Aujourd’hui, c’est vendredi

La voix de Graine

C’est la fin de la semaine, Lilie, tu tiens le bon bout…J’espère bien que tu vas profiter du week-end pour faire des choses agréables pour toi…

Moi, ce matin, je commence par le rappel du vaccin Covid, que j’ai failli oublier. J’ai pris rendez-vous pour 9 h. Le test préalable est négatif, c’est parti pour une 4ème injection.

Ensuite, c’est le square pour le square pour mes exercices quotidiens et ma balade. J’ai rendez-vous avec une copine qui va venir avec sa petite fille de un an. Elle retarde le rendez-vous, je remonte boire un café, étendre mon linge, lire ton article d’hier. Je n’aime pas ta tristesse, elle résonne en moi, je connais bien ces coups de calgon!

Je resdescends au square et nous papotons pendant plus d’une heure avec ma copine que je connais quasiment depuis que j’habite à Paris. Nous parlons de la vie, des enfants, des conjoints…La petite s’est endormie. Elle fait ses dents. Nous promettons de nous retrouver régulièrement au square. Elle garde sa petite quasiment tous les vendredi.

J’ai encore du travail pour mettre à jour le site jacquaire. J’en fais une partie. Je laisse le reste pour plus tard. Je prends le temps d’appeler mes handicapés. J’irais les voir vendredi prochain.

J’ai un examen d’ostéodensitométrie en fin d’après-midi. Je vais y aller à pied. Vu la vitesse à laquelle je marche, je dois prévoir un peu de temps. Comme hier, je prend une seule béquille, et aujourd’hui, c’est un peu plus facile. Comme quoi, c’est bien le fait de marcher qui répare. J’hésite à prendre le bus pour rentrer, et finalement, je rentre à pied, lentement, à mon rythme et je m’écrouler sur le canapé une fois arrivée à la maison.

Mon mari prend un verre avec un copain. La petite va venir dormir ce soir, graine vanille aussi. Je n’ai rien préparé pour le repas. Le vendredi, c’est relâche. Nous allons improviser!

Balade à une béquille

La voix de Graine

Je n’ai pas eu mon compte de sommeil cette nuit , en conséquence, ce matin, je suis fatiguée.

Et en plus, j’ai des tâches administratives à effectuer, ce que je déteste. Je dois créer un compte Ameli pour mon frère qui est sous ma tutelle pour lui commander une nouvelle carte vitale. La sienne est égarée. Depuis hier, je m’y attelle, aujourd’hui, le compte est enfin créé. Pour le créer, j’ai dû mettre un email – donnée obligatoire -que je n’utilise pas parce que je devais mettre un email différent de celui que j’utilise pour mon compte. Je dois me remettre demain à la tâche car je ne pouvais effectuer qu’une seule opération aujourd’hui…et il me fallait créer l’adresse.

Mon frère a attrapé le covid. Il est asymptomatique. Il devait passer aujourd’hui un examen à l’hôpital qu’il n’a pas pu passer en raison de son test positif. Ce soir, j’ai un message m’indiquant que je suis positive au Covid. Ben voyons, sur les deux comptes, il y a le même numéro de téléphone. L’informatique est un outil formidable, normalement conçu pour simplifier la vie des gens. Ben, c’est raté. Ça ne fait que compliquer la vie des usagers. Et comment font ceux qui sont hermétiques à l’informatique?

Pas de copine pour marcher aujourd’hui, je décide de partir en balade avec une seule béquille. Je trouve ça dur. Je sens ma jambe qui est encore bien fragile. Et à 17 h, j’ai rendez-vous chez le kiné qui en rajoute une dose. C’est normal, on a rien sans rien. Il faut bien que je la fasse marcher cette jambe.

Une soirée tranquille se profile. Ce soir, je vais aller me coucher de bonne heure.

La voix de Lilie

Moi aussi je marche à une béquille….

À ta question de savoir comment font ceux qui ne connaissent rien à l’informatique, je peux te répondre de ceux que je connais, ils font faire par les autres ou l’autre, et en échange, ils ne font rien pour cet autre… Je suis amère, triste.

Côté idioties administratives, j’ai du demander à ma banque la création d’un compte internet à mon nom, en tout point identique à celui que je pensais être notre compte internet commun mais qui s’avèrent être uniquement au nom de mon mari. Pourtant tous nos comptes communs et personnels s’y trouvent…. Pourquoi ce besoin ? Parce qu’une nouvelle loi de sécurité des paiements internet impose un compte internet différent pour chaque carte bleue… Alors les deux comptes ont le même email, le même téléphone le même accès par mon empreinte et la même liste de comptes mais ils sont à deux noms différents et la banque est couverte…. Vraiment stupide, d’autant plus que M Lilie est bien incapable de gérer son compte et même de payer depuis internet.

J’ai aussi 3 adresses email pour les amelie et les retraites de monsieur, de mon père, de ma mère. C’est beau de faciliter la vie des aidants. Toutes ses lois qui devraient nous protéger et qui nous rajoutent des contraintes d’utilisation, ou qui sont détournées, comme celle qui nous impose d’accepter des cookies sur chaque site visité.

Quand je regarde mon chat étalé sur mes jambes, somnoler en ronronnant, je me dis que la vie pourrait être un peu plus simple….

Sur le front Covid, la moitié du service est positif, la responsable négative, les autres sans symptômes n’ont pas fait de test. Un repas de fin d’année sur une table ronde. J’étais entre un positif et un négatif. Ah.

Garder son âme d’enfant

La voix de Lilie

Les lendemains de fête sont toujours difficiles. Encore plus lorsque la nuit est entrecoupée par un joli petit diable de 2 ans. Couchée très (trop) tard, petite fille me réveille vers 4h du matin. Je me glisse dans le lit à côté de son lit à barreau pour la rendormir avec ma main dans la sienne. 7h30 elle est debout, précise qu’elle a fini de dormir et qu’elle veut son biberon. Le sommeil, le mien, ne veut pas s’en aller si vite. Je lutte contre lui, et contre elle, essaie de gratter quelques précieuses minutes. Las, pas question pour elle de somnoler avec moi. Ça me rappelle lorsque mes enfants étaient petits (étaient des enfants en fait !) et qu’ils me réveillaient trop tôt, combien ça m’était difficile de me lever. Heureusement avec les petits enfants ce n’est qu’un matin par ci par là.

Ce charmant petit personnage, adorable quoi qu’un peu despotique avec sa mamie, se transforme en monstre de caprice dès la porte de sa maison franchie. C’est la première fois que je vois ce changement aussi soudain que profond. Elle chouine, pleure pour avoir ceci ou cela de la part de sa mère qui pourtant ne cède pas à ses demandes d’avaler toutes les tranches de saucisson en même temps, manger une sucette avant le repas, et j’en passe. L’aîné profite de la situation pour l’aiguillonner un peu plus, et sauter partout au passage. Ma fille n’en peut plus. Deux enfants petits ce n’est pas rien. Je me revois à son âge, en burn out maternel. J’essaie de l’aider au mieux pour lui éviter ça mais le pourrais je ?

Comme à chaque fois l’histoire se termine par une bonne dispute entre M Et Mme Lilie qui n’ont pas la même optique sur le sujet.

La voix de Graine

Je prends plaisir à te lire, Lilie et je te vois très bien essayer de négocier avec ton petit tyran en couche…J’ai le même type de réflexion quand je vois ma fille et ma belle-fille qui n’ont qu’un enfant mais qui se retrouvent seules à assumer la charge quotidienne. Comment avons-nous fait, nous? Je ne sais pas, chez nous, il n’y avait pas de Papy, Mamie à disposition ! Enfin, si, je sais, nous les femmes, nous ne savons pas dire non, enfants et famille passent avant tout, avant nous, nous tirons sur la corde, sans même imaginer que la corde peut lâcher! Et mamies à présent, nous prenons sur nous de soulager filles et belle-filles, nous ne savons toujours pas dire non. Femmes et et hommes ne sont pas faits du même bois, c’est sûr.

Mais tout de même, il nous faut rectifier le tir et nous laisser une place. Nous avons aussi le droit de profiter de la vie. Notre place ne se limite pas à s’occuper des autres, des démarches admistratives, pour que notre environnement proche puisse profiter en toute sérénité des plaisirs de la vie. Nous nous oublions trop souvent et nous avons tort. Je m’en rends compte en voyant ma peur que tout recommence comme avant. Nous nous laissons avaler par trop de contraintes, trop de « to do list » qui mangent le plaisir et la joie de vivre.

Ce mercredi, pas de petite fille. Elle est fatiguée, elle veut rester chez sa Maman. Ça me fait du bien de pouvoir vaquer tranquillement à mes occupations sans avoir à me préocupper de préparer le repas par exemple. J’en profite pour faire une mise à jour un peu conséquente de mon site jacquaire pour mettre en avant les marches jacquaires préparatoires qui sont organisées tous les quinze jours. Cela fait pas mal de temps que je procrastinais sur le sujet sans réussir à m’y mettre.

Et ce matin, je me suis remise aussi sur la recherche de maisons en traçant un cercle autour de Paris.

