La voix de Graine

Du mou dans les voiles aujourd’hui. Il me manque le vent du large.
C’est un lundi gris qui ouvre cette 3ème semaine de confinement. Heureusement, ce soir, les copines, mais en ligne, pas pour de vrai.
Tentative pour me mettre au dessin et à la peinture. Pas vraiment concluant. Difficile de s’y remettre. Pour l’écriture, c’est pareil. La page reste vide. Les mots se refusent à moi. Ils restent dedans, confinés.
De guerre lasse, je suis sortie chercher l’inspiration dehors. Fermé, le petit jardin adossé contre les immeubles. Je me suis posée dans un square, face à une prairie d’herbes folles. J’entends jouer les enfants de l’école d’à côté. Je vois passer les petits. C’est l’heure de la sortie.
Je reprends ma balade, grimpe vers la rue du Parc de Charonne. Sur la toiture du réservoir de Charonne – 6200 m2 de verdure – je découvre qu’une ferme urbaine est en train d’être réalisée. Trop tard. C’est fermé.
De l’autre côté de la rue, je traverse le petit cimetière de Charonne accolé à l’église St Germain de Charonne. Une petite église simple et tranquille. Ouverte. C’était l’église paroissiale du village de Charonne. C’est Paris à présent.
J’ai encore dépassé mon heure de sortie, mais comment faire? Une heure et un kilomètre, c’est vraiment juste pour prendre l’air.

La voix de Lilie:

Un lundi gris, sans mettre le nez dehors. J’exagère, j’ai fait ma séance de sport sur la terrasse. Donc, j’ai pris l’air, une heure au petit matin. Bien entendu ce n’est pas suffisant. Pour le corps. Parce que l’âme a pris l’air ce soir.

Elles étaient toutes là. 6 impertinentes. A refaire le monde, parler de tout et de nous. C’est la faim qui nous arrête, toujours cent mille choses à dire. Leur sourire, les entendre. Il n’y a rien de tel que l’amitié pour se réchauffer l’âme et le coeur. Un repas fille pour un empire !

Je suis restée sur cette note positive. Pas écouté les infos. Tout va bien dans mon monde. Quand même, vous me manquez les filles !

Une anecdote au passage. Pour donner de la force à son collègue qui a du mal, une collègue a dit qu’il faudrait lui donner du Topset. Il y a cent ans que je n’avait pas entendu cette réflexion ! Saperlipopette, il y en a encore qui ont vécu le topset. Et les treets, les nuts aux noisettes, les cadeaux bonux ! Personne n’a relevé parmi les jeunes, preuve que personne ne relève quand on ne comprend pas, preuve que personne n’écoute en réunion skipe micro coupé ?

En parlant de ça, ne serait ce pas Yves Montand, là bas, sous les feuilles mortes ?