toutes les semaines: Faire la cuisine: lasagnes à la bolognaise aujourd’hui, aller chercher ma petite-fille, manger tous ensemble, l’amener à la danse – curieusement, le cours est maintenu et tous les enfants sont présents, puis rentrer et attendre la Maman. Entre les deux, jouer, regarder les dessins animés: les Pyjamasques – 3 épisodes maxi, lire – 2 Caroline aujourd’hui, des albums qui appartenaient à mes enfants, Caroline déménage et Caroline en vacances. Encore des fantômes loups dans la maison aujourd’hui. Notamment, un tout petit, tout mignon, qui n’avait pas sa Maman. Il avait besoin de câlins. Alors nous l’avons pris avec nous pour regarder les dessins animés. Pendant le temps de la danse, j’ai réussi à trouver une tenue sympa pour ma petite fille. Je suis contente. J’aime gâter mes petits enfants. Je peux passer à autre chose.
A 17 h 45, je laisse la petite à mon mari et je brave le couvre-feu pour aller chercher mon petit-fils à la crèche.
Je rentre à la maison à pied. Les magasins sont fermés. De rares passants dans les rues…C’est tellement curieux ces rues de Paris vides. Où est parti le Paris qui grouille du matin au soir, le Paris du monde, du bruit, de l’agitation? L’hiver froid n’a été que de courte durée. La douceur est revenue. Dans le ciel, une demi-lune embrumée. Fille et petite-fille sont encore là quand je rentre. Ma petite fille nous a fait à manger. J’ai de la pâte à modeler à ranger. Ces temps de pandémie resserrent les liens familiaux. Il n’y a pas grand chose d’autre à faire!

La voix de Lilie:

Nous voilà exemptés de garde d’enfants pour 2 mercredi minimum. Le papa a le covid. Ma fille est négative. Pour l’instant. Les enfants, on ne sait pas. Curieuse situation. Comment gérer d’être à la maison avec une personne infectée ? Rien n’est prévu pour ce genre de cas. Livrés à eux même. Dans une semaine ma fille devra refaire le test. Voilà la seule action. Personne ne peut les protéger de la contamination puisque l’on ne sait pas qui est infecté. Ils essaient d’isoler au maximum le malade, mais ce n’est pas simple.

Du coup, j’ai plus de temps pour ma formation. J’essaie de faire des choses sur le nouveau site. Pour autant, je me heurte toujours à du non intuitif..et des notions complexes. Le temps est beau et doux, aujourd’hui. Idéal pour rentrer à pied après le cours. On sent comme un avant goût de printemps. Les oiseaux gazouillent dans les arbres, les jours ont déjà bien rallongés. Je respire à fond, je marche avec un masque à la main que je pose seulement lorsque je croise quelqu’un. Et sur le chemin qui ramène, il n’y a pas grand monde.

Journée sans mini mini moi.. Triste quand même. Elle me manque déjà. Ses petits pas. Quand elle danse, qu’elle fait les marionnettes, qu’elle rit… Voilà donc un confinement familial. Nous nous reverrons dans 15 jours…

19 Janvier – Saison 2 – jour 82

La voix de Graine

Bientôt un 3ème confinement? La rumeur le dit. La rumeur sur un prochain confinement prend de l’ampleur; tous les pays autour de nous sont confinés. Le couvre-feu à 18 h énerve tout le monde. J’entends beaucoup de personnes dire qu’elle ne le respectent pas.
Ce matin, nous nous réveillons avec la pluie.
J’ai RDV chez l’ostéopathe pour mon dos, suite au lumbago que j’ai eu fin décembre. Elle me dit que la tension dans le bas du dos vient de l’estomac. Que je ne digère pas …Il y a bien des choses indigestes qu’on nous somme d’avaler sans rien dire. Pas étonnant, normal, que mon estomac se rebelle! La séance va permettre de me remettre en bon état de marche.
Cet après-midi, une grande balade, solitaire cette fois-ci. Je descends le faubourg St Antoine. Quelques arrêts pour faire des achats avant le début des soldes demain: des gants, un legging, une tenue pour mon petit-fils. Malgré mes recherches, rien pour ma petite-fille. Je suis décue. Je reprendrais mes recherches après les soldes. Quelques courses de bouche aussi qui me prennent plus de temps que prévu.
En début de soirée, séance de yoga pendant que mon mari fait la soupe. J’avais sorti tous les légumes.
Réfléchir à ce qu’on va manger ce soir, demain midi, demain soir…Acheter le pain, programmer des compléments de course…Le quotidien d’une femme au foyer et d’une femme qui n’est pas au foyer d’ailleurs. La charge mentale. Pourquoi ce sont les femmes qui doivent régenter la vie d’une maison? Où est-ce écrit?

La voix de Lilie:

Vaste sujet Graine…. On parle souvent de la bonne à tout faire, rarement de la bonne à tout penser. Pourtant c’est elle qui prend notre énergie, quelquefois même notre joie de vivre, notre insouciance. Toujours avoir un coup d’avance, réfléchir à demain, organiser. Pour que tout aille bien. Ensuite on nous martelle de vivre le moment présent. Trop facile quand le frigo est plein, quand le repas est prévu et fait, quand personne ne manque de rien parce que tout est arrivé par miracle dans la maison. Lâcher prise. Quelques jours, et c’est la fin du bien vivre. Qui prend le relai ? Qui nous cajole quand nous tombons ? Les autres Graines. Tu en as plein le dos Graine, moi je porte tout sur mes épaules. Le corps parle pour nous. Du coup, quel est le sens de l’infiltration qui soulage ?

Tu m’as parlé de ce livre, Graine, dont tout le monde parle. Bien sûr j’entends. Tout ce bruit autour. Toutes ces femmes. Ou plutôt toutes ces petites filles. Qui ont vécu des choses plus ou moins importantes. Qui ont survécu. Qui ont bien vécu. Qui sont passés au dessus. Qui n’ont pas oublié. Qui ont parlé. Ou pas parlé. Peut être pardonné. Comme moi. Ai-je le droit de le dire, comme ça, comme j’évoquerait n’importe quel accident qui me soit arrivé ? Il me semble toujours que le regard sur moi changerait. Une fille sur 5 paraît il, et nous sommes 6 Graines….

Ma petite fille a été en contact avec le covid chez sa nourrice. L’autre maman a jugé bon de laisser sa fille pendant qu’elle attendait son résultat de test. Innommable. Criminelle. Avec des comportements pareils, la pandémie n’est pas prête de s’arrêter. Ma fille est furieuse à juste titre. Nous avons tous des personnes à risques dans nos familles. Mon beau fils est malade. Il attend son résultat de test demain matin. Ma fille est cas contact, c’ est le moins qu’on puisse dire. Elle reste à la maison avec tout le monde, mari à l’isolement. Une chance, exceptionnellement nous ne les avons pas vus depuis une semaine. Nous attendons la suite des événements pour voir qui va être contaminé…

Cette nuit j’ai rêvé qu’un ouragan menaçait de traverser la maison.

18 Janvier – Saison 2 – jour 81

La voix de Graine

Un nouveau lundi de janvier. Comme un lundi méchant, chante Gaël Faye. Aujourd’hui, ce n’était pas un lundi méchant mais un gentil, avec des graines qui sont venues partager notre repas. Au compte gouttes les graines, mais ça fait tellement de bien de les voir. J’avais cuisiné une butternut coupée en deux farcie aux légumes et au riz avec un filet mignon, une salade d’endives et de mâche en accompagnement. Pour dessert, la galette amenée par une graine. Et pour boisson, du cidre, brut pendant le repas, doux pour le dessert. Entre hier et aujourd’hui, la chance de revoir mes amies! Me voici ressourcée pour la semaine!

Dans l’après-midi, une grande balade au parc de Bercy principalement. Le temps était agréable. Un bel après-midi.

Ci-contre, sculpture de Rachid Khimoune au Parc de Bercy de l’ensemble – « Les enfants du monde »

J’ai laissées mes copines vers 16 h 10 pour un premier contact avec des résidents d’une maison d’accueil spécialisée. Rendez-vous opérationnel pris pour vendredi à 15 H 30. Je rentre à pied dare dare pour respecter le couvre-feu. C’est net, les jours rallongent. Dans le ciel, un beau croissant de lune.
Peu de contaminations aujourd’hui, mais beaucoup de morts. Difficile de savoir comment interpréter les chiffres.

La voix de Lilie:

Jour de reprise aujourd’hui. Impossible de me lever. Le réveil a terminé son cycle de sonnerie, je dors toujours. Vive le télétravail, pas de transport à prévoir, je serai tout de même à mon poste pas trop tard. Je reprends mon cycle de ne pas pouvoir m’endormir puis pas pouvoir me lever. Décider le matin de me coucher tôt et oublier le soir. Il faut dire que le meilleur moment de la journée c’est le soir. Le calme quand tout est fait et la télé éteinte. Hélas je perds aussi beaucoup de temps à jouer. Résolution du matin qui s’efface aussi le soir !

Mon fils est venu ce midi déjeuner avec nous. J’aime quand il passe et que l’on se retrouve seuls avec lui. La parole est plus simple. Et puis il y a un repas du midi tout prêt quand je descends de mon perchoir !

Il a fait beau aujourd’hui, pourtant je n’ai pas mis le nez dehors. Il faut que je sorte un peu. Le midi, nous sommes à table et le soir il fait nuit et couvre feu. Si je le voulais vraiment j’irai promener le midi. Seulement la flemme l’emporte après la matinée de travail. Dormir, sortir, moins jouer. Quelle discipline. Je vais relire « foutez vous la paix » ce sera mieux !

Côte Covid, je n’écoute plus. Entre les variants ultra contagieux, les vaccins qui n’arrivent pas, la désorganisation de l’opération de vaccination, les effets secondaires, la troisième vague. Trop de négatif. Pour vivre heureux, vivons cachés des informations. Tout n’est pas bon à savoir, surtout quand on n’est pas sûr de la source. Tout n’est pas bon à critiquer quand on ne peut rien faire pour arranger les choses. Soyons patients. Encore…

17 Janvier – Saison 2 – jour 80

La voix de Graine

1er dimanche de couvre-feu à 18 h. Jules Verne nous avait proposé le « Tour du monde en 80 jours ». Cela fait 80 jours que nous vivons au ralenti. Combien de temps cela va-t’il durer encore? C’est long. C’est ce que Brigitte Macron dit à la télévision: ce qui est difficile et anxiogène, c’est de ne pas savoir quand cela va s’arrêter.
Une journée de sortie graines, qui fait du bien. Bastille, Port de l’Arsenal, quais de Seine, Jardin des Plantes. Un peu plus de 2h de balade avec un temps clair, même ensoleillé parfois et relativement doux. Un bol d’air qui vivifie. Indispensable remède à la mélancolie, l’échange en face à face. En fait, nous étions 3 avec mon mari. Après l’effort, la galette et le cidre. Et vite et vite, il faut rentrer pour respecter le couvre-feu.

Statue d’Arthur Rimbaud, intitulée « L’homme aux semelles devant »


Mon dos n’est pas tout à fait remis du lumbago. Depuis hier, il me le fait savoir. Ce matin, pour le ménager, j’ai remplacé le jogging par du yoga. Le réparer avant que ça se dégrade. Prendre soin de ce corps qui vieillit pour qu’il ne me lâche pas, qu’il soit au rendez-vous des projets 2021, ceux qui sont à construire ….
Bonne semaine Lilie.

La voix de Lilie:

Enfin se voir un peu Graine. Profiter des rayons pâles du soleil de janvier et de quelques degrés pour promener ensemble. Se parler; presque se toucher. Surtout être ensemble. Qu’est-ce que ça fait du bien. Nos échanges me manquent. Tous les jours que nous passions ensemble, nos sorties filles. Alors aujourd’hui, je profite à fond de nous. Je te regarde admirer la lumière, prendre les statues en photo. Ton mari nous montre l’étoile sous le passage près de l’arsenal, la trace de la météorite au jardin des plantes. Une belle promenade qui s’achève chez toi devant une brioche des rois. Il y a longtemps que j’en avais envie. Dans le nord on mange la galette à la frangipane. Dans mon sud, la pogne aux fruits confis et fleur d’oranger. Après 4 ou 5 galettes, je suis heureuse de déguster une brioche. Celle là est au rhum, elle est bordelaise. Délicieuse avec un verre de cidre. Déjà l’heure de repartir a sonné. Le temps est passé si vite. J’ai l’impression d’être une petite fille qui doit rentrer à la maison avant 18h. Sinon, les parents puniront ! Comme quoi, le covid, ça rajeunit. Le rer est assez plein, tout le monde a le même couvre feu. L’autoroute est complètement saturée. Ceux là ne seront pas chez eux à l’heure !

17h50. Rentrée. Parents contents, petite fille obeissante !

Bonne semaine à toi aussi Graine, et merci pour ce dimanche, bol d’air, bol d’amitié.

16 Janvier – Saison 2 – jour 79

La voix de Graine

La neige tombe sur Paris, dès le milieu de la matinée.
Aujourd’hui, nous avions l’intention de passer dans un grand magasin de bricolage au centre de Paris avant le déjeuner. Au retour du marché, le programme de la journée est chamboulé, car mon fils s’invite à déjeuner avec mon petit-fils, pour ne pas tourner en rond chez lui. La neige tombe de plus en plus dru.
Pendant que je termine mon ménage et que mon mari prépare le repas, mes deux garçons, le petit et le grand s’endorment. Nous déjeunons tard. A 16 h, nous mettons les garçons dehors pour partir faire notre course. En métro. La neige s’est transformée en une neige mouillée désagréable. Les trottoirs sont recouverts d’une espèce de soupe faite de neige et de pluie. J’ai mis mes chaussures de marche pour ne pas glisser. Beaucoup de monde au magasin de bricolage. Trop. Nous fonçons au rayon qui nous intéresse, questionnons un vendeur pour ne pas perdre de temps à chercher. Notre achat effectué, nous repartons, à pieds. Il nous faut une heure pour rentrer. Malgré le temps, les abords des bars débordent de gens. Beaucoup de voitures dans les rues. Marcher vite avec le masque, c’est épouvantable. J’ai du mal à respirer. Je m’étouffe. De temps à autre, je suis obligée de soulever le masque d’un côté pour prendre un peu d’air.
18 h 02 à la porte de l’immeuble. Nous sommes dans les temps, mais j’ai perdu mes gants!
Je suis vannée, mais contente de cette balade. Un temps calme s’impose après cette randonnée sportive. Je travaille sur mon album des randonnées 2020 en prenant un thé chaud au rythme d’un concert d’Eric Clapton. Entre neige, balade, visite des garçons, J’aime ces journées qui s’inventent et me sortent de ma routine.
Ce soir, nous mangeons des huîtres.
J’ai hâte que tu me parles de ta formation, Lilie. J’ai aussi hâte de te voir.

La voix de Lilie:

Ce matin nous partons à la chasse au carrelage. Le temps est blaffard, il fait froid. Même température qu’à Montréal dixit mon neveu,-1. Le temps de trouver, 2 magasins, et de commander la neige commence à tomber.

Après déjeuner je pars à ma formation. Aujourd’hui nous installons le nouveau site. Au passage, je glane pas mal d’informations sur le pourquoi des actions à faire. Comment est structurée la base de fichiers par exemple. Deux heures sont passées en un éclair. Il est temps de rentrer. Et là, stupeur. La neige a jeté son manteau blanc jusque sur les routes. Heureusement je n’avais pas gardé la voiture. Mon mari et mon fils viennent me chercher à 2 au cas où il faille pousser la voiture ! Nous rentrons doucement mais sans encombre. Je prends quelques photos du jardin. J’adore ce blanc immaculé et le silence qu’il installe au dehors. La neige assourdit tous les bruits. Je sors jeter les épluchures dans le composteur au fond du jardin. La neige craque sous mes pas, je laisse ma trace dans ce magnifique champs blanc. Mon petit fils a fabriqué son 1er bonhomme de neige. Il est heureux, le bonhomme est pratiquement aussi grand que lui. Au départ il était furieux car il n’avait pas de carotte pour faire le nez ! Finalement, une cuillère jaune en plastique, de la boîte de lait de sa sœur, fera l’affaire.

Mon fils nous a fait des gauffres pour le goûter. Au nutella. Pas bon pour la planète et le corps, mais tellement bon pour le moral… Goûter, neige dehors. Une journée à la montagne, à domicile. Cette année avec le covid, tout se fait à domicile !

Pas de promenade dans les bois malgré mon envie pour que mon mari repose sa jambe. Je promenerai demain avec toi Graine. Demain, le temps se réchauffe et il fera beau. Déjà la neige fond, il pleut légèrement.

15 Janvier – Saison 2 – jour 78

La voix de Graine

Mi janvier 2021 – Un froid vif et sec. Week-end tranquille à venir, avec de la pluie, de la neige? et peut-être quelques graines sur le chemin…Je suis bien contente d’avoir acheté ma doudoune. Au moins, je n’ai pas froid.
Ma journée d’aujourd’hui a commencé tôt, par un réveil à 6 h 10 pour un créneau de travail à ma coop de 7 h à 9 h 15. Puis quelques courses à ma coop. C’est toujours long, les courses à la coop. Echange entre le client et la caissière sur une procédure comme l’annulation par exemple. Echanges d’information entre les coopérateurs au changement de créneau. Je rentre à la maison, il est 10 h 30.
Après le déjeuner, lentilles, saucisses, pour se réchauffer et affronter le froid, je pars en balade pour profiter du dehors et de la lumière. C’est la journée la plus lumineuse de la semaine. Il ne faut pas rater ça. Alternance entre balade et courses dans les magasins. C’est la bonne heure pour faire les courses. C’est l’heure creuse.
Une fois rentrée, je me remets à la lecture du contenu du site de mon association jacquaire. La re-lecture est fastidieuse. Le texte est parfois savant et érudit, parfois pompeux et surané. Un relooking ne serait pas inutile. Le conseil d’administration est de la vieille école. Ils tiennent à leurs valeurs. Je modère mes remarques. Je suis une nouvelle arrivée dans l’association.
Ce soir, pizza. C’est mon mari qui va la chercher. La dernière de l’hiver? Peut-être! Une pizza, ça ne se réchauffe pas. Je ne vais pas aller chercher une pizza à 17 h 30 pour la manger à 19 h 30. Ce n’est pas possible. Nous commanderons du couscous. C’est plus facile à réchauffer.

La voix de Lilie:

Enfin le dernier jour de travail de la semaine. En même temps, je fais mes devoirs pour la formation de demain. Merci Graine pour les informations qui me manquaient. A midi, je suis seule pour déjeuner. Au calme. Pas de télé, pas de radio. Tranquille après 2 heures de réunions skipe avec un casque sur la tête, relache. J’en profite pour vérifier l’adresse de la rhumatologue pour y aller ce soir au bluff. Et je m’aperçois qu’elle demande une confirmation téléphonique sous peine d’annulation. J’ai le rendez-vous il y a 3 mois. J’ai oublié cette clause. C’est donc plus ou moins, et plutôt plus que moins, ma faute si elle a annulé. Mauvaise graine que je suis à avoir dit du mal ! Bref, j’appelle et je récupère mon rendez-vous. Yesssss.

Un petit café, un pied dehors pour profiter du léger rayon de soleil, et c’est reparti pour un après-midi de travail.

Mon mari a aidé sa mère à prendre rendez vous pour se faire vacciner début février. Elle n’est pas rassurée. Elle a peur de la piqûre, plus que du vaccin! Comme les enfants ! Quelque part, je ne suis pas si sereine que ça à l’idée de vacciner les personnes si âgées en très bonne santé. Peur de troubler l’équilibre. Je me rassure en me disant qu’elle se font vacciner chaque année contre la grippe. L’organisme a l’habitude d’être un peu secoué pour la bonne cause. Ma mère, de son côté est très partante. Elle dit qu’il vaut mieux qu’elle joue aux cobayes à son âge plutôt que ce soit les jeunes. Bonne philosophie.

Les graines discutent beaucoup aujourd’hui. J’aime quand on papote. J’ai l’impression de ne plus être seule dans l’univers ! On va se voir ce week-end. Tant qu’on le peut, profitons. Et rentrons sagement à 18h. Ce vendredi est le dernier jour du couvre feu à 20h. Demain notre temps de liberté se réduit de 2h. Quand tout cela finira-t-il ? Quand retrouverons nous les restaurants, les bars, les cinémas, les théâtres, les musées. Si on en privatisait un ? Juste pour nous… Seules dans le louvre, quai Branly, Orsay….

14 Janvier – Saison 2 – jour 77

La voix de Graine

Annonce par le 1er ministre d’un couvre-feu généralisé à 18 h à partir de samedi. Ouf, nous ne sommes pas confinés une nouvelle fois, pour l’instant. Et au quotidien, le temps galope. Je n’ai le temps de rien. A la retraite, quand on téléphone, on prend le temps. Il n’y a pas le prétexte d’une réunion après.
Ce matin, je me suis levée tôt, pour faire ma respiration, de 7 h à un peu plus plus de 8 h. La fin de la matinée est arrivée: j’avais juste donné deux coups de fils!
Après le repas, je prends le temps de lire un peu. J’ai fait le plein de livres à Noël. Juste le temps de me remettre dans le circuit du site de mon association jacquaire, il est déjà l’heure de partir à mon cours d’Arts plastiques. Le ciel s’est un peu éclairci. Il ne pleut pas. Je choisis de partir à pieds en faisant même une halte à la mercerie. A mon arrivée, bien tardive, Ils sont tous attablés autour de la galette. Hum, c’est bon. Galette maison avec compote, frangipane et noisettes. Le besoin de partage et d’échange prime sur notre envie de dessiner. La convivialité nous manque à tous. J’ai envie de dire à toutes… Un seul homme ce soir, mais le masculin l’emporte…Je revois des têtes que je n’ai pas vues depuis longtemps. Ce soir, les Arts plastiques ont la part pauvre. Je dessinerais à la maison. Même si je suis arrivée tard, je repars avec les copines. Dehors, la pluie, à nouveau. J’ai bien fait de marcher pour venir. Avec ce couvre-feu à 18 h, notre quotidien se retrécit un peu plus. L’idée pourtant, c’est de ne pas rater une occasion de mettre un nez dehors sans prendre de risque. Pas de bol, le temps est exécrable. Un week-end froid avec pluie ou neige est annoncé.

La voix de Lilie:

77 jours. 77 seine et marne. Nous rentrons dans les départements d’ile de France ! Et on ne plaisante pas, notre temps est compté. On taille un peu plus samedi dans notre périmètre de liberté. Vite vite organiser une rencontre avant que la ceinture ne se resserre encore plus…

Parlons pratique. Chaque fois que l’on sort un peu longtemps, lorsqu’on promène dans une ville, dans un parc, nous les filles, maintenant que les bars sont fermés, où peut-on aller faire nos petits besoins ? Drôle comme ça, pourtant un vrai problème. On n’a plus qu’à commander le système des alpinistes femmes et faire pipi comme les hommes le long des arbres !

Ce soir j’ai regardé le film « selfie » , qui traite des dérives de notre monde tout digital. Très bien fait, trop réel quelquefois. Les personnages sont pris dans les mailles des réseaux et autres intrusions dans leur vie. A la fin, un piratage de données dévoile à qui veut les messages, photos de tout un chacun. Le chaos. La vie privée à la vue de tous. Est-ce une fiction ? Quand on voit comment nous sommes pris en otages à devoir accepter n’importe quelles conditions générales pour pouvoir continuer à utiliser les applications. Jusqu’où vont ils pouvoir aller avant que les usagers ne se rebellent ? Est-ce que le grand manitou des gafa a été trop loin cette fois ci ? Où est-ce que les moutons vont continuer à l’utiliser malgré ses paragraphes innommables sur le partage de données. L’avenir proche va le dire. Le réseau se maille, grossit comme le boeuf, s’étale, nous mélange tous dans sa mélasse. Plus notre univers rétrécit, plus le réseau semble grandir. L’humanité virtuelle communique mieux que l’humanité réelle. Aura-t-elle bientôt son coronavirus ?

13 Janvier – Saison 2 – jour 76

La voix de Graine

Journée des enfants, sous la pluie toujours…
Aujourd’hui, ma petite-fille a sa trotinette pour se déplacer. Plus facile, plus rapide.
Ce matin, faire la soupe, aller chercher la petite, déjeuner. Cet après-midi: jouer, l’amener à la danse, goûter, préparer le repas du soir.
Entre les deux, j’ai pris le temps de m’acheter une doudoune chaude, confortable et pas fragile, de passer au magasin d’Arts Plastiques, de donner quelques coups de fils, et de faire une séance de yoga, la première depuis mon retour du sud, ce soir avant le repas, en laissant la petite à mon époux.
Ouf, prendre du temps pour moi, respirer, me coocooner.

La voix de Lilie:

La nuit fut hachée menu menu…. 3 arrêts aux stands dont un pour ravitaillement. Le dernier vers 5h pour finir la nuit à deux dans le grand lit. Le sommeil d’un bébé hors de chez lui. Levées vers 8h. Dans la matinée, je m’isole pour faire ma séance de sport. Indispensable car la courbe de poids est plutôt ascendante en ce moment. Il faut impérativement me reprendre en main. Grandes décisions prises entre 2 repas, pour l’instant peu appliquées pendant ! Bah.

Petite miss gazouille, trottine, joue. Et mange. Tout ce qu’elle trouve, tout ce qu’on lui présente. Son repas, puis le notre ! Courbe ascendante pour elle aussi ! Chance de grandir.

Cet après-midi je prends mon premier cours wordpress, en presentiel pour le début. Je suis ravie de sortir de la maison et de rencontrer de nouvelles personnes. En 2h, j’ai déjà appris quelques tuyaux pour le site. Le formateur est très sympathique et je suis la seule élève. En one to one comme ils disent. Formation à la carte. Graine, je te ferai un retour très vite. Je suis très contente d’apprendre de nouvelles choses.

Au retour, Papy et petite miss terminent leur sieste. On joue dedans parce qu’il pleut. Ce temps est désolant. Triste.

En fin d’après-midi après avoir rendu petite miss à sa maman nous partons à la chasse au carrelage. Chou blanc après 3 magasins. On rentre avec un pare douche et un sèche serviette. Tout n’est pas perdu, on avance.

La rhumatologue vient d’annuler mon rdv de vendredi. Sans possibilité de report car elle ne prend plus de nouveaux patients. Je avais pris ce rdv il y a 3 mois, et elle les acceptait à cette époque. Je suis dégoutée. Elle aurait pu honorer ce qui avait été pris tout de même. Quelle drôle d’époque où le digital et son anonymat permet toutes les incorrections que l’on n’oserait pas faire en face….

12 Janvier – Saison 2 – jour 75

La voix de Graine

La pluie est revenue. Pour la semaine…
Et quand la pluie revient, le moral se met en berne. Des bruits sur un durcissement des mesures Anti-Covid: nouveau confinement, couvre-feu généralisé à 18h…Attendre et voir. De toute manière, nous n’avons aucune marge de manoeuvre. Juste, se dépêcher de sortir un peu avant une mise en application, si c’est possible. Mais avec la pluie, ce n’est pas top.
Oui, il y a un an, nous étions toutes et tous ensemble à la Réunion. Qui aurait imaginé la suite de l’histoire? Il était déjà question de la pandémie, mais nous prenions la chose à la légère, nous nous moquions des chinois masqués. Juste une chinoiserie qui ne toucherait pas à l’Europe. Comme nous étions naïfs!
J’ai appelé deux Graines ce matin. Sûr, ça fait du bien de se parler. C’est moins bien que de se voir, mais c’est bien. Je réalise que je n’ai appelé quasiment personne pendant cette période de fêtes. Je n’avais pas l’énergie. Ce matin, j’ai aussi appelé une copine chez qui nous étions invités le week-end prochain. Elle m’a appris qu’elle était hospitalisée depuis le 31 décembre. Difficile d’être présente auprès des autres lorsqu’on a du mal à se tirer soi-même! La période de fêtes est souvent difficile à passer pour beaucoup d’entre nous. Et le Covid n’arrange rien.
En fin d’après-midi, atelier chant avec un groupe d’handicapés. C’était agréable, mais pour le coup je n’étais guère utile. Je dois débriefer avec la coordinatrice des bénévoles. Pour être plus utile, je pourrais accompagner des handicapés dans leurs sorties.

La voix de Lilie:

Encore une journée sans mettre le nez dehors. Je prends de mauvaises habitudes. Au printemps je faisais mon sport dehors, maintenant il fait trop froid. Je me souviens, quand je travaillais à l’extérieur – dans notre ancienne vie – je me reprochais déjà de ne pas sortir entre midi et deux. L’hiver, je ne voyais pas le jour. Je partais de nuit avant que le jour ne se lève et je rentrais après la nuit tombée. Cette année, grace au télétravai, et donc au covid, même si je ne sors pas, je me lève avec le jour, je termine avant la nuit. Je réalise que cet hiver je n’ai pas souffert autant du manque de sommeil et de lumière que les autres années. Le télétravail permet aux salariés en journée de revoir le jour en hiver et de se lever un peu plus tard. Comme quoi tout n’est pas négatif.

Cette pandémie dure, dure. Elle nous met à rude épreuve. Pourtant une sorte d’habitude de repli sur soi-même est en train d’émerger. L’envie de nouveauté et de monde me quitte peu à peu. Bien sûr comme beaucoup je rêve de sortie et de restaurant. Moins qu’avant. Pas meilleur moral que toi Graine…

Ce soir, j’écris cet article dans mon fauteuil à bascule en écoutant mini mini moi qui essaie de se rendormir. Je guette, je veille. Je sais que je ne dormirai pas beaucoup cette nuit, mais je profite de chaque instant de ma petite. Le temps bébé passe si vite. J’ai la chance de la voir souvent, et de me remplir de cet amour immense; bb grandira. Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants…. Et les mistrals gagnants.

11 Janvier – Saison 2 – jour 74

La voix de Graine

Un nouveau lundi d’hiver, gris.
Reprise d’une semaine « normale » dans un hiver Covidé. Ce matin, je m’étais programmée un atelier respiration à 7 h. Mais quand je me suis réveillée une première fois à 6 h, je l’ai déprogrammé. J’avais besoin de dormir davantage.
Cet après-midi, j’ai baladé des jeunes adultes grands handicapés pendant 2 h 30 dans une petite ville des Hauts de Seine. Deux sorties, pour qu’un maximum puisse en profiter. Il faut une personne accompagnatrice par adulte handicapé. J’étais avec trois autres dames bénévoles. L’endroit était agréable. Le soleil n’était pas tout à fait au rendez-vous, mais il ne faisait pas trop froid et le ciel était assez clair. Ça m’a fait du bien, et de marcher, et de me sentir utile. Comme si je donnais un peu de temps à mon frère. Seul bémol, c’est loin. 1h 15 de trajet pour y aller, pareil pour revenir. Cela faisait une éternité que je n’avais pas pris les transports. Il n’y avait pas trop de monde. J’étais contente de sortir de chez moi.
Pas de nouvelles des graines aujourd’hui. Dommage.
En début de soirée, un des membres du CA de mon association jacquaire m’a sollicitée pour tenir l’agenda des marches. J’ai accepté. L’occasion pour moi aussi de me remettre à la marche.
Et je me suis – enfin – inscrite à un cours de yoga.

La voix de Lilie:

11 janvier. C’était il me semble notre dernier jour à la Réunion. Après 2 semaines passées ensemble, le temps déchirant de la séparation. Nous quittions sans le savoir, notre ancienne vie. La vie que nous avions toujours connue. Notre vie où nous avions toute liberté de mouvement, d’embrassades, de sorties, de voyages. 1 an déjà. J’ai adoré ce temps passé toutes ensembles. Comme il me manque. Pas de doute, il faut recommencer !

Aujourd’hui tout est plus gris. Même le temps. Et trop solitaire. Après ma séance quotidienne de sport, la big séquence télétravail. Beaucoup de réunions skipe. J’en ai les oreilles qui chauffent à force de porter le casque audio ! L’avantage c’est de pouvoir communiquer avec d’autres personnes que la famille. Ça aère.

Après le travail, nous partons chercher des meubles et des idées pour refaire notre vieille salle de bain. Regarder les modèles exposés, imaginer le résultat, concevoir la future implantation en combinant des morceaux choisis ça et là, commander le tout, demande de l’énergie, de la patience et beaucoup de temps. On rentre pile poil pour le couvre feu. Mais l’objectif est atteint, c’est le principal. Demain, séance carrelage au programme !

Et planifier une réunion Graine dans la semaine. Peut-être aussi une sortie marche ce we ? Et pourquoi pas ? Dans Paris cette fois ci ? Avec le chocolat chaud dans le thermos 😜

10 Janvier – Saison 2 – jour 73

La voix de Graine

Un dimanche froid et ensoleillé pour partager la galette. Même si on en a déjà mangé une le samedi. En France, la galette, c’est une tradition. Elle se partage en famille, entre amis, entre collègues tout le mois de janvier. Toutes les occasions sont bonnes. C’est une vraie manne pour les boulangers-pâtissiers. Cette année, avec les collègues, il va falloir oublier. Certaines occasions ne vont pas se présenter. Cependant, c’est sûr, ce n’est pas la pandémie qui gagnera face à la galette.
Pour moi, la journée commence à 3 h du matin. Premier réveil du petit-fils qui se rendort assez facilement avec un petit biberon d’eau. 2ème réveil aux environs de 6 h. Vu son état d’éveil et comme j’ai envie de retourner dormir, je n’hésite pas: je lui donne son biberon de lait du matin. Mais pas moyen de le remettre dans son lit. Je m’installe et je m’endors à coté de lui dans le lit de ma petite-fille. 3ème réveil à 8 h 15, ce qui est une heure raisonnable pour un dimanche matin. Il est de bonne humeur. Il a fait sa nuit. Il joue tandis que nous déjeunons au lit, comme nous le faisons habituellement le dimanche.
Des graines se sont vues hier? Eh bien tant mieux. C’est super. Une graine, c’est fait pour germer, pousser, s’aventurer, grandir, vivre, s’épanouir…Les graines n’appartiennent qu’à elles-mêmes. Elles sont libres! Petit pincement au coeur de ne pas en être. Une autre fois. Vous me manquez les graines. Vous me manquez. Nous devons reprendre nos projets. Le chemin de Stevenson – En juin? La publication et/ou l’élargissement du blog? D’autres projets à créer, à construire. Oser avancer, seul ou ensemble. Mais ensemble, c’est tellement plus facile.
Après la journée et la nuit « petit-fils » d’hier, aujourd’hui, c’est journée famille. Nous sommes contents de tous nous retrouver. Mon mari a préparé le plat principal: Osso Buco à la milanaise – hum, délicieux, moi, j’adore. Hier soir, j’avais préparé une soupe. Ce matin, je m’occupe du petit et de presque tout le reste. Faire quelques courses complémentaires dont le pain et la galette. Avec le bébé endormi dans le porte-bébé. Un beau temps d’hiver, sec, clair et lumineux. J’aime cette lumière d’hiver. La galette fait office de gâteau d’anniversaire pour les « un an » de petit-fils. C’est ma petite fille qui a soufflé la bougie. Elle aussi qui est passée sous la table pour attribuer les parts, elle aussi qui a trouvé la fève, sans tricher.
Mon lumbago de fin 2020 ne demande qu’à se réveiller. Je dois être prudente, me remettre au yoga ou à la gymnastique journalière, ralentir le rythme. Les fêtes sont rarement compatibles avec une bonne hygiène de vie. Au 10 janvier, il est temps de se reprendre en main.
Demain devrait être une journée plus cool. Peut-être que je pourrais être au RDV des graines le soir sur Whatsapp? Si je ne rentre pas trop tardivement de mon rendez-avec les polyandicapés des Hauts de Seine! Je croise les doigts.

La voix de Lilie:

Un dimanche ensoleillé et pourtant pas de sortie. Il fait trop froid pour les petits enfants et les enfants profitent des papy mamie pour faire la sieste ! Donc un dimanche en famille. En intérieur. Je joue au sable avec mon petit fils. Il a fait de gros progrès depuis cet été. En temps de concentration et en motricité. Il arrive à faire de beaux patés de sable et il en est très fier. Ensuite un peu de peinture et enfin on joue aux petites voitures. On trace une route et un parking, un stop. Il fait rouler les voitures. C’est la première fois que l’on va aussi loin dans le jeu. L’école depuis septembre l’a fait grandir.

Pour ne pas être en reste de cette tradition de début d’année on goûte d’une galette et un bol de cidre. Papy et mami ont la fève, décidément cette année est spéciale, j’ai rarement la fève et cette année 3 fois sur 4 galettes ! Les petits enfants sont nos roi et reine. Ils sont adrorables avec leur couronne sur la tête. 25 ans en arrière, c’était nos enfants. La roue tourne.

Déjà le week-end s’achève et se profile le lundi matin. Comme toujours il est très tard. Trop tard pour un bon sommeil. Comme toujours je me dis que je dois me coucher plus tôt. Comme toujours…

Allez, au lit. Demain sera un autre jour. Sans covid ? Avec.

9 Janvier – Saison 2 – jour 72

La voix de Graine

Les jours rallongent, le soleil revient.
D’accord, le ciel est plutôt bleu pâle que bleu azur, mais c’est mieux que le gris, c’est mieux que la pluie. Et nous avons eu une belle lumière aujourd’hui pour la garde de notre petit-fils. Ce soir, j’écris à partir de mon portable sur le lit de ma petite fille, mon petit fils endormi à côté. Deux fois, j’ai essayé de le poser dans son lit, mais pas moyen. Alors je reste là, près de lui, j’attends le bon moment. C’est curieux tout de même de s’occuper d’un tout petit comme nous le faisions il y a plus de 30 ans. Il faut reprendre les réflexes, adopter les bons gestes, essayer de rassurer le bout de chou…Qu’est-ce qui se passe dans leur tête? La peur de l’abandon? Ce qui m’émeut aussi, c’est la confiance des parents. J’aurais bien aimé pouvoir ainsi confier mes enfants petits à leurs grands-parents. L’éloignement, l’absence de nos mamans à mon mari et à moi n’ont pas rendu cela possible. Mes enfants ont de la chance. Ils en ont conscience. Toi comme moi, Lilie, nous sommes en train de créer des liens très solides avec nos petits-enfants. Ce sera un plus pour eux, j’en suis sûre.
Finalement, je n’ai pas fait de test. Mais, j’ai gardé le masque dès que je me suis occupée de mon petit-fils pour ne pas lui filer mon rhume ou autre chose. Pour information, le masque ne l’a absolument pas dérangé. Il a l’habitude à la crèche. La journée a filé vite, à son rythme. Repas de midi, sieste, sortie, goûter, sieste à nouveau, repas du soir suivi du biberon, dodo. Et entre les deux on joue. La sortie a été rapide. Il faisait très froid. Nous sommes allés voir les enfants tourner sur le manège, puis nous sommes passés au square. Il est à l’aise avec nous, le petit bonhomme. Dans l’après-midi, il voulait toucher les boules près du sapin. Mon mari a levé la voix. Il s’est mis à pleurer. Il essaye de grimper sur le canapé. Il n’y arrive pas, heureusement. Alors, il se tourne vers nous en geignant pour qu’on le fasse monter. C’est dingue à quel point ils sont expressifs ces petits bouts de chou. Et nous prenons le temps de les observer. Nous ne sommes plus dans le rush d’il y a trente ans.

La voix de Lilie:

Enfin, après une semaine de gris et de sombre, le soleil pointe son nez. Quel bonheur. La température est toujours très basse mais la lumière est là.

Après 2 jours sans sortir, aujourd’hui il est temps de prendre l’air. Ce matin pour quelques courses de dernière minute. Cet après-midi, 2 Graines viennent, raison officielle, me rapporter les plats du nouvel an, raison réelle, passer un bon moment ensemble. Et ainsi fait. Les Graines ont apporté du cidre, je me suis chargée de la galette. Nous profitons du ciel bleu pour partir faire une grande balade dans les bois. Ça patauge un peu dans la boue, heureusement tout le monde a de bonnes chaussures. On prend l’air, on prend de l’énergie entre nous, on parle, parle, parle…. 1h30 de balade. 1h30 de bavardages ! On mérite bien une bonne galette avec un verre de cidre.

Le pèse personne connecté que j’ai commandé est arrivé ce matin. L’application permet de connaître sa composition corporelle. Je suis très surprise de découvrir que je n’ai que de 2kg d’os. Je pensais que les os pesaient plus du quart de notre poids alors 2kg…. Du coup on compare, on parle objectifs de perte de gras ! De vraie midinette ! D’accord, la galette ne fait pas partie de l’objectif. Bah, on commence demain 😜

Voilà, une belle journée. Tu n’étais pas là Graine, cause garde d’enfants, mais dès qu’il va faire meilleur on va organiser une sortie toutes ensembles. Qu’est-ce que ça nous manque.