Dans l’après-midi, j’ai un appel de l’assureur de la personne responsable de mon accident. Je vais toucher une provision de 2400 €. Le prix de la vie, de la douleur, de l’empêchement de faire…Cet appel me fait remonter en mémoire l’accident de voiture de ma mère qui au final a entraîné une récidive de son cancer et peu de temps après sa mort. Combien vaut une vie, combien vaut la douleur, combien vaut l’incapacité à faire? Je ne veux pas perdre du temps dans des calculs d’estimation, pour moi, la santé ne se négocie pas, mais je me dis que c’est une opportunité pour me faire aider et prendre du temps pour moi, enfin.

Ce soir, nous aussi, nous avons notre petit bonhomme et graine vanille. Comme le petit est sans sa cousine et avec une personne qu’il ne connaît pas, il est tout calme et gourmand, bien sûr, comme d’habitude. Nectarine, melon, ananas, 2 mini-glaces au chocolat, le dessert et le sucré ont la part belle ce soir, mais il a bien mangé sa part de quiche tout de même.

La journée se termine avec spritz au champagne et un petit verre de rhum arrangé, question de se lâcher un peu.

Ce soir, c’est la fête de la musique

La voix de Graine

Ce soir, c’est la fête de la musique, et j’ai la grande chance d’accueillir les Graines chez moi. C’est une chance oui. Cette pause fracture me maintient en confinement, certes, mais me permet de voir et de recevoir bien plus de monde que nous ne l’avions fait depuis longtemps. Je les laisse sortir et aller profiter de la soirée dehors, pour moi, ce serait trop. La dernière fête de la musique date de 2019. C’était il y a 3 ans! C’était il y a un siècle.

Graine vanille nous a ramené des ananas et des prunes de cythere de la Réunion. C’est un fruit que nous ne connaissons pas ici. Il se mange avec du piment et du sel.

Ce matin, je suis allée chercher mes nouvelles lunettes. Au retour, j’ai fait quelques courses pour ce soir, pas trop, juste ce que je suis capable de porter. L’ascenseur qui marchait ce matin est à nouveau en panne. Aujourd’hui, j’aurais fait ma gym!

Cet après-midi, je me repose en prévision de ce soir. Je bulle. Je lis. Et je ne prépare rien. Vers 17 h, je mets dans des petits ramequins et assiettes ce que j’ai acheté. Je n’ai pas fait de cuisine. Je suis dispo pour papoter et pour boire un coup. Ce n’est même pas moi qui dose le spritz! Je deviens réellement très flemmarde.

Le beau temps temps est revenu, la chaleur reste raisonnable et c’est agréable. C’est une belle soirée pour la fête de la musique.

La voix de Lilie

Enfin une double occasion pour réunir les Graines: la venue de Graine de vanille et la fête de la musique. Ce soir nous nous retrouvons (presque) toutes chez toi. C’est la première fois que je te vois remarcher sans béquille. Le voyage immobile s’ébranle. Bien sûr, tu ne nous suivras pas dans Paris ce soir, mais nous passons un très bon et très grand moment ensemble. Malgré ce que tu peux dire, tu as fait les courses et préparé les assiettes apéritives. Ok, tu as délégué la confection des aperols, mais il faut dire que c’est la spécialité de Graine de linotte, c’est important les professionnels, il faut s’appuyer dessus !

Tant de temps que l’on ne s’est pas vues toutes ensembles, vous arrivez à vous retrouver de temps à autre, moi je suis beaucoup partie ces derniers mois et entre le travail et les enfants, je manque de temps en journée pour vous rejoindre. Alors je me remplis de vous, de nous. De vos discussions joyeuses, de vos rires, de vos visages, d’être là, simplement avec vous.

Après un aperol et un peu plus, voilà 4 graines fin prêtes pour aller déambuler dans Paris au gré des notes de musiques. Il fait un temps parfait, ni trop chaud, ni trop frais. Nous démarrons par la bastille et les années 80. Je suis toujours étonnée que la jeunesse d’aujourd’hui aime encore danser sur ces musiques. C’est comme si nous en 1982 nous avions dansé sur des musiques des années 40. S’en suit un détour par la place des vosges autour de laquelle nous suivons un groupe de percussions peut-être Polynésien dans un rythme qui nous met presque en transe. Nous terminons vers le métro Saint Paul dans un bar où joue un groupe Latino. Les gens dansent jusque dans la rue. Le don est très très fort et nous empêche de parler aussi nous repartons assez vite. L’entrée du métro est bondée comme aux heures de pointe, c’est impressionnant. Nous revenons vers Nation, dans toutes rues que nous avons arpentées, de la musique sort de chaque terrasse de bar, chaque place. Nous terminons au niveau des colonnes du trône avec un groupe antillais et son stand de sorbet coco – un peu trop de cannelle à mon goût dans le sorbet !

Les meilleurs moments ont une fin, il est temps de se quitter et de rentrer dormir. Petite fille dort à la maison, la grasse mat, ce ne sera pas pour moi.

Feu vert du chirurgien pour …

La voix de Graine

Feu vert du chirurgien pour stopper net mon voyage immobile? Pas question, il y a un certain plaisir et confort à se laisser cocooner! Je ne suis pas si pressée que ça de retourner sur l’arène. Et après tout, qui m’y oblige?

Le chirurgien m’a dit que je pouvais marcher sans béquilles et faire ce que bon me semble. Le kiné, un peu rabat-joie, m’a dit que pour marcher avec une béquille, ou sans béquilles, il fallait marcher droit, sans boîter, qu’il ne faut pas laisser s’installer une claudication qui aura bien du mal à disparaître une fois installée. Donc, voilà, bilan, tout se passe bien, mais il faut mieux réapprendre à marcher correctement avant de lâcher les béquilles. Marcher, me re-muscler, acquérir de la force, j’ai encore du travail avant de retrouver une activité physique normale. Et pendant ce temps là, je peux bien me laisser cocooner encore un peu!

Le rendez-vous à l’hôpital m’a pris la matinée. Au retour à la maison, j’ai juste le temps de manger, même pas celui de me poser avant le passage de l’aide-ménagère. Je m’offre une après-midi de pause. Je ne fais rien. Je bulle. Et je téléphone.

A 17 h, j’ai rendez-vous chez le kiné. Je me sauve au moment de l’arrivée du chien. L’ascenseur est en panne. Pas question que je sorte le chien.

Aux informations, que ce soit la radio ou la télévision, les résultats aux élections législatives font l’actualité. Tous les autres sujets sont occultés. Que va faire notre président qui n’a pas la majorité à l’assemblée? Il va être obligé de composer sans aucun doute. Ça promet une belle pagaille au démarrage, mais au final, pourquoi pas un meilleur à venir, avenir?

La voix de Lilie

L’oiseau va pouvoir s’envoler. Et c’est important que ses deux pattes le portent et le portent également l’une que l’autre. Ne pas bruler les étapes.

Les Graines cherchent le titre de ton collage, aux pays des fées, le rouge étoilé, rêve d’envol, chacune y met son ressenti. Quel est le tien Graine, toi qui l’a imaginé, mis en forme, fait naître ? Quelle est son histoire ?

J’ai repris le chemin du bureau ce matin. Une collègue avec qui tout le service a déjeuné vendredi midi, a été testée positive au covid à l’aéroport. Tout le service est en pleine forme, on nous propose d’aller nous faire tester. Je me demande à quoi ça rime tout ça. Est-ce que son test est vraiment positif ou faux positif ? Pourquoi se faire tester alors que personne n’a le moindre symptôme. Du reste, la moitié d’entre nous ne l’a pas fait, l’autre moitié est négative. Peut-être même que notre collègue n’est pas réellement positive, en tout cas ses vacances tombent à l’eau. Il semble que cette maladie devienne bénigne au fil des mutations du virus. Sur le variant actuel, pas d’hospitalisation, j’espère que ça va continuer comme ça.

Côté élections, j’avoue que j’aime l’idée de cette assemblée qui n’a pas de majorité absolue. Cela va permettre un débat démocratique avant de passer les textes et obligera les majoritaires à nouer des alliances avec les uns ou les autres selon les thèmes des textes de loi et à trouver des compromis. 5 ans de pleins pouvoirs n’ont pu remonter ni la santé ni l’éducation alors cela ne peut qu’être mieux, ou pareil. J’ai confiance. D’un autre côté, notre président est dans son dernier mandat, est ce qu’il va s’investir pour la France ou pour sa future carrière ? L’avenir va nous le dire. Les grandes entreprises doivent être à l’affût, groupe accor étant déjà pris….

La température redescend

La voix de Lilie

Un bel orage cette nuit et hop, 12 degrés envolés. C’est le bon côté de la chose. Le soleil aussi, s’est envolé, c’est le point à améliorer comme disent nos managers pour rester positifs en toute circonstance! Ce matin le ciel est gris, quelques gouttes de pluies tombent encore de temps en temps. Le soleil revient dans l’après midi et malgré ces quelques gouttes, le sol est aussi sec qu’avant l’orage.

Je profite de cette journée sans personne à la maison pour m’avancer dans ma liste de choses à faire. Ce n’est pas courant d’avoir un dimanche complet. Depuis quelque temps, j’ai besoin de vide, de place. Je range des placards, je jette des vieux objets, des vieux vêtements. Pourtant ce n’est jamais vide comme je voudrais. Je voudrais éviter que mes enfants trouvent des choses inutiles chez moi. Je sais bien que ça vient de ce que je dois faire chez mon père, je sais bien que j’ai du temps devant moi, pourtant j’y pense. Je ne sais, pas quand je me sortirai de cet état d’esprit.

