La voix de Graine

Un lundi ensoleillé plein de promesses.
Je suis allée me balader aux confins de mon kilomètre, en débordant un peu. J’ai débordé aussi de mon heure. Facile avec le portable. L’attestation est générée à l’instant même. J’ai découvert le jardin partagé de la cité Aubry. Adossé aux immeubles taggés, on y entre par la rue éponyme, une rue minuscule en forme de « n ».
L’olivier côtoie le romarin. Des framboisiers. Un pommier, un figuier, un arbre kiwi, du laurier-rose, des pieds de tomate-cerise, du thym, une cage d’oiseaux sans oiseaux, un nichoir, des oiseaux, une mare et des poissons, un petit pont de bois rouge, des fraisiers, de la vigne, des citrouilles, un pied d’artichaut, du sureau. Un palmier aussi. Et des plantes d’agrément et des fleurs: oeillets, fleurs de lin blanches et rouges, plantes grasses…Plantés dans des caisses en bois ou de gros sacs de toile, soutenus par des tuteurs de bambous ou autres baguettes de bois ou de fer. Des petites allées délimitées par des haies improbables – l’une d’elle est décorée de couvercles de coquilles St Jacques.
Tout en haut, des bancs où on peut s’asseoir et rêver. Nous étions deux. Un hâvre de paix et de verdure. Un bol d’air, de silence et de nature. Le jardin est ouvert à tous. Bien sûr, seuls les adhérents peuvent y travailler.

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Le jardin partagé de la cité d’Aubry


Ce bol d’air m’a nourrie. Je pense aux navigateurs qui sont partis faire le Vendée Globe. Longtemps, j’ai pensé qu’il s’agissait du Vent des Globes. Je les envie. J’ai besoin de large, besoin d’espace, besoin d’évasion.
Les copines aussi, ça nourrit. Les images d’ailleurs, le partage, c’est essentiel, ça réchauffe le coeur.
J’ai fini d’interviewer mon responsable de gîte. J’ai rédigé l’article. C’était sympa, ça m’a aussi permis de sortir de mon périmètre restreint. De l’air, de l’air, de quelque moyen que ce soit.

La voix de Lilie:

Quelle belle journée aujourd’hui. Un ciel bleu sans nuage 19 degrés. Une journée de printemps volée à l’automne. Nous avons été chercher 2 sandwichs à la boulangerie et nous les dégustons sur un banc face au soleil. Une coccinelle 🐞 vient se poser sur mon genou. Je ne savais pas qu’elles vivaient en cette saison. Après tout, c’est le printemps aujourd’hui ! Comment me résoudre à retourner m’enfermer pour travailler. J’avoue, je tarde un peu…

Il y a 50 ans mourrait le général de Gaulle. Il y a 50 ans et je m’en souviens. Il y a 50 ans, j’avais 9 ans. Nous avions eu une journée de deuil national sans école et une cérémonie avait été organisée au momument au mort. Il faisait un temps d’automne plus humide qu’aujourd’hui. Je portais ma gabardine beige. Même le nom de ce vêtement ne se dit plus ! Jupe, socquettes blanches, chaussures du dimanche vernies. Une époque lointaine, terminée. Des modes de vie oubliés. La charnière de 2 époques.

La journée se termine entre filles. Les graines sont toutes là pour 2 fois 40mn de bavardage à baton rompus. Je me demande combien il faudrait d’heures, de jours, d’années pour qu’on épuise notre potentiel de sujets de discussions ! J’adore ces moments vivants, riants, profonds, futiles…

Je vais bien dormir, du coup.