Demain, les petits seront là, avec leurs parents. Tu as raison Graine, nos enfants ont bien de la chance de nous avoir, et nous de les avoir pour profiter d’un renouveau du temps des tous petits avec toutes les belles émotions qu’il nous apporte. Quel bonheur de les regarder s’éveiller à la vie.


8 janvier – Saison 2 – jour 71

La voix de Graine

La 1ère semaine complète de janvier se termine. Période d’échanges de voeux. Avant, les voeux s’échangeaient par courrier. On achetait de belles cartes, ou bien on les fabriquait et on écrivait. Une tâche fastidieuse, mais qui me plaisait. Elle m’occupait tout le mois de janvier. Maintenant les voeux s’échangent par mail, par sms, par whatsapp. Par téléphone aussi. C’est génial, cette spontanéité, cette rapidité, mais c’est trop rapide pour moi. J’ai du mal à répondre vite. Je tarde. Je prends du temps. Le temps, une variable incontournable de notre époque.
Aujourd’hui, j’ai pris mon temps. Et je suis restée confinée. Hier soir, un mail tardif m’avertit que mon rendez-vous d’aujourd’hui est annulé. Soulagement. Hier soir, j’étais naze. Et ce matin, c’était pire. Du gros rhume, on était passé à l’état grippal. Dans cet état, sortir, prendre les transports et passer du temps avec des handicapés, ce n’était bon ni pour moi, ni pour les personnes rencontrées …Merci, ange gardien.
Ce soir, je me sens mieux. Le repos m’a fait du bien. Faire un test Covid, à nouveau pour être sûre de ne contaminer personne? Je ne sais pas. La pharmacienne doutait de la pertinence d’un test au vu des symptômes. J’aviserais demain.
Les nouvelles en provenance d’Angleterre sont alarmantes. Et si la variante sévit en Angleterre, pourquoi ne serait-elle pas déjà bien présente en France ou ailleurs en Europe? C’est juste qu’on ne le sait pas encore! Les frontières géographiques n’arrêtent pas le virus. Les gens circulent.
Ma conviction est qu’il ne faut rien lâcher en 2021 de nos projets, de nos envies, de nos désirs. Il ne faut rien lâcher. Il faut oser, oser l’avenir toujours et encore. Oser vivre. Oser être vivant, oser rire, pour que le virus ne soit pas le gagnant de cette guerre.

La voix de Lilie:

Fin de la première semaine de travail. Sans s’en rendre compte, le temps passe. Une semaine que nous fêtions la nouvelle année. Hop, envolée.

Depuis 2 jours, je n’ai pas mis le nez dehors. Pourquoi faire ? Il fait gris, froid et il n’y a aucune distraction possible. Faire les magasins ne m’a jamais vraiment tenté, encore moins en ce moment. Presque un an de confinement et l’habitude de tourner en rond sur soi même est prise. Même plus envie de sortir. Lorsque les températures seront plus clémentes et que le soleil reviendra, je suis certaine que ça ira mieux. On pourra faire des apéros pique nique sur les bords de marne ou de seine et dans les parcs. On retrouvera la joie d’être ensemble et in fine l’envie de sortir.

Pour tromper l’ennui je me lance de nouveaux projets. Ou tout du moins, je lance l’idée de l’étude du projet ! Que je ferai. Ou pas. En tout cas ça m’aura occupé !

Ce midi, j’ai planté des graines de litchis que j’avais faites germer. Je verrai bien si elles veulent pousser dans cette maison froide et sombre. Froide parce que les radiateurs électriques ne chauffent pas très bien, sombre parce qu’il fait gris dehors et que l’avancée du toit empêche la lumière de rentrer.

J’espère que tu n’as attrapé qu’un vilain rhume Graine. Pourtant je me demande comment il est possible d’attraper des virus en ce moment avec toutes les précautions que l’on prend.

Le moral est donc en berne ! Dépression saisonnière, je vais me jeter sur la vitamine D. Je me demande si je ne devrais pas essayer la réalité virtuelle pour me propulser aux Antilles. Mer, chaleur, soleil. Hummmmm.


7 janvier – Saison 2 – jour 70

La voix de Graine

Un jeudi glacial: C’est l’hiver. Et l’ambiance générale est glaciale aussi. Le Capitole saccagé par des trumpistes déchaînés qui contestent la victoire de Biden à la présidentielle américaine. Les premiers clusters de la variante anglaise du Coronavirus en France …
Ce matin, je suis allée voir le tailleur pour qu’il me refasse les poches de mon manteau. A la lumière, le bas gauche du manteau m’a paru soudain bizarre. Mité, mon manteau! Quand mon fils m’avait dit qu’il y avait des mites dans nos placards, je ne l’avais pas cru. Je ne voyais rien. Je me sens prise en faute de mauvaise tenue de ma maison. Pas de quoi être fière. J’ai mis de l’anti-mite dans tous les placards, dans toutes les penderies.
En fin d’après-midi, atelier d’Arts plastiques. L’heure de début de l’atelier a été avancé pour que chacun puisse rentrer avant le couvre-feu. Un peu de dessin, mais surtout partage d’une galette maison et de bouteilles de cidre. Dur dur de se motiver pour y aller, mais quel bien ça fait de voir du monde!
La rentrée est difficile. Le rhume est de retour. Je suis épuisée. Demain matin, j’ai rendez-vous dans un centre de polyhandicapés dans les Hauts de Seine. Samedi, nous aurons notre petit fils, nuit incluse …

La voix de Lilie:

Tu as raison Graine, une journée bien miteuse ! 70 jours et on ne voit toujours pas le bout du tunnel. Les chiffres mauvais, la variante encore plus contagieuse ne va faire qu’une bouchée de la France. Pas question de rouvrir les restaurants, bars, cinéma, avant février. Aucun assouplissement. Revoyure le 20 janvier. L’avantage c’est que le télétravail continue. On attendra le printemps pour faire des apéros pique nique.

De l’autre côté de l’atlantique, c’est le chaos. Un président en fin d’exercice qui appelle la foule de ses partisans à la mutinerie. Du jamais vu. La plus grande puissance du monde avait mis un psychopathe à sa tête…. Pourquoi pense-t-il si fort que l’élection a été truquée ? Par expérience de celle qu’il aurait volé à Hillary il y a 4 ans ? Allons, ne soyons pas parano.

L’isolement. Pèse.

PANDEMIE : Personne, Adieu, Néant , Désolation, Ennui , Masque, Infection, Enfermement.

Virus. Attestation. Confinement. Couvre feu. Injection. Non. ?

La bataille du vaccin se lance, pour gagner la guerre. Espérons.


6 janvier – Saison 2 – jour 69

La voix de Graine

Le mercredi, c’est le jour des enfants, n’est-ce pas Lilie? Même si toi, tu as pris un peu d’avance… Pour moi, c’est aussi jour de rentrée. Les repères du quotidien sont à retrouver. A 11 h, il faut aller chercher la petite à l’école. Ce matin, je n’ai même pas eu le temps de préparer le repas avant d’y aller. Sur le chemin pour rentrer à la maison, elle joue: A se cacher, à marcher les yeux fermés sur une partie du trottoir, à courir en mode turbo… On ne peut pas jouer à chat glacé, parce que pour jouer à chat glacé, il faut être au moins trois. Un pour vous glacer et un pour vous délivrer de la glace. Ma petite fille a un gros cerveau. Elle réfléchit! Après le repas, nos commençons la construction d’un lego. Ça ne ressemble pas au Lego que j’achetais à mes enfants à son âge. Les pièces sont minuscules. C’est stressant, j’ai peur d’en perdre. Elle se débrouille bien pour le montage. Mais elle a besoin d’un accompagnement. Le lego est reparti chez elle avec sa Maman. Il reste encore les 4/5 ème du lego à construire. A elles deux, elles ont une meilleure vue et des mains bien plus habiles que les miennes.
L’après-midi, l’activité danse a repris. Un aller-retour supplémentaire pour moi, avec masque – il m’insupporte ce masque. C’est bien pour elle. Elle a besoin de se dépenser. Elle déborde d’énergie.

La voix de Lilie:

La nuit a été un peu compliquée. J’ai mal négocié le virage de 3h du matin ! La petite pleure, tout le monde est réveillé. Mon fils est furieux, sa nuit est coupée. Pour autant il tente de la câliner, il la berce pour l’apaiser. Rien à faire, biberon, tétine, chanson, mini mini moi est inconsolable ! Je m’allonge avec elle dans le grand lit. Elle finit enfin par se calmer et s’endormir. Je n’ose plus bouger et je somnole le reste de la nuit à ses côtés. Mes vieux os se rappellent tous à moi dans cette position inconfortable. Elle se réveille comme une fleur à 9h du matin !

Le temps est particulièrement maussade et glacial. Pas question de sortir la petite. On joue à taper des mains, chanter, danser. Elle trottine partout, les bras en l’air les jambes écartées pour trouver son équilibre. Trop mignonne.

Les enfants et petits viennent manger la galette cet après-midi. J’aime qu’ils soient tous à la maison. Ma fille avoue que sa petite lui fait régulièrement le coup du 3h du mat ! Mon fils a eu la fève, ouf, on a sauvé la journée car malgré ses presque 30 ans, il veut être le roi. Le roi du monde. J’ai eu la deuxième fève de la galette. Reine du monde !

Le front covid est de plus en plus inquiétant. La variante anglaise très contagieuse artive chez nous. Les anglais ont mis 2 mois pour être submergé par cette variante. La France ne pourra certainement pas faire mieux. Toutes les entorses au protocole qui aujourd’hui peuvent passer, nous ferons prendre de grands risques. Vivre tant de mois confinés pour l’attraper in fine, quelle poisse. Promis, demain je ne regarde pas les infos.

5 janvier – Saison 2 – jour 68

La voix de Graine

Ce matin, départ du Tarn sous la neige. C’est beau, la neige à la campagne. Mais sur les petites routes, pour conduire, çe n’est pas cool. Pour aller chercher ma copine, nous privilégions les plus grands axes. Pas envie de rester coincés. Cela faisait 5 ans qu’ils n’en avaient pas vu dans cette partie du Tarn.

J’ai découvert ces derniers jours qu’il y avait une station de ski sur les Monts de Lacaune, à Picotalen à l’est du département – 3 pistes de ski de fond. Cette année, la station a fait le plein.
Le voyage de retour. Revenir à mon quotidien parisien.
Soudain, je réalise que les anglais ne font plus partie de l’union européenne depuis cinq jours. Le Brexit est devenu réalité. Les Américains quant à eux n’en ont pas terminé avec leurs élections. Donald Trump fait toujours des siennes. Je n’y comprends pas grand chose.
Ce midi, pas le choix, nous pique-niquons dehors. Il fait glacial.
Malgré cela, le retour est agréable et se fait sans encombres. Avec le chat et la copine.
20 000 cas de contaminations aujourd’hui et aux alentours de 350 morts…
Les restaurants ne sont pas près d’ouvrir. Les cinémas et les salles de spectacles non plus!
Gardons le moral. Sourions. Nous sommes filmés!!!!

La voix de Lilie:

Doucement je reprends le rythme du travail. Pas trop vite quand même. 1ères réunions skipe cet après-midi. Dans les résolutions de début d’année il y a celle de retenter de m’occuper de mon épaule. Entre midi et deux, échographie. Puis je rejoins mon mari et mon fils pour déjeuner. Avec son frère et sa soeur ils nous font la surprise de nous offrir une cave à vin. C’est vraiment gentil de leur part, je suis très touchée.

Le soir je ferme l’ordi et je redeviens mamie pour 24h. Mini mini moi trottine partout en gardant son équilibre comme elle peut. Elle est trop mignonne. Un vrai petit clown déjà. Elle fait des mimiques, elle rit. Elle danse beaucoup aussi, elle aime la musique. Elle sait aussi ce qu’elle veut, malheur à qui l’en empêche ! Je fonds.

Pas le temps d’écouter les informations, à peine croisé la météo. Gris et froid, comme depuis 2 jours. Je reste dans une bulle de tranquillité. Petit à petit le monde rétrécit, même plus envie de sortir. Trop gris, trop froid, trop risqué.

4 janvier – Saison 2 – jour 67

La voix de Graine

Un jour de plus à la campagne
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon petit fils. Il a un an. Nous le fêterons dimanche prochain en famille.
Rangement, ménage, mais surtout le plaisir d’être encore à la campagne. Je vais acheter le pain. Il fait très froid, mais beau.
A 13 h, nous recevons la pièce attendue par colissimo. Mon mari se débrouille comme un chef. En une heure, il remet la micro station en route. Nous sommes soulagés. Mon mari est fier.
Cet après-midi, petit tour au centre commercial pour regarder à nouveau les gazinières. Toujours pas achetée. Nous faisons aussi quelques courses pour ne pas laisser les placards vides. Il n’y a pas grand monde. Cela nous permet de faire une balade dans la campagne. Cette fois, c’est sûr, nous repartons demain. A chaque fois, c’est dur de repartir, juste au moment où on commence à se sentir bien chez nous. Il nous reste tant à faire ici: du bois à commander, la chaudière à nettoyer… Et Paris sous couvre-feu ou en confinement, ce n’est pas top.
Nous commandons notre repas du soir au restaurant du village. Les nouveaux propriétaires se sont installés le 12 novembre dernier, en plein confinement. Trop copieux bien sûr, mais ça fait du bien de pouvoir se faire plaisir. Et ça fait travailler les locaux.

La voix de Lilie:

Le dernier invité repart ce midi. La routine peut reprendre… Le moral n’y est pas. Aucune motivation. Je tourne en rond autour de mon outil de travail. L’esprit vide. Pas d’envie. Je m’y mets un peu. À midi, nous accompagnons notre neveu à la gare. Puis quelques courses rapides avant de rentrer déjeuner. Puis je traine à me remettre au travail. Je rêvasse. Quelle drôle de vie d’être coincée dans des tâches imposées jusqu’à se perdre totalement et ne plus savoir quoi faire une fois le pc fermé….

Plus de 2 mois sans restaurant, sans cinéma, sans théâtre, sans sortie. Sans véritablement passer du temps entre graines. C’est très long. Je m’ennuie déjà. J’ai presque fini tous les livres offerts à mon anniversaire. Je vais aller en chiner de nouveaux et aussi m’acheter des outils pour la sculpture dans l’espoir qu’elle rouvre bientôt. Et prévoir les travaux de la salle de bain. Finalement, j’ai encore un peu d’énergie.

Je te souhaite bonne route Graine demain. Ce n’est qu’un au revoir, tu repartiras bientôt reprendre l’air de ta campagne.

3 janvier – Saison 2 – jour 66

La voix de Graine

Dernier dimanche à la campagne. Notre fille repart au milieu de l’après-midi avec sa fille et son chien. Je ne suis pas rassurée de la savoir seule sur la route. 700 km, c’est long. Avec son chien, au moins, elle ne se fera pas agresser. Dès son départ, nous quittons nous aussi la maison pour une distribution de boîtes de chocolat. A la maison d’accueil de mon frère, à son accompagnatrice pour les sorties. Le temps est clair. Il fait beau, mais glacial. Le soleil couchant est magnifique. Nous découvrons Castelnau de Lévis et son château dans cette belle lumière. Ensuite, nous partons pour l’autre bout du département pour un goûter tardif chez ma copine et sa maman âgée. Une galette briochée, avec des fruits confits. Ce midi, nous avons aussi mangé une galette briochée. Mon mari a eu la fève, ma petite fille a été sa reine.
En fin d’après-midi, rendez-vous raté avec les graines. Les graines me manquent. Ces papotages entre filles, c’est précieux.
Ce soir, ma soeur au téléphone. La plus jeune. Ses trois enfants sont repartis. Elle se retrouve, en face à face avec son conjoint pour plusieurs mois. Je mesure ma chance de vivre à proximité de mes enfants et petits-enfants, sutout en cette période de pandémie.
Un jour de rab de vacances demain. Pas pour de bonnes raisons. J’espère que nous pourrons venir à bout de la remise en état de notre station d’épuration.
Courage, Lilie, pour la reprise du travail, demain?

La voix de Lilie:

Après 2 jours de soleil, la grisaille est revenue. Jour 3: Mars sera morose. Ce midi nous étions invités chez les beaux parents de notre fils. Ils ont acheté une maison au fin fond de la seine et marne à une demie heure de route de chez nous. Piscine, véranda, poêle et séjour cathédrale. Immense jardin. Tout y est, seulement c’est loin ! Loin des enfants et de Paris. Pour nous, c’était surtout la première rencontre avec notre futur petit enfant. Il pousse tranquillement. Demain l’échographie datera avec plus de précision sa conception. Peut-être que nous aurons des photos.

Les graines ont appelé ce soir et c’est un plaisir de papoter de tout et de rien avec elles. De nos occupations du moment, de notre journée, de nos enfants et petits enfants, de nos moments de doute et d’abattement dans cette période de vie. Et aussi de nous donner des recettes, des conseils de diététique, bref tout y passe et c’est ça qui est bon. Qui fait du bien au moral.

Voilà, les vacances s’achèvent. Je me suis bien reposée, je n’ai fait aucun effort ni alimentaire ni sportif. Je me suis foutu la paix ! Demain, reprise en main et reprise du travail. Bof. Pas envie.

2 janvier – Saison 2 – jour 65

La voix de Graine

Toute givrée ce matin, ma campagne d’hiver.
La température a chuté. Il fait très froid. C’est un temps à neige. Le ciel reste couvert. Sortie de fin de matinée pour aller faire quelques courses. Nous avons invité nos voisins pour l’apéro ce soir. Apéro dînatoire. Pour prendre le temps de bavarder, de prendre des nouvelles des enfants, de parler de tout et de rien en buvant un verre, en grignotant quelques bonnes choses. Ma tante vient de décéder cette nuit. A Rennes. D’une embolie pulmonaire. Le décès d’une personne, même âgée, est triste, ben sûr, mais le fait de pouvoir se réunir à plusieurs pour parler du défunt, de partager un moment ensemble, amène de la chaleur dans ces moments difficiles. En temps de Covid, tout est si compliqué. Avec cette tatie, nous avons partagé de bons moments. Leur porte était ouverte. Ils étaient de bons vivants. Et aussi des grands voyageurs.
En temps normal, je me déplacerais. Là, cela me paraît tellement compliqué. Ma soeur aînée et une cousine, dont le domicile est plus proche, vont se déplacer. Ma soeur qui vient de se faire opérer le 30 décembre. J’espère qu’elle ne commet pas une imprudence. A minima, envoyer mes condoléances à ma cousine. Il faudrait interdire les décès en temps de pandémie. Parce que c’est trop triste de ne pas pouvoir accompagner la sortie de route de ceux que nous aimons.
Couvre- feu à 18 h dans quinze départements de l’est de la France à compter d’aujourd’hui.
Du salpêtre sur les murs de ma cuisine. L’humidité. Malgré les travaux, à cause des travaux?
Une remontée sur Paris qui pourrait se faire mardi au lieu de lundi. Pour effectuer la maintenance de notre station d’épuration avant de partir. Le quotidien pour continuer à avancer.

La voix de Lilie:

2 jjanvier. Il fait soleil, comme hier. L’année se montre sous son meilleur jour. Publicité ? Mensongère ou pas ? Le temps des 12 premiers jours de l’année donne le sentiment des 12 mois. Janvier sera agréable , février aussi. Si seulement. Je n’ai pas vu les informations depuis 3 jours, du coup le moral est meilleur. Ma fille est passée avec les petits. Nous avons fait un tour dehors, lancé des marrons sur le lac gelé à la grande surprise de mon petit fils. Mini mini moi trotte partout et grimpe sur tout ce qu’elle trouve pour atteindre son but du moment. Casse cou.

Nous nous armons de courage pour aller faire quelques achats car nous sommes invités demain et pas question d’arriver les mains vides. Les magasins sont un peu plus calmes maintenant que les fêtes sont terminées. Tout le monde porte le masque. Ça y est. C’est entré dans les mœurs.

Graine du bout du monde appelle et nous discutons un grand moment. J’aime ces moments d’amitié. Les graines me manquent, comme me manquent tous nos moments, nos rires, nos connivences, la chaleur d’être ensemble.

Que peut-on attendre d’autre cette année que le retour à une vie normale ?

Comme c’est triste Graine de ne pouvoir accompagner les siens…

1er janvier – Saison 2 – jour 64

La voix de Graine

1er jour de l’année 2021
Curieuse année qui débute sous le signe du COVID. Espérons qu’on puisse cette année se débarrasser de ce virus qui bat tous les scores au box office. Il a pris de vitesse toutes les stars du show biz et de la politique, volé la vedette aux spectacles, aux films, aux bouquins…Rien ne lui résiste. La vaccination en viendra-t’elle à bout. Je l’espère.
Journée coocooning coin du feu aujourd’hui. Lever tard, petit déjeuner qui s’éternise. La lenteur pour commencer la première journée de 2021 en douceur. Une belle lumière dehors qui nous incite à faire une grande balade avec ma copine qui est restée dormir.
Ma soeur nous rejoint avec ses enfants dans l’après-midi pour le traditionnel échange de voeux. Cette année, pas de bisous. Les échanges sont verbaux avec pratique de la distanciation. Bien heureusement sans masque.
Dans quelques jours, il va falloir réintégrer Paris et reprendre notre vie étriquée…A quand le prochain confinement?
J’ai laissé mon lumbago en 2020. Je vais essayer de profiter au mieux des quelques jours au grand air qui me restent.
Vous me manquez les graines. C’est quand qu’on se revoit?

La voix de Lilie:

Traditionnellement le 1er janvier est un jour cotonneux ! Après la fête de la veille, beaucoup mangé et bu, couché tard, levé après quelques heures de someil, le corps demande une pause.

Ce matin au réveil, la surprise de voir de la neige et un beau soleil. Voilà une année qui nous sourit. Tiendra-t-elle sa promesse ? ou en tout cas, la promesse que je lui prête de toute mon âme…

Beaucoup de projets se profilent déjà, de belles aventures et de belles tranches de vie à venir. Le covid nous prive de loisir et d’échanges, pas de faire des projets de vie. Qui se lance dans un voyage d’étude au bout du monde, la famille qui va s’agrandir encore.

Cette année sera aussi celle d’un changement de dizaine pour moi. Depuis petite fille je savais intimement que demain je me réveillerai et j’aurai 60 ans. Voilà, c’était hier, nous sommes ce demain. La vie est courte et les années passent de plus en plus vite. Peut-être parce que nous faisons trop de choses. Nous oublions de nous ennuyer.

Je m’égare je crois. 1er janvier, jour cotonneux. J’ai appelé mes parents et mes enfants, répondu à quelques sms. L’après-midi nous sommes allé chez ma belle mère avec une galette (sans petit pot de beurre ! ), j’ai sommeil, mon mari et son frère s’endorment devant la télé. Je somnole un peu.

Pas mieux le soir, entre mari, fils et neveu, lovés dans un plaid sur le canapé. Quel film est passé ? Cotonneux.

31 décembre – Saison 2 – Jour 63

La voix de Graine

2021 – An nouveau, que nous promets-tu?
La nuit la plus courte de l’année. Mais cette année, pas de bain toute habillée dans la piscine.
Petit repas amélioré – 4 adultes et une petite fille. Pour marquer le changement d’année. Que nous réserve l’an 2021? Comment savoir? Ma fille a fait le test pcr. Le résultat 6 h après. Négatif.
Peut-être l’effet de l’alcool, je me sens moins enrhumée et j’ai moins mal au dos.
Bonne année Lilie, bonne année les graines

La voix de Lilie:

Cette année se termine déjà. Oui déjà. Malgré tout ce qu’elle nous a fait subir, elle est passée aussi vite que celles d’avant. Nous l’avions commencée en robes d’été,dans la tiédeur d’une soirée réunionnaise, au bord d’une piscine, toutes les graines réunies, à danser, rire, faire les folles, sauter toutes habillées dans l’eau. A son commencement, 2020 promettait d’être magnifique, faite d’amitié, de sorties filles, de plaisirs simples. La naissance des petits en janvier nous a comblées de bonheur. Puis, imperceptiblement, quelques entre filets sur un virus en chine. Hors de chine. En Europe. Chez nous. Pas d’inquiétude, il y a eu avant, la vache folle, la grippe aviaire, le h1n1. En mars, tout bascule. Le monde entier entre dans une nouvelle ère. Celle des masques et des privations de sorties et de loisir. Toutes les promesses que l’on avait cru deviner, envolées.

Alors pour se dire, que non, cette année ne nous prendra pas tout, nous faisons réveillon. À 5, et en dormant sur place pour respecter le couvre feu. Une belle soirée, volée à cette pandémie, pour conjurer le sort. En priant très fort pour que ce dernier jour de 2020 acte la fin d’une étape pour un avenir meilleur.

A minuit nous nous embrassons (oui, je l’avoue, mot interdit, geste banni) sous le gui. Ça porte bonheur.

30 décembre – Saison 2 – jour 62

La voix de Graine

La chance: un rayon de soleil en début d’après-midi, comme une lueur d’espoir dans cette morosité ambiante.
Ce matin, nous voyons les artisans qui ont oeuvré pour nous faire une maison plus belle. A 9 h, l’électricien. A 11 h 45, le maçon avec sa femme et ses deux petits. Après avoir fait le tour de la maison, nous ouvrons une bouteille de champagne pour arroser la fin des travaux. Mon mari et moi, nous aimons ce contact avec ces gens qui travaillent de leurs mains. Nous comptabilisons nos bêtises, nos mauvais choix. Nous apprenons. L’installation électrique que nous avons faite ne nous autorise qu’une cuisinière à gaz. Notre station d’épuration est en rade, il nous faut soit changer la pompe, soit la réparer. Bref, notre maison nous enseigne la patience, la persévérance et nous mange des sous. Mais cela fait travailler les gens du coin et c’est tant mieux. Notre maçon, lui qui aime la pierre, habite dans un mobil-home de 30 m2 avec sa famille.
Avec mon mal de dos et mon rhume, je me traîne. J’ai bien du mal à faire le ménage prévu. Je cale le menu du réveillon avec ma copine. Ouf, elle assume. Je me sens épaulée.
A 16 h, les filles arrivent. La maman malade: un gros rhume avec mal de tête . Elle nous fait un vague coucou et monte se coucher. La petite ne veut pas rester seule dans une pièce et se met à hurler dès qu’elle voit une toile d’araignée. Elle a des yeux perçants. Nous partons faire les courses pour éviter la cohue de demain et laisser dormir ma fille. Ce soir, ce sera soupe et gratin de chou-fleur pour se réchauffer.
De loin j’entends la radio. Je ne comprends rien. Voilà maintenant qu’on reproche à nos dirigeants de ne pas vacciner assez vite. Mais hier, certains disaient qu’il ne fallait pas vacciner parce qu’on manquait de recul sur le vaccin. A la campagne, ces débats lointains me paraissent inutiles, mesquins et stériles. Il y a tout de même mieux à faire que de tergiverser sans arrêt sur les actions engagées.
Cette année, pas de réveillon avec les graines. Mais, en pensée, je serais avec elles pour croire en 2021. Pour croire à l’amitié, à la solidarité et au bien vivre ensemble, et au bien rire ensemble.

La voix de Lilie:

Je profite du dernier petit déjeuner avec ma soeur. Nous parlons à baton rompu de tout et de tout comme seules les filles savent le faire entre elles. Du travail dans lequel on ne croit plus, du temps qui file avec cette année qui s’en va, des enfants qui n’en sont plus ou presque. De nos désirs, de notre recherche de qui nous sommes, serons, serions, étions. Déjà il est temps de partir. Elle est triste de rester seule, elle aime être entourée. Les temps sont difficiles pour la proximité aux autres.

Il pleut à verse au début du parcours, puis le soleil fait son apparition et envoie quelques clins d’oeil. C’est une belle journée d’hiver, fraîche avec une belle lumière. Pour agrémenter le trajet, nous faisons un petit détour pour trouver une poste et renvoyer en colis express le téléphone de ma sœur que j’ai découvert au fond de mon sac…. 😱 Il m’arrive de plus en plus souvent de faire des choses en mode automatique sans être concentrée et sans enregistrer. C’est inquiétant. En tout cas, je n’ai pas souvenir d’avoir pris ce téléphone. J’ai dû le confondre avec le mien. Bref. Cerveau lent.

Il y a toujours autant de monde sur les aires d’autoroute. Je ne comprends toujours pas pourquoi les gens s’entassent dans ces aires où on mange mal pour très cher en cette période où l’on doit s’isoler au maximum. Alors qu’en achetant un peu de pain et de jambon, en prenant quelques fruits on peut s’arrêter où on veut et même déjeuner dans la voiture pour éviter le monde. Bref, la pandémie n’est pas prête de s’arrêter avec de tels comportements.

Je profite du voyage pour chercher des recettes et faire la liste des courses pour le réveillon. Pas de temps perdu. Cette année la température sera plus basse, les graines éparpillées. Déjà un an, nous étions toutes réunies à la Réunion ! Quel merveilleux souvenir. Etre ensemble, dans cette ile merveilleuse, à la chaleur. Piscine, mer, fruits, rires, promenades, rhum.

Enfin, nous arrivons à la maison. Fin de l’escapade. Retour à la réalité. Défaire les valises, lancer les machines, et faire les comptes !

29 décembre – Saison 2 – jour 61

La voix de Graine

Un ciel gris, de la pluie, de nouvelles mesures anti-covid à l’étude.
Mal de dos plus rhume. Avec la pluie en prime. Le moral en berne. Heureusement, aujourd’hui, c’est jour de repos. Nous allons déjeuner chez ma soeur, après un détour par la pharmacie. Pour le dessert, je vais chercher mon frère. Des gaufres, du marbré au chocolat, du crumble… Pour doper le moral. Chez ma soeur, la tradition est de jouer après le repas. Nous jouons à Suspend. Un jeu d’adresse qui consiste à poser des baguettes en équilbre les unes sur les autres. Celui qui a posé toutes ses baguettes a gagné. Celui qui les fait tomber ramasse la mise.
La journée passe vite. Sans masques.
Une journée qui fait du bien. Demain, nous avons RDV avec l’électricien à 8 h 30, puis avec le maçon en fin de matinée. L’après-midi, il faudra préparer la maison pour recevoir les filles.

La voix de Lilie:

Une journée en 2 tons, le matin ensoleillé, l’après-midi gris. Ça ne nous empêche pas de sortir. Nous rendons visite à mon filleul et sa jolie petite famille en fin de matinée. Les enfants grandissent, embellissent. Les parents survivent aux nuits entrecoupées pour l’une, au chômage partiel pour l’autre.

L’après-midi séance perçages d’oreille pour ma nièce. Séquence entre filles. Puis balade découverte de quartiers inconnus de la ville. Paysages dominant l’Isère, petite cascade de ville. Un bol d’air frais.

Je discute beaucoup avec ma sœur. On aime ces moments rien qu’à nous. Ici aussi on joue. à l’apéro. Fléchettes et bowling sur console télé ! Et après le repas, on chante à tue tête des chansons de Georgette Plana. Ça fait un bien fou de partir dans des délires. Fou fou fou.

27 décembre – Saison 2 – jour 59

La voix de Graine

Dimanche de transhumance masquée
Les parisiens partis pour Noël remontent. Ceux qui partent pour le nouvel an descendent. Et il n’y a pas que des parisiens. Beaucoup de monde sur la route. De la pluie tout le long du trajet. De la neige en Corrèze. Une neige mouillée. Pas question de traîner en route. De toute manière, les aires d’autoroute sont bondées. Et nous devons arriver avant 20 h, l’heure du couvre-feu. La route est longue sous la pluie. J’appréhende l’arrivée dans une maison vide, froide, poussiéreuse, hostile. Les travaux sont à peine terminés. Les radiateurs ont été remontés hier.
Heureuse surprise: la maison est poussiéreuse, certes, mais les murs sont beaux. J’ouvre une bouteille de vin. Je suis chez moi, dans ma campagne. J’allume le feu. Il peine à démarrer. Demain, nous allons nettoyer, ranger, dépoussiérer. Il va falloir s’y remettre à plusieurs fois car la poussière s’est infiltrée partout.
De l’autre côté de la rue, la maison du Père Noël clignote de tous ses feux. Mes voisins. J’irais les saluer demain.

La voix de Lilie:

Peut-être le début d’une nouvelle étape. Aujourd’hui, la vaccination vient de commencer en France. Petitement. L’observation des effets est de mise. Pour l’instant, c’est notre seul espoir d’en finir avec cette pandémie. Tout en croisant les doigts pour que le virus ne mute pas au point de rendre le vaccin inefficace…

La situation est de plus en plus difficile à vivre. Aucune distraction. Les boutiques ne laissent entrer que 3 personnes. Il faut faire la queue dehors dans le froid et avec le masque. S’il y a un couple à l’intérieur, une seule autre personne peut entrer… Cet après-midi, on prend un chocolat chaud à emporter et on le boit, là, dans la rue…. Comme il fait très froid, on le termine même dans l’église du village !

Le temps est resté gris aujourd’hui, comme mon moral. Après une petite marche ce matin, même pas envie de sortir cet après-midi. Du coup, ce sera dimanche télé, chambre. À part une petite sortie pour prendre l’air, et un chocolat ! Ça fait du bien quelquefois de ne rien faire.

La gérante de l’hôtel se démène pour faire tourner son affaire du mieux qu’elle peut. Son mari aux fourneaux pour les plats à emporter et les plateaux repas, quelques chambres louées. Elle vit sur les bénéfices de la saison dernière. Elle ne se plaint pas. Elle pense à ceux qui sont dans une situation bien pire qu’elle. Pourtant elle fait partie du secteur le plus touché par le confinement. Esperons pour eux que ça s’arrête bientôt.

Ces quelques jours ici ont été très agréables et très reposants. Les gens sont très accueillants, et subissent la situation avec philosophie, que faire d’autre ?

26 décembre – Saison 2 – jour 58

La voix de Graine

Un samedi de lendemain de fête
Ceux qui sont pas partis à Noël se préparent à partir. Beaucoup de monde sur les routes. Nous partons demain. Par précaution, mon mari a fait un test: Il est négatif. Pour autant, son rhume ne s’arrange pas.
Cette journée d’entre deux, nous avions prévu de nous reposer avant de partir. Ce fut un peu plus chargé. Mon fils a amené le petit accompagné de ma belle-fille et de sa Maman. Le petit a ouvert ses paquets avec excitation. Après le repas, il était fatigué, il s’est endormi dans mes bras, mais pas moyen de le lâcher, de le mettre à dormir dans son lit. Nous avons fait le rangement et les bagages avec le petit sur les bras.
Je suis contente de partir m’aérer à la campagne. Demain soir, il va nous falloir arriver avant le couvre-feu, dans une maison vide et froide. Avec le chat. Et mon mari grippé.
Mes filles sont arrivées à leur destination de vacances. Elle ont de la neige.

La voix de Lilie:

Le soleil a pointé son rayon aujourd’hui. Il joue à cache cache avec les nuages ce qui offre de magnifiques couleurs de ciel.

Comme promis, voici Lans, qui a vu le jour ce matin sur la terrasse devant notre chambre et qui nous tient compagnie pendant nos repas solitaires.

Lans, notre compagnon de confinement

Lans est heureux de vivre, la température est idéalement basse pour lui. Il nous observe avec ses beaux yeux gris, toujours souriant pour nous apporter bienveillance et gaieté, particulièrement dans cette journée. Je suis certaine qu’il restera avec nous jusqu’à notre départ lundi. Il ne peut pas se joindre à nous dans nos randonnées, alors je lui raconte nos balades en rentrant le soir.

Avec le soleil nous avons pu faire une grande promenade. Une navette permet de monter à la station de skis en haut de la montagne. De là haut, partent les pistes désertées cette année. Une poignée de skieurs font l’effort de monter pour une unique descente. Des skieurs de fond profitent eux des longs parcours qui leur sont dédiés, ils ne sont pas très nombreux pour autant. Et des promeneurs comme nous descendent à pied ou en raquettes. Nous cheminons à pied jusqu’à une auberge fermée. Le patron a installé un food truck devant l’auberge pour y servir des boissons chaudes et des plats à emporter. On peut s’attabler debout sur des tables de bar disséminées ça et là pour boire ou manger. Un vin chaud et un chocolat chaud pour reprendre des forces et nous attaquons la descente. Plus longue que prévue, ou alors moins rapides qu’avant, ou bien encore, perte du chemin en route ! Retour à la nuit avec 3h de marche dans la neige dans les pattes.

Lans est maintenant dans le noir, éclairé par les réverbères de la place. Après le repas et la soirée tv typique confinement, il est temps de lui dire bonne nuit et à demain.

Fait de beaux rêves Lans.

25 décembre – Saison 2 – jour 57

La voix de Graine

La neige est tombée un peu partout. Beauté, pureté, renaissance.
A Paris, pas de neige. Froid et plutôt clair, le ciel, mais pour tout dire, je n’ai pas mis un pied dehors. Une journée famille. Déballage de cadeaux, repas de famille. Mon fils fait un passage rapide. Il part travailler vers 15 h 30. Il emmène sa femme et le petit qui vont rejoindre la belle-mère venue du Mali avec ses filles pour la période des fêtes. A son arrivée, petit-fils dort. Son papa le réveille au moment de partir. Pour lui, le Père Noël passera demain. Il a trop fait la fête hier soir. Il en oublie même de manger, ce qui, chez lui, est rare. Nous aurons tout notre temps demain. C’est nous qui le gardons.
Mon fils travaille dans une entreprise de transport. Le covid sévit dans son service. Son équipe est décimée. La période des fêtes est une période très chargée dans le fret, surtout la période avant Noël. Il est épuisé. Il travaillera également demain. Ensuite, il est en vacances, pour une semaine. La crèche est fermée. C’est lui qui gardera son fils.
Ma petite fille a les yeux qui brillent. Contrairement à l’année dernière où vraisemblablement, le Père Noël avait perdu sa liste, cette année, c’était top. Noël était vraiment au rendez-vous. Plusieurs lego, l’avion de la Pat Patrouille…Pour nous, le Père Noël a anticipé un prochain confinement. Il nous a amené beaucoup de lecture.
Ce soir, une bonne soupe chaude et au lit. Indispensable, la soupe dans le frigo, au moment des fêtes. Ça fait du bien. Mon mari a attrapé un rhume. Espérons que ce ne soit pas le Covid! Je serais vénère de ne pas pouvoir partir dimanche.

La voix de Lilie:

La neige est au rendez-vous aujourd’hui. En ouvrant les volets ce matin, le paysage gris a revêtu un joli manteau blanc. C’est magnifique. Après un bon petit déjeuner pris dans la chambre, nous nous habillons chaudement et nous partons pour une belle randonnée dans cette neige toute fraiche. Chemins immaculés que nous foulons et qui gardent nos traces pour un instant. Dans le village, tout est fermé à l’exception d’une boulangerie et d’un loueur de ski, luges, raquettes. Nous faisons la queue à la boulangerie pour acheter de quoi manger ce midi. Toujours dans notre chambre. La neige s’est remise à tomber à gros flocons et le manteau s’épaissit de plus en plus. Après un temps de repos, nous repartons cette fois ci habillés en mode ski pour une grande randonnée dans les chemins forestiers. La neige crisse sous mes pas, le silence imprègne toute la vallée. Quelquefois des bourrasques de vent soulèvent des nuées de neige et je me protège le visage et la tête avec ma capuche pour ne pas avoir froid. Que c’est bon de respirer l’air pur de la montagne. On se demande bien comment le virus peut arriver jusqu’ici. Chaud, froid, on dirait qu’il s’adapte à tout.

Il n’y a pratiquement personnes sur les pistes de ski même si la navette fonctionne pour aller du village à la station. Quelques amateurs de luge descendent dans la poudreuse, 2 ou 3 skite skieurs utilisent leur voile et le vent pour remonter la piste et pouvoir skier plus longtemps sans téléski. En période normale, il y aurait un monde fou ici, c’est désolant….

Après deux bonnes heures de promenade, il est temps de rentrer. La nuit va bientôt tomber, la température se rafraîchit encore et la fatigue se fait sentir. Je ferai le bonhomme de neige demain, promis !

Ce soir, ce sera encore repas en chambre, et pas de sortie. Comme des enfants punis !

23 décembre – Saison 2 – Jour 55

La voix de Graine

55 jours de vie au ralenti – La durée du 1er confinement.
Qui de nous aurait imaginé, le 11 mai, que nous serions à nouveau confinés moins de 6 mois plus tard? En théorie, nous sommes déconfinés aujourd’hui, depuis le 15 décembre. Les murs de nos prisons se sont élargis. Nous pouvons sortir. Il y a du monde dehors, mais, rien à faire d’autre que marcher et faire du shopping.
J’ai reçu le colispays de fruits de la Réunion que j’avais commandé il y a une dizaine de jours. Litchis, ananas, fruits de la passion. Les fruits, c’est du soleil. Ils sont les bienvenus. Nous allons les manger à Noël avec les enfants et petits-enfants.
Comme prévu, journée de courses aujourd’hui. Je n’ai pas pu faire ma séance de yoga comme je le souhaitais. C’est la pause de Noël, la trêve. Les cours n’ont pas lieu. J’aurais, bien sûr, pu trouver une séance sur youtube, mais, je ne l’ai pas fait. Par contre, j’ai appelé mes soeurs. La plus jeune de mes soeurs a ses enfants pour Noël. Port de masque pendant trois jours pour être sûr!
Ce soir, Gérard Philippe dans « Fanfan la Tulipe ». Un film de cape et d’épée. Le beau Gérard Philippe. Une magnifique carrière en si peu d’années. Ces acteurs brillants qui meurent jeunes laissent derrière eux une aura de beauté et de poésie.

