La voix de Graine

La pluie est revenue. Pour la semaine…
Et quand la pluie revient, le moral se met en berne. Des bruits sur un durcissement des mesures Anti-Covid: nouveau confinement, couvre-feu généralisé à 18h…Attendre et voir. De toute manière, nous n’avons aucune marge de manoeuvre. Juste, se dépêcher de sortir un peu avant une mise en application, si c’est possible. Mais avec la pluie, ce n’est pas top.
Oui, il y a un an, nous étions toutes et tous ensemble à la Réunion. Qui aurait imaginé la suite de l’histoire? Il était déjà question de la pandémie, mais nous prenions la chose à la légère, nous nous moquions des chinois masqués. Juste une chinoiserie qui ne toucherait pas à l’Europe. Comme nous étions naïfs!
J’ai appelé deux Graines ce matin. Sûr, ça fait du bien de se parler. C’est moins bien que de se voir, mais c’est bien. Je réalise que je n’ai appelé quasiment personne pendant cette période de fêtes. Je n’avais pas l’énergie. Ce matin, j’ai aussi appelé une copine chez qui nous étions invités le week-end prochain. Elle m’a appris qu’elle était hospitalisée depuis le 31 décembre. Difficile d’être présente auprès des autres lorsqu’on a du mal à se tirer soi-même! La période de fêtes est souvent difficile à passer pour beaucoup d’entre nous. Et le Covid n’arrange rien.
En fin d’après-midi, atelier chant avec un groupe d’handicapés. C’était agréable, mais pour le coup je n’étais guère utile. Je dois débriefer avec la coordinatrice des bénévoles. Pour être plus utile, je pourrais accompagner des handicapés dans leurs sorties.

La voix de Lilie:

Encore une journée sans mettre le nez dehors. Je prends de mauvaises habitudes. Au printemps je faisais mon sport dehors, maintenant il fait trop froid. Je me souviens, quand je travaillais à l’extérieur – dans notre ancienne vie – je me reprochais déjà de ne pas sortir entre midi et deux. L’hiver, je ne voyais pas le jour. Je partais de nuit avant que le jour ne se lève et je rentrais après la nuit tombée. Cette année, grace au télétravai, et donc au covid, même si je ne sors pas, je me lève avec le jour, je termine avant la nuit. Je réalise que cet hiver je n’ai pas souffert autant du manque de sommeil et de lumière que les autres années. Le télétravail permet aux salariés en journée de revoir le jour en hiver et de se lever un peu plus tard. Comme quoi tout n’est pas négatif.

Cette pandémie dure, dure. Elle nous met à rude épreuve. Pourtant une sorte d’habitude de repli sur soi-même est en train d’émerger. L’envie de nouveauté et de monde me quitte peu à peu. Bien sûr comme beaucoup je rêve de sortie et de restaurant. Moins qu’avant. Pas meilleur moral que toi Graine…

Ce soir, j’écris cet article dans mon fauteuil à bascule en écoutant mini mini moi qui essaie de se rendormir. Je guette, je veille. Je sais que je ne dormirai pas beaucoup cette nuit, mais je profite de chaque instant de ma petite. Le temps bébé passe si vite. J’ai la chance de la voir souvent, et de me remplir de cet amour immense; bb grandira. Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants…. Et les mistrals gagnants.