La voix de Graine

Nous nous installons confortablement dans le confinement tandis que le/ la COVID s’installe confortablement dans notre quotidien. Il en fait à son aise.
Pour certains, par contre, soignants, enseignants, le confort n’est pas le maître mot. Ils sont à la peine. Qui s’en préoccupe? Plus d’applaudissement à 20 h. ça, c’était quand il faisait beau. Et puis, la situation était nouvelle, incongrue. Maintenant, les confinés vaquent à leurs occupations. En essayant d’éviter la contamination pour la plupart. Pour d’autres, un couvre-feu a dû être mis en place …
Comme beaucoup d’autres confinés, j’ai rempli ma journée. Le temps s’élargit au fur et mesure que l’espace se retrécit. Ce matin, à 7 h, séance de respiration guidée sur zoom, puis les courses, la cuisine, le kiné…
Un temps clair, lumineux.
Cet après-midi, nettoyage de la carte mémoire de mon portable, préparation d’une interview pour les Amis de St Jacques, dessin avec mon cours d’Arts plastiques. Sans bouger de la maison bien sûr. Et c’est mon mari qui a préparé le repas du soir: Filet mignon et mélange de légumes au four. C’est agréable de se mettre les pieds sous la table de temps à autre.
Journée pleine, je suis fatiguée. Je n’ai pas vu le temps passer.

La voix de Lilie:

Encore une journée de télétravail. Je suis fatiguée. Je voudrais partir en we, en vacances. Je voudrais des heures à ne rien faire. Même chez moi. Je m’oblige à sortir faire le tour du quartier pour prendre l’air. Le soleil descend déjà, l’heure d’hiver a raccourci nos journées. Il a fait beau et pourtant j’ai à peine vu le ciel.

Je n’ai pas mis les pieds sous la table.. J’ai fait une bonne soupe de légumes. J’en aurai pour plusieurs soirs.

Je m’inquiète.