La voix de Lilie:

55ème jour. Cette fois ci ce journal va continuer. Est il légitime ? Sommes nous véritablement confinés ? Le premier confinement a joué franc jeu. Tous confinés chez soi, puis déconfinement avec totale liberté retrouvée et gestes barrières. Le 2ème confinement, louvoie. Confinés en travaillant, en faisant les courses, un peu de couvre feu, un peu de lest sans vraiment déconfiner. Ou alors serait-ce notre nouveau mode de vie ? Travailler, consommer, dormir. Finies la vie sociale et la culture. Pourras-t-on survivre ainsi longtemps ? Le partage manque, les distractions aussi.

Aujourd’hui le temps est maussade. Nous allons faire un tour en Ardèche, beaucoup de brume voiles blancs au fond des vallons dans les collines. Nous visitons quelques villages,manteau, parapluie, masque sur le nez, buée sur les lunettes…

Dans cette période si lourde à porter, je m’offre ce soir avec mon mari, une bulle de douceur dans une chambre d’hôte avec jacuzzi et un bon repas. Presque comme un restaurant, en tête à tête. Quelle détente, parenthèse de bien-être. Oublier un temps la noirceur du moment et le brouillard dehors et dans nos vies. Une possibilité encore permise.

22 décembre – Saison 2 – Jour 54

La voix de Graine

Comme prévu, un temps doux et humide, sans pluie. Super, Lilie, je suis contente que tu sois partie t’aérer. Tu en avais besoin. On en a toutes et tous besoin. Profites-en bien. Si tu trouves le soleil, tu en fais provision. Le 1er trimestre 2021 s’annonce rude.
Pour moi, aujourd’hui, c’était plutôt une journée active. Ce matin, créneau de travail dans ma coop de 9 à 12 h. Des livraisons qui s’enchaînent, beaucoup de clients à la caisse. C’est bien pour moi. Ça m’oblige à me bouger, à me mettre au service des autres, à sortir de ma zone de confort où je tourne en rond.
Mon après-midi, je l’ai passée à chercher du foie gras et des cuisses de canard confites. A pieds, de Nation, jusqu’à Gambetta en passant par Bastille. La marche à pieds, sans pluie, m’a fait du bien. Un peu de monde dans les rues. Rien à voir cependant avec une année ordinaire. Une déambulation masquée. Des queues devant certains commerces. Au final, j’ai trouvé ce que je cherchais. Le colis avec le foie gras pour la Réunion partira demain matin au plus tard. Mission accomplie de ce côté là.
Le menu pour les festivités de la fin de semaine est en train de se caler. Nous ferons les courses demain. Moi, le marché, mon cher et tendre le Monop.
La pandémie ne faiblit pas. La crainte d’être à nouveau confinés d’ici peu augmente. Notre escapade à nous est prévue pour dimanche prochain. Pourvu qu’on puisse partir. Il paraît que les anglais ont reconfiné en urgence à quelques jours de Noël. Dans notre maison du sud, les travaux se terminent. Ils seront juste finis, radiateurs remontés, pour notre arrivée. Je croise les doigts. Surtout, je fais grande confiance à Benoît qui conduit les travaux.

La voix de Lilie:

Une journée de voyage à travers la France. Partis sous la grisaille, beaucoup de pluie sur le trajet. Le temps est très doux pour un mois de décembre, on monte jusqu’à 15 degrés et le soleil fait son apparition dans la region lyonnaise. Le soleil, c’est un revigorant naturel. J’ai besoin de cette lumière, c’est ma drogue ! En continuant le chemin, un brouillard épiais recouvre soudainement le paysage. La température tombe, on ne voit rien sur les côtés et pas grand chose devant. L’impression d’avancer dans un no man’s land.

Il y a aussi beaucoup de monde sur cette autoroute. Les aires sont envahies de voiture et les boutiques de voyageurs masqués, soit, mais agglutinés devant les distributeurs de cafés ou derrière les caisses. Nous passons notre chemin pour en chercher une plus propice à notre besoin de distanciation sociale ! En tout cas, cela ne présage rien de bon pour les lendemains de fête…..

Ce soir nous regardons un film basé sur l’histoire vraie de l’ile de la rose. Un jeune ingénieur Italien utopique qui avait contruit en 1968, une île dans les eaux internationales en face de Rimini pour en faire un état libre et indépendant. Une histoire qui si elle avait été inventée aurait semblée bien trop énorme. Et pourtant. Souvent la réalité est plus incroyable que la fiction. Ce jeune homme avait été au bout de son rêve. Il a créé cette île parce qu’il avait envie de la créer. Impressionnant de détermination. Un épisode tombé dans l’oubli, ni à l’honneur de l’Italie ni de l’Europe de cette époque. La question est, comment finirait l’histoire en 2020 ? Pourrait elle seulement commencer !

21 décembre – Saison 2 – Jour 53

La voix de Graine

Nouveau lundi de pandémie. La pluie à nouveau. Une pluie qui va durer jusqu’à Noël. Puis le froid et la neige sont annoncés. S’occuper du temps qu’il fait pour échapper à la pandémie. Aujourd’hui, c’était une journée à tourner en rond. Deux sujets principaux: L’envoi d’un colis festif pour la copine de la Réunion: Café, chocolat, miniatures de parfum et la réflexion autour du menu de Noël.
Ce midi, consensus autour d’un gratin de chou-fleurs et de litchis. Un délice, ces litchis. Ma fille est venue manger. Ensuite elle est partie avec sa fille, en vélo, à la recherche de balançoires au bois de Vincennes.
Le colis pour la Réunion est parti ce soir juste avant la fermeture du bureau de poste. Un autre colis va suivre, ou pas, avec le foie gras. Le site sur lequel je voulais le commander a été dévalisé ce week-end.
Cette période de fête est toujours délicate pour moi. Faire les courses, préparer, essayer de faire plaisir à tous, mettre les petits plats dans les grands. Je pense aux fêtes d’antan, à ceux qui ne sont plus là pour partager ces moments festifs. D’autres, nos tout-petits sont arrivés, occupent la place. La vie, la roue qui tourne en quelque sorte. Cette année en plus, le coeur n’y est pas. La pandémie amène son surplus de stress et de contraintes.

La voix de Lilie:

L’hiver est là. Le jour le plus court de l’année. Enfin, les jours vont rallonger. C’est comme plonger au fond d’une mer sombre et profonde et enfin sentir que l’on donne un coup de pied au fond pour remonter. Bien sûr il ne fera pas plus beau demain, mais nous aurons une petite minute de plus. Nous allons vers le printemps. Je parle souvent des saisons avec mon petit fils. Samedi je lui disais que l’on quitte la saison des marrons et des feuilles qui tombent, les arbres sont maintenant tout nus, pour rentrer dans la saison du frois, des bonnets et des écharpes et de la neige. J’espère que l’on pourra faire un bonhomme de neige dans le jardin.

Aujourd’hui il a beaucoup plu, des trombes d’eau par moment. Une journée télé comme je les déteste. Mais je me surprends à ne plus savoir quoi faire d’autre de mes heures. Télé, téléphone. La solution de facilité, anesthésie du cerveau.

Heureusement qu’en fin d’après-midi j’ai pris le temps de laver, repasser et surtout de planifier un circuit pour s’échapper une semaine de la maison. J’ai besoin de changer d’air. Et pourquoi pas tenter de voir le soleil. Trouver un point de chute dans cette période n’est pas simple. Pas de restaurant, pas d’activité, peu d’hôtels. On a changé nos plans, mais on y est arrivé. On part demain.

20 décembre – Saison 2 – Jour 52

La voix de Graine

Un dimanche en famille – Un temps lumineux et doux. Ce matin, premier réveil à 4 h 30. Petit-fils…qui se rendort à 6 h, avec son biberon du matin. Grasse matinée pour tous.
Pas de jogging pour moi aujourd’hui, mais une grande balade avec le petit dans le porte-bébé. C’est radical: A peine le 1er pâté de maison passé, il dort. Il fait beau. Le temps est doux. Les rues sont vides. La balade est agréable. A la fenêtre d’un immeuble, une vieille dame installe une guirlande ornée de boules de Noël sur ses balconnières. L’occasion d’échanger quelques mots.
Ce midi, c’est raclette. C’est mon fils qui a réclamé. Il arrive tard mais nous ramène les cornichons, indispensables pour la raclette. La sieste après ce repas riche.
Et l’arrivée des litchis. Tu y crois, Lilie, livrés à domicile! Si ce n’est pas un cadeau, ça! Merci à celle qui nous a confectionné le paquet, merci aux livreurs que j’ai à peine reçus.
La journée n’est pas finie. A 18 h 30, la coiffeuse – coupe et couleur à domicile. Encore un cadeau. Avant de me poser,il me faut lire une histoire, puis une autre. Ma petite fille qui est restée dormir réclame ses 17 pages minimum. Et elle sait compter!
Une journée bien pleine, riche, lumineuse, joyeuse.

La voix de Lilie:

Une balade dans Paris. Déjà le bois de Vincennes. Des gens partout. A vélo, à trottinette, à pied. Des attroupements de personnes masquées. Est-ce le confinement qui m’a fait perdre l’habitude du monde dans les rues ? Il me semble que je n’ai jamais vu autant de monde. Le parc floral abrite une exposition de fermiers et artisans. En intérieur ? En tout cas, un monde fou sort du parc avec des paquets. Paris est plus vivant que jamais. Une circulation intense, des carrefours bloqués, du temps perdu.Impossible de voir tout ce qu’on voulait voir. Je fais quelques photos des illuminations à Bastille, Concorde, Champs Élysées. Rien à voir avec les autres années, l’ambiance n’y est pas. Les touristes non plus.

Au passage j’ai déposé les litchis chez Graine, profité des enfants et petits enfants devant un thé. En fin de balade, retrouvé la dernière des Graines place de l’hôtel de ville et donné mon dernier sac de litchis. Mission accomplie. Avec plaisir car elle m’a permis de faire un petit coucou à chacune et par les temps qui courent ces rencontres sont précieuses.

Chacune va maintenant partir pour les fêtes, nous noys reverrons pour certaines au moment du réveillon et pour d’autres, l’année prochaine…

Il est déjà temps de rentrer pour ne pas dépasser l’heure du couvre feu. Du coup les soirées sont aussi longues le dimanche que les autres jours. La pandémie ne faiblie pas, bien au contraire. Une variante du virus encore plus virulente a été détectée en grande Bretagne. La bonne nouvelle est que le vaccin semble aussi efficace pour cette variante. Quelle veine on a !

19 décembre – Saison 2 – Jour 51

La voix de Graine

La pluie sans discontinuer aujourd’hui, une pluie fine dans un Paris vide. Pas de quoi remonter le moral qui descend au fur et à mesure que les mauvais chiffres grimpent. Le marché est quasi vide. S’il y a la queue devant les petits magasins, c’est juste parce que leur taille ne leur permet d’accueillir que deux, voire une, personnes. Les parisiens sont partis ou bien ils sont confinés chez eux. Reconfinement chez les allemands, chez les autrichiens, chez les italiens…Vivre au ralenti sans voir grand monde un mois, c’est supportable, mais à plus long terme, ce n’est pas vivable. On a déja suppimé les embrassades, les poignées de main, les cinémas, les théatres, les activités sportives, il faudrait aussi supprimer les réunions de famille, les anniversaires, les rencontres entre copines…Ce n’est pas pensable.
Aujourd’hui, journée d’intérieur consacrée à petit fils. La Maman traumatisée parce qu’il s’est cogné à la machine à laver ce matin, chez lui. Il gesticule, découvre, touche à tout. C’est l’âge. Il est souriant, content d’être chez nous. Il joue à « je te donne » mais tout de suite, il veut récupérer.
Demain, nous allons manger des litchis grâce à la copine de la Réunion. Noël en avance. De quoi booster un peu le moral qui en a bien besoin.

La voix de Lilie:

L’arrivée des litchis ce matin dans un gros colis me comble de joie. J’ai déposé le colis sur la table et je l’admire. L’adresse écrite par Graine du bout du monde m’émeut. Je l’imagine remplir ce paquet pour nous et inscrire notre adresse avec application. Pour nous offrir un souvenir de l’an dernier. J’ouvre enfin le colis, comme une petite fille qui ouvre son cadeau. Dedans, 5 gros sacs, un pour chaque Graine. Et 3 ananas. Je dévore quelques litchis et me revoilà à la Réunion, avec elles, l’an dernier, presque à la même date. Un pur délice. Ce soir j’irai apporter leur part aux Graines qui partent en vacances pour qu’elles en profitent en famille.

En attendant, je prépare le repas de famille. Tout le monde est là ce midi pour l’anniversaire de la doyenne de la famille. 88 ans. Autant dire que l’on fait attention. Mais pas tant que ça. Toujours ce doute, cette impossible certitude d’être sains. Les Graines ont fait un test avant de partir voir leurs mamans. Moi non. J’y suis allée la semaine dernière et heureusement pas de problème. Cette semaine c’est ma belle mère et j’essaie d’être certaine que tout ira bien. Le pompier de la famille ne fait plus de patient covid en ce moment, c’est bon signe.

Notre président avoue que malgré les gestes barrières il a attrapé la maladie. Un instant de relâchement peut-être. On ne fait pas mieux pas pire que lui, va-t-on arriver à y échapper ? Un ennemi invisible, c’est compliqué.

La journée se termine par la première tournée distribution de litchis et un apéro à 3 chez une des graines. Un de ces bons moments qui nous manquent et que l’on a toujours l’impression de voler.

18 décembre – Saison 2 – Jour 50

La voix de Graine

Ce soir, c’est le début des vacances de Noël pour les enfants. Pour les grands aussi, c’est traditionnellement le début d’une période de congés. Des départs en masse à partir d’aujourd’hui, cependant c’est moitié moins qu’une année ordinaire. Des départs pour rejoindre sa famille ou un endroit de villégiature, résidence secondaire ou location saisonnière. Cette année, les vacances ont comme un goût un peu saumâtre. Une envie de partir, mais la peur aussi. Sans oublier le couvre-feu à 20 h.
Pour moi, aujourd’hui, c’était cuisine – des choux farcis, peinture – toujours mon cow-boy, ménage. Demain, nous avons petit-fils. La journée et la nuit aussi. Le grand soleil du dehors m’a donné une belle lumière pour peindre. Pas de sortie excepté pour aller chercher notre pizza ce soir, juste avant le couvre-feu.
L’évènement du jour, c’était… le départ de Jean-Pierre Pernaud. 33 ans qu’il présentait le journal de 13 h sur TF1. Nous le regardions de temps à autre depuis les confinements. Pour son demier journal, il a eu droit à un hommage de tous ses collaborateurs , en direct devant les téléspectateurs. Son départ n’est pas passé inaperçu. J’ai une pensée pour tous ceux qui partent à la retraite en cette période de pandémie. Clôturer une carrière en envoyant un mail aux collègues et en éteignant son portable. Pour certains, ce n’est sans doute pas un problème. Personnellement, j’aurais trouvé frustrant de ne pas pouvoir dire au revoir solennellement au monde du travail. Quarante ans de travail ou plus, ce n’est tout de même pas rien.

La voix de Lilie:

Enfin la semaine de travail s’achève. S’ouvre une période entre 2 toujours particulière. Entre 2 années, un nouvel espoir. Trêve des confiseurs disait on autrefois. Trêve dans notre rythme effréné. L’après-midi a été rude, beaucoup n’avaient plus la force d’écouter en réunion. Les oreilles écrasées par le casque, acouphène qui n’en finit plus. Grand besoin de repos.

Le confinement, et surtout la possibilité de travailler de chez soi permet de s’occuper de sa maison et de sa santé. Plus facile de prendre rendez vous et d’être là pour suivre les travaux. Alors aujourd’hui, la journée a commencé par des radios et prise de sang. Puis réparation volet roulant l’après midi. Une journée bien remplie somme toute. Quelques courses pour un anniversaire demain et voilà la journée terminée. Rien de bien folichon, mais une journée utile.

Demain nous serons 8 à table, avec une personne à risque et des petits enfants. Personne n’est malade. Pourtant avec tout ce qu’on entend, la sérénité n’est plus de mise. Dans un coin de notre tête se mélangent toutes les images atroces aperçues ça et là au fil des jours. Devrions nous annuler ? L’isolement un jour d’anniversaire est il pire que le risque encouru ? Le week-end dernier, nous avons passé 2 jours chez ma mère et personne n’a été malade depuis. Nous respecterons les gestes barrières bien sûr. Quelle difficile période nous vivons….

17 décembre – Saison 2 – Jour 49

La voix de Graine

Les départs en vacances se préparent – auto-confinement, tests – chiffres qui remontent. Les enfants ont été autorisés à manquer l’école deux jours avant les vacances, aujourd’hui et demain. Notre président Emmanuel Macron a attrapé le virus. Le 1er ministre, cas contact, est, lui aussi en télétravail. 18000 contaminations aujourd’hui, sûr que nous nous dirigeons vers un 3ème confinement en janvier après les fêtes. Gardons le moral, comme tu le dis Lilie. Pour nos enfants, pour notre famille, pour nos amis et surtout pour nous. Gardons le moral.

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Ce matin, préparation du pique-nique pour notre escapade de ce midi avec les copines autour du Lac Daumesnil. Par chance, le ciel nous a fait bonne figure. Le soleil nous a même honoré de sa présence. Nous avons profité d’une belle lumière et d’une faune variée: bernaches, canards ocres, paons, cygnes …. Pour résumer, un après-midi bien agréable.




Mon cours d’Arts plastiques a repris en présentiel avec un horaire modifié: 16 h 30 au lieu de 18 h, rapport au couvre-feu. N’ayant pas pris le chemin le plus direct, je ne suis pas arrivée bien en avance. A vrai dire, l’essentiel était plus de se revoir, de se retrouver que de travailler vraiment. J’ai tout de même fait les retouches de mon dessin de Sean Connery.
Ce soir, je suis épuisée. J’ai beaucoup marché. Mais je suis comblée et rechargée par cette journée de dehors.

La voix de Lilie:

Encore une journée de télétravail, pas de balade copines pour moi… Beaucoup de nervosité de la part de tout le monde , réunions tendues. On voit bien qu’on a tous besoin d’air. En même temps, ils veulent tous boucler leurs dossiers avant de partir. Tenir 2 jours. Je ne suis pas sortie ce midi par flemme. Je commence à me replier sur moi. A ne plus lutter contre la fénéantise qui empêche de bouger. Ce soir, avant le couvre feu, j’ai visité 2 maisons que j’avais sélectionnées moi même. Elles nous ont plu toutes les deux. C’est toujours l’extérieur qui pêche, trop bruyant, jardin trop petit, maison mitoyenne… C’est agaçant cette tendance à ne pas mettre de photos de l’extérieur, on perd beaucoup de temps. Le point positif c’est qu’on a cerné ce que l’on veut. Et quand on rentre chez nous, on voit bien qu’on yest bien. Pas de doute, il nous faut virer cet aérodrome qui nous pourrit la vie, les poumons et les oreilles. C’est incompréhensible au jour d’aujourd’hui que des personnes puissent impunément dévier de leur trajectoire, passer au dessus des maisons et même de l’école, à toute heure de la journée et dans des cadences de plus en plus rapprochées. Pollution de l’air, pollution sonore. Et rien. Jamais de sanctions malgré nos plaintes. Pas d’obligation de mettre des silencieux ou de normes de bruit, pas d’obligation de moins polluer, de moteur électrique ou que sais je. Comment se débarrasser d’eux ? On cherche. Et en même temps, on visite. Au printemps ce sera mieux, il fera jour !

En attendant, il est tard. Allons nous coucher et faire de beaux rêves.

16 décembre – Saison 2 – Jour 48

La voix de Graine

Soleil annoncé, grisaille assurée…
Temps couvert aujourd’hui. J’ai la flegme de sortir. Ma petite fille n’y tient pas non plus. Donc, pas de sortie au square, nous restons dedans.
L’atelier décoration de la maison continue: étoiles à cinq branches, coeurs, flocons de neige. Nous dessinons, nous fabriquons, nous découpons, nous décorons … Avec plus ou moins de réussite.
Ma petite fille veut écrire. Elle me propose des mots, des phrases. Je dois les épeler. Elle les écrit. Parfois, en écriture miroir. C’est drôle. Elle commence à bien repérer les sons, le découpage en syllabes. J’ai appris la semaine dernière qu’il y avait un découpage en syllabes pour l’écrit et un découpage en syllabes pour l’oral. Pas simple. En ne tenant pas compte des spécificités régionales, bien entendu! Pour moi, seul l’écrit faisait foi.
Malgré la présence de ma petite fille, beaucoup de blues aujourd’hui. Le manque de soleil sans doute. Le rhume n’arrange rien. Le dehors et la campagne me manquent de plus en plus. Et ce contexte pandémique comme un tunnel immonde, sans lumière, dont on ne voit pas le bout, il m’épuise.

La voix de Lilie:

Aujourd’hui j’ai récupéré un composteur pour le jardin. Je le monterai ce week-end. Voilà longtemps que j’ai envie d’arrêter de jeter les épluchures de légumes dans la poubelle. J’ai bien tenté de les mettre au fond du jardin pour les animaux mais j’ai senti un soupçon de mécontentement autour de moi… Donc, composteur, mis presque gracieusement à la disposition des administrés. J’ai lu le fascicule d’utilisation, ça va être coton ! Qui ne tente rien. Et surtout ça me fait plaisir de diminuer mes poubelles. Avec quelque part un retour aux sources. Le côté paysan qui ressort ! Sans rire. Mon mari dit que je tourne bobo, moi je pense plus nature.

Bien sûr c’était aussi la journée des petits. Beaucoup de petits. Pour la première fois j’ai installé les 2 sièges bébés dans la voiture. Pour aller chercher le grand au centre et ramener le tout lavé habillé à leurs parents. Mini mini moi s’entraîne à la marche, à la danse, au chant. Trotte, bat des ailes, gazouille. Petit fils dessine. Je lui ai fait le modèle de son nom en grand et il a colorié les lettres. Il a fait beaucoup de progrès en 3 mois d’école. Il a bien grandi aussi. La selle de son vélo est maintenant trop basse. Que le temps passe vite.

Cette année est passée à une vitesse folle. Il me semble que le temps s’accélère. Pourtant je suis certaine, qu’autant nous nous rappellerons pas de ce que nous avons fait précisément en 2017 18 ou 19, autant, toute notre vie, nous nous souviendrons de tous les détails de 2020.

Moi aussi j’en ai ras le bol de ne pas pouvoir sortir boire ou manger quelque part, aller au cinéma ou au théâtre, voir du monde. Gardons le moral….

15 décembre – Saison 2 – Jour 47

La voix de Graine

Aujourd’hui, c’est soleil, et sortie sans autorisation à condition de rentrer pour 20 h! C’est sympa de ne plus avoir à faire d’autorisation. Couvre-feu à 20h, c’est tout de même pas cool. Si nous voulons inviter des amis le soir, nous devons les garder pour la nuit. Assez dissuasif, quoique drôle. Je ne sais même pas si nous pourrons continuer à commander des pizzas en soirée. Je ne vais tout de même pas commander une pizza à 16 h de l’après-midi!
En fin de matinée, j’avais un rendez-vous planifié dans un établissement d’handicapés. J’ai posé ma candidature pour être bénévole. Rapport à mon rhume, par principe de précaution, j’ai fait un test antigénique dans une tente devant une pharmacie du quartier. Négatif. Une fiabilité du résultat de 70%.
Le soleil d’aujourd’hui, dès la mi-journée, m’a fait du bien, m’a redonné de la légèreté. De la lumière, de la douceur, enfin. J’ai marché toute l’après-midi. Les magasins ne m’attiraient pas. Trop de monde. J’ai tout de même craqué pour une brioche bordelaise qui m’a fait de l’oeil à travers une vitrine.
En fin d’après-midi, je suis allée chercher petit-fils à la crèche. Il m’a fait la fête. Il apprécie la brioche. Mon fils était chez lui, malade, un gros rhume avec de la fièvre. Lui aussi fait les tests COVID!

La voix de Lilie:

EEst-ce vraiment un déconfinement ? Il n’y a pas plus d’activité à faire qu’hier ou la semaine dernière. On peut partir en voyage. Pour aller où ? Il n’ y a pas de restaurant, pas de sortie possible après 20h. On ne peut que regarder la tv dans sa chambre d’hôtel le ventre vide. J’exagère, certains hôtels servent le repas en chambre. On dit en room service, ça fait plus chic ! Et puis on peut partir rejoindre sa famille si personne n’est à risque. En tout cas ça ne fait pas le même effet que lors du déconfinement du printemps. Là on pensait être libérés, on pensait avoir gagné la bataille. Ce coup ci nous sommes plus lucides. L’ennemi nous guette toujours sournoisement. Nous savons que le combat continue et que nous ne nous en sortirons pas facilement. Pas seuls non plus. Nous devrons jouer collectif ! La peur de sortir s’installe malgré l’envie. Peur de croiser du monde. En même temps, besoin de voir ailleurs. En sécurité.

J’espère que ça va aller chez toi Graine, un isolement au moment des fêtes serait malvenu… Croisons les doigts.

14 décembre – Saison 2 – Jour 46

La voix de Graine

Lundi 14 décembre: Dernier jour de confinement?
Théoriquement, nous en sommes à la 2ème phase du déconfinement. Les chiffres font du yoyo. J’avoue que je ne sais plus où on en est, de la situation pandémique, et moi, je ne sais plus où j’en suis, de mon ressenti de la situation. Ce qui domine, c’est le ras le bol, l’envie que ça s’arrête, que la vie reprenne un cours normal. Ras le bol de cette vie sociale retrécie, de cette étroitesse de contacts.
Aujourd’hui, je me suis laissée manger par les mille et une tâches du quotidien. Et par d’autres aussi. Des tâches minuscules auxquelles il faut consacrer du temps. Pas eu le temps ni l’envie de finir ma peinture de cow-boy. Doux, mais gris et pluvieux, le temps du dehors. J’ai attrapé un rhume. Ai-je le Covid? Dois-je me faire tester? Il y a de petites tentes un peu partout dans Paris devant les pharmacies dans lesquelles on peut faire un test antigénique.
Ce matin, j’ai fait mon avant dernière séance de kiné. Mon poignet va mieux, de là à dire que la tendinite est complètement terminée!
Ce soir, AG de copropriété sur zoom. C’est moi qui m’y colle. Demain, une autre AG de copropriété. C’est mon mari qui assurera. Chacun son tour. De mon côté, je dois aller chercher mon petit fils à la crèche.

La voix de Lilie:

L’idée du jour est de préparer une escapade de fin d’année. Au départ il s’agissait d’aller faire de la raquette dans les vosges. Seulement voilà: faire la route des thermes sans les thermes, aller à l’hôtel sans restauration, passer des soirées sans cinéma, sans spectacle et sans sortir après 20h. Et faire de la raquette sans neige… Là, j’avoue, le covid n’y est pour rien. Enfin, trop, c’est trop. Moi aussi j’en ai plus que marre. Je voudrais que ça s’arrête. Vite.

C’est ma dernière semaine de travail de l’année 2020. Et là encore, je sature. Je suis fatiguée de cette manière de travailler en mode toujours plus vite, sans analyse globale du besoin. Toujours pour demain et pourquoi pas pour hier. En même temps, la complexité des organisations finit par rendre impossible toute avancée. Voilà, c’est la dernière semaine de travail d’une année sans bureau. De toute manière, l’entreprise avait supprimé mon bureau peu avant, et cantonné ce qui reste de mes souvenirs de 35 ans de maison dans un casier d’étudiant. Nous n’existons plus en tant que personne, seulement en tant qu’ETP. Pas de trace de nous, pas d’espace dédié, pas de personnalisation. Le confinement m’a offert d’être chez moi, dans mes meubles, avec ma tasse, mon pot à crayon et mes photos ! Fin de cette année. Derrière, encore 2. Avec plus de télétravail, ce sera plus facile qu’avant covid. Quelle vœu vont elles m’exausser après le télétravail ? De mon côté, ma résolution sera de faire au mieux pour moi.

13 décembre – Saison 2 – Jour 45

La voix de Graine

Aujourd’hui, c’est dimanche…
Le rire me manque à moi aussi. Heureusement, avec les petits-enfants, le rire n’est jamais loin. Une chance.
Ce matin, jogging au bois de Vincennes. C’est mou, mais ça fait du bien. Le nombre de tentes a augmenté notablement, me semble-t-il. Les invisibles, ils se devinent ici. Plus loin, les manèges pour les petits. La joie dans leurs yeux.
Surprise, ma fille est avec nous pour le déjeuner.
Le repas terminé, direction les Champs Elysées. Nous partons en RER. Nous rentrons à pieds en descendant l’Avenue des Champs Elysées jusqu’à la place de la Concorde. J’ai toujours aimé descendre les Champs-Elysées. C’est une magnifique avenue, quoique enlaidie par des enseignes de restauration plutôt bas de gamme. Aujourd’hui, nous apprécions. Pour un mois de décembre, il n’y a pas foule. Et les fameuses enseignes sont fermées. Nous traversons ensuite le jardin des Tuileries , puis prenons les quais de Seine jusqu’au port de l’Arsenal et Bastille. Il y a plus de monde sur les quais que sur les Champs-Elysées!
Une fois rentrée, je m’attelle à mon album photos « Randonnées 2020 ». J’ai sélectionné un certain nombre de photos. A présent, il me faut les mettre en page. En fin de compte, je réalise que nous avons beaucoup marché en 2020, sans parler du début d’année sous les tropiques. Drôme, Ardèche, Île de France, Tarn, Vosges, Lozère.

La voix de Lilie:

Il a fait soleil aujourd’hui dans le midi et le fond de l’air est doux. Qu’est-ce que ça fait du bien. Comle aussi le bon petit déjeuner avec un saint genis truffé de pralines comme je les aime. Le temps passe vite, même à ne rien faire. J’essaie de profiter des bons moments du mieux que je peux. Elle fait tout pour nous faire plaisir, toujours quelques attentions et de bons repas. Elle parle beaucoup car elle est seule. Qu’importe. Après le repas, le café, l’après-midi s’étire et il est déjà temps de partir pour la gare. J’ai un pincement au coeur chaque fois que je laisse ma mère dans sa solitude. C’est un déchirement pour moi de savoir qu’elle reste là, à souffrir de sa solitude. Je sais que j’en aurais un jour du regret et pourtant c’est impossible. Je la regardais avec nostalgie hier soir s’endormir sur son fauteuil. Je voudrais qu’elle soit plus souple, moins soupe au lait. Ou seulement qu’ elle ne dise pas toujours à voix haute ce qu’elle pense ! Il faudra que je me souvienne pour éviter de culpabiliser et regretter. Heureusement ma soeur et même mon frère seront là avec moi. Les frères et soeurs lorsqu’ils s’entendent permettent de faire vivre les souvenirs d’enfance, mauvais et bons.

Le temps d’un petit goûter chez ma nièce et nous revoilà dans le train.

Le week-end escapade s’achève, il est temps de rentrer.


12 décembre – Saison 2 – Jour 44

La voix de Graine

Dernier samedi de confinement, triste et pluvieux à Paris.
Ce matin, je me bouge pour me rendre, en métro, au centre de Paris à un Conseil d’administration. Hier soir, un doute. Ne faisant pas partie du CA, étais-je bien invitée? La réponse m’arrive ce matin. Le temps de me mettre en route, j’arrive en retard. Ceci dit, dans mon cas, le retard est …comme ….une 2ème peau. J’ai du mal à faire sans. En attendant d’intégrer le CA, cooptée ou élue, je me porte candidate pour être webmaster du site qui est en train d’être construit.
Au retour, je passe par le marché pour faire le plein de légumes. J’achète aussi du houx. J’aime ses feuilles dentelées vert foncé auxquelles il faut éviter de se frotter, ses baies rouges. Le houx évoque les bois où je courais, enfant, au dessus de la ferme.
Aujourd’hui, la maison est vide. Pas de petits-enfants ce week-end.
Nous avons l’après-midi à nous! Nous partons en balade dans Paris, sous la pluie. J’ai froid. J’ai hâte de rentrer. Pas question de rentrer dans un bar pour boire un chocolat chaud. J’ai hâte de réintégrer la maison pour prendre une boisson chaude.
L’après-midi touche à sa fin. J’appelle mes soeurs. Bavardage, échange d’idées sur la situation actuelle: complotisme, manipulation, défiance par rapport à la vaccination?
Et ce soir, nous mangeons des huîtres pour sentir l’odeur de l’océan.

La voix de Lilie:

Quel bonheur de se retrouver autour d’un repas avec sa famille. A table, à l’exception de mon lari, il n’ y a que des femmes. Mère, soeur, nièce, cousine. Nous parlons souvent en même temps, tant de choses à raconter, tant de retard à rattraper. Puis tout y passe ici aussi. Épidémie, confinement, protection, vaccin. Tellement d’informations contradictoires. Ma mère se fera vacciner. Ne serait-ce que pour servir de testeur pour les autres. Elle dit qu’à son âge, elle n’a plus grand chose à craindre. Bonne philosophie.

Je suis passée voir mon père aussi. Il viellit. S’inquiète un peu pour sa santé, alors que d’habitude il n’en parle pas. Quoi que si je regarde bien, c’est moi qui lui ai posé la question… Le temps qui passe dégrade leur corps, mais l’esprit est toujours là. Pour l’instant. C’est pour ça que nous n’avons pas de temps à perdre en confinement..

Ce soir un reportage sur le rire attire mon attention. Rire 15mn par jour serait aussi bénéfique qu’une séance de relaxation. Aujourd’hui les gens ne rient plus autant qu’avant. Seulement 5 à 6mn par jours, et certains ne rient jamais. Quelle tristesse. Je me demande, est-ce que moi j’arrive à rire 5mn par jour…..je n’en suis pas certaine, ou bien avouons que j’en doute fortement… Qu’est ce qui me fait rire aujourd’hui ? Pourtant j’aime rire. Promis, je vais regarder des sketches le soir pour rire plus souvent. Comme j’ai promis de danser un peu. Comme j’ai promis de manger mieux. Comme j’ai promis de m’écouter plus. Trop drôle finalement !

11 décembre – Saison 2 – Jour 43

La voix de Graine

Un vendredi triste et pluvieux. Pourtant, une journée bien pleine. Après le déjeuner et la mise en route de la journée, je me mets à la peinture. C’est le matin que la lumière est la meilleure. Ce matin, ce n’est pas top. Il pleut. Je mets mon cow-boy en couleurs.
A 10 h 30, c’est la pause café avec petit gâteau ou carré de chocolat.
Quand midi pointe son nez, il faut préparer le repas, aller acheter le pain. Le repas est vite préparé. Ce midi, nous mangeons des restes. Mais de bons restes.
Etendre la lessive, nettoyer les pièces d’eau. Le ménage est terminé pour aujourd’hui.
A 14 h, j’ai un rendez-vous téléphonique avec une enquêtrice de l’Insee. Une heure trente d’enquête. Ça n’en finit pas. L’histoire de vie et le patrimoine des français. Pour que les statistiques aient un sens, il faut bien que certaines personnes répondent. Aujourd’hui, cest moi.
Après ce temps long au téléphone, j’ai besoin de faire une échappée dehors. J’ai une commande à réceptionner faubourg St Antoine. Je fonce, sous la pluie. La pluie est douce et fine. Elle caresse ma peau qui en a bien besoin. Je ne suis pas pressée. Je me balade. Je flâne.
Ce week-end, nous accueillons à nouveau le papa de ma petite fille – mon ex-gendre. Je prépare la chambre, je fais son lit. Et je me connecte. Ce soir, j’ai un atelier d’écriture  » à bâtons rompus ». Nous sommes neuf en ligne, 10 avec l’animatrice. A jongler avec zoom, nous en perdons une. Mon micro ne fonctionne pas. Ras le bol des rencontres virtuelles et numériques, mais c’est tout de même sympa de se retrouver pour écrire. J’écris mal. Je me sens nulle. Sans doute, le manque d’émulation, le manque d’entraînement.
Mon mari a ramené le couscous commandé à côté. La journée se termine. Je suis vannée.

La voix de Lilie:

Une échappée bienvenue ce week-end. Pourtant il pleut. Sur toute la France 🇫🇷, de haut en bas. Une journée sans voir le ciel et à peine le devant de la voiture. Parlons de cette voiture. Louée par internet au nom de mon mari. Seulement il a oublié son permis à la maison. Je propose de la prendre à mon nom. Le loueur sur place ne veut pas, il faut modifier la location internet. Au téléphone le loueur internet ne peut pas car l’heure de début est passée, le système ne permet plus de modifier. Je propose d’annuler et refaire. Impossible sans repayer. Je propose une offre commerciale. Impossible. De faire sur papier, impossible. Je leur parle de satisfaction client, de service. Rien à faire. Le système ne permet pas. Le système, le système. Nous avons lu les conditions, il faut le permis. C’est de notre faute. Oublié le client roi. Aujourd’hui le pauvre client crache son paiement et on lui impose des conditions et un système… Furieux nous allons louer une autre voiture à la concurrence. La semaine prochaine je porterai réclamation et je remplirai le questionnaire de satisfaction qu’on ne manquera pas de m’envoyer….

Heureusement, la journée ne s’arrête pas là, et je vais voir ma nièce qui attend son permier bébé. Voilà du bonheur à venir pour l’an prochain. Heureuse de partager de bons moments avec elle et son compagnon. Puis nous reprenons la route jusque chez ma mère. Il y a 2 mois que je ne l’ai pas vue. Elle est heureuse de nous voir et comme chaque fois nous a préparé un bon repas et quelques petits cadeaux. Je savoure d’être encore l’enfant de quelqu’un. C’est une chance que l’on apprécie à partir d’un âge où être adulte commence sérieusement à peser. Et je sais que ce temps est compté et pas donné à tout le monde.




10 décembre – Saison 2 – Jour 42

La voix de Graine

Communiqué de presse de notre 1er ministre Jean Castex ce jeudi en fin d’après-midi. Nous n’aurons plus besoin d’autorisation pour circuler à compter du 15 décembre, mais un couvre-feu sera mis en place de 20 h à 6 h sauf le 24 décembre. Donc Noël en famille, c’est possible. Pour le nouvel an, c’est une incitation forte à rester chez soi. Côté loisirs, il vaut mieux investir dans les jeux de société ou dans les abonnements numériques . Pas de cinéma, pas de théatre, pas de parc de loisirs, et bien sûr pas de bar ni de restaurant….
Curieuse période de fêtes. J’ai le champagne. Je l’ai commandé avant-hier. Je l’ai reçu hier midi. J’ai aussi acheté du foie gras.
Aujourd’hui, J’ai fait de la peinture, sans conviction. J’ai surtout beaucoup glandé. Après le repas, j’ai passé 1 h 30 à regarder un téléfilm de Noël – une ineptie – en jouant au solitaire. A 18 h, j’ai écouté Jean Castex. Que ce soit le téléfilm de Noël ou l’écoute de Jean Castex et de ses acolytes, çe ne sont pas vraiment des activités qui donnent la pêche. Promis, je ferais mieux demain.

La voix de Lilie:

Utiliser le conditionnel pour promettre de mieux faire dans le futur, voilà bien un lapsus révélateur… Ce n’est pas étonnant du reste, 42 jours sans véritable rencontre, sans se changer les idées de son quotidien a de quoi rendre mélancolique. L’idée de continuer encore, sans spectacles, sans cinéma, sans restaurant mine le moral. Nous avons fait au mieux jusque là, sans trop nous écarter des consignes.. Le résultat est là, le « sans trop » de chacun n’a pas permi de faire reculer la pandémie. On pouvait s’en douter, l’espoir nous tenait lieu d’excuses à nos petites entorses. Demain nous allons vraiment transgresser. Pour aller voir ma mère qui n’en peut plus de sa solitude. Espérons que nous arriverons sans nous faire contrôler. Ce serait malvenu quand on voit le peu de contrôles faits lors des casses dans les manifs…

La fin de l’année risque d’être à l’image des mois passés…. Je me faisais une joie de la passer avec les graines. Comme l’an dernier, pour conjurer le sort, repartir à zéro vers un avenir plus gai. Hélas, hélas. Les nouvelles du vaccin ne sont pas bonnes non plus, que peut bien nous réserver cette nouvelle année ?

