Merci Lilie de ta voix qui fait écho à la mienne. Le temps est si long parfois. Je pense que nous attendons l’autre qui ne vient pas, parce qu’il n’entend pas, parce ses préoccupations sont ailleurs, tout simplement.
Habiter l’instant, lui parler, l’amadouer, le savourer, et l’offrir à l’autre quand enfin il est là. C’est ce que tu as si bien fait avec tes tourterelles…
Aujourd’hui, l’instant d’après m’effraie. J’ai du mal à me projeter dans cet entre-deux où les interdictions strictes vont se lever une à une mais où le risque demeure important. A chacun de se positionner. Pour la semaine prochaine, je n’ai pas fait de prévisions. Pas de rendez-vous. Je voudrais voir mon petit fils. J’espère que ses parents seront d’accord.

La voix de Lilie:

Le temps d’après se devine peu à peu.

Au tout début du confinement, le choc de la privation des notres, de la privation de liberté a été immense. La montagne d’infos télé, anxiogène. Au bout d’une dizaine de jours, les symptômes se font sentir, l’angoisse d’être malade prend le pas sur le raisonnement. Puis comme tout être humain, l’adaptation arrive, de nouveaux modes de vie apparaissent, le nouvel équilibre est en place. La protection du confinement nous tranquilise. Dans 3 jours, tout sera remis en cause. Joie d’être libre, peur d’être libre. Joie de revoir nos proches, peur de revoir nos proches. Cette liberté à tout petits pas va nous demander de nous adapter par petites touches. Chaque pas sera une victoire, pas en avant ou pas en arrière, qui le sait…

Alors aujourd’hui j’ai préparé demain. Rendez vous chez l’ostéopathe pour dénouer 55 jours.

Le jardin est bien vide, graine, sans les oiseaux. Aussi, je le souhaite de toute mon âme, dans quelques jours tu pourras serrer ton petit sur ton cœur. Et ça, c’est la belle vie.