J – 2. Le 11 mai, déconfinement. L’heure du bilan.
Pour l’état de santé sanitaire et économique de la France, la parole est aux spécialistes, aux experts, aux politiques. Tout de même, chapeau bas aux maires qui endossent dans cette pandémie beaucoup de responsabilités, chapeau bas à tous ceux qui ont des décisions à prendre: les chefs d’entreprise, les directeurs et directrices d’écoles…, chapeau bas aussi à ceux qui vont prendre des risques pour simplement exercer leur métier: dentistes, ostéopathes, coiffeurs…
Pour ma part, je me contenterais du bilan de mon confinement. De ce que j’ai envie de retenir. Une dizaine de croquis et de dessins, quelques journées avec ma petite fille – entre école et complicité de jeu…Et de ce soutien, en ligne. Whattsapp avec les copines, skype avec les soeurs et les enfants, les coups de fils, cours de yoga en ligne, atelier d’écriture, proposition de dessins par notre professeur d’Arts plastiques…C’est tout cela qui a permis que cette période de confinement se passe, magré l’ennui, malgré la lassitude, malgré le manque d’espace, de nature, de lien social.
Aujourd’hui, j’ai passé la moitié de la journée à dessiner et à peindre.
Lilie, pour mon article -même si un morceau s’est fait manger, aucun souci.
Tu es vaillante, tu essaies de maîtriser la bête et c’est tout à ton honneur. Quant à moi, je me contente d’écrire mon article sans me poser de questions. Surtout, ne pas soulever des difficultés que je saurais pas résoudre!

La voix de Lilie:

Il est tellement facile de critiquer depuis son canapé. Chapeau bas à ceux qui endossent des responsabilités. Merci à ceux qui nous ont soignés, nourris, évacué nos dechets, au péril de leur vie. On ne peut mieux dire. Tu l’ecris bien mieux que moi Graine. Je partage ton sentiment.

Il est à souhaiter que l’on n’oubliera pas nos soignants après cette épreuve. Les applaudir c’est bien, les soutenir dans leurs combats futurs, pour travailler dans de meilleures conditions, ce sera encore mieux. Il s’agit de notre santé après tout…

Quel bilan pour ma part ? Retrouver la conscience de la liberté. J’avais oublié qu’être libre est une immense chance, et que cela n’a pas de prix. Petit à petit, m’être recentrée sur mes valeurs, mes besoins. Simples. Qu’est ce qui m’a manqué ? Ceux que j’aime, famille, amis. Des promenades, la nature, apprendre, rien de commercial. J’ai découvert mon quartier au printemps, ses fleurs, ses oiseaux. 25 ans sans vraiment les voir. Un autre rythme s’est fait jour; levée, sport, télétravail. Bien plus agréable que métro-boulot-dodo.

Tout n’est pas à jeter. Je sors nouvelle de cette expérience. J’espère garder les bonnes choses qu’elle m’a apportées.

A petit pas, nous allons nous revoir, c’est merveilleux.

Soyons sérieux, tout ira bien. Si nous avons bien compris la leçon, le danger s’éloignera, sinon…