Heureusement Graine, tu nous a invité ce soir. Je passe un agréable moment à préparer une salade de fruits jolie jolie jolie avec de jolies couleurs, orange du melon, jaune et blanc des pêches, rouge des fraises, noir des myrtilles et quelques branches de menthe pour le vert. Quelques fruits de la passion et une grenade pour le jus, le tout quelques heures au frais.

Nous avions oublié que venir à Paris un dimanche soir prend bien plus de temps que le matin. Il a fait beau, tous les parisiens rentrent de week-end…. Il faut doubler le temps habituel.

Je suis heureuse de te retrouver Graine, de te voir debout, presque sans béquille. De te voir en forme. Tes tous petits ont égayé le repas jusqu’à ce que le marchand de sable passe au bord de la table, pile poil sur ton petit fils ! Ta petite fille est adorable, elle discute bien, elle est très joyeuse. C’est rafraîchissant.

Toi, tu vas, tu viens, avec une béquille ou 2, tu fais beaucoup de choses. Bien sûr que tu seras fatiguée demain, mais je sais ce que tu penses: demain tout le monde sera parti, alors je pourrai me reposer. Tu as raison, c’est impossible de ne pas bouger, surtout quand c’est dans son ADN !

Que dira le chirurgien demain ?

On rentre, sous l’orage du soir. Petit orage. Petite pluie rapide. Il fait 20 degrés dehors, 17 de moins qu’hier. C’est parfait pour dormir, pour autant c’est impressionnant ces différences de température, en haut, en bas, trop chaud, trop froid pour la saison. Climat déréglé…

La voix de Graine

Le blog, trop pour moi ce soir. Pas d’urgence, demain, il fera jour, Lilie aura commencé l’article. Je suis contente de cette journée bien remplie de bruits, d’odeurs, de goûts, de visages, d’émotions, mais je suis fatiguée.

Comble d’égoïsme, avant d’aider au rangement, je prépare tous mes papiers pour la consultation à l’hôpital demain matin et je mets le réveil à 7 h.

Mon mari est vanné, je peux comprendre. Au bout d’un moment, Il s’affale sur le canapé en me laissant quelques bricoles à faire, que je fais une fois que j’ai fait tout ce que j’ai à faire pour moi.

Une journée qui a commencé tôt. Aller voter, faire ma balade matinale en évitant la pluie. Mon mari est parti courir. Je traverse le square et pars à la recherche d’une pâtisserie pour acheter un dessert pour ce midi. C’est la fête des papas aujourd’hui. J’arrive à peine quelques minutes avant mon mari qui revient de son jogging. Je ne suis vraiment pas rapide! Et je n’ai pas encore terminé mes exercices.

Je prépare le houmous, découpe les poivrons en lanières, épluche des concombres et des carottes. C’est mon mari qui fait tout le reste tandis que je me repose. Je suis encore fatiguée de ma soirée de vendredi soir et de la chaleur des derniers jours. Et la journée ne fait que commencer.

Les enfants arrivent tôt, chacun avec un petit cadeau pour leur Papa. Les cousins sont contents de se retrouver. Le petit est surexcité. Il se met déjà à se délecter de dire « Caca/ Boudin » et sa cousine lui souffle le « Caca/ Prout ». C’est parfois très agaçant pour les parents mais ces escapades verbales scatologiques les réjouissent beaucoup et ça va durer longtemps…

Je bois du vin, trop sans doute, je mange, je profite. Une fois qu’ils sont tous sortis, je fais la sieste. Nous aurons les petits ce soir puisque les parents vont au concert.La sieste ne dure pas, le petit est à nouveau là, fatigué. Nous lisons. J’espère bien l’endormir, mais non, ce moment calme lui permet juste de se ressaisir et de repartir. Quand sa cousine revient, ils recommencent à jouer et à remettre le bazar dans leur chambre.

Il est temps de leur donner le bain. Nos invités du soir arrivent. Quel plaisir de te revoir Lilie. Je n’ai pas faim du tout, mais je prends plaisir à partager ce moment. Les enfants jouent, nous rejoignent pour manger un morceau. Je leur fais cuire les ravioles prévues pour eux. Sûr qu’ils préfèrent les ravioles au taboulé. Le petit s’endort dans mes bras.

en deux temps, trois mouvements, les deux petits sont couchés. Le moment s’étire. La salade de fruits est belle et divine. Quelle bonne idée pour terminer ce dimanche gris mais plein de vie.

Aujourd’hui, c’est la pause

La voix de Graine

Aujourd’hui, mon voyage redevient très immobile. Je suis fatiguée de ma sortie d’hier. Avec la chaleur qu’il fait, de toute manière, ne rien faire est la seule activité recommandée, avec la piscine. Pour moi, la piscine, ça me paraît périlleux. J’imagine en plus le monde qu’il doit y avoir dans les piscines parisiennes!

Ce matin, je fais mes exercices a minima et à l’intérieur. Après mon tour de square, je finis mon collage. En fait, ça me prend toute la matinée. Comme je veux rester au calme, c’était parfait. Après mon activité collage, il faut ranger, ça, c’est un peu plus physique, moins fun, mais indispensable.

Mon mari est aux petits soins. C’est lui qui prépare le repas.

Ecrire le blog d’hier, écouter les messages, appeler les copines, ce sont des activités qui supportent bien la chaleur, alors allons-y. De toute manière, pour moi, il n’est pas question de sortir aujourd’hui. La sortie de ce matin m’a largement suffi.

Je prépare le taboulé pour demain soir. Pour le houmous, il me manque des ingrédients. Les poivrons, je les ferais cuire ce soir, pas question d’allumer le four maintenant. Le thermomètre affiche 37 °. Je suis bien contente que vous veniez partager un moment avec nous demain soir, M. et Mme Lilie.

Hier, il y avait trop de choses, j’ai oublié d’appeler mes handicapés. Je m’en veux, je les laisse tomber.

Ce soir, pizza. Aïe, il va quand même falloir allumer le four. Mais j’en envie d’une pizza. Tiens donc, je me mets à avoir des caprices de femme enceinte, ça craint!

La voix de Lilie

Quelle chaleur aujourd’hui, on bat des records. Pourtant je croise un homme, d’un certain âge, en plein soleil, qui essaie plutôt mal que bien, d’aller au bout de son jogging. Il est en nage, le visage rouge, il avance moins vite que moi en marchant. A son âge, il ne sait pas qu’il faut éviter les gros efforts pendant la grosse chaleur ? Ou comme tu le penses, il ne veut pas modifier son programme du jour. Espérons qu’il arrive sain et sauf…

Moi si je marche ce matin, c’est pour aller me réinscrire pour les activités de septembre. Juin sent la fin de l’année, avec ses derniers cours de ceci ou de cela, ses sorties, pique nique de fin d’année, sent les vacances qui arrivent et les longues soirées, et sent aussi la rentrée avec ses reinscriptions, quelques feuilles d’arbres qui déjà tombent au sol. Paradoxe.

La chaleur est tellement forte aujourd’hui qu’il est même impossible de rester dehors. Heureusement j’ai de quoi faire à l’intérieur après mes 3 semaines d’absences. Après la marche de ce matin, ma seule sortie sera pour aller acheter des fruits pour demain soir. Et aussi pour passer un grand moment au téléphone avec toi.

J’ai enfin pris le temps de faire quelques évolutions sur le site. Je suis contente. Il reste un bon travail de relooking à faire, comme disent les pro, revoir les parcours ! On le reverra ensemble un de ces 4.

Enfinle ccollage est terminé. Il mérite bien de figurer en tête de ce voyage immobile.

Vendredi, 1ère grande sortie

Vendredi, 1ère grande sortie

La voix de Lilie

C’est ta grande sortie ce soir Graine, un concert à l’Olympia, en béquilles ! J’attends avec impatience que tu racontes. L’Olympia; très jeune j’ai vu le même chanteur sous un chapiteau porte de la chapelle si mes souvenirs sont bons. Il en a fait du chemin depuis, et nous aussi. De pouvoir aller jusque là et rester assise tout le temps du concert, voilà bien la preuve que tu vas mieux. Profite, la musique fait tellement de bien à l’âme.

Aujourd’hui la chaleur est montée d’un cran. Il en reste un pour demain. Déjà l’air chaud nous enveloppe et la torpeur nous gagne. Transports en commun pour la plupart climatisés maintenant et c’est heureux. Je me souviens il y a quelques années des chaleurs dans les wagons, le corps qui coule l’eau, certains faisaient des malaises. Il y a tout de même des choses qui s’améliorent avec le temps.

L’équipe dans laquelle je travaille est partie au restaurant ce midi. Notre chef (années 80), responsable (annees 2000), manager (années 2020) nous quitte à la fin du mois. Une occasion de passer un bon moment ne se refuse pas, quel que soit le motif !

Le week-end démarre, il sera chaud, sans rien de prévu. Ma liste de choses à faire s’allonge chaque jour, j’en profiterai pour cocher une ligne ou 2 !

La semaine prochaine, Graine de vanille arrive. L’occasion certainement de nous retrouver, peut-être de faire un détour par la fête de la musique.

Allez, Graine, raconte ce concert.

La voix de Graine

Graine de vanille, comme c’est joli, Lilie!

La Graine à béquilles est vannée. Entre la chaleur et le concert, dure journée, ce vendredi.