Que vas-t-on décider ? That is the question !

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9 décembre – Saison 2 – Jour 41

La voix de Graine

Une journée d’hiver froide et humide; heureusement, c’est mercredi!
Et le mercredi, c’est le jour des enfants…Ça remplace le soleil qu’il n’y a pas dehors.
Après le repas, direction le square lointain. Il fait très froid et humique. Pas possible de faire du toboggan. Nous avons les mains gelées. A compter du mois de septembre, ma petite fille met des gants. Elle adore. Mais aujourd’hui, pas de chance, elle les a oubliés. Il y a un an, j’aurais eu droit à un caprice pour retourner les chercher chez elle. Là, non, elle joue, cache ses mains dans son manteau. Elle a grandi. Au retour du square, nous sommes suivis par des fantômes loups. Dès le seuil de la maison, nous sommes allées chercher une tête d’ail pour les inciter à rester dehors, pour les chasser en quelque sorte.
Après une pause pour se réchauffer devant quelques dessins animés de Pyjamasques, nous nous attelons à l’activité phare de la journée: la fabrication de sablés de Noël. En forme d’étoiles. Certains avec des trous pour pouvoir les accrocher au sapin. Avec elle, la journée file vite. C’est déjà le soir. Après le repas, elles repartent toutes les deux, la Maman et la fille.
Demain, j’aurais le temps de dessiner et de peindre.

La voix de Lilie:

Il fait excessivement froid aujourd’hui. On dirait qu’il va neiger. Mais non. Ce sera pour la prochaine fois. Tout le jardin semble givré, comme endormi.

Aujourd’hui mini mini moi vient égayer notre journée. J’adore l’observer. Elle profite de toutes les occasions pour essayer ses nouvelles capacités. Elle observe elle aussi, et elle essaie de faire. Elle danse sur la musique. Son regard s’éclaire quand elle me voit. Je l’aime infiniment. Ce temps de bébé passe si vite, j’en profite au maximum. Sa mère la récupère le soir, le temps pour nous d’embrasser notre petit fils. On le voit moins depuis qu’il va à l’école. Il me manque quelquefois. Là j’étais heureuse de le voir ce soir.

Encore un mercredi de passé. Rangement du salon après leur départ, un brin de repassage, repas, télé et voilà une journée déjà terminée.

J’ai glané ça et là quelques informations dans la journée qui ne sont pas réjouissantes. Réactions allergiques au vaccin, pandémie qui repart. Difficile de voir le bout du tunnel….

8 décembre – Saison 2 – Jour 40

La voix de Graine

40 jours: la durée d’un jeûne. Un jeûne social. C’est quand la fin?
Les mauvais chiffres de la pandémie repartent à la hausse. Sera-t-on vraiment déconfiné le 15 décembre? Pourra-t’on vraiment s’évader de la ville au mois de décembre, pourra-t’on partir à la campagne? Pour ma part, pas de départ prévu avant Noël. Noël se passera en famille, sur Paris. Mais tous les autres, dont les graines? Faudra -t’il tricher, prétexter des parents agés ou malades pour pouvoir s’échapper de la région parisienne? A dire vrai, chacun a quelqu’un de fragile dans sa famille et peut ainsi justifier son déplacement. Mais partir sous un régime de confinement, avec gestion des autorisations! Vraiment pas des vacances.
Ce matin, créneau à ma coop de 7 h à 9 h 15. Ça me fait du bien de me sentir utile. Ça me fait du bien de sortir de mon cercle restreint. Cet après-midi, quelques courses pour les fêtes. J’ai aussi commandé du champagne. Tellement envie de faire la fête, de me réveiller libre, délivrée du port du masque, des autorisations…
Et en fin d’après-midi, séance de yoga pour rester zen.

La voix de Lilie:

Après l’insouciance d’hier, retour à la réalité. Une journée de télétravail bien pleine. La semaine sera courte, alors je me permets de remplir le calendrier. Les projets et les discussions âpres autour des bugets ou des besoins des uns et des autres me désintéressent au plus haut point. Mon esprit s’évade comme le cancre de Prévert. Je cherche à dessiner le visage du bonheur !

En début de soirée, première visite de maison. Masqués, gantés, chaussés en jetable, un bonjour de loin à la propriétaire. Ambiance covid. Marcher sur des oeufs, n’oser s’approcher de rien. La quartier où se trouve la maison est agréable près d’un parc que nous aimons beaucoup. La maison, bien trop grandes si on veut y vivre à 2. Et pas du tout à mon goût… C’était important de se lancer. dans la 1ère visite.

Mes billets de train sont arrivés et le train toujours annoncé. Peut-être pourra-t-on partir ce week-end voir ma mère qui s’ennuie. En espérant ne pas être contrôlés bien que notre motif soit limite valable…

Les nouvelles covid sont mauvaises. L’ouverture d’il y a 15 jours montre déjà ses résultats. Il n’y aura que le vaccin pour mettre un terme à cette pandémie. Nous y avions échappé avec la grippe h1n1 il y a quelques années. C’était un avertissement et nous ne l’avons pas compris. Ou plutôt, mis sous le tapis. D’autres avertissements montrent leur nez, planète qui souffre, misère humaine et animale, déchets polluants tueurs, violence. Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs….. Pinocchio qui suit les mauvais garçons. Quand allons nous écouter Jiminy ?


7 décembre – Saison 2 – Jour 39

La voix de Graine

39 ème jour de vie au ralenti
Pour les graines, c’était fête aujourd’hui. Nous avons marché. Nous avons dansé. Nous avons mangé. Nous avons ri. En fait, des activités normales entre amies. Ça faisait tellement de bien. Une ambiance de déconfinement à coup sûr. Pour ce qui est des règles, il y avait comme on dirait un peu de débordement. Ce lundi va éclairer la semaine.
Je trouve ces périodes de retrécissement social épouvantables et dangereuses. Quel en sera le coût social, le coût psychologique? Pour les adolescents, pour les étudiants, pour les personnes âgées, pour les personnes isolées, pour nous tous qui faisons face comme nous le pouvons ? Qui des deux, de la pandémie ou de l’isolement social, est le plus dangereux, le plus mortifère? Seul l’avenir pourra nous éclairer sur ce point. Je suis sûre qu’il y aura des études. De toute manière, il y a des études sur tout, a posteriori.

La voix de Lilie:

Quelle belle journée. Les graines se retrouvent enfin. Pour se donner bonne conscience, nous faisons une marche à l’extérieur. Il fait très froid mais notre cœur, lui, est bien au chaud. 2h30 de marche, mais surtout, 2h30 à parler, à rire, à se détendre ensemble. Je crois que le flot de parole entre nous est intarissable ! Je n’en ai jamais vu le fond. Les graines ont toujours un sujet en réserve. Pour le reste, le protocole de confinement vole en éclat ! Séance de danse à l’intérieur, apéro dinatoire. Attestation périmée ! Un après-midi pour rire, parler, danser. Une parenthèse bienvenue. Nous ne nous étions pas vues depuis 3 mois. Jamais nous n’avions été si longtemps séparées. Bien sûr le temps où nous nous retrouvions chaque jour est revolu, mais là tout de même, c’est trop. L’automne est une saison difficile, particulièrement cette année en isolement forcé. Alors cette journée de fête, gardons là au fond de nous pour nous redonner l’énergie de continuer encore la lutte et de gagner la bataille.


6 décembre – Saison 2 – Jour 38

La voix de Graine

Un dimanche de confinement. L’avant dernier?
Un dimanche famille. Un dimanche que je n’ai pas vu passer. Oubliée la pandémie. Pas de jogging aujourd’hui. Une petite sortie ce matin pour aller chercher le pain et surtout faire faire la sieste du matin au petit. Mon mari avait préparé le boeuf bourguignon. Moi j’avais préparé la purée patate douce, pomme de terre, carotte. Les cousins se sont enfin retrouvés. Pendant la sieste du petit, nous avons décoré le sapin avec la grande, fabriqué une crèche …Désolée, Lilie, pour hier soir, nous nous étions mis au rythme de notre petit pensionnaire. Il m’a gnognoté mon temps dédié au blog.
Je n’ai pas vu la semaine passer non plus. Le temps reprend sa course folle.
Demain, les graines, enfin. G R A I N E : Grandir, respirer, apprendre, inventer, nouer des liens et s’émerveiller ensemble. Je suis sure qu’il y a mieux.

La voix de Lilie:

Un beau dimanche en famille. Nous sommes 5, notre fille et ses enfants n’ont pas pu venir. Partie crêpes, chacun peut faire son mélange et c’est propice à la dicussion. Tout le monde sature du manque de relations sociales, du manque de sorties. On s’étiole peu à peu. On se lance des projets pour après. A tous petits pas. De petits projets, pas bien loin, qu’on pourra éteindre le cas échéant… Notre univers s’est tellement rétréci, en terme géographique comme socialement. On se surprend même à ne plus avoir envie de sortir de la maison.

Demain mon petit fils fera un exercice d’alerte attentat dans son école. Il a 3 ans. Même pas de notion de la mort, de la guerre. Déjà notre société le happe avec ses aberrations. Sa sécurité peut être mise en danger. Pourquoi ? De quel droit peut on empêcher nos enfants de vivre en sécurité ? Quel mobile suffisant pour leur ôter leur innocence ? Dans quel monde va-t-il vivre ? Les humains sont les pires prédateurs pour la planète et pour eux même. Pourtant, la majorité des hommes est bonne et belle. Comment une minorité peit elle mener à une telle situation ? Tristesse. Virus, maladies, tremblements de terre, inondations, tempête. La nature a suffisamment de catastrophes à nous offrir. Nous devrions être soludaires pour ne pas nous en rajouter une couche nous même. Enfin quand je dis noud même, je ne parle que de ces quelques uns qui visiblement n’ont pas bien comoris le sens de la vie, surtout celle des autres !

GRAINES: Grimper , Rire, Aimer, Imaginer, Naître, Écouter, Sourire. J’adore le s’emerveiller ensemble ! C’est parfait.

5 décembre – Saison 2 – Jour 37

La voix de Graine

Une journée d’hiver froide et humide avec des manifestations contre l’article 24 de la loi sur la sécurité globale. A Paris, la manifestation partait de la Porte des Lilas et se dirigeait vers République. Des rues bloquées dès le début de l’après-midi. Le bazar, pour ne pas dire le bordel. Des heurts, du vandalisme. Classique depuis quelques années dans les manifestations. De la violence. Les manifestants eux-mêmes, des groupuscules hors de contrôle, difficile de savoir?
Pour moi, ce samedi a été centré sur mon petit bonhomme: Aller s’en occuper chez lui, le ramener à la maison, jouer, manger, sortir, dormir…11 mois depuis hier. Il ne marche pas, mais à quatre pattes, il est rapide. Il ne faut pas le lâcher des yeux.
Il est gourmand, il veut goûter à tout ce que l’on mange. Curieux, il s’intéresse à tout ce qu’on fait, veut prendre ce qu’on a dans la main. Il adore la cuisine. Il sait que c’est là que la nourriture se fabrique. Et dans la cuisine, il y a la machine à laver. Plein de boutons, un gros hublot…Il est fasciné. Un petit bonhomme qui découvre le monde et qui s’en émerveille. J’aime ses éclats de rire quand on joue avec lui, ses mains qui applaudissent quand il entend de la musique…
Notre première rage de dents en début de nuit, un petit bébé à calmer. C’est ça aussi les petits.
A 17 h, lorsque nous sommes sortis avec notre petit fils dans le quartier, il y avait des queues démesurées devant les magasins. Malgré le froid, malgré la bruine. Les offres du black friday ou la nécéssité d’acheter? Ce matin également, devant les bureaux de poste, de longues files d’attente.
A certains signes, un martien qui débarquerait sur terre pourrait s’imaginer qu’on est en guerre!

La voix de Lilie:


Pour la première fois l’article est verrouillée par Graine. L’une en retard, l’autre en avance, l’une avec l’autre. J’attends mon tour en vérifiant les spams et en ajoutant les url malvenues à la liste des indésirables.

Samedi, c’est jour de courses pour tous ceux qui travaillent et aussi tous ceux qui n’ont pas vu la semaine passer et se retrouvent malgré eux dans la foule. Il fait si gris, si froid que la décision de sortir est difficile à prendre. Pas de sport aujourd’hui pour consolider le bénéfice de l’ostéopathie. Alors il semble qu’il fasse plus froid, qu’il fasse moins d’énergie, qu’il fasse plus, pitié je reste dedans. Courses tout de même, car demain mon fils revient déjeuner avec sa femme. Et après cette épreuve courses rondement menée, petit feu dans le poêle et inauguration du gaufrier pour le goûter. Quel plaisir.

Pas d’informations aujourd’hui. Le monde tourne sans moi. Trop de manifestations, de heurts, de misère, de souffrances, de maladie. Je suis en pause. Parce que la question est, Comment inverser la tendance ? Et je n’ai pas le début d’une réponse. Que faire ?

Alors, pause.

Les Graines envoient des messages de fêtes, de rire, d’amitié. Voilà ce qui fait du bien.

4 décembre – Saison 2 – Jour 36

La voix de Graine

Bercy village vide, sans illuminations, sans clients, un jour de black friday!
Les restaurants sont fermés, la pluie fine rend les pavés glissants.. C’est mon mari qui a insisté. Je lui ai dit: s’il y a du monde, on se sauve. Depuis presque un an, les magasins et moi, on se tient à distance. A vrai dire, je n’éprouve aucun manque. Nous avons trouvé des vendeurs déconfits qui attendaient le chaland. Qui plus est, l’incertitude ambiante fait qu’ils ne sont plus livrés. Ils n’ont plus de stock. C’est un vrai bazar.
La pizza du soir nous réconcilie avec la vie. Manger est encore une chose qu’on peut faire sans prendre trop de risque et en prenant du plaisir.
J’ai cherché Simon Azkarian sur la toile, je ne l’ai pas trouvé. A la place, j’ai trouvé Simon Abkarian. Ce doit être lui dont tu parles Lilie, avec son dernier spectacle créé au Théatre du soleil. Le théatre du soleil, Ariane Mnouchkine. J’ai vu l’année dernière « une chambre en inde » à la cartoucherie. A l’entrée, Ariane Mnouchkine saluait les spectateurs. 3 h 45 de spectacle. Nous étions entrées par hasard, ma copine et moi. Un spectacle étrange et fascinant, complètement représentatif de notre époque déjantée qui se cherche. Entre la méditation en pleine conscience qui entre à l’école et des professeurs qui se font assassiner en parlant de liberté d’expression…
Ce matin, j’ai aidé une copine à compléter son dossier retraite. En début d’après-midi, je suis allée chercher mon sapin dans l’école de ma petite fille. Une partie du prix servira à financer sa classe de découverte. J’ai tellement envie que les petits puissent vivre normalement.
Les journées défilent à toute vitesse. Les listes de tâches à faire se remplissent plus vite qu’elles ne se vident. Me voici à nouveau embarquée dans le tourbillon des jours, dans le tourbillon de la vie.
Au fait, Giscard, c’était aussi les diamants de Bokassa et le Musée d’Orsay…

La voix de Lilie:

Une journée de plaisirs simple. L’émotion de voir ma petite fille esquisser ses tous premiers pas en chancelant. Couronnement de 2 mois d’efforts. A midi, je me gare sur le parking qui donne sur l’école de mon petit fils et j’en profite pour tenter de l’apercevoir. J’observe les plus petits. Il n’est pas là, je ne vois pas ses petites jambes tricotter et son pas que je reconnaitrais entre mille quand il court. Je regarde les petits, leur énergie, leurs cris de joie quand ils jouent. Puis je continue mon chemin pour aller me faire chouchouter une heure chez l’osteopathe et parler enfin en dehors de mon cercle. Au retour, je croise mon fils pour un café ensemble. Enfin, passer une heure au téléphone avec ma sœur et repartir dans notre monde à nous. Refaire le monde, chercher à retrouver notre moi perdu dans les années travail enfants…. Finir par le même repas que Graine, pizza pour tenir au corps. Une journée grise et froide par le temps, douce et tiède par le contenu.

Moi aussi je me rends compte que je n’ai plus envie d’aller dans les magasins. Plus envie d’acheter. De m’encombrer de matériel. Ni même de choisir des vêtements. Mes derniers achats sont cocooning comme un gaufrier, et encore: marque française commandé sur un site français… Ou environnementaux comme la réservation d’un composteur auprès de notre organisme de traitement des déchets. Il me semble qu’un cap a été franchi. Trop de vente forcée, trop de publicités mensongères, trop de mauvaise qualité ont tué l’envie. Non, là je rêve seulement de voir du monde, de parler, de danser et surtout de rire de rire de rire…. Vivement lundi.

3 décembre – Saison 2 – Jour 35

La voix de Graine

Nous avons appris aujourd’hui la mort de Valery Giscard d’Estaing – du covid – à 94 ans…J’avais 18 ans quand il a été élu à 48 ans. Un jeune président, élu après la mort par maladie de Georges Pompidou. Cette année là, Je passais mon bac. Grâce à lui, j’ai eu la majorité à 18 ans et quelques mois. Avec Valéry Giscard d’Estaing, c’est toute une époque qui disparaît. Une époque qui paraît déjà si lointaine. Pour moi, Valéry Giscard D’Estaing, c’est l’accordéon, Yvette Horner, Danielle Gilbert, Simone Weil, « je viens dîner chez vous », le tour de France sur les Champs Elysées. Mais aussi et surtout la construction de l’Europe et la légalisation de l’IVG. Il restera une figure qui a marqué la France. Plus de 40 ans plus tard, au regard du bilan de ces années là, il semble que la France était dynamique, que les réformes étaient possibles. Que s’est-il passé depuis?
Ma journée se promettait chargée. Du fait de la pluie incessante, elle le fut moins. J’ai dessiné, ce que je n’avais pas eu le temps de faire depuis près d’une semaine. Par chance, les perceuses, marteaux et autres outils bruyants qui sévissaient depuis plusieurs jours à l’étage du dessus s’étaient tus . J’ai fait la soupe. Je suis aussi allée chercher mon petit fils à la crèche. C’était la première fois.

La voix de Lilie:

Le plus ancien de nos présidents de la République est mort aujourd’hui. Du covid. Comment est-ce possible ? Un homme de 94 ans, confiné dans son château de province. Par quel espace cette maladie se faufile-t- elle ? C’est incompréhensible. Avec lui, toute une époque s’en va. La génération de nos premiers dirigeants est terminée. Ne restent que des plus jeunes que nous. Autant dire, qu’on en prend un coup sur la tête ! Son élection en 1974, je m’en souviens à peine. J’avançais dans le début de l’adolescence et c’est comme si s’ouvraient devant moi toutes les portes. Ma mère n’avait eu aucun droit, moi je les aurai tous. Le concubinage, le divorce, la liberté de travailler, d’avoir mon compte en banque, d’avorter, de prendre la pilulle. Bref, d’être libre de vivre la vie que je choisirai moi même. Grâce à ses années charnières entre le vieux monde de traditions écrasantes et un monde où chacun peut faire son chemin. Entre le monde de l’enfance et celui de l’adulte. Pour la France, comme pour moi. Et aujourd’hui notre France, rentre-t-elle dans la vieillesse ? Elle se recroqueville, perd sa joie de vivre, régresse sur beaucoup de point. Se méfie de l’inconnu. Ah, retrouver l’euphorie collective.

J’écoutais ce soir Simon Azkarian parler des hommes et des femmes. Il a envie de désapprendre tout ce qu’on lui a appris de la place supérieure de l’homme, de se retirer de l’espace usurpé pour laisser toute leur place aux femmes. Ça fait du bien d’entendre un homme parler comme ça. L’égalité d’être, pour bien vivre ensemble. Il a ecrit un spectacle là dessus, et j’espère que j’aurais l’occasion d’aller le voir, ou de le voir tout court. Avec les graines, si le confinement se termine…

On nous promet le vaccin pour bientôt. Dans mon enfance, on faisait tellement confiance aux médecins, on allait faire nos vaccins sans se poser de questions. D’un autre côté, il était difficile d’accéder à des informations contradictoires. Aujourd’hui dès qu’un pas est fait, les médias nous abreuvent de leurs doutes. Pour vivre sereinement, ne plus écouter les informations. Et aller faire notre vaccin comme celui qui nous protège du tétanos. Sans se poser de questions.

En parlant de question: 1,5 millions de morts. Est-ce que la Chine ose regarder le monde dans les yeux ? Est-ce qu’elle ose continuer à nous submerger de ces articles toxiques ? Oui…..

2 décembre – Saison 2 – Jour 34

La voix de Graine

Aujourd’hui mercredi, le rire des enfants a chassé la grisaille. « Laisse tomber, Mamie ». C’est la toute nouvelle expression de ma petite fille. Il y a un an, c’était « J’en connais un rayon ». Elle aime les mots. C’est un plaisir de l’écouter parler. Son enthousiasme, sa gaité, son énergie sont contagieux. Sur le chemin entre l’école et la maison, nous nous arrêtons devant toutes les vitrines. La magie de Noël. Elle a les yeux qui brillent. Elle s’est mise dans la tête qu’il nous fallait mettre une banquise avec des cristaux de neige. Rien n’est trop beau pour le Père Noël.
Pour midi, j’avais fait du risotto. Histoire de vider les placards. J’ai fait un tabac. Elle s’est resservi 3 fois. Hier, c’était purée mousline…

Après-midi confinée. Elle ne veut pas sortir. Collages, dessins, mise en place de la banquise.

Collage d’automne


Ce soir, avec ma fille qui est restée manger, nous jouons à chat glacé. Si le chat nous touche, on est glacé, on ne peut plus bouger. Pour éviter que le chat nous attrape, on peut se réfugier dans la maison magique. J’ai 10 ans ce soir.
Ma campagne me manque. Comme on dit dans le sud, Je « me languis »de ma maison. Les travaux de rénovation avancent. J’attends les photos avec impatience. J’ai envie de beau, j’ai envie de neuf, j’ai envie d’ailleurs. Mais d’un ailleurs doux et familier.
C’est la grande librairie ce soir. « De l’utilité de l’inutile » de François et Valentin Morel. Bien sûr, l’inutile est essentiel. Ne serait-ce que pour rire un peu! François Morel aime bien les boules à neige. Mais moi, j’adore!
Rire, c’est essentiel de rire. Encore mieux quand on est à plusieurs…
Rire et lire, pour élargir l’horizon. Pour cette fin d’année, la plupart de mes achats se fera …à ma petite librairie d’à côté.

La voix de Lilie:

C’est le jour des petits enfants aujourd’hui. Ici, c’est bébé. Moins de discussion, plus d’observation. Elle s’éveille à la vie. Commence à bouger sur la musique, essaie sa voix dans des chants. Se met debout et demande qu’on lui tienne une main pour marcher. Toute sa journée elle apprend, elle s’obstine, jusqu’à ce qu’on corps comprenne et réponde à ses attentes. J’adore la regarder faire. Nous sommes tous passés par là, et nous avons oublié. Nous avons tous appris des autres, recommencé, insisté. Quand s’est perdue cette envie de toujours avancer, grandir, découvrir ? Cette faculté de trouver intéressant ce que l’autre fait et tenter de l’imiter ? Tant de personnes rejettent ce qu’ils ne connaissent pas au lieu de chercher à s’enrichir de l’autre. Cette année, voilà ce qui manque. S’enrichir des autres. A force de rester confinés entre nous, le champs des possibles rétrécit, notre monde se referme sur nous. L’autre est celui qui nous a fait grandir. S’en priver, c’est se recroqueviller.

Ton collage est magnifique Graine, j’adore. Comme toi, j’ai ceuilli des feuilles d’automne de toutes les couleurs et je les ai faites séchées. Mais j’en suis restée là. Je n’ai pas su comment faire. Un collage ? Un pastel ? Je ne prends toujours pas le temps… Un jour peut être.

1 décembre – Saison 2 – Jour 33

La voix de Graine

Nous sortons toujours masqués, munis de notre autorisation, mais sommes nous encore confinés? Ma journée? Une journée ordinaire, studieuse. J’ai passé du temps à regarder le site, la construction, pas la vitrine. Chercher, lire, relire, essayer de comprendre, tester. Puis je suis sortie pour faire quelques courses alimentaires, et aussi quelques courses pour Noël.
A 18 h 30, ma séance de yoga, sur zoom bien sûr.
Et déjà la journée s’achève.
Le temps s’accélère. Les sollicitations se multiplient. Mon planning est booké jusqu’à lundi prochain. Plaisir et crainte tout à la fois de me laisser happer par le temps qui passe.

La voix de Lilie:

Il est de plus en plus tard et toujours pas envie d’aller dormir. Une émission ce soir, à écouter des artistes que j’aime, a happé mon esprit, et voilà, il est plus de minuit et je regarde toujours. Trop de télé, trop de téléphone..Arrêter tout ça…

J’ai pris le temps moi aussi de regarder comment bloquer les spams sur le site. Je suis toujours étonnée de la malveillance dans l’utilisation des outils, numérique ou pas. Pourquoi cette idée de faire du mal, de casser, de s’introduire par effraction ? Pourquoi pas faire du bien ? En l’occurrence ce n’est pas grave, c’est envahissant. A quoi cela peut il bien leur servir ?

Revenons à nos moutons. J’ai bien rit devant mon émission. Écouté chanter, parler, rire me fait du bien. J’ai rechanté la chanson « Camille » d’Anne Sylvestre. J’aime les gens qui doutent. Une pensée pour elle qui vient de nous quitter. Et puis voilà, ce soir j’ai fermé mon poste de travail, vérifié de tout laisser en ordre. Finir mes dossiers. Pour pouvoir les retrouver lundi. Enfin me voilà en week-end. Le temps de me poser dans un fauteuil dans le salon et de découvrir qu’en fait, on est mardi….. Oui, mais j’ai souhaité bon we à un collègue et il m’a aimablement répondu, toi aussi. Désespoir de ne pas être en we, gros questionnement sur pourquoi j’ai perdu le sens du calendrier ce soir…

Je me demande si ce confinement ne m’a pas perturbé le cerveau ! Mon article n’est pas structuré et n’a aucun sens ! Il est trop tard, vraiment l’heure d’aller se coucher pour éclaircir toutes ses idées.

30 Novembre – Saison 2 – Jour 32

La voix de Graine

La nouvelle semaine débute avec la diffusion de la stratégie de vaccination par le ministre de la santé Olivier Veran. Les Ephad et leur personnel, puis…Cinq phases sont prévues. Tous les adultes seront invités à se faire vacciner. Cependant, pas d’obligation. Plus de la moitié des français ne veut pas en entendre parler. Alors, on s’assied et on attend la 3ème vague en février?
J’écris « M » comme Masque, Maladie, Menace, Mensonge, Manifestation, Morosité. Où est passé le « M » qui dit je t’aime? qui dit Maman, qui dit Mamie, qui murmure des mots d’amour?
Le confinement n’est même pas terminé que déjà le temps se met à galoper. Un cheval fou que je ne sais pas dompter. Demain commence le mois de décembre et son black friday. Décembre et sa ruée dans les magasins pour les fêtes. La course folle est repartie. Arrêtez ou je crie. Stop. Ce n’est pas ça qui nous rendra heureux. Cela fait 6 mois que je n’ai pas serré mes enfants dans mes bras. Ni mes sœurs, ni mes copines…
Pourquoi je crie? Pourquoi je cours? J’ai de la chance: des petits enfants que je peux câliner autant que je veux! Des copines que je vais retrouver. Ce sera lundi prochain. Merci Lilie.
Il a fait très froid aujourd’hui. Un froid sec, un ciel lumineux. Cette nuit, c’est la pleine lune. Cela fait plusieurs jours que je la regarde grossir. Elle était magnifique. Mais, ce soir, pas de chance. Le ciel est couvert. Je ne verrai pas la lune.

La voix de Lilie:

C’est reparti pour une semaine. Dernier jour du mois aussi. Cette année folle passe à une vitesse folle. Tant d’informations ingurgitées, d’adaptations à vivre. Les français n’ont plus confiance en rien. Leurs institutions, leurs policiers, leurs chercheurs, leurs soignants. A qui la faute de cette dégradation ? Peut-être cette course au profit qui a fait utiliser des poisons pour gagner de la texture, du volume, du poids. Qui a fait maltraiter les animaux pour en produire plus, des plus gros des moins chers. Des fermes à 1000 vaches, des poussins broyés, des truies encagées, des enfants à 30 par classe. Qui a fait sous-traiter pour gagner des charges. A tous les niveaux, le profit de certains a dégradé la qualité. Qualité de soin, d’éducation, d’alimentation. Le progrès devait être source de bonheur. Qu’en est il ? Que souhaitons nous ? Que nos enfants apprennent l’entraide et l’empathie au lieu de la compétition. Que leur éducation se fasse au sein de petites structures humaines. Que notre police redevienne des gardiens de notre paix et nous épaule. Que chacun puisse travailler. Pourquoi avoir supprimé les cuisiniers dans les écoles et les hopitaux ? Pour les faire pointer au chomage ou produire de la nourriture de merde dans des centrales. Qu’est-ce qui fait chaud au cœur quand on ne va bien si ce n’est un bon repas ? Ce soir je m’égare. J’aimerais tellement que tout reparte vers le mieux. Vers le bon, vers le tendre, vers la douceur de vivre ensemble.

Alors seulement nous retrouverions la confiance comme nous l’avions du temps de Pasteur. Quand cet homme a tout fait pour faire admettre sa trouvaille des bactéries. Sans autre but que nous guérir. Comme le font nos chercheurs aujourd’hui. Avant que leur recherche ne passe aux mains des producteurs de masse…

29 Novembre – Saison 2 – Jour 31

La voix de Graine

Un dimanche de fin d’automne ensoleillé dans un périmètre élargi…
Jogging au bois de Vincennes. Je cours en regardant les arbres, la frondaison des arbres. Des allées de platane. Jaune, c’est la couleur dominante de cette fin d’automne. Ça me change du bitume et des immeubles. Ça fait du bien.
Le repas du dimanche, c’est la reprise des habitudes. Les cousins ont du mal à se retrouver. C’est trop rapide. Il y a tout d’un coup trop de monde pour mon petit bonhomme.
Tâtonnements pour organiser cette fin d’année si curieuse. Tâtonnements pour trouver un créneau entre graines. Nous allons y arriver, parce que nous avons envie de rire et de faire la fête comme tu dis, Lilie. Nous en avons besoin. Quand je cours et que je vois les gens s’écarter sur mon passage – je fais de même – je me dis que nous sommes en train de devenir des handicapés sociaux. Vivement la fin de cette pandémie que nous puissions revenir à une vie sociale normale.
C’est en regardant le « Titanic » que j’écris ce soir. Une belle histoire d’amour pour me changer les idées, pour échapper à la morosité qui me gagne à la vue des actualités.
D’un pays lointain nous viennent des commentaires intéressés de notre écriture à 2 voix. Je les ai mis en indésirables. Peut-être n’aurais-je pas dû?

La voix de Lilie:

Un beau dimanche en famille aujourd’hui. Il fait si froid, si bleu sur nos sommets de plaine que j’ai fait une fondue savoyarde. Et j’avoue sans me vanter que c’était une tuerie ! Nous adorons tous la fondue, faite avec de vrais fromages et un bon vin de Savoie. Tous, à l’exception des petits bien entendu qui ont mangé soupe pour l’un, frittes pour l’autre. Ce qui a permi à certains d’oser tremper des frittes dans la fondue. C’était une journée détente, canapé. Sieste pour les enfants, quelques pertes de connaissance pour les parents puis jeux avec les petits. Du tout doux qui fait chaud au coeur.

Le week-end se termine, espérons arriver à caler une rencontre entre graines. C’est difficile. Le travail nous donnait un rythme identique, des rencontres journalières. Les graines se sont envolées vers d’autres activités, d’autres emplois du temps, individuels cette fois ci. Difficile de trouver un créneau commun dans ce patchwork. C’était facile de se retrouver le soir pour un restau, un spectacle, plus difficile en journée. Ce temps de pandémie nous bouleverse dans nos habitudes, secoue nos routines. Nous force à nous adapter, nous renouveler. Ressortons nos bonnes méthodes de résolution de problèmes !

Peut-être n’aurais-tu pas dû Graine ? Gardons les commentaires agréables ! Notre site veut vivre sa vie sa vie. Veut-on lui laisser le droit de grandir un peu ? Parlons en. Entre graines.

28 Novembre – Saison 2 – Jour 30

La voix de Graine

La ville a repris son animation. Les rues sont bondées.
Pour nous, pas de magasin aujourd’hui. C’est notre petit fils qui a la vedette. Un bonheur de l’avoir à nouveau à la maison. Il a retrouvé très facilement ses jeux et ses repères, et ses papy, Mamie. J’ai retrouvé ses câlins agressifs. Avec ses 5 dents, il faut se méfier.
A quatre pattes, il est véloce. Il ne faut pas le lâcher des yeux. Il se met debout avec appui, mais il n’est pas prêt à marcher. Il aura 11 mois dans une semaine.
Un beau soleil, mais trop de monde au square, nous n’avons fait que passer.
Ce soir, après avoir ramené notre petit fils chez lui, nous sommes allés chercher deux couscous à emporter.
Revoir les copines, j’en ai grande envie. Il ne faut cependant pas faire d’imprudence. Cette pandémie est loin d’être terminée.

La voix de Lilie:

Enfin le périmètre commence à s’élargir. Enfin pouvoir promener ailleurs que dans la forêt autour. Depuis 29 jours le monde se limitait à : jardin, forêt, supermarché. Aujourd’hui nous avons pris la voiture pour aller faire une randonnée dans un parc que nous ne connaissions pas sur une île de la marne. 3h de sortie. Ça fait du bien. Pour autant, pas encore vu de nouveau visage. Pas de nouvelles discussions pour nourrir la vie, élargir l’univers, ses connaissances. Vivement le retour de la vie sociale. Et ce n’est pas pour demain… Il y a du mieux, c’est déjà ça de pris. La porte est entrouverte, nous sortons la tête. De l’impact sur l’épidémie dépendra la suite.

Les graines commencent à s’agiter. On se manque. On veut se voir. Et déjà, difficile de trouver un créneau dans nos emplois du temps. Travail pour l’une, week-end booké pour l’autre. Autrefois nous nous voyions chaque jour. Puis les graines se sont envolées une par une vers d’autres vies. Ce temps me manque terriblement…. Comment le recréer ?

Pour le reste, une journée bien pleine: courses pour le repas en famille demain, commande de parfum pour ma mère, d’un gaufrier pour nous, préparation de la soupe de la petite et de notre repas du soir. Et voilà, un samedi envolé.

27 Novembre – Saison 2 – Jour 29

La voix de Graine

Demain, notre horizon va s’élargir: 3 h, 20 km…
29 jours à tourner en rond dans notre périmètre d’1 km. Pourquoi un périmètre en cercle et non en carré ou en rectangle? Pourquoi? Plus facile pour tourner en rond bien sûr!
Demain, je ne sortirais sans doute même pas une heure. Notre petit fils sera chez nous toute la journée. Nous aurons la journée pour profiter de lui, une journée entière pour le regarder évoluer , jouer, manger, dormir… Il aura grandi. Il aura appris plein de nouvelles choses. Va-t-il nous reconnaître? Va-t-il vouloir rester avec nous? Entre inquiétude et excitation, la nuit va être longue. Le ménage est fait. La lessive aussi. Nous sommes fin prêts pour l’accueillir. De bonne heure, m’a dit mon fils. Je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire. J’irais au marché de très bonne heure. Faudra-t’il lui préparer à manger? Je ne sais pas non plus. Nous verrons bien …
Aujourd’hui, jour de transition – préparation de l’étape d’après.
Ce soir, nous avons assisté à une interview en ligne. S’il n’y avait pas eu le confinement, l’interview aurait dû se passer au Forum 104. Une jeune femme, 24 ans, nous a raconté son pélerinage « mendiant » de la Charité sur Loire à Fatima, en passant par Vezelay, Taizé, Le Puy, Lourdes, St Jean Pied de Port, St Jacques de Compostelle. Sa destination était Tamanrasset. Elle partait rejoindre La Congrégation des Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld. Une frêle jeune femme sur les routes avec 10 euros par jour, sans smartphone…Partir, oser partir, oser sortir de son confort quotidien. Je prends toujours plaisir à entendre ces récits d’humanité. Vivre de l’intérieur l’accueil, le refus de l’accueil, la rencontre, le dénuement, le cheminement. Son périple a duré 6 mois. 6 mois qu’elle s’est donnée entre la fin de ses études et le début de son activité professionnelle. 6 mois qui se sont terminés par un séjour à Tamanrasset qu’elle a rejoint en avion depuis Fatima. Tamanrasset, carrefour de cultures, de migrants. La rencontre avec les femmes. Puis une semaine dans le désert au pied du Hoggar près de l’ermitage de Charles de Foucauld. Elle est psychologue. Actuellement, elle soutient les équipes de réanimation à l’hôpital.

La voix de Lilie:

C’est une belle histoire que tu relates Graine. Quelle volonté. Une femme qui voyage seule, on s’en étonne, on s’en méfie souvent. Tu es bien placée pour le savoir. Encore un domaine à conquérir. Cette liberté d’être et d’agir.

Cette dernière journée de travail s’achève et enfin s’ouvre le week-end. Samedi courses, dimanche enfants. Vais je profiter des 20km, 3h, pas sûr. On en reparlera…

En ce moment mes nuits sont peuplées de rêves que je note dans un cahier. Je fais ça de temps en temps. Au bout de quelques semaines, on relit tout et on découvre un fil conducteur, un message de notre subconscient. On peut mettre le doigt sur ce qui nous tracasse vraiment. A tout au moins, un temps d’introspection.

Ce soir, pas d’interview pour moi. J’ai regardé un spectacle de jeunes humoristes. Et j’ai beaucoup ri. Parce qu’en ce moment on ne rit plus. On ne sort pas, on ne voit personne, on ne rit pas. Et c’est terrible. Le rire, soigne, apaise. Comment peut on oublier de rire ? Voilà pourquoi les autres nous manquent en cette période, parce que là est notre source. Vivement la prochaine sortie fille.

26 Novembre – Saison 2 – Jour 28

La voix de Graine

Le temps s’accélère, le temps se dérobe, retrécit…
Le confinement, c’est pour moi un hors temps. Moyennant la contrainte sur les sorties et les tâches à assumer au quotidien, mon espace temps enjambe les jalons du réel, s’autorise des chemins de traverse. Ecouter de la musique classique en plein après-midi, regarder un concert à la télé jusqu’à point d’heure, découvrir des jardins dérobés, peindre ou dessiner toute une matinée, passer deux heures au téléphone avec une copine ou une soeur…La routine vole en miettes. Et j’aime bien ça. La fin du confinement m’affole. Cette pandémie est abominable et destructrice. Je ne souhaite pas qu’elle perdure. Mais j’aimerais bien ne pas me laisser emporter à nouveau dans le tourbillon des activités et des jours. J’aimerais bien conserver un peu de cette humeur vagabonde qui me permet de fureter là où le vent me mène.
Quand j’avais 10 ans, j’étais curieuse de tout. Je voulais tout faire. Du sport, de la musique…Mes parents n’avaient pas d’argent. Ça a réglé le risque de suractivité. Dès que je pouvais faire quelque chose, j’étais partante. J’ai essayé tout ce que j’ai pu essayer. Je ne suis pas sûre d’avoir beaucoup changé. Aujourd’hui, j’ai quelques années de plus, de nouveaux rôles à assumer, dont celui de Mamie. Il est temps que je devienne plus éclectique en matière d’activités et de loisirs, que je m’autorise du « hors temps » pour me permettre de sortir des sentiers battus.
Je ne pense pas être la seule dans ce cas. Le dehors et l’ailleurs sont tellement excitants! C’est dommage de passer à côté de petits plaisirs qui sont si simples à s’offrir pour un peu qu’on s’en donne le temps. Il y a aussi les autres qui nous mangent le temps et à qui on n’ose pas dire non…

La voix de Lilie:

Quelquefois il me semble que le temps ne m’appartient plus. Que tout ce que je fais est dicté par l’extérieur. Les enfants, les parents, les amis, le conjoint, le travail, la maison… Y a t il une 25ème heure pour moi ? Depuis l’avènement du digital on peut être interrompu dans tout ce que l’on fait. Un bip sur le téléphone, un skipe au travail, et hop, finie la concentration, et finie la tâche en cours. Bien sûr il n’est pas obligatoire de répondre, de se laisser distraire. Seulement l’éducation et ou le caractère font qu’il est difficile de résister. Alors les jours passent à une vitesse folle et le vide s’installe. 28 jours de confinement. Qu’en ai je fait ? Je n’ai pas pris le temps d’écrire vraiment, ni d’apprendre, ni de jardiner, ni de dessiner. J’ai rangé, nettoyé, reparé et j’en suis fière. Mais le soir, plus d’énergie ni de courage pour faire autre chose que m’affaler devant la télé. Trop nulle. Esprit trop fatigué aussi. Besoin de vacances, d’air, de rires, de copines. Bientôt.

