La voix de Graine

Vendredi- veille de week-end – 1ers départs en vacances de février.
Pour notre départ à nous, encore une semaine à attendre. Une semaine c’est vite passé. Ta petite virée famille va te faire du bien, Lilie.
Ce matin, ménage, pour libérer le week-end, puis j’essaie de travailler sur le site de mon association jacquaire.
A 12 h 15, une collègue de mon mari nous rend visite. . Elle habite à 20 mn de chez nous. Une pause dans son jogging. Elle prend un café. Nous prenons l’apéro. Elle nous parle de son fils qui est dans la même classe que ma petite fille. Il est assisté d’une AESH – Accompagnant d’élèves en situation de handicap, 18 h par semaine, à l’école. Elle nous parle de son combat pour obtenir cette assistance. Pour les parents qui ont des enfants en situation de handicap, même léger, la scolarité, c’est une vraie galère. Elle est tenace. Son fils a de la chance. Il va s’en sortir.
Cet après-midi, je rejoins ma maison d’accueil spécialisée, l’appartement. Les sourires m’accueillent. Sylvain réclame des câlins. Je ne connais pas les animatrices d’aujourd’hui. Ce type d’établissement nécessite un personnel 24 h sur 24. Et du coup, c’est sans arrêt de nouveaux visages. Pour les résidents, c’est la même chose. Je n’ai pas le droit de sortir seule avec Odile. Le chef de service a mis un véto. Pas de problème. Je sors avec Lisette, qui pousse Catherine. Nous allons vers la grande bibliothèque. Je leur montre la passerelle Simone de Beauvoir. Nous prenons des photos. Sur l’esplanade, des jeunes qui chantent, qui dansent.
Une fois rentrées, j’ouvre dans la chambre d’Odile le cadeau que je lui ai acheté pour son anniversaire. Un livre de conte. Nous ne le lirons pas ce soir. Odile est fatiguée.
Pour le repas du soir, je passe chez le traiteur italien. Le vendredi soir, je ne fais pas la cuisine. 18 h 30 à la maison. J’ai débordé du couvre-feu. Couvre-feu. Pendant la dernière guerre, il y avait le couvre feu. Mes parents ont vécu la guerre de 16 à 22 ans. En pleine jeunesse. Le samedi soir, ils organisaient des soirées dansantes, en calfeutrant les fenêtres. Un des jeunes se dévouait pour surveiller. S’il signalait un problème, extinction des lumières…
Les discussions et émissions sur le Covid envahissent tout l’espace. Je sature. Ras le bol. J’ai vraiment besoin de prendre l’air.

La voix de Lilie:

Journée très chargée aujourd’hui. C’est la fin de semaine. Tout le monde s’excite pour boucler ses dossiers et il faut répondre à leurs multiples sollicitations. Réunions incessantes.

Heureusement entre midi et deux ma fille vient déjeuner avec moi. Nous avons commandé japonais. C’est notre repas traditionnel mère fille. Tranquilles sans mari, sans enfants. Nous pouvons discuter comme autrefois, sans petites personnes pour nous interrompre.

En fin d’après-midi, après le travail, j’enchaine sur ma formation. 2h de plus. J’ai la tête en compote. Heureusement que s’annonce 3 jours de we.

Ma mère et ma belle mère sont vaccinées. Voilà une bonne nouvelle. Dans un mois la famille pourra vivre plus librement, nos mères serons protégées. Le voile de cette pandémie semble se lever légèrement. Peut-être sent on la fin de la pandémie se profiler. De cette pandémie. Parce que certaines analyses évoquent bien le lien entre nouveaux virus et état dans lequel nous mettons la planète. Polluer les sols, l’air et l’eau, supprimer des espèces vivantes, des plantes ne peut que libérer des espaces pour de nouvelles formes de vie pas particulièrement amies de l’homme… Est-ce que la leçon reçue portera ses fruits ? A quel niveau arrivera-t-on avant la prise de conscience ?

Il est minuit, je n’ai pas encore fait ma valise….