Une journée qui commence comme tous les jours, avec mon tour de square et mes exercices. Dernière piqûre d’anti-coagulant, ce matin. La piqûre d’hier m’a laissé un bel hématome sur le côté gauche du ventre. C’est le premier hématome sur le ventre, mais il signifiant: mon corps en a assez d’être maltraité. Ce n’est pas contre les infirmiers que j’en ai, ils sont adorables. Mais mon corps en a assez.

Ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner. La copine qui devait venir me voir lundi après-midi veut venir cet après-midi. Et un coup de fil suivant m’apprend qu’une autre copine est prête à venir me voir aussi cet après-midi. Je suis coupable, je n’ai pas écouté mes messages!

J’ai fait passer une prestataire de ménage à la campagne pour qu’elle me fasse un devis de grand nettoyage. C’est ma soeur qui m’a donné l’idée. Je ne vais être capable de faire grand-chose quand je vais descendre avec ma fille début juillet et comme la maison est vide depuis six mois…Si c’est sale et plein de toiles d’araignées, ça va me gonfler grave. Alors, je vais m’offrir …. des prestations de ménage.

Mon mari télétravaille à la maison aujourd’hui. Après le repas, froid, vu la chaleur qu’il fait, je fais quelques dernières modifications sur mon site jacquaire puis j’attends ma copine. Elle est en retard. Cela me permet de terminer ce que je fais. Le programme de cet après-midi, c’est collage.

C’est dur de m’y mettre, c’est dur de nous y mettre. Nous n’avons absolument pas la même technique pour construire nos collages. Elle prépare son collage avant de le fixer. Moi, je n’ai aucune technique; la plupart du temps, je laisse venir et ça donne n’importe quoi, ni fait ni à faire, tant et si bien que je n’arrive pas à les terminer. Pour me détendre, là, j’a décidé de faire un collage à la Gaudi, façon carrelage.

Ma copine se met aussi au collage, façon carrelage. A 18 h 30, je dois réserver le UBER, enfiler des pantalons et un chemiser propre – je ne peux tout de même pas y aller en short avec une jambe noire avec bas de contention et une jambe blanche et un tee-shirt qui a bu toute la chaleur corporelle de la journée , dire au revoir à ma copine, confirmer le Uber, vérifier son avancée…

Au pied de l’immeuble, la chaleur est étouffante. La voiture que attendons ne tarde pas à arriver.La circulation est dense, malgré un départ un peu avant 19 h, nous arrivons devant l’Olympia à 19 h 45. Mes béquilles me permettent de griller la longue file d’attente. Qui sait si certains ne font pas semblant? Ceci dit, je ne vois personne marcher avec des béquilles à part moi et une personne qui en a une, elle et qui a fait toute la queue. Avec les béquilles, même la fouille est superficielle. Le spectacle, prévu à 20 h, commence à 20 h 10, avec une première partie, un jeune chanteur belge dont la voix évoque Bernard Lavilliers, la salsa en moins, ou Léo Ferré. C’est sympa, mais aïe, la soirée risque d’être longue!

Après la première partie, nous avons droit à une pause de 20 mn. En fait, le concert avec Bernard Lavilliers ne commence que vers 21 h et nous sortons à 23 h 30. Sûr, c’est sympa un concert. A un moment, je me dis que je vais sortir parce que je ne peux plus rester assise. Je ne recommande pas l’Olympia pour le confort de ses sièges. Mon mari me dissuade de me lever, je risque de trébucher dans l’obscurité. Et alors, tout le monde se lève. C’est bien pour moi, c’est ce qu’il me fallait justement. Ce qui ne m’empêche pas de me rasseoir un peu plus tard même si tout le monde est encore debout. Que des jeunes dans les spectateurs, enfin de notre âge, parfois avec leurs enfants. Tout le monde danse, chante. Les chansons sont rythmées, des rythmes sud-américains. La seule chose que je regrette, c’est que les textes sont avalés par la musique et l’orchestration qui prennent le dessus. Je me promets de regarder les textes plus tard. Avec mon mari, nous nous attendions plus ou moins à un chanteur avec sa guitare et deux ou trois musiciens. Nous avons quelques décennies de retard.

J’opte pour un retour en métro. Ce sera plus rapide et j’ai besoin de marcher un peu avant de rentrer. Grâce à mes béquilles, dans le métro bondé, je profite d’une place assise. Et de retour à la maison, je me fais servir, sachant que j’avais prévu ce midi pour qu’il y ait ce qu’il faut pour manger ce soir. Pas question de dîner dehors, je suis épuisée.

Une journée dense, assurément, qui fait du bien, mais demain, le repos est programmé.

Et la pandémie redémarre…

La voix de Graine

Ce matin, Je passe beaucoup de temps à découper et à coller aujourd’hui. Je trace mon passé, je découpe mes envies, je dessine mes lents demains, enfin, dans l’idée. C’est vrai que les exigences administratives et notre vie surbookée ne nous aident pas beaucoup à ralentir.

Aujourd’hui, c’est ma journée balade avec la voisine. Nous marchons un peu, mais surtout, nous faisons une longue pause devant un bar à l’ombre des arbres, platanes? Il fait trop chaud pour faire une grande promenade. Nous discutons de tout et de rien comme deux femmes qui papotent. De la vie, de la famille, des enfants, du travail, de la santé…

J’ai rendez-vous à 17 h chez le kiné. Après ma séance, je vais chercher quelques tomates et un concombre avant de rentrer me reposer.Le programme de la soirée: Discuter avec une copine au téléphone, boire un coup, écouter la radio, attendre mon mon mari qui va rentrer tard aussi ce soir.

Mon mari est à nouveau cas contact. Demain, il va retourner se faire tester. Et moi, je ne sais pas?

La voix de Lilie

Cas contact, quelle idée ! M Lilie est malade depuis quelques jours, rhinopharyngite, pas de test. Il ne met pas de masque, tousse dans ses mains. Lorsque que je m’éloigne et que je met un masque pour éviter d’être malade à mon tour, c’est moi qui passe pour la chieuse de service. Même chose à la boulangerie l’autre jour. La serveuse malade, sans masque, sans gants. Quand je dis que l’on n’a rien appris. Cet automne, je pense qu’on va prendre très cher au retour du nouveau variant.

De mon côté, masque sur le nez et assez seule dans ce cas je l’avoue, je suis allée travailler sur site. En skipe tout le matin, d’où l’utilité d’être venue. Notre entreprise, si riche soit elle, a encore décidé de rogner sur nos primes. En ces temps de recherche de pouvoir d’achat, elle devrait avoir honte. Elle est à vomir. Je suis contente d’en partir bientôt. Comment ses dirigeants peuvent-ils oser pénaliser les salariés alors qu’ils sont assis sur un matelas en milliards.

Demain j’y retourne. Il y a bien longtemps que je n’ ai pas fait 2 jours consécutifs sur site.

La chaleur s’est installée et avec elle une langueur de vivre, et une envie de manger frais. Le soleil me donne un bon moral et l’air chaud caresse ma peau. Quel bonheur d’être en été.

Mercredi, le jour des enfants

La voix de Graine

Une grasse matinée, ce matin, je traîne au lit, je finis le bouquin que m’a prêté une Graine: « Changer l’eau des fleurs », de Valérie Perrin.

« Ne pas recommencer à courir comme avant », mon leivmotiv depuis ce matin. Un vœu pieux, reste à savoir si j’en suis vraiment capable.

J’ai à faire aujourd’hui. Ma fille va m’amener ma petite-fille après l’école, et elles vont rester manger. Je vais tout de même faire mon tour de square, et mes exercices. Il me faut aussi aller chercher le pain.

Ranger la maison, faire la cuisine me prennent du temps, je ne suis toujours pas bien rapide.

A 11 h 20, l’infirmier vient me faire ma piqûre d’anticoagulant, l’avant avant dernière, Au début, je les supportais très bien. Là, elles me font mal, j’en ai marre.

Après le repas, je réclame ma pause. La petite va jouer dans sa chambre. Puis nous jouons aux « Aventuriers du rail ». Je trouve les règles hyper compliquées. Je consulte la video sur youtube et je la réécoute 2 ou 3 fois de suite. Malgré ça, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Nous jouons tout de même un peu, à notre niveau de compréhension.

Ma fille vient chercher sa petite et peu de temps après, c’est petit fils qui arrive. Le bain, le repas, le jeu…et ton coup de fil Lilie. Le petit est reparti, la soirée s’étire, mon mari a mis un film à la télé, et moi j’écris mon blog. « Ne pas recommencer à courir comme avant »…

La voix de Lilie

Peut on encore changer à notre age ? Voilà bien une question que l’on évite de se poser à soi même. Peut on changer quelque soit notre age, individuellement ou collectivement ? On a beaucoup parlé pendant le confinement de ce que serait la vie d’après. Plus centrée sur le bien-être, fondée sur des valeurs humaines et de solidarité. Quelle est elle, la vie d’après ? La même que la vie d’avant. En pire.

Ne pas recommencer à courir comme avant, vaste programme. Est-ce que tu ne cours pas déjà beaucoup ? Que feras tu si tu ne cours pas autant ? Qui veux tu devenir ?

Bien sûr que l’on évolue, et heureusement, de là à modifier notre fonctionnement de fond, il y a une limite. Quoique finalement cet objectif peut être atteint tout simplement en raccourcissant tes futurs joggings ! Rester Terre à terre et se prendre au mot !