De grandes résolutions à prendre aussi. Ne plus se laisser happer par le téléphone et ses infinités de sujets tous plus intéressants les uns que les autres. S’écouter plus. Dire aussi plus. Prendre du temps.

Jour 29, à toi de jouer.

25 Novembre – Saison 2 – Jour 27

La voix de Graine

Le mercredi, c’est le jour des petits…
J’ai passé la journée à m’occuper de ma petite fille. Le matin, c’est la préparation du gratin de chou-fleur pour le repas de midi, puis dès 11 h, je me dirige vers l’école qui est à 20 mn à pieds. En revenant, nous nous arrêtons pour prendre le pain. Le retour est long. Elle a des petites jambes.
Après le repas, le square. Un nouveau square, plus loin – 15 mn à pieds. Un grand dragon de cordes tenues par une armature métallique rouge. En final, un toboggan souple et large. Pour rentrer, je mets un peu de rallonge à l’heure de sortie…Nous faisons la pause au square d’à côté.
L’activité centrale du jour, c’est la décoration de la maison. Le sapin n’est pas encore là. Pas de souci, nous avons de quoi faire en attendant le sapin: redécouvir les boules et les guirlandes, fabriquer un sapin avec des morceaux de bois…Quand elle est contente, ma petite fille sautille. Aujourd’hui, elle a passé la journée à sautiller, pas pressée du tout que sa maman vienne la chercher! Et pour bien finir, l’apéro. La journée est passée vite. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer!
J’ai appelé mon fils, pour savoir, pour ce week-end. Bonne nouvelle: nous aurons le petit toute la journée de samedi et nous aurons la famille complète dimanche. Un retour à la normalité. Enfin, presque.

La voix de Lilie:

Ici aussi jour de petite fille. Elle aura 10 mois dans 2 jours. Elle se met debout et se lache quand elle a un jouet dans les mains, ou bien elle trottine en me tenant une main. Elle est tellement mignonne, elle fait fondre mon coeur. Aujourd’hui le voisin a fait venir un marteau piqueur pour défoncer sa terrasse…. Peu de sieste pour la petite, trop de bruit. Heureusement le temps a été de notre côté et nous avons fait une grande balade en poussette. On croise nos voisins avec leurs petits enfants. Nos voisins de foot, d’école, sont passés comme nous à l’étape grand parents du mercredi !

Lorsque j’ai eu mon diplôme, mon père m’a fait un chèque pour m’offrir ce que je voulais. J’ai choisi un fauteuil à bascule. Je l’ai acheté en arrivant à Paris; rue marcadet. Il m’a suivi partout, depuis mes 20 ans, dans tous mes déménagements, toutes mes vies. Et c’est dans ses bras, en me balançant, que j’écris chaque soir ce journal de confinement.

24 Novembre – Saison 2 – Jour 26

La voix de Graine

Le jour où le président a parlé…
Je suis curieuse de savoir combien de personnes étaient devant leur poste ce soir…Certainement beaucoup. Voilà ce que nous sommes devenus: des petits enfants sages qui viennent écouter la bonne parole, la parole de leur maître…Le maître nous a expliqué. Il faudra être bien sage, sinon…Il tient notre présent, et notre avenir proche dans ses mains. Je n’aimerais pas être à sa place. Il en a lourd sur le dos. Une responsabilité écrasante. Pas de droit à l’erreur. Je me dis qu’il pourrait s’appuyer davantage sur les maires, les collectivités territoriales, pour que les décisions prises ne soient pas uniquement les siennes, mais qu’elles soient plus collégiales, plus décentralisées, plus taillées sur mesure . Mais, j’ai bien conscience de ne pas être en mesure d’avoir un point de vue pertinent. Ma visibilité est quasi-nulle. Notre responsabilité se limite à faire attention à nous et aux autres, avec autorisation dûment remplie, sinon, sanction!
Je vais apprécier l’élargissement du périmètre. 20 km, c’est tout de même mieux que 1 km, et 3 h, c’est mieux que 1 h. Ça permet d’aller faire un jogging au bois de Vincennes. Ça ouvre un peu l’horizon. Nous allons peut-être retrouver notre petit-fils!
Un beau soleil aujourd’hui. Un temps vif et sec comme j’aime. Ce matin, j’ai travaillé à ma coop. Cet après-midi, je me suis baladée et j’ai échangé mon ampoule. Ambitieux programme. Ah, j’oubliais: cours de yoga ce soir! Et bien sûr, peinture.
Moi aussi, Lilie, j’aime ce ping-pong entre graines. Tout à fait d’accord pour ajouter de nouvelles graines quand le temps des semailles sera venu. Euh, d’habitude, les semailles, c’est en novembre…

La voix de Lilie:

Journée de travail aujourd’hui. À part un peu de sport ce matin sur la terrasse, je n’ai pas mis le nez dehors. Pas vu la couleur du ciel. Une journée perdue.

Le deconfinement se dessine. Il sera intéressant de voir à quel stade la courbe remonte. Ce confinement moins strict que le premier a permis de la faire baisser. Palier par palier nous allons observer. Quel est celui qui de trop ? Celui des magasins du superflu ? Celui des cinémas ? Celui des restaurants ? Celui du couvre feu ? Je suis curieuse de découvrir. En attendant, les restaurants sont fermés et beaucoup de gens n’arrive pas à se nourrir en france, les hôtels sont fermés et beaucoup de gens n’ont pas de toit. Quel drôle de monde.

Aujourd’hui mon fils est revenu déjeuner à la maison, demain petite fille sera là. Cette semaine est bien remplie côté familial. Ça fait du bien au moral, et il en a bien besoin le moral en ce moment.

En 3h et 20km, on va pouvoir se retrouver au barycentre des graines 😜. Ah l’espoir, il n’y a que ça de vrai. Youpi youpi ya..

23 Novembre – Saison 2 – Jour 25

La voix de Graine

Lundi 23 Novembre 2020: Une nouvelle semaine de confinement commence.
Ce matin, je n’ai pas réussi à faire ma séance de respiration. La fatigue s’installe. Conséquence du jogging sur le bitume d’hier ou lassitude face à l’incertitude des semaines à venir? Certainement un peu des deux. Peut-être ai-je aussi passé trop de temps à dessiner et à peindre, sans m’aérer suffisamment. La peinture, c’est difficile. La lumière n’est pas bonne dans l’appartement. ça m’agace. Cet après-midi, je suis passée au magasin de bricolage d’à côté pour acheter une nouvelle ampoule. Je n’ai pas vu que c’était une ampoule qui détectait les mouvements. Et du coup, c’est pas top. Je dois l’échanger demain.
La préparation de Noël. A faire, pour les petits enfants. J’ai du mal à m’y mettre. La petite a déjà décoré son appartement. Elle a rempli son calendrier de l’Avent. Elle est pressée. Je lui ai promis qu’on allait s’en occuper dès mercredi. Fabriquer des boules, des guirlandes …Pas si facile pour moi. Je dois y réfléchir , faire des recherches sur internet…
Demain, je vais faire un créneau à ma coop. ça va me faire prendre l’air. Ce soir, préparation du chile con carne pour le repas de demain midi. Le quotidien – qu’il faut assurer.
De voir les copines ce soir sur Whatsapp m’a à la fois fait plaisir et frustrée. Pas facile la communication à distance. Quand pourrons-nous enfin nous parler de vive voix?

La voix de Lilie:

Plusieurs fois dans la journée je me suis dit d’appeler mon neveu. 18 ans aujourd’hui. Finalement, ce soir au repas, mon fils nous dit que ses 2 grands mères l’ont appelé, dont une très tôt ce matin. Quelle drôle d’idée, pourquoi ont elles fait ça ? Il précise ; pour me souhaiter ma fête….. Désespoir. C’est la première fois en 27 ans que j’oublie la fête de mon fils, moi sa mère. J’ai honte, j’enrage de moi. Je me claquerais bien même. Du coup, je retombe sur terre. Et j’appelle mon neveu que j’avais finalement oublié aussi…

Est-ce le résultat de cet isolement ? Quel jour sommes nous ? Le 25ème, le 23 ? De quel mois ? Le 1er du black friday, voilà, nous sommes le black friday. Cet immonde dieu de la consommation qu’on nous rabâche à longueur d’écrans.

Et moi qui suis je maintenant ? Quelles sont mes envies ? Mes besoins ? Les choses que je veux vivre ? Ou pas ? J’ai l’impression d’être dans une spirale de temps qui passe, qui me consume, qui m’absorbe, sans me laisser le temps d’être ou même de découvrir qui je suis devenue.

J’aime le temps que je consacre à ce journal. Tiens, il faudra continuer après, à faire du ping pong entre les graines. Ajouter des graines aussi. Boules de flipper.

22 Novembre – Saison 2 – Jour 24

La voix de Graine

Ce matin ,je me suis réveillée en forme, bien vivante.
Au menu du jour: Lecture, jogging urbain, houmous & raclette…
Ma journée a commencé par la lecture d’une nouvelle d’André Pieyre de Mandiargues: l’homme du parc Monceau. Un homme qui se faufile la nuit, nu, entre les grilles du parc Monceau, se transforme en roue ou en spirale pour explorer les no man’s land du parc et escalader les statues, s’aplatit pour se glisser sous la porte du tombeau égyptien…Une nouvelle fantastique, entre le passe-muraille de Marcel Aymé et les histoires extraordinaires d’Edgar Poe…Partir du réel et s’évader ailleurs dans l’espace, dans le temps. Tout est possible dans le fantastique.
Qui ne rêverait pas d’avoir cette élasticité, cette souplesse, pour passer entre les mailles de l’espace et du temps?
Pour moi, ce confinement, ce point d’arrêt contraint avec sorties masquées et dûment motivées a aussi des avantages. Il me permet de prendre le temps, de me poser, de me centrer, de me concentrer sur des activités essentielles. Il m’invite à être attentive à tous ces petits riens invisibles dans nos vies surbookées. Un regard partagé, un sourire, un échange dans une journée vide, c’est une perle rare!
Bien sûr, il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps. La famille et les copines me manquent. La nature me manque.
Nous avons passé le dimanche avec les filles, mon fils et mon petit fils à l’écran.
Demain commence une nouvelle semaine de confinement.

La voix de Lilie:

Un dimanche de novembre à la maison. Temps de circonstance, gris, un peu plus doux qu’hier. C’est étrange, quand il fait soleil, il fait très froid et quand il fait gris, il fait plus chaud. Ok, les nuages conservent la chaleur. Mais la chaleur de notre terre, sûrement pas celle du soleil puisqu’elle n’arrive pas jusqu’à nous, en cette saison tout au moins. La logique météo n’est pas la mienne. Je croyais que le soleil chauffait la terre, mais plus on s’approche de lui, plus il fait froid… Moins 30 au sommet des montagnes, moins 50 en vol d’avion. A l’occasion je me prendrai un peu de temps pour un cours météo !

Voilà mes pensées du soir après un dimanche jogging, repas, grand ménage et télé. Pas bien brillantes j’avoue… Je crois qu’elles confinent. Il est temps de quitter ce dimanche pour passer à la prochaine semaine. Un de plus de faire, une de moins à faire. Un verre à moitié ?

21 Novembre – Saison 2 – Jour 23

La voix de Graine

Un samedi confiné, le 3ième, l’avant dernier? Notre président nous le dira la semaine prochaine…
Ce matin , j’ai participé pendant deux heures à l’assemblée générale de ma coop. C’est la 1ère fois que je participe. Avec le confinement, c’est sur zoom. La durée est mieux maîtrisée. Pas besoin de se déplacer. Une réunion bien préparée. J’ai apprécié. ça m’a donné envie de m’investir davantage.
A part cet évènement, un samedi bien tranquille. Marché rapide, peinture, ménage…
Ce soir, nous avons mangé des huîtres, avec une bonne soupe de légumes. Et demain, c’est raclette avec les filles, la petite et la grande.

La voix de Lilie:

Aujourd’hui journée petit fils. Il m’appelle la nuit quand il s’éveille alors je dors – si je puis dire – avec lui la deuxième partie de la nuit. Peinture, puzzles, vélo et voilà la journée qui passe. Ce soir nous avons fêté le beaujolais nouveau. Fois gras, saucisson, comté et ce fameux – à défaut d’être fabuleux – beaujolais nouveau. Café, truffe au chocolat pour équilibrer ce repas ! Demain on fera plus vert ! Demain relâche, j’ai décidé de m’attaquer à ma salle de bain.

Ce confinement, ce sont 3 semaines sans voir d’autres personnes que nos enfants. Et c’est déjà beaucoup par rapport au 1er. Je trouve quand même que les mois s’accumulent et que le manque des autres, le manque de nouveauté se fait sentir. Lire, écouter la radio, regarder la télé ou Internet, c’est bien. Mais participer, ressentir, vivre un spectacle, une exposition, un concert. Discuter, rire, aller au restaurant entre amis. Qu’ est-ce que tout ça peut manquer. Patience, patience. Le temps des cerises reviendra comme disait la chanson, en attendant le merle se moque bien de nous !

20 Novembre – Saison 2 – Jour 22

La voix de Graine

20 novembre, vain novembre, vainc novembre…nous allons vaincre cette foutue maladie qui lamine notre énergie, qui nous rend tous dingo, qui nous empêche de voir nos amis.
Encore des 2 Lilie, encore des 2 …
Que dire de cette journée si ce n’est qu’elle est la 22 ième?
Hier soir, j’ai dessiné. Ce matin, j’ai dessiné. Cet après-midi, j’ai fait de la peinture…Un travail long et besogneux. Un résultat incertain. Mais ça me fait du bien. Quand je suis dans le dessin ou la peinture, j’oublie tout le reste.

D’après une photo de Sean Connery et Brigitte Bardot


En fin d’après-midi, les courses, les seules de la semaine. Et un cahier neuf pour écrire. J’adore acheter des cahiers, des carnets pour écrire. Ce soir, nous sommes allés chercher notre pizza. Le vendredi soir, c’est le début du week-end, alors je rends mon tablier de femme au foyer. Je me laisse inviter!

La voix de Lilie:

22 vla les flics, 22 à Asnières ! Vain Dieu ma bonne dame, nous vla dans de beaux draps ! Le positif, c’est que la semaine est passée. Le mois de novembre s’étire et s’avance vers la fin. Bientôt, ressortir. Depuis mars, pas un spectacle, pas un musée ou presque. Et même là, sortir pour voir les amis certainement, pas prête pour un spectacle indoor… Pour l’art, visiter la page « nos créations »! J’adore ton dessin Graine. J’espère un jour pouvoir dessiner aussi bien. J’ai pris 3 cours de dessin avant ce confinement. Le chemin va être long à cette allure ! J’attends ta peinture, pour la couleur.

De mon côté, j’ai sauté directement du télétravail à mamie-Lilie. Pour la première fois, je suis allée chercher mon petit fils à l’école. Flash back, 30 ans déjà… Quand on est jeune on s’imagine souvent qu’on aura des enfants. Combien, fille, garçon… Jamais, ou alors quelques rares visionnaires plus réalistes que les autres, que l’on aura des petits enfants ! Quelles têtes ils auront ? Et les voilà, avec leur bouille cracante. Goûter, jouer, dîner, lire, dodo, fin de la journée.

Prête pour le week-end. Encore quelques placards à ranger ! Os à ronger…

19 Novembre – Saison 2 – Jour 21

La voix de Graine

Le jeudi, ça sonne comme « je dis » …ou comme « jeu, dis? » Tout pour échapper au confinement et à ses jeux interdits.
Pour les petits commerçants, c’est un jeu de putes. Certains ne vont pas s’en tirer.
Je ne suis pas sortie aujourd’hui, sauf pour aller chez le kiné et prendre du pain.
Cet après-midi, j’ai, enfin, réussi à me mettre dans ma peinture. Je suis soulagée, contente. Même si pour le moment, ça ne ressemble à rien. Cela faisait des jours que je tournais autour. Il n’y avait pas moyen. La nuit est tombée vite. J’ai dû laisser tomber. Faire de la couleur sans la lumière du jour, c’est quasiment impossible.
Toi, Lilie, tu tires les cartes et tu fais plein d’autres choses. Moi, ma bouée de sauvetage, mon voyage intérieur, c’est le dessin, la peinture, l’écriture. J’ai besoin de créer.
Les jours raccourcissent. Le froid et l’hiver arrivent. Je me mets en hibernation. Je ne suis pas sortie faire les courses cette semaine. Le frigo est quasi vide. Bientôt la période des fêtes. Impossible de faire des projets. Il faut attendre et prévoir de s’adapter en fonction des règles que nous donneront nos dirigeants. Attendre, sans oublier de vivre au jour le jour. Le mieux possible.

La voix de Lilie:

Ce confinement d’automne servira a réparer la maison et la nettoyer. Je ne créé pas parce que j’ai perdu mon imagination d’enfant. J’adorerai prendre le temps de dessiner ou surtout écrire, mais je ne trouve pas ma place ni ma tranquillité pour le faire. Alors je me lance dans tous les chantiers qui attendent depuis des lustres. Fuite dans le toit, volet roulant bloqué, adoucisseur fatigué, grand ménage. Chaque résolution m’apporte une grande satisfaction. Et lorsque nous pourrons sortir, je me lancerai dans des choses beaucoup plus agréables avec la conscience tranquille du travail accompli.

J’ai quand même pris le temps de ramasser et faire sécher les feuilles mortes de toute la palette des couleurs de l’automne. Je verrai bien si j’en sors quelque chose avant le printemps !

Le contact des autres commence à me manquer. Les rires, les repas, les sorties. Comme tout le monde. Je me raccroche au provisoire de la chose. Nous sommes déjà en novembre, l’année est passée tellement vite, qui l’aurait cru en avril ? Nous serons vite derrière cette pandémie. Changés à jamais, mais libres de nouveau. Bientôt.

18 Novembre – Saison 2 – Jour 20

La voix de Graine

Un rayon de soleil et tout s’éclaire. Tout paraît facile. L’envie renaît. L’envie de vivre, d’avancer.
Le mercredi, c’est le jour des enfants. Je ne fais rien d’autre. Faire la cuisine, aller chercher la petite, manger, sortir au square, jouer, peindre ou dessiner, ramener la petite chez elle ou accueillir sa Maman. Avec Papy, pendant la pause télétravail, elle lit des Asterix. La journée du mercredi passe vite. Je ne m’en plains pas. Le mercredi, c’est une parenthèse qui me donne la pêche.
Pour autant, le dehors me manque. Le dehors, la nature, les copines, les sorties…
Après la saison 2, y aura-t’il une saison 3?
La situation épidémiologique semble s’améliorer …. J’en ai marre d’être pendue aux informations, comme un toutou bien sage qui attend que son maître l’autorise à se promener, sans laisse… Sommes-nous des pantins manipulés?

La voix de Lilie:

2ème confinement, 20 ème jour, année 2020. Le 20 dans le tarot de marseille, c’est le changement, un nouveau départ. Oui, rien ne sera comme avant. Quand nous avions oubliés notre condition humaine fragile. À nous d’en faire une force. Le 2, c’est le féminin et le savoir, la connaissance. La combinaison des 2, donne une période de réflexion. Qui en doutait ?

Ma grand-mère me tirait les cartes quand j’étais petite. Elle le faisait sans prétention, avec un jeu de 32 cartes, pour s’amuser je pense. Et pour se donner du courage parfois. J’adorais l’écouter. J’essayais, et bien entendu je n’avais pas son expérience de la vie pour nourrir mes prédictions ! Vers 12 ans j’avais trouvé une méthode bourrée de chiffres et de calcul pour prédire l’avenir. Ça me ressemblait déjà ! Maintenant c’est ma mère qui s’amuse à tirer les tarots, bientôt ce sera mon tour. Je commence à prendre de la bouteille !

Alors ce 20ème jour.

Quelques arrêts sur image. Du soleil, une balade en poussette avec ma petite fille. Je lui lance des feuilles mortes et elle rit. Ma fille et moi en télétravai face à face pendant la sieste de petite fille. Petite fille qui traverse le salon à 4 pattes. Qui titube sur 2. Pas trop de réflexion, une belle journée.

17 Novembre – Saison 2 – Jour 19

La voix de Graine

Pas d’éclaircie aujourd’hui. Le ciel est resté gris. Et mon coeur aussi.
Ma palette de verts est restée en l’état sur un coin de la table. Pas assez de lumière. Pas assez d’inspiration. Pas assez d’énergie. La journée s’étire comme un écheveau d’ennui. Je me sens cloporte. Enfermée dans le gris. Au loin le brouhaha du quotidien: l’anniversaire de ma soeur, l’avancement de mes travaux à la campagne, le marteau-piqueur dans la rue, la peur de mon mari à l’approche de son rendez-vous chez le dentiste, le piaillement des oiseaux, l’amélioration des chiffres du Covid, l’arrivée des vaccins tous plus efficaces les uns que les autres. Ma tête est ailleurs. Elle navigue loin, dans des paysages d’enfance, dans des contrées sauvages, dans des jardins secrets, dans des amitiés éternelles. Le quotidien me pèse. Le quotidien et son lot de contraintes.
Pourtant à bien y regarder, notre vie, même confinée, n’est pas si difficile, comparée au merdier que nous allons laisser à nos enfants et petits-enfants.
Comment agir? Comment redresser la barre?

La voix de Lilie:

Action contre la faim est une association qui s’occupe, comme son nom l’indique, de la faim dans le monde. Travail immense, puits sans fond. Et voilà que depuis 2019 elle a ouvert une antenne pour s’occuper de la faim…en France…Elle met son expérience internationale au service de la France. Que penser de ça. Si j’osais, je dirais que c’est à vomir. En 10 ans le nombre de personne ayant besoin d’une aide alimentaire a doublé. Coluche doit se retourner dans sa tombe. Avec le covid, ce sera pire cette année. Notre France. Qu’est elle en train de devenir. Un tiers monde ? Comment faire pour s’entraider ? Pour que ceux dont le travail disparait puisse rebondir ou même juste vivre ?

Oui, ce soir, Barack Obama a parlé. Et je l’ai écouté avec attention (et même plus, forcément, c’est Barack !). Son humanisme, son intelligence et le poste qu’il a occupé n’ont pas permis d’améliorer ses compatriotes ni le cours de l’histoire. Il n’avait pourtant qu’un seul but: aider son prochain. Pas de velléités d’argent ou de pouvoir. Peut-être que nous n’aurons plus un être pareil avant longtemps. Alors, est-ce définitivement perdu ? Est-ce que l’humain est définitivement mauvais ? Pourquoi les êtres bons sont ils écrasés par les mauvais ? Pourquoi les personnes de pouvoir tournent elles leur action vers le toujours plus et l’écrasement des autres ?

Nos croyances sont maintenant tellement étriquées dans leur carcan religieux ou laïc qu’un nouveau prophète serait tout simplement anéanti avant toute action. Surtout si le père, après 3 fils, nous envoie sa fille……

Que nous reste-t-il comme solution pour inverser les valeurs et privilégier les soins, l’entraide et l’éducation ?

16 Novembre – Saison 2 – Jour 18

La voix de Graine

Du mou dans les voiles aujourd’hui. Il me manque le vent du large.
C’est un lundi gris qui ouvre cette 3ème semaine de confinement. Heureusement, ce soir, les copines, mais en ligne, pas pour de vrai.
Tentative pour me mettre au dessin et à la peinture. Pas vraiment concluant. Difficile de s’y remettre. Pour l’écriture, c’est pareil. La page reste vide. Les mots se refusent à moi. Ils restent dedans, confinés.
De guerre lasse, je suis sortie chercher l’inspiration dehors. Fermé, le petit jardin adossé contre les immeubles. Je me suis posée dans un square, face à une prairie d’herbes folles. J’entends jouer les enfants de l’école d’à côté. Je vois passer les petits. C’est l’heure de la sortie.
Je reprends ma balade, grimpe vers la rue du Parc de Charonne. Sur la toiture du réservoir de Charonne – 6200 m2 de verdure – je découvre qu’une ferme urbaine est en train d’être réalisée. Trop tard. C’est fermé.
De l’autre côté de la rue, je traverse le petit cimetière de Charonne accolé à l’église St Germain de Charonne. Une petite église simple et tranquille. Ouverte. C’était l’église paroissiale du village de Charonne. C’est Paris à présent.
J’ai encore dépassé mon heure de sortie, mais comment faire? Une heure et un kilomètre, c’est vraiment juste pour prendre l’air.

La voix de Lilie:

Un lundi gris, sans mettre le nez dehors. J’exagère, j’ai fait ma séance de sport sur la terrasse. Donc, j’ai pris l’air, une heure au petit matin. Bien entendu ce n’est pas suffisant. Pour le corps. Parce que l’âme a pris l’air ce soir.

Elles étaient toutes là. 6 impertinentes. A refaire le monde, parler de tout et de nous. C’est la faim qui nous arrête, toujours cent mille choses à dire. Leur sourire, les entendre. Il n’y a rien de tel que l’amitié pour se réchauffer l’âme et le coeur. Un repas fille pour un empire !

Je suis restée sur cette note positive. Pas écouté les infos. Tout va bien dans mon monde. Quand même, vous me manquez les filles !

Une anecdote au passage. Pour donner de la force à son collègue qui a du mal, une collègue a dit qu’il faudrait lui donner du Topset. Il y a cent ans que je n’avait pas entendu cette réflexion ! Saperlipopette, il y en a encore qui ont vécu le topset. Et les treets, les nuts aux noisettes, les cadeaux bonux ! Personne n’a relevé parmi les jeunes, preuve que personne ne relève quand on ne comprend pas, preuve que personne n’écoute en réunion skipe micro coupé ?

En parlant de ça, ne serait ce pas Yves Montand, là bas, sous les feuilles mortes ?

15 Novembre – Saison 2 – Jour 17

La voix de Graine

Aujourd’hui, c’est dimanche. Je n’irais pas à la messe. Les messes sont interdites.
De toute manière, cela fait des années que je n’y vais plus. ça rime à quoi ce standing up devant les lieux de culte? De fait, personne n’accepte vraiment que son quotidien soit modifié, quelles que soient les circonstances.
Je ne peux pas m’empêcher de regarder les chiffres tous les jours. C’est morbide, ce comptage quotidien du nombre de morts, du nombre de malades, du nombre d’hospitalisations, du nombre de mises en réanimations…La France est en bonne position. Sommes-nous des mauvais élèves? Nos dirigeants font ce qu’ils peuvent. Bien sûr, certaines décisions sont discutables! Ils font avec la population qu’ils ont. La population, c’est nous. Une population vieillissante, rétive à tout règlement, défiante envers les politiques. Une population râleuse, négative, toujours prête à la critique et à la revendication.
Dehors, les feuilles mortes se ramassent à la pelle comme chantait Jacques Brel. Et les arbres n’en font pas toute une histoire. Peut-être qu’ils pleurent, un temps. Mais très vite, ils se préparent à accueillir de nouvelles pousses qui vont se nourrir des feuilles d’hier et de l’humus produit. Nous, les humains, nous nous croyons au dessus de tout. Les buis sont décimés depuis des années par les chenilles. Les frênes meurent de la chalarose, champignon venu de l’Asie du Sud-est. Qui s’en soucie à l’exception de quelques botanistes férus d’écologie? La race humaine aussi va disparaître. Peut-être décimée par une épidémie. Ou par autre chose. Mais nous disparaîtrons. Nous faisons partie de l’éco-système, comme les arbres, comme les animaux. Notre spécificité, c’est de nous croire supérieurs à toutes les autres espèces, c’est de nous croire immortels et irremplaçables. Et surtout de ne pas respecter les autres espèces. Pire, nous nous détruisons les uns les autres.
Je lis actuellement un excellent roman: Petit pays, de Gaël Faye. C’est l’histoire d’un petit garçon qui se retrouve dans la guerre civile au Burundi. L’oeil d’un enfant face à la guerre. Des enfances brisées. Des vies brisées. Et ça continue, dans tous les coins du monde. Comment cela pourrait-il s’arrêter?
Bon moi, j’arrête. Ce n’est pas comme ça que je vais te remonter le moral, Lilie. Notre rôle à nous, les femmes, les mères, les épouses, les copines, c’est de soutenir nos proches, de leur rendre la vie plus légère et plus douce, de faire circuler l’amour et la bienveillance, en ne nous oubliant pas au passage. Une vie au jour le jour, sans rien d’extraordinaire. Juste un peu d’humanité partagée. C’est déjà beaucoup. Pour les voyages, et les sorties, il nous faut attendre.
Ce matin, jogging sur le bitume. Je déteste ça. ça me casse les mollets. Mais l’exercice m’est indispensable.
Puis le repas du dimanche avec ma fille, ma petite fille. Un curry d’agneau pour la touche exotique, curry de lentilles en version vegan, avec une tarte au chocolat. Des plats pour se sentir bien. Mon fils sur la toile, avec mon petit fils, ma belle-fille.
Demain une nouvelle semaine de confinement commence. La 3ème. Quand tout cela finira-t-il?

La voix de Lilie:

Que dire après toi, Graine… La barre est haute. Les Français d’aujourd’hui sont nés dans une France sans guerre, après 68 et son balayage de l’ancien monde. Dans notre population, seuls nos aînés, pour ne pas employer de terme vulgaire comme nos vieux, ont connu la guerre et ses traumatismes lorsqu’ils étaient enfants. Cette génération s’est battue pour que nous puissions vivre libre. Puis la génération suivante a usé et abusé de cette liberté, a élevé une génération d’enfants rois auquel on ne refuse rien. De nos 3 mots emblèmes ne reste que liberté et encore, individuelle. Terminées depuis longtemps l’égalité, la fraternité qui nous feraient vivre plus sereinement ce temps de crise sanitaire.

Se respecter les uns les autres, s’entraider. Pourtant on voit fleurir des initiatives dans ce sens. Elles restent marginales, mais le courant est en route. Ma mère me dit toujours, la vie est un balancier, tic tac, le bien gagne, tic tac, le mal revient. Pendant des années nous n’avons pas voulu voir se détruire la qualité de nos produits et de notre nature par le profit. Trop occupés à profiter de tout. Il est temps de payer le prix de cette insouciance. Laisser quelques uns faire de notre monde une poudrière insalubre a été notre crime. Les laissés pour compte se rebellent, nous attaquent, nature comprise.

Tic, tac, le temps des cerises reviendra avec son merle moqueur, ah ah ah ah…

17 jours, et déjà un cerveau bien attaqué !

14 Novembre – Saison 2 – Jour 16

La voix de Graine

Une belle journée d’automne. Nouveau week-end de confinement.
Je trouve le confinement moins difficile qu’au printemps. Les squares, parcs et jardins sont restés ouverts. Pour moi, c’est vraiment sympa. Pour ma petite-fille aussi. Ele réclame de venir chez nous souvent. Avec le télétravail, il n’y a plus d’horaires. Elle trouve que sa Maman travaille tout le temps.
Que le marché soit resté ouvert, c’est sympa aussi. Par contre, il y a beaucoup de monde, beaucoup d’attente. La plupart des clients respectent le masque et les distances de sécurité. Est-ce que le masque nous protège? Personnellement, ça me donne cette impression, mais une impression n’est pas une réalité.
Cet après-midi, nous sommes allés commander de nouvelles lunettes pour mon mari. Opticiens ouverts également. Pas mal de ne pas être obligés de reporter ce genre d’achat.
Et ce soir, nous sommes allés chercher notre pizza, enfin, avant de nous installer devant la télé.
Nous sommes beaucoup sortis aujourd’hui. Nous serons plus sages demain. Il va pleuvoir.

La voix de Lilie:

Un samedi de confinement qui ressemble à si méprendre à un samedi classique. Sport le matin, courses l’après-midi pour le repas du dimanche avec nos fils. Sortis à 14h, rentrés à 17. Du monde dans tous les magasins. Application covid activée à chaque sortie. Elle me dira demain si j’ai côtoyé le covid…

Aujourd’hui je n’ai pas écouté les infos. Ça fait un bien fou. Je suis dans la bulle. En même temps, une grande lassitude. Trop de gris, trop de lourdeur de vivre. Je voudrais de la légèreté, du rire, du soleil. Le printemps. De toute façon, confinement ou pas, je déteste ce mois de novembre.

L’an dernier nous rentrions tout juste de 8 jours à Rio et nous étions en train de préparer notre voyage à la Réunion. Quel contraste cette année. Elle avait pourtant si bien commencé. Dans une fête d’amitié, toutes ensemble. Que pourra-t-on bien faire pour le nouvel an ? Un réveillon skipe peut être ? C’est bien triste.

Allez, ça pourrait être pire. Tout le monde va bien. L’année prochaine sera meilleure, touchons du bois..

13 Novembre – Saison 2 – Jour 15

La voix de Graine

Triste anniversaire: Il y a cinq ans a eu lieu l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de France.
Fusillades, explosions. En cible, une salle de spectacle, plusieurs bars…ça s’est passé dans mon quartier, à deux pas de chez moi. Cette guerre là n’est toujours pas terminée. Les attentats continuent de tuer. Pour attirer l’attention, pour avoir raison, jusqu’où peut-on aller?
Pour faire entendre sa voix, on peut se mettre nu sur un calendrier, brûler les voitures, assassiner son professeur, tabasser sa gonzesse, monopoliser les médias, créer son parti….
Faire entendre sa voix sans écouter celle des autres. Faire entendre sa voix et faire taire celle des autres…C’est ça le monde qui est censé nous faire rêver?
Ma journée a commencé bizarrement sur ce type de réflexion. Pas gai. Mais la vie continue. On s’y met, on se bat, pour que demain, ce ne soit pas que ça.
Gym ce matin. Yoga cet après-midi.
Et au lieu de la pizza promise ce soir, quiche et épinards à la béchamel pour faire plaisir à ma petite fille, invitée de dernière minute, avec sa Maman bien sûr. La pizza, ce sera pour demain soir.
Une histoire de Caroline en vacances, et hop au lit la pitchoune pour avoir un peu de temps libre. C’est vendredi soir tout de même, le début du week-end.

La voix de Lilie:

Où va le monde, on peut se le demander… Depuis la nuit des temps les hommes se battent. Pour prendre à l’autre un bout de terre, un point d’eau, un gisement… Jamais l’idée de s’unir, toujours celui de se combattre. Que serait le monde si un seul commandement avait prévalu : fait à l’autre ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi. Déjà 10, c’était trop ! Si les femmes avaient dirigé le monde ? Je rêve d’une deuxième planète habitée pour voir ce qu’en ont fait ces autres humains. Non, je n’ai pas bu, pas fumé ! Seulement rêvé tout haut !

La semaine de travail se termine. J’ai beaucoup triché cette semaine. Dans le travail, dans le confinement. Moi qui était si honnête, je ne me reconnais plus. Je me libère, je lâche prise comme on dit. Je culpabilise un peu pour le confinement, ce n’est peut-être pas sérieux de voir ses enfants comme ça. Nous ne sommes pas plus malins que les autres, le virus nous guette..

Les temps sont angoissants. Novembre, grisaille, jour des morts, tristes anniversaires, virus.. Vivement des temps meilleurs.

12 Novembre – Saison 2 – Jour 14

La voix de Graine

Conférence de presse du 1er ministre: Le confinement va durer en l’état. Qui en doutait?
Je n’ai pas écouté la conférence de presse. La conclusion était évidente. Le confinement reste en l’état. Encore heureux qu’il n’ait pas été durci!
Pour cette saison 2 du confinement, chacun a pris ses marques. Chacun joue et prend des libertés avec son périmètre, son espace, sa famille, ses sorties. Seules réelles contraintes: le masque et l’autorisation de sortie.
Les enfants sont à l’école. Les tout-petits sont à la crèche ou en nourrice. Les services publics sont ouverts aux heures habituelles. Une majorité de salariés travaille. Certains en télétravail et d’autres non. Nous nous installons dans le confinement en prenant nos aises. Seuls les commerçants « non essentiels » font grise mine. Et les soignants.
Le civisme progresse t’il ? On peut en douter . Cependant, je ne vois plus de masques jetés dans la rue. Pas de gants non plus. Pour ma part, j’ai décidé de charger l’application tousanticovid. Mon petit acte civique à moi.
Ce matin, séance de respiration, puis une heure de jogging sous le soleil. Demain, yoga. Il était temps que je reprenne une activité physique. Le gras de l’hiver, sympa chez les autres; chez moi, je n’aime pas qu’il s’installe.
Il y a deux jours, l’annonce d’un vaccin efficace a fait grimper la bourse. C’est qui qui va encore gagner?

La voix de Lilie:

Journée de télétravail. A part pour ma séance de sport ce matin, je n’ai pas mis le nez dehors. Notre fils est venu déjeuner avec nous, restes de raclette… Nous ne voyons qu’eux. Mais eux, qui voient ils ?

La conférence de presse du premier ministre a bien duré plus d’une heure. Pour dire quoi ? Dans les premières minutes, l’informatuon principale. On continue comme ça. Rien sur les incohérences. Beaucoup sur le non respect actuel, beaucoup sur la propagation de l’épidémie. Chaque ministre y va de son impact sur son ministère. Tout ira bien pour les petits dont l’entreprise ferme. Il y aura même des avantages fiscaux accordés aux bailleurs qui abandonnent leur loyer. L’impression quand même que les multinationales profitent pendant que les petits se meurent. On donne quelques avantages pour payer moins aux sinistrés du covid. Tourisme, restauration, librairie, culture, tout se meurt. Comment faire pour que ce tissu reprenne vie si on alterne liberté et confinement ? Combien de personnes sans emploi ? Et pourtant il faut bien arriver à endiguer l’invasion de ce virus. Déjà on nous prépare pour la fin de l’année. Il n’est pas encore temps de réserver des trains, des hôtels. N’imaginez pas de grandes fête. Le champagne sent le bouchon !

Entre ça et le fait de ne pas être sortie, le moral descend. Quand fera-t-on une nouvelle fête entre filles ? Je suis en manque d’elles.

11 Novembre – Saison 2 – Jour 13

La voix de Graine

Comme un dimanche d’automne hors confinement…
J’ai fait le marché, puis la cuisine. Des lasagnes végétariennes pour ma fille, non végétariennes pour les autres.
Avant le repas, apéritif en ligne avec mes soeurs. Nous avons navigué sans grand succès de skype à Whereby en passant par Whatsapp: nous n’avons jamais réussi à nous parler et à nous voir toutes. Il y avait toujours un problème. Son, caméra, connection…
En cette fin d’après-midi, mon mari anime une réunion sur zoom pour son association de géologues amateurs. Le sujet: La Réunion et son volcan « La Fournaise ».
Comme un dimanche d’automne hors confinement, après un repas beaucoup trop riche, l’ennui et la flemme s’installent tout doucement. Discussions évasives. Jeux de sociétés. Un évident manque d’exercice. Il est urgent de s’y remettre sérieusement.

La voix de Lilie:

Un jour férié c’est un dimanche en pleine semaine. Même rituel. Levée tard et sans reveil, sport, douche, repas du dimanche. Raclette ce midi avec notre fille, beaufils et petits enfants. Je savoure chaque sourire, chaque mimique des petits. Le sourire de ma petite fille et son magnifique regard quand elle arrive à la maison me chavirent.La journée passe vite quand on est tous ensemble.

Puis tout le monde repart chez soi. Alors les informations font monter notre culpabilité. Cette fois ci les gens ne respectent pas le confinement. Les rues de Paris sont bondées, les magasins aussi, les gens se reçoivent chez eux, les familles se réunissent. On ne prend pas le virus au sérieux. Nos soignants sont submergés et nous, égoïstes, nous continuons à vivre, fabriquons de fausses attestations. Oui, nous aussi nous fraudons, nous ne sommes pas confinés comme en mars. Promis, ce week-end on ne voit personne. Jusqu’à mercredi prochain, où on garde notre petite merveille.

La j’ai honte. Un peu peur aussi.

10 Novembre – Saison 2 – Jour 12

La voix de Graine

L’humidité et la grisaille ont pris le pas sur le ciel bleu…
Il fait doux. Je me sens molle.
Ce matin, lever matinal – 6 h 15 – pour aller travailler à ma coop. Je reviens fatiguée, mais apaisée. Un des seuls endroits où je me sens appartenir à une communauté debout, solidaire, active. ça me plaît. Les travaux effectués n’ont rien d’extraordinaire. Nettoyage, rangement, réception de livraison, mais je mets ma petite pierre à la construction d’un monde plus humain.
Ce soir ou demain midi, j’aurais ma petite fille et ma fille pour le repas. Peut-être la petite dormira à la maison. C’est ça le confinement. Ne pas faire de projets à long terme. Prendre l’instant qui vient et faire en sorte qu’il soit le meilleur possible. Un peu compliqué pour les courses, mais j’apprends à faire simple.
J’ai vidé mon congélateur. Je vais pouvoir le nettoyer à fond, enfin!
La nuit tombe de plus en plus tôt. C’est moins dur de rester enfermé chez soi que lorsque les jours rallongent. Demain, c’est le 11 novembre. Jour férié. Grasse matinée, Lilie, sauf si les petits sont là. Le 11 novembre, c’est une journée pour se souvenir. Elle marque la fin de la 1ère guerre mondiale. Il y en a eu des morts.
Notre guerre à nous, c’est le COVID – je mets « le » et non « la » parce que cette féminisation incessante des maladies et des catastrophes, ça commence à bien faire. Les femmes sont du côté des soignants. Elles n’aiment pas la guerre. Et se battent becs et ongles contre les maladies et les guerres.

