La voix de Graine

Dimanche de transhumance masquée
Les parisiens partis pour Noël remontent. Ceux qui partent pour le nouvel an descendent. Et il n’y a pas que des parisiens. Beaucoup de monde sur la route. De la pluie tout le long du trajet. De la neige en Corrèze. Une neige mouillée. Pas question de traîner en route. De toute manière, les aires d’autoroute sont bondées. Et nous devons arriver avant 20 h, l’heure du couvre-feu. La route est longue sous la pluie. J’appréhende l’arrivée dans une maison vide, froide, poussiéreuse, hostile. Les travaux sont à peine terminés. Les radiateurs ont été remontés hier.
Heureuse surprise: la maison est poussiéreuse, certes, mais les murs sont beaux. J’ouvre une bouteille de vin. Je suis chez moi, dans ma campagne. J’allume le feu. Il peine à démarrer. Demain, nous allons nettoyer, ranger, dépoussiérer. Il va falloir s’y remettre à plusieurs fois car la poussière s’est infiltrée partout.
De l’autre côté de la rue, la maison du Père Noël clignote de tous ses feux. Mes voisins. J’irais les saluer demain.

La voix de Lilie:

Peut-être le début d’une nouvelle étape. Aujourd’hui, la vaccination vient de commencer en France. Petitement. L’observation des effets est de mise. Pour l’instant, c’est notre seul espoir d’en finir avec cette pandémie. Tout en croisant les doigts pour que le virus ne mute pas au point de rendre le vaccin inefficace…

La situation est de plus en plus difficile à vivre. Aucune distraction. Les boutiques ne laissent entrer que 3 personnes. Il faut faire la queue dehors dans le froid et avec le masque. S’il y a un couple à l’intérieur, une seule autre personne peut entrer… Cet après-midi, on prend un chocolat chaud à emporter et on le boit, là, dans la rue…. Comme il fait très froid, on le termine même dans l’église du village !

Le temps est resté gris aujourd’hui, comme mon moral. Après une petite marche ce matin, même pas envie de sortir cet après-midi. Du coup, ce sera dimanche télé, chambre. À part une petite sortie pour prendre l’air, et un chocolat ! Ça fait du bien quelquefois de ne rien faire.

La gérante de l’hôtel se démène pour faire tourner son affaire du mieux qu’elle peut. Son mari aux fourneaux pour les plats à emporter et les plateaux repas, quelques chambres louées. Elle vit sur les bénéfices de la saison dernière. Elle ne se plaint pas. Elle pense à ceux qui sont dans une situation bien pire qu’elle. Pourtant elle fait partie du secteur le plus touché par le confinement. Esperons pour eux que ça s’arrête bientôt.

Ces quelques jours ici ont été très agréables et très reposants. Les gens sont très accueillants, et subissent la situation avec philosophie, que faire d’autre ?