Un lundi de Pâques fenêtres ouvertes – bruits de voix, de ballons, trottinement des joggers aux heures autorisées.
Le temps se déroule lentement, rythmé par les repas, le yoga, la respiration, le site … Lentement , tel une roue grippée.
Trouver des projets de couple, retrouver une dynamique, des perspectives.
Pas facile, mais indispensable pour moi. Concevoir, construire, inventer, créer, rêver, partager. Le quotidien sans sa dimension dynamique, tournée vers l’avenir est tout juste insupportable, insurmontable.
Le chemin de Stevenson prévu début mai restera un projet, pour plus tard.
J’ai demandé à mes voisins de m’ouvrir la maison de campagne pour qu’elle respire, qu’elle prenne le soleil. Je cherche des fauteuils pour l’aménager. Mon tableau de jungle, ce sera pour la décorer …
La campagne… ce serait si bien d’y être! Mais comment ceux qui y vivent vont accueillir les parisiens que nous sommes quand nous serons, enfin autorisés à bouger…La campagne…les arbres, le ciel, les fleurs, la nature. Ma petite fille en rêve aussi – de la maison aux araignées…
A Paris, sur les arbres, les feuilles ont remplacé les fleurs. L’éveil de la nature s’est fait, sans nous …encagés des villes que nous sommes.

La voix de Lilie:

La difficulté de vivre loin les uns des autres. Est-ce un avant goût de la fin de vie ? Lorsque nous ne serons plus capables de sortir ? Comme nos vieux parents, enfermés dans leur intérieur, les amis partis pour toujours. Petite mort.

La vie se déroule par écrans interposés. Un peu de télé pour les infos et quelques films, une bonne dose de smartphone pour le lien social, la curiosité, les recettes, les idées, les blagues, et le monde à nos pieds de l’internet.

On ne se parle pas, on regarde nos écrans. On ne regarde pas les mêmes choses, chacun ses centres d’intérêt. On ne prépare pas l’après, l’échéance s’éloigne encore.