La voix de Lilie:

Que dire de cette journée ? Au levé, le chat est là. Ça veut dire que mon fils ne l’a pas sortie. Ça veut dire qu’il pleut. Ça veut dire que je veux rester au fond du lit… J’ai besoin de mobiliser toute mon énergie pour en sortir. Café, sport, travail. Pas mis le nez dehors. Ce midi j’ai vu mon fils. Nous avons commandé un couscous au restaurant du coin histoire de le faire survivre et de nous régaler aussi. Demain ce sera ma fille et les petits pour une bonne raclette. Comme dit mon fils, on fait le gras de l’hiver !

J’ai travaillé tard ce soir, certainement pour ne pas affronter le vide de cette journée. De cette soirée. Je m’abrutis de jeu au lieu de lire, de réfléchir. Mon cerveau a besoin d’une pause. Même pas envie d’écouter les infos. Relâche.

Demain c’est férié, jour pour se souvenir. De toutes ses femmes qui ont perdu un fils, un mari, leur joie de vivre, pour que les dirigeants puissent jouer aux petits soldats avec eux. De raviver la flamme de la mère du soldat inconnu. De souhaiter que plus aucun conflit ne vienne prendre nos fils. De souhaiter que s’arrête cette haine qui monte à nouveau et s’approche de nous. Comment faire comprendre que le principal dans la vie c’est de la vivre heureux…

9 Novembre – Saison 2 – Jour 11

La voix de Graine

Un lundi ensoleillé plein de promesses.
Je suis allée me balader aux confins de mon kilomètre, en débordant un peu. J’ai débordé aussi de mon heure. Facile avec le portable. L’attestation est générée à l’instant même. J’ai découvert le jardin partagé de la cité Aubry. Adossé aux immeubles taggés, on y entre par la rue éponyme, une rue minuscule en forme de « n ».
L’olivier côtoie le romarin. Des framboisiers. Un pommier, un figuier, un arbre kiwi, du laurier-rose, des pieds de tomate-cerise, du thym, une cage d’oiseaux sans oiseaux, un nichoir, des oiseaux, une mare et des poissons, un petit pont de bois rouge, des fraisiers, de la vigne, des citrouilles, un pied d’artichaut, du sureau. Un palmier aussi. Et des plantes d’agrément et des fleurs: oeillets, fleurs de lin blanches et rouges, plantes grasses…Plantés dans des caisses en bois ou de gros sacs de toile, soutenus par des tuteurs de bambous ou autres baguettes de bois ou de fer. Des petites allées délimitées par des haies improbables – l’une d’elle est décorée de couvercles de coquilles St Jacques.
Tout en haut, des bancs où on peut s’asseoir et rêver. Nous étions deux. Un hâvre de paix et de verdure. Un bol d’air, de silence et de nature. Le jardin est ouvert à tous. Bien sûr, seuls les adhérents peuvent y travailler.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Jardin-cite-aubry-1-250x300.jpg.
Le jardin partagé de la cité d’Aubry


Ce bol d’air m’a nourrie. Je pense aux navigateurs qui sont partis faire le Vendée Globe. Longtemps, j’ai pensé qu’il s’agissait du Vent des Globes. Je les envie. J’ai besoin de large, besoin d’espace, besoin d’évasion.
Les copines aussi, ça nourrit. Les images d’ailleurs, le partage, c’est essentiel, ça réchauffe le coeur.
J’ai fini d’interviewer mon responsable de gîte. J’ai rédigé l’article. C’était sympa, ça m’a aussi permis de sortir de mon périmètre restreint. De l’air, de l’air, de quelque moyen que ce soit.

La voix de Lilie:

Quelle belle journée aujourd’hui. Un ciel bleu sans nuage 19 degrés. Une journée de printemps volée à l’automne. Nous avons été chercher 2 sandwichs à la boulangerie et nous les dégustons sur un banc face au soleil. Une coccinelle 🐞 vient se poser sur mon genou. Je ne savais pas qu’elles vivaient en cette saison. Après tout, c’est le printemps aujourd’hui ! Comment me résoudre à retourner m’enfermer pour travailler. J’avoue, je tarde un peu…

Il y a 50 ans mourrait le général de Gaulle. Il y a 50 ans et je m’en souviens. Il y a 50 ans, j’avais 9 ans. Nous avions eu une journée de deuil national sans école et une cérémonie avait été organisée au momument au mort. Il faisait un temps d’automne plus humide qu’aujourd’hui. Je portais ma gabardine beige. Même le nom de ce vêtement ne se dit plus ! Jupe, socquettes blanches, chaussures du dimanche vernies. Une époque lointaine, terminée. Des modes de vie oubliés. La charnière de 2 époques.

La journée se termine entre filles. Les graines sont toutes là pour 2 fois 40mn de bavardage à baton rompus. Je me demande combien il faudrait d’heures, de jours, d’années pour qu’on épuise notre potentiel de sujets de discussions ! J’adore ces moments vivants, riants, profonds, futiles…

Je vais bien dormir, du coup.

8 Novembre – Saison 2 – Jour 10

Dimanche de confinement gris, doux et calme
Pas d’enfants ni de petits enfants au repas dominical.
Au menu, des raviolis chinois, des wonton, faits maison. Une pensée émue pour les bouchons de la Réunion. C’est déjà si loin.
Ce matin, jogging sur le bitume. Je ne peux pas dire que j’aime, mais ça fait du bien; ça aère. Peu de voitures. Peu de vélos. Pour éviter les piétons, je cours sur la piste cyclable ou sur la rue.
Les élections américaines. Biden va devenir le président des Etats-Unis. Je ne sais pas s’il sera un bon président, mais les frasques et les âneries de Trump, ça commençait à bien faire. Et dire que 70 millions d’américains le regrettent!
Des images d’ailleurs sur Whatsapp. Quelques coups de fils. Un dimanche qui s’étire lentement, lentement.
Ce soir, soupe de légumes et préparation de yaourts maison.

La voix de Lilie:

Un dimanche qui démarre bleu et qui finit gris. Dans le bleu pour courir dans les bois. Formulaire de sortie dans le téléphone, application et Bluetooth activés, masque dans la poche. Tout un protocole pour 1h d’aération. La forêt est tellement belle en automne. Toutes ces nuances de marron, jaunes, rouge. Comme enfant j’ai ramassé des feuilles mortes de toutes les couleurs. Je les fais sécher à plat. Peut-être que j’arriverai à les dessiner. Pour l’instant, je n’ ose pas me lancer seule, et hélas je n’ai plus de cours le mardi…

Cet après-midi je continue le grand ménage. Cette année mon mari y met sa pâte pour la première fois. S’en suit, triage, jetage, changeage de place ! C’est chouette. Deux we de confinement et tout le bas est fait. Encore 2 comme ça pour le haut et on pourra crier victoire.

Les nouvelles du front covid sont mitigées. Certains voient un ralentissement de l’épidémie. C’est difficile d’y croire. La semaine dernière il y avait 50 000 cas par jour. Ce matin 80 000….bientôt 100 000/ jour, 1 millions en 10 jours et en exponentiel, vu qu’on a presque doublé en 8 jours, je donne 4 à 5 mois pour l’ensemble des français. Pessimiste ou réaliste ? Il faut dire que ce confinement c’est la drôle de guerre. Là, pas là.

Voilà, le we s’achève déjà. Pas envie de reprendre le travail demain. Même de la maison. Blues du dimanche soir.. .

7 Novembre – Saison 2 – Jour 9

1er week-end de confinement…
Normalement, nous en sommes au 2ème week-end, mais le 1er comptait pour du beurre. Nous n’étions pas dedans. Nous rentrions de vacances. Les enfants étaient toujours à la maison…Là, nous y sommes, dedans. Plus de 60 000 contaminations et autour de 800 morts si on inclut les Epadh et autres établissements d’accueil; ça calme. Je n’ai même plus envie de sortir.
Au marché ce matin, il y avait beaucoup de monde. En y allant, j’ai croisé mon voisin. Sa femme a été gravement malade l’hiver dernier. Elle se rétablit doucement. Nous n’en avons rien su. Nous habitons dans des cases superposées, dans une promiscuité qui fait la part belle à la propagation des virus qu’il soient coronavirus ou endoctrinement sectaire, et nous nous ignorons. Curieuse époque.
En rentrant du marché, j’ai croisé un Papa, non masqué, avec sa fille, masquée, sur sa trottinette. Difficile de tout comprendre. Mercredi dernier, ma petite-fille a voulu mettre un masque pour rentrer chez elle. Elle s’était maquillée. Elle se sentait adulte. Et l’adulte ne sort que masqué!
Ce samedi, nous avons gardé notre rythme habituel. Le programme, c’est courses, ménage, lessive. Et du temps pour nous. Nous n’aurons pas les enfants demain. Il y a moins de courses à faire. Moins de cuisine aussi.
Hier soir, lors de notre promenade de fin d’après-midi, une Maman accompagnée de sa fille nous a montré un point lumineux dans le ciel. J’ai dit que c’était l’étoile polaire. Je crois bien que je me suis plantée. Ce devait être l’étoile du Berger, qui n’est pas une étoile mais la planète Venus. Le confinement sert aussi à ça, à prendre le temps pour regarder le ciel. Et Internet pour vérifier.

La voix de Lilie:

2ème week-end de confinement, car nous étions déjà là pour le premier ! Mais est-ce vraiment un confinement ? Dehors beaucoup de monde. Partout. Même dans ma rue, je n’ai jamais vu passer autant de monde. On dirait qu’ils vont se promener uniquement pendant les confinements. Nous nous sommes approchés d’un magasin de bricolage. Le parking était blindé de voitures, idem pour le supermarché à côté. Nous ne sommes même pas sortis de la voiture. Le bricolage attendra. Finalement les gens travaillent et prennent les transports en semaine, puis ils se ruent dans les magasins le samedi. Comment peut-on espérer diminuer le nombre de contaminations ? Au delà de ça, qu’est ce que tous ces gens ne comprennent pas ?

Il me semble que nous allons tous l’avoir ce virus, rien d’autre…. L’optimisme n’est pas de mise en ce moment.

6 Novembre – Saison 2 – Jour 8

La voix de Graine

Aujourd’hui, une vague de blues m’a submergée quand mon fils est passé rechercher quelques affaires. Bien sûr, sans le petit, à la crèche la journée.
Pour se rattraper, mon fils m’a appelé sur Whatsapp ce soir. La connexion était mauvaise. Mon petit-fils va bien. C’est l’essentiel.
Préparation de l’entretien d’un gérant de gîte sur le chemin de Compostelle, Mustapha. Entretien reculé: ce soir 21h.
Sortie d’une heure en fin d’après-midi. Le tour du quartier pour s’aérer. Il y avait la queue devant tous les magasins d’alimentation.

La voix de Lilie:

Enfin la dernière journée de travail de la semaine. J’ai failli écrire de confinement, lapsus révélateur ! Moi aussi mon fils est passé ce midi pour déjeuner avec nous. La pause déjeuner s’est un peu éternisée j’avoue. Et du coup je ne suis même pas sortie de la journée.

Lors du premier confinement, j’avais pris l’habitude de faire du sport avant de commencer ma journée. Par miracle, j’ai continué depuis. Seulement, l’émission que je suivais, elle, a disparu. Alors me voilà, errante sur youtube pour récupérer chaque matin une vidéo. Heureusement certains ont su enregistrer des séances que je me repasse, ou alors j’en découvre de nouvelles. C’est important de garder la forme en ce moment, sinon j’ai peur de sombrer dans la morosité.

Le week-end se profile. Vite se trouver un objectif ! Un objectif interne, avec peu de matériel. Une autre pièce à nettoyer à fond, peut-être ? Ça donne envie tout de suite !

Voyez ce que donne une journée sans écouter les infos. Tranquillité d’esprit. Zéro angoisse. Le monde tourne au dehors en roue libre. Ailleurs. Sans moi.

Allez, je vais me replonger dans mon livre, c’est plus sûr !

5 Novembre -Saison 2 – Jour7

La voix de Graine

Nous nous installons confortablement dans le confinement tandis que le/ la COVID s’installe confortablement dans notre quotidien. Il en fait à son aise.
Pour certains, par contre, soignants, enseignants, le confort n’est pas le maître mot. Ils sont à la peine. Qui s’en préoccupe? Plus d’applaudissement à 20 h. ça, c’était quand il faisait beau. Et puis, la situation était nouvelle, incongrue. Maintenant, les confinés vaquent à leurs occupations. En essayant d’éviter la contamination pour la plupart. Pour d’autres, un couvre-feu a dû être mis en place …
Comme beaucoup d’autres confinés, j’ai rempli ma journée. Le temps s’élargit au fur et mesure que l’espace se retrécit. Ce matin, à 7 h, séance de respiration guidée sur zoom, puis les courses, la cuisine, le kiné…
Un temps clair, lumineux.
Cet après-midi, nettoyage de la carte mémoire de mon portable, préparation d’une interview pour les Amis de St Jacques, dessin avec mon cours d’Arts plastiques. Sans bouger de la maison bien sûr. Et c’est mon mari qui a préparé le repas du soir: Filet mignon et mélange de légumes au four. C’est agréable de se mettre les pieds sous la table de temps à autre.
Journée pleine, je suis fatiguée. Je n’ai pas vu le temps passer.

La voix de Lilie:

Encore une journée de télétravail. Je suis fatiguée. Je voudrais partir en we, en vacances. Je voudrais des heures à ne rien faire. Même chez moi. Je m’oblige à sortir faire le tour du quartier pour prendre l’air. Le soleil descend déjà, l’heure d’hiver a raccourci nos journées. Il a fait beau et pourtant j’ai à peine vu le ciel.

Je n’ai pas mis les pieds sous la table.. J’ai fait une bonne soupe de légumes. J’en aurai pour plusieurs soirs.

Je m’inquiète.

4 Novembre – Saison 2 – Jour 6

La voix de Graine

Le mercredi, c’est le jour des enfants …
Aller chercher la petite à l’école, manger en famille, sortir au square pour profiter du soleil, mettre les cactus dans un pot, faire une séance de maquillage…
Le mercredi, c’est le jour des enfants …
Ce mercredi, journée d’élections aux Etats-Unis. Et si Trump était réélu? Je n’ose pas y croire. Un malade pareil!
Et pendant ce temps, la pandémie fait sereinement son lit, un petit nid douillet dans nos campagnes et dans nos villes. Elle rentre dans nos Ephad, nos hôpitaux, nos maisons…

La voix de Lilie:

C’est mercredi, c’est jour des enfants. Petite pépette arpente le salon, s’accroche aux meubles, se dresse sur ses jambes, vide ses caisses de jouets. La regarder vivre, découvrir, sourire est un bonheur immense. Son regard me transperce d’amour.

Le soir sa mère vient la chercher avec son grand frère. 10mn, le salon est jonché de jouets. Je l’adore. Il me fait rire. Ce confinement est facile tant que je peux les voir.

Les cas de covid se rapproche doucement. Au début on a connaissance de cas contact, puis on connait des cas contacts, puis on connaît des cas de covid, puis on a des cas covid pas loin de soi. L’ami proche des enfants, le voisin. Bientôt seront nous cas contact ? Cas covid ? Il me semble que nous allons tous l’attrapper. Espérons tirer le bon numéro pour avoir une forme douce….. Dans un coin de ma tête, un fond d’angoisse. A chasser, le plus loin possible.

3 Novembre – saison 2 – Jour 5

La voix de Graine

Un temps, froid, clair, lumineux…comme j’aime. Des envies qui naissent.
A peu près finies les corvées du retour des vacances et du déménagement du fiston.
Une envie d’écrire. De prendre du temps pour moi. De dessiner aussi.
Aujourd’hui, je profite du dehors. J’ai enchaîné les attestations. Le numérique, c’est cool. Là, je me promène, puis je ferais quelques courses. Bien manger, prendre plaisir à manger me paraît essentiel. Cependant, la nourriture alimentaire ne me suffit pas. J’ai besoin de me nourrir la tête, de trouver des mots, des images, des musiques, des idées qui me parlent.
Je me sens vivante. Bien loin de ce Covid qui tue.

La voix de Lilie:

Une journée qui commence par le dentiste augure toujours une sérénité totale ! Heureusement que la dentiste est très agréable et que je la connais depuis 20 ans. Je ne suis pas en terre inconnue. Après ça, forcément le reste de la journée ne peut qu’être agréable même en confinement !

Il fait très beau aujourd’hui et j’en profite pour sortir entre midi et deux. Le temps de terminer mon télétravail, il fera nuit. Profitons avant.

Aujourd’hui l’air doit provoquer une frénésie d’agir. Le soir je me lance dans les actions en retard. Annuler train et voiture de novembre et oser en reprendre pour décembre… organiser l’ag à distance de la copropriété. Je lève le nez, il est 20h. Je suis contente de moi. Une journée efficace !

En ce moment je lis le 3ème tome de la saga d’Hélèna Ferrante. Au delà de l’histoire d’amour-haine de deux amies d’enfance, je suis époustouflée par sa façon d’écrire et de décrire les sentiments, les pensées. Comme j’aimerais savoir faire ça… Je crois que je vais acheter tous ses livres pour faire durer le plaisir !

2 Novembre – Saison 2 – Jour 4

La voix de Graine

Début de notre première semaine de confinement. Télétravail pour mon mari. Le soleil du matin vire au gris. Et enfin la pluie. Après une petite séance de gym, j’ai nettoyé mes vitres pour ne rien perdre de la lumière qui s’ammenuise de jour en jour. Puis repassage en regardant une série en replay.
A midi, ma séance de kiné. Une petite balade en fin d’après-midi.
L’espace et le temps se sont retrécis. Il va falloir réapprendre à vivre à l’étroit.
Heureusement, en fin d’après-midi, réunion copines. Se parler, échanger, partager. Voyager ailleurs. Jusqu’à elles.
Aujourd’hui, jour de rentrée, dans toutes les écoles, un hommage solennel a été rendu à Samuel Paty décapité le vendredi précédant les vacances de Toussaint. Pauvres professeurs. Comment enseigner sereinement quand on risque la décapitation. Curieuse époque où les métiers les plus indispensables à la nation sont les moins valorisés et les plus risqués!

La voix de Lilie:

Si près, si loin. Les mêmes occupations ou presque. Les mêmes petites joies, les mêmes grandes joies. Ici, c’est moi qui télétravaille, lui qui fait le ménage. Moi le sport, lui qui réchauffe le plat et met le couvert.

Le temps est triste et pourtant les couleurs des arbres du jardin sont magnifiques. Lors du premier confinement, les fleurs et les feuilles naissaient. Aujourd’hui elles roussissent et tombent dans la pelouse. L’autre jour j’ai cueilli des specimens de feuilles d’arbres pour montrer leurs variétés à mon petit fils. Il a ramassé des marrons qu’il adore jeter dans le lac devant la maison. Les marrons de cette année coulent au fond de l’eau. Les marrons de l’an dernier flotte. Il découvre. J’adore le regarder découvrir et jouer avec lui avec ce que nous offre la nature. Je ne sais pas quand je vais le revoir. Je n’attendrai pas un mois, c’est certain… J’adore penser à lui, ça me rechauffe le cœur.

Et puis cette fin de journée avec les graines en zoom. Toujours rire, toujours tellement de choses à se raconter. Quelle idée, 40mn. Il nous faut au moins 10 zoom ! En même temps on voit bien que nos soirées copines nous manquent. En même temps, quelle chaleur, quel bonheur de se retrouver. Si près, si loin….

1 Novembre – Saison 2 – Jour 3

La voix de Graine

1er dimanche de confinement ou dernier jour de liberté?
Une bonne surprise ce matin: ma coiffeuse est venue s’occuper de mes cheveux. Je l’espérais sans oser y croire.
Puis, ma fille est venue fêter l’anniversaire de son Papa avec sa fille. Retrouvailles. Un dimanche presque comme les autres où j’ai fait la cuisine pour recevoir ma famille. Notre petite fille nous a fait la fête. Mon gâteau au chocolat était trop cuit. Je l’avais oublié dans le four. Par contre, mon gratin au chou fleur et butternut était excellent. Du champagne, un bon vin. la journée est passée très vite.
En raccompagnant ma fille, nous nous sommes arrêtés chez le fleuriste pour acheter quelques plantes. Des plantes dont nous nous occuperons le mercredi avec ma petite fille.
Demain, le confinement deviendra réalité. Je vais devoir m’organiser.

Courage Lilie, nous allons y arriver. Car nous nous serrons les coudes. Nous n’allons pas sombrer dans la mélancolie.

La voix de Lilie:

Dimanche de toussaint. Le temps qui va avec. Il me semble que ce confinement sera moins difficile que le précédent. Les enfants passeront à l’occasion et nous serons de garde petite-fille le mercredi.

Le grand ménage avance bien, la cuisine est faite. Objectif we atteint. Un petit tour dans un magasin de produits indispensables (… 😱) pour acheter une nouvelle machine à café. Du nouveau. Petits plaisirs d’intérieur.

J’ai l’impression d’être en vacances, comme si ce week-end marquait une coupure de rythme. Du coup, très peu motivée pour reprendre demain le télétravail.. Heureusement, demain soir zoom avec les graines !

31 Octobre – saison 2 – Jour 2

Curieuse journée d’entre deux. La fin des vacances. Beaucoup de monde. Au marché, dans la rue. Comme si nous n’étions pas encore vraiment confinés. Mon fils est rentré chez lui avec sa famille. Une coupe de champagne partagée dans l’appartement refait à neuf. En catimini, les deux cousins se sont vus. Dans la rue. En ramenant mon petit fils. Demain, repas d’anniversaire – à effectif réduit. Avant de rentrer dans le silence.
Reprise des attestations pour se déplacer. Le smartphone a du bon. Vite remplie, l’attestation. Pas de gaspillage de papier.
Je continuerais à aller chercher ma petite fille le mercredi à l’école. Une coupure qui fera du bien.
Vais-je reprendre le jogging citadin bi-hebdomadaire en grignotant quelques mètres au kilomètre? Vais-je reprendre le yoga en ligne? Et les apéro-skype?
Ce qui ressemblait à un jeu lors du 1er confinement ne ressemble plus à rien. Pesant est le seul mot qui me vient à la bouche. Une pensée pour les soignants qui eux sont toujours en première ligne. Avec des conditions de travail qui ne se sont guère améliorées. Et de la gratitude. Merci de prendre soin de nous, même si nous ne vous applaudissons plus. Et vous méritez tous que nous fassions cet effort de confinement pour vous permettre de garder la tête hors de l’eau.

La voix de Lilie:

Heureuse de te lire Graine. Te voilà de retour chez toi et dans ce journal.

Aujourd’hui il fait très beau, le ciel est bleu, le soleil nous envoie quelques rayons pour tenter de réchauffer l’air de cette fin d’octobre. Il se fait rattraper l’après-midi par la grisaille de l’automne. Le silence est assourdissant ! Enfin les avions de l’aérodrome sont cloués au sol. Enfin nous pouvons profiter du calme de notre quartier. A quelque chose, malheur est bon…

Ce mois de confinement en plein automne, je vais en faire quelque chose pour ne pad sombrer dans la mélancolie. Grand ménage de toutes les pièces au programme des we. Et pourquoi pas refaire notre petite salle de bain. Les magasins de bricolages sont ouverts. Voyons dans 30 jours ce qu’il en sera ! Se donner un objectif, ma seule méthode pour ne pas plonger. Ne plus penser à mes rêves de we, de mer et de soleil.

Et ne pas oublier l’objectif principal. Faire baisser le nombre de cas pour diminuer le nombre de décès et alléger la charge de nos soignants.

Les graines sont là, tout autour. L’amitié nous unit, nous entoure de chaleur. Je ne suis pas seule. Vous êtes là, tout près de moi. Je vous aime très fort.

1er jour de crèche

Aujourd’hui, c’est la crèche. 1er jour. Une période d’adaptation de quinze jours. Mon fils a pris des congés. Je suis relevée de mes fonctions. Finie, la garde journalière de mon petit fils. Je suis contente de tous ces jours passés à m’occuper du petit bonhomme. Fatiguée aussi. « Je ne me suis jamais autant occupée de vous », ai-je dit à mon fils l’autre jour. Entre le temps de travail, de ménage, de cuisine, passer du temps à jouer était un luxe que je ne permettais guère avec mes enfants. Je le regrette. Mais comment faire? Submergée par les tâches à faire, sous pression, sans soutien familial autre que celui de mon mari, j’ai tout fait pour faire face, pour garder la tête hors de l’eau, pour offrir la meilleure vie qui soit à mes enfants.

Cela fait 3 mois que je m’occupe de lui. Nous nous connaissons bien à présent. Je sais quand il a faim, quand il a sommeil, quand il a besoin des bras, quand il veut que je joue avec lui. Il y a 3 mois, il peinait à rester assis et se retournait avec difficulté. A présent, il crapahute dans tout le salon, se précipite vers tous les endroits interdits, danse sur la musique avec les fesses, se met debout dès qu’il le peut. 9 mois depuis le 4 octobre. Déjà un petit homme. Un petit homme qui grandit. Un petit homme qui va me manquer.

Jour de relâche

Le lundi, c’est mon jour de relâche. Je ne garde pas mon petit fils. En principe …
J’en profite en général pour m’échapper et laisser la place à ma belle-fille.
Aujourd’hui, c’est jour de relâche. La maison est vide. Les copines n’ont pas répondu à mes sollicitations. Je n’ai aucun engagement. Mon temps est libre. Je suis libre. Libre de faire les carreaux ou de faire la sieste. Libre de faire la cuisine pour ce soir ou de m’échapper pour prendre le frais dans un jardin. Stores baissés, je suis dans la pénombre. Un jour d’été avant l’automne. Un jour de rien, un entre-deux. J’ai listé les choses à faire: tâches ménagères, envies, loisirs. Tout est dans ma tête. Je vais piocher au gré de mon humeur. Jour de relâche: Aujourd’hui, j’ai le droit de choisir.

Mes chers enfants

La maison est vide. Vous êtes en vacances. Tous. Enfants et petits-enfants. J’ai récupéré le chat. Il faut bien que je m’occupe tout de même. La maison est vide. Enfin, de votre présence physique. Des traces de vous partout. Du linge, des jouets , de la nourriture. Notre maison est la vôtre. Et c’est bien comme ça. Votre père et moi, nous sommes heureux de nous serrer pour vous faire de la place.
La fatigue se dispute à l’ennui. Vous me manquez déjà. Vous prenez tellement de place. La canicule aidant, je n’ai plus d’énergie. je me laisse envahir par l’ennui.
Hier encore, je construisais des cabanes dans le petit bois au dessus des vignes derrière chez nous à Peyret. J’aimais cette terre rouge, ces collines rondes, ces grains de raisin grenat et chauds grapillés après les vendanges. Après la construction de la cabane, nous nous y installions sur un lit de feuilles pour prendre le goûter. Avec Catherine ma soeur et mon frère Jean-Philippe. Je faisais la maîtresse.
C’était hier. J’avais 10 ans à peine.
Le temps a passé. Si vite. Comme un livre feuilleté à la va-vite. Me voici à la tête de toute une famille.
Mes chers enfants. Vous prenez toute la place. J’en suis tout à la fois comblée et perplexe.
Vous avez vos manières de faire, vos idées, vos envies, vos contraintes…Vos désarrois m’émeuvent. Vos débordements me rappellent les miens autrefois. Vos projets m’enthousiasment. Je suis en admiration devant votre énergie. Je partage vos fragilités. Vous êtes vivants. Vous êtes mes enfants. Ceux que j’ai portés dans mon ventre mais qui ne m’appartiennent pas. Vous vous appartenez.
Je sens bien qu’il est de bon ton que je ne vous encombre pas de mes opinions. C’est légitime. Vous êtes des adultes, responsables, en charge d’enfants vous-même.
Parfois, je vous entends ici et là m’adresser des conseils et des recommandations…Etonnement, perplexité, doute. Ne suis-je pas adulte? Ne suis-je pas responsable? Ne suis-je pas à même de mener ma vie à ma guise? Je repense à mon père. Dans son âge avancé, Il ne prenait plus part aux conversations lors des repas de famille. Entendait-il mal? Certainement.
Peut-être aussi que notre manière de vivre était trop éloignée de la sienne.
Il se taisait. Il écoutait.
Peut-être aussi l’avons-nous abreuvé de conseils et de recommandations dont il n’avait que faire? Sans aucun doute. Pardon Papa. Sollicitude parfois si proche de l’intrusion. Pas toujours facile de se positionner à la bonne distance – suffisamment proche, mais dans le respect du fonctionnement de l’autre.

La fête des mères

Ce jour là, le jour des Mamans, je l’ai détesté, longtemps.
Préparer le repas, faire bonne figure. Bonne mère, bonne épouse. Une femme à sa place. Près des siens, près des fourneaux. Qui se préoccupait de savoir ce que moi, j’en pensais, ce dont j’avais envie? Moi, je ne me sentais pas à ma place. J’étouffais. J’avais envie d’autre chose. J’avais envie d’être moi tout simplement, pas juste une Maman qui fasse bien sur la photo. Pour être tout à fait claire, j’aime mes enfants. Plus que personne au monde. J’étais et je suis toujours prête à faire beaucoup pour eux. Mais ce jour là, c’était le jour de trop. Le jour de la Maman parfaite. Et je n’étais pas, je ne voulais pas être cette Maman parfaite. Alors, je serrais les dents. J’essayais de sourire.
Le temps a passé. Les enfants ont grandi. Ils sont parents à leur tour. Je ne suis plus la Maman aux fourneaux. Recevoir mes enfants pour manger est un plaisir. J’accepte leur « bonne fête » avec émotion, comme un cadeau précieux.

Le départ à la retraite

Un jour, ça y est – c’est fini, le dernier jour de travail, le départ à la retraite souvent précédé de un ou plusieurs mois de congés.
La sortie d’un long tunnel où nous n’avons pas vu le jour ou si peu. Qui sommes-nous? Qu’aimons-nous faire? Qu’est ce qui nous fait vibrer? De quoi avons-nous envie?
Comment répondre à ces questions? Nous n’avons pas pris beaucoup de temps pour y réfléchir. Notre corps fait mal. Il s’est plié aux contraintes du travail, horaires, relations, imbroglios, et aux exigences de nos proches: conjoint, enfants, parents… Il se souvient.
Prendre soin de nous d’abord. Nous écouter. Entendre ce qui résonne à l’intérieur. Et petit à petit, apprivoiser cet espace de temps qui s’ouvre pour en faire un espace de liberté.
Deux ans déjà que j’ai quitté le monde du travail. Je cherche encore mes marques. Je dessine les contours de mes envies. J’ose être moi. Et je suis femme aussi et Maman et Mamie.

Paris à vélo

Dans Paris, à vélo, on dépasse les autos… La complainte de l’heure de pointe. 1972 – Joe Dassin.
Cela faisait plus d’un an que je n’avais pas utilisé le vélo. A cause de ma tendinite de de Quervain au poignet gauche. Cet après-midi, j’ai fait la traversée de Paris, d’est en ouest …sous le soleil.
Des pistes cyclables pratiquement tout le temps, mais jamais au même endroit. A droite, à gauche, sur le terre-plein central , avec la voie de bus …Beaucoup de vélos, qui vont vite. Des trottinettes aussi. Bref, une attention de tout instant est nécessaire, mais je ne regrette pas. C’est plaisant. Je me sens légère et libre. Du côté de Belleville, les odeurs de poisson me poursuivent. Elles sont tenaces. Ce matin, c’était le marché. Le boulevard est encore jonché de détritus.
Je retrouve le Paris que j’aime, malgré les masques, malgré les files d’attentes. Je retrouve le Paris populaire, le Paris qui vit, qui sort, qui respire.
Et ça fait beaucoup de monde dans les rues comme dans tous les espaces où on peut circuler et se poser.

Déconfinement

Vous avez dit déconfinés? Avec ou sans masques?
Depuis le 11 mai, nous sommes déconfinés. Mais le dehors ressemble au dedans. Il est masqué, fermé. Il signifie « danger ».
Privée de ses squares, de ses jardins, de ses terrasses de café, de ses restos, la ville est inhospitalière. Dehors, il n’y a rien à faire. Les limites de l’ailleurs sont à 100 km du domicile. Pas besoin d’aller si loin pour retrouver dame nature. Elle est à la porte de la ville. Foisonnante. Vivante.
Le 11 mai nous a amené une bouffée d’oxygène, ramené nos enfants, nos petits enfants, nos amis les plus proches, le droit de sortir de la ville.
Il m’amène le doute. Il m’amène la peur. Un avenir morose. Je me sens comme un chien qu’on promène en laisse.

10 Mai – Jour 55

La fin du confinement, le début d’une autre étape…La vie va se remettre lentement en mouvement.
Ma fille vient de m’envoyer le programme pour la prochaine semaine d’école. Comme si l’école reprenait vraiment. Pour l’instant, je n’avais eu droit qu’à quelques propositions éparses. En deux jours, nous ne ferons pas tout!
Mon fils va m’amener son petit jeudi. Enfin le voir et le serrer dans mes bras! Tellement habitué aux bras de sa Maman, va-t’il accepter les miens? Peut-être je l’aurais aussi mardi…
Dimanche prochain, nous pourrons nous retrouver tous pour manger ensemble , enfants et petits-enfants.
Demain matin, je vais tenter une expédition au magasin de bricolage d’à côté pour acheter des ampoules. Etape 1 de la révision de l’éclairage. Pour y voir mieux. Pour y voir plus clair.
Et le journal d’une confinée va se terminer sur cette note lumineuse. L’espoir, la lumière au bout du chemin?
A ton tour Lilie!

La voix de Lilie:

Une étape franchie dans cette course contre le virus. Dernière autorisation de sortie téléchargée à 20h pour aller chercher des pizzas. Demain nous pourrons sortir presque librement. Nos nouvelles entraves s’appellent gestes barrières et masques obligatoires. Libres dans 100km ? Libres face à notre peur ? Enfin nous pourrons sortir de chez nous, nous promener, randonner. Et surtout, revoir nos familles et nos amis.

Cette semaine, pour moi, ce sera coiffeur et ostéopathe. Pour mettre en concordance mon corps et mon nouvel état d’esprit. Je me sens comme un papillon qui sort de sa chrysalide. Je vais prendre une grande respiration et ouvrir grand la porte. Avec une immense confiance vers les chercheurs qui travaillent pour éradiquer ce virus.

Et le journal d’une confinée va se terminer sur cette note de renaissance.

J’en ai aimé chaque ligne, il a été mon compagnon pendant 55 jours, mon lien avec Graine.

Une page se tourne, un jounal se ferme.

Vite en ouvrir un nouveau.

9 Mai – Jour 54

J – 2. Le 11 mai, déconfinement. L’heure du bilan.
Pour l’état de santé sanitaire et économique de la France, la parole est aux spécialistes, aux experts, aux politiques. Tout de même, chapeau bas aux maires qui endossent dans cette pandémie beaucoup de responsabilités, chapeau bas à tous ceux qui ont des décisions à prendre: les chefs d’entreprise, les directeurs et directrices d’écoles…, chapeau bas aussi à ceux qui vont prendre des risques pour simplement exercer leur métier: dentistes, ostéopathes, coiffeurs…
Pour ma part, je me contenterais du bilan de mon confinement. De ce que j’ai envie de retenir. Une dizaine de croquis et de dessins, quelques journées avec ma petite fille – entre école et complicité de jeu…Et de ce soutien, en ligne. Whattsapp avec les copines, skype avec les soeurs et les enfants, les coups de fils, cours de yoga en ligne, atelier d’écriture, proposition de dessins par notre professeur d’Arts plastiques…C’est tout cela qui a permis que cette période de confinement se passe, magré l’ennui, malgré la lassitude, malgré le manque d’espace, de nature, de lien social.
Aujourd’hui, j’ai passé la moitié de la journée à dessiner et à peindre.
Lilie, pour mon article -même si un morceau s’est fait manger, aucun souci.
Tu es vaillante, tu essaies de maîtriser la bête et c’est tout à ton honneur. Quant à moi, je me contente d’écrire mon article sans me poser de questions. Surtout, ne pas soulever des difficultés que je saurais pas résoudre!

La voix de Lilie:

Il est tellement facile de critiquer depuis son canapé. Chapeau bas à ceux qui endossent des responsabilités. Merci à ceux qui nous ont soignés, nourris, évacué nos dechets, au péril de leur vie. On ne peut mieux dire. Tu l’ecris bien mieux que moi Graine. Je partage ton sentiment.

Il est à souhaiter que l’on n’oubliera pas nos soignants après cette épreuve. Les applaudir c’est bien, les soutenir dans leurs combats futurs, pour travailler dans de meilleures conditions, ce sera encore mieux. Il s’agit de notre santé après tout…

Quel bilan pour ma part ? Retrouver la conscience de la liberté. J’avais oublié qu’être libre est une immense chance, et que cela n’a pas de prix. Petit à petit, m’être recentrée sur mes valeurs, mes besoins. Simples. Qu’est ce qui m’a manqué ? Ceux que j’aime, famille, amis. Des promenades, la nature, apprendre, rien de commercial. J’ai découvert mon quartier au printemps, ses fleurs, ses oiseaux. 25 ans sans vraiment les voir. Un autre rythme s’est fait jour; levée, sport, télétravail. Bien plus agréable que métro-boulot-dodo.

Tout n’est pas à jeter. Je sors nouvelle de cette expérience. J’espère garder les bonnes choses qu’elle m’a apportées.

A petit pas, nous allons nous revoir, c’est merveilleux.

Soyons sérieux, tout ira bien. Si nous avons bien compris la leçon, le danger s’éloignera, sinon…

8 Mai – Jour 53

Ce matin, en partant faire mon jogging, j’ai croisé Paul, un vieux monsieur, devant le laboratoire d’analyses médicales, un peu agacé, car sur le répondeur, il était dit que le laboratoire était ouvert le samedi matin jusqu’à midi …Ce n’est qu’après l’avoir quitté que j’ai réalisé que nous étions un vendredi, le 8 mai, jour férié de surcroît.
20 mn de temps pris sur le jogging. 20 mn de temps bonus. Un échange gagnant/ gagnant. Un clin d’oeil, une rencontre avec mon papa, dont c’est aujourd’hui la fête, la St Désiré, squeezée par la fête de l’armistice. L’optimisme, le train train quotidien, mais tout de même ce besoin de rencontre, ce besoin de parler. Paul m’a ensoleillée la journée.
Plus loin, devant la Poste, j’ai croisée une dame qui attendait. Cinquante mètres plus loin, j’ai fait demi-tour pour lui dire que la Poste serait fermée aujourd’hui.
Hier, nous avons vu ma nièce. Elle est venue chercher un vélo pour rejoindre son lieu de travail lundi. Nous en avons deux. Au moins un de trop. Quand le confinement est arrivé, elle venait de trouver un travail, dans une agence d’architecture. Son temps de pause aura duré deux mois supplémentaires.
Ma soeur s’est coincé le dos. Les ostéopathes vont être très sollicités ces semaines à venir. Nous sortons tous de ce confinement cabossés et branlants.
Lilie a raison. Gardons trace de cette étape de vie et des objets qui vont avec. Moi, je n’ai pas l’icône sur mon smartphone. J’en suis restée à l’attestation papier, remplie au crayon à papier pour la date et l’heure, mainte fois modifiée et utilisée. A ce jour, je n’ai jamais été contrôlée.

La voix de Lilie:

Aie, quelle prise de tête pour mettre 2 photos ! Ce site me torture. 2h perdues et pas pu faire ce que je voulais.. Mettre 2 photos côte à côte. Pourtant ça doit être simple. Non vraiment je suis trop nulle parfois. J’ai pété un câble, énervée, vénère comme disent les jeunes. En plus j’ai plus ou moins bousillé l’article de Graine. Bref, pas contente !

Sur ce, défouloir sportif, repas, café douceur et petite balade. Les voisins sont tous dans leurs jardins, on discute depuis le trottoir en passant. C’est vrai que ça fait du bien de parler, et puis on prend son temps, on n’ a que ça à faire. Ensuite on rentrera dans notre chez nous, entre nous.

Sur mon téléphone il y a 14 autorisations de sorties. voilà ce que je me suis accordé en 53 jours. 4 courses, 8 balades et 2 tricheries pour aller voir mes petits.