Mon objectif à moi serait d’arriver à me contenter de ce que j’ai. Je veux toujours plus, plus proche du parfait. J’y travaille. Comme toi, Graine. D’où ma première question. Peut-on encore changer à notre age ?

Aujourd’hui je n’ai presque pas eu de temps pour moi. Petite-fille m’a réveillée un peu avant 7h et est repartie ce soir vers 19h. Alors seulement, j’ai pu me lancer dans l’arrosage (il fait si chaud), dans la coupe des roses fanées, la cueillette des framboise, la cuisson des Framboises, la recherche de billets de train pour cet été, les échanges avec ma sœur sur le mobilier de mon père à donner ou garder, le traitement de mes mails perso. Ouf. Heureusement j’ai un bon bloc note, et il est loin d’être terminé. D’autant, je ne sais pas si vous avez remarqué, que les sociétés dont on est client passent leur temps à nous envoyer des actions administratives à faire pour continuer à profiter de services qu’on leur paye….

Finalement, je vais me coucher. J’ai trop couru aujourd’hui 😜

Mardi, la chaleur est générale

La voix de Lilie

Une fois n’est pas coutume; dans ce blog où tu commences toujours, je profite de mon retour en train pour devancer l’appel !

Il fait excessivement chaud dans le sud aujourd’hui et cela va durer au moins toute la semaine. Nous ne sommes pas encore en été que les températures frôlent les 40 à l’ombre. Un scientifique dit que la société doit s’adapter à ce que des millions de personnes aient besoin de climatiser leur logement en même temps. Effectivement, il est trop tard pour reculer. L’homme doit s’adapter. 50 degrés hier dans la vallée de la mort. S’adapter. Sans modifier ses comportements. Je ne sais pas dans quel monde vont vivre nos petits enfants. Sera-t-il respirable ? Auront-ils de l’eau ? De la nourriture naturelle ? L’homme s’adaptera, c’est certain, mais combien paieront la note de ceux qui ont provoqué ce chaos ?

Laissons là ces digressions, je rentre chez moi ce soir. Le train a du retard, intervention police pour personnes agressives, problèmes techniques. Oui, il fait chaud pour tout le monde. J’ai passé quelques jours avec ma mère, je rejoins M Lilie, petite fille et très vieille chatte qui m’attendent avec impatience, pour partager, pour jouer, pour avoir quelques caresses. Et je suis contente de les avoir tous autour de moi.

Le paysage défile, la France est belle en cette fin de journée gorgée de soleil. Les bottes de foin sèchent dans les champs, le sol est très sec, jauni. J’ai l’impression de voler au dessus du paysage; dans le paysage. Je cours, je cours, vite, vite, je rentre chez moi.

La voix de Graine

Je suis contente que tu changes les habitudes. L’homme est fait pour s’adapter, que dire de la femme!. Savoir changer ses habitudes, c’est essentiel. J’aime le changement, je déteste la routine et je sais bien que c’est pareil pour toi. Pour autant, nous avons nos repères, nos liens, nos attachements auxquels nous sommes fidèles.

J’aime le train qui roule, qui en quelques heures nous déporte d’un endroit à l’autre. C’est plus lent que l’avion, la transition se fait moins brutalement. Au TGV, je préfère ces trains qui lambinent dans la campagne et font des pauses dans des endroits improbables. Il m’est arrivé d’écire des nouvelles dans le train. 8 à 10 h de train, ça laisse du temps.

Ma journée à moi commence tôt aujourd’hui, comme tous les mardi. Le réveil sonne à 5 h45, je prends ma douche et j’attends l’infirmière qui passe vers 7 h 30. Ce matin, je serais bien restée au lit. Je dormais quand le réveil a sonné, j’ai trouvé la nuit courte. Après le petit-déjeuner, je suis à 2 doigts de me recoucher, mais non, je sors en même temps que mon mari qui part travailler, direction le square, pour ma promenade du matin et mes exercices.

Cet après-midi, j’ai pris rendez-vous à 15 h chez l’opticien. Une virée ambitieuse pour moi; comme souvent, je ne suis pas tout à fait à l’heure, mais j’arrive à bon port et je suis dans un créneau horaire plutôt creux. Choisir des lunettes, ça prend un temps fou, il faut ensuite contacter la mutuelle pour réaliser le devis, signer à plusieurs reprises, faire les réglages….Je passe plus d’une heure dans la boutique, mais au moins c’est fait, je devrais avoir mes nouvelles lunettes pour partir en vacances.

Il fait beau et chaud aujourd’hui, mais c’est agréable. Je n’ai pas envie de rentrer. Je pousse la balade jusqu’à la coulée verte, je me pose sur un banc pour lire un moment. En face de moi, une dame très élégante, tout habillée de jaune, elle lit. Je la regarde à la dérobée, je la prends en photo, J’envie son allure et sa tenue: chapeau avec un ruban jaune, jolie robe jaune à pois, chaussures beiges habillées.

Je rentre à la maison à 18 h 30. Ce n’est pas grave, mon mari est de sortie ce soir, il va rentrer plus tard.

Lundi, 1er jour de la semaine

La voix de Graine

Pour toi Lilie, ce 1er jour de la semaine, c’est un jour de travail. La poisse comme tu dis, parce que ça devient long. Prend ce qu’il y a du bon dans cette vie de salariée, et il y a du bon tout de même. Moi, perso, j’aimais bien le travail en équipe, les échanges d’idées, la stimulation intellectelle. Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas. Il y a des fois où ce n’est pas fun du tout!

Et que tu aies besoin de rentrer dans ta bulle, c’est tout à fait normal. Moi, ça fait plus d’un mois que je suis confinée à la maison ou dans un rayon d’1 km (tiens donc, cela ne te rappelle pas quelque chose?), alors la bulle, ça va bien, j’en ai fait le tour et le contour, j’ai besoin d’en sortir un peu, j’ai besoin de voir du monde. Toujours à osciller entre trop et pas assez, difficile de trouver l’équilibre, foutu équilibre qui ne tient jamais longtemps.

Pour ce qui est de la politique, je partage. Cependant, je n’arrive pas à me résoudre à ne pas voter même quand il n’y en a pas un seul qui me convienne. Comme tu dis, ils sont dans un autre monde. Ils jouent, se lancent des piques, jettent des idées, des promesses comme on jette des dés, pour essayer de gagner. Et nous spectateurs impuissants, nous les detestons de nous ignorer à ce point. Comment pouvons-nous les respecter et les croire. Pourtant ce sont eux qui nous dirigent et qui nous représentent.

Ce matin, je traîne au lit. Je tarde à me lever. Je bouquine.

L’aide-ménagère arrive à 9 h. Je suis bien contente d’avoir réclamé mes dix heures complémentaires. Je ne suis pas encore bien vaillante. Je la laisse travailler pendant que je vais faire mon tour de square et mes exercices.

Mon mari ne télétravaille plus. Je suis à présent capable de me débrouiller seule à la maison. Après le passage de l’infirmière, je prépare mon repas. J’ai faim, j’ai toujours faim.

Cet après-midi, j’ai la visite d’une graine avec son carnet de croquis. Le dessin est au programme: Bouquet de fleurs et bouddha sur fond d’éventail. le temps passe vite. J’ai rendez-vous chez le kiné à 17 h.

Chez le kiné, je retrouve ma collègue de rééducation, Bernadette et après quelques échanges je comprends que c’est elle l’infirmière qui s’est occupée de moi il y a 8 ans quand je me suis faite opérée du genou. Bernadette, 40 ans qu’elle est infirmière dans le quartier. Je croyais qu’elle n’exerçait plus, en fait depuis le Covid, elle ne reçoit plus que sur rendez-vous.

Ce soir, je suis seule. Mon mari est chez mon fils pour garder le petit. Ma fille m’a amené le chien pour aller à son cours de danse, puis elle est venue le rechercher. La nuit est en train de tomber. Quand je suis seule à la maison, j’allume rarement la télévision. J’écoute la radio, sans l’écouter vraiment. Parfois, je l’éteins. J’aime le silence.

La voix de Lilie

Finalement ce soir, je me rends compte que je suis plus que dans le mouvement. 52% des électeurs n’ont pas voté, mieux encore, je suis restée très jeune puisque 70% des moins de 35 ans ont préféré s’abstenir ou même carrément oublié qu’il y avait un vote.

Comme tu dis il y a toujours un peu de bon dans chaque situation, la tienne comme la mienne… Je fais contre bonne fortune bon cœur. J’aide ceux de mes collègues qui ont besoin de mes connaissances, je réfléchis avec eux à des solutions. C’est comme un jeu vidéo perpetuel, besoin exprimé, solution à trouver. Le jeu est un peu long avec beaucoup d’épisodes et des méchants armés qui contrecarrent ton avancée ! Mais j’arrive au bout du jeu. Le prochain sera plus facile. Quelques fois je me demande si ça ne va pas me manquer de faire travailler mes méninges pour etudier un problème et conduire un projet. Il faudra que je trouve comment continuer ce type d’activité, sans trop d’engagement tout de même.

Ma fin de carrière tient enfin sur une feuille excel, 9 mois, le temps d’une grossesse. J’ai initié la liste de mes envies et la liste des choses à faire. Elles se remplissent l’une comme l’autre.