Dans 2 jours, finie l’autorisation, début des sorties sous… comment dire… sous cloche, sur la pointe des pieds… masqués. Si possible sans approcher personne d’autre que ceux en qui on a confiance. Je crois que la seule chose qui va changer sera de circuler sans autorisation et de voir nos proches. A peine un peu plus libres.

Moi non plus, je n’ai jamais été contrôlée.

7 Mai – Jour 52

Difficile, cette dernière semaine de confinement.
Je m’inquiète de ce retour à une normalité qui n’en est pas une. Enfin pas celle dont j’ai envie. Je dors mal. Je me traîne. Je n’arrive même plus à dessiner. La petite n’a passé que deux jours avec nous cette semaine. Elle ne pouvait pas venir mardi. Elle avait une réunion!
En début d’après-midi, nous sommes allées dans la cour de l’immeuble. Nous nous sommes assises dans l’herbe sur une nappe pour un pique-nique imaginaire. Un soleil généreux. Des pâquerettes, des pommes de pain, une touffe d’herbe… un nid. La petite a installé le nid de l’oiseau Arc en ciel au pied d’un groseiller. Du muguet en fleurs dans un parterre. Des rosiers en fleurs. Des boutons d’or, des violettes, des fraises de bois quasiment mûres.
Nous avons aussi dessiné des hérissons. Je m’en sors bien avec les hérissons.

Le quotidien et ses objets, les habitudes de vie et leurs lieux sont rarement photographiés. On vit dedans, puis ils disparaissent avec un autre quotidien qui prend la place. Oubliés la précédente maison, la chambre, le mobilier. Oubliés les objets d’un quotidien qui n’est plus, les jouets d’enfant, la table à langer, de quelle couleur était le siège auto, la poussette ?

Avant de franchir cette nouvelle étape de vie, sauvegardons l’objet marquant de ce confinement. Celui qui nous accompagne dans nos heures de sortie. Pour toujours se souvenir, que nous avons vecu un moment exceptionnel dans notre vie. Peut être le moment clé d’une mutation profonde. L’avenir nous le dira.

 


Une nouvelle icone sur notre téléphone


Notre compagne de sortie



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6 Mai – Jour 51

Merci Lilie de ta voix qui fait écho à la mienne. Le temps est si long parfois. Je pense que nous attendons l’autre qui ne vient pas, parce qu’il n’entend pas, parce ses préoccupations sont ailleurs, tout simplement.
Habiter l’instant, lui parler, l’amadouer, le savourer, et l’offrir à l’autre quand enfin il est là. C’est ce que tu as si bien fait avec tes tourterelles…
Aujourd’hui, l’instant d’après m’effraie. J’ai du mal à me projeter dans cet entre-deux où les interdictions strictes vont se lever une à une mais où le risque demeure important. A chacun de se positionner. Pour la semaine prochaine, je n’ai pas fait de prévisions. Pas de rendez-vous. Je voudrais voir mon petit fils. J’espère que ses parents seront d’accord.

La voix de Lilie:

Le temps d’après se devine peu à peu.

Au tout début du confinement, le choc de la privation des notres, de la privation de liberté a été immense. La montagne d’infos télé, anxiogène. Au bout d’une dizaine de jours, les symptômes se font sentir, l’angoisse d’être malade prend le pas sur le raisonnement. Puis comme tout être humain, l’adaptation arrive, de nouveaux modes de vie apparaissent, le nouvel équilibre est en place. La protection du confinement nous tranquilise. Dans 3 jours, tout sera remis en cause. Joie d’être libre, peur d’être libre. Joie de revoir nos proches, peur de revoir nos proches. Cette liberté à tout petits pas va nous demander de nous adapter par petites touches. Chaque pas sera une victoire, pas en avant ou pas en arrière, qui le sait…

Alors aujourd’hui j’ai préparé demain. Rendez vous chez l’ostéopathe pour dénouer 55 jours.

Le jardin est bien vide, graine, sans les oiseaux. Aussi, je le souhaite de toute mon âme, dans quelques jours tu pourras serrer ton petit sur ton cœur. Et ça, c’est la belle vie.

5 Mai – Jour 50

L’attente. « Depuis quand avait-il commencé à attendre? Depuis qu’il s’était rendu libre pour l’attente en prenant le désir des choses particuliières et jusqu’au désir de la fin des choses. L’attente commence quand il n’y a plus rien à attendre, ni même la fin de l’attente. L’attente ignore et détruit ce qu’elle attend. L’attente n’attend rien. »
4ème de couverture du livre de Maurice Blanchot « L’attente, l’oubli ». J’ai découvert ce texte lors d’une lecture à voix haute d’Isabelle Huppert à la cinémathèque il y a plusieurs années. J’ai acheté le livre. Ce texte résonne en moi. De manière encore plus vive aujourd’hui.
D’où me vient cette incapacité à vivre l’instant présent? Pourquoi cette impatience perpetuelle de l’instant d’après?
Aujourd’hui, j’ai reçu la desserte que j’ai commandé à IKEA il y a à peine quelques jours. Je l’ai montée. Simplissime. J’y ai rangé mes affaires de dessin.
Cet après-midi, je suis allée me promener – une heure. J’en ai profité pour suspendre mon abonnement Navigo à compter du 1er juin.
Et ce soir, j’ai fait une pizza.
En sortant les poubelles, j’ai pris le temps de sentir les roses en fleurs de notre cour d’immeuble. Le temps humide favorise la diffusion du parfum. Enivrant. Etonnant. Réconfortant.

La voix de Lilie:

Déconfinement pour les tourtereaux cet après-midi. Ils sont partis, et nous n’avons pas pu les voir. Ils ont détruit le nid avant de le quitter. Plus d’oiseau au dessus de la cheminée, ni parents ni petits. Les voilà partis pour une nouvelle vie. Comme nous lundi prochain ?

Ton questionnement résonne en moi. La même impatience de l’instant d’après. De l’ étape d’après, de l’activité d’après. Se forcer à se poser sur le présent. Exercice périlleux, mainte fois tenté, mainte fois oublié dans le tourbillon des heures. Souvent le seul instant posé, celui du coucher. Encore une journée terminée. Où est elle partie ?

J’aime les jouer avec les chiffres. Aujourd’hui nous sommes le 05 05, 50ème jour. J’aurais dû écrire à 05h05, mais je dormais peut-être….

4 Mai – Jour 49

Dernière semaine de confinement? Je n’y crois pas!
Mais qu’est ce qui nous attend après? Le port du masque – dès qu’on passe la porte. La désinfection des courses. Le lavage des mains et des surfaces. Comme aujourd’hui, plusieurs fois par jour. La distanciation sociale, les gestes barrière. Pas de bisous, pas de serrage de mains. Pas de reprise des activités culturelles et sportives collectives. Pas de cinéma, pas de restaurant, pas de bar, pas de voyages.
« Pour les personnes de plus de 70 ans, on recommande le confinement jusqu’en février 2021, a minima une résidence dans un endroit à densité faible de population. Surtout, qu’elles évitent de s’occuper des jeunes enfants.  » Je frissonne. Je n’ai pas 70 ans. « Pour les personnes entre 55 et 70 ans, c’est suivant leur état de santé… ». Est ce que je suis en bonne santé? J’ai tout d’un coup un doute. Faut-il mieux mourir d’ennui que du Coronavirus? Est-ce réellement moins douloureux?
Mon petit fils, est-ce que je pourrais le prendre dans mes bras un jour?
Il va falloir s’habituer à vivre autrement!
L’avenir est morose. C’est le moins qu’on puisse dire!

La voix de Lilie:

Dernière semaine de confinement. Je n’y crois pas non plus. Pas de médicament, pas de vaccin. L’heure n’est pas venue. L’étau va peut-être se desserer légèrement. Revoir ses enfants, partir promener un peu plus loin. Quand revoir mes parents ? Ma mère seule dans son appartement. Il le faut. A son âge le temps est précieux. Perdre quelques mois pour en gagner d’autres, vraiment ? Souvent j’ai peur pour elle. Je voudrais la voir, elle est trop loin. Combien de temps pour que la recherche gagne la bataille ? Nous devons les aider en évitant de prendre des risques, voilà notre modeste part, pourtant souvent si difficile.

Alors pour se donner l’impression de recommencer la vie, on organise l’après. Randonnées, congés, des projets qui font plaisir. Et tant pis s’ils tombent à l’eau, ils nous auront réchauffé le coeur un moment.

3 Mai – Jour 48

Nouveau dimanche de confinement dans la continuité des habitudes prises ces dernières semaines. C’est drôle de voir à quelle vitesse nous nous construisons des nouveaux rituels. A 12 h 30, apéro skype avec les soeurs et vers 16 h, skype avec les enfants et petits enfants. Entre les deux, la cuisine, le repas , le sport.
Le temps est gris. Grisouillou dans la tête aussi.
La librairie d’à côté annonce sa reprise le 12 mai. J’ai quasiment terminé mon album sur la Réunion.
Je n’ai pas regardé l’écran de télévision du week-end. Pas utile de faire rentrer davantage de gris dans l’appartement. Que va-t’il se passer le 11 mai? Ce n’est pas d’entendre les uns et les autres déblatérer sur le sujet qui va faire progresser les choses. Paris est dans le rouge. L’Ile de France est dans le rouge. Et le temps est gris.

La voix de Lilie:

Fin de cet avant dernier week-end de confinement. Les français se relachent de plus en plus. La privation de sortie, la privation des proches, la privation de distractions commencent à peser bien lourd. Le cheval sent l’écurie ! Comme ces milliers de gens, je n’ai fait que de l’interdit ce dimanche. De l’interdit sécurisé, de l’interdit malgré tout…. Passer la journée avec enfants et petits enfants et finir par une cueillette de muguet dans la forêt. Qui aurait pu imaginer il y a seulement 2 mois que ces activités tellement banales, tellement anodines, puissent être interdites. Pourtant peu de risque puisque toute la famille confine bien et pas de malade. Dans la forêt, peu de transgresseurs, on croise de très loin. Et si c’était ça le déconfinement intelligent ? Déconfiner avec ses proches que l’on sait avoir respecté ?

Je rêve de pouvoir prendre la voiture pour rouler droit devant. Regarder le paysage défiler sur les petites routes de campagne ou même dans Paris. Sans sortir de la voiture, juste pour voir autre chose que mon quartier. Encore 8 jours à tenir. J’espère.

2 Mai – Jour 47

Journée grise, sans étincelle, sans soleil
Juste le temps qui passe. J’ai rangé mes livres. Une journée sans.
Pas de jardin. Pas de tourterelle. Juste le bruit des enfants qui jouent dans le stade, malgré l’interdiction.

La voix de Lilie:

Graine est mélancolique aujourd’hui. Les enfants partis, le confinement pèse plus lourd. Remonte vite ton moral, la dernière semaine s’approche, bientôt un peu plus de liberté.

De notre côté, aujourd’hui, mise entre parenthèses du confinement…

Nos petits enfants égaient cette journée en demi teinte. Le temps nous a permis de passer l’après-midi dans le jardin en famille. Faire sentir les lilas, les roses, le serynga à mon petit fils, faire des parcours sur des pierres dans le jardin. Le regarder découvrir sa 1ère balançoire. Ma petite fille me fait de grands discours du haut de ses 3 mois. Avec eux le bonheur est partout.

1er Mai – Jour 46

Du muguet – un bisou du fiston et une promenade avec notre fille et petite fille…Merci la vie.
Une journée du 1er mai tout compte fait bien agréable.
La pluie nous a épargné pour notre jogging ce matin. J’ai pu acheter 3 petits pots de muguet – un pour nous et un pour chacun de nos enfants. Mon fils est passé prendre son cadeau d’anniversaire vers midi en allant travailller. Il nous a embrassé! Cet après-midi, promenade sous le soleil pour donner son petit pot de muguet à notre fille.

La voix de Lilie:

Ce premier mai, le bonheur se souhaite par whatsapp. Des images de muguet innondent nos smartphones. On se souhaite tout le bonheur possible, on se relie par le fils des messages, on s’envoie du bonheur et de l’amitié. On est heureux de se sentir entourés, même de loin. Les amis, les amours, les familles sont là, tout près de nous.

Les petits oiseaux grandissent bien. La pluie, le vent n’ont pas abîmé le nid.

30 Avril – Jour 45

De la pluie et du rouge sur le quart nord est de la France sur la carte du COVID…
Demain, c’est le 1er mai. Peu de chance d’avoir un brin de muguet.
La vie continue. Notre professeur d’Arts plastiques nous envoie des oeuvres et des consignes tous les jeudi soir.
Ma petite fille est repartie ce soir avec sa Maman. Son passage nous pompe toute notre énergie physique. Un tourbillon hebdomadaire qui nous dynamise, nous redonne l’envie de vivre.
Mon mari est obligé de prendre cinq jours de congés avant le 24 mai. Je vais lui conconcter un programme de 5 jours de randonnée dans un rayon de 100 km autour de Paris. Ne pas baisser les bras, cela ne servirait à rien. Ne pas non plus faire preuve de trop d’exigence envers soi-même. Nous sommes embarqués pour une traversée au long cours. L’arrivée au pays des bisounours n’est pas pour demain.
Demain, notre fils passera prendre ses cadeaux d’anniversaire; Nous le verrons!

La voix de Lilie:

Un arc en ciel est venu éclairer la fin de cette journée pluvieuse. Pluie, et beaucoup de vent. Je m’inquiète pour le nid des tourterelles. Va-t-il tenir le coup ? Leur demeure est fragile. Franchement, est-ce normal de me soucier des tourterelles… Fragilité, empathie.

Ici aussi se pose la question du déconfinement. Partir randonner ? Oui, avec son pique nique parce que pas de restautant, et rentrer chaque soir parce que pas d’hôtel …. Aller voir mes parents ? Plus de 600km, impératif familial ? La décision n’est pas encore arrêtée. Une grande nouvelle pourtant, rendez-vous pris chez la coiffeuse le 13 mai. Youpi !

Il y a 40 ans aujourd’hui, je passais mon permis de conduire. Ma mère me prêtait sa 4L blanche. J’étais jeune, j’étais libre, toute la vie s’ouvrait devant moi. Souvenirs, souvenirs…

La chatte attend, il est l’heure de monter se coucher. Elle ronronnera tout contre moi et je m’endormirai apaisée.

29 Avril – Jour 44

Journée d’école – journée de vie, malgré la pluie.
J’ai repris mon métier temporaire: maîtresse. M’occuper de la petite me fait du bien. Elle est enjouée, espiègle, gentille. Elle est le présent et l’avenir – elle est la vie. En cachette de ma moitié, je lui fais de vrais bisous.
Dessiner une coccinelle, jouer à Jacques a dit, lire les histoires de Cornebidouille, éplucher les fèves, se déguiser, se maquiller – quoi de plus important. Le temps passe tout seul. La lassitude s’efface.
La pluie me dissuade de faire mon jogging. Deux jours que je n’ai pas mis les pieds dehors. Mais j’ai fabriqué de la colle avec de la maïzena, j’ai fait une quiche aux fèves et au fromage de chèvre… Nous avons travaillé. Nous avons joué. Une journée bien remplie. Courage aux télétravailleurs. Trouver du sens au travail n’est pas toujours aisé. Surtout quand il n’y en a pas.

La voix de Lilie:

Cette semaine est difficile. On sent que la fin du confinement approche et en même temps elle est encore loin. On se projette, on imagine tout ce qu’on pourra faire. Puis on retombe. Il y a beaucoup de choses que l’on ne pourra pas faire, plus faire comme avant. Notre vie est totalement bouleversée pour cette année. Notre rapport à l’autre entièrement faussé. Comment aborder l’inconnu, comment faire de nouvelles rencontres, comment apprendre des autres, s’ouvrir à eux ?

Le temps est gris, la vie future semble grise, le moral est gris. Cinquante nuances !!

28 Avril – Jour 43

La fin du confinement, ce n’est pas pour demain…en tout cas, pas pour le 11 mai.
Pas de vacances le 11 mai. Mise en place d’un baromètre régional. Si la région est rouge, pas question de bouger. Et même si la région est verte, impossible de se déplacer au delà de 100 km de son domicile hormis pour des raisons professionnelles.
Je n’ai pas fait la maîtresse aujourd’hui. Je voulais écouter le 1er ministre. A présent, J’écoute des mantras chantés pendant que la petite joue. C’est apaisant. Ce matin, j’ai écouté Carmen sur le site de l’opéra de Paris.
La petite me parle des ses amis imaginaires quand elle avait trois ans. Ils sont partis et ça la rend triste. Je lui ai dit qu’on allait écrire leur histoire, ce qui permettrait de les faire exister à nouveau. Les enfants ont une imagination débordante, pourquoi faut-il que cette capacité de rêver, d’inventer disparaisse avec l’âge au nom de la sacro-sainte réalité?

La voix de Lilie:

Le temps est gris aujourd’hui, avec de grosses averses. On dirait qu’il nous prépare aux annonces qui vont être faites. Sortir. Mais pas trop. Et pas trop loin. Et masqués. Bref, la liberté n’est pas pour demain… Envolées les vacances, oublié le chemin. Ce n’est rien pourtant, tout va bien, personne n’est malade.

C’est une journée grise, difficile. Le travail est terrible en ce moment. On est tous en train de craquer sur les projets. Trop dur. Mal mené. Malmenée. Levons le pied, partons sur la pointe des pieds..

Jour 42 – 27 Avril

Nous terminons notre 7ème semaine de confinement.
Il en reste moins de deux. A voir ce qui nous attend après. Pas sûr que nous ayons fait le plus dur. Le plus important à aujourd’hui pour beaucoup d’entre nous, c’est de ne pas compter de malades parmi les siens, ou si malades, pas de cas graves. Nous nous recentrons sur les personnes qui nous sont chères. L’autre, le voisin est devenu un danger, un risque qu’il faut mieux éviter.
Ce matin, j’ai fait mon créneau à ma coop. Réception de livraison, nettoyage de frigo. Sortir de mon cocon protecteur. Me sentir utile. Participer à la vie communautaire. Rencontrer d’autres personnes. Je remets du sens dans mon existence. Une piqûre de sens qui fait du bien et me rassure.
L’album sur la Réunion est en cours, enfin.
Changement de temps. De la pluie cet après-midi. Et la prochaine semaine sera médiocre. C’est peut-être aussi bien pour rester confiné. Etre coincé à l’intérieur quand il fait entre 25 et 30 degrés avec un soleil resplendissant dehors, c’est dur.
Les 31 ans de mon fils aujourd’hui. Des petits cadeaux l’attendent à la maison. On espère qu’il passera les chercher un de ces matins en partant au travail.

La voix de Lilie:

Il est tard. La journée est passée. Une de plus, une de moins. La chatte m’attend pour se mettre au lit. Elle passe du canapé au jardin et du jardin au canapé. Sa soirée sur mes genoux, sa nuit tout contre moi. Avoir un chat permet de toucher la quintescence de la méditation ! Regarder un chat étendu, les yeux mi-clos détend incroyablement. Passer ses mains dans sa fourrure soyeuse et s’endormir tranquillement.

Le temps a doucement basculé au gris. Le soleil s’en est allé pour quelques jours. Le confinement risque d’être plus morose…

Le télétravail a repris, nouvelle semaine. Grosse fatigue, motivation en chute libre. Quelle utilité, pour qui, pour quoi ce travail. En vivre, sans vivre…

Une bougie de plus pour un fils, on l’embrassera bientôt.

Jour 41 – 26 Avril

Dimanche – jour famille ….
Même confinés, c’est le cas. Sur skype. L’apéro avec les soeurs dure 1 h 30. Puis entre 15 h 30 et 16 h 30, les enfants et petits enfants. Entre les 2, le repas vite avalé. Un repas en tête à tête et un repas en famille, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais nous mangeons, bien. Hors confinement, c’est moi qui prépare le repas pour recevoir les enfants. En période de confinement, c’est moi qui fait la cuisine la semaine et le dimanche, c’est mon mari qui s’y colle. Pendant ce temps, je fais autre chose. Des tâches ménagères en général.
Le dimanche, c’est aussi la journée du sport. Ce matin, jogging. En fin d’après-midi, yoga. Comme nous mangeons et buvons trop copieusement le midi, la séance de yoga est laborieuse….Personne n’est parfait. Trois possibilités: Manger et boire moins le midi, supprimer la séance de yoga ou faire avec. Mon mari a opté pour la solution n° 2. Je reste sur la solution n° 3.
Dans la rue, les bruits se sont tus. La télévision ronronne. C’est l’heure de la sieste.

Jour 40 – 25 Avril

Temps d’été – Promenade de soirée pour aller chercher pizza et bière…
Un bien fou. Comme un retour à une certaine douceur de vivre et à nos habitudes. Le patron nous reconnaît. Serrage de coudes. Nous sommes des habitués. En dix minutes, nous avons nos pizzas. Certains attendront un peu plus longtemps leur livraison.
Est-ce l’anxiété, la peur ou le masque qui empêche les gens de sourire ou tout à la fois? Je me rends compte que ce manque de contact par les yeux, par la bouche me manque aussi. Comme si chacun se refermait sur sa coquille pour se protéger. Quand je fais du jogging, je m’écarte des autres joggers et des promeneurs. Je ferme la bouche et j’arrête de respirer pour ne pas les contaminer. Le sourire, c’est contagieux, mais pas mortel que je sache. S’entraîner à sourire pour provoquer la contagion. Pourquoi pas?
Pas de rendez-vous avec Lilie cet après-midi pour travailler sur le site. Je n’ai pas le courage de m’y mettre seule.
Nous planchons sur les impôts et je fais les vitres. Toujours ça de fait.
Je dois aussi faire de nouveaux masques et une robe pour la poupée de ma petite fille. Demain, poêlée de chou pointu.
Et puis démarrer l’album sur la Réunion. Dommage de ne pas profiter de ce temps offert.

La voix de Lilie:

40 jours. Une quarantaine au sens strict du terme. L’enfer c’est les autres disait Sartre, maintenant la mort c’est les autres. Les gens traversent la rue pour ne pas se croiser, se regardent comme si l’autre portait leur fin. Comment allons nous retrouver la sérénité de nous mélanger dans un restaurant, dans un théâtre, quand déjà revoir nos proches nous affole…

Les gens se relâchent, moi la première. Ils commencent petit à petit à se rapprocher de leur famille. Je vole ce week-end au confinement pour m’occuper de mon petit fils et soulager ma fille. Et puis aussi, alléger cette pression de l’éloignement forcé. C’est peut-être une bonne chose pour la suite de reprendre confiance en l’autre par nos proches. Wait and see.

Après 40 jours, que nous manque-t-il ? De l’humain, de la sensation. Liberté, escapades, amour, amitié, proximité. Rien de matériel.

Jour 39 – 24 avril

Vendredi veille de week-end. 39 ième jour de prison, euh non, de confinement.
J’ai une pensée pour ceux qui vivent la prison. Détenus politiques, enfermés parce qu’ils ne partagent pas les opinions de leurs dirigeants autoritaires, ou qu’ils se trouvent à un endroit où ils ne devraient pas être. Comment font-ils pour regarder devant, pour continuer à espérer? 40 jours de confinement, cela me paraît déjà tellement long, tellement pesant. Et pourtant, nous avons le droit de sortir, avec notre autorisation bien sûr. Ne pas pouvoir serrer ses enfants et ses petits enfants dans ses bras. Hésiter à aller chercher une pizza parce que ça craint. Faire la queue une demie heure à la Poste pour poster un colis. Etre privée de sortie copines. Mettre un masque pour aller acheter son pain…
Nous avons de quoi manger et l’appartement est confortable. Je ne suis pas dans une cellule de 10 m2. Certains si.
Je me suis essayée à peindre la forêt canadienne d’Emilie Carr. C’est toujours besogneux, mais le temps devient autre, plus fluide. Je m’échappe ailleurs, dans la nature que j’aime.

La voix de Lilie:

Encore une belle journée aujourd’hui. Pour les confinés de jardin, le bronzage est de rigueur. Jamais on n’aura vu de salariés avec si bonne mine au printemps.

Depuis ce matin, Mr et Mme tourterelle se relaient beaucoup plus souvent. Dans le nid, deux oisillons sont nés ce matin. Le ballet des parents est captivant. Allongé près de son petit, la tourterelle semble encore couver. Juste une minusule tête duveteuse dépasse parfois. Au sol, de tous petits éclats de coquille, comme de minuscules pétales de fleurs temoignent de la naissance. Esperons que mère nature leur prête longue vie.

La municipalité commence la distribution de masques. Égalité hommes-femmes visage caché. Plus de polémique, tout le monde masqué, même et surtout dans l’espace public.

Tout a changé. La moindre petite habitude est enrobée de confinement. Bien étalée sur notre tartine de certitudes.

Jour 38 – 23 Avril

26 degrés à Paris cet après-midi. Ce n’est pas humain de rester enfermé. D’ailleurs, il y avait beaucoup de monde dehors quand je suis sortie pour croiser ma fille et lui rendre sa petite.
Ma garde est terminée pour la semaine. Demain, le début d’un week-end en tête à tête. Ras le bol.
Dans notre couple, la question à aujourd’hui, c’est de savoir si ce sera possible de lever la jambe le 11 mai. Par chance, nous avons une maison où aller, et une voiture pour nous déplacer. Encore faut-il que ce soit autorisé. L’essence ne sera pas chère. En début de semaine, on donnait de l’argent à qui voulait bien acheter du pétrole américain.
La crise économique qui nous attend va être terrible. Et pas sûr que l’écologie soit à même de faire une avancée significative dans ce contexte. Si ce sont les chinois et les américains qui prennent le leadership, on peut s’asseoir dessus. Les canards, les oiseaux, les poissons, les otaries et autres animaux en détresse sont priés de profiter de la trêve – non prévue – mais réelle – qui leur est accordée pour respirer et survivre.
Promis, Lilie, Daisy postera demain la recette du chou pointu.


La voix de Lilie:

Dans un mois, elle sera partie. Elle rejoindra le club des copines en liberté 🗽 et je resterai seule pour 42 mois. Elle était la dernière à m’accompagner dans cette prison d’obligations. Je les ai vu quitter l’entreprise, une par une. Le moral descend en flèche. Dans 42 mois, elles auront construit leur nouvelle vie. Est-ce que je pourrai les retrouver le temps venu ? Nos vies seront tellement différentes pendant tout ce temps…

Le 11 mai, sortir ou pas ? Et où ? Le moral de mère n’est pas bon. Elle a entendu que l’on ne pourra pas quitter notre région. Comment aller la voir ? Pour elle, le déconfinement, c’est de nous revoir, pas de sortir, elle sort si peu.

Il a fait si beau aujourd’hui, je jardin inondé de soleil, reflète le vert des feuilles nouvelles des arbres. Les gens sont fatigués et commencent à sortir de plus en plus de chez eux. On recommence à entendre des voix dans la rue. Pas encore de moteurs. On se croirait à Venise. Le bruit des pas, des voix des passants.

Jour 37 – 22 Avril

L’école a repris. Mamie est redevenue maîtresse.
Ce matin, histoire de la moufle, ensuite quart d’heure poésie – l’hiver et le cancre de Prévert, Avril de Maurice Carême, puis écriture bâtons.
Après la récréation, – Papy se joint à nous et boit son café – réalisation du collage jaguar. C’est la maîtresse – la vraie – qui a envoyé la proposition.
Cet après-midi, nous terminons le collage du jaguar, puis la petite remplit le carré magique des chiffres de un à cent. Pour la récréation, nous allons faire un tour dans la cour. Les fraises sont en train de pousser. Les moucherons ont envahi le compost. Une Maman joue avec son fils. Un couple fait bronzette. Un monsieur bouquine. Respirer un peu, prendre l’air, ça fait du bien. Mais il faut laisser la place aux autres.
Après le goûter, préparation de la charlotte au chocolat. Autant sur la bouche et les mains que dans le plat! Le petite fille derrière le miroir se lèche les babines et se marre. « Elle me suit partout, elle fait la même chose que moi! « 
Pas le temps de s’ennuyer avec ma petite-fille. C’est le déménagement permanent.
Une bonne nouvelle: Mon poignet n’est plus douloureux!

La voix de Lilie:

Voilà une grande nouvelle si ce poignet enfin se fait oublier. Les douleurs chroniques sont mesquines et épuisantes moralement. Pstt, enfin envolée, ne revient jamais jamais jamais. D’accord, ce n’est pas français !

Mercredi, ce n’est pas le jour des enfants, c’est le jour des courses. Encore des personnes sans masque dans le magasin. C’est consternant de voir cet égoïsme. Le moment voudrait pourtant que l’on joue collectif.

Heureusement les pompiers ne voient quasiment plus de cas de covid19 dans le 77. C’est rassurant à 20 jours du déconfinement.

Je finis ma journée en me plongeant dans un petit livre qui sent bon le pain tout chaud et la vie simple. Genre très à la mode du type reconversion d’une working girl urbaine en boulangère artisanale dans un village perdu en bord de mer. C’est gentil, ça fait du bien.

Et avec ça Madame prendra une bonne nuit de sommeil sans glace ! 😴

Jour 36 – 21 Avril

De la glycine, du lilas. Dominante mauve, violet. Les marronniers sont en fleurs. Risques d’allergie au pollen.
Jogging ce matin. Toujours aussi agréable de prendre l’air, même si le parcours ne se modifie guère, juste quelques détours à droite ou à gauche.
Déjà beaucoup de monde. Certains vont au travail, d’autres sortent le chien, font la queue pour les courses, pour la Poste, font leur jogging comme moi.
Retour à 10 h. C’est la règle.
Puis peinture. Programme un peu rengaine. Je cherche des poèmes pour ma petite fille. Pour changer. Ma fille m’a envoyé un tutoriel pour faire un collage de léopard. Demain avec la petite.
La musique. Ce matin Simon & Carfunkel. Cet après-midi, Françoise Hardy.
Il pleut dans le sud-ouest. Il fait beau sur Paris. Mais il faut rester à l’intérieur.
Les provinciaux en ont marre d’être confinés. Pour eux, au vu de la densité de la population, le risque n’est pas le même chez eux que dans les régions plus peuplées. Très peu de cas dans certaines régions. Tout le monde est ok pour le confinement, pour les autres surtout. J’écoute. J’entends. Je n’ai pas d’avis. Je n’aimerais pas être à la place de nos responsables politiques.

La voix de Lilie:

Les cloches commandées sont arrivées. Ma fille est ravie, le petit a passé l’après-midi avec ses nouveaux jouets. Elle en a gardé quelques uns en réserve pour demain. Plus utiles que les chocolats à cet âge.

Je ne regarde plus aucune information pour ne plus m’angoisser.

Les commentaires de certaines personnes sont tout de même sidérants. Critiquer ce qui est dit, ce qui est fait ou pas fait. Qui ferait mieux ? Pas content du déconfinement ? Sortez alors, prenez vos responsabilités d’être humain. Mais n’oubliez pas de protéger les autres avec votre masque. Car c’est exact, le masque ne vous protège pas, il protège les autres de vous. Vous avez raison de ne pas le mettre pour faire vos courses, il ne vous sert pas. Je vous croise dans les magasins. Égoïstes.

Jour 35 – 20 Avril

Doucement, je me sens glisser vers une envie de rien….
Mauvais signe. Je ressens un besoin urgent de bouger, de partir. Besoin de nature, de campagne, d’espace. Besoin de légèreté, de faire la fête. Besoin d’ailleurs. Un fort sentiment d’inutilité et d’enfermement.
Je suis passée à la Poste aujourd’hui. Dans un 1er temps, à 10 h -1/4. 25 personnes devant moi. Et la Poste n’ouvrait qu’à 10 h. J’y suis retournée à 13 h 45. Beaucoup moins de monde. J’ai pu déposer un colis de ma fille qui attendait dans notre boîte aux lettres depuis un mois qu’un postier le récupère. Je ne sais pas ce que contient le colis et à qui il est destiné, mais pour l’urgence, il faut prévoir un autre circuit.
Un temps à rester dehors. Un temps à flâner. Un temps à partir en vacances.
Quand est-ce que nous pourrons bouger de Paris? Pas sûr du tout que ce soit à partir du 11 mai. Et quel sera l’accueil des provinciaux?
Le Danemark a réouvert les écoles la semaine dernière. Berlin a réouvert aujourd’hui ses commerces de moins de 800 m2. La Suède a réouvert les bars. La nouvelle Calédonie déconfine également. Bien sûr, tous ces déconfinements et ses réouvertures se font avec prudence, aménagement des locaux, gestes barrières, port du masque …
Pour la France, pas de visibilité à ce jour sur ce qui va se passer le 11 mai. La volonté de déconfiner et de remettre les gens au travail – La moitié des salariés est en chômage technique – Elle y est. Pour les modalités, c’est autre chose.

La voix de Lilie:

Une nouvelle semaine se profile. Levé, télétravail, repas, soirée, coucher. Le nouveau métro boulot dodo, sans sortir de chez soi.

Le temps s’est rafraîchi, on en profite pour vider et nettoyer le jaccuzzi. Il sera prêt d’ici demain soir. On s’occupe comme on peut !

Les tourterelles couvent toujours. Elles se relaient régulièrement pour couver. Je suis impatiente de voir les petits.

Doucement comme tu le dis, on glisse dans l’ennui. Où est notre belle énergie ? Et à quoi pourrait-elle bien servir ? S’accrocher aux échanges avec les filles pour rire et sentir nos présences rassurantes, chaleureuses. Comme je voudrais programmer la prochaine sortie fille….

Jour 34 – 19 Avril

« Recherchons volontaires de moins de 60 ans… »
Confinée de plus de 60 ans…Le sentiment d’être inutile, de se retrécir de l’intérieur. Et si le courage cependant, c’était d’accepter son âge, sa vulnérabilité, de sortir a minima, de ne prendre aucun risque pour préserver la vie de ceux qui nous soignent, nous nourrissent, ramassent nos ordures? Et si le courage, c’était de faire ce pas immobile qui nous fait grandir de l’intérieur?
Jogging ce matin. ça fait un bien fou.
Le piaillement du merle qui s’agite dans l’arbre, la rencontre d’une jeune femme avec qui j’ai fait le stage de respiration … Petits riens qui vont nourrir ce nouveau dimanche de confinement.
La musique aussi prend sa place. Sud africaine ce matin. Hier, le concert de Joan Baez

La voix de Lilie:

Est-ce que côtoyer des personnes confinées depuis 34 jours comme nous présente réellement un risque ?

Raisonnable, pas raisonnable ? Nous franchissons le pas pour passer la journée avec nos petits enfants.

Journée merveilleuse.

Il faisait un peu frais dans le jardin, espérons ne pas prendre froid et ne pas confondre ça avec le virus.

Nous avons perdu notre sérénité de vie….

Jour 33 – 18 Avril

La créativité pour remplacer la convivialité…
J’écoute la vidéo d’une copine qui a fait une version Corona de la chanson « C’est le temps de l’amour » de Françoise Hardy. Le temps des copains et de l’aventure….C’est vraiment ça. Où est passée notre légèreté, notre insouciance? Reviendra-t’elle une fois la pandémie maîtrisée?
Je dessine, je peins, j’essaie…
Et puis je range et je nettoie.
Je regarde le ciel s’assombrir et le soleil revenir. Fenêtres fermées. Pas de sortie aujourd’hui.

La voix de Lilie:

Ce week-end pluvieux commence plutôt bien. Ciel moutonneux, pas une goutte avant 19h et à peine plus après.

Idéal pour préparer le jardin. Créer un petit coin dans lequel faire pousser des herbes aromatiques, récupérer quelques boutures dans une haie, installer un piège pour les mouches de la cerise 🍒. Voilà qui fait un bien fou au corps et au moral.

Notre site avance peu à peu. Nos besoins deviennent de plus en plus pointus et donc de plus en plus difficiles à mettre en place. Le résultat nous plait bien, c’est le principal. On est fière de notre travail !

Les informations sont toujours aussi angoissantes. Aucune réponse à quelconques questions qui se posent comme: comment les gens qui déclarent la maladie actuellement ont ils pu l’attraper après 33 jours de confinement ?

Jour 32 -17 Avril

Une journée vide – Chaleur, désoeuvrement, lassitude.
Ces jours qui se ressemblent ne me ressemblent pas. Pour moi, la routine du quotidien n’est jamais une locomotive qui me fait avancer.
Mais, tout le monde est logé à la même enseigne. Confinement.
Cet après-midi, nous avons joué au monopoly avec ma petite-fille. Pas évident la concentration. Elle gesticule, sautille, bouscule les maisons…On apprend les additions. Elle aime bien récupérer des sous. « Quand tu n’auras plus de sous, je t’en donnerais Mamie. On partagera… » Là, je suis rassurée!

A la Réunion, clafoutis de goyaviers puis zumba…Ici comme là bas, apéritif obligatoire.

La voix de Lilie:

Enfin le dernier jour de télétravail. Ras le bol. En même temps, je réserve mes congés pour le mois de juin quand nous garderons notre petite fille.

Je délaisse le travail à 16h30. Le jardin m’attire. Il fait encore beau et la météo du week-end n’est pas fameuse, alors je prends ce que je peux prendre.

Comme Graine, la routine me saoule.. Pourtant, ne pas se plaindre quand on a le soleil, le calme, un jardin, des compagnons de confinement.

Aujourd’hui le virus a emporté Christophe et les mots bleus. Cette chanson me ramène à mes 12 ans, dans ma chambre, sur mon lit avec le petit poste que je m’étais offert avec mes premières économies. Ce moment est gravé avec une telle puissance, que quelques notes de cette chanson m’y renvoient systématiquement. Je ne sais pas pourquoi. Il n’était pas mon chanteur préféré. Est-ce que cette chanson a des notes subliminales ?

Adieu Christophe, rejoint ton ami Bashung et préparez-nous de belles mélodies; tôt ou tard, on vous rejoindra… Tard, c’est mieux.

Jour 31 – 16 Avril

Le temps s’étire, Papy soupire…
Ma petite fille est poète! Moi, je suis lourde et balourde.
Courses, cuisine, ménage, sortie jogging, …
Garder le rythme, mais quelle énergie il faut pour rester debout et en forme.

La voix de Lilie:

Est-ce qu’un mois de confinement dure 31 jours ? ou sommes nous déjà au 1er jour du 2ème mois ? Espérons surtout être le 1er jour du dernier mois de confinement…

Une nouvelle routine s’est installée. Un mois suffit pour rentrer dans un nouveau rythme. Il paraît que le confinement permet de rentrer en soi; il permet surtout de tourner en rond… C’est peut-être ce qui s’appelle faire le tour de la question !

Il me semble que nos cerveaux ramollissent…

Jour 30 – 15 Avril

Trentième jour …C’est interminable.
Mon petit fils rit, attrape ses jouets, suce son pouce, tient son biberon. Il interagit de plus en plus. Ma belle-fille nous fait profiter de toutes les avancées du choupinet par vidéo. Mon fils nous appelle sur whatsapp dès qu’il le peut… Malgré tout, la caméra ne peut pas remplacer le contact réel.
Par contre, ce bébé du confinement, il a sa Maman disponible pour lui à temps complet. Visiblement, il apprécie.
En France, le Covid a commencé avec le nouvel an chinois, les juifs et les chrétiens ont fêté Pâques confinés – drôle de résurrection!
La nouvelle année tamoul, hier – l’année 5121 – le ramadan entre le 23 et le 25 avril… Toutes les fêtes religieuses se traduisent en principe par des rassemblements et un regroupement de la famille! Ben raté cette année!
L’incendie de Notre Dame. Un an déjà. Je n’ai pas entendu le bourdon à 20 h. C’est trop loin.

La voix de Lilie:

30ème jour. Un mois sans contact. Comme dit Graine, c’est interminable.

J’ai donné rendez-vous à ma fille en début d’après-midi. Nous ferons nos courses ensemble. Sans se toucher mais en se parlant beaucoup sous nos masques. Après tout, on croise des personnes inconnues et sans masques, alors pourquoi pas sa propre fille. Cette escapade me fait un bien fou. Rien à dire, la vidéo ne remplace pas la présence. Oui, c’est interminable.

La femme d’un de mes collègues se relève tout juste d’une forme très sévère du virus. Son mari n’a pas de mot pour décrire ce qu’ils ont vécu. Pourquoi certaines personnes sont à peine voire pas malades et d’autres font des complications terribles ? Ce virus est insaisissabe jusque dans son comportement. Espérons que les chercheurs du monde entier finissent par percer le mystère et nous sortent de là. Sinon, le 11 mai, qui osera sortir ?

Une note plus légère avant de terminer cette journée. En observant bien le nid, mr et mme tourterelle couvent chacun à leur tour. L’échange est très rapide. Du coup, qui est sur le nid ? M ou Mme ? Impossible de le savoir. Ce qui est intéressant, c’est que le couple se partage le travail. Que l’un comme l’autre peut se dégourdir les ailes, manger et boire, avant de revenir relayer l’autre.

Jour 29 – 14 Avril

Le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai minimum. C’est le président qui l’a annoncé hier soir à 20 H. Si tout va bien, le 11 mai, progressivement, l’activité des établissements scolaires de la maternelle à la terminale reprendra. Des classes limitées en nombre d’enfants. Un démarrage progressif. Des aménagements à réaliser dans les établissements pour assurer le respect des gestes barrières…
Nous étions tous persuadés que la liberté de circuler était un droit en démocratie. Nous étions dans l’erreur. Nous ne savions pas que la vie nous gâtait. Que la liberté que nous avions était un cadeau…L’intimité aussi.
Aujourd’hui, j’ai commencé à nettoyer mes placards de cuisine. Et j’ai dessiné des chats.
Demain, j’aurais ma petite-fille.

La voix de Lilie:

J’avoue. Je complote, je conspire. Avec ma fille; pour la croiser par « hasard »…. Chut… Demain… Oui, on restera à plus d’1m. Mais on fera nos courses presque ensemble et on pourra discuter un peu de vive voix. Je suis toute excitée.

Une situation inimaginable il y a seulement un mois.

Toutes les relations, les sujets de conversations, les comportements, les situations actuels n’auraient pu être, ne serait ce que supposés, avant ce mois de mars. Digne des meilleurs scénarios de fiction. Du reste, je suis certaine que les cinéastes sont déjà sur le coup.

La palme d’or, cannes 2021 est attribuée à « confinement » de S. Covid !

Aujourd’hui c’est le nouvel an tamoul. 5121.

21 ? Mais alors, on peut sortir. Youpi, je m’évade, je suis tamoule, je suis en 5121 !

Jour 28 – 13 Avril

Un lundi de Pâques fenêtres ouvertes – bruits de voix, de ballons, trottinement des joggers aux heures autorisées.
Le temps se déroule lentement, rythmé par les repas, le yoga, la respiration, le site … Lentement , tel une roue grippée.
Trouver des projets de couple, retrouver une dynamique, des perspectives.
Pas facile, mais indispensable pour moi. Concevoir, construire, inventer, créer, rêver, partager. Le quotidien sans sa dimension dynamique, tournée vers l’avenir est tout juste insupportable, insurmontable.
Le chemin de Stevenson prévu début mai restera un projet, pour plus tard.
J’ai demandé à mes voisins de m’ouvrir la maison de campagne pour qu’elle respire, qu’elle prenne le soleil. Je cherche des fauteuils pour l’aménager. Mon tableau de jungle, ce sera pour la décorer …
La campagne… ce serait si bien d’y être! Mais comment ceux qui y vivent vont accueillir les parisiens que nous sommes quand nous serons, enfin autorisés à bouger…La campagne…les arbres, le ciel, les fleurs, la nature. Ma petite fille en rêve aussi – de la maison aux araignées…
A Paris, sur les arbres, les feuilles ont remplacé les fleurs. L’éveil de la nature s’est fait, sans nous …encagés des villes que nous sommes.

La voix de Lilie:

La difficulté de vivre loin les uns des autres. Est-ce un avant goût de la fin de vie ? Lorsque nous ne serons plus capables de sortir ? Comme nos vieux parents, enfermés dans leur intérieur, les amis partis pour toujours. Petite mort.

La vie se déroule par écrans interposés. Un peu de télé pour les infos et quelques films, une bonne dose de smartphone pour le lien social, la curiosité, les recettes, les idées, les blagues, et le monde à nos pieds de l’internet.

On ne se parle pas, on regarde nos écrans. On ne regarde pas les mêmes choses, chacun ses centres d’intérêt. On ne prépare pas l’après, l’échéance s’éloigne encore.

Jour 27 – 12 Avril

Une fête de Pâques entre quatre murs, entre quatre yeux…
Le goût amer de la solitude … malgré la technologie qui permet de se voir et de se parler. Solitude à deux.
Le repas, l’apéritif, le vin n’ont pas le même goût. Besoin de vous serrer dans mes bras, mes enfants, mes petits-enfants, mes soeurs, mes amies…
Les cloches sonnent à l’église d’à côté. Que disent-elles? La vie, la résurrection? De qui, de quoi?
Je comprends ces personnes âgées qui ne se nourrissent plus. Manger et partager un repas, ce sont deux choses vraiment différentes. Dans un cas, il s’agit d’ingurgiter des aliments, des nutriments. Dans l’autre cas, c’est la relation à l’autre autour d’un plat. Rien à voir!
Nous avons la chance d’être deux. Certains sont seuls.
Pire, certains, femmes, enfants, hommes sont enfermés avec une personne maltraitante.
J’ai également une pensée pour les femmes seules qui ont la charge d’enfants autistes ou autre handicap.

La voix de Lilie:

Les jours de fête sont plus difficiles à vivre que les autres. Souvenirs des années passées, des repas ensemble, des rires partagés.

La chasse aux œufs,mon petit fils, seul dans son jardin avec son petit panier. Il est heureux, il s’adapte à cette nouvelle vie. Moi,non. Je suis émue de le voir à travers l’écran de mon smartphone. J’aurais tellement aimé être près de lui, entendre son rire. Bien sûr, on se retrouve en famille en vidéo, mais le manque de contact est de plus en plus difficile à supporter.

Pour la première fois, cet après-midi, je n’ai envie de rien faire et je m’ennuie. Heureusement les amies sont là pour proposer un jeu et le moral revient.

Voilà un dimanche de pâques sans oeuf, sans chocolat, sans vie. Un dimanche de pâques que l’on évoquera l’an prochain tous ensemble autour des enfants, dans le jardin, pendant la chasse aux œufs…

Jour 26 – 11 Avril

Ce matin, surprise, coupure d’eau dans l’immeuble, non prévue bien sûr. Se précipiter pour acheter de l’eau. Réparation effectuée. Ouf!
Cet après-midi, j’ai fabriqué des masques. Deux. Je suis une piètre couturière. Et ma machine à coudre n’est pas entretenue. Plusieurs jours que je tournais autour… Je m’y suis mise, enfin.
Il fait chaud dans l’appartement. Trop chaud.
J’ai une copine qui est rentrée du japon il y a quelques jours. Pas de confinement au japon, mais les touristes ont été priés de rentrer chez eux. Le Quai d’Orsay a aidé tous ces français à rentrer. Peu de cas de contamination officiellement au Japon. Est-ce la réalité? Comment savoir?

La voix de Lilie:

Week-end de pâques au goût solitaire. Les petits me manquent terriblement… Cette séparation est de plus en plus dure à vivre.

Bien sûr, on s’occupe. Bien sûr la journée se passe. Pourtant, ras le bol. Je sais bien que nous allons devoir continuer ce confinement encore longtemps et je voudrais tellement que ça s’arrête.

Bon, reprenons nous. Tout va bien. Perso, la machine à coudre est dans son placard depuis 20 ans, oserai-je la sortir demain ?

Pour se donner le moral, j’ai fait un gâteau marbré pour mes hommes. On goûte maintenant, c’est nouveau. On mange toutes les 4h !

J’ai aussi travaillé sur le site. J’y ai passé du temps mais j’ai réussi ce que je voulais tenter. J’espère que ça te plaira.

Voilà une journée de plus de passée. Ou de moins, c’est selon. Comme le verre à moitié…?

Jour 25 – 10 Avril

Encore une belle journée d’été – sans pic de pollution…
Le temps se prélasse au soleil, sur la plage déserte. Pas nous.
Ce matin, j’ai nettoyé mes portes … et fait de la peinture. Une copie d’un tableau de Manguin, au pastel Caran d’Ache.
A 20 h, j’ai couru sous les applaudissements. Le camion poubelle s’est mis à klaxonner au rythme d’un joueur de tam tam. Puis, 20 h passées, les voisins se sont mis à jouer au trivial pursuit, d’une fenêtre à l’autre. Rue Alexandre Dumas, une chanteuse avec micro et guitare animait la rue et ses habitants.

La voix de Lilie:

Dernier vendredi de la semaine ! 😂 Enfin, le pc est fermé. Trop tôt d’ailleurs, vers 16h30. Un appel non répondu à mon chef à 16h38… Caramba, je suis démasquée ! L’impression de la petite fille prise sur le fait. A mon âge, c’est drôle.

Le silence dans le jardin est toujours aussi déconcertant. On ne se défait pas de 25 ans de bruit comme ça mais on apprécie. Lorsque l’aérodrome va redémarrer ce sera terrible !

Madame colombe couve toujours. Mr colombe a du mal à venir la voir car Mr pie logé en haut du sapin lui mène la vie dure. Les oiseaux se disputent dans le cerisier et font voler les pétales de fleurs.

Jour 24 – 9 Avril

Ce matin, nous nous sommes déguisées. La reine des Neiges était venue voir sa copine à Bamako.
Moments où la poésie et l’imagination investissent et nourrissent le présent. Que ça fait du bien! Je n’ose plus trop dire que je garde ma petite fille. Je me sens hors la loi.
Notre fils est venu récupérer les couches pour son bébé. Bientôt, elles seront trop petites! Dans le respect des gestes barrières, bien sûr.
Je viens d’apprendre ce soir que le confinement allait être prolongé au delà du 15 avril. Nous nous en doutions. Une nouvelle date sera donnée, ou pas, par le président de la République lundi soir.

Auto-portrait d’une petite confinée

La voix de Lilie:

Cette confinée est magnifique. C’est la reine des roses !

Il y a comme un air de vendredi aujourd’hui. Toute la journée nous sommes vendredi. Hélas, hélas, un autre vendredi se profile pour demain. Encore une journée à tirer en télétravail. C’est long… Et en même temps, la semaine passe vite. Paradoxe du temps.

Le temps et l’espace ne font qu’un pour Einstein et ses descendants. Notre espace s’est réduit, le temps ne s’allonge pas pour autant.

On continue à vieillir….

Jour 23 – 8 Avril

Parfois, je me surprends à penser que je suis en train de faire un mauvais rêve. Je vais me réveiller et le monde d’avant va revenir. Un monde pas parfait, mais où nous avions nos repères, malgré la rage parfois.
Aujourd’hui, contre qui, contre quoi se révolter, à part contre ces chinois qui bouffent n’importe quoi – dixit ma petite fille qui répète ce qu’elle a entendu à la radio …
Nous ne savons pas quel est le monde qui nous attend.
Une pause, dans ce temps qui galope et qui n’arrête jamais, est la bienvenue, mais…qui aurait pu imaginer que cela se passerait « ainsi ». Et le « ainsi » n’est pas le même pour tous. Certains courent toujours autant voire davantage. D’autres tentent d’apprivoiser ce temps étrange où se faire la bise devient un crime et sortir sans autorisation un délit.
24 ° aujourd’hui – un temps d’été. Les arbres sont en fleurs. La nature est en fête. Les nourrissons et les oiseaux gazouillent.

La voix de Lilie:

Aujourd’hui c’est la sainte Julie…

Il fait si beau, on se croirait dans le midi. Ce ciel dégagé a permi d’observer hier soir la grande lune rose. C’est rare. Ici le ciel est souvent gris et hop, ratée l’éclipse de lune, ratée l’observation de jupiter ou mars. Mais cette fois, ça y est, elle était là, l’énorme lune, livrée à mon regard et à mon smartphone.

Sur la terrasse, dans l’arbre à pompom (ça ne doit pas être son nom botanique..), une tourterelle vient de faire son nid et se mettre à couver. La tranquillité lui a fait choisir cet endroit, mais elle est si près de nous. On a peur de la déranger, alors on fait très attention lorsqu’on passe près d’elle. Elle est là, immobile, toute la journée. Monsieur Tourterelle vient parfois lui apporter à manger. Souvent il se perche sur un toit alentour et il discute avec elle. Ils sont attendrissants.

Tous les arbres sont en fleurs en ce moment. Le spectacle est magnifique. Des cerisiers roses, des blancs, des arbres rouges flamboyants, des jaunes. Je fais des photos. C’est la première année que je prends le temps de les observer. Et pourtant qu’est ce qui empêchait de le faire avant si ce n’est de ne pas avoir l’idée de promener dans le quartier…

Jour 22 – 7 Avril

Aujourd’hui, journée couture – fabrication d’une tenue de princesse – la reine des neiges. J’ai ressorti des cartons oubliés dans le haut des armoires avec des chutes de tissus: rideaux, tenues de déguisement des enfants, draps ou couettes de petits lits…
J’ai aussi regardé 2 tutos pour la fabrication de masques ….
Il a fait beau et chaud.
La maire de Paris interdit les joggings en journée – c’est à dire de 10 h à 19 h à compter de demain.
Le déconfinement s’éloigne!
Mon mari s’apprête à signer un compromis de vente pour son appartement de Nice.

La voix de Lilie:

Le soleil est revenu, la tiédeur du printemps aussi. Le télétravail mange beaucoup de temps et ne permet pas d’en profiter vraiment…

Le jacuzzi a repris du service puisque le temps s’est radouci. Avec une séance de méditation derrière pour parfaire la détente.

Notre périmètre se rétrécit puisque aujourd’hui le préfet a interdit les parcs, les forêts et les sorties sportives.

Des images de masques et de gants abandonnés sur les voies publiques commencent à circuler. Les gens ont-t-ils peur de rapporter le virus chez eux ? Peur de la poubelle de rue ? Ou alors, décidément rien n’arrête les égocentriques. Je me protège et les autres, je m’en tape. Sauf que le confinement, c’est du collectif. Je me protège, je te protège.

Jour 21 – 6 Avril

Ce matin, écriture de textes pour le printemps des poètes, en musique. Le thème de l’année, c’est le courage!
J’ai fait une sortie rapide pour faire le plein de surgelés. Il y avait la queue à la Poste. Début de mois, c’est le paiement des prestations sociales.
Cet après-midi, j’ai continué à peindre ma jungle. J’ai complété mon croquis…
Le temps est gris. Il a plu. Une température douce.


La voix de Lilie:

Nouvelle semaine de confinement qui commence. Il paraît qu’il faut 3 semaines pour intégrer une nouvelle habitude. Nous y sommes. La vie normale c’est ça : communiquer par écran, se distraire par écran, faire du sport par écran. Un monde limité à son appartement ou son jardin.

Il ne se passe plus rien dans le monde autre que le covid19. Plus de guerres, plus de famines, plus de problèmes climatiques. Est-ce à dire que les médias d’informations ont pu occulter tout le reste ?

Chaque thème est décliné version confinement. Faites du sport confinés, les recettes des confinés, les régimes des confinés, se détendre confinés, s’instruire confinés. Et même plus exotique, distraire son animal confiné.

Plus une petite dose pour préparer l’après, idée de nous mettre en condition…. Bourse s’effondre, économie à reconstruire.

Quelque uns commencent à péter les plombs. Attaque au couteau, à la voiture bélier; source nouvelle d’inquiétude.

La meilleure des relaxations: regarder la détente absolue de son chat 🙀. Les yeux fermés, léger sourire, pattes étendues, positions improbables.

Jour 20 – 5 Avril

Les apéros skype se multiplient. Les communications s’élargissent. Les vidéos et les gags fleurissent, passent d’un groupe à l’autre. Il y en a des super et d’autres plus médiocres. Discuter via la caméra, c’est sympa. Mais, le contact de mes proches – la famille, les amis, me manque.
Dimanche, jour de l’activité physique: jogging coincé dans son périmètre, yoga.
Et tous les jours depuis le début du confinement, une séance de respiration d’une 1/2 h. Les jours de semaine, le matin avant le déjeuner. Le week-end, avant le repas du soir.
Dimanche, c’est aussi le repas en famille et l’ouverture d’une bouteille de vin. Repas en tête à tête. J’avais cuisiné du chou pointu et mon mari a cuisiné le filet mignon. De la glace en dessert.
Depuis hier, la nouvelle consigne, c’est de porter un masque dès qu’on quitte sa résidence. Les tutos sont légion sur Internet. Du coup, la semaine prochaine, atelier couture: fabrication de masque! Chouette, ça tombe bien: je voulais profiter des vacances scolaires pour faire des déguisements avec Leïla.

La voix de Lilie:

L’adaptation fait son œuvre. 3 semaines et la normalité ce sont les relations via les groupes WhatsApp et messenger. Interrompre son activité pour ne pas perdre un appel.

C’est dimanche, il fait beau, on peut manger dehors au soleil sur la terrasse. On est 3, et on prend l’apéritif à 8.

Le quartier est silencieux. C’est une première ici. L’aérodrome est fermé. Quelle merveille de découvrir notre extérieur sans ce bruit infernal des petits avions qui habituellement tournent sans arrêt et passent au dessus du lotissement sans respecter leur couloir. C’est une découverte. Nous le savourons. Lorsque la vie reviendra comme avant, il restera comme une des rares choses à regretter de cette épreuve.

Jour 19 – 4 Avril

3ème samedi de confinement – Combien en reste-t’il?
Personne ne sait à ce jour répondre à la question.
Un très beau soleil dehors. La fenêtre du salon est restée ouverte une grande partie de la journée.
Ménage ce matin. Ordinateur cet après-midi.
Le visage de mon fils s’est allongé. Il a maigri. Pour ceux qui travaillent dehors, le Covid 19 ne rend pas les choses faciles.
Pour ce soir, j’avais préparé une quiche aux fèves, champignons et chèvre.
Cest le 1er jour des vacances scolaires pour la zone de Paris. Vacances confinées!

La voix de Lilie:

Le printemps est revenu aujourd’hui. J’ai l’impression de sortir d’une nuit qui a duré toute une semaine… Mon corps se réveille, mes yeux se remplissent du bleu du ciel.

La journée se passe entre séances de sport vidéo et appels whatsapp familiaux.

Les enfants commencent vraiment à me manquer…

Le soir après un apéro vidéo avec eux, on se fait quelques brochettes à la plancha.

Pas eu envie de promener en forêt, encore un fond d’angoisse.. J’arrête de regarder les infos à la tv.

Jour 18 – 3 Avril

C’est quand le pic de l’épidémie? Le nombre de victimes ne cesse d’augmenter. Et c’est la même chose dans de nombreux pays. Cette année, en France, le bac se passera en contrôle continu. Toute notre belle organisation de pays développé et moderne s’effondre. En Italie, ils distribuent des bons d’alimentation dans des endroits particulièrement démunis.
Le temps commence à devenir long. Le dehors me manque. Jogging ce matin. La lenteur et la balourdise s’emparent de moi. Ou la flemme peut-être. Cet après-midi, j’ai fait la sieste.
Ce matin, j’ai dessiné. Un croquis. 1ère étape de l’exercice d’Arts plastiques. Je fais, je défais, je refais. D’une lenteur et d’une maladresse. Mais, je m’accroche. Je n’ai rien à perdre. Au pire, je peux m’améliorer.
J’ai oublié de fêter les anniversaires… Demain, mon petit fils aura 3 mois et c’est l’anniversaire de ma belle-fille. Heureusement qu’elle me l’a rappelé.
J’ai fait le plein des légumes pour le week-end. Bien manger est encore possible. A Paris du moins.

La voix de Lilie:

Dernier jour de télétravail de la semaine. Je pensais finir vers 17h, je décroche à 18h30… 4h de skipe, je suis sonnée.

Cette semaine est comme un grand tunnel, levé, skipe, couché. Je ne suis pas sortie, trop froid, trop flemme.

Les informations sont terribles, trop d’images, angoisse.

Quand va-t-on enfin voir la courbe s’infléchir ? Savoir ma mère, ma fille, seules et ne pas pouvoir les aider. Ce soir ma fille voulait que l’on garde un peu son petit garçon. Elle est épuisée par ces 3 semaines, et je ne peux pas l’aider.

Jour 17 – 2 Avril

Aujourd’hui, éruption du Piton de la Fournaise à la Réunion. Il prend ses aises, le volcan. Pour lui, rien n’a changé. Il nous nargue, nous distrait, nous ravit, c’est selon l’état d’esprit de chacun.
J’ai regardé l’interview du 1er ministre après les informations de 20 h. Je me suis endormie. Trop de chiffres, trop de morts, trop de milliards.
Pieds et poings liés devant une situation qui nous dépasse. Notre seule liberté est de pas écouter les informations, de s’échapper de son domicile de temps à autre, ni trop loin, ni trop longtemps, et pour des raisons valables, d’écouter de la musique classique, de faire l’amour à son conjoint…
Ma petite fille est repartie chez sa Maman. C’est bien. Le 3ème jour de garde, je suis épuisée. Elle reviendra la semaine prochaine.
Demain, nous entamons notre 3ème wek-end de confinement!


La voix de Lilie:

Réveillée le nez bouché en toussant. L’angoisse me submerge, et si c’était ? Ma raison me dit: ce n’est pas possible, tu n’es pas sortie. L’angoisse gagne, comme toujours. Insomnie, peur, panique.

Mal au ventre.

Lecture; tous les symptomes; se raisonner.

Mauvaise journée.

Arrêter de lire, arrêter d’écouter. J’ai besoin des miens, ils me manquent, les filles me manquent. Même si heureusement, nous sommes si proches sur nos groupes.

Je décroche. Se recentrer sur autre chose. Quelle chose ?

Jour 16 – 1er Avril

Poisson d’avril! Drôle de poisson…
Avec ma petite fille, nous avons dessiné et découpé des poissons..puis, nous les avons accroché dans le dos de ceux qui passaient … les confinés de la maison.
Rollers dans la cour pendant 1/4 h en fin d’apès-midi.
Apéro copines en début de soirée- Logistique à revoir!
Et ce soir, j’ai fait mon auto-portrait que j’aurais du faire la semaine dernière…Exercice imposé de dessin. Ben, ce n’est pas gagné!
Et le déconfinement? Ben, ça non plus, ce n’est pas gagné!

La voix de Lilie:

On a connu de meilleurs 1er avril…

Aujourd’hui enfin on nous a déconfiné. Nous errons tous hagards dans les rues. Nous n’osons pas nous approcher des voisins. Nous partons chercher nos petits enfants pour libérer notre fille. Je suis trop contente de les revoir. Excitée comme une puce !

POISSON D’AVRIL 🐠

Jour 15 – 31 Mars

Cet après-midi, avec ma petite fille, nous avons peint les masques fabriqués jeudi dernier.
Première couche. Rose et violet pour le sien. Bleu et violet pour le mien.
Puis nous sommes parties en exploratrices dans le pays des couleurs et des techniques. Avec les mains, avec les pieds, avec un rouleau, une vielle éponge, des tampons … Temps précieux de partage. Merci au confinement. Ces temps là n’existent pas dans la vie ordinaire. Ils sont mangés par l’enchaînement incessant des choses à faire et l’épuisement des uns et des autres. La porte du temps s’est ouverte. Une chance, une occasion à ne pas rater. S’y engouffrer pour retrouver son âme d’enfant.
Depuis un peu plus d’une semaine, je suis en train de peindre la jungle. Ma jungle. A l’huile. Beaucoup de faire et défaire. Beaucoup de plaisir.
Le confinement, c’est aussi deux repas par jour à imaginer et à réaliser. En essayant de varier les plaisirs. Une cuisine inventive et légère! Ben voyons, y a qu’à!
Ce soir pizza au thon et aux champignons – mais sans olives …Je n’en avais pas!

La voix de Lilie:

Mardi. Déjà ou pas, c’est selon. Il fait froid, on confine au chaud à l’intérieur.

L’éloignement est pesant, et pourtant on passe notre temps libre à s’appeler, se skiper, se whatsapper, se messengerer !

Les images à la télévision sont horribles, effectivement il faut arrêter de les regarder. Et attendre, le regain.

Du coup, on se jette sur les reportages. Cette semaine, dans les plus beaux trecks, c’était le chemin de Stevenson 😜 …

A quand la photo des masques ?

Jour 14 – 30 Mars

Lundi – Nous entamons une nouvelle semaine.
8 h – ce matin – Créneau de livraison à ma coopérative auto-gérée. Le créneau était fixé depuis 4 semaines, bien avant le confinement. Armée d’un masque et de gants, j’ai fait ce que je fais d’habitude…mais un peu différemment. Des procédures spécifiques adaptées au contexte du Coronavirus ont été écrites. Un groupe de travail Coronavirus a été constitué. Deux des personnes qui assuraient le créneau de ce matin étaient parfaitement rompues aux nouvelles procédures. Ca m’a fait un bien fou de prendre l’air et de sortir de la maison. J’en ai profité pour faire quelques courses supplémentaires, dans ma coop, bien sûr.
Il fait froid. Il y a beaucoup de vent. Il a même neigé dans le sud-ouest. Sur Paris, il y a du soleil et une belle lumière.
Ce week-end, nous avons changé d’heure. Une heure de confinement en moins. Plus de lumière pour les soirées confinées.

 

 

La voix de Lilie:

C’est repartie pour une nouvelle semaine. Je monte dans mon perchoir de télétravail. La chambre de ma fille est devenue mon bureau. Derrière moi, le petit lit de mon petit fils, le grand lit de ma grande fille. Vides.

Je regarde la rue par le velux, c’est étrange ce silence, pas de voitures, pas de passants. Pas d’avions.

Aujourd’hui la police passe avec des hauts parleurs pour nous dire de rester chez nous.

Mon fils travaille, il rentre le midi, se déshabille dans le garage, se lave les mains et vient déjeuner. Il repart et je remonte dans mon perchoir.

Après 7h de skipe, des informations alarmantes, je n’ai plus goût à rien d’autre que me laisser sombrer dans mon canapé.

1 journée de passée.

Jour 13 – 29 Mars

Ce midi, apéro skype avec mes soeurs
Pas si évident – Nous ne sommes pas des pros en matière de technologie de l’information! Mais on progresse! Et c’était sympa de se voir et de se parler.
Ce soir, ma petite-fille, elle, était en conversation avec 3 de ses copains. Sûre qu’elle sera vite plus expérimentée que moi.
Jogging ce matin en étoile autour du domicile. Ne pas être à plus de 1 km de son domicile. Et pas plus d’une heure. Je n’ai pas l’habitude de courir dans la rue. Je me suis perdue. J’ai fait du rab…
Mon fils travaille 6 jours sur 7. Ils ont 10% d’effectif sur le site. L’ensemble des travaux de tri et d’acheminement ne peut pas être effectué. Il y a beaucoup de personnes atteintes par le coronavirus. Du coup, la situation ne va pas s’améliorer malgré une sollicitation plus importante du personnel intérimaire.

La voix de Lilie:

Après une journée de printemps, revoilà l’hiver !

Pourtant la journée commence avec le soleil. On se lance dans le sport terrasse. Corde à sauter alternée avec tours de jardin pour moi, vélo d’appart en extérieur pour lui.

Vers 15h, petit-dej-café-apéro en famille sur messenger. Nous sommes 6 fenêtres sur un telephone ! Une en Guyane 10h, nous en métropole 15h, un en Thaïlande 20h. Une qui commence la journée que l’autre a déjà vécu. C’est troublant.

La discussion demarre gentiment, on tente de parler chacun son tour, sinon on ne comprend rien. Très vite on part dans un délire de déguisement avec des effets spéciaux. Ma nièce prend des photos en même temps (moi déjà je suis arrivée à me connecter, alors prendre des photos !). Elle nous les partage ensuite. Souvenir de temps improbables.

1h en fin d’après-midi est consacré à notre nouvelle forêt. On y découvre des endroits fabuleux. Une petite rivière y a son lit et descend en jolies petites cascades. Je suis estomaquée, il y avait cette pépite derrière chez moi et je ne le savais pas. J’espère que l’ouverture au public n’abimera ce diamant. J’ai pris des photos.

Jour 12 – 28 mars

Samedi – 2ème samedi de confinement
D’habitude, le samedi, c’est courses, ménage, marché…
Les courses ont été faites hier, le marché est fermé.
Ménage. Désinfection de la cuisine et de la salle de bain. A l’eau de javel. Il n’y a plus d’alcool ménager dans les magasins.
Le Picard est fermé. Rupture de stocks.
La journée est passée vite. Un très beau soleil dehors. Nous sommes restés dedans.

 

La voix de Lilie:

Il fait un temps magnifique aujourd’hui. Soleil et douceur du printemps. On dézhiverne la terrasse, passage en mode été. Pour la première fois on mange dehors.

Je passe l’après-midi avec Graine, on a du travail à faire…

En fin d’après-midi, lorsque les gens sortis rentrent chez eux, on part promener dans la forêt derrière la maison. Découvrir le nouveau bois qui vient de nous être ouvert. Nous y allions clandestinement il y a 25 ans, et maintenant presque clandestinement lorsque l’on passe le km…

Un vieux pont moussu, quelques biches, cet endroit est magnifique. Et désert, c’est ce qu’il nous faut…

Jour 11 – 27 Mars

Le temps s’allonge, le temps s’étire, le temps du confinement n’en finit pas …
Et tout prend du temps. Les courses, le rangement des courses, le nettoyage récurrent des mains et des surfaces…
Demain, c’est le week-end. Ce soir, nous avons bu l’apéro.

 

La voix de Lilie:

Enfin le dernier jour de télétravail. Ouf, je n’en peux plus.

Je l’avoue, comme une petite fille qui aurait fait une grosse bêtise, toute penaude, oui, je l’avoue j’ai vu ma fille et ma petite fille ce matin. Pas touchées, mais vues. C’est bien plus fort après 3 semaines sans se voir. La petite a 2 mois aujourd’hui, je suis contente de l’avoir aperçue, elle a déjà tellement grandi et changé.

Le soir, un peu de marche dans le bois tout près de la maison, et petit apéro familial sur whatsup. On s’adapte. C’est le propre du vivant, s’adapter.

Jour 10 – 26 Mars

Et pourquoi pas un apéro sur skype?
Ridicule en temps normal…mais, à y réfléchir en cette période de confinement!
Cet après-midi, j’ai commencé la fabrication d’un masque avec ma petite fille. Un masque pour se déguiser, pour jouer.
Ce soir, nous voici à nouveau tous les 2.
Alors oui, pourquoi pas un apéro sur skype, entre copines par exemple!

La voix de Lilie:

Le télétravail m’épuise. Ils sont devenus, redevenus fous. Fous de réunions skipe, fous de l’urgence des dossiers, fous…

Cette semaine il fait beau et pourtant je ne vois pas le jour.

Heureusement, chaque soir, détente dans mon petit bain chaud.

L’idée d’un apéro vidéo est chouette. Je suis partante. Avec ma famille on a créé un groupe messenger pour papoter. Et on rigole bien 🤣🤣

Jour 9 – 25 Mars

Le confinement se durcit. Les marchés sont fermés. Pas de jogging à plus d’un km de son domicile. Nous sortons a minima. A force de ne plus sortir, je ne sais plus quel jour nous sommes. J’essaye de peindre des roses de porcelaine. De la couleur, de la lumière, ça me fait du bien.
Ma fille m’a amené la petite. Et j’ai des photos et des vidéos de mon petit fils tous les jours.

La voix de Lilie:

Graine va mieux, les petits enfants ont cette magie de nous redonner de la joie instantanément.

Je travaille encore, je garde mes jours de repos pour plus tard, quand je pourrais en faire ce que je veux.

Cours en ligne de step ce soir pour me défouler. Je ne suis pas sortie du tout aujourd’hui, à peine sur la terrasse.

Demain fils n °2 travaille. J’espère qu’il ne nous rapportera rien de méchant… Comment être certains maintenant ? Est-ce utile de se confiner et de récupérer le soir quelqu’un dont on ne maîtrise pas les conditions sanitaires ?

….. 😡

Jour 8 – 24 Mars

J’ai mal partout. Mon corps déteste le confinement. Le haut du dos, les épaules et la nuque; le haut de la cuisse droite lorsque je reste assise trop longtemps; un bouton à l’intérieur de la lèvre qui ressemble à un bouton de fièvre sans en être un, des aphtes dans la bouche…et bien sûr toujours mon poignet avec sa tendinite de De Quervain dont je dois prendre soin: exercices, crème anti-inflammatoire matin et soir, orthèse la nuit…
Ne pas tout mettre sur le dos de la pandémie.
Respiration, yoga, méditation – pas une journée sans exercice. Indispensable. Génial, l’idée du cours en ligne.
Et la peinture.
L’urgence à faire s’évanouit. Le temps s’est arrêté. Au dehors, la course contre la montre s’accèlère. La course contre la mort.
Manu Dibango est mort. Du Coronavirus. Uderzo aussi s’en est allé.

 

La voix de Lilie:

Graine ne va pas bien, je voudrais la serrer dans mes bras pour qu’elle reprenne des forces…

Il fait soleil, et froid. Ma journée de travail m’épuise. Ils ne changent pas finalement. Le monde du travail se réadapte très vite et la spirale des réunions et des objectifs inatteignables est repartie….

Je me défoule avec une heure de marche dans la forêt tout près de la maison. Graine, je m’aère pour toi.

Le jaccuzzi est chaud, et je me fais un bain détente chaque soir depuis lundi avant d’aller dormir. Quel plaisir.

Jour 7 – 23 Mars

Une nouvelle semaine de confinement débute.
Nous savons tous que ce ne sera pas la dernière et que le confinement va se durcir.

Ménage, dessin, peinture. Puis tâches administratives de bénévolat – Je n’ai pas ma petite-fille aujourd’hui. Nettoyage des vitres. Acheter le pain…. (suite…)

Jour 6 – 22 Mars

Aujourd’hui, c’est dimanche. Le jour des enfants, du repas copieux partagé en famille…
Le repas, oui, mais sans les enfants. La vidéo en guise de partage.
C’est aussi le jour du jogging. Nous sommes partis courir chacun de notre côté. Dans les rues, autour de chez nous. Ce matin. De bonne heure. Pour ne rencontrer personne. En évitant le bois de Vincennes et les abords des marchés.
Ce soir, les informations. La sidération. Qu’allons-nous devenir? Que va t’il se passer dans les jours à venir?

 

La voix de Lilie:

Grand ménage ce matin, pas commun pour un dimanche… Qui fait du sport, qui fait le repas, qui fait du ménage.

On a remis en marche le jacuzzi, ce soir on pourra en profiter.

Balade en forêt en évitant les grandes allées en fin d’après-midi.

On apprécie à fond ces plaisirs simples qu’on ne voyait plus.

Bah, le jacuzzi n’est pas encore assez chaud, ce sera pour demain.

Jour 5 – 21 mars

Premier week-end de confinement.
Ce matin, je suis allée au marché. Peut-être était-ce le dernier avant un certain temps?
Puis nous avons suivi un cours de yoga mis en ligne gratuitement par notre centre yoga.
Ce soir, nous avons commandé des pizzas… Le livreur est venu de Ménilmontant à vélo. Il méritait son pourboire. Nous avons apprécié les pizzas.

La voix de Lilie:

Il fait très froid aujourd’hui, et le soleil nous a quitté. Comme des enfants espiègles, coupables déjà, nous partons faire une balade au fond de la forêt. Par les petits chemins, c’est bon de marcher plus loin que le fond du jardin. De toute façon on ne croise personne, il ne fait pas beau.

Les groupes whatsup vont bon train, le lien entre nous est là, toujours intact. On se manque,

on attaque une nouvelle série pour se donner un objectif , le grand ménage pour la bonne conscience, la lecture un peu,

je rêve de la sortie copine…….

Jour 4 – 20 mars

Le temps passe, vite, finalement!
Déjà le 4ème jour
Après le départ de ma petite-fille, je suis allée faire les courses d’alimentation dans ma coopérative. Pas plus de trois personnes dans le magasin. Les enfants sont interdits. Une personne à l’entrée pour indiquer et faire respecter les consignes. A la caisse, aucune manipulation par le ou la caissière. C’est le client qui fait tout. Les courses ont pris du temps. Mais je suis fière d’être coopératrice. Comme les autres coopérateurs, je pourrais assurer mon créneau en toute sécurité.
Par contre, toute cette énergie pour développer le vrac, supprimer les emballages et le plastique. Et …le coronavirus … méfiance par rapport au vrac, suppression et retour du sac plastique!

 

La voix de Lilie:

Dernier jour de télétravail pour cette semaine. Quel plaisir.

Le midi, je fais du sport, on déjeune tous les 3, mon retraité de mari, mon échoué du travail de fils.

Je réalise que je ne vais pas revoir mes petits enfants de si tôt. Je vais louper les moments de douceurs et d’abandons de ma petite « nourrissonne »… moi qui adore les tous petits… chacun va rater quelque chose d’important dans cette histoire. Regardons le positif, tout la monde va bien, petits et grands et même très grand age…

Ce soir, c’est apéro whatsup avec la famille. On partage un moment, sans être là physiquement. N’est ce pas justement le propre de ces nouveaux modes de communications ? être toujours en contact sans jamais se voir…eh bien pour une fois, c’est une bonne chose !

Jour 3 – 19 mars

Le confinement devient le quotidien.
Je ne suis pas sortie aujourd’hui. Excepté dans la cour de l’immeuble où j’ai couru derrière ma petite fille à trottinette, pendant un 1/4 h. Personne d’autre que nous. Un petit et ses parents deux étages plus haut.
La fenêtre du salon est restée ouverte toute l’après-midi. 21 degrés dehors. Le chant des oiseaux. La lenteur s’invite. Le temps s’éternise.

 

La voix de Lilie:

C’est une journée de printemps. Pouvoir profiter du jardin est un luxe dont tout le monde ne peut disposer. Je l’apprécie d’autant plus.

J’ai posé mon portable sur la table du salon de jardin et je travaille dehors, je prends le soleil au boulot, une première.

Entre ça , la grasse matinée quotidienne et le 0 transport, comment vais-je faire pour un jour retourner au travail ?

Jour 2 – 18 mars

2ème jour de confinement.

Le ciel est gris. Le printemps est là pourtant. La météo l’a affirmé.

Le silence. Le vide. Le rien. Juste la clarté du dehors et le bruit de la machine à laver

La voix de Lilie:

La maison est animée: un retraité, un échoué du travail, une télétravailleuse.

Sport le midi et petit café sur la terrasse. Il fait doux, le printemps pointe son nez. On tond la pelouse.

Quelques courses pour subsister jusqu’à la saison nouvelle !

Jour 1 – 17 mars

Encagée. Comme un oiseau qu’on a enfermé.Trouver un prétexte pour sortir. Appeler les uns et les autres. Communiquer. Ecouter les informations. M’assurer que mes proches et mes amis vont bien. Encagée, comme tous mes voisins, comme tous les français.

Ceux qui ont des maisons, au moins… Ceux qui sont en télé-travail, au moins…

Et ceux. Ceux qui sont seuls chez eux, ceux qui sont malades, ceux qui vont travailler au dehors, ceux qui nous soignent …

La voix de Lilie:

Une occasion unique de se recentrer sur l’important , se dégager des activités négatives. Un moment unique où l’éloignement imposé va nous rapprocher d’une autre manière.

Le télétravail, se parler, s’entendre, se voir sans être ensemble. Quelle drôle d’époque de pouvoir tout faire de loin. Tous ces moyens de communications qui finalement nous éloignent, et aujourd’hui nous protègent ….

Du pays des sucs – Le retour à Paris

L’étrangeté du retour. Nous étions ailleurs. Nous rentrons pour réintégrer le quotidien: la famille – enfants, petits-enfants, les activités de loisirs: arts plastiques, jogging …, les activités sociales: créneau aux 400 coops permanence aux Amis de St Jacques, bénévolat à l’Aire mots, garde de ma petite fille, les tâches ménagères: cuisine, courses, repassage, ménage… Sas entre l’ailleurs et le quotidien: le voyage: voiture, train, avion. Un entre-deux. Nous ne sommes plus dans l’ailleurs , pas encore dans le quotidien. Peu à peu, se dessinent les contours du quotidien tandis que s’estompent les paysages de l’ailleurs Ranger dans la case souvenirs ce qui a été agréable. Oublier le reste. Mettre dans la to do list le tri des photos…

L’arrivée du premier petit enfant

Nous étions parents et …nous voici d’un coup d’un seul propulsés au rang de grand parent…

Papy, Mamie, Pépé, Mamilaure…

Une vraie révolution

L’arrivée du bout de chou – minuscule petit être en devenir bouscule notre vie.

Mais que de joie à venir

 

 

La montée vers Cilaos

Après la cérémonie des offrandes au temple tamoul de Bras Panon, nous montons vers Cilaos

Le temps est couvert…

Au dessus de l’église Notre dame des Neiges, nous nous dirigeons vers les thermes…

Malgré l’heure tardive, l’envie de marcher…

Randonnée vers la Roche Merveilleuse

 

 

Premier jour à la Réunion

A notre arrivée hier soir, les premières babouks…

Elles étaient venues nous accueillir. Nous: les copines – avec les conjoints. 7 personnes avec les conjoints. Et avec nos hôtes, nous sommes 9.

Le petit punch a permis de digérer cette première rencontre imprévue…

Aujourd’hui, nous restons à Ste Suzanne

 

La Cascade Niagara. Grandiose. Il a fait mauvais ces derniers jours. Nous ne pouvons pas nous baigner.