Comme toi, lorsque je suis seule, j’éteins la télévision, et même la radio, et je savoure le silence. En général, je lis, quelques fois je sors jardiner un peu ou prendre un café tranquille. J’aime ces plages de solitude parce qu’elles ne durent pas. Je ne suis pas prête pour vivre entièrement seule, l’est on jamais ? Ma mère ne s’y habitue pas après 20 ans…

J’espère que tu vas poster ces croquis que vius avez fait aujourd’hui et pourquoi pas ce collage dont tu ne parles plus depuis quelques jours ! Tu es l’artiste de ce blog, on attend beaucoup de toi ! Et puis l’éventail, ça me parle avec cette chaleur !

Dimanche d’élections législatives

La voix de Graine

Soleil, chaleur et grande sortie pour aller manger dans un restaurant proche des quais avec mon association jacquaire. Qui va sortir gagnant des urnes?

Le papa de ma petite fille est parti de bonne heure. Nous ne l’avons pas entendu ni se lever ni partir. La petite n’est pas inquiète, elle a l’habitude de voir partir son papa. Dès son réveil, elle nous rejoint dans notre lit.

Ce matin, nous allons voter avec elle. Je ne mets aucun bulletin dans mon enveloppe. Je suis en panne. Je ne sais pas pour qui voter. Il y aura sans doute beaucoup d’abstention. Le bureau de vote est quasiment vide.

Tandis que mon mari part courir, j’emmène la petite au square. Pendant qu’elle joue, je fais mes exercices. Le papa de ma petite-fille envoie un message. Il est déjà à Munich. Ensuite, son avion est direct pour Tokyo.

Le repos d’hier m’a fait du bien. Je me sens moins fatiguée et prête à affronter une salle de restaurant pleine et bruyante. Nous partons en voiture. J’apprends que dans la majeure partie des rues de Paris, la vitesse est limitée à 30 à l’heure. Comme il y a peu de circulation, nous arrivons tout de même assez vite à destination. Trouver une place de stationnement n’est pas simple, mais nous y arrivons. C’est une place de livraison autorisée le dimanche.

Je suis contente de retrouver des têtes connues. Que des jeunes! Enfin, façon de parler. La salle est sombre, mais l’ambiance est bon enfant. A ma droite, j’ai un médecin, fille d’un ancien président de la FNSEA. Le repas est bon, le service assez rapide. Avant le dessert, je pars faire une petite balade sur les quais avec une copine avant de reprendre ma place. Le dessert a failli me passer sous le nez.

Une fois rentrés, nous nous affalons sur la canapé, sieste, lecture, film…Une sortie par jour, c’est bien suffisant.

En fin d’après-midi, j’appelle mon fils. Il réquisitionne son Papa pour demain soir et moi, je vais récupérer le chien. La vie reprend son cours, presque normal.

La voix de Lilie

Tu es bien dans la dynamique Graine. Elections, voter. Moi je m’éloigne de plus en plus de ce monde. Je n’écoute plus les informations, je ne vote pas parce que j’ai préféré partager mon dimanche avec ma mère et ma soeur mais aussi parce qu’aucun candidat ne me paraît pouvoir améliorer notre quotidien. Depuis longtemps je ne crois plus à leurs discours enjoleurs et maintenant je ne les écoute même plus. Plusieurs chaînes de télévision ont programmé une soirée élections. Or plus de la moitié des Français n’ont pas été voter. Est-ce que les médias pensent réellement qu’ils vont passer leur soirée à écouter des résultats dont ils n’ont absolument rien à faire ? Sont ils autant à côté des préoccupations des gens que les politiques ? Ou payés pour… Bref, moi je bouquine ce soir.

Tu restes dans le monde des actifs, tu sors, tu rencontres des gens, tu t’intéresses. Moi je rentre dans ma bulle, je lis des romans, je jardine, je n’ai plus envie de m’intéresser à de nouvelles choses ou de nouvelles personnes.

Il fait très très chaud ici, on pourrait se croire en été, mais non, nous sommes toujours au printemps. Presque 40 degrés à l’ombre aujourd’hui. Les premières cigales sont sorties de terre pour entamer leur chant. Beaucoup de soleil. Peut-être que mon cerveau se liquéfie à la chaleur !

Tiens, demain je travaille. La poisse.

Le soleil est à nouveau au rendez-vous

La voix de Graine

Le soleil revient. Ces prochains jours, il va taper. Dans le sud, c’est déjà le cas, et ça va continuer. C’est normal, c’est l’été.

Ma soeur, dans le sud, a attrapé le Covid, et ma copine aussi. Ma soeur est alité avec avec courbatures et gros mal de gorge. Ma copine est juste confinée pour une semaine avec peu de symptômes. Il y a une recrudescence de cas depuis une semaine. J’hésite à faire une 4ième injection, un 2ème rappel comme ils disent. J’aimerais bien attendre un peu.

Je me fatigue toujours très vite. Aussi, aujourd’hui, je me repose en prévision de la journée de demain. J’ai accepté de participer au repas d’anniversaire de mon association jacquaire qui fête ses 70 ans avec deux ans de retard. Les festivités au étaient prévues en 2020 mais le Covid est passé par là…

Depuis hier soir, la petite est à la maison avec son Papa. Hier soir et aujourd’hui, nous avons testé les nouveaux jeux de société. Une fois qu’on a a compris les règles, tout va bien, encore faut-il les comprendre. Merci Youtube, avec seulement les explications écrites, je n’y comprenais goutte.

Ce matin, avec mon mari, je suis retournée à ma coop faire quelques courses. Pas question de faire un créneau de travail, je n’en suis pas capable.

Ce soir, je fais la quiche pour la petite…Son Papa part demain matin de bonne heure pour le Japon.

Avant le repas, j’appelle ma copine qui vient de se faire opérer. Elle est rentrée chez elle aujourd’hui. Elle vit seule. Pendant un mois, elle devra en faire un minimum…Cela signifie un confinement volontaire d’un mois. Elle habite beaucoup trop loin, je ne peux même pas aller la voir.

C’est une journée qui finit, une journée qui s’en va. Même quand on ne fait rien, le temps s’échappe.

La voix de Lilie

Dans le sud, il fait très très chaud. Très très. Nous partons ma sœur et moi chez ma mère par les petites routes. Dès le mois de juin l’autoroute n’est plus qu’un bouchon le samedi. Ce n’est pas un problème pour nous, ça nous offre deux heures à papoter entre sœurs.

Notre mère nous a préparé un bon repas. Elle adore toujours cuisiner et ici il y a de bons produits. En entrée des tomates bien pleines avec un vrai goût de tomate, huile d’olive et basilic du balcon ! Elle le bichonne tout l’été et il prospère sur le balcon. Ensuite un gratin d’aubergines grillées sauce tomate avec une cuisse de poulet. Un picodon et des cerises pour finir.

L’après-midi est consacré à la maison de notre père, recenser les meubles que nous gardons, fouiller le garage pour retrouver les cartes grises des vielles voitures. Chaque retour dans cette maison est un crève coeur. L’herbe est bien haute, déjà séchée par le soleil. Les plantes non arrosées et non taillées font pales figure. L’intérieur se salit petit à petit, des mouches mortes un peu partout. La maison s’abime, se meurt d’être vide. Je sais au fond de moi qu’il faudra bientôt s’en séparer. En attendant, lorsque je reviendrai en juillet il me faudra faire un grand coup de ménage. L’objectif atteint, nous rentrons.

Un nouveau restaurant s’est ouvert en centre ville, nous l’essayons ce soir. La terrasse en hauteur nous offre une vue inédite sur la collégiale. Nous y mangeons très bien, il fait très doux ce soir.

Une journée entre filles, mère, filles, cousine. Bien agréable.

Graine, n’oublie pas de vraiment te reposer…

Après un jour de sortie, un jour de repos

La voix de Graine

Aujourd’hui, je suis fatiguée. La journée du hier était dense. Je dois alterner et faire un jour de temps calme. Pour moi, le temps calme n’est jamais très loin de l’ennui, surtout quand le ciel se met au gris.

Ce matin, je fais mon tour au square et mes exercices. Je regarde, comme tous les matins, un groupe de dames d’un certain âge qui fait sa gym. Je questionne, qui sont-elles? « Un groupe de copines » est la réponse que j’obtiens… Bien nombreuses pour des copines…

Ce matin, je m’attelle à remplir mon dossier d’accident pour l’assurance: l’assureur adverse, mon assureur. Qu’est ce que je dois indiquer dans les dommages? Je consulte Internet. Le mot « accident » comme le mot « maladie » résonnent douloureusement dans ma tête. Il y a trop de mauvais souvenirs d’enfance qui tournent autour. C’est sans doute pour cela que j’ai autant de difficulté à remplir ce foutu dossier qui n’est pas franchement compliqué.

C’est fait, c’est posté, c’est parti. Je vais pouvoir passer à autre chose.

A 15 h, j’ai rendez-vous chez le kiné. Il constate mon état de fatigue et m’exempte de ma séance de vélo. J’accepte sans discuter.

La petite vient dormir à la maison ce soir, avec son papa.

Je n’ai pas appelé mes copains de la maison d’handicapés comme je l’avais prévu. C’est une une journée sans, assurément!

Bon week-end Lilie

La voix de Lilie

Journée moit moit aujourd’hui. Moit mamie, moit télétravail; moit maison, moit chez ma sœur; moit semaine qui se termine, moit week-end qui commence. Double casquette en somme. Ça va bien avec une personnalité de balance ascendant gémeaux, doubles signes, double prénom pour être tout fait honnête. Tout mon problème résumé. Faire des choix, on dit que c’est renoncer, alors je dois être incapable de renoncer ! Choisir la paire noire ou la paire bleue, prendre les deux. Partir ou rester ? Aller à droite ou à gauche ? Et même pire, préfèrer le rouge ou le noir ? Aujourd’hui je serai tout: la mamie, la travailleuse, la femme d’intérieur, la voyageuse. Et voilà bien ce qui me va !

L’accident, la maladie, cela nous parle à tous, hélas. On met nos ressentis sous le tapis le plus longtemps possible. Lorsqu’ils en sortent à l’occasion fâcheuse d’un événement qui nous les rappelle, ils sont toujours aussi forts, méchants, dérangeants, déstabilisants. Vivement qu’ils repartent sous le tapis.

L’ennui. Nos écrans le masque. Regarder par la fenêtre du train et l’ennui guette. Pourtant la campagne est si belle. Comment faisions nous avant ?

Ce soir, c’est vernissage

La voix de Graine

Ce jeudi promettait d’être chargé et il tient ses promesses.

Ce soir, c’est le vernissage de l’exposition de notre Cercle d’Arts Plastiques. Depuis 2 ou 3 jours, j’y réfléchis. C’est décidé, Je vais faire un cake aux poivrons et au fromage de chèvre. Je ne peux tout de même pas arriver les mains vides. J’achète également des tomates cerise et des gâteaux secs.

Sortir faire quelques courses complémentaires, préparer le repas pour midi, faire mon cake, ça se traduit par beaucoup temps debout. Quand nous passons à table, je suis vannée. C’est mon mari qui met la table et qui débarrasse.

Après le repas et une pause bien méritée, je prends le café avec ma voisine qui habite dans l’appartement juste en dessous de chez nous. Elle aussi marche avec deux béquilles et depuis pas mal de temps. Fin juin, elle se fait opérer pour mettre des prothèses à ses deux genoux. J’ai mal pour elle, j’ai peur pour elle. Avant sa retraite, il y a 4 ans, elle était hôtesse de l’air. Depuis le début de sa retraite, elle va de galère en galère.

Après le café nous partons toutes les deux en balade jusqu’à la coulée verte avec nos quatre cannes et nos quatre jambes branlantes. Un vrai convoi d’handicapées. Au retour, nous traversons des groupes d’enfants qui sortent de l’école. Ce n’est pas vraiment la bonne heure pour rentrer de promenade.

Au retour à la maison, j’ai besoin d’une pause à nouveau. Mais je n’ai pas le temps de traîner. Je dois me préparer pour partir au vernissage.

M’habiller pour « sortir », réserver un UBER, tout ça me prend du temps.

C’est une grande sortie pour moi, de loin, la plus grande depuis mon accident. Je comptais bien te voir, Lilie, mais je ne t’ai pas vue. Ce n’est pas grave. Les graines sont représentées. Ma fille est venue avec un beau bouquet de fleurs. J’avoue que je suis fière de pouvoir faire acte de présence, en amenant un cake, qui plus est. Revoir les copines de l’atelier, découvir les oeuvres accrochées sous une belle lumière me font plaisir, c’est comme une sortie de confinement.

Au retour, nous rentrons en métro. Je suis épuisée mais contente de ma journée. J’en ai fait un peu plus qu’hier et j’ai revu des têtes que n’avais pas vues depuis plus d’un mois.

La voix de Lilie

C’est ta première grande sortie et je ne suis pas là… Pour moi, aujourd’hui c’est la vraie reprise du travail. Que c’est difficile de s’enfermer la journée pour effectuer des figures imposées. Il fait beau dehors, le jardin m’appelle, et je reste dans la maison. La vie est ainsi faite pour la grande majorité de l’humanité de passer sa vie à travailler. Quelle drôle d’organisation nous avons mis en place. Drôle n’est pas le terme d’ailleurs. Triste plutôt. Certains prennent plus de plaisir que d’autres et heureusement j’en fais partie.

Hier soir j’ai déposé des annonces sur 2 sites pour tenter de vendre les voitures de collection de mon père. Ça me fait un pincement au coeur. Démanteler ses affaires c’est le déposséder et laisser partir l’enfance et ses souvenirs. Je le revois arriver avec sa première voiture, tacot, me chercher au lycée. J’avais honte, je ne voulais pas que l’on me remarque en train de monter dans cet engin. Quelques années plus tard, j’ai demandé à mon père de me conduite dans la deuxième voiture pour mon mariage. Je le revois la remonter pièce par pièce, même si en tant que fille il m’a toujours exclue d’office de son garage. Il y a tellement d’objets et de collections dans cette maison que ça donne le vertige. Commençons doucement.

Je sors tard du travail et je commence ma valise pour partir demain chez ma mère. A peine rentrée, déjà repartie !

Je reçois ton message Graine en plein milieu du repas. Le temps de le lire, il est trop tard. Au début, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis je me souviens de ce message reçu pendant mes vacances. Je t’avais promis de venir au vernissage et j’ai oublié. Oublié de mettre un rappel, oublié parce que je n’enregistre plus rien. Mon cerveau est devenu passoire. Je m’en veux, je suis tellement triste d’avoir raté ce moment. Ton moment. Ta première vraie sortie. Allez comprendre. Lorsque les choses importantes vous échappent au profit de tas de futilités du quotidien qui encombrent votre cerveau et usent toute votre énergie. Comment arrêter ce cercle vicieux. Ne plus faire. Être.

Jour de pluie et des petits enfants

Ce matin, c’est la pluie qui m’empêche de sortir. Je voulais aller au marché. Avec 2 béquilles, une sortie sous la pluie est périlleuse, alors je m’abstiens et je reste à l’intérieur.

Je téléphone à ma sœur. Depuis 2017, année de canicule, elle a des fissures dans sa maison. Les fissures sont de plus en plus larges. Après des années de bataille avec l’aide d’une association, l’assurance a accepté de prendre en charge correctement le sinistre au titre des catastrophes naturelles . Les ouvriers débarquent la semaine prochaine. Ils vont enfoncer des pieux, remplacer la dalle et l’année prochaine, ils referont le crépi et la peinture à l’intérieur.

J’appelle aussi ma copine du sud. Je commence à penser aux vacances de cet été. Je ne serais pas bien mobile, aussi, je compte sur les copines pour venir me voir, comme à Paris.

Je sors un peu avant 11h. Je dois passer à la pharmacie, à la biocoop et à la boulangerie. Et bien sûr, je fais attendre l’infirmière qui passe comme tous les jours vers 11 h 30. Avec mes 2 béquilles, je ne suis pas bien rapide.

Ma petite fille vient manger ce midi avec son Papa. A l’arrache, je prépare mes pâtes à la bolognaise tandis que le téléphone sonne à nouveau, je suis obligée d’abréger la conversation. Mais je suis rassurée, je ne serais pas seule cet été.

Ce sera un plat de coquillettes à la bolognaise, décide ma petite fille. Comme d’habitude le mercredi midi, elle dévore, mais elle n’a plus faim pour le dessert.

Cet après-midi, elle est invitée à un anniversaire. Au dernier moment, elle ne veut plus y aller, mais elle y va quand même!

Après le repas, je fais la sieste. Je me suis dépêchée pour faire les courses et la cuisine, je suis vannée. Dès le départ de la petite, je reprends de l’activité. Je me lance dans une activité introspective, difficile pour moi, mais indispensable je pense. Et a priori, j’ai le temps. J’en suis aux préparatifs, à la pêche aux matériaux. J’en parlerais un peu plus tard, quand je serais sur les rails. Pour l’instant, je tourne autour avant de m’y mettre dedans.

Ma journée n’est pas finie. Nous gardons petit-fils ce soir pendant que sa Maman va à son rendez-vous. Vu mon état, les modalités sont différentes. C’est ma belle-fille qui nous l’amène et vient le rechercher. Une longue journée pour mon petit bout. Mais il est content de venir, tout fier d’avoir pris le bus avec sa Maman et de nous le raconter. Pour lui, j’ai acheté un jeu: Balanceo, il adore. Sur la chouette, il faut poser des formes selon la proposition du dé qu’on a jeté. Il ne met pas longtemps à comprendre les règles. Il les détourne, se réjouit de nommer et de trouver la forme que montre la face du dé. « C’est ok », « D’accord » dit-il en nous regardant. Une fois la forme posée, il s’applaudit et nous faisons de même. Quand le montage s’écroule, il éclate de rire…Sa Maman revient le chercher vers 21 h 30, il ne veut pas partir. Il veut lui montrer son jeu. Que c’est beau ces regards d’enfants qui s’émerveillent et nous avec! Comme toi, Lilie, je ne me souviens pas avoir passé autant de temps à regarder mes enfants jouer. Le temps est passé tellement vite. Ce temps que nous n’avions pas, après lequel nous avons couru toute notre vie.

La voix de Lilie

Le mercredi, c’est le jour des enfants dit on. Ou le jour des papy mamyzz ! Garder un petit enfant un jour de pluie, quel challenge. On peut presque regretter le temps du bureau !

J’ai sorti les tampons encreurs, petite fille ne les a jamais vus. C’est l’idée. Un jour de pluie, sortir de la nouveauté. Elle adore. Tamponne sa feuille, puis mes bras, puis les siens, puis plonge directement le doigt dans l’encre pour voir l’effet. Elle expérimente, la feuille de papier est bien trop petite pour son imagination.

Entre deux averses, on sort prendre l’air, regarder les oiseaux sur le lac, courir dans les allées encore humides, ramasser des bébés marrons tombés par le vent et la pluie, marcher sur les murets, courir après les pies.

Les petits enfants nous ramènent en enfance, je revois ma propre grand-mère qui riait à mes sottises et je fais pareil. Je la regarde jouer, s’émerveiller, se concentrer langue sortie, s’énerver, dire non non non, courir se cacher, rire aux éclats, mettre ses chaussures au mauvais pied, monter descendre l’escalier, chanter en phonétique, caliner, s’ensommeiller. Je ne m’en lasse pas. Comment ai-je pu passer à côté de tout ça avec mes enfants ? Je l’ai vu bien entendu, mais je ne m’arrêtais pas vraiment pour m’imprégner d’eux comme je peux le faire maintenant. Question de temps, d’âge. Les petits enfants ne font que passer, alors on a le temps de tout arrêter pour être totalement à eux. Ensuite on peut souffler….

La maison est redevenue calme, la chatte somnole à côté de moi, il est l’heure d’aller ce coucher après cette journée en enfance.

Une semaine courte

Le passage à la marche avec une seule béquille n’aura pas lieu. Le kiné a dit non. Les muscles – mollets, cuisses ont fondu, la consolidation osseuse n’est pas faite, il faut continuer à marcher avec les deux béquilles. Les poignets commencent à fatiguer, alors, il faut moins s’appuyer sur les bras et davantage s’appuyer sur les jambes.

Et marcher de plus en plus, pour renforcer la musculature. Il promet d’être long ce voyage.

Ce matin, réveil à 6 h -1/4 pour le passage de l’infirmière. C’est jour de la prise de sang. J’ai ouvert en grand les fenêtres. Dehors, il pleut. La pluie assourdit les bruits de la rue, quelques moteurs de voitures, motos, mobylettes. J’ai mis ma lessive en route. Le tambour donne le rythme tandis qu’à l’extérieur les pigeons roucoulent. J’aime les bruits du matin. Ils sont discrets. Comme je n’ai rien d’autre à faire vu que n’ai pas mes lunettes et que tout le monde dort, je suis attentive. J’écoute tout en rêvassant.

Se lever tôt, c’est bien, ça me permet de faire mon tour matinal au square et de faire mes exercices au calme. J’apprécie. Et comme je rentre tôt, la matinée m’appartient.

Aujourd’hui, mon mari est parti travailler au bureau, mais je ne suis pas seule. Mon gendre, l’ex, est revenu s’installer à la maison. Pour autant, nous sommes chacun dans une pièce à nous atteler à nos activités, moi mon site jacquaire, aujourd’hui, j’ai entrepris de vérifier tous les liens, mon gendre à son travail, de réunion en réunion avec l’autre bout du monde. Nous ne mangeons même pas ensemble car j’ai rendez-vous à midi chez le kiné.

En milieu de matinée, ma sœur m’appelle. Son appel fait office de pause. Nous discutons de choses et d’autres, de tout et de rien: jardinage, santé, météo, famille…

Mon activité de l’après-midi ressemble à mon activité du matin. Je n’arrive pas à me remettre à mon collage.

Mon gendre va chercher sa petite. Je fais une dernière sortie avant de me mettre à la cuisine. Le temps s’est mis au beau. C’est agréable d’être dehors. Je vais m’acheter un carnet pour faire des collages. Ne sachant pas me décider sur le format, j’en achète deux.

Une journée de plus, une étape sans grand intérêt, mais qu’il fallait bien faire, pour avancer.

La voix de Lilie

Ce matin réveil 7h, moi aussi c’est très tôt. Je dois être à Paris pour 9h. C’est la première fois depuis 2 ans que je vais prendre les transports en heure de pointe. Depuis la pandémie, j’ai décalé mes horaires et retrouvé mon véritable rythme biologique. Je suis bien plus reposée qu’au temps où je me levais trop tôt pour aller chaque jour au bureau. Comment ai-je pu tenir pendant toutes ces années ?

Alors ce matin, je plonge dans le grand bain du RER et du métro bondés. J’ai mis un masque, là encore pour me préserver des malades qui prennent les transports, toussent, éternuent. Pas un rhume depuis 2 ans, alors le masque, je continue. Dans les trains, peu de gens masqués, même pas un quart je dirais. Les gens retrouvent leur vie d’avant. Moi j’aime tirer bénéfice de l’experience.

Journée apprentissage du « travailler ensemble ». J’en ai vu tant et tant pendant ma carrière que tout ça n’est que du bis repetita pour moi. Mais je suis contente de participer à cette journée hors du quotidien et de retrouver du monde après tant de télétravail. Je me suis rendue compte à cette occasion de combien il m’est désormais difficile de rester assise à écouter une présentation sans faire autre chose sur un écran en parallèle. Je m’ennuie très vite, l’envie de traiter un email, de regarder mon téléphone me taraude. Me concentrer sur de la seule écoute n’est plus possible. Comme un cancre, je regarde par la fenêtre, mon esprit par ailleurs, sur le chemin, sur les actions à planifier pour le we. Moi qui était si attentive, si bonbe élève, si concentrée, si sage, je ne me reconnais plus.

Je rentre tard ce soir, et je retrouve petite fille et son papy qui m’attend pour diner.

Voilà une première journée de reprise. Agréable. Le train train ce sera pour demain.

Comme toi, une journée de plus. On aimerait qu’elles aient toutes un petit plus, un petit quelque chose qui nous fasse nous sentir vivantes. Et pourtant, dans chaque journée sans grand intérêt, il y a nos heures de vie passées, nos amours, nos amis, nos joies, nos peines. Ces jours sans intérêt particulier sont aussi précieux que les autres jours.

Lilie, mon voyage à moi continue

La voix de Graine

Ton voyage s’arrête, Lilie, mais le mien continue, alors j’ai décidé de continuer à écrire…

C’est lundi de Pentecôte aujourd’hui. Ma journée commence avec mon dernier cours d’espagnol à 9 h, dernier cours d’une série de 20 cours financée avec mon CPF. Déclinaison dans tous les temps possibles d’une phrase que j’ai choisie: « Il skie cette semaine et il se casse la jambe sur la piste ». Un peu de dépaysement, tout en restant dans l’actualité du moment.

Ma nuit a été bonne. Un seul réveil cette nuit et du coup, je me sens bien plus reposée. Ce matin, enfin, mon collage décolle. Rien d’extraordinaire. Promis, je le mettrais sur le blog quand j’en serais satisfaite, ce qui n’est pas encore le cas.

J’ai la visite de Graines cet après-midi. J’en profite pour me faire conseiller et acquérir des jeux de société au magasin d’à côté. C’est fait, je vais pouvoir inviter le graines et nous pourrons jouer. Et je pourrais aussi jouer avec ma petite fille et mon petit fils. Puis nous allons boire un coup. Et là, je me sens revenir à la vie!

Quand nous rentrons, l’aide-ménagère est en plein ménage. Il ne me reste plus que le linge à ranger et c’est bien assez pour moi.

Malgré le peu de kilomètres parcourus, ce soir, je suis épuisée. Je dois me ménager, car mon voyage n’est pas encore terminé. Je dois garder des forces pour les étapes à suivre!

La voix de Lilie

Les retours de vacances sont toujours compliqués pour moi. Retrouver les contraintes domestiques me pèse. Il n’y a plus rien dans le frigo, une tonne de linge à laver et repasser. Presque 3 semaines sans se préoccuper de ce qu’on va manger. A peine rentrée, se reposer cette question et partir faire les courses.

Ce midi ma fille vient déjeuner avec mari et enfants et chien. Enfants qui courent, sautent, crient, jouent, se barbouillent de peinture, tombent, font du vélo de la trottinette, de la balançoire, du trampoline, refusent de manger et se gavent de gâteaux d’apéro ou de pain ! Chien tout jeune, une bombe qui court dans tous les sens, dedans, dehors, saute sur tout ce qui bouge, attrape tout ce qui traîne. Elle est épuisée ma fille…je me souviens aussi de cette période de la petite enfance, épuisante. J’essaie de lui alléger la journée en m’occupant des petits pendant qu’elle se détend un peu. Demain soir, elle nous laissera mini Miss, déjà ce sera plus calme pour elle.

Après leur départ et le rangement qui s’en suit 😜, je me lance dans le repassage. Je n’ai pas eu le temps avant, forcément. Puis dans une séance de streching. J’en ai besoin, je sens que je commence à perdre en souplesse, il faut absolument que je m’oblige à une séance quotidienne pour la retrouver.

Dans la, soirée, je laisse M Lilie et notre fils devant un match de foot et je vais dépiler les 200 mails de boulot reçus pendant mon absence…..Façon de m’y remettre à mon rythme.

Demain, une journée de cohésion inter équipe est prévue dans un site de l’entreprise. Ce sera plus facile que de me remettre au travail tout de suite. Je n’arrive plus à me motiver, la fin est trop proche. Il me faut un temps fou, mobiliser toute mon énergie pour m’y remettre. Trop dur. De plus en plus difficile….

En te lisant, je me demande dans quelle situation on peut avoir à dire en espagnol « il skie cette semaine et il se casse la jambe sur la piste ». Où vas tu passer tes vacances en espagne ? Je verrais plutôt « elle danse un tango et elle se casse la jambe en glissant sur des castagnettes » ! 